Le port spatial de l'Europe est le deuxième site le plus visité en Guyane, avec plus de 20 000 visiteurs en 2018, plus de 23 000 au Musée de l'espace et 14 500 invités aux lancements. Locomotive économique pour les uns, " État dans l'État " pour les autres, en négatif ou en positif, le Centre spatial inspire des sentiments plutôt ambivalents, de l'enthousiasme au rejet en passant par la méfiance. Les procédures d'expropriation lors de la construction des infrastructures ont souvent frôlé l'intolérable, mais désormais des efforts sont réalisés pour compenser les erreurs. Les programmes prévus laissent préfigurer que l'aventure spatiale durera d'ici encore au moins quinze ou vingt ans. En raison de l'évolution des technologies, de plus en plus d'opérations sont désormais réalisées entièrement sur place. C'est dire que le poids du CSG sur le territoire n'est pas vraiment en passe de diminuer. Il ne peut donc plus y avoir de rupture entre cette entité et ce territoire.

Implantation

Si la guerre d'Algérie n'avait pas eu lieu, Kourou n'aurait sans doute jamais connu cette aventure. En effet, lorsque les accords d'Évian sont signés en 1962, la France se trouve dans l'obligation de chercher un nouveau site de lancement pour remplacer celui qu'elle vient d'abandonner au milieu du Sahara algérien. Le choix du nouveau lieu d'implantation est une affaire très délicate puisqu'elle engage le pays pour de nombreuses années et implique la réalisation de gigantesques travaux. Les paramètres de sélection sont de plusieurs natures.

Le site doit être situé le plus près possible de l'équateur afin de permettre d'effectuer des lancements plus économiques. En effet, c'est à partir de cette position terrestre que le satellite peut rejoindre son orbite définitive en consommant un minimum de carburant, ce qui lui assure une plus longue longévité. Outre ce problème de latitude, il est aussi indispensable de sélectionner un site qui soit géographiquement stable pour éviter les tremblements de terre et qui ne soit pas une zone de passage des cyclones.

Les missions du CNES au Centre Spatial Guyanais

Les principales missions du CNES (Centre National d'Études Spatiales) au Centre spatial guyanais sont : assurer l'organisation et la coordination générale des activités opérationnelles de la Communauté industrielle spatiale de Guyane (CISG) ; acquérir et traiter les mesures liées aux lancements avec le concours des stations en aval ; assurer la protection des personnes, des biens et de l'environnement lors des opérations à caractère dangereux et pendant les lancements ; fournir le support logistique nécessaire à la préparation des lanceurs et des charges utiles.
Par ailleurs, le CNES remplit les fonctions suivantes : définition et mise en oeuvre des mesures de sécurité et de protection de toutes les personnes et les installations dépendant du centre, ainsi que de celles des lanceurs, charges utiles et matériels associés présents en Guyane ; adaptation du centre aux missions inhérentes aux nouveaux projets français et européens tels que Ariane 6 et Vega-C ; poursuite et localisation des satellites pour le compte des réseaux du CNES et de l'ESA. Autorité de conception de tous les moyens sols opérationnels sur le site, le CNES est également propriétaire foncier de l'ensemble du site spatial de Guyane. Enfin, en Guyane, le CNES contribue au développement du territoire aux côtés des élus locaux et partenaires publics (CTG, communes, Rectorat, Université) selon les orientations définies par ses ministères de tutelle.

Les moyens

Le Centre offre aux lanceurs et aux satellites tous les moyens techniques et logistiques dont ils ont besoin pour leur préparation et pour leur lancement, à savoir :

L'ensemble de préparation des charges utiles mis à la disposition des clients pour la préparation de leur satellite depuis l'arrivée en Guyane jusqu'au montage sur le lanceur.

Le centre de contrôle Jupiter, qui coordonne tous les moyens mis en oeuvre pendant le lancement et assure la surveillance en vol pour la sauvegarde.

Des stations de réception de télémesure en Guyane, complétées, pour les lancements vers l'est, par les stations implantées près de Natal (Brésil), sur l'île d'Ascension (Royaume-Uni), près de Libreville (Gabon) et près de Malindi (Kenya) qui enregistrent les données transmises au cours du vol par des moyens de localisation radar qui restituent la trajectoire du lanceur et fournissent les informations nécessaires à la sauvegarde et au diagnostic de satellisation, par une station météorologique, par des moyens de communication entre les différentes installations reliées au réseau international.

Une station météorologique qui fournit en temps réel les données sur la direction et la vitesse des vents (au sol et en altitude) et les risques de foudre ; ces deux critères, s'ils ne sont pas optimaux, peuvent conduire à un report du lancement.

Les répercussions géographiques et politiques

Géographiques. En dépit de toutes les précautions que l'on peut prendre, un lancement présente des risques. Il était donc hors de question d'installer un centre de lancement à proximité d'une aire marquée par une forte densité de population ou une concentration d'activités économiques.

Politiques. Le dernier paramètre, mais non le moindre. L'expérience algérienne a servi de leçon : la France ne pouvait pas se permettre d'installer un nouveau centre sur un territoire qui risquait d'échapper à son contrôle par suite d'agitations indépendantistes. Tenant compte de chacun de ces impératifs, le général de Gaulle décida finalement, en 1964, que le centre serait installé à Kourou, en Guyane française. Une latitude idéale, un sol très stable, un climat sans cyclone et une faible densité de population : autant d'atouts qui jouèrent en faveur de ce choix. 90 000 hectares furent réquisitionnés sur le sol de la " France américaine ", dans des conditions parfois traumatisantes pour les populations créoles ou amérindiennes. En quelques mois, le site Fusée-Sonde, première zone de lancement, allait voir le jour. Mais la construction du centre lui-même ne sera que peu de chose à côté des gigantesques travaux d'aménagement et d'urbanisation à venir. Routes, ponts, immeubles, hôpital et écoles sortent de terre comme des champignons, modifiant la physionomie du petit bourg traditionnel.

De Véronique à Ariane 6, l'épopée spatiale européenne

Les premières expériences spatiales sont menées en Algérie. Suite à l'indépendance du pays, la Guyane est choisie pour l'installation d'une nouvelle base de lancement. Le CSG inaugure le 9 avril 1968 son premier lancement, avec la fusée Véronique et le lancement de neuf fusées du programme Diamant. Par la suite, les fusées Europa devaient incarner les débuts de la collaboration européenne dans le spatial.
Lourd, très peu performant, ce lanceur fut à l'origine d'un échec retentissant pour la communauté européenne de l'espace. Certains s'accordent même à penser qu'Europa aurait pu sonner le glas de cette épopée, si un autre programme n'avait rapidement vu le jour : Ariane. C'est le soir de Noël 1979 que, pour la première fois, Ariane prendra le chemin de l'espace. Par la suite et jusqu'en 1989, Ariane 2 et Ariane 3 assumeront plusieurs missions avec plus ou moins de succès.
Il faudra, en fait, attendre l'apparition du lanceur Ariane 4, en juin 1988, pour enregistrer des progrès spectaculaires. Cette version du lanceur Ariane présente l'intérêt majeur d'être modulable en fonction de la charge transportée, pouvant mettre sur orbite un ou deux satellites d'un poids total de 4,7 tonnes. En l'espace de 24 ans, sur les 116 lancements d'Ariane 4, les 183 satellites lancés, on ne compte que deux échecs. Afin de répondre à l'évolution des besoins des utilisateurs en moyens de lancement, le développement du nouveau lanceur Ariane 5 s'avérait nécessaire. Ariane 5 est un programme de l'Agence spatiale européenne, qui en a confié la maîtrise au CNES, l'agence spatiale française. Depuis le succès du dernier vol de qualification 503 en 1999, Arianespace a pris en charge la production et l'exploitation commerciale du lanceur Ariane 5. 
Depuis 2011, l'Europe dispose de deux autres lanceurs. Le lanceur léger Vega est conçu pour mettre en orbite polaire des charges utiles allant jusqu'à 1,5 tonne. Son pas de tir a été construit sur les vestiges de l'ELA1 (ensemble de lancement des premières Ariane). Son premier lancement a eu lieu le 13 février 2012, pour un rythme de un à deux par an. Le moyen Soyouz est un lanceur russe ayant une capacité de charge utile de l'ordre de 3,5 tonnes. Ses installations sont implantées à Sinnamary, dans l'enceinte de la base. Le premier Soyouz a décollé du CSG le 20 octobre 2011. En 2018, 11 lancements ont été effectués par Ariane 5 depuis le CSG, dont 6 Ariane 5, 3 Soyouz et 2 Vega.

Quoi qu'il en soit, la Guyane est le seul site opérationnel à autoriser la visite des zones de lancement, y compris les pas de tir. Et avec tout ce développement, le CSG propose un circuit de visite intégrant les trois ensembles de lancement. Les curieux devraient trouver de quoi se satisfaire.

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Photos du CENTRE SPATIAL GUYANAIS (CSG)

15.95 €
2019-06-26
312 pages
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