Guide d'Anvers : Histoire

Les origines

Les territoires qui forment la Flandre actuelle étaient déjà peuplés au paléolithique. Bien que moins nombreux qu'au Sud de la Belgique, des vestiges y ont été découverts depuis une trentaine d'années. Vers 4 000 av. J.-C., commence l'ère néolithique. Les chasseurs-cueilleurs vont se mettre à la culture et à l'élevage. Cette période est encore mal documentée en Flandre, mais, en 2006, un site d'habitat néolithique a été mis à jour à Waardamme, en Flandre occidentale.

L'âge du bronze débute tardivement dans la région. Ce n'est que vers 1 000 av. J.-C. que les premiers objets sont façonnés. Aux environs de 600 av. J.-C., les populations celtiques, originaires d'Europe centrale, entament de violentes incursions, s'emparant progressivement de l'aire géographique comprise entre le Rhin, les Alpes et les Pyrénées, désignée comme " la Gaule " (la Gaule belge s'étend pour sa part depuis le Rhin à l'est, jusqu'à la Seine et la Marne au sud). Les Celtes, dont la culture fut largement assimilée par les populations conquises, travaillent le fer, se déplacent à cheval, pratiquent la religion druidique et utilisent la barque (ce qui leur permettra de traverser le chenal séparant le continent de la Grande-Bretagne). Ils s'adonnent surtout à l'agriculture (grâce à la charrue à roue en fer) et à l'élevage, vendant également des esclaves aux marchands méditerranéens contre des produits ouvragés.

Les principaux peuples gaulois de la Belgique actuelle se livrent souvent bataille, mais restent isolés par de grandes étendues forestières et marécageuses, se confinant dans des réduits entre deux cours d'eau. Sur le territoire " flamand ", on trouve notamment les Eburons (entre Dyle et Rhin), les Nerviens (entre Escaut et Dyle) et les Morins (entre Escaut et Meuse).

La conquête des Gaules par les légions romaines commence en 57 av. J.-C.. Il faudra cinq ans pour qu'elle s'achève par la destruction de la vigoureuse résistance des Belges, menée notamment par Ambiorix, roi des Eburons. Jules César reconnaîtra que " de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves ". Il n'y a pas de consensus quant à l'étymologie du mot " Belgae ". Il pourrait être d'origine gaulois et signifier " les hommes de l'alliance ". César confirme d'ailleurs l'existence d'une alliance de tribus. Avec l'imposition de la Pax Romana s'ouvre une longue période de prospérité, garantie par l'ordre et la sécurité. Un réseau de chaussées, tracées en ligne droite, est déployé, ouvrant des communications commerciales entre tous les points de l'Empire et permettant un important essor économique de la région. L'agriculture domine et les fabrications textiles, l'artisanat de céramique ainsi que les productions métalliques (armes) sont exportés vers les autres régions en suivant l'axe des chaussées et des fleuves. Les populations belges sont romanisées, adoptant progressivement la langue, la religion et les manières de vivre de leurs vainqueurs. L'occupation romaine durera 400 ans. Mais l'affaiblissement de l'Empire enhardit les populations extérieures qui, d'expédition en expédition, commencent à s'installer dans les provinces romaines. Ainsi les Francs Saliens, qui ouvrent l'ère mérovingienne, occupent le nord de l'actuelle Belgique et font de Tournai la capitale de leur royaume (Childéric Ier y est enterré). Sous le règne de son fils, Clovis (482-511), qui se convertit au christianisme, ils partent à la conquête de toute la Gaule et renforcent son évangélisation (le christianisme était apparu en Belgique dès le IIIe siècle) par la création de nombreux monastères.

C'est à cette époque que se dessine la frontière linguistique en Belgique. Le sud du pays, fortement romanisé, est moins affecté par l'immigration franque que le nord, où celle-ci s'impose à un peuplement dispersé. Le parler roman prévaut donc dans le sud, tandis que le parler franc s'impose dans le nord.

Tout le long des zones de contact entre les peuplades celto-romanes et les peuplades germaniques, c'est-à-dire de l'Ecosse à l'Illyrie, on retrouve cette opposition entre les "  étrangers  " (Walha, Welsch, Welsh) et les gens "  du peuple  " (Diets, Teutsch, Deutsch), donc les Germains.

De l’Empire aux royaumes

Lieu de passage et de contact entre de grands ensembles de populations, l'espace belge, qui ne dispose pas de frontières naturelles, vivra désormais son histoire au gré des guerres et des conflits entre ses grands voisins, servant au fil des siècles de champ de bataille de l'Europe. En attendant, l'histoire de la France et celle de l'ancienne Gaule belge se confondent. Lors du déclin de la dynastie mérovingienne (époque des Rois fainéants), une puissante famille noble de Hesbaye régnant sur de grands domaines féodaux va fournir de nombreux maires de palais (vice-rois) de plus en plus énergiques. L'un d'eux, Charles Martel, se fait reconnaître par sa victoire à Poitiers en 732. Son fils, Pépin le Bref, est consacré roi des Francs en 751, ouvrant la période carolingienne tandis que son successeur, Charlemagne (771-814), étendra la chrétienté vers l'est et sera couronné à Rome empereur d'Occident en l'an 800. Il établit sa capitale à Aix-la-Chapelle et étend son Empire de l'Elbe aux Pyrénées. Les comtés de son administration sont à l'origine des circonscriptions du Moyen Age en Belgique.

Lotharingie

Après la mort de Charlemagne, le traité de Verdun (843) conclut les guerres fratricides entre ses trois héritiers par un partage de l'Empire entre Charles le Chauve, qui se voit attribuer les terres située à l'ouest de l'Escaut (futur royaume de France), Louis le Germanique, qui obtient la partie orientale (Saint-Empire) et Lothaire disposant des territoires intermédiaires (région s'étendant de la Hollande à l'Italie). La création de la Lotharingie, Etat éphémère, laissera des traces dans l'Europe actuelle, puisque les régions rassemblées continueront jusqu'à nos jours à hésiter entre les deux autres domaines.

La partie belge de la Lotharingie ne résiste pas à l'étau de ses puissants voisins et, en 925, elle sera absorbée formellement par l'Empire, dont l'Escaut devient la frontière. Déjà à l'époque, la situation administrative de la future Belgique est complexe. La Flandre, au parler majoritairement germanique, dépend du roi de France, tandis que les territoires de langue romane sont vassaux de l'Empire germanique. Et, comme pour simplifier les choses, dès le Xe siècle, les grands seigneurs commencent à s'émanciper et l'espace belge se morcelle en de nombreuses seigneuries féodales, petites patries repliées sur elles-mêmes et s'organisant derrière de hautes murailles et des châteaux fortifiés (donjons) pour résister aux razzias des envahisseurs vikings.

Prospérité médiévale

Au Moyen Age, le territoire actuel de la Flandre est ainsi divisé en plusieurs Etats féodaux : les principaux sont le comté de Flandre à l'ouest de l'Escaut, le duché de Brabant au centre et le comté de Looz à l'est (qui fut rattaché à la principauté de Liège en 1367).

Le comté de Flandre, relevant du royaume de France, connaît un grand développement économique. Un puissant corps de marchands et d'artisans se constitue et, vers 1200, le tissage de la toile impulsé par les importations anglaises donne du travail à 20 000 tisserands dans la ville de Gand, alors que Bruges est un des centres du commerce européen. L'octroi de libertés communales entérine ce premier essor d'une bourgeoise capitaliste.

La construction d'hôtels de ville et de beffrois symbolisant la prospérité bourgeoise, l'épanouissement des arts (cathédrales, gothique flamboyant), l'esprit de fronde et de liberté font de cette période l'âge d'or de l'histoire des Flandres. La puissance marchande inquiète les patriciens et le roi de France qui sont défaits à la bataille des Eperons d'or à Courtrai, en 1302. Cette victoire consolide encore l'indépendance des villes. Au début de la guerre de Cent Ans (1337) qui oppose l'Angleterre à la France, le Gantois Jacques Van Artevelde, représentant des corporations, prend le parti de l'Angleterre.

Duché de Bourgogne

En 1369, Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne et frère du roi de France Charles V, épouse Marguerite de Maele, fille du dernier comte de Flandre et devient par cette alliance héritier du comté de Flandre. Ainsi se constitue une entité politique nouvelle appelée les Pays-Bas, avec Bruxelles pour capitale, intégrant aussi des seigneuries sur les territoires de la Hollande actuelle.

Le petit fils du Hardi, Philippe III le Bon (1419-1467), mène la guerre contre les Armagnacs et le dauphin Charles VII de France aux côtés de l'Angleterre. Il se réconciliera plus tard avec le roi de France mais se dispense de l'hommage de vassalité pour la Flandre. Il est promu grand-duc d'Occident et devient le souverain le plus puissant d'Europe. Mécène, il développe les arts à Bruxelles, embellit la ville et en fait une grande capitale européenne. La centralisation administrative qui accompagne l'expansion bourguignonne s'oppose au maintien des libertés communales au travers de nombreuses péripéties sanglantes. Mais le successeur de Philippe le Bon, Charles le Téméraire (1467-1477), harcelé par Louis XI, échoue dans sa tentative de relier les Pays-Bas aux possessions de Franche-Comté par un couloir à travers la Lorraine. Il est tué devant Nancy.

Entrée en scène des Habsbourg

Le mariage de Marie de Bourgogne, fille unique de Charles le Téméraire, avec Maximilien Ier d'Autriche fait passer les Pays-Bas sous la tutelle des Habsbourg. Ceux-ci seront contraints d'accorder le Grand Privilège diluant l'autorité centrale au bénéfice des autonomies régionales. Après le règne de Philippe le Beau, marié à Jeanne de Castille (dite Jeanne la Folle), leur fils Charles Quint, né à Gand, hérite d'un immense territoire incluant l'Espagne et les Pays-Bas. Il est élu empereur en 1519 et reprend l'oeuvre centralisatrice dans une âpre lutte pour l'hégémonie en Europe contre le roi de France, François Ier. Il signe une alliance avec le prince-évêque de Liège, fait renoncer la France à sa suzeraineté sur la Flandre et l'Artois et supprime la frontière qui, depuis 813, partage le territoire belge (transaction d'Augsbourg en 1548). L'oeuvre unificatrice des ducs de Bourgogne est donc reprise et menée à terme par la maison d'Autriche. En 1548, Charles Quint institue le " Cercle de Bourgogne ", ensemble des provinces des Pays-Bas qui ne peuvent désormais plus être dissociées lors de successions ultérieures. Ce Cercle de Bourgogne est considéré comme l'ancêtre d'une destinée commune des dix-sept provinces dont les territoires correspondent à peu près au Benelux actuel.

Apogée et destruction des anciens Pays-Bas

L'étendue de l'Empire, la découverte du Nouveau Monde et de ses richesses, le mercantilisme stimulent les échanges commerciaux. A l'ensablement de Bruges répond le développement accéléré du port d'Anvers et de sa Bourse. Des financiers venus de toute l'Europe (juifs, Portugais, Lombards) y fondent des comptoirs. Ce dynamisme économique est prolongé par un vaste renouveau des idées, des arts et des sciences sous le sceau de l'humanisme, dont les représentants ont pour nom Plantin, Vésale, Erasme, Mercator, etc. Cependant, cette unification administrative des Pays-Bas n'empêche pas les provinces et les villes de garder leurs particularismes. La propagation d'une nouvelle doctrine, prêchée par un moine allemand nommé Luther, ne fait qu'accentuer ces divisions. Charles Quint décide alors d'interdire le protestantisme et de rétablir l'Inquisition. En 1555, il abdique en faveur de son fils Philippe II, qui hérite de l'Espagne, des Pays-Bas, des possessions italiennes et des colonies. Son frère, Ferdinand, hérite des pays d'Empire avec la couronne d'Autriche.

Philippe II (1556-1598), roi espagnol avant tout et culturellement très éloigné des Pays-Bas, souhaite soumettre les provinces des Pays-Bas aux instructions de Castille. Très autoritaire, il intensifie également les persécutions des calvinistes. La Révolte des Gueux éclate et se généralise. Philippe II envoie alors un représentant, le duc d'Albe, pour mater la révolte. Celui-ci met les Pays-Bas à feu et à sang. L'or des Amériques qui, en temps de paix, est passé des coffres des hidalgos (nobles espagnols) à ceux des marchands et artisans des Pays-Bas, sert désormais à payer les armées chargées de mater les provinces autonomistes. Le duc d'Albe ordonne également la création d'un tribunal d'exception qui prononcera 8 000 condamnations à mort, dont celles des comtes d'Egmont et de Hornes, qui seront décapités sur la Grand Place de Bruxelles. Les armées espagnoles repoussent les attaques protestantes et les insurgés doivent alors se réfugier dans le nord des Pays-Bas. En 1579, les provinces du Sud, saignées à blanc et épuisées (Flandre, Hainaut, Artois), doivent se soumettre par la signature du traité d'Arras en 1579. Se constituent de la sorte les Pays-Bas espagnols dont fait partie le Luxembourg.

Rémission partielle

En 1598, Philippe II cède la souveraineté des Pays-Bas à son neveu, l'archiduc Albert et son épouse Isabelle. Après la reprise d'Ostende, ceux-ci, extrêmement pieux, s'attellent au triomphe du catholicisme (protection de l'ordre des jésuites, construction d'églises et de fondations religieuses). Cette " contre-Réforme " va de pair avec un retour à la paix, la reconstruction économique de la région et de grands travaux de génie civil (assèchement des Moeren, creusement du canal Bruxelles-Willebroek). Ceux-ci doublent la prodigalité artistique. Mais l'archiduc, mort en 1621, n'ayant pas laissé d'héritier, les Pays-Bas méridionaux retourneront à l'Espagne et les hostilités reprennent. Les cessions par traités de territoires dessinent progressivement le tracé frontalier de la Belgique contemporaine : perte du Brabant septentrional et de la Flandre zélandaise au profit des Provinces unies, abandon de l'Artois, d'une partie de la Flandre et du Hainaut à la France. Le traité de Westphalie, en 1648, consacre diplomatiquement la séparation des dix-sept provinces. Ce siècle des malheurs pour les Pays-Bas espagnols, voués à la neutralisation militaire par les puissances européennes, s'achève par le bombardement de Bruxelles et de sa Grand Place à l'initiative du maréchal de Villeroi (1695), sujet du roi de France Louis XIV.

Période autrichienne

L'extinction de la branche espagnole des Habsbourg, au début du XVIIIe siècle, ouvre une guerre de succession. Défaite et en déclin, l'Espagne cède les Pays-Bas aux Habsbourg d'Autriche par le traité d'Utrecht en 1713, avec l'aval de l'Angleterre. Le territoire a cependant été fortement réduit par les conquêtes du roi de France (Arras, Lille...).

L'administration autrichienne, incarnée par un gouverneur, est très centralisée, tant pour maintenir la cohérence du vaste ensemble impérial aux nationalités multiples que pour impulser des réformes économiques dans une région enfermée dans ses privilèges et particularismes féodaux, générant retard économique et pauvreté. Des terres sont gagnées à l'agriculture et les rendements améliorés, de nombreuses industries sont créées, échappant aux entraves corporatistes. Les droits de passage sur les marchandises sont supprimés, unifiant le marché intérieur des Pays-Bas autrichiens, abrité par une politique protectionniste de la concurrence étrangère. Sous le règne de Marie-Thérèse (1740-1780), les arts et le commerce se développent, la Belgique est prospère. Mais les réformes visant à la réduction du pouvoir de l'Eglise et à la diminution de l'autonomie provinciale et locale rencontrent de nombreuses résistances. Elles prennent la forme de la contestation ouverte et de révoltes contre le despote éclairé Joseph II (1780-1790).

Ce dernier est encouragé dans sa politique de fermeté par l'Angleterre, inquiète des visées françaises sur le territoire belge. La création d'une nouvelle Eglise qui ne dépend plus de Rome et le contrôle de l'enseignement religieux mécontente les catholiques. Au même moment, une partie de la population, devient de plus en plus réceptive aux idées nouvelles qui viennent de France.

La révolution brabançonne et la domination française

Les événements parisiens de 1789 trouvent très vite écho en Belgique par les révolutions brabançonne et liégeoise. Les garnisons autrichiennes sont défaites dans des combats de rue, laissant quelques mois d'indépendance aux provinces soulevées. Conséquence de ces révolutions, les Etats belges unis sont proclamés en janvier 1790. Mais ceux-ci ne résistent pas à des intérêts antagonistes et les Autrichiens rétablissent provisoirement leur domination. Chassés une première fois par l'armée révolutionnaire française (Jemmapes 1792) et, après un bref retour (Neerwinden 1793), définitivement vaincus à la bataille de Fleurus (1794), les Autrichiens abandonnent la Belgique qui est annexée par la France. Assimilée aux autres provinces de la République, la Belgique est divisée en départements : " les neuf Départements réunis ". Les principes révolutionnaires (liberté des personnes, égalité devant la loi), puis le code Napoléon sont appliqués. Le marché français, s'ouvrant au pays, engage la Belgique dans la révolution industrielle et dans une courte période de prospérité. Ces vingt années de régime français laisseront des traces définitives dans la future Belgique indépendante. La suprématie de la langue française sur l'ensemble du territoire est établie, l'idée de la centralisation administrative et les principes du droit romain et catholique façonnent plusieurs générations. Les Belges participeront aux campagnes napoléoniennes comme conscrits, mais on les retrouve aussi dans les armées des Alliés (Anglais et Prussiens) à Waterloo. Si le régime français est plutôt bien supporté dans les contrées francophones, des voix, sur le moment peu entendues, s'élèvent contre l'écrasement de la culture néerlandaise dans les villes de Flandre, notamment à Bruxelles.

Le royaume des Pays-Bas et la révolution de 1830

La défaite de la Grande Armée à Waterloo (18 juin 1815) face aux armées de la Sainte-Alliance signe l'échec de la tentative d'expansion impériale française et commande son repli forcé. A l'initiative de l'Angleterre, la Belgique est incorporée aux Provinces unies pour former le royaume des Pays-Bas sous l'égide de Guillaume Ier d'Orange ; l'intention étant d'établir une barrière contre la France. Mais les deux siècles de séparation entre le Sud et le Nord des anciens Pays-Bas ont forgé des différences profondes. Différences économiques entre la bourgeoisie industrielle (d'ailleurs encouragée par le régime) au sud et commerçante au nord, différences religieuses (Belges catholiques, Hollandais protestants), différences linguistiques : la bourgeoisie belge est francisée, même en Flandre, et récuse l'usage officiel du néerlandais, pourtant très timidement réintroduit.

Par-dessus tout, les provinces belges sont deux fois plus peuplées que les provinces du Nord, mais la dette publique et la représentation parlementaire sont réparties à égalité. Le contrôle de l'administration, de la justice et de l'armée par les Hollandais est perçu comme une domination orangiste dans les provinces belges. Les parties de la Belgique qui tirent profit de l'ouverture des colonies hollandaises restent favorables au régime, tandis que les secteurs de la société dominés par le libéralisme naissant ou par son contraire, l'obscurantisme catholique rural, lui sont de plus en plus hostiles. Le soulèvement polonais et l'insurrection parisienne de 1830 exaltent une nouvelle fois Bruxelles, qui se révolte à son tour le 25 août 1830, très vite relayée par d'autres villes. Les patriotes chassent l'armée hollandaise et un gouvernement provisoire se constitue le 25 septembre. Les Belges choisissent alors un régime de monarchie constitutionnelle. Le Congrès national vote la Constitution le 7 février 1831.

Celle-ci est l'une des plus libérales de l'Europe d'alors, garantissant de nombreuses libertés aux citoyens. Cependant, le droit de vote reste réservé aux riches, qui paient un certain niveau d'impôt, soit 1 % de la population.

La couronne est proposée au prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha. Celui-ci prête serment et devient premier roi des Belges le 21 juillet 1831. L'Etat indépendant de Belgique est reconnu par les principaux pays européens (la Hollande le fera seulement en 1839) qui proclament sa neutralité. Ainsi, " la Belgique est la clé de voûte de l'ordre européen ", selon les mots du roi Louis-Philippe, dont Léopold Ier épouse la fille Louise-Marie d'Orléans, s'assurant ainsi l'appui de la France. Quant au Luxembourg, érigé en grand-duché en 1815 et intégré aux Pays-Bas, il se joint à la révolution de 1830 et les puissances décident alors son partage. La partie occidentale échoit à la Belgique (province du Luxembourg) et la partie orientale germanique forme le grand-duché indépendant. Celui-ci s'intègre économiquement à la Prusse en 1842 (Zollverein).

La Belgique indépendante

La nouvelle vie politique belge est dominée par le parti catholique et le parti libéral (libres-penseurs), qui sont les deux seuls partis existants. Durant ses premières années, la Belgique connaît des gouvernements d'union nationale qui permettent de surmonter les contradictions de sa société partagée en modernistes libéraux et conservateurs catholiques, qui ont rejeté le régime hollandais pour des motifs opposés. L'essor industriel est soutenu (la première ligne de chemin de fer du continent européen relie Bruxelles à Malines en 1835). Favorisées par une productivité et une qualité élevées, les marchandises belges sont très concurrentielles et enrichissent une économie tournée vers l'exportation. Cependant, la condition ouvrière est déplorable. Les ouvriers sont entassés dans des quartiers aux logements minuscules et miteux, femmes et enfants travaillent parfois plus de douze heures par jour et toute révolte est fermement réprimée, la subordination au patronat restant absolument exigée. Celle-ci est d'ailleurs prêchée par l'Eglise. Mais progressivement, le prolétariat s'organise sous la direction de jeunes bourgeois éclairés issus des milieux libéraux. Le parti ouvrier belge, d'inspiration réformiste, est fondé en 1885. Petit à petit, on assiste alors à quelques avancées sociales. Le droit de grève est reconnu et, en 1892, le suffrage universel est acquis. Celui-ci est cependant tempéré par le vote plural : chaque homme dispose d'une voix, les titulaires d'un diplôme de deux et les plus riches de trois. Il faudra attendre 1919 pour que le suffrage universel, égal pour tous, soit instauré. Et 1948 pour que les femmes puissent également voter...

Colonisation du Congo

Succédant à Léopold Ier en 1865, Léopold II nourrit des ambitions coloniales. Prétextant la lutte contre la traite de Noirs, il crée l'Association internationale africaine et finance des expéditions en Afrique centrale dont celle de Stanley. Le roi finance toutes ces explorations lui-même, avec l'aide de partenaires américains. Tant que les grandes puissances ne se sont pas encore partagé entièrement le continent, il s'attribue alors un immense territoire de chasse qui deviendra " l'Etat indépendant du Congo " sur lequel le Congrès de Berlin reconnaît la souveraineté du roi des Belges en 1885. La superficie de ce territoire est égale à 80 fois celle de la Belgique... Cette colonie est fabuleusement riche, son sol recelant de l'or, de l'argent, du cuivre et des diamants. Mais les polémiques nombreuses sur l'exploitation des masses indigènes et l'affectation des richesses coloniales (prosaïque contrepartie à la mission civilisatrice proclamée) conduisent le roi à transférer la souveraineté sur le Congo à l'Etat belge (1908).

Sous le règne de Léopold II, les revendications flamandes reçoivent une première écoute. Il faut savoir que le néerlandais était parlé à l'époque par les ouvriers flamands alors que la bourgeoisie, y compris en Flandre, parlait le français. La justice était donc rendue en français, l'administration était unilingue et l'Etat ne tenait aucun compte de la population néerlandophone. En 1898, le mouvement national flamand obtient le statut de langue officielle pour le néerlandais. Mais on est encore loin de l'égalité entre les langues.

La Belgique au début du XXe siècle

L'Empire allemand viole la neutralité belge le 2 août 1914. Le gouvernement se retire au Havre et intègre, dans une politique d'union sacrée, les chefs de file de l'opposition libérale et socialiste, mettant fin à près de trente ans de domination catholique absolue dans les cabinets ministériels. Le roi Albert Ier (1909-1934), à la tête de l'armée belge, maintient la résistance et sa souveraineté sur le réduit territorial dans le nord-ouest du pays délimité par l'Yser. Cela, tout au long d'une guerre de tranchées atroce (premier usage du gaz ypérite). La fin de la guerre entraîne l'adoption de mesures sociales. Les socialistes restent au gouvernement et le suffrage universel égal pour tous est accordé (1919).

Afin de prévenir l'agitation révolutionnaire, une commission nationale du travail, composée de représentants patronaux et syndicaux, est instituée avec charge de négocier les conditions d'embauche, de salaire et de grève. En 1921 est créée l'Union économique belgo-luxembourgeoise (parité monétaire, suppression des droits de douane). Celle-ci sera la trame du Benelux (associant la Hollande) et des autres espaces économiques supranationaux, dont la Belgique est à chaque fois partie prenante et moteur par sa vocation exportatrice et son étroitesse territoriale. Le Mouvement flamand obtient quelques mesures, telle que la " néerlandisation " de l'université de Gand en 1932.

Les épreuves de la Première Guerre mondiale ont fait naître un esprit belge, presque nationaliste, qui ne survivra pas à la guerre suivante. La crise économique des années 1930 provoque l'émergence de mouvements fascistes : le Rex de Léon Degrelle à Bruxelles et en Wallonie, le VNV en Flandre. Ceux-ci fourniront les cadres politiques de la collaboration avec l'occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale. Le 10 mai 1940, l'armée nazie pénètre en Belgique et occupera le territoire en l'espace de 18 jours. Parti en exil à Londres, le gouvernement belge participe à l'effort de guerre allié (entre autres, l'uranium du Congo servira à la fabrication des premières bombes atomiques). Le roi Léopold III (1934-1950) refuse, quant à lui de partir et décide de rester au pays pour partager le sort des Belges. Mais toute activité politique lui sera interdite par le régime nazi et le roi se tient à l'écart des affaires dans son château de Laeken après avoir signé la capitulation. Transféré en Allemagne au moment de l'évacuation nazie, Léopold III aura un entretien avec Hitler à Berchtesgaden. De plus, les prisonniers de guerre lui reprocheront son remariage en captivité en 1941 (sans l'accord du Parlement et, qui plus est, avec la fille d'un collaborateur), pendant que les Allemands pratiquent un traitement sélectif des communautés belges, libérant les prisonniers flamands avant les francophones. Ce régime de faveur développera d'ailleurs une hostilité entre les deux communautés après-guerre. Tous ces faits constituent la toile de fond de la question royale qui déchire le pays après la Libération entre partisans (animés par les catholiques) et adversaires du retour du roi (réseaux de résistants, mouvements ouvriers et libéraux). Le prince Charles, frère du roi, assure la régence dans l'attente du référendum du 12 mars 1950 qui donne la victoire aux partisans du retour du roi à 57,5 %. Mais le clivage communautaire apparaît nettement entre la Flandre (70 % pour) et la Wallonie (58 % contre). Les manifestations sanglantes de Grâce-Berleur et la menace d'une marche insurrectionnelle sur Bruxelles, incitent finalement le souverain à abdiquer au profit du prince Baudouin qui montera sur le trône à sa majorité, en 1951.

L’après-guerre

Après guerre, l'économie belge va se relever assez rapidement. La reconstruction du pays passe par l'augmentation de la production, notamment de charbon. Dès 1946, l'Etat fait appel à de la main d'oeuvre étrangère. Des milliers d'Italiens arrivent en Belgique. A la même époque, le minerai du Congo afflue au port d'Anvers et l'industrie sidérurgique prospère. Pourtant, dès la fin des années 1950, ce tissu industriel wallon, basé principalement sur le charbon et la sidérurgie, commence à décliner irréversiblement, alors que la Flandre, au contraire, développe une activité commerciale dynamique, encouragée par la création du Marché commun européen dont Bruxelles devint la capitale financière et politique en 1959.

La décolonisation

La Belgique, qui n'échappe pas à la tourmente des mouvements de lutte anticoloniale, sera contrainte de reconnaître l'indépendance du Congo le 30 juin 1960. La perte des ressources naturelles du Congo est durement ressentie et oblige le gouvernement belge à prendre un ensemble de mesures (appelées Loi unique) pour transformer un appareil industriel vieilli, instaurer une nouvelle productivité et assurer le passage de l'activité extractive déclinante à la nouvelle production manufacturière de masse. Cette Loi unique instaure de nouvelles taxes et réduit les dépenses sociales. Les travailleurs réagiront par le plus grand mouvement de protestation sociale de la Belgique contemporaine (hiver 1960-1961), bloquant l'activité du pays durant de longues semaines. C'est en Wallonie que l'opposition est la plus virulente et, aujourd'hui encore, le souvenir de cette grève générale reste plus vivace dans les mémoires d'une Wallonie désemparée que dans celles du Bruxelles bourgeois et de la Flandre sociale chrétienne. La Loi unique est abrogée le 13 juillet 1961, mais cette grève laissera des traces durables dans le pays, consacrant la rupture entre la Flandre et la Wallonie. La régionalisation de la Belgique est devenue inéluctable.

Fédéralisme

Alors que la Flandre prospère exprime sous diverses formes sa détermination à obtenir avant toute chose l'autonomie culturelle, les milieux syndicaux et progressistes de Wallonie comprennent la nécessité d'obtenir le fédéralisme. Seule cette réorganisation de la Belgique leur paraît pouvoir garantir au sud du pays une politique économique adaptée à ses difficultés. En 1962, une frontière linguistique est tracée. Les ministères de l'Éducation et de la Culture sont dédoublés et de nouveaux (Économie régionale, Relations communautaires) sont créés. Fin 1970, la Constitution est révisée. Elle instaure trois Communautés culturelles : française, flamande et germanophone. Des réformes successives seront ensuite apportées à la Constitution pour former l'Etat fédéral belge actuel. Les révisions constitutionnelles se succéderont alors jusqu'à nos jours. Une nouvelle réforme importante, visant à donner encore plus d'indépendance aux Régions, devrait d'ailleurs avoir lieu prochainement et la Belgique semble se diriger à grands pas vers un système confédéral. Si, à la mort du roi Baudouin en 1993, le deuil national démontra que, malgré les divergences communautaires, les Belges pouvaient encore éprouver un sentiment national, celui-ci semble s'amenuiser de plus en plus, particulièrement au nord du pays.

Une période noire pour les Belges

Les années 1990 ont été une période noire pour les Belges qui perdent alors toute confiance dans les institutions et en l'Etat. En 1996, l' " affaire Dutroux " fait l'effet d'un tremblement de terre pour ne pas dire d'une apocalypse. Celle-ci met en évidence le laxisme des institutions et les dysfonctionnements de l'appareil judiciaire. Aux élections de juin 1999, les sociaux chrétiens et les socialistes se voient infliger une défaite cuisante. Les grands vainqueurs de cette élection sont les libéraux qui deviennent la première formation politique du pays. Libéraux, écologistes et socialistes mettent alors sur pied une alliance inédite, excluant les sociaux chrétiens de tous les gouvernements fédéraux, régionaux et communautaires. Une première en plus de quarante ans. Cette nouvelle coalition " arc-en-ciel " est dirigée par le libéral flamand Guy Verhofstadt.

Petit à petit, les Belges retrouvent confiance. La crise économique semble passée, le prince Philippe épouse une charmante princesse et le gouvernement se montre à la pointe du combat démocratique. La Belgique prend position sur la scène internationale, notamment dans l'affaire du procès Pinochet ou au sujet de la guerre en Irak. Sur le plan national, le gouvernement belge se montre progressiste et autorise l'euthanasie et le mariage homosexuel. Après les élections législatives de 2003, les socialistes et les libéraux forment une nouvelle coalition, toujours menée par le Premier Ministre Guy Verhofstadt. La montée de l'extrême droite, en Flandre, devient cependant de plus en plus inquiétante. En 2005, la Belgique fête ses 175 ans d'existence et ses 25 ans de fédéralisme. Mais la réalité politique est autre. En Flandre, le fédéralisme a la vie dure. De plus en plus, les partis flamands réclament de nouveaux transferts de compétence vers les régions alors que les francophones refusent de remettre en cause la solidarité sur les gros postes de dépense comme la sécurité sociale.

Flamands et Wallons : deux visions différentes de l’avenir de la Belgique
La montée de l'extrême droite

Lors des élections fédérales de juin 2003, le Vlaams Blok, Parti nationaliste flamand d'extrême droite, récolte pour la première fois 25 % des voix en Flandre. Cette percée est confirmée lors des élections régionales en juin 2004 et le " Blok " devient le deuxième parti flamand derrière les démocrates-chrétiens (à Anvers, il récolte 30 % des voix).

Le 9 novembre 2004, la Cour de cassation de Belgique confirme un précédent arrêt de la cour d'appel de Gand, qui condamnait le Vlaams Blok pour racisme et xénophobie. Les juges ont estimé que ce parti véhiculait, par sa propagande, une image haineuse des étrangers et faisait ainsi " l'allégorie du racisme " auprès du grand public. Au moyen notamment de tracts distribués dans les boîtes aux lettres, le Vlaams Blok fait apparaître les immigrés, particulièrement ceux d'origine maghrébine, comme des criminels responsables de l'insécurité et des profiteurs de la Sécurité sociale sur le dos de la population autochtone. Après cette condamnation, le parti est obligé de se dissoudre. Mais il refonde une nouvelle formation politique avec les mêmes personnes et essentiellement le même programme : le Vlaams Belang (Intérêt flamand). Son nouveau slogan : " S'intégrer ou s'en aller ". Le parti préconise ainsi la possibilité de retirer sa nationalité à un Belge d'origine étrangère. Il affirme vouloir revenir sur ce qu'il qualifie d' " erreur multiculturelle " et prône au contraire le maintien de l'unité culturelle. Par ailleurs, le Vlaams Belang se revendique toujours parti de la droite nationaliste et l'indépendance de la Flandre reste sa croisade.

La crise politique et institutionnelle

Les élections communales (municipales) d'octobre 2006 - c'est la première fois que les étrangers non ressortissants de l'Union européenne ont pu voter - voient la défaite du VLD, parti du Premier ministre Guy Verhofstadt, en recul presque partout en Flandre et dépassé par les démocrates-chrétiens flamands. La tendance est confirmée lors des législatives du 10 juin 2007 qui voient également la défaite des socialistes en Wallonie, dépassés pour la première fois par les libéraux.

Grand vainqueur de ces élections, avec près de 800 000 voix de préférence, Yves Leterme, ministre-président de la Région flamande et membre du CD&V (chrétien-démocrate) allié au parti indépendantiste N-VA, tente de concilier les vues communautaires en vue de former un gouvernement avec le MR (libéral) et le CDH (chrétien-démocrate), francophones. Après plusieurs mois de négociations, c'est l'échec.

Un des grands axes de la campagne de 2007 en Flandre a été la volonté de transférer plus de compétences aux Régions (la Flandre est la région la plus riche du pays) mais celle-ci s'oppose au fédéralisme convaincu des partis francophones. En décembre, un accord met un terme (provisoire) à la crise. Un gouvernement " transitoire ", dirigé par le Premier ministre sortant Guy Verhofstadt, est mis en place. Le 20 mars 2008, après 9 mois de négociations, Yves Leterme devient enfin Premier ministre et le nouveau gouvernement est installé. Le calme - tout relatif - n'est que de courte durée : face à l'impossibilité de trouver un compromis sur le plan institutionnel, Leterme offre sa démission le 15 juillet 2008. Le roi Albert II la refuse, mais le geste replonge le pays dans l'incertitude d'une crise politique.

Fin 2008, la crise bancaire et financière relègue au second plan le débat institutionnel en Belgique et Yves Leterme semble enfin trouver sa place à la tête du gouvernement. C'est pourtant dans ce contexte qu'il présentera sa démission, le 19 décembre. La raison de cette décision ? Son cabinet est soupçonné de tentative d'influence de la Justice dans le dossier de reprise de la banque belgo-luxembourgeoise Fortis par BNP-Paribas. Face aux accusations, Yves Leterme se retire. Le 30 décembre, le nouveau Premier ministre, Herman Van Rompuy (CD&V), ancien président du Sénat, prête serment. Cet homme raisonnable et d'expérience était le seul à faire l'unanimité au sein des partis de la majorité.

Mais suite à l'élection d'Herman Van Rompuy au poste de président du Conseil européen, Yves Leterme devient à nouveau Premier ministre le 25 novembre 2009... et démissionne de nouveau moins de 5 mois plus tard après que les libéraux ont quitté la coalition gouvernementale face à l'impasse des négociations.

La poussée séparatiste flamande

Lors des élections anticipées du 13 juin 2010, le Vlaams Belang ne récolte que 10 % des voix, perdant une grande partie de son électorat nationaliste au profit de la N-VA de Bart De Wever. En Wallonie, c'est le PS qui s'impose. Deux communautés, deux visions des choses. Mandatées par le roi, plusieurs figures politiques se succèdent pour définir quels seront la méthode de travail, le contenu des négociations pour former un gouvernement et les partis qui y prendront part. Face aux multiples échecs, la liste s'allonge. En mai 2011, Elio di Rupo est finalement nommé formateur et définit les contours d'une nouvelle note, qu'il propose en juillet aux autres partis comme base pour la formation d'un gouvernement. La NV-A rejette catégoriquement la note. Dès le début de l'année 2012, le gouvernement Di Rupo lance simultanément les réformes de l'État, des pensions et du marché de l'emploi tout en adoptant des mesures de rigueur afin de limiter le déficit public. Dans ce contexte, les élections communales, qui se sont tenues en octobre 2012, ont confirmé l'avancée du parti séparatiste (N-VA, Alliance néo-flamande) et font office de vote de confiance pour le gouvernement di Rupo.

De nouvelles élections législatives, régionales et communautaires le 25 mai 2014 modifient encore considérablement le paysage politique belge. La N-VA reçoit alors le soutien de près d'un électeur flamand sur trois. Au sein du parlement flamand, la progression est spectaculaire alors que le nombre de sièges s'est vu octroyer 27 places supplémentaires, avec un total de 124. Et au niveau européen également, un Flamand sur quatre a voté pour la N-VA. Au bout de quatre mois de négociations, une inédite coalition voit le jour. Le gouvernement Michel (du nom de Charles Michel, leader du Mouvement Réformateur (coalition de centre-droit) prête serment devant le roi Philippe, le 11 octobre. Cette coalition regroupe donc le MR (libéraux) comme seuls francophones, alliés aux " séparatistes " flamands de la NV-A, à l'Open VLD et au CD&V (libéraux et sociaux-chrétiens flamands). En contrepartie du Premier Ministre francophone, le parti nationaliste NV-A obtient la majorité des portefeuilles ministériels clés. Face à ce gouvernement qualifié de " très à droite ", la concertation sociale et syndicale s'organise et manifeste, parfois violemment, son désaccord dès les premiers jours de l'installation de l'exécutif. En décembre 2018, le N-VA menace de se retirer de la coalition si Charles Michel se rend à Marrakech pour signer le Pacte mondial sur les migrations. Les cinq membres du gouvernement issus du parti nationaliste flamand (trois ministres, tous régaliens, et deux secrétaires d'État) remettent leur démission le lendemain. Charles Michel effectue alors un remaniement par redistribution des portefeuilles appartenant aux nationalistes flamands. Il rassemble une coalition minoritaire entre les libéraux francophones, les chrétiens-démocrates et les libéraux flamands. Ensemble, ils disposent 34,7 % des sièges de la Chambre des représentants, soit 52 représentants sur 150.

Chronologie

-1600 > L'âge du bronze commence en Belgique.

-600 Des populations celtiques entament de violentes incursions à partir de l'Europe centrale et s'emparent progressivement de ces contrées.

-57 > Jules César conquiert la Gaule et vainc les derniers bastions de résistants belges. On se souvient encore du mot de César : " De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves ".

482-511 > Clovis règne sur la grande Gaule.

771-814 > Règne de Charlemagne.

843 > Traité de Verdun, l'empire de Charlemagne est divisé en trois. La Flandre est rattachée à la France, les territoires de l'Est à l'Empire germanique. Le territoire belge sera finalement absorbé par ce dernier.

Du XIIe au XIVe siècle > Prospérité des villes flamandes, telles Bruges, Gand et beaucoup d'autres, grâce aux échanges économiques.

1302 > Bataille des Eperons d'Or : la Flandre bat les troupes du roi de France à Courtrai.

1337> La guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre éclate et Jacob Van Artevelde, un Gantois représentant les corporations, prend le parti de l'Angleterre.

1384 > Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, hérite du comté des Flandres.

1477 > Mariage de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, avec Maximilien d'Autriche, ce qui fait passer les Pays-Bas sous la tutelle des Habsbourg.

1519 > Charles Quint devient empereur ; il hérite de l'Espagne et des Pays-Bas.

1555 > Abdication de Charles Quint au profit de son fils, Philippe II d'Espagne. Son autre fils, Ferdinand, reçoit les pays de l'Empire avec la couronne d'Autriche.

1579> Traité d'Arras qui constitue l'Union d'Utrecht, acte fondateur des Provinces-Unies regroupant sept provinces du Nord, tandis que les provinces du Sud sont à nouveau sous l'autorité espagnole.

1648 > Traité de Munster, qui consacre diplomatiquement la séparation des 17 provinces. Philippe IV d'Espagne reconnaît l'indépendance des Provinces-Unies.

1667-1713 > Les guerres successives de Dévolution et de Succession d'Espagne, opérées par Louis XIV, mettent les Pays-Bas à mal, détruisant bon nombre de places et de monuments.

1713 > Traité d'Utrecht. L'Espagne, défaite, cède les Pays-Bas aux Habsbourg d'Autriche.

1740-1748 > Nouvelle guerre de succession de Hollande. Cette fois, la Belgique, un moment envahie par les troupes de Louis XV, revient à l'Autriche.

1789-1790 > La Révolution française trouve très vite des échos en Belgique ; s'ensuivent les révolutions brabançonne et liégeoise.

1790 > Proclamation des Etats belges unis.

1792-1795> Les Autrichiens tentent de reprendre leur domination, mais sont vaincus par les Français qui annexent la Belgique.

1804 > Code Napoléon : les Belges deviennent citoyens français.

1815 > Congrès de Vienne. La défaite de Napoléon à Waterloo entraîne l'incorporation de la Belgique aux Provinces-Unies pour former le royaume des Pays-Bas sous l'égide de Guillaume Ier d'Orange.

1830 > Sous l'impulsion du soulèvement polonais et de l'insurrection parisienne, Bruxelles se soulève et la Belgique proclame son indépendance.

1831> Léopold Ier de Saxe-Cobourg-Gotha devient le premier roi des Belges. La monarchie se dote d'une constitution qui garantit la liberté de culte, la liberté d'enseignement, la liberté de la presse et d'opinion.

1865> Léopold II accède au trône. Il nourrit de grandes ambitions territoriales et fait de Bruxelles une ville superbe, grâce à ses nombreuses constructions.

1885 > Le congrès de Berlin reconnaît la souveraineté du roi des Belges sur l'Etat indépendant du Congo.

1909 > La souveraineté du Congo passe à l'Etat belge et Albert Ier succède à son père.

1914-1918 > La neutralité de la Belgique est violée. Le gouvernement se retire au Havre. Le roi Albert Ier résiste dans la partie nord-ouest délimitée par l'Yser.

1919 > Traité de Versailles : Eupen, Malmédy, Saint-Vith et Moresnet vont à la Belgique. Le suffrage universel est proclamé en Belgique.

1922 > Union économique entre le Luxembourg et la Belgique.

1934 > Léopold III succède à son père sur le trône de Belgique.

1940-1945 > Seconde Guerre mondiale. La Belgique, neutre, est de nouveau envahie.

1944-1950 > Question royale et régence du prince Charles, frère de Léopold III.

1948 > Création du Benelux, qui regroupe la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

1951 > Léopold III abdique en faveur de son fils Baudouin Ier.

1957 La Belgique adhère à la CEE.

1960> Indépendance du Congo.

1977 > Le pacte d'Egmont découpe le pays en trois régions : la Flandre, la Wallonie et la Région de Bruxelles.

1993 > Ratification de la Constitution qui transforme la Belgique en un Etat fédéral.

1999 > Lors des élections législatives, les partis sociaux chrétiens perdent leur leadership. Les libéraux et les partis verts sont désormais au sommet. Le Premier Ministre est Guy Verhofstadt.

17 avril 2001 > Premier procès avec jury populaire de participants (4) à un génocide (celui du Rwanda).

Juillet 2003 > Premier mariage homosexuel.

Juin 2004 > Marc Dutroux est condamné à la réclusion à perpétuité par la cour d'assises d'Arlon, à l'issue d'un procès très médiatisé.

8 octobre 2006 > Elections communales où, pour la première fois, les étrangers autres que les ressortissants de l'UE peuvent voter.

18 novembre 2007 > Environ 35 000 personnes, dont 3/4 de francophones, manifestent dans les rues de Bruxelles pour défendre l'unité du pays.

1er janvier 2010 > Herman Van Rompuy devient le premier président du Conseil européen et le poste de Premier Ministre belge revient (à nouveau) à Yves Leterme (de la même famille politique).

26 avril 2010 > Démission d'Yves Leterme, suite à un nouveau désaccord sur le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde qui précipite la chute de son gouvernement d'union.

6 décembre 2011 > Après 541 jours sans gouvernement, la formation du gouvernement Di Rupo met fin à la plus longue crise politique de l'histoire contemporaine européenne. Elle doit son existence aux nombreux désaccords entre le parti socialiste (PS) de Wallonie et la N-VA, parti socialiste de droite en Flandre, qui remportèrent respectivement les élections législatives fédérales au sud et au nord du pays en juin 2010. Un parti francophone de gauche attaché à l'unité du pays face à un parti néerlandophone de droite qui a pour but de créer une république flamande... Il faut dire que les conditions étaient loin d'être optimales pour pouvoir s'entendre.

13 décembre 2011> A Liège, lors d'un marché de Noël place Saint-Lambert, un déséquilibré s'attaque à la foule à l'aide de grenades puis tire dans le tas avant de se donner la mort. Bilan : 6 morts et 120 blessés.

13 mars 2012> Le drame de Sierre émeut la Belgique entière. Un bus scolaire

revenant de classe de neige percute un mur dans un tunnel en Suisse. Le bilan est
particulièrement lourd : sur les 52 passagers, 28 personnes sont mortellement blessées,
dont 22 enfants.

21 juillet 2013 > Le Roi Albert II abdique et cède ainsi son trône à son fils Philippe. Dans son discours, Albert remercie sa femme, la reine Paola, pour avoir servi le peuple belge à ses côtés tout au long de son règne. Il lui envoie un " gros kiss " spontané qui émouvra toute la Belgique !

11 octobre 2014 > Charles Michel devient Premier Ministre et ainsi le chef de gouvernement le plus jeune de l'histoire de la Belgique.

22 mars 2016> Bruxelles est frappée par deux attaques consécutives revendiquées par l'état islamique. La première a lieu à l'aéroport de Zaventem dans le hall des départs alors que la seconde se déroule 30 minutes plus tard dans le métro, à la station de Maelbeek. Le deuil national est déclaré en mémoire des 32 victimes et des 340 blessés.

Juillet 2018> L'équipe de football belge se hisse jusqu'en demi-finale de la Coupe du monde après un superbe parcours. Les Diables Rouges terminent à la troisième place après avoir battu l'Angleterre.

Décembre 2018> Charles Michel effectue un remaniement ministériel suite à la démission des nationalistes flamands refusant la signature du pacte de Marrakech.

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