Guide des Alpes : Patrimoine et traditions

A la fois carrefour entre la France et l'Italie et région vivant repliée sur elle-même, les Alpes possèdent de nombreuses traditions séculaires toujours vivantes. Fêtes, processions, pèlerinages ne manquent pas dans chaque village d'une région où les croyances sont fortes pour mieux faire face aux rudesses de la montagne.

Le patrimoine bâti est essentiellement constitué par les églises, notamment baroques, les fermes et les chalets d'alpage traditonnels, comme on peut encore en voir à Saint-Véran (05), les ouvrages militaires construits par Vauban ou les ouvrages d'art pour franchir les vallées ou passer sous les Alpes.

Patrimoine culturel
Littérature

Si Rousseau tourne autour des Alpes, il ne parle guère de la montagne pour rester près des lacs. Il reste que, comme en peinture, les Alpes se révéleront artistiquement avec le XIXe siècle et le romantisme qui trouve, depuis les eaux dormantes jusqu'aux sommets enneigés, un décor rêvé pour ses méditations.

Aux sources du romantisme

Lamartine et le lac du Bourget

Qui n'a jamais appris ces vers ou n'en connaît aucun nous jette la première pierre ! C'est en 1820 que Lamartine se retrouve seul au bord du lac du Bourget alors que son amie est malade à Paris et qu'il compose ces vers célèbres pour demander au lac majestueux de conserver dans son éternité la trace de ses amours trop éphémères.
" [...] Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.
Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :
" O temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! [...] ".
Les Alpes éternelles ont-elles ce pouvoir d'arrêter le temps ? En tout cas, une nouvelle sensibilité naissait sur les rives du lac du Bourget.

Stendhal, sentiments partagés

Grenoble a eu l'immense privilège de voir naître en 1783 Stendhal, l'un des plus grands écrivains français. Sa maison natale est située rue Jean-Jacques-Rousseau au n° 14. Grande-Rue, on visite la maison Stendhal où vécut son grand-père, le docteur Gagnon. Des expositions temporaires y sont régulièrement organisées. Bien qu'il avoue détester Grenoble, qu'il qualifie dans ses mémoires de " nid à rats ", de " quartier général de petitesse ", Stendhal adora le Dauphiné et certains lieux de la cité comme le jardin de Ville qui " sert de rendez-vous à tout ce qui est jeune et brillant dans la ville ". C'est d'ailleurs dans l'ancien hôtel de ville que se situe le musée qui lui est consacré. C'est aussi à Grenoble qu'il trouva l'inspiration pour son célèbre roman, Le Rouge et le Noir, dont les personnages principaux sont ceux de l'affaire Berthet, procès d'assises à Grenoble. La Maison du Tourisme propose un parcours à la découverte de l'écrivain qui passe par la rue Jean-Jacques-Rousseau, la Grande-Rue, le jardin de Ville et le lycée international Stendhal où il étudia de 1796 à 1799.

Les récits de voyages et d'aventures

Alexandre Dumas : les Alpes de la Grande Chartreuse à Chamonix

Initiés par Rousseau et ses promenades autour des lacs, les récits de voyage connurent de plus en plus de succès dans les salons où l'on découvre avec plaisir les visions romantiques d'un Byron ou d'une George Sand. Alexandre Dumas, qui a combattu dans la grande armée, visite les Alpes pour rendre compte des modes de vie, mais encore des exploits de cette nouvelle race de héros : les alpinistes. C'est ainsi qu'il rencontra Jacques Balmat qui lui fit un récit de son ascension du mont Blanc - quelque peu exalté - devenant, pour longtemps, la version officielle de cet événement.

Des lettres aux stations thermales : Verlaine à Aix ou Colette à Uriage, Proust à Evian

La mise en service de la ligne de chemin de fer du Paris-Lyon-Méditerranée donne aux personnes fragiles et rentières une nouvelle excuse pour quitter la capitale et ses maladies. Aux voyageurs avides de pittoresque, on conseille les excursions et le dépaysement. Aux rentiers cherchant oisiveté et détente, on prescrit de longs séjours dans les stations mondaines, où les distractions - salles de lecture ou de bal, palaces, casinos - sont désormais considérées comme un élément essentiel de la cure. Cette justification de pratiques par le discours médical a fortement contribué au développement touristique et économique des stations. Des réputations se fondent durablement au XIXe siècle : ainsi Colette, avant de fréquenter la Côte d'Azur, part en cure à Uriage, Verlaine est à Aix-les-Bains et Proust découvre une autre figure de la bonne société à Evian où l'on peut transposer une partie de La Recherche du temps perdu.

Frison-Roche : premier de cordée

Alpiniste et grande figure des Alpes, reporter et écrivain, qui ne connaît pas Frison-Roche pour avoir au moins lu son best-seller, Premier de cordée, au collège ? Une histoire où se mêlent la passion pour l'alpinisme d'un jeune garçon qui veut devenir guide à tout prix, le courage et la solidarité des hommes de la montagne face à l'adversité. Frison-Roche a écrit de nombreux ouvrages sur les montagnes - pas seulement les Alpes - qu'il faut tous recommander aux amoureux de l'alpinisme.

Ecrivains célèbres des Alpes

Frédéric Dard (1921-2000). Le père spirituel de Bérurier est né à Jallieu - Isère - en 1921. Il publie sous son véritable nom des romans de facture traditionnelle : Les salauds en enfer - 1956 -, Toi le venin - 1957 - mais il devient célèbre avec l'inépuisable série de récits policiers dont le commissaire San Antonio, séducteur impénitent, est à la fois le narrateur et le personnage principal depuis 1950. L'homme de lettres finit ses jours au bord du lac Léman.

Jean Giono (1895-1970). Ce fabuleux conteur originaire des Alpes du Sud et qui ne quitta presque jamais sa terre natale de Manosque a su parler de la terre, des paysans et de son pays comme personne.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Le philosophe qui aimait les montagnes des Alpes. L'auteur du Contrat social, de l'Emile, de La Nouvelle Héloïse, des Rêveries du promeneur solitaire et des Confessions a vécu à Chambéry de 1731 à 1742 où il fut employé du cadastre puis professeur de musique de quelques jeunes filles de la bonne société locale. Installé avec sa protectrice Madame de Warens dans une modeste demeure, l'hôtel de Saint-Laurent dans la cour étroite d'une allée de la place Saint-Léger - 112 -, " avec peu d'air, peu de jour, peu d'espace " (Les Confessions, livre V), Jean-Jacques Rousseau préfère le calme et la verdure du vallon des Charmettes. Son séjour chambérien est important dans la vie du philosophe car c'est là que madame de Warens entreprit l'éducation littéraire et philosophique du jeune Rousseau.

Les Frères de Maistre. La statue de ces deux Savoyards se dresse depuis 1899 à l'entrée du château de Chambéry. L'aîné, Joseph (1753-1821), fervent catholique et sénateur de Savoie, mit sa plume au service de la contre-révolution chrétienne et ultramontaine. L'annexion française l'amena à s'exiler pour Lausanne puis la Sardaigne où il rédigea ses Lettres d'un royaliste savoisien, Considérations sur la France, Du Pape. Envoyé en Russie en qualité de ministre plénipotentiaire du roi de Sardaigne auprès du tsar, il y écrivit les célèbres Soirées de Saint-Pétersbourg. Xavier (1763-1852), son frère, est davantage porté vers l'aventure. Il fut tour à tour inventeur, militaire au service du royaume sarde, peintre - certaines de ses oeuvres sont exposées au musée des Beaux-Arts de Chambéry -, poète et écrivain. Il cultiva notamment l'art de la nouvelle dont les plus connues sont Voyage autour de ma chambre, Le Lépreux de la cité d'Aoste ou La jeune Sibérienne.

Stendhal (1783-1842). Henri Beyle, dit Stendhal, le Grenoblois à la plume d'or romantique. Une langue éblouissante, une grande puissance de récit, un lien entre Racine et Proust. La Chartreuse de Parme, Le Rouge et le Noir, et les passionnelles et passionnantes Chroniques italiennes. A noter que le grand homme détestait Grenoble et les Grenoblois qui semblaient l'étouffer. Entre l'Italie et la France, il aimait à décrire les Alpes baignées d'un halo romantique.

Peinture

Les paysages du XIXe siècle

Autrefois les peintres sortaient finalement peu de leur atelier pour peindre un paysage qu'ils composaient plutôt à l'intérieur. Et si les campagnes françaises les inspiraient, ils ne connaissaient que très peu les montagnes. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que quelques peintres romantiques amoureux de la nature se décident à planter leur chevalet face aux montagnes. Joseph Mallord William Turner (1775-1851) a pris la route des Alpes en compagnie de Newbey Lowson, gentilhomme campagnard de ses clients, lui-même peintre amateur. C'est Lowson qui prendra en charge presque tous les frais de route, parmi lesquels la location d'un cabriolet et les services d'un guide suisse, dont les connaissances permettront à Turner de documenter et d'annoter ses dessins avec une précision inaccoutumée. Les routes étant rares, une bonne partie du chemin devait se faire à pied ou à dos de mulet. Toute la région se ressentait de l'occupation récente par les troupes de Bonaparte, le voyage eut lieu pendant l'accalmie des campagnes de Bonaparte qui suivit la Paix d'Amiens.

L'itinéraire de Turner le porta de Grenoble à Genève, puis jusqu'à Courmayeur et Martigny après le passage du Grand-Saint-Bernard, ensuite viennent Lucerne, Zurich et Baden, elle s'achève avec ses paysages du col du Saint-Gothard. En l'espace de quelques semaines, Turner va découvrir des sites d'une extraordinaire diversité : solitude et âpreté du mont Blanc et de Chamonix, calme et sérénité des lacs de Thoune, de Brienz et du Léman.

Les dessins exécutés au cours du voyage montrent l'évolution - pratiquement au jour le jour - de l'imagination picturale et de la technique graphique de Turner, et ouvrent une fascinante perspective sur l'esprit d'un artiste dans une période d'intense stimulation. Turner choisit différents supports pour son travail, tantôt crayon sur papier teinté, tantôt couleurs. Souvent, ses dessins présentent un format plus important et sont plus élaborés que ceux qu'il réalisera au cours de voyages ultérieurs. Il les retravaillera plus tard à la craie, à l'aquarelle ou la gouache, à son retour à Londres, il rassemblera les plus beaux dans un album à l'intention de ses clients, qui en commanderont par la suite des versions plus achevées. A propos des dessins ainsi que de " l'impression première laissée par les Alpes sur l'esprit de Turner ", John Ruskin note que " la plupart de ses contemporains [... ] les ont perçus comme tout à fait merveilleux et vivifiants, mais lui en conservera l'empreinte permanente d'une majesté teintée de mélancolie, qui, marquant toute son oeuvre ultérieure, fera de lui un peintre empli de gravité, inscrira en lui une perception de l'immensité et de la structure rocheuse de la masse terrestre ".

Le dessin des alpinistes

Whymper, avant d'être le premier alpiniste à gravir le sommet pourtant réputé impossible du Cervin, fut un dessinateur de talent qui, dans la lignée des naturalistes, immortalisa sur le papier des paysages, mais encore la faune et la flore des Alpes.

Cézanne à Talloires. Il faut bien le reconnaître, le grand peintre de la Provence, Cézanne, n'a guère apprécié son séjour sur les bords du lac d'Annecy - en 1897 -, à l'abbaye de Talloires, où il s'ennuie. De son séjour sortira pourtant un merveilleux tableau qui représente le château de Duingt vu depuis Talloires. Malheureusement, ce tableau est exposé aujourd'hui à Londres à la Fondation Courtaud.

Les affiches publicitaires

Qui a dit que la publicité n'était pas un art majeur quand elle fait appel aux plus grands dessinateurs, concepteurs graphistes de son temps afin de promouvoir une région entière ? A partir de 1880, les Alpes découvrent le besoin de se faire connaître du grand public pour attirer à elles des touristes essentiellement parisiens séduits par la nouvelle ligne de chemin de fer PLM - Paris-Lyon-Méditerranée - qui dessert les grandes villes des Alpes. Si les premières lithographies - Hugo Alési - sont plutôt naturalistes essayant de montrer les charmes des alpages, elles n'en sont pas moins ravissantes. On pourra toutefois préférer les affiches publicitaires qui voient le jour au début du XXe siècle pour vendre les charmes des stations de ski comme Chamonix ou plus encore, celles qui - dans les années vingt - s'inspirent du cubisme pour nous proposer des sujets - souvent des femmes en train de pratiquer une activité sportive - aux lignes droites et aux couleurs vives. On peut encore admirer les affiches réalisées par Roger Broders ou le Suisse Eric de Coulon qui ont permis au style Art déco de s'inscrire dans l'imaginaire populaire au moyen de ces affiches - qui valent aujourd'hui une fortune, alors si vos grands-parents ont une affiche originale PLM dans leur vestibule, ne l'arrachez surtout pas ! La production des affiches PLM s'arrêtera en 1937 quand la SNCF adopte un autre style de publicité.

Cinéma

Le film qui bouleversa l'histoire des Alpes c'est, il faut bien l'avouer, Les Bronzés font du ski ! Certaines scènes mythiques inspirent toujours ceux qui se balancent dans le vide pendant une panne - provisoire... - de télésiège. Tourné à Val-d'Isère en Savoie, ce film a donné une vision décalée et parfois ironique de la principale activité alpine, le tourisme de sports d'hiver, offrant une image pittoresque des Savoyards qui savent boire - même quand il y a une bête dans la bouteille - et manger en battant les champions des Chiffres et des Lettres ! Si on ne peut pas dire que les Alpes aient participé à la grande épopée du cinéma - Lyon, la ville des frères Lumière, est pourtant à la périphérie -, grâce à la région Rhône-Alpes et à la grandeur d'une nature préservée, les Alpes sont devenues ces dernières années le décor naturel de nombreuses productions. Ainsi, depuis une quinzaine d'années, ce sont des centaines de films qui ont été tournés en Haute-Savoie, en Savoie ou en Isère. De Tout ça... pour ça de Lelouch aux Marmottes d'Élie Chouraqui en passant par Peindre ou faire l'amour des frères Larrieu, Une hirondelle a fait le printemps tourné sur le plateau du Vercors, l'excellent Snowtherapy ou l'adaptation du célèbre Belle et Sébastien tourné dans des conditions extrêmes en haute Maurienne, le cinéma a de beaux jours à filmer dans les Alpes.

Consulter le site www.rhone-alpes-cinema.fr.

Patrimoine architectural

Villages traditionnels préservés de l'urbanisation des stations de ski, elles-mêmes parfois classées au patrimoine, cités médiévales et châteaux de puissants seigneurs locaux, ouvrages militaires défensifs le long de la frontière italienne désormais classés au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco, petites églises richement décorées et ouvrages d'art défiant les lois de l'apesenteur... Les Alpes sont riches d'un patrimoine artchitectural d'une grande diversité à découvrir avec des organismes comme la FACIM en Savoie qui valorise ce patrimoine encore méconnu.

Villes et villages

Les Alpes abritent de grandes villes au patrimoine architectural remarquable : Annecy, sa vieille ville et son château ; Chambéry, sa vieille ville et le château des ducs de Savoie ; Grenoble, sa Bastille et ses vieux quartiers ; Briançon, la cité historique et les fortifications de Vauban.

Mais les Alpes abritent surtout de nombreux petits villages admirablement préservés du temps. Parmi ces villages à ne pas manquer, un certain nombre fait partie du réseau des " plus beaux villages de France " : Yvoire et Sixt-Fer-à-Cheval en Haute-Savoie, Bonneval-sur-Arc en Savoie, La Grave et Saint-Véran dans les Hautes-Alpes et Coaraze dans les Alpes-Maritimes. Six parmi " Les plus beaux villages de France " qui ne doivent pas faire oublier tous les autres petits villages et hameaux typiques nichés au fond d'une vallée à découvrir dans ce guide, comme la cité médiévale de Conflans sur les hauteurs d'Albertville ou l'adorable petit village de Névache au fond de la vallée de la Clarée dans les Hautes-Alpes.

Châteaux

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, les châteaux sont nombreux à travers les Alpes, notamment en Haute-Savoie et Savoie marqués par d'importantes familles aristocratiques, comme les ducs de Savoie. Parmi les châteaux remarquables : château d'Annecy, château de Clermont, château de Menthon, château de Montrottier, château de Ripaille et château de la Roche-sur-Foron en Haute-Savoie ; château de Chambéry et château de Miolans en Savoie, château de Vizille et château de Sassenage en Isère, château de Tallard et château d'Embrun dans les Hautes-Alpes et citadelle de Seynes dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Architecture religieuse
Clocher de Breil-sur-Roya
Clocher de Breil-sur-Roya

Région attachée à la religion catholique, les Alpes comptent de nombreuses églises. Chaque village, chaque hameau abrite une église, une chapelle ou un oratoire, alors que de multiples sommets sont couronnés d'une croix. Les Alpes-de-Haute-Provence abritent 275 églises pour 200 communes ! Si de nombreuses églises méritent l'attention des curieux, amateurs de solitude, Futé recommande de ne pas manquer les édifices baroques de Savoie à découvrir avec la Facim à travers les vallées de Maurienne, Tarentaise et du Beaufortain. Et si vous ne goûtez guère aux angelots, l'église de Notre-Dame-de-Toute-Grâce sur le plateau d'Assy devrait vous séduire comme un manifeste d'art moderne composé par Chagall, Lurçat, Léger, Matisse, Braque...

Autres lieux religieux à ne pas manquer, l'abbaye de Hautecombe en Savoie, la Grande Chartreuse (ne se visite pas) ou Notre-Dame-de-la-Salette en Isère.

Architecture militaire

Les Alpes occupent une place militaire stratégique aux frontières est de la France, ligne de partage entre notre pays et l'Italie. C'est en 1678 que Vauban devient Commissaire Général des Fortifications du Royaume sous le règne de Louis XIV. Il consacrera sa vie à la protection du territoire, édifiant des protections non seulement sur les côtes, mais aussi dans les Alpes. Les fortifications de Vauban ont été inscrites au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO car elles constituent de véritables chef-d'oeuvre d'ingéniosité. Les Alpes abritent deux grands sites des fortifications de Vauban : Briançon et sa ville haute couronner de forts imprenables ; la citadelle de Mont-Dauphin, place forte destinée à accueillir 2 000 soldats et autant d'habitants.

De nombreuses autres fortifications, non réalisées par Vauban, sont éparpillées à travers les Alpes, défendant une vallée (comme la Combe de Savoie ou la Maurienne) ou des sommets (comme au Mont-Cenis fortifié par l'Italie).

Ouvrages d’art

Pays au relief tourmenté, les Alpes comptent de nombreux ouvrages d'art : barrages, ponts, routes et tunnels. Parmi les plus remarquables ouvrages :

Barrage de Serre-Ponçon dans les Hautes-Alpes, barrage du Sautet en Isère, le barrage de Tignes et de Roselend en Savoie.

Pont de la Caille à Cruseilles (74), les ponts de Saint-Pierre-de-Chartreuse (38), ponts de Colmars (04).

Routes du Vercors (Combe Laval, Presles, les Ecouges, gorges du Nan, gorges de la Bourne).

Tunnels. Les Alpes abritent sous leurs montagnes les plus longs tunnels routiers de France : tunnel de Fréjus (12 901 m - plus long tunnel de France) - tunnel de Chamonix (11 600 m - rang 2) - tunnel d'Orelle (3 692 m - rang 7) - tunnel de Tende (3 186 m) - tunnel de l'Epine (3 110 m) - Moûtiers (1 620 m). Le premier grand tunnel français fut celui réalisé au Mont-Cenis en 1870.

Traditions et modes de vie

Pour découvrir les traditions et modes de vie des Alpes, Futé vous invite à vous rendre dans les petits villages préservés et dans l'un des nombreux écomusées qui fleurissent un peu partout dans nos montagnes. Si les modes de vie ont beaucoup évolué au cours du XXe siècle, plus tardivement que dans d'autres régions françaises, de nombreuses traditions sont encore vivaces et les patois encore parlés.

Langue

Une langue des langues ! Comme les Alpes sont différentes d'une vallée à l'autre, d'un massif à l'autre, il existe de nombreux patois du Nord savoyard au Sud provençal. Il est donc impossible d'établir un lexique des langues des Alpes à moins de vouloir rédiger plusieurs dictionnaires. En revanche, il existe un langage spécifique à la montagne, des mots parfois techniques, simplement utiles ou bien descriptifs qu'il est intéressant de maîtriser lors d'un séjour dans les Alpes.

Lexique alpin

Adret : cauchemar des élèves de primaire qui apprennent la géographie de nos montagnes. L'adret est aussi appelé " endroit ". Il s'agit, dans une vallée est/ouest, du versant tourné vers le sud qui est donc au soleil une grande partie de la journée. Son contraire est l'ubac.

Alpage : mot qui fait rêver tous les romantiques et les amoureux de Heidi - qui vient des Alpes autrichiennes. C'est un pâturage d'altitude, bien vert suite à la fonte des neiges, utilisé en été et que l'on appelle couramment " l'Alpe " - d'où de nombreux noms communs commençant par Alpe.

Amont : à ne pas confondre avec un chanteur au charme désuet. L'amont, lorsque l'on est sur une pente, désigne le côté montagne que l'on voit quand on se tourne vers le haut - contraire : aval. Amont égale montagne, aval égale vallée.

Arête : ne se mange pas plus que celle du poisson, puisqu'il s'agit de la partie sommitale d'une montagne, saillante, séparant deux versants.

ARVA : Appareil de Recherche de Victimes d'Avalanche, ceinture de sécurité du pratiquant de sports hors pistes. Utilisé en fonction " détection ", il permet de localiser toute personne ensevelie sous la neige, pourvu qu'elle en porte un en position " émission ". Une sonde permet d'affiner la recherche, et une pelle pour dégager la victime. Il devient de plus en plus nécessaire pour tous ceux qui veulent pratiquer le hors-pistes - voire obligatoire.

Avalanche : masse de neige qui se détache du manteau neigeux pour dévaler une pente. Si la neige a l'air légère et aérienne, quand elle dévale une pente à une vitesse vertigineuse, elle pèse plusieurs tonnes et écrase ou pulvérise tout ce qui se trouve sur son passage. Malheureusement, chaque année les avalanches font des victimes dans les Alpes, parfois en raison du non-respect de la signalisation ou des bulletins d'alerte émis par la station - consulter régulièrement le BRA - Bulletin Régional d'Avalanches.

Baudrier : système de sangles et de boucles, que l'on porte autour du bassin et/ou du torse, et qui permet de se raccorder à une corde. Accessoire indispensable dès que l'on pratique un sport où l'on a besoin de s'encorder.

Bise : à ne pas faire à sa voisine ou son voisin, mais dans les Alpes, la bise désigne un vent sec et froid soufflant du nord ou du nord-est. Très gênant pour la pratique du ski, car la bise fait baisser nettement la température perçue - lorsqu'il fait 0 °C sans air, la température perçue peut descendre ainsi jusqu'à - 10 °C ! en raison du vent, température à laquelle il faut retrancher encore quelques degrés relatifs à votre vitesse à ski.

Botter : ne pas croire que vous allez jouer au rugby sur les pistes enneigées - même si Grenoble et Bourgoin-Jallieu sont deux grands clubs parmi l'élite française. Ce verbe est utilisé quand la neige colle sous les semelles des skis ou des chaussures : " Ça botte ! "

Bureau des guides : ne signifie pas que vous pourrez lire tranquillement votre Petit Futé dans un bureau confortable ! Il s'agit du lieu où vous pouvez rencontrer ou fixer une course avec les guides accompagnateurs de votre station.

Cairn : tas de pierres signalant un passage. Visible de loin, il balise les itinéraires de randonnée. Dans les Alpes, les cairns ont une signification très importante, car ils sont des indicateurs précieux dans un milieu qui sait se montrer hostile.

Carre : mot usuel que rabâchent les moniteurs de ski au long de la saison. C'est la partie métallique qui se trouve sur les bords de la semelle et qui permet à la planche d'accrocher sur les neiges dures. Tous les bons skieurs vous diront que l'on skie d'abord avec ses carres.

Corniche : cette corniche-là est formée d'un surplomb de neige apporté par le vent sur une crête. Les corniches sont dangereuses et peuvent être le départ d'une avalanche.

Couloir : le couloir est réservé aux très bons skieurs, voire à ceux qui veulent faire des images de ciné ! Mais parfois, sur les pistes, on est bien obligé d'emprunter cette bande de neige qui se trouve entre des rochers ou au milieu d'une barre rocheuse, en général étroite et pentue.

Crête : pas celle du coq ! Mais la ligne de faîte d'une montagne. Superbe quand elle se dessine en blanc sur un ciel d'azur.

Crevasse : rien à voir avec vos rides, mais beaucoup plus dangereuses pour votre avenir... La crevasse, fente profonde et verticale, se trouve sur un glacier et peut être masquée par une couche de neige... Moralité : ne jamais sortir sur un glacier sans un guide.

Dénivelé : traduit la différence d'altitude entre le point de départ et d'arrivée d'une course. Négatif à la descente, positif à la montée. Si cette indication peut servir aux skieurs qui veulent connaître le dénivelé d'une pente, elle est surtout utile aux vététistes qui mesureront les efforts à fournir quand le topo - carte - leur indique " dénivelé + 800 m " !

Foehn : vent chaud et souvent sec qui parcourt les vallées alpines. Il fait le malheur des skieurs qui voient fondre la neige à grande allure dès qu'il souffle.

Givre : couche de glace fine et blanche, provenant de la cristallisation de gouttes d'eau liquide en suspension dans l'atmosphère, qui se forme sur les surfaces solides - bois, roche, pylônes, etc.

Glacier : champ de glace formé par l'accumulation des couches de neige transformées en glace sous l'effet de la pression due à leur propre poids.

Hors-pistes : que faut-il dire de cette pratique qui consiste à skier les pentes non balisées, non damées et non surveillées - on dit aussi free ride. Que l'on comprenne le plaisir qu'il y a à le faire, mais que l'on en connaisse également les dangers ! C'est pourquoi le hors-pistes doit être pratiqué par des skieurs expérimentés - et non par ceux qui viennent une semaine par an à la montagne... - ou sous la responsabilité d'un guide.

Isotherme 0 °C : altitude où la température est égale à 0 °C. En été, l'isotherme 0 °C se situe au-dessus de 4 000 m, mais redescend en hiver en dessous de 2 000 m.

Neige : eau sous forme solide, formée dans les couches froides et humides de l'atmosphère, qui tombe sous forme de flocons. Il en existe de toutes les sortes et si les Alpins ne possèdent pas la richesse de certains peuples nordiques pour décrire toutes les neiges, il existe néanmoins une grande variété de neige : pas si simple que ça, cette " eau qui tombe en flocons blancs et légers ". Flocons, étoiles et cristaux, manteau neigeux, poudreuse ou fraîche, il n'empêche que dès les premiers frimas, tout le monde l'attend. Les flocons, agrégats de cristaux en forme d'étoiles, tombent à la vitesse moyenne de 0,30 mètre à 1 mètre par seconde. Combien de temps faudra-t-il pour que la voiture soit sous un igloo ? Une fois tombés, ils forment le fameux " manteau neigeux " dont nous parle Météo France, surtout quand il peut être dangereux. Il est formé de plusieurs couches de neige. Les textures de celles-ci sont différentes et variées, et évoluent selon les conditions, le vent les températures, l'humidité... C'est pourquoi, il devient un piège, parfois mortel, n'ayons pas peur des mots. Aussi, il n'est pas inutile de rappeler que les bulletins météo doivent être toujours consultés.

Jour blanc : ce n'est pas le jour où l'on solde le linge de maison ! Mais un épisode météorologique, souvent nuageux, pendant lequel la vision du relief et des contrastes est médiocre. C'est souvent lors des jours blancs que se produisent les accidents de ski, car sur les pistes on est aveuglé par cette luminosité étrange quand le ciel et la neige semblent se rejoindre.

Main courante : ce n'est pas là qu'il faut déclarer l'agression dont vous avez été la victime, mais une corde ou une chaîne fixée sur la roche pour servir de rampe.

Mer de nuages : épisode météorologique fabuleux au cours duquel les vallées se remplissent de brouillard tandis que les sommets en émergent. Vues depuis une montagne, les autres montagnes ressemblent alors à des îles et l'on se prend pour le roi du monde, n'est-ce pas ?

Rappel : rien à voir avec les impôts, le rappel est un terme technique d'escalade qui permet de descendre, encordé, des passages abrupts. Peut donner mal au coeur pour ceux qui craignent le vide.

Remontées mécaniques : plaies de nos montagnes selon certains écologistes, nécessaires à la pratique du ski, les remontées mécaniques permettent aux skieurs d'atteindre le sommet des pistes. Les Alpes françaises sont les montagnes qui possèdent le plus de remontées mécaniques au monde - même devant les Américains ! Il en existe de toutes sortes : téléski, pioches, arbalètes, assiettes, télésiège, télécabine, oeufs, téléphérique, funiculaire pour grimper plus ou moins vite, plus ou moins seul. " Quand te reverrai-je, pays merveilleux... "

Replat : plate-forme ou terrasse succédant à un tronçon de montée ou de descente raide.

Schuss : fait partie des mots de la montagne qui sont passés dans la langue courante et désigne une prise de pente maximum pour atteindre une vitesse maximum. Pensez quand même à vous arrêter ! Allez, tout schuss au chalet pour prendre un bon verre de vin chaud.

Sérac : blocs de glace chaotiques qui se forment aux ruptures de pentes des glaciers.

Spatule : ce n'est pas un ustensile de cuisine, mais l'avant de votre ski. Si votre moniteur vous demande de redresser votre spatule, ne partez pas en courant...

Ubac : puisque l'on a commencé cet index par son contraire, l'ubac est forcément le versant ombragé - et au nord - d'une montagne.

Petit vocabulaire de la neige

Croûtée : pas facile de skier sur une neige croûtée, elle est irrégulière, épaisse sur le dessus et molle en dessous. C'est l'effet de la chaleur et des écarts de température.

Fraîche : elle vient tout juste de tomber. Les services de sécurité observent son adhérence.

Gros sel : c'est la neige de printemps, agréable et très glissante.

Lourde : il ne fait pas très froid, les flocons sont lourds et gros, elle freine les planches. C'est " la grainche " dans le jargon.

Mouillée : elle commence à fondre et ça ne glisse pas terrible, une fois sur deux disons !

Pailletée : oui, elle scintille, elle est belle, belle...

Poudreuse : elle apparaît à -2 °C dans sa légèreté, bonheur des skieurs adeptes de la " peuf " !

Tôlée : comme la tôle ! Suite aux alternances de gel, de dégel et de regel... Pas facile non plus !

Névé : masse de neige persistant en été, dans des zones à l'abri du soleil ou dans des zones où la neige s'est accumulée sous l'effet du vent ou des avalanches.

Peau de phoque : amis écologistes, soyez rassurés, rien à voir avec les bébés de Brigitte Bardot. Les peaux de phoque sont des bandes entièrement synthétiques que l'on colle sous les skis pour monter lorsque l'on pratique le ski de randonnée.

Peuf : ne cherchez pas en verlan, c'est du savoyard ! Un terme qui s'est aujourd'hui répandu pour désigner la neige poudreuse.

Plaque à vent : et non pas " plaque avant " comme on l'entend souvent - faut dire que ça se prononce pareil ! Une plaque à vent, c'est la couche de neige compacte formée sous l'action du vent, souvent mal solidarisée avec sa sous-couche. A l'origine de la majorité des départs d'avalanches de plaques, elle est le danger n° 1 des pratiquants du hors-pistes.

Poudreuse : ceux qui pensent que l'on parle de substances illicites, changez de registre ! Notre drogue à nous, c'est la neige, cette bonne neige fraîche, légère, tellement agréable à skier que l'on se précipite dans " la Pow - encore un terme jeune pour ne pas dire poudreuse - qu'on kiffe à donf " !

Soupe : ne fait pas grandir, mais n'est pas plus appréciée par certains ! La soupe désigne une neige de printemps qui se réchauffe au soleil toute la journée pour devenir particulièrement liquide et assez lourde, voire impossible à skier.

Artisanat

Longtemps l'hiver a obligé les gens des Alpes à vivre au ralenti. Les journées étaient alors occupées à fabriquer des objets usuels en bois, outils pour les travaux des champs, pendant que les femmes filaient la laine ou faisaient de la dentelle. Certains de ces travaux sont devenus au fil du temps un véritable artisanat, tel le drap de Bonneval - fabriqué à Séez en Tarentaise - réputé pour sa solidité ou les poteries savoyardes qui étonnent toujours par leurs motifs colorés. Les jouets en bois, les couteaux, le mobilier, mais encore les cadrans solaires décorés que l'on trouve dans les Alpes du Sud offrent autant de souvenirs et d'objets de décoration à rapporter de ses escapades.

Cadrans solaires

Nombreux sont les cadrans solaires sur les murs des maisons traditionnelles des Alpes. Les cadrans peints sont très présents dans la Vallouise et le Briançonnais, et ceux de l'Ubaye sont aussi remarquables. Le Queyras est riche d'une soixantaine de cadrans solaires réalisés depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours. Peint, sculpté dans la pierre, orné de céramiques ou de trompe-l'oeil, chaque cadran affiche son originalité au fronton des maisons et des édifices. Les cadrans solaires, de par leur fonction, mesurent l'heure solaire vraie grâce à l'ombre portée sur le mur par le " style " ou " gnomon ", du grec " indicateur ". C'est de là que vient le proverbe " chacun voit midi à sa porte ". Chaque cadran porte sa maxime ou une pensée sur le temps, bien évidemment. On retrouve le fameux " Carpe diem " d'Horace - Profite du jour qui passe -, " C'est l'heure d'apprendre " sur une école de la vallée de la Clarée ou alors, plus léger et récent, " C'est l'heure du bien vivre ", que l'on peut voir sur une maison à Molines.

Mobilier

A la fois beaucoup de bois grâce aux grandes forêts de conifères que l'homme allait exploiter très vite, mais peu d'essences à travailler pour les ébénistes des Alpes : le mélèze, l'épicéa et le pin cembro qui avait la préférence de tous pour son bel aspect, son odeur si particulière de vanille et de cannelle - que l'on aime encore retrouver dans un intérieur montagnard. Le mobilier des Alpes n'obéit pas qu'à ce paramètre des essences, il obéit aussi à l'architecture si particulière des chalets où chaque centimètre carré est compté. C'est pourquoi les ébénistes locaux inventèrent de nombreux meubles futés, capables d'avoir plusieurs fonctions comme la table de berger, dont la planche se rabat sur le mur, comme la table " creuse " qui peut encore servir d'armoire, de huche ou de pétrin. Le meuble caractéristique des Alpes, c'est bien sûr le coffre en bois ou coffre de mariage qui était offert aux époux, rempli du trousseau. Les coffres de Maurienne et du Queyras, remarquablement ornés de sculptures sont de véritables joyaux très recherchés par les brocanteurs. Autre meuble qui nous paraît aujourd'hui bien étrange, le lit clos - surnommé " la boîte " - possédait des portes pour protéger son accès du froid et des nombreux regards indiscrets... Dans cette boîte, on dormait quasiment assis, la position allongée étant celle des morts ! Enfin, le pétrin était un meuble indispensable quand on sait que le pain ne se fabriquait pas souvent - parfois une fois par an en Oisans - et que l'on devait en fabriquer de grandes quantités dans ces véritables auges en forme de trapèze. Le mobilier des Alpes n'a pas eu qu'une fonction utilitaire et si certaines sculptures, comme les rosaces, reviennent, des ébénistes de grand talent ont su créer des meubles d'exception. Grenoble a vu croître la grande dynastie Hache qui compte les célèbres ébénistes du même nom. Leurs meubles sont de véritables merveilles, et qui possède un petit guéridon Hache peut s'estimer heureux tant ces pièces sont rares et recherchées. Le plus célèbre de cette importante famille est incontestablement Jean-François, le quatrième de douze enfants. Il fonda un important atelier au n° 3 de la place Claveyson. Incarcéré lors de la Terreur, cet artiste mourut ruiné laissant derrière lui de véritables chefs-d'oeuvre. Les meubles Hache sont pratiquement tous fabriqués avec des bois de la région. Les lignes pures, les fleurs et les guirlandes ou les grecques, les impressionnantes marqueteries semblent miraculeusement naître du noyer, des ronces de frêne ou des poiriers... Des bois exceptionnels, pour des meubles qui ne le sont pas moins.

Opinel

Au fond de sa poche, un bon montagnard n'a pas un couteau, mais un Opinel : le nom propre, devenu nom commun, est entré dans le Larousse. La renommée des Opinel a dépassé depuis longtemps les frontières des Alpes : on en trouve à New York et dans presque tous les pays du monde. La réputation de ces couteaux, sobres et rustiques, mais à la solidité légendaire, n'est plus à faire, c'est le fidèle compagnon des bergers, des paysans, des randonneurs. On raconte cette anecdote authentique : au cours de l'été, un prêtre qui traversait les grands glaciers de la Vanoise tombe dans une crevasse du glacier de Chasseforêt, ses amis partent chercher du secours, à leur retour, leur compagnon était sorti par ses propres moyens, en taillant des prises avec son Opinel. La crevasse ne devait pas être très profonde, mais le couteau, lui, était solide. Ce célèbre couteau est né, il y a un peu plus de cent ans, à Gevoudaz, petit hameau d'Albiez-le-Vieux, situé près de l'Arvan. Grâce à la force motrice apportée par le torrent, Gevoudaz était au siècle dernier un petit centre industriel. Gevoudaz est le berceau de la famille Opinel, nom qui apparaît dès 1550. Au début du XIXe siècle, Victor-Amédée Opinel parcourt les routes comme colporteur à partir de 1817 - il a 18 ans -, il apprend le métier de forgeron taillandier. Revenu à Gevoudaz, il installe une forge, où il fabrique les clous destinés à ferrer les sabots façonnés par les gens d'Albiez, puis, en 1856, il construit un martinet dont les ruines sont encore visibles sur les bords de l'Arvan. Aujourd'hui, tout le monde connaît la suite prospère que connaît cette entreprise familiale. Par curiosité ou au détour d'une balade, vous pouvez toujours aller voir la maison de cette famille Opinel au hameau de Genoudaz à Albiez-le-Vieux.

Musique – Danses

Dans l'imaginaire français, la musique des Alpes se confond trop souvent avec un cor... des Alpes suisses. Mais l'on ignore que les Alpes, terre d'échanges culturels entre la France et l'Italie notamment, portent une véritable histoire musicale au son d'un instrument qui revient régulièrement à la mode : le violon. Autrefois dans le Dauphiné, les ménétriers joueurs de violon étaient les artisans principaux du paysage sonore des " petites provinces " alpines. Présents aux fêtes officielles, aux vogues, aux veillées, ces musiciens ont développé une musique originale étroitement associée à la danse du rigodon. A travers quelques groupes comme Arco Alpino ou Rigodon, on peut aujourd'hui continuer d'écouter cette musique qui fit danser tant de villages des Alpes. La chanson la plus célèbre des Alpes du Nord, si l'on excepte Etoile des Neiges (pour info, cette chanson a été créée en allemand par un autrichien en 1944... et n'est arrivée en France qu'en 1950 chantée par Line Renaud) que d'aucuns chantent encore sur les télésièges de nos stations de ski..., c'est sans doute Le Petit Savoyard d'Alexandre Guiraud. Cette chanson populaire du début du XXe siècle disait tout le malheur d'une mère qui voit partir son fils, car les Alpes ne peuvent plus le nourrir. En effet, de nombreux Alpins sont partis pour d'autres villes françaises devant la pauvreté et la rudesse des montagnes. Ils sont devenus pour la plupart les célèbres ramoneurs qui arpentaient les rues de Paris en louant leurs services.

Le génie des Alpes

Hector Berlioz (1803-1869). Né en Isère, à La Côte-Saint-André où un festival réputé lui est consacré chaque année, l'auteur de La Symphonie fantastique a touché plusieurs genres musicaux avec puissance et grâce.

Sports et jeux traditionnels

Malheureusement, le ski n'a pas été inventé dans les Alpes. On suppose que de ce sport hivernal a existé depuis bien longtemps en Sibérie, en Scandinavie, dans les pays baltes et en Mongolie avant d'arriver en France via la Norvège, berceau du ski moderne. Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que l'infanterie alpine de Briançon utilise ce moyen de déplacement dans nos montagnes.

Si le ski n'est pas alpin à l'origine, les Alpins ont inventé d'autres moyens originaux de dévaler les pistes, comme le paret à Manigod (Haute-Savoie). Le paret est une petite luge en bois à un seul patin ferré, équipée d'une planchette inclinée permettant de s'asseoir avec un pied de chaque côté, un manche vertical permettant de diriger le tout ! Chaque année, un championnat de paret est organisé avec 200 participants !

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