Ce majestueux parc des Rocheuses, situé au nord du Montana, couvre une superficie de 4 101 kmet s'étend à 50 km au nord de la petite ville de Kalispell. Il possède une frontière commune avec le Canada. Il est bordé au nord par les parcs canadiens d'Akamina-Kishinena Provincial Park et de Waterton Lake, avec lequel il forme d'ailleurs le Parc international de la paix Waterton-Glacier inscrit à l'UNESCO en 1995. Une douzaine de grands lacs et plus de 700 plus petits en font un vrai paradis naturel. La plupart des lacs de basse altitude sont les restes de longues vallées glaciaires s'apparentant à des doigts qui s'étirent depuis la ligne de partage des eaux. Avec une longueur de 16 kilomètres et une profondeur de 141,40 mètres, le lac McDonald est à la fois le plus grand et le plus profond des points d'eau du parc. À haute altitude, les lacs de montagne forment des moraines photogéniques. Leurs eaux sont réputées pour leurs couleurs variant d'un turquoise laiteux à un bleu saphir profond en passant par une teinte très claire et translucide. Une variation qui s'explique selon le niveau d'activité glaciaire et, entre autres, la quantité de roches et de particules présente. Ces eaux sont aussi célèbres pour leur fraîcheur (leur température en surface dépasse rarement les 10 °C) et pour leur écosystème fragile. Le plancton ne peut s'y développer en raison des températures trop basses, ce qui favorise à la fois la création d'eaux claires mais aussi une absence de filtration qui entraîne la stagnation des polluants. Deux cents cascades sont disséminées sur l'ensemble du parc, mais selon la saison, elles sont réduites à un filet d'eau. Les chutes les plus importantes se concentrent dans la zone de Two Medicine, McDonald Falls, dans la vallée de McDonald et dans la région de Many Glacier. Ne ratez pas les magnifiques Bird Woman Falls, un puissant rideau de 150 mètres qui dégringole sur le versant nord du mont Oberlin.

Géologie

La particularité des reliefs du parc tient à un chevauchement des plaques à l'origine de la formation des Rocheuses qui a inversé la chronologie géologique. Les roches les plus anciennes, datant de l'ère du Crétacé, se sont alors soulevées, passant au-dessus des roches les plus récentes avec en tout et pour tout un écart de 1,5 milliard d'années entre les deux formations. Un des exemples les plus marquants de ce chevauchement unique est le Chief Mountain, un sommet à la forme rectangulaire qui surplombe les Grandes Plaines du haut de ses 800 mètres. Au total, le parc compte plus de six montagnes de plus de 3 000 mètres d'altitude dont le mont Cleveland (3 190 mètres). Les roches sédimentaires de l'ère du Protérozoïque sont parmi les mieux préservées au monde. Contrairement aux autres formations similaires, aucun phénomène métamorphique majeur n'a altéré les roches, en faisant un lieu unique pour observer des fossiles datant des premiers témoignages de la vie. Entre autres, on retrouve six espèces fossilisées de stromatolithe (structure laminaire calcaire composée d'algues fossilisées) remontant à près d'1 milliard d'années. La Formation d'Appekunny est une strate rocheuse du parc composée de traces animales parmi les plus anciennes de la terre. Le parc a été dessiné par d'immenses glaciers datant de la dernière période glaciaire. Ils y ont façonné des vallées en forme de U, de cirques mais aussi des cimes acérées et de grands lacs qui parsèment la région. De nombreuses périodes de réchauffement et de refroidissement ont mis ces glaciers à l'épreuve. La plupart ont disparu lors des 12 000 dernières années. Une étude menée au XXe siècle a démontré que la plupart des 150 glaciers présents un siècle plus tôt avait disparu ou tout au moins largement reculé. En 2010, il ne restait plus de 37 glaciers dont uniquement 25 actifs. La tendance actuelle va vers une disparition totale des glaciers d'ici à 2030, d'après les services du parc national. Bien sûr, à terme, les écosystèmes dépendant des eaux froides seront menacés, les incendies se feront plus fréquents et le parc risque de perdre de son attractivité.

Histoire

Les premiers habitants du parc sont les Amérindiens qui y seraient arrivés il y a quelque 10 000 ans. Plusieurs ethnies ont alors occupé la région dont les Flatheads, les Shoshones et les Cheyennes. Plus tard, ce sont les Blackfeet, au XVIIIe siècle, qui se sont installés dans les plaines, trouvant refuge du vent et y chassant le bison. Le parc est aujourd'hui bordé à l'est par la réserve des Blackfeet et à l'ouest par la réserve des Flatheads. Plusieurs explorateurs ont ensuite parcouru ou approché la région. Lorsque l'anthropologue, historien et naturaliste George Bird Grinnell découvre en 1885 le parc à l'occasion d'une excursion en compagnie de James Willard Schultz, le premier guide de la zone, il tombe sous le charme de ce concentré de nature sauvage et vierge qu'il qualifie de " joyau du continent ". Puis le parc est devenu accessible via le chemin de fer du Great Northern Railway qui franchit la ligne de partage des eaux au niveau du col Marias. Afin d'attirer les passagers, la compagnie vante les mérites de la région et fait pression sur le Congrès pour reconnaître la zone comme réserve forestière. Puis les initiatives de différentes personnalités, dont en tête de file George Bird Grinnell, aboutissent par la création du Parc national en 1910. Le tourisme prend de l'ampleur, la Great Northern Railway construit, dans la foulée, plusieurs hôtels et chalets inspirés de l'architecture suisse, notamment dans les zones de Belton, St. Mary, Going-to-the-Sun, Many Glacier, Two Medicine, Sperry, Granite Park, Cut Bank et Gunsight Lake. Aujourd'hui, tous les bâtiments de cette époque qui ont subsisté sont désignés comme monuments historiques nationaux, soit au total près de 350 structures (hôtels, postes de garde, cabines...). En 1932, la création de la route Going-to-the-Sun permet de traverser le parc. La route qui s'enfonce profondément au coeur du parc en passant par la ligne de partage des eaux est également inscrite au registre national des lieux historiques. Dans la décennie suivante, le réseau de travail des jeunes hommes célibataires et sans emploi, Civilian Conservation Corps (CCC), a fortement participé au développement des infrastructures du parc et à sa reforestation. Aujourd'hui, Glacier National Park accueille plus de 2 millions de visiteurs par an.

Climat

Le temps est particulièrement instable à Glacier National Park et il est important de surveiller la météo avant de s'aventurer en randonnée. On n'est jamais à l'abri d'une averse ou d'une baisse de température. En 1916, à Browning (à l'entrée est du parc), la température a chuté de 7 °C à -48 °C en 24 heures. Cette chute extrême reste un record du monde. On enregistre plusieurs climats et microclimats dans le parc, une particularité qui tient à l'altitude, à l'exposition et à la rencontre de l'air chaud et humide du Pacifique venant de l'ouest et de l'air sec et froid de l'Arctique en provenance du nord-est. Le côté est de Glacier est ainsi bien plus aride et reçoit moins de précipitations que l'ouest. Il est également balayé par des vents violents. Le côté ouest du parc est quant à lui marqué par un climat plus doux et plus humide, en raison de sa faible altitude. Si les précipitations les plus importantes se concentrent en hiver et au printemps, des chutes de neige peuvent survenir même en été, notamment dans les zones les plus élevées. Les températures peuvent varier lors de la saison estivale de 16 à 21 °C en journée et tomber jusqu'à 4 °C la nuit. Attention, à plus haute altitude, les températures peuvent être bien plus fraîches. L'hiver y est particulièrement rude avec un important enneigement, l'exploration du parc est alors bien plus difficile mais peut être l'occasion de belles balades à ski.

Particulièrement impacté par les changements météorologiques, le parc a un programme d'études climatiques mondialement réputé. Basé à West Glacier, l'US Geological Survey étudie, depuis 1992, les impacts du recul des glaciers sur la forêt et les différents habitats de la zone. Des analyses qui étudient, entre autres, la végétation alpine, les bassins hydrographiques et passent par des analyses atmosphériques. Les données recueillies et mises en parallèle avec d'autres études dans le monde entier permettent de prendre la mesure des changements climatiques à l'échelle mondiale.

Nature

Le parc forme avec son voisin, le parc national de Waterton Lake, une biosphère inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette zone unique abrite des milliers d'espèces animales et végétales, c'est d'ailleurs l'un des écosystèmes les mieux préservés du pays. Parmi les espèces typiques du parc, le pin à écorce blanche recouvre 60 % des forêts et la chèvre des Rocheuses est certainement le mammifère le plus emblématique. La région est aussi peuplée de nombreux animaux communs au Canada et que l'on retrouve dans l'extrémité nord des Rocheuses comme le loup, le bison, le grizzly ou encore le caribou. Le parc veille de près à la protection des différents écosystèmes. Le contrôle des incendies est l'une des priorités des rangers qui s'assurent de réduire et de surveiller les incendies accidentels mais qui les utilisent également à des fins écologiques. Des feux contrôlés permettent de supprimer les arbres morts, possibles carburants aux incendies accidentels. Ils permettent aussi de nettoyer les sous-bois et de laisser la place nécessaire au développement de certaines plantes. Ils sont nécessaires à la régulation d'une forêt saine. Bien sûr ces différents feux sont rigoureusement contrôlés et restent cantonnés à une zone définie.

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Photos de GLACIER NATIONAL PARK

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