Guide des Alpes : Nature

La nature des Alpes compte parmi les plus riches et les plus protégées de l'Hexagone avec un nombre exceptionnel de parcs naturels pour préserver une faune et une flore exceptionnelles. Avec des espèces rares et menacées comme le chamois, le bouquetin, mais aussi le loup qui a fait son grand retour sur le territoire par l'Italie, avec une rare diversité de fleurs - les Alpes contiennent plus de la moitié des espèces poussant en France -, les Alpes conservent un patrimoine naturel vivant à découvrir avec respect et prudence.

Géographie

Les Alpes ne sont pas nées de la dernière pluie et il n'est qu'à regarder ces montagnes majestueuses pour lire un peu de l'histoire de notre planète. De la Méditerranée à l'Europe centrale, l'arc alpin se déroule sur 1 200 km formant un gigantesque croissant dont la largeur varie entre 100 et 200 km.

Et si l'on a bien en tête ces chiffres, on comprend encore mieux l'importance de ce massif en regardant une photo satellite qui montre les sommets enneigés décorant l'Europe de la France du sud-est jusqu'à l'Autriche, de Nice jusqu'à Vienne. D'ailleurs, il ne faut pas parler de géographie alpine mais bien de géographie des Alpes car, si la formation de ces montagnes, les plus importantes en Europe, s'explique facilement au moyen de la tectonique des plaques, elles possèdent tant de particularités qu'on ne peut généraliser à l'ensemble d'un massif pluriel.

Les Alpes sont nées d'un océan - ce qui explique que l'on trouve tant de fossiles dans ces montagnes aujourd'hui éloignées de la mer - lui-même massif ancien décapé et recouvert par les eaux. Composé d'un matériel sédimentaire tout neuf, ce massif a subi au début de l'ère tertiaire - environ 40 millions d'années - un soulèvement comme on ne peut l'imaginer, pris entre le mouvement de la plaque portant l'Espagne et le mouvement de la plaque portant l'Italie. Compressées entre ces deux plaques qui avancent en direction du nord, les Alpes vont littéralement sortir de terre pour atteindre les sommets que l'on connaît aujourd'hui et qui ne cessent leur progression sous la pression continue de ces plaques qui n'ont pas terminé leur fantastique poussée.

En ce qui concerne les Alpes françaises, qui seront l'objet de ce guide, elles courent sur près de 350 km des rivages de la Méditerranée un peu au-dessus de Nice jusqu'au lac Léman, frontière naturelle avec la Suisse, autre grand pays alpin, pour une largeur qui varie entre 80 et 150 km. Aussi belles que diverses, composées de roches variées, faites de formes tantôt érodées tantôt saillantes, les Alpes ne se laissent jamais prendre au piège de l'uniformité. Il suffit parfois de passer une arête pour passer d'un paysage lunaire de haute montagne à la verdure des pâturages, il suffit parfois de franchir un col pour quitter la neige et trouver un champ d'oliviers, il suffit parfois de faire un détour par un sentier de randonnée pour se laisser surprendre par des Alpes insaisissables.

Climat

Comme on parle de montagnes au pluriel, on est bien obligé de parler de différents climats tout au long de la chaîne des Alpes. Et s'il paraît évident que les données climatiques seront différentes selon l'altitude - n'oublions pas que l'on perd environ 1 °C tous les 250 m à partir de 1 000 m -, il existe des nuances beaucoup plus subtiles, des courants aériens différents pour chaque vallée, des différences de précipitations considérables d'un versant à l'autre, des microclimats que l'homme a su repérer depuis longtemps pour implanter certaines cultures.

Précipitations. En France, la majorité des précipitations viennent de l'Atlantique, traversent le pays d'ouest en est et butent sur la barrière naturelle que représentent les Alpes. Ce barrage a pour effet d'amplifier l'activité pluvieuse, neigeuse et orageuse des perturbations surtout sur les premiers massifs - Préalpes -, alors qu'il s'estompe à mesure que l'on pénètre vers le sud-est où l'on peut, au contraire, évoquer un effet d'abri. Les massifs comme la Chartreuse ou le Vercors ont une pluviométrie record, alors que le Mercantour manque cruellement d'eau.

Les étés sont souvent très secs et notamment le mois de juillet où l'on peut parler de sécheresse quasi constante. Mais attention aux orages qui, s'ils éclatent encore plus volontiers à la fin de l'été voire à l'automne avec les flux venus de la Méditerranée, sont toujours violents en soirée. La foudre, avec la neige, est l'un des phénomènes météorologiques les plus importants dans les Alpes. Bien connue des randonneurs, il n'en reste pas moins que la foudre continue à faire des victimes chaque année. Les étés sont généralement très chauds - avec des records pour les " cuvettes " dont celle de Grenoble - marqués par l'influence continentale d'un climat plutôt sec.

Températures moyennes. Dès la fin du mois de juillet, les températures marquent une tendance à la baisse qui se poursuivra jusqu'en janvier. Les premières gelées arrivent vite et le mois de novembre ouvre la saison des gelées. Ainsi, les saisons estivales et hivernales sont-elles très contrastées, avec des extrêmes - on a relevé + 40 °C à Grenoble en juillet et - 20 °C en janvier- très marqués. Naturellement, ces différences sont encore plus marquées avec l'altitude qui amplifie ces phénomènes.

Phénomènes naturelles. Le phénomène climatique important de ces dernières années - en fait constaté depuis une vingtaine d'années -, c'est bien entendu le réchauffement de la planète qui a pour conséquence des hivers moins froids et normalement moins enneigés qu'auparavant. Attention, ces derniers hivers nous obligent à constater que la neige tombe en abondance sur le massif alpin. Mais la durée d'enneigement, de décembre à avril, premières chutes plus tardives et fonte précoce, se réduit régulièrement. Les Alpes peuvent garantir 4 mois d'enneigement - contre 5 mois il y a encore 50 ans - selon les périodes, avec des années où la neige sera abondante et des années sans. Le réchauffement s'installe sur les Alpes comme sur l'ensemble de l'Est de la France dominé par un climat continental. Selon une étude prévisionnelle de Météo France, si la température augmente de 1,8 °C d'ici le siècle prochain - ce qui est une moyenne basse -, l'enneigement pourrait être supérieur au-dessus de 2 500 m - car les prévisions notent également une pluviométrie plus grande -, mais très insuffisant pour la pratique des sports d'hiver en dessous de 1 800 m. Dans le Mercantour, on ne pourrait plus skier qu'un mois par an, tandis que le Chablais perdrait plus d'un mois d'enneigement ! Mais nous n'en sommes pas encore là et le climat pourrait bien nous surprendre car d'autres spécialistes annoncent un refroidissement de l'Europe qui réjouirait beaucoup de petites stations.

Vents. La plupart des vents alpins sont des vents dits " thermiques ", dus aux variations thermiques en fonction de l'altitude. En règle général, les Alpes sont parcourues par deux grands vents. Un vent froid et sec de secteur Nord à Nord-Est : la bise. Un vent chaud : le foehn ou " effet de foehn ". Ce dernier vent peut faire disparaître le manteau neigeux en quelques heures.

Relief
Le Grand Canyon - Gorges du Verdon
Le Grand Canyon - Gorges du Verdon
Paysages caractéristiques

Puisque l'on dit " les Alpes ", on comprendra bien que l'on ne peut ranger toutes ces montagnes sous la même appellation. Il existe d'abord deux grandes divisions qui partagent les Alpes entre le Nord - départements de la Haute-Savoie, de la Savoie et de l'Isère - région Rhône-Alpes - et le Sud - départements des Hautes-Alpes, des Alpes-de-Haute-Provence et des Alpes-Maritimes - région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Puis, il existe une division dans la largeur qui sépare les Préalpes vertes de forêts des hautes Alpes blanches avec leurs sommets recouverts des neiges éternelles. Entre les deux, s'insinuant entre les montagnes, il existe des sillons ou vallées qui sont des voies de communication incontournables. Voici donc les principales divisions géographiques des Alpes.

Les Alpes du Nord. Divisées historiquement entre les provinces de la Savoie et du Dauphiné, les Alpes du Nord présentent une juxtaposition de zones parallèles orientées du sud-ouest au nord-est : les Préalpes, le Sillon alpin et les hautes Alpes. Les Préalpes. Plissées et calcaires, les Préalpes forment cinq chaînes - Chablais, Bornes, Bauges, Grande Chartreuse et Vercors -, séparées les unes des autres par des cluses. Elles constituent de hauts plateaux ondulés, bordés de corniches abruptes, et profondément remaniés par l'érosion. Très humides, les Préalpes sont recouvertes de forêts de sapins et d'épicéas, activement exploitées, et de prairies destinées à l'élevage bovin, qui donne notamment le célèbre reblochon. Peu peuplés, ces massifs ne possèdent pas de grandes industries. Les cluses des Préalpes - Faucigny, cluses d'Annecy, de Chambéry, de Grenoble - sont constituées par des vallées taillées en auges par les glaciers. Elles portent de riches cultures : vignes, cultures maraîchères et fourragères. La plus célèbre de ces formations est sûrement le Vercors, véritable forteresse naturelle qui abrite dans son sous-sol comme à sa surface des richesses qu'il faut mériter. Le Sillon alpin. Le Sillon alpin est une grande dépression située au contact des Préalpes et des massifs centraux cristallins. Formé, au centre, des larges plaines du Grésivaudan et de la Combe de Savoie, il se relève au nord - gorges de l'Arly - et au sud - vallée du Drac. Le Sillon alpin, très peuplé, porte des cultures spécialisées - tabac, vergers, cultures maraîchères - et doit sa richesse à son équipement hydroélectrique : aluminium à Ugine, chimie à Chedde, industries électromécaniques dans la cluse de Grenoble. Les Hautes Alpes. Les Hautes Alpes sont composées, à l'est, des massifs centraux cristallins du Mont-Blanc, du Beaufortain, de Belledonne et de l'Oisans, et, à l'ouest du massif de la Vanoise. De profondes vallées, à la fois voies de passage et foyers industriels, séparent les massifs : Tarentaise - Haute Isère -, Maurienne - Arc -, Oisans - Romanche. C'est dans ces montagnes, pour pallier la désertification, que sont nés les sports d'hiver et le tourisme hivernal - Chamonix, Megève, Saint-Gervais.

Les Alpes du Sud. Plus basses que celles du Nord et exposées à l'influence méditerranéenne, les Alpes du Sud sont beaucoup plus sèches - les précipitations n'y dépassent pas 80 millimètres par an. C'est là une différence fondamentale, car ces montagnes arides et caillouteuses représentent, pour les hommes, des zones hostiles qui nécessitent d'importants travaux de mise en valeur. Les Préalpes. Elles sont composées des barres calcaires du Diois, du Dévoluy, des Préalpes de Digne, des alignements des Baronnies, de la montagne de Lure, du Lubéron et du causse des Plans de Provence. Pauvres et faiblement peuplées - 15 habitants au km2 -, les Préalpes ne constituent que des terrains de parcours pour les moutons transhumants. Cependant, le tourisme - canyon du Verdon, route Napoléon - et l'aménagement hydroélectrique de la vallée du Verdon ouvrent de nouvelles possibilités économiques pour la région. Les Hautes Alpes. Les hautes Alpes sont peu étendues. La zone des massifs cristallins se limite au petit massif granitique de l'Argentera, la zone intra-alpine, aux schistes cristallins du Briançonnais, du Queyras et de l'Embrunais. Ces régions se consacrent à un élevage bovin et ont implanté de grandes stations touristiques pour accueillir les nombreux visiteurs venus chercher la neige mais aussi le soleil qui brille ici plus de 300 jours par an ! La vallée de la Durance. Il s'agit du seul axe vital des Alpes du Sud. L'irrigation y a permis la culture du blé, de plantes fourragères, de fruits et de légumes. L'aménagement hydroélectrique de la Durance - barrage réservoir de Serre-Ponçon - est à l'origine de la régularisation de son débit, de l'irrigation de la vallée et de la production d'énergie électrique, qui a favorisé le retour d'une population qui désertait la région.

Sommets et cols

Le titre convoité le plus célèbre parmi toutes les montagnes européennes est remporté depuis plus de deux siècles - avant on ne savait pas le mesurer - par le mont Blanc qui culmine à 4 808,72 m - mesure effectuée en 2017. A noter que le sommet, composé d'un manteau neigeux d'environ 14 m perd de l'altitude depuis quelques années en raison de l'ensoleillement et se déplace vers le nord-ouest - dans les Alpes du Nord. Vaincu le 8 août 1786 par Paccard et Balmat, il doit en grande partie sa renommée au Suisse Horace-Bénédict de Saussure qui l'a longtemps étudié puis gravi à son tour dès 1787 avant de le faire connaître à travers ses écrits dans toute l'Europe.

Chamonix, au pied du géant blanc, est la capitale mondiale de l'alpinisme d'où l'on peut atteindre parmi les plus grands sommets - par leur altitude et par leur difficulté - d'Europe : Dôme du Goûter (4 304 m), Aiguille du Midi (3 842 m), Aiguille Verte (4 122 m), Grandes Jorasses (4 208 m) et barrière des Aiguilles Rouges. Autour du mont Blanc, c'est un concentré de hautes montagnes qu'un large public vient admirer surtout en été - plus de 100 000 personnes défilent chaque jour à Chamonix pendant la saison estivale ! La haute montagne, qu'il faut toujours aborder avec la plus grande prudence, s'offre au plus grand nombre depuis des points d'observation uniques - téléphérique de l'Aiguille du Midi notamment.

Parmi les autres hauts sommets, il ne faut pas manquer du nord au sud la Pointe de la Grande Casse - 3 852 m - qui domine majestueusement le Parc de La Vanoise, la reine Meije - 3 983 m - et la Barre des Ecrins - 4 102 m - qui semble protéger le massif - et le parc - du même nom, l'Aiguille de Chambeyron - 3 411 m - qui fait partie de ces plus de 3 000 qui ont dessiné la frontière avec l'Italie ou le mont Pelat - 3 051 m - qui ouvre le Parc du Mercantour et regarde déjà vers la Provence.

Entre ces hauts sommets, ce sont les cols à plus de 2 000 m qui se sont faits aussi de grands noms : col de l'Iseran - plus haut col d'Europe à 2 770 m -, col du Galibier - haut lieu du cyclisme à 2 642 m -, col du Lautaret, col d'Izoard ou col de la Madeleine. Permettant la circulation entre les vallées, ils ont ouvert à tous l'accès aux montagnes et offrent une voie routière unique à travers les Alpes de Thonon sur le lac Léman jusqu'à Menton sur la Méditerranée.

Mais la montagne n'a pas besoin d'être si proche des nuages pour être belle et que l'on soit amoureux des nombreuses Demoiselles coiffées, des Aiguilles à la verticale parfaite, des plateaux érodés, les Alpes semblent contenir toutes les montagnes dont on peut rêver. Parmi celles-ci, vous aurez sans doute un coup de coeur pour le mont Aiguille - 2 086 m - qui est devenu une montagne emblématique non seulement en raison de sa forme étrange - on dirait comme une gigantesque molaire de pierre qui se détache nettement -, mais encore parce que sur son sommet tabulaire vivraient des créatures magiques qui s'envolent dès l'arrivée du jour... Il faut dire que c'est là, en 1492, que quelques aventuriers du roi Charles VIII inventèrent l'alpinisme en parvenant à ce sommet qui intriguait tant.

Grottes et gouffres

Le Vercors, massif calcaire par excellence, est aussi un paradis pour les spéléologues : le gouffre Berger, situé au nord du massif, est mondialement connu. Même les non-spécialistes des galeries souterraines, peuvent profiter des beautés cachées sous nos pieds. La Grotte de la Luire, la 6e grotte de France avec un développement de 40 km et 547 m de profondeur, fut le lieu d'un épisode sanglant dans la bataille peu équitable que se livrèrent nazis et résistants fin juillet 1944. Mais la grotte de la Luire ne vaut pas seulement d'être visitée comme un haut lieu de la Résistance, mais encore comme une superbe cavité souterraine aux développements particulièrement étendus. Autre grotte à visiter, la Draye-Blanche. Cette grotte aux dimensions impressionnantes (100 000 m3) est une étape obligée de la découverte du Vercors. Là, au coeur du Vercors, on se retrouve dans le noir pour mieux se retrouver à la façon d'un homme sans repères. Déroutant ! On admire une dernière fois le trou béant par où de nombreux animaux préhistoriques ont chuté (15 000 os retrouvés de 45 espèces différentes) et dont l'histoire est exposée. On revient à la surface pour retrouver la lumière du Vercors.

Le Haut-Giffre, massif en Haute-Savoie. Sur la commune de Samoëns, on trouve deux des gouffres les plus profonds au monde (respectivement classés au 2e et 4e rang) : le gouffre Mirolda (-1 733 m) et le gouffre Jean-Bernard (-1 602 m).

Géologie

Issues d'un soulèvement des profondeurs océaniques, les Alpes ont gardé de nombreuses traces d'un passé géologique qui se lit parfois à ciel ouvert. C'est notamment le cas dans l'incroyable réserve naturelle géologique de Haute-Provence où se dévoilent en affleurements les squelettes fossilisés d'animaux préhistoriques et les lignes géologiques. Les roches les plus communes dans les Alpes sont les sédiments marins (calcaire, dolomies), du granite, du gneiss, la molasse ou les flyschs. Les Alpes regorgent également de minéraux, notamment en Oisans où des mines d'or et d'argent produisent parmi les plus beaux spécimens de quartz.

Forêts

La forêt est omniprésente dans les Alpes, sauf dans les étages alpins les plus élevés bien entendu. Cette immense forêt joue un rôle de protection des milieux, mais assure également un fort approvisionnement en sapin-épicéa, procurant aux communes forestières des ressources durables. Parmi les plus grandes forêts des Alpes, citons la remarquable forêt de la Grande Chartreuse (38), la forêt de Boscodon (05) et la forêt du Vercors (38 et 26) qui couvre environ 365 km2.

Lacs

Si les Alpes sont avant tout connues pour les montagnes, il ne faut jamais oublier une autre particularité géographique de ce massif : les lacs. Ces lacs, immenses ou minuscules, forment un chapelet tout au long de la chaîne alpine et sont une source de vie tant pour une faune particulière que pour les touristes qui se déplacent en été pour admirer les couleurs (bleu profond, vert émeraude, noir insondable, etc.) des lacs de montagne et y pratiquer les mêmes activités nautiques qu'en bord de mer. Nous présentons les lacs du nord au sud des Alpes.

Lac Léman. Au nord de la chaîne, on ne peut manquer le lac Léman, parmi les plus grands lacs d'Europe. Partagé entre la Suisse et la France - 234 km2 et 53 km de rives côté français - c'est un véritable petit océan intérieur qui, derrière son calme apparent, cache bien des tempêtes qui ont coulé de nombreuses embarcations.

Dans ce lac où le Rhône vient se laver - le Rhône arrive effectivement tout boueux des montagnes du Valais pour ressortir limpide du côté de Genève -, on trouve quantité de poissons - une cinquantaine de pêcheurs professionnels vivent sur la rive française - et parmi la vingtaine d'espèces recensées les fameux ombles-chevaliers, truites, féras, brochets ou perches qui font le régal des gastronomes.

Le lac Léman est bordé de petits villages charmants - Yvoire, Meillerie, Rives ou bien Thonon et Evian - où vous pouvez profiter d'une vue à vous couper le souffle en dégustant une eau minérale ou un vin de Savoie du Château de Ripaille.

Lac d'Annecy. Le lac d'Annecy est réputé pour être le lac le plus pur d'Europe. Il faut dire qu'il était sûrement le plus pollué au milieu du XXe siècle et que c'est au prix de travaux d'assainissement considérables qu'il a retrouvé sa belle couleur bleue. Traversé par le Fier - tout le monde connaît la célèbre photo du palais de l'Isle, vaisseau de pierre dans la ville sur le canal du Thiou -, le lac d'Annecy mérite largement que l'on en fasse le tour pour contempler de petits villages charmants, Talloires, Doussard, Sévrier ou Veyrier-du-Lac célèbre dans le monde entier pour son auberge gastronomique. Il mérite aussi que l'on s'y arrête longuement pour savourer le temps d'une " baignade bronzage " et la qualité de ses eaux et de ses plages.

Lac du Bourget. Le lac du Bourget est le plus grand lac naturel de France avec ses 18 km de long, ses 3,5 km de large - au maximum - et sa profondeur moyenne de 85 m. Ce lac, comme celui d'Annecy, fut très pollué et si sa faune est d'une richesse exceptionnelle (34 espèces de poissons y vivent) c'est qu'elle est aujourd'hui préservée par le projet Grand Lac. On peut faire le tour de ce lac - 60 km - dont les principales étapes sont Aix-les-Bains et ses thermes (deuxième station thermale de France) et l'abbaye de Hautecombe qui abrite le tombeau du dernier roi d'Italie. Bien sûr, il faut faire des haltes sur les nombreuses plages et aux nombreux ports pour pratiquer de multiples activités nautiques.

Lac de Serre-Ponçon. Le lac de Serre-Ponçon à 800 m d'altitude est un autre genre de lac, de la race de ceux formés par l'homme pour retenir l'eau pour générer de l'électricité. Le lac de retenue de Serre-Ponçon est plus grand que celui d'Annecy et son barrage en terre mesure 120 m de haut ! Serre-Ponçon sert à maîtriser le cours d'une rivière capricieuse, la Durance, à produire de l'énergie électrique et à irriguer la Provence. Ce sont deux villages qui ont été détruits par la montée des eaux en 1960. Aujourd'hui, on peut admirer le travail de l'homme depuis le belvédère EDF, visiter Embrun qui offre les trésors de sa vieille ville ou encore aller aux pieds des demoiselles coiffées, curiosités naturelles qui bordent le lac. Si l'on n'a cité que les plus grands parmi les lacs alpins, il ne faut pas oublier tous les autres qui offrent aux randonneurs d'agréables points d'eau où se rafraîchir et se reposer pour comprendre que les Alpes ne sont pas façonnées que par les montagnes, mais bel et bien par l'eau qui court en surface et en sous-sol.

Voies de communication

Au milieu d'une géographie tourmentée, les hommes ont été obligés de s'adapter afin de circuler dans les Alpes. C'est sans doute dans ces montagnes qu'ils ont construit parmi les plus belles routes de France dont les sommets résonnent comme des triomphes pour les cyclistes du Tour de France.

Les routes impossibles. On ne mesure pas à quel point la construction des routes a été une révolution pour les Alpes en général et pour le Vercors en particulier, cette forteresse naturelle si bien défendue par des pentes abruptes. Il fallait pouvoir sortir les bois de ce bastion calcaire pour faire vivre une économie exsangue. Toutefois, l'ampleur des travaux à réaliser pour rompre l'isolement du massif a souvent freiné les projets de désenclavement. Il faudra ainsi près de 100 ans entre les premières études et l'ouverture à la circulation en 1854 de la route des Goulets ! Preuve, s'il en fallait, de la dangerosité de ces routes, la voie des gorges de la Bourne qui permet d'accéder à la station de Villard-de-Lans a dû être fermée durant l'hiver 2003, un bloc de pierre ayant envoyé la route au fond du gouffre ! A ce sujet, et après d'importants travaux dont un tunnel gigantesque, la route a été rouverte (cependant des travaux sont toujours effectués régulièrement, se renseigner).

Les routes effondrées. En avril 2015, la RD 1091 reliant Grenoble à Briançon, axe vital pour toute une région, a dû être coupée en raison de mouvements géologiques entraînant la destruction du tunnel du Chambon. Cette coupure provisoire, un nouveau tunnel ayant ouvert, montre toute la fragilité du réseau de communication des Alpes, région où la nature domine les réalisations humaines.

Les tunnels. Les Alpes ont beau comporter les plus hauts sommets européens, elles ont, depuis leur formation, recelé de nécessaires voies de communication. Sans aller jusqu'à emmener, comme Hannibal en 218 av. J.-C., ses éléphants visiter les magasins de porcelaine romains, on a pu, de tout temps, mais pas toujours par tous les temps, passer les cols mis en place par une topologie clémente. Les échanges avec l'Italie par voie transalpine seront donc, selon les périodes, fructueux, belliqueux ou difficiles, avant que les " trous " dans la montagne n'améliorent les conditions de transit... tout en posant souvent de graves questions de sécurité : tunnel ferroviaire du Mont-Cenis en 1871, tunnels routiers du Mont Blanc en 1965 et du Fréjus en 1980, sans oublier les 14 998 m ferroviaires et record du Saint-Gothard, entre la Suisse et l'Italie.

Aujourd'hui, on attend un tunnel de 57 km - TGV plus voitures et camions sur wagons spéciaux, comme sous la Manche -, sur l'axe économico-touristique majeur Lyon/Turin entre Saint-Jean-de-Maurienne côté France et Venaus en Italie. Un tunnel qui ne devrait pas ouvrir avant 2030 en raison des nombreuses difficultés de réalisation, le coût pharaonique à partager avec l'Italie et les oppositions des défenseurs de l'environnement. En attendant, d'autres tunnels d'importance verront le jour dans les Alpes suisses et autrichiennes pour continuer de permettre des liaisons de plus en plus rapides et sécurisées à travers le massif.

Faune et flore
Faune

Dans les années soixante, on s'est aperçu que la faune des Alpes était en train de s'éteindre face à l'envahissement de l'homme qui avançait toujours vers les hautes montagnes pour y implanter des barrages et des stations de sports d'hiver. C'est pourquoi, on créa des parcs naturels pour protéger des espèces menacées d'extinction et préserver la richesse exceptionnelle d'une faune terrestre et aérienne.

Mammifères

Le bouquetin. Les Alpes françaises comptent aujourd'hui plus de 20 000 bouquetins - il n'en restait qu'une cinquantaine au début du XIXe siècle. Si vous sortez des sentiers battus, il est possible, avec de la discrétion et de la chance, que vous en aperceviez sur les rochers des pentes raides. Ces bovidés, d'une taille variant de 1,10 à 1,50 m, d'un pelage brun pâle chez les mâles et brun-gris chez les femelles, sont reconnaissables à leurs cornes recourbées vers l'arrière - et qui peuvent atteindre un mètre chez les mâles. Celles-ci ont la particularité de connaître une croissance continue ce qui permet de déterminer l'âge de l'animal. En dehors des périodes de reproduction, mâles et femelles vivent en troupeaux séparés qui comptent environ trente individus. Les femelles mettent au monde - en mai ou en juin - un seul cabri par portée. Ceux-ci sont capables de suivre leur mère dans les endroits les plus difficiles au bout de quelques jours seulement.

Le chamois. C'est un peu l'animal symbole des Alpes. Il y trouve d'excellentes conditions de vie, notamment une grande variété de pentes et de vires qu'il affectionne car c'est en se lançant dans une course impressionnante dans des terrains accidentés à forte déclivité qu'il peut distancer ses éventuels prédateurs.

Le loup. On ne parle plus de l'ours qui a disparu des Alpes depuis bien longtemps, mais on parle beaucoup du loup qui fait couler beaucoup d'encre et du sang... En effet, le loup est arrivé d'Italie par le Mercantour, s'est installé dans le Vercors où l'on peut être assuré de sa présence, ainsi que dans la plupart des massifs alpins de moyenne altitude. Il s'attaque aux troupeaux, tuant pour se nourrir, mais laissant parfois de nombreuses bêtes blessées. Au centre d'une vive polémique avec les bergers, le loup ne menace pas l'humain - et sait se faire discret - puisqu'il est essentiellement charognard. Avec des " autorisations de prélèvements " à des fins scientifiques et des abattages préventifs, le loup a pourtant tout à craindre dans les Alpes françaises, alors qu'il semble mieux accueilli dans d'autres pays européens, comme en Italie.

La marmotte. Autre symbole des montagnes, ce petit animal est sans doute le plus facile à observer de tous. Creusant son terrier dans les prairies entre 1 500 m et 3 000 m, la marmotte aime se faire dorer au soleil en s'allongeant ou se tenir aux aguets sur ses pattes arrière en poussant son inimitable sifflement qui résonne dans nos montagnes. C'est une grosse mangeuse quand elle ne dort pas afin d'engraisser au maximum pour tenir pendant les six mois de son hibernation.

Reptiles

Craignant les grands froids, mais adorant se réfugier dans les pierriers, les serpents occupent les étages bas et intermédiaires des montagnes alpines. Peu d'espèces spécifiques, mais des reptiles que l'on retrouve sur une grande partie du territoire nationale, comme la cordelle lisse, la couleuvre verte et jaune, la couleuvre d'Esculape, la couleuvre vipérine, la couleuvre à collier, la vipère aspic, la vipère d'Orsini, très localisée.

Les Alpes abritent une forte population d'urodèles. A commencer par la commune salamandre tachetée, mais aussi des salamandres peu communes comme la salamadre de Lanza, la salamandre noire, le triton crêté italien ou le spéléomante de Strinati.

Oiseaux

A la grande variété des paysages rencontrés, correspond une grande variété d'espèces. Le fait qu'en quelques kilomètres, on passe de pelouses subalpines à des landes méditerranéennes et des maquis, est un atout pour la diversité. A peu de distance, on observera le lagopède des Alpes ou le tétras lyre, des oiseaux montagnards et la fauvette pitchou ou le hibou petit duc, typiquement méditerranéens. Mais la deuxième caractéristique de cette distribution, c'est le petit nombre d'individus présents pour chaque espèce. Les conséquences de l'hiver et de la raréfaction de la nourriture impliquent un important facteur migratoire qui concerne plus le nombre d'individus présents que les espèces. On trouve en hiver, peu ou prou, les mêmes espèces qu'en été. A quoi s'ajoute le fait que les zones basses près des montagnes sont des lieux d'hivernage pour des espèces plus nordiques et montagnardes.

Parmi les oiseaux incontournables, celui que vous verrez le plus souvent, le chocard ou choucas qui a donné son nom à de nombreux établissements hôteliers. Ce voisin tout noir de la corneille, mais sa nuque est grise pour les observateurs, niche dans les barres rocheuses des Alpes.

L'oiseau emblématique des Alpes est l'aigle royal qui n'a pas une très grande envergure - environ 1 m contre près de 3 m pour le vautour -, mais dont le nom reste synonyme de liberté et de puissance. A remarquer également le circaète Jean-le-Blanc qui se nourrit essentiellement de serpents ou le hibou grand-duc avec son regard intimidant. L'autre seigneur des montagnes, c'est le gypaète barbu (vautour), rapace d'une envergure de près de 3 m qui impressionne toujours les randonneurs - rassurez-vous, il mange surtout des os de charogne...

Poissons

Les lacs et les rivières des Alpes sont peuplés de toute une faune aquatique souvent unique. Pureté de l'eau des lacs, des torrents de montagne, les poissons se plaisent et les pêcheurs avertis le savent bien. Des poissons au premier desquels on trouve les corégones, les truites, l'omble chevalier tant apprécié, le saumon de fontaine, le black bass, la perche ou la féra, et - c'est moins connu - les écrevisses à pattes rouges, grêles ou blanches. Du nord au sud du massif, des stages de pêche vous permettront d'aller taquiner cette faune invisible en surface avec des guides accompagnateurs qui vous feront partager leurs petits coins de paradis.

Flore

De l'éternel edelweiss aux plantes aromatiques remises au goût du jour par Marc Veyrat, la flore des Alpes contient bien plus de la moitié de la flore vivant en France ! On ne tentera pas ici de faire un recensement de cette flore magnifique et souvent protégée - attention randonneurs aux plantes que vous cueillez ! La flore des Alpes a ceci de particulier que l'on parle d'elle à travers les différentes altitudes où elle se trouve et du versant - adret - au soleil ou ubac - à l'ombre - qui l'abrite. On notera que c'est souvent le versant ombragé - le plus humide et le moins défriché par l'homme - où l'on trouve la végétation la plus intéressante.

La végétation en étage. De 700 m à 1 500 m, on trouve nombre de feuillus avec une nette domination du hêtre qui règne sur les Préalpes. Régions humides et ombragées par cette forêt souvent dense, les Préalpes abritent dans leurs sous-bois quelques plantes rares dont on se sert pour les préparations aussi bien culinaires qu'officinales - belladone, épilobe...

La fleur symbole de cette moyenne altitude, c'est l'ancolie des Alpes. Cette renoncule bleue ne pousse en effet que dans les Alpes sur les pentes des prairies d'alpage. Si ses grandes fleurs se dressent au coeur de l'été, ne les touchez pas, elles sont toxiques ! Autres stars des sous-bois, les orchidées. On en trouve une très grande variété dans le parc de la Chartreuse dont le fameux sabot-de-Vénus si difficile à trouver.

Autour de 1 000 m, les cultures humaines sont encore présentes avec de nombreux fruits et légumes - pommes de terre, oignons et poireaux, salades, choux et rhubarbe, mais surtout des baies telles les cassis et les framboises qui offrent des confitures et des tartes inoubliables.

Au-dessus de cette altitude, c'est la grande forêt de conifères qui s'étend jusqu'à 2 200 m. On trouve dans cette forêt des sapins - d'ailleurs le nom de Savoie pourrait signifier " Pays des Sapins " -, des épicéas, des pins sylvestres - surtout dans les Alpes du Sud - et des mélèzes, seul conifère des Alpes à perdre son feuillage en hiver. Ne pas manquer également le pin cembro - ou arole - dont les multiples vertus - bois facile à travailler et se conservant très longtemps - lui ont valu le titre d'arbre vedette des Alpes dont on a fait les retables des églises alpines.

On peut dire que la flore spécifiquement alpine commence à partir de 2 200 m. A partir de cette altitude, les plantes ont dû s'adapter à la rudesse du climat. Pour se protéger, elles se sont recouvertes d'un duvet à l'image de la plus célèbre d'entre elles, l'edelweiss. Cette fleur synonyme de romantisme et de hauts sommets s'est couverte d'un duvet blanc pour se préserver des vents froids qui soufflent sur les pentes calcaires entre 2 000 m et 3 000 m. Mais on trouve encore de nombreuses espèces de gentiane dont la gentiane acaule souvent peinte sur les objets souvenirs avec sa belle couleur bleue.

Attention, la flore des Alpes est belle et variée, mais elle reste protégée et de nombreuses plantes ne doivent pas être ramassées - de toute façon elles périssent très vite si on les arrache.

Des panneaux signalent les espèces protégées à l'entrée des parcs naturels. Pour mieux admirer toute l'étendue de cette flore, nous vous conseillons de vous rendre dans l'un des jardins alpins qui fleurissent le long de la chaîne.

Arbres. Des arbres les plus communs, comme les chênes, l'épicéa commun, le sapin, à des éléments plus singuliers notant diverses influences climatiques, les arbres des Alpes offrent une belle variété. Au sud du massif, on trouve les pins d'Alep et les pins maritimes marquant l'influence méditerranéenne ; les mélèzes et les pins cembro témoignages de l'influence alpine : les épicéas et les sapins marquant l'influence subatlantique et enfin les pins mugho ou l'ostrya relevant de l'affluence orientale.

Rappel utile qui produit toujours son effet. L'épicéa et le sapin ont des aiguilles persistantes. Les mélèzes sont les seuls résineux à perdre leurs aiguilles en hiver.

Fleurs et plantes rares. Les Alpes sont un véritable jardin extraordinaire offrant nombre de plantes endémiques sur un territoire qui se divise en massifs spécifiques. Ainsi, le Mercantour est une zone "refuge" pour 2 000 espèces de plantes, soit près de la moitié des espèces connues en France, dont plus de 40 sont endémiques.

Parmi les fleurs remarquables, on citera les nombreuses orchidées, dont le célèbre Sabot de Vénus, mais encore les rares saxifrage, soldanelle et la fameuse edelweiss qui n'est plus qu'un souvenir dans de nombreux massifs.

Parcs et réserves naturelles
Alpes, territoire des Parcs et espaces protégés

Sans doute parce que les Alpes sont l'un des plus grands espaces naturels d'un seul tenant en Europe, l'idée de protéger cet espace unique n'est pas nouvelle. Ainsi, dès la seconde moitié du XIXe siècle, la France, l'Italie et la Suisse commencent à édicter des lois afin de préserver ce territoire sauvage. Mais ce n'est qu'à partir des années 1960 que les grands parcs alpins voient le jour. Il existe 4 sites UNESCO, 13 parcs nationaux et 87 parcs régionaux dans toutes les Alpes. En France : 3 parcs nationaux (Vanoise, Ecrins et Mercantour), 7 parcs régionaux (Vercors, Luberon, Queyras, Chartreuse, Bauges, Verdon et Préalpes d'Azur) et 20 réserves naturelles.

Réserves naturelles

Parmi les parcs naturels que compte la France, les Alpes n'en abritent pas moins de sept, dont le premier d'entre tous, celui de la Vanoise. C'est dire l'intérêt écologique que présentent les Alpes, mais surtout les nombreux dangers - notamment celui du tourisme de masse - dont il a fallu préserver les montagnes.

Parc national de la Vanoise. Il a été le premier créé en France par un décret du 6 juillet 1963. A l'origine de sa création, la préservation d'une espèce menacée, le bouquetin des Alpes dont les longues cornes sont devenues l'emblème des protecteurs de la nature. Ce parc englobe 28 communes de Savoie pour une zone protégée de 145 000 ha - dont 53 000 ha composent la partie centrale totalement protégée. Dans ce parc national entre Tarentaise et Maurienne, on ne trouve pas que les fameux bouquetins, mais encore une faune et une flore très variées avec plus de 2 000 variétés de fleurs - dont quelques-unes ne se trouvent que sur cette zone -, une centaine d'espèces d'oiseaux - dont l'aigle royal et la bartavelle -, mais encore tous les grands mammifères qui peuplent les Alpes - dont le chamois et le bouquetin. Pour voir ces fameux bouquetins, nous vous conseillons de vous rendre à l'admirable station et porte du parc Pralognan-la-Vanoise, base de départ idéal pour vos excursions - brèves ou longues - dans le parc.

Parc national des Ecrins. Créé en 1973, il a profité de la forte activité écologique dans les Hautes-Alpes pour couvrir une zone des Alpes parmi les plus riches et les plus belles avec de nombreux sommets qui atteignent - ou presque - les 4 000 m. Avec une superficie de 270 000 ha, c'est le plus grand parc de France. Situé entre l'Isère et les Hautes-Alpes, sa position centrale dans les Alpes - bénéficiant des influences continentales, océaniques et méditerranéennes - explique sa richesse exceptionnelle et sa beauté : près de 2 000 espèces végétales, dont 40 espèces rares ou menacées, une soixantaine d'espèces animales rares ou menacées dont le bouquetin qui a été réintroduit il y a une quinzaine d'années et l'emblématique aigle royal. C'est un parc sauvage et rude que peu atteignent vraiment en son coeur.

Parc national du Mercantour. Le parc national du Mercantour est né en 1979 entre les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes. Il est donc le parc alpin le plus au sud de la chaîne. A l'origine de ce parc, une réserve de chasse que l'on préservait pour le roi italien Victor-Emmanuel II et que l'on doubla pour abriter une zone centrale de protection totale sur près de 70 000 ha. Un parc à la forme étrange qui s'étale d'est en ouest et qui abrite de véritables merveilles puisque l'on y trouve notamment la Vallée des... Merveilles. Dans ce parc, on recense la moitié des espèces végétales que l'on peut trouver en France - soit 2 000 sur 4 000 -, des chamois mais aussi des mouflons de Corse, des bouquetins et, paraît-il, des loups venus d'Italie. C'est encore là que l'on retrouve des oiseaux disparus des Alpes du Nord comme le mythique gypaète barbu réintroduit depuis une dizaine d'années. Avec ses villages perchés, nichés dans la montagne, et son climat fortement influencé par la Méditerranée, le Mercantour offre encore bien des trésors à celui qui sait s'y perdre. Un parc à vocation européenne en jumelage avec le parco naturale Alpi Marittime depuis 1987 sur un territoire sauvage qui se moque bien des frontières humaines.

Parc naturel régional de la Chartreuse. Le parc de la Chartreuse, au sud-ouest du parc naturel régional des Bauges, s'est ouvert la même année. Délimité par Chambéry au nord, Grenoble au sud, Voiron à l'ouest et la vallée de l'Isère à l'est, il est à cheval sur l'Isère et la Savoie et couvre plus de 60 000 ha. Innervé de gorges profondes, doté de nombreuses falaises escarpées, ce petit massif préalpin ne possède toutefois pas de sommets importants. Le randonneur occasionnel ou averti trouvera de nombreuses randonnées intéressantes dans ce parc. Ainsi, les villages ruraux au pied des premiers sommets du Voironnais vous feront découvrir la région des caves de la mystérieuse liqueur de Chartreuse. A ne pas manquer non plus, la partie orientale du massif autour de Saint-Pierre-de-Chartreuse et de Saint-Pierre-d'Entremont.

Parc naturel régional du massif des Bauges. Le Parc naturel régional du massif des Bauges, délimité grossièrement par le triangle Annecy/Chambéry/Albertville, est le dernier créé dans les Alpes, en décembre 1995. A cheval sur la Savoie et la Haute-Savoie, il constitue une sorte de havre de nature au milieu des autoroutes alpines. Ce petit pays qui, au plus fort de l'activité agricole et artisanale compta 20 000 habitants, n'en rassemble plus que 5 000 aujourd'hui. L'habitat y est architecturalement très intéressant puisque différent du stéréotype " chalet savoyard ". La maison " baujue " est en effet rectangulaire, sur deux niveaux et souvent très longue. Si vous décidez de randonner dans le pays de Faverges, vous rencontrerez ainsi de nombreuses habitations " baujues " typiques. Les Bauges raviront également les amateurs de fromage - tomme des Bauges, gruyère, vacherin - et de vin : quelques-unes des plus célèbres coopératives des Alpes - Cruet, Montmeillan, Chignin - y sont implantées vous y découvrirez les crus les plus subtils : cruet, arbin, saint-jean-de-la-porte...

Parc naturel régional du Vercors. Le parc naturel régional du Vercors existe depuis 1970. Montré en exemple malgré des hauts et des bas pour les expérimentations uniques qu'il a connues dans le mariage entre la protection du milieu et le soutien aux activités économiques, le Vercors a vu sa partie la plus extraordinaire, les hauts plateaux du Vercors, être classée en réserve naturelle en 1985. De ce somptueux massif il ne faut pas oublier le Piémont occidental, le Royans qui déploie son opulence agreste entre le cours de l'Isère et les premières pentes du Vercors sans se départir du spectaculaire, notamment grâce aux falaises qui plongent de plusieurs centaines de mètres à Combe-Laval et aux Grands-Goulets. Un lâcher de bouquetins au printemps 2000 a permis de conforter, dix ans après les lâchers d'Archiane dans le Diois, la remarquable richesse du massif sur le plan faunistique et dont tout le crédit est à mettre au profit du parc naturel régional du Vercors, initiateur de la plupart des actions visant à rétablir la grande faune sauvage dans ses anciens territoires.

Parc naturel régional du Queyras. Le parc du Queyras a été créé en 1977 sur le département des Hautes-Alpes. Il regroupe onze communes totalisant 2 300 habitants. Il couvre une superficie de 65 000 ha. Traversée par le Guil, cette forteresse minérale offre aux promeneurs des paysages accidentés et des vallées ouvertes que le soleil illumine généreusement. Cet important ensoleillement est une des raisons qui font des vallées du Cristallan, de l'Aigue et de la Guil, les plus hautes vallées habitées en Europe. La haute vallée du Guil recèle de nombreux trésors : des centaines d'oiseaux y vivent - tétras-lyre, perdrix blanches, aigles royaux... - qui survolent des centaines d'espèces végétales - génépi bien sûr, mais aussi rhododendrons et gentianes - que foulent les nombreux mammifères du parc - marmottes, bouquetins, mouflons, chevreuils et chamois. La vallée du Cristallan rencontre celle du Guil à la hauteur de la Maison du Roy, le roi Louis XIII s'y arrêta en 1629. C'est ici que le paysage s'élargit avec l'entrée de la Combe du Queyras. Sur la route de Briançon, les amoureux du cyclisme et du Tour de France se régaleront durant la montée du col d'Izoard, désormais entré dans la légende du sport.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
  • Réservez un train
hebergement
  • Réservez un hôtel
  • Votre logement Airbnb
  • Location de vacances
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
  • Réservez une croisière
  • Week-ends en France
Sur place
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité
  • Expériences & Boxs

Adresses Futées des Alpes

Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un séjour d'une semaine au coeur du Golfe de Saint-Tropez !

Un séjour de 7 nuits pour 2 personnes au coeur du Golfe de Saint-Tropez avec l'hôtel *** Les Jardins de Sainte-Maxime .