Guide de l'Ile d'Elbe : Histoire

L'île d'Elbe représente un petit morceau de la Pangée, le supercontinent qui, il y a 250 millions d'années, regroupait l'ensemble des terres émergées. Là, se sont formés les Alpes et les Apennins, dont l'île est la ramification la plus occidentale.

Habitée dès la préhistoire, découverte par les Etrusques, puis tour à tour soumise aux Romains, aux Carthaginois, aux Pisans, aux Génois, aux Turcs, aux Espagnols, aux Français, l'île d'Elbe a connu une histoire mouvementée, faite de misère, d'invasions dévastatrices, de populations égorgées. L'île s'est tout de même offerte une brève période de prospérité, avec même un soupçon d'activité artistique, sous Cosme Ier de Médicis qui l'avait rattachée en 1548 à la seigneurie de Piombino.

Mais comment aborder l'histoire elboise sans parler de sa composante maîtresse ? Partout, le fer abonde jusqu'à en dérégler les boussoles des marins à l'approche de ses côtes. M. Desmarest dans son Encyclopédie Méthodique (1811) décrivait avec enthousiasme : " De toutes les mines de fer connues, il n'y en a pas de plus digne que celle de l'île d'Elbe. "

Chronologie
De la préhistoire à nos jours

Préhistoire

A partir de 50 000 av. J.-C. > L'Homo sapiens neanderthalensis s'installe sur l'île d'Elbe, alors reliée au continent.

5 000-4 000 av. J.-C. > Un autre peuple de chasseurs arrive de l'Asie mineure avec un degré de développement supérieur. Désormais la chasse aux chèvres sauvages et autres bêtes se fait avec des flèches en pierre et hachettes polies.

A partir de 3 000 av. J.-C. > L'âge des métaux commence, on découvre pour la première fois des armes fabriquées en cuivre. Les paysans et bergers vivent dans les premières communautés villageoises et défendent ensemble leur bien contre les pilleurs.

Autour de 1 000 av. J.-C. > Les Phéniciens et les Grecs, grands navigateurs, accostent sur l'île d'Elbe pour chercher des pierres, destinées à la décoration des maisons, bijoux et autres ornements. Un morceau de minerai de l'Elbe fut d'ailleurs découvert à Ischia, ancienne colonie grecque.

Civilisation étrusque

De 700 à 400 av. J.-C. > Les Etrusques, civilisation matriarcale brillante, prennent possession de l'île d'Elbe, alors nommée Aithaleia, à la recherche de matière première pour leur production d'armes. Ils y exploitent les gisements de minerai, en quantité abondante, et se développe alors une véritable " Etrurie du fer " sur l'île.

Civilisation romaine

De 400 av. J.-C. à 476 ap. J.-C. > Succède l'Empire romain qui continue l'extraction du minerai et y ajoute celle des blocs de granit à l'ouest. L'île est rebaptisée Ilva à cause de son paysage lunaire.

Germaniques, Lombards et pirates

Vers 500 ap. J.-C. > Invasion des Germains, fuyant les Huns.

Entre 568 et 575 ap. J.-C. > Invasion des Lombards.

774 ap. J.-C. > Charlemagne, après avoir vaincu le dernier roi des Lombards, Desiderius, met fin au royaume.

De 800 à 887 ap. J.-C. > Grand désordre suite à la dislocation de l'Empire carolingien, et aux invasions successives des pirates sarrasins.

A partir du Xe siècle > L'île d'Elbe est offerte aux Pisans par le pape Benoît VIII pour les remercier d'avoir combattu et vaincu les pirates.

Influence pisane

XIe-XIIIe siècles > L'île est dévastée et dépeuplée, suite à ces invasions acharnées. Les survivants vivent cachés et n'ont pas confiance en la paix, qui dura pourtant trois siècles sous la souveraineté de Pise.

1339 > La guerre entre guelfes et gibelins fait rage en Toscane ; la dynastie des Appiani (seigneurs de Piombino, Pianosa et Montecristo) prend le contrôle de l'île, toujours sous la menace de la piraterie (en particulier celle du pirate turc Barberousse).

1535 > L'empereur Charles Quint commence à combattre les pirates, mais cette guerre est coûteuse et nécessite un emprunt auprès de Cosme Ier de Médicis, grand-duc de Toscane : l'île d'Elbe est donnée en échange en 1548.

La famille des Médicis

1548 > Maître d'ouvrage passionné, Cosme Ier de Médicis commence à fortifier l'île. Feraja est rebaptisée Cosmopoli, et se transforme en bastion imprenable avec deux forts : Stella et Falcone.

1557 > Le peuple elbois est soumis à trois maîtres : les Appiani qui obtiennent de nouveau la possession de l'île, les Médicis qui restent au pouvoir à Cosmopoli (Portoferraio), et les Habsbourgs d'Espagne qui occupent Porto Longone (Porto Azzurro).

Une île écrasée entre Madrid, Vienne, Londres et Paris

1634 > Les Appiani vendent leur propriété sur l'Elbe à Niccolò Ludovisi, le mari d'une de leur fille.

1646 > Après la déclaration de guerre de la France à l'Espagne (guerre de Trente Ans), les Français, en recherche de bases stratégiques en mer Tyrrhénienne, donnent l'assaut à Porto Azzurro.

1678 > Charles II, dernier roi d'Espagne de la dynastie des Habsbourgs, construit une deuxième fortification à Porto Azzurro : Forte Focardo.

De 1701 à 1713 > Des régiments autrichiens et espagnols occupent l'île.

1736 > L'Elbe est placée sous le contrôle du royaume de Naples.

1768 > La Corse devient française, ce qui déplaît fortement aux Anglais, qui occupent maintes fois l'île d'Elbe.

25 mars 1802 > Le traité de paix, signé à Amiens entre l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et la France, met un point final au bras de fer en mer Tyrrhénienne. L' " île de fer ", fragmentée entre plusieurs pouvoirs depuis plus de 250 ans, est finalement entre les mains de la France.

De Napoléon à Victor-Emmanuel II

1805 > Napoléon Bonaparte, proclamé Consul à vie et empereur héréditaire des Français, offre à sa grande soeur la principauté de Piombino. Elisa, désormais maîtresse de l'île d'Elbe, relance l'activité d'extraction du minerai de fer, nécessaire aux armes de guerre pour son frère.

11 avril 1814 > Par le traité de Fontainebleau, Napoléon obtient la propriété de l'île d'Elbe érigée en principauté, en échange de son abdication.

Du 4 mai 1814 au 26 février 1815 > 300 jours d'exil, durant lesquels Napoléon régna sur l'île d'Elbe.

9 juin 1815 > Le congrès de Vienne rétablit la possession de la Toscane et de l'Elbe à la maison des Habsbourgs.

1860 > L'île est annexée au royaume d'Italie, dirigé par Victor-Emmanuel II de Savoie.

XXe et XXIe siècles, un nouvel élan

1914-1918 > Pendant la Première Guerre mondiale, l'Elbe subit une seule attaque, le 23 mai 1916, d'un sous-marin autrichien qui bombarde Portoferraio.

1943 > Après le débarquement des Alliés et l'effondrement fasciste en Italie, les Allemands bombardent et occupent l'île.

1950 > Création de la Cassa per il Mezzogiorno pour le financement de travaux publics et d'infrastructures dans le sud de l'Italie, dont bénéficie l'île d'Elbe.

Années 1960-1970 > Les effets des subventions sont significatifs, l'Elbe réussit sa reconversion d'industrie lourde à industrie du tourisme.

1994 > L'île traverse sans encombre la crise du tourisme en Italie et s'oriente de plus en plus vers la protection environnementale.

1996 > Création du Parc national de l'archipel toscan.

2002 > Graves inondations causées par des tempêtes, les dégâts se chiffrent à plusieurs millions.

22 avril 2013 > Référendum sur l'unification de l'île d'Elbe en une seule commune. 75 % des votes contre.

Début 2014 > Création de VisitElba (première agence de promotion touristique de l'Elbe).

2014 > Nombreuses festivités à l'occasion du bicentenaire du séjour de l'Empereur sur l'île d'Elbe.

3 février 2015 > Sergio Mattarella (Parti Indépendant) est élu Président de la République italienne, après la démission de Giorgio Napolitano.

Eté 2017 > Sécheresse prolongée qui a infligé d'importants dégâts à l'agriculture et un nombre record de feux de forêt dans la quasi-totalité des régions septentrionales de l'Italie.

2019 > Nombreuses animations à l'occasion du cinquième centenaire de la naissance de Cosme Ier de Médicis, premier grand-duc de Toscane.

Des origines qui remontent à l'âge de pierre

Les nombreuses fouilles archéologiques ont mis au jour des outils et artéfacts (conservés au musée archéologique de Marciana) attestant le présence humaine dès l'âge de la pierre, lorsque l'île était reliée au continent, il y a environ 12 000 ans. L'âge du bronze entraîna un développement considérable de la civilisation, accompagné de vagues migratoires : aux Ligures, s'ajoutèrent des peuples étrusques. Sur le massif du mont Capanne, entre 1400 et 1200 av. J.-C., existaient de nombreux villages habités par des populations dédiées à l'élevage et au tissage. Puis, à l'âge du fer, l'île connut un développement extraordinaire du fait de sa richesse en minerai.

Époque étrusque, une véritable « Étrurie du fer »

Aux yeux des Etrusques, l'Elbe représentait une inépuisable source de richesses : au VIIIe siècle av. J.-C., ils exploitaient les ressources minières de l'île et exportaient le fer à travers tout le bassin méditerranéen, participant ainsi à la grande prospérité de cette brillante civilisation.

Jour et nuit, le feu des fourneaux de zinc et de fer flambent sur Aithalia, " l'île étincelle " ou " l'île noire de suie ". Ce monopole du fer apporte une immense richesse aux Etrusques, mais aussi la paix militaire. Pour ne pas figurer sur leur " liste noire " du commerce des armes et des outils, aucun peuple n'ose les affronter.

La civilisation étrusque organisa le territoire de l'île en une série de villages fortifiés (oppida en latin), dédiés au contrôle du commerce maritime et terrestre du fer, extrait sur le versant oriental de l'Elbe.

Domination romaine et découverte d'une autre précieuse ressource

Puis, autour de 250 av. J.-C., vinrent les Romains et l'île devient " Ilva... inexhaustis Chalybum generosa metallis ", comme l'écrit Virgile dans l'Enéide. Les nuages de fumée des fourneaux continuent de noircir le ciel, mais l'approvisionnement en combustible est de plus en plus compliqué à cause du déboisement massif des forêts. Les Etrusques ont, en effet, laissé des collines sans arbres.
Se développe alors le travail du granit, à l'ouest de l'île, où des blocs sont décrochés des montagnes et roulés sur des troncs d'arbres jusqu'au port. Le granit elbois devient vite très prisé et décore des lieux prestigieux comme les colonnes du Panthéon à Rome ou le baptistère de Pise.

Les Romains sont les premiers à véritablement profiter de l'Elbe, comme l'attestent les thermes retrouvées sur les côtes, ainsi que les luxueuses villas : Villa della Linguella, Villa delle Grotte (Portoferraio), Villa di Capo Castello (Cavo)...

Autres témoignages du monde romain sur l'île, les épaves de naves onerariae datant de l'époque républicaine (IIe-Ier siècles av. J.-C.) et impériale (Ier-IIIe siècle ap. J.-C.), retrouvées à Sant'Andrea, Chiessi et Procchio.

Période trouble et violente du Moyen-Âge

Après la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, commence une longue et sombre période avec très peu d'informations historiques sur l'île d'Elbe.

A cette époque, remonte la colonisation de l'archipel toscan par les premiers ermites chrétiens : Mamiliano, évêque de Palerme, se réfugie sur l'île de Montecristo vers 460, tandis que Cerbone, évêque de Populonia, cherche l'asile dans la vallée entre Marciana et Poggio, dans la Grotta del Santo.

L'Elbe fut ensuite incluse au royaume des Ostrogoths, puis, en 610, arrachée au domaine des Byzantins par les Lombards. La domination lombarde est par la suite supplantée par celle des Francs, qui firent don de la possession de l'île au pape Léon III. Cette période voit également commencer les raids navals des Sarrasins. En 874, les Pisans dominent les flottes musulmanes ; c'est ainsi que cette République de Pise naissante obtient de la papauté le protectorat sur la mer Tyrrhénienne septentrionale.

Une bataille navale d'importance eut lieu en 1003 entre les Pisans et le commandant Mujahid, qui s'acheva sur une victoire écrasante de Pise. Mais quelques années plus tard, en 1016, le même Mujahid envahit l'île, tuant et déportant une grande partie de la population.

Accalmie relative sous les Pisans

De plus en plus puissante, Pise détient la souveraineté absolue sur l'archipel toscan à partir du XIe siècle, la Corse et la Sardaigne seront subséquemment sous domination pisane quelques années plus tard (1034).

L'Elbe devient une capitainerie sous le gouvernement de Pise et a été divisée en quatre paroisses. Nombre d'édifices religieux, construits dans les zones rurales et censés garantir la sécurité de la population, datent de cette période, comme San Lorenzo, San Giovanni Battista et l'église de Santa Maria del Monte. Malgré tout, les Elbois avaient si peur des invasions sarrasines qu'ils vivaient cachés dans les hauteurs ; d'où la construction de plusieurs forteresses pisanes en altitude.

En 1284, au large de Livourne (Toscane), éclate la Bataille de la Meloria qui vit s'imposer les Génois contre les Pisans ; la Corse et l'île d'Elbe furent alors rattachées à Gênes. Mais peu de temps après, en 1299, Pise obtient de nouveau la possession de l'Elbe à travers un compromis mercantile conclu avec les Génois. Durant le XIVe siècle, l'île continue d'être gérée par le gouvernement pisan.

La population elboise n'échappe pas à la terrible pandémie de peste bubonique, transmise par les puces, qui, entre 1347 et 1352, a infecté l'ensemble de l'Europe. Une telle catastrophe a considérablement réduit le nombre d'insulaires, comme l'attestent plusieurs documents pisans.

L'ambition politique de la famille Appiano

En 1392, le chancelier de la République de Pise, Jacopo Appiano, fait assassiner Pietro Gambacorti, Seigneur de Pise. Le fils de Jacopo, Gherardo Appiano, cède la ville en 1399 à Gian Galeazzo Visconti, Seigneur de Milan. Ce dernier revend Pise à la République de Florence en 1405, au prix considérable de 200 000 florins. L'Elbe reste aux mains des Appiano, qui choisirent la ville de Marciana comme lieu de représentation de leurs intérêts politiques et commerciaux, en vertu du large panorama sur la mer et le Canal de Piombino.

En 1509, la famille Appiano évolue de seigneurie à principauté ; leurs territoires deviennent un fief impérial sous la protection de l'empereur Maximilien Ier de Habsbourg. S'ensuit alors une période marquée par les raids turcs : en 1534 notamment, Khayr ad-Din, plus connu sous le nom de Barberousse, envahit l'île d'Elbe, détruisant le centre minier de Gràssera. A partir de 1535, l'empereur Charles Quint commence à combattre les pirates. Il attaque Tunis, le principal port des Sarrasins et libère 22 000 esclaves chrétiens. Beaucoup d'Elbois doivent leur survie à l'empereur Habsbourg.

Les Médicis à l'Elbe : métamorphose de Portoferraio en citadelle inexpugnable

Au cours de ces années, la dynastie des Médicis se reconstitue à Florence, avec Cosme Ier ; et le conflit entre Charles Quint et François Ier éclate. Le roi de France est allié avec les Turcs, menés par Turghud, connu sous le nom de Dragut, qui saccagea l'Elbe en 1553 et 1555. Dans ce contexte historique trouble, l'île reste sous la domination des Appiano, sauf l'antique Cosmopoli (aujourd'hui Portoferraio) : la puissante ville fortifiée, construite par Cosme Ier de Médicis pour endiguer le phénomène de la piraterie, devient un port stratégique et la plus importante base navale de toute la Méditerranée. Les travaux de fortifications ont commencé en mai 1548, sous la direction de l'architecte Bellucci, et font de Portoferraio la seule ville de l'île à pouvoir résister au terrible Dragut.

En 1603, le fort Beneventano fut construit à Porto Longone (aujourd'hui Porto Azzurro) par les Espagnols de Philippe III. Au début du XVIIIe siècle, l'île d'Elbe est encore divisée entre la domination du Grand-Duché de Toscane et la Principauté de Piombino.

Napoléon, Empereur de l'île d'Elbe

A la fin du XVIIIe siècle, les hostilités entre la France et l'Angleterre se cristallisent autour de l'île d'Elbe. C'est seulement en 1802, en vertu du traîté d'Amiens, que l'île devient territoire de la France métropolitaine.

Suite à l'échec de la campagne de Russie, Napoléon Bonaparte, contraint d'abdiquer, est déchu par le Sénat le 3 avril 1814. Quelques jours plus tard, le 11 avril, le traité de Fontainebleau donne à l'ex-empereur la souveraineté de l'île d'Elbe et lui accorde une petite armée parmi sa Vieille Garde. L'objectif des Alliés est d'éloigner Napoléon de la politique européenne ; c'est pourquoi le terme " exil " est quelque peu galvaudé, il s'agit plus conformément d'un éloignement.

Il faut savoir que c'est Napoléon qui a choisi l'Elbe (Malte et Corfou faisaient partie de la liste proposée par les Anglais), car l'île est un territoire français, plusieurs de ses soldats y vivent - notamment Leopold Hugo, père de Victor Hugo - et sa soeur, Elisa, est en Toscane. Pendant 300 jours, du 3 mai 1814 au 26 février 1815, le souverain régna minutieusement sur son royaume de quelques kilomètres carrés : nouvelles infrastructures routières et agricoles, modification de l'arsenal des lois, modernisation de l'urbanisme, stimulation de l'économie, et même nouveau drapeau.

Napoléon réside principalement à Portoferraio, à la Palazzina dei Mulini (" Palais des Moulins "), réaménagée selon ses exigences, mais aussi à San Martino, sa résidence d'été. Du 23 août au 5 septembre 1814, il séjourne au Sanctuaire della Madonna del Monte, à Marciana : lieu stratégique où l'ex-empereur communiquait secrètement à l'aide d'un télégraphe optique à bras articulés sur le rocher dell'Aquila.

Dix mois plus tard, Napoléon ne songeait plus qu'à reprendre le pouvoir à Paris. Il était au courant de l'impopularité croissante de Louis XVIII, de l'instabilité entre les puissances européennes, des menaces pesant sur les acquis de la Révolution, et de l'infidélité de Marie-Louise d'Autriche, son épouse. Le 26 février 1815, renseigné par des espions et profitant de l'absence du représentant anglais au port de Portoferraio, Bonaparte s'évade de l'île d'Elbe à bord de L'Inconstant et débarque à Golfe-Juan, près d'Antibes. Napoléon regagne Paris, son retour au pouvoir durera 100 jours jusqu'à Waterloo.

Un Napoléon vulnérable

A l'époque, on savait beaucoup de choses sur l'Empereur (la rapidité de ses repas, ses bains fréquents, son habitude à dormir dans des lits de camp...), mais jamais où il était ! Sur l'île d'Elbe, Napoléon ressentait une grande vulnérabilité, car pour la première fois, tout le monde savait où il se trouvait.

Les yeux du monde entier sont fixés sur l'île d'Elbe, devenue principauté en 1814. Chaque fait et geste de Napoléon, sous le contrôle officiel du commissaire britannique Sir Neil Campbell (1776-1827), sont épiés et soumis à la curiosité d'une véritable foule de " touristes ", venus sur l'île pour voir de près un personnage si célèbre.

Royaume d'Italie : l'unité italienne en marche

Par la suite, avec la Restauration, l'Elbe est annexée au Grand-Duché de Toscane jusqu'en 1860, puis suit le sort de tous les autres territoires italiques, réunis dans le Royaume d'Italie de Victor-Emmanuel II.

De longues années de pauvreté et d'émigration s'ensuivirent, jusqu'à la construction de hauts-fourneaux à Portoferraio qui donna enfin à l'île un nouvel essort économique. La production annuelle de fer avoisine les 850 000 tonnes dans les années 1910.

L'Elbe ne subit qu'une seule attaque pendant la Première Guerre mondiale, le 23 mai 1916 : un sous-marin autrichien bombarde Portoferraio. Mais des centaines de jeunes Elbois sont recrutés sur les champs de bataille et, sur l'île, le travail forcé dans les mines pour fabriquer fonte et acier, nécessaires au matériel de guerre, fait beaucoup de dégâts.

Les installations industrielles furent réduites à néant durant la Seconde Guerre mondiale, lors de l'opération Brassard, menée par les Alliés du 17 au 19 juin 1944. En effet, l'île d'Elbe représentait un poste avancé pour les troupes allemandes et fut défendue " jusqu'au dernier homme et à la dernière cartouche ", a écrit le commandant allemand Feldmarschall Kesselring.

Après les ruines, désir de paix et ouverture au tourisme

Dans les années 1950, les premiers touristes découvrent l'île d'Elbe. C'est le début d'une période de paix qui, en quelques décennies, a transformé le visage de l'île qui nous est offert aujourd'hui. Les subventions de la " Cassa per il Mezzogiorno ", un fonds de développement économique pour l'Italie du Sud, permettent la construction et la modernisation d'installations touristiques. Le passage de l'industrie lourde à l'industrie du tourisme se déroule avec succès, et l'Elbe traverse sans difficulté la crise du tourisme en Italie dans les années 1990. En 1996, l'archipel toscan est proclamé Parc national et l'Elbe s'engage de plus en plus vers un tourisme responsable et la protection environnementale.

2014 fut l'année du bicentenaire de l'arrivée de Napoléon sur l'île d'Elbe. Tout l'été, l'île a vécu au rythme des commémorations et des défilés en costumes d'époque. 200 ans après, les Elbois sont toujours très attachés à ce souvenir.

Aujourd'hui, le tourisme, en croissance continue depuis plusieurs années, est devenu une composante majeure de l'économie de l'île d'Elbe.

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