La galerie Barnoud organise à Entrepôt 9 jusqu'au 28 mai une exposition personnelle de Renaud Layrac.

Né en 1962 à Monaco et habitant à Paris, Renaud Layrac travaille en solo depuis la dissolution en 2009 du groupe d'artistes BP, qui s'était fait connaître en détournant de leur fonction initiale des matériaux liés à l'industrie pétrolière (deux œuvres de BP font partie de la collection Géotec, hébergée dans les locaux d'Entrepôt 9).

Ses œuvres désormais questionnent la société post-industrielle, les notions de pouvoir et de liberté en relation aux domaines de l'entreprise, de la communication et de l'information.

Au début de l'année 2016, Google est devenu la première capitalisation boursière mondiale, devançant Apple et ExxonMobil. Cet événement semble confirmer l'établissement d'une nouvelle hiérarchie où les industries numériques prennent le pas sur le monde matériel ; ceci se traduisant autant sur le plan économique que dans nos usages et notre rapport à la réalité.

Renaud Layrac, diplômé de la villa Arson (Nice) en 1986, s'est fait l'écho au sein du collectif BP de la domination de l'or noir sur le monde contemporain. Il propose aujourd'hui une plongée dans les écrans noirs de l'univers numérique.

À travers un ensemble de photos, vidéos et dessins, l'exposition Zone de transparence temporaire interroge la transparence des nouveaux outils de communication.
Il y est aussi question du pouvoir des images. Leur circulation accélérée sur le réseau nous aide-telle à déchiffrer la complexité du monde ou, au contraire, masque-t-elle la mise en place de puissants outils de surveillance qui menacent nos sociétés démocratiques ?

La série Transparence (2012-2015) est constituée de photos imprimées sous plexiglas.
L'architecture y est présente à travers des images trouvées sur le net qui évoquent des lieux liés à la notion de pouvoir et de contrôle. Ces images, dont la qualité d'origine est médiocre et la provenance incertaine, sont fortement assombries puis agrandies pour devenir de grands écrans obscurs et miroitants. À la représentation des lieux se superpose ce que chacun souhaite y projeter.

Reset (2015), un miroir noir doté en son centre d'un bouton poussoir rouge, exprime à l'inverse, de façon plus ironique et dérisoire, la volonté et la possibilité d'une reprise de contrôle sur la réalité.

La série Not for robots (2013-2015) reprend le principe des CAPTCHA, ces mots déformés qu'il faut saisir lors de procédure d'inscription sur internet. Ici, la main s'oppose à la machine et tente de reprendre le pouvoir en peignant à l'aquarelle les noms de lanceurs d'alerte. Fruits d'une modeste résistance, les tracés obtenus restent invisibles aux dispositifs de surveillance robotisée.
Déchiffrable en revanche par un regard humain, ils évoquent des individus dont la liberté s'est vue compromise du fait de leur engagement et de leur dénonciation d'un système de contrôle généralisé.

Enfin, Neo Ego (2013) est une vidéo où défilent en boucle des mosaïques de visages collectés sur Google images, classés par prénom. Mélangeant célébrités et anonymes réunis par la volonté d'un algorithme, elle dépeint l'autoportrait d'une humanité numérisée.

DATES
Le mercredi, vendredi et samedi, du 9 avril au 28 mai, de 15 h à 19 h

INFOS / RESA
Renseignements au 03 80 66 23 26

Entrepôt 9

9 Boulevard De L'europe, Quetigny
Site : http://www.entrepot9.fr/expositions.html