Guide de PORTO : Histoire

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Praça dos Leões (Place aux lions).

Située au nord du Portugal, Porto est l'une des villes les plus anciennes d'Europe. Ancien port important pour les liaisons maritimes, la ville grandit et se développe au Moyen Age, au nord du fleuve Douro. Connue comme le poumon économique du pays, la ville fait preuve de dynamisme depuis le XVIIIe siècle, grâce entre autres à l'expansion du commerce de son vin, des plus lucratifs.

C'est une ville célèbre aussi par la loyauté de ses citoyens. Entre 1832 et 1833, assiégés pendant dix-huit mois, les Portuenses défendent leur ville contre les troupes absolutistes, contribuant à leur échec dans leur tentative de prise de pouvoir du pays. En remerciement, le roi Pedro IV attribue à la ville la maxime " Mui Nobre, Sempre Leal e Invicta " (" noble, invincible et toujours loyale "), mots qui font encore aujourd'hui la fierté de ses habitants.

Par ailleurs, son importante richesse urbanistique lui a valu la reconnaissance de l'Unesco, qui a déclaré la ville patrimoine de l'humanité en 1996.

Chronologie

De 4000 à 2000 av. J.-C. > Des tribus celtes et des populations ibériques lusitaniennes peuplent le territoire.

Au IIIe siècle av. J.-C. > Les Romains envahissent les terres.

Vers 500 av. J.-C. > Des peuples barbares d'origine germanique (Vandales, Suèves, Wisigoths) prennent la péninsule à l'Empire romain.

Au VIIe siècle apr. J.-C. > La région est envahie par les Maures, des Berbères avec une composante arabe. Ces derniers dominent une partie du territoire pendant près de quatre siècles.

1139 > Alphonse Henriques devient le premier roi du Portugal après avoir remporté la bataille d'Ourique contre les Maures et fonde la dynastie de Bourgogne.

1297 > Le traité d'Alcanices reconnaît les frontières du royaume du Portugal, presque identiques aux frontières actuelles.

Fin du XIIIe siècle-début du XIVe siècle > Le pays connaît une ère de prospérité avec le roi Denis Ier et la construction d'un grand nombre de châteaux et de forteresses, ainsi que la création de l'université de Lisbonne.

1497 > Départ de l'expédition de Vasco de Gama, commandée par le roi du Portugal Manuel Ier.

1500 > Le navigateur portugais Pedro Alvares Cabral débarque au Brésil et prend possession de ces terres au nom de son roi, Manuel Ier.

1668 > L'Espagne reconnaît l'indépendance du Portugal.

5 octobre 1910 > La République est proclamée.

1926 > La République est renversée par le coup d'Etat militaire du général Gomes da Costa.

1933 > Salazar crée l'Estado Novo. C'est le début de la dictature qui va durer près d'un demi-siècle.

25 avril 1974 > Révolution des oeillets.

1er janvier 1986 > Le Portugal, avec son pays voisin l'Espagne, rejoint l'Union européenne.

1996 > Le centre historique de Porto est classé patrimoine mondial par l'Unesco.

2001 > Porto est élue capitale européenne de la culture. En décembre, l'Unesco inscrit les vignobles du Alto Douro au patrimoine mondial en tant que " paysage culturel, évolutif et vivant ".

2003 > De gigantesques incendies de forêts ravagent l'intérieur du pays.

2004 > L'Euro 2004 se tient au Portugal (finaliste du championnat). Le Premier ministre portugais José Manuel Durao Barroso accepte la présidence de la Commission européenne.

2005 > Rebelote, de nouveaux incendies détruisent un tiers des forêts du pays en quelques mois.

Fin 2007 > Les chefs d'Etat et de gouvernement européens se réunissent dans la capitale pour signer le traité de Lisbonne.

Automne 2009 > Le PS gagne les élections législatives, mais perd la majorité absolue au parlement. A Porto, Rui Rio est élu pour la troisième fois (et dernière possible) président de la chambre municipale.

Janvier 2011 > Elections présidentielles sur fond de crise politique et financière. Le président Anibal Cavaco Silva est réélu dès le premier tour.

Mars 2011 > Démission du Premier ministre socialiste José Socrates après le rejet par l'Assemblée de son quatrième plan de rigueur.

Avril 2011 > Lisbonne se résout à demander une aide financière internationale

Mai 2011 > Accord avec l'Union européenne et le FMI sur une aide financière de 78 milliards d'euros en échange de l'application d'un programme d'austérité.

Juin 2011 > Elections législatives anticipées suite à la démission du Premier ministre. José Socrates est candidat à sa propre succession mais, le PS remportant seulement 28 % des voix, il renonce à diriger son parti et se retire de la vie politique. Le PPD/PSD l'emporte avec 38 % des voix. Le président nomme alors Pedro Passos Coelho (PPD/PSD) Premier ministre.

Septembre 2011-janvier 2012 > Application du plan d'austérité de la Troïka avec de nombreuses mesures impopulaires : prime de Noël divisée par 2, ticket modérateur multiplié par 2, autoroutes gratuites qui deviennent payantes...

Janvier 2012-décembre 2012 > Guimarães est la capitale européenne de la culture. Plus de 600 spectacles programmés avec un budget de 111 millions d'euros.

15 septembre 2012 > Grande manifestation contre la Troïka et les mesures gouvernementales. 1 million de personnes protestent dans dans tout le pays, et 500 000 à Lisbonne. La plus grande manifestation depuis celle du 1er mai 1974.

14 novembre 2012 > Grève générale. Le chômage atteint un niveau record de 15,8 %.

Décembre 2012 > Privatisation des aéroports. La dizaine d'aéroports portugais du gestionnaire ANA ont été cédés au groupe français Vinci pour 3,08 milliards d'euros.

2012 > Porto est élue meilleure destination européenne par l'organisation indépendante European consumers choice, loin devant Lisbonne...

2013 > Rui Moreira (indépendant soutenu par le CDS-PP, parti de droite) devient maire de la ville après les trois mandats de Rui Rio (social-démocrate).

2015 > Après moult péripéties politiques, à partir de la mi-novembre, c'est un gouvernement socialiste qui dirige le pays, appuyé par une majorité parlementaire hétéroclite composée du PS et de partis de gauche (BE et PCP).

2016 > Le 24 janvier, Marcelo Robelo de Sousa, professeur de droit et ancien commentateur à la télévision, est élu au premier tour président de la République pour un mandat de 5 ans. Bien que de centre droit (PSD), il assure veiller à la stabilité du pays, en n'entravant en rien l'action gouvernementale visant à mettre un terme aux politiques d'austérité menées depuis des années.

Des origines à nos jours

L'histoire de Porto est étroitement liée à la création du royaume de Portugal. Le village lusitanien du nom de Cale, installé sur la rive gauche du Douro, était un point de passage important sur la route de Lisbonne à Braga. Le trafic augmentant, un autre village, du nom de Portus, s'établit sur la rive opposée du Douro. Portus-Cale devint la capitale du comté de Portucalia, celui-là même qu'Henri de Bourgogne reçut en dot lors de son mariage avec Teresa, fille du roi de León. C'est à partir de ce comté que leur fils Alphonse Henriques lança la reconquista contre les Maures. La ville connut également une forte expansion pendant la révolution industrielle au XIXe siècle, grâce à l'apparition de nombreuses usines dans la région et à l'essor du commerce du vin de Porto au niveau international. Pour preuve, le Palais de la Bourse, une folie architecturale témoignant de la richesse de la ville à cette époque.

Origines

Entre 4000 et 2000 av. J.-C, les Celtes édifièrent de très nombreux monuments mégalithiques dans tout le pays. Du XIe siècle au VIIIe siècle av. J.-C., les Phéniciens, les Carthaginois et les Grecs s'installèrent sur les côtes de la péninsule ibérique pour y ouvrir des comptoirs. L'ouest de la péninsule était occupé par les Lusitaniens, des tribus d'origine ibère et celte.

L’Empire luso-romain

Au IIIe siècle avant J.-C., la première grande invasion fut, comme partout ailleurs en Europe, celle des Romains. Ils introduisirent les olives, le vin, le blé, le système des grandes exploitations agricoles (latifúndios) et, surtout, une langue dérivée du latin.

Les invasions barbares et l’occupation maure

Le Ve siècle fut marqué par les invasions barbares, celles des Vandales, des Suèves et des Wisigoths qui dominèrent la Lusitanie jusqu'à l'invasion des Maures au VIIIe siècle, contraignant les chrétiens à se retrancher au nord du Douro. Le nord était toujours occupé par les chrétiens, mais le sud resta colonisé près de quatre siècles par les Maures. On peut dire que la Reconquista (reconquête) du pays par les armées chrétiennes commença dès le IXe siècle (prise de Porto et de Coimbra).

Reconquête et naissance d’un royaume

Au XIIe siècle, Alphonse VI, roi de León et de Castille, entreprend de reconquérir Tolède, alors sous domination musulmane, et il est aidé par Henri de Bourgogne. Ce dernier, vainqueur, épouse Teresa, fille d'Alphonse VI, et reçoit en dot le comté Portucalense qui s'étendait du Rio Minho au Rio Douro, et devient ainsi comte du Portugal. Son fils, Afonso Henriques, s'autoproclama premier roi du Portugal en 1139, après avoir remporté la célèbre bataille d'Ourique contre les Maures. Enfin, en 1297, le traité d'Alcanizes reconnaissait les frontières du royaume du Portugal, presque identiques aux frontières actuelles.

Les grandes découvertes et la dynastie d’Avis (1385-1578)

Grâce à l'argent de l'Ordre des Templiers, Jean Ier d'Avis arma une flotte à Ceuta en Afrique, en 1415, dirigée par son fils, l'infant Henri, qui allait devenir le symbole de l'esprit des grandes découverte au Portugal. Henri le Navigateur (qui, en réalité, n'a fait que subventionner ces entreprises sans jamais naviguer lui-même) devint le gouverneur de l'Algarve et le grand maître de l'Ordre du Christ. En 1487, Bartolomeu Dias doubla le cap des Tempêtes, mais dut rebrousser chemin afin d'éviter une mutinerie de l'équipage. C'est ainsi que la voie des Indes fut ouverte. Jean II rebaptisa ce cap et lui donna le nom de Bonne-Espérance, aujourd'hui à la pointe de l'Afrique du Sud. En 1493, au retour du premier voyage de Colomb (que Jean II avait refusé de financer), Ferdinand d'Espagne demanda au pape Alexandre VI de garantir à son pays toutes les terres situées à l'ouest des Açores et du Cap-Vert. Le roi Jean II contesta cette requête et, en 1494, le traité de Tordesillas scella l'accord pour le partage du Nouveau Monde entre l'Espagne et le Portugal. Le Portugal, désireux d'asseoir sa suprématie, prépara l'expédition de Pedro Alvares Cabral, lequel, voulant éviter les eaux calmes de la côte africaine, finit par débarquer en 1500 au Brésil qui devint une possession portugaise. En 1510, Alphonse d'Albuquerque s'empara de Goa et tenta de dominer le commerce de l'océan Indien et de la mer Rouge. L'empire du Portugal, qui allait vivre pendant cinq siècles, couvrait alors les cinq continents. Le commerce des épices, de l'or, des tapis et des soieries valut au Portugal des richesses inestimables et l'installa au rang des nations les plus prospères d'Europe.

Rien de possible sans eux

Infante Dom Henrique (1394-1460). Henri le Navigateur, né à Porto, fut une figure très importante dans l'histoire de la navigation et de l'expansion coloniale portugaise. Le prince organisa plusieurs expéditions qui aboutirent à la découverte d'une partie de la côte occidentale africaine, ainsi que des archipels de Madère, des Açores et du Cap-Vert.

Pero Vaz de Caminha (vers 1450-1500). Cet illustre habitant de Porto faisait partie de la caravelle de Cabral quand elle arriva au Brésil en 1500. Chargé de documenter le périple, Caminha livra au roi de Portugal un récit de voyage de plusieurs pages où il relata de façon très détaillée l'arrivée des Portugais dans ces terres nouvelles. Ce document très riche est une source historique très importante pour connaître l'arrivée des Portugais au Brésil, mais aussi la faune et flore locales, la vie des indigènes et la mentalité de l'époque. Cette lettre de la découverte du Brésil existe toujours et est conservée dans la Torre do Tombo, à Lisbonne.

La domination espagnole (1580-1640)

Après le règne de Manuel Ier, période marquée par le développement d'une culture humaniste, Jean III favorisa volontairement l'établissement de l'Inquisition au Portugal afin d'anéantir la communauté juive. Parallèlement, la grande aventure des conquêtes avait épuisé le pays en hommes et les richesses n'avaient profité qu'à quelques-uns.
Dès 1580, le roi Philippe II d'Espagne profita de cette situation de faiblesse et prit le titre de Philippe Ier de Portugal. Le pays allait vivre sous domination espagnole durant 60 ans et perdre ainsi sa mainmise sur les colonies au profit des Espagnols, des Hollandais et des Anglais.

La dynastie de Bragance (1640-1910)

Le 1er décembre 1640, Jean de Bragance devient le nouveau roi du Portugal sous le nom de Jean IV. En 1668, l'Espagne reconnaît l'indépendance du Portugal.
En 1662 déjà, Jean IV avait réussi à reprendre possession du Brésil, seule colonie que le Portugal maîtrisait commercialement et qui allait se révéler des plus précieuses. Plusieurs traités économiques sont signés avec l'Angleterre en 1654 et surtout en 1703, avec le traité de Methuen qui allait stimuler le commerce anglo-portugais en accordant des taux préférentiels pour l'importation des textiles anglais au Portugal et en favorisant l'exportation du vin de Porto en Angleterre, créant de ce fait d'étroites relations entre ces deux pays et, surtout, une certaine dépendance du Portugal vis-à-vis de l'Angleterre.
En 1750, Joseph Ier accède au trône et sera, au cours des 27 années de son règne, connu comme " le roi des plaisirs ". Le comportement dépensier des souverains portugais (Alphonse VI, Jean V) annonçait le déclin de la monarchie et l'avancement de la classe bourgeoise autant que du despotisme éclairé des Lumières, un pouvoir symbolisé par la personnalité du marquis de Pombal.
Le 1er novembre 1755 a lieu un événement qui marquera à jamais la conscience nationale (et européenne) : un tremblement de terre frappe la ville de Lisbonne. L'intensité du séisme est telle que ses ondes se propagent jusqu'en Ecosse. Il provoque un énorme incendie et un raz-de-marée dévaste complètement la partie basse de la ville. Le marquis de Pombal, Premier ministre de Joseph Ier, reconstruit la ville rationnellement, dans un style néoclassique. En outre, Pombal a une influence considérable sur le pouvoir : il chasse les jésuites du Portugal en 1759 et, dans les années 1770, commence à régner par décrets. Cependant, à partir de 1777, Marie Ire de Bragance réussit, durant son règne, à relever le blason monarchique et à évincer Pombal, tandis que la crainte de la propagation des idées révolutionnaires françaises de 1789 hante le pouvoir. En 1807, Napoléon Ier, voulant s'assurer la maîtrise maritime, somme le Portugal d'interdire ses ports à la flotte anglaise, mais le pays ne pouvait trahir son allié économique. Napoléon envoie Junot s'emparer de Lisbonne, tandis que la famille royale (Jean VI) s'enfuit au Brésil. L'Angleterre vint à la rescousse et, après trois ans de guerre, les armées françaises finirent par battre en retraite, laissant un Portugal ravagé. Profitant du poids grandissant de la présence anglaise sur l'économie portugaise en décomposition, le Brésil revendique son indépendance, qu'il obtient en 1822, ce qui porta un coup fatal à l'économie portugaise en métropole.
En parallèle, les idées libérales gagnent peu à peu les intellectuels et le peuple de Porto et de Lisbonne est excédé par la mainmise anglaise. Une courte révolution éclate en 1820, qui amène la royauté à concéder quelques droits (égalité, suffrage universel, établissement d'une charte constitutionnelle). Il reste que le XIXe siècle est marqué par une forte instabilité gouvernementale et par de nombreuses tentatives de coup d'Etat plus ou moins réussies.

L'avènement de la République

En 1890, l'interdiction faite au Portugal par les Anglais de relier, en Afrique, l'Angola et le Mozambique, stimula à nouveau le patriotisme républicain qui brûlait de renverser la monarchie. Le trop jeune roi Manuel II abdiqua très rapidement et entraîna avec lui la fin du règne des Bragance. Le 5 octobre 1910, on proclama la République. Quelques mois plus tard, le jeune Etat se dota d'une constitution progressiste et laïque.

Mais ce nouveau régime n'arriva pas à résoudre le désordre intérieur : opposition conservatrice encore très influente, malaise en matière de gestion et de réformes économiques.
Le 20 octobre 1921, la " nuit sanglante " fut marquée par l'assassinat mystérieux de nombreuses figures emblématiques républicaines, dont le chef du gouvernement Antonio Granjo. A l'instabilité politique extrême s'ajouta la débâcle économique : la monnaie nationale, l'escudo, fut dévaluée à plusieurs reprises. Après plusieurs vaines tentatives, la République finit par être renversée en 1926 par un coup d'Etat militaire opéré par le général Gomes da Costa. A la suite des élections présidentielles de mars 1928, le nouveau chef de l'Etat Oscar Carmona fit appel à un professeur d'économie catholique, Antonio de Oliveira Salazar, pour tenter de régler les difficultés financières du pays.

La dictature

En fermant le pays à toute influence étrangère, Salazar réussit à stabiliser la monnaie portugaise, ce que le peuple attendait. En 1932, il devient président du Conseil et, en 1933 - entouré d'une police politique extrêmement efficace, la PIDE (Police intérieure en défense de l'Etat) -, il instaure l'Etat nouveau (Estado Novo). Malgré d'évidentes sympathies avec les autres régimes fascistes d'Europe (Mussolini, Franco, Hitler), Salazar défend une politique de non-intervention doublée d'un enfermement du pays dans la coquille de ses frontières et d'un autisme à l'égard des idées et des technologies nouvelles. Une censure implacable et l'entretien de l'idéologie religieuse interdisent tout mode de contestation, puni d'enfermement. Durant la Seconde Guerre mondiale, Salazar tient le Portugal à l'écart de la tourmente (tout en aidant discrètement l'Allemagne, puis, sentant le vent tourner, en acceptant que les Alliés utilisent les Açores comme base stratégique), ce qui permettra de faire entrer le Portugal à l'ONU dès 1955. A partir de 1960, Salazar s'enlise dans une politique coloniale qui annonce la fin proche du régime, tandis que l'émigration va croissant. En 1968, Salazar est frappé d'une hémorragie cérébrale et, atteint d'une démence de plus en plus accentuée, meurt deux années plus tard à l'âge de 81 ans. Marcelo Caetano fut élu comme son légitime successeur, refusant cependant de mettre fin aux sanglantes guerres coloniales. L'héritage de Salazar s'effrita ainsi rapidement. Les quelques réformes engagées par le nouveau gouvernement ne furent guère satisfaisantes aux yeux de la population et d'une armée de plus en plus lassée de son rôle de chair à canon. Une section de militaires ayant de fortes sympathies pour le modèle communiste forma en conséquence de cette insatisfaction le MFA (Mouvement des Forces Armées) en 1973.

La révolution des Œillets

Le 25 avril 1974, le général Spinola entreprend son coup d'Etat, sans opposition réelle des anciennes classes dirigeantes. Peu après 16h, la dictature portugaise n'existe plus : les soldats plantent des oeillets rouges, symboles de la révolution, au bout de leurs fusils. La foule est en liesse. Le gouvernement est contraint de démissionner.

Pendant une année, toutes les utopies sont possibles, l'extrême gauche y rêve un peu, et quelques tentatives de putsch se succèdent, tandis que le parti socialiste de Mário Soares gagne peu à peu du terrain. Les dernières colonies portugaises d'Afrique (Mozambique, Guinée, îles du Cap-Vert) obtiennent finalement leur indépendance.

L'histoire politique récente du pays

Les partis politiques s'affrontent perpétuellement et les gouvernements se succèdent, oscillant entre socialisme, centre, social-démocratie et droite.

En 1986, le Portugal adhère à la CEE. En 1987, Cavaco Silva, du PSD (attention : il s'agit du principal parti portugais de centre-droit), est nommé Premier ministre. Il va être le défenseur d'une modernisation du Portugal : de nombreuses réformes économiques et un effort touristique important sont entrepris, et les industries étrangères investissent dans un pays en développement. En janvier 1996, Jorge Sampaio, socialiste et ancien maire de Lisbonne, est élu sans surprise président de la République. Il propose les réformes sociales tant attendues par les classes pauvres et la classe moyenne. Mais le pays est éprouvé par la détérioration de sa situation économique au début des années 2000. Les législatives anticipées qui suivent en mars 2002 sont gagnées quelque peu maladroitement par le centre-droit. Le nouveau gouvernement veut à nouveau réformer le pays, mais se heurte à l'opposition des étudiants. En automne 2003, ils se mobilisent contre l'augmentation du droit d'entrée à l'université jugé inconsidérée. En pleine grogne populaire, en 2004, José Manuel Barroso alors Premier ministre abandonne son parti en plein mandat pour devenir président de la Commission européenne. Les réformes entreprises par le nouveau gouvernement ouvrent une période de récession économique comme le Portugal n'en a plus connue depuis le début des années 1980. Résultat : une nouvelle alternance du pouvoir en mars 2005, avec l'élection à la majorité absolue du socialiste José Socrates à la tête du gouvernement. En janvier 2006, c'est le leader historique du PSD Aníbal Cavaco Silva qui remporte l'élection présidentielle formant une nouvelle coalition avec le Premier ministre PS José Socrates. Le PSD a néanmoins conservé une large part des capitales régionales (notamment Porto). Mais le Portugal doit encore faire face à de nombreux défis : stabiliser son économie, améliorer ses systèmes de santé et d'éducation.

En septembre 2010, le plan d'austérité décidé par le PS pour faire face à la crise financière et au déficit public du pays est violemment rejeté par le PSD.
Réélu en 2011 à la tête de l'Etat portugais, Cavaco Silva a donc plusieurs défis devant lui.

Après le rejet par l'Assemblée de son quatrième plan de rigueur, le Premier ministre socialiste José Socrates, plus impopulaire que jamais, démissionne en mars 2011. Peu après, Lisbonne se résout à demander une aide financière internationale. En mai, un accord est conclu avec l'Union européenne et le FMI sur une aide financière de 78 milliards d'euros en échange de l'application d'un programme d'austérité.

En juin 2011 ont lieu les élections législatives anticipées provoquées par la démission du Premier ministre José Socrates en mars. Il est candidat à sa propre succession mais, le PS remportant seulement 28 % des voix, il perd, renonce à diriger son parti et se retire de la vie politique. L'opposition, le PPD/PSD, l'emporte avec 38 % des voix et le président nomme alors Pedro Passos Coelho (PPD/PSD) Premier ministre.

A partir de 2011, l'application du plan d'austérité de la Troïka (FMI, UE, Fonds monétaire européen) se poursuit avec l'entrée en vigueur de nombreuses mesures très impopulaires : prime de Noël divisée par 2, ticket modérateur multiplié par 2, autoroutes gratuites qui deviennent payantes...

Alors que, courant 2015, la Troïka se félicite du recul du chômage et de la remontée de la croissance, faisant du Portugal le " bon élève " de l'Union européenne, les élections législatives du 4 octobre (qui, avec 45 % d'abstention en enregistrent le plus fort taux de l'histoire du Portugal) donnent gagnant le parti de centre-droit de Passos Coelho, mais sans la majorité absolue. Malgré le fait que l'opposition détienne 123 sièges au Parlement (contre 107 pour le PSD/CDS, coalition jusqu'alors au pouvoir), le président de la République décide, par souci de stabilité, de reconduire le précédent chef du gouvernement à son poste. Pour la première fois dans l'histoire portugaise, le parti socialiste, et son chef de file Antonio Costa, plutôt que de chercher à dialoguer avec son adversaire idéologique, s'allie aux différentes factions radicales à la gauche de la gauche, à savoir le parti communiste et le Bloc de gauche (parti anti-austérité proche de Syriza). Le mardi 10 novembre 2015, le XXe gouvernement portugais, vieux de 11 jours, est renversé.
Deux semaines plus tard, Antonio Costa est nommé Premier ministre par le président de la République Cavaco Silva (le 26 novembre 2015).
Le 24 janvier 2016, Marcelo Robelo de Sousa (provenant du PSD), professeur de droit et ancien commentateur à la télévision, est élu au premier tour président de la République pour un mandat de 5 ans.
Alors que l'opposition, les milieux économiques - y compris internationaux - et de nombreux commentateurs ne donnaient pas plus que quelques semaines d'espérance de vie à ce gouvernement soutenu par une majorité parlementaire considérée par eux comme " d'extrême gauche ", un an plus tard, il est toujours aux commandes.
Sa volonté de mettre un terme aux politiques d'austérité menées par les gouvernements précédents qui est étroitement surveillée - et parfois critiquée par la Commission européenne - est plutôt bien reçue par la population, avec l'aval souvent tacite du président de la République, soucieux de maintenir la stabilité gouvernementale.

La ville de Porto aujourd'hui

Porto vit un véritable boom touristique depuis 1996, lorsque l'Unesco a classé son centre historique patrimoine de l'humanité. Le titre de capitale européenne de la culture en 2001 n'a fait qu'accentuer cet engouement touristique, de nombreux travaux ont été réalisés et de nouveaux monuments ont été construits pour l'occasion. Aujourd'hui, les nouveaux hôtels ne se comptent plus, les vols low cost se multiplient et les touristes sont nombreux à venir profiter d'une ville qui possède énormément d'attraits qui vont au-delà des bâtiments historiques et des nombreux ponts. Il y a une vingtaine d'années, le charme de Porto restait encore caché même aux yeux des Portugais, qui préféraient aller vers le sud profiter du beau temps et des plages ou de la capitale.

Pourtant, depuis quelques années, Porto vit une sorte de renaissance, les touristes commencent à affluer, la ville se modernise en se refaisant une beauté.

Le centre historique est depuis en restauration, certes il reste encore beaucoup de travail pour le récupérer selon les normes strictes des monuments classés, mais cela n'empêche pas le visiteur de découvrir le charme de la ville haute et de la Ribeira, quartier au bord du Douro qui fait face au magnifique pont Dom Luis Ier. Les azulejos font aussi partie de l'âme de Porto et s'affichent partout, principalement sur les façades des églises où la coloration traditionnelle en bleu et blanc est utilisée. Les caves à vin de Vila Nova de Gaia, où l'on accède après avoir passé le fameux pont, se sont aussi ouvertes aux visiteurs et désormais chaque cave s'efforce de recevoir les curieux du Porto, leur donner des explications et leur faire goûter cette prestigieuse autant que lucrative boisson, qui a fait connaître le nom de la ville dans le monde entier.

Plusieurs travaux d'infrastructures ont été engagés et un métro moderne (inauguré en 2005) qui compte aujourd'hui six lignes a été livré aux habitants. La stupéfiante Casa da Música, aussi construite pour l'occasion, fait office d'opéra et est un des nouveaux symboles de Porto, ville cosmopolite et tournée vers l'avenir.

Aux bords de l'océan Atlantique, Foz do Douro est encore peu connue de la plupart des touristes pressés, mais ce quartier est un repaire du design et de l'architecture contemporaine avec des lignes épurées qui se mêlent aux anciennes constructions. Un quartier agréable à vivre où l'on prendra le temps de se promener au bord de mer et dans les rues étroites, d'apprécier le paysage et le calme, et de goûter à la savoureuse gastronomie des restaurants raffinés ou des petites tascas fréquentées par les habitants du coin.

Les attraits sont multiples et chacun y trouvera son compte. Porto est plus que jamais une ville surprenante, vibrante, cosmopolite et gourmande, colorée sous le soleil d'été et plus sombre et humide en hiver, mais toujours charmante. En 2012, 2014 et dernièrement en 2017, elle a été élue meilleure destination européenne par le concours organisé par European Consumers Choice, bien loin devant sa rivale Lisbonne. Difficile de résister à sa beauté et à ses charmes. Porto, ville invaincue, certes, mais tellement charmante !

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