Guide de BELGRADE (БЕОГРАД) : Les personnalités célèbres : Serbie

Marina Abramović

Née en 1946 à Belgrade, Marina Abramović est une artiste de renommée internationale avec ses performances artistiques provocantes. Elle étudie dans son art les frontières entre le monde physique et le monde spirituel, souvent sous l'égide du père Fouettard, ce qui lui a conféré le statut de grand-mère kamikaze de la performance artistique, domaine dont elle est indéniablement l'un des précurseurs. Dans l'une de ses réalisations les plus fameuses, elle prit un rôle totalement passif, stoïque et sans réaction, donnant ainsi l'initiative au public. Celui-ci pouvait choisir sur des tables parmi 72 éléments et objets, certains sympathiques, plaisants et "gentils", d'autres induisant souffrance, humiliation ou menace. Au fur et à mesure, l'agressivité du public a augmenté et Marina finit la performance dénudée et blessée...

Ivo Andrić

Ecrivain, diplomate et homme politique, l'unique prix Nobel serbe de littérature est né en 1892 près de Travnik en Bosnie et mort en 1975 à Belgrade. Il grandit à Višegrad dont le pont sera rendu célèbre grâce à son roman Le Pont sur la Drina qui lui a valu le prestigieux prix Nobel en 1961. A Belgrade, où il s'installe après la Seconde Guerre mondiale, Andrić fréquente des écrivains comme Crnjanski avec qui il se retrouve régulièrement à l'hôtel Moskva. Il débute une carrière de diplomate dans plusieurs capitales européennes, mais rentre à Belgrade lorsque la guerre éclate. Il écrit alors ses deux plus grands romans, La Chronique de Travnik puis Le Pont sur la Drina que le réalisateur Emir Kusturica compte adapter au cinéma (une de ses nouvelles, Titanic, fut déjà adaptée par celui-ci en 1980). Pour cela le réalisateur a entamé à Višegrad la construction d'Andrićgrad (Andrićville), appelée également Kamengrad (ville en pierre), un projet de reconstruction à l'identique d'une partie de la ville décrite par Andrić dans son roman.

Enki Bilal

Dessinateur de bande dessinée et aussi réalisateur de films. Né à Belgrade en 1951, Enki Bilal (de son vrai nom Enes Bilal) émigre à 10 ans avec sa famille à Paris. Très doué pour le dessin, il collabore au journal Pilote dès 1971. C'est là qu'il y fait la rencontre, en 1975, du scénariste Pierre Christin avec qui il va s'associer pour créer des albums de bande dessinée fantastiques comme La Croisière des oubliés, Le Vaisseau de Pierre, La Ville qui n'existait pas ou encore La Phalange de l'Ordre noir. Puis, seul, il publie de nombreux albums comme La Trilogie Nikopol (1980-1992) ou La Femme piège (1986). A côté, il commence à travailler pour le cinéma notamment en réalisant les décors de la Vie est un roman d'Alain Resnais (1983). Bilal se lance à son tour dans la réalisation cinématographique avec Bunker Palace Hôtel (1989) ou encore Immortel (2004). Pour la petite histoire, son père fut tailleur de Tito.

Goran Bregović

Compositeur né à Sarajevo en 1950. Il fonde à 16 ans son groupe Bijelo Dugme (Bouton Blanc) qui deviendra un groupe de rock culte yougoslave. Mais ce sont ses compositions pour les musiques des films d'Emir Kusturica, son ami de toujours, qui vont le rendre célèbre dans le monde. En effet, c'est le succès international du Temps des gitans (1990), d'Arizona dream (1993) et d'Underground (1995) dont Bregović est l'auteur des bandes originales qui participent à sa renommée. On ignore également souvent qu'il est le compositeur de la musique du film La Reine Margot. Par la suite, il se lance dans un projet ambitieux et prend la tête de l'Orchestre des mariages et enterrements, une formation de nombreux musiciens, qui ressemble de plus en plus à un orchestre classique. La musique, elle, est toujours en évolution mais puise encore ses racines dans toutes les traditions balkaniques. C'est avec cette formation que Goran Bregović continue de jouer notamment en Europe où il rencontre un succès toujours grandissant. Entre-temps, il reforme son groupe d'antant Bijelo Dugme pour donner une série de concerts à travers l'ex-Yougoslavie. A Belgrade, ce fut l'un des plus grands concerts de l'histoire du rock : pas moins de 300 000 personnes étaient venues se replonger 20 ans en arrière.

Predrag Koraksić, dit Corax

Tout le monde connaît Corax même s'il n'est pas un homme public. Dessinateur de bandes dessinées, Corax est devenu célèbre pour ses caricatures publiées dans les grands quotidiens serbes. Né en 1933 à Čačak, il entame sa carrière dès 1950. Les années Milošević sont difficiles pour cet humaniste qui travaille dorénavant pour le quotidien Danas, après Vreme et Borba. Ses caricatures de la vie politique serbe sont universelles et d'une rare pertinence. Son style simple et délicat se passe de mots. Des rétrospectives lui sont consacrées régulièrement. Corax a reçu la Légion d'honneur française en 2004.

Vlade Divac

Véritable ambassadeur du sport serbe, Vlade Divac est le héros de tout un peuple. Lorsque, pour la première fois dans l'histoire de ce sport, l'équipe nationale de basket-ball réussit à vaincre les Américains aux derniers championnats du monde, il est désigné comme ambassadeur à l'Unesco ! Avec l'équipe nationale de Yougoslavie puis de Serbie-Monténégro, il a obtenu 9 trophées sur ses 11 participations à des tournois internationaux, dont 4 médailles d'or et 3 médailles d'argent. Il commence sa carrière là où il est né, à Prijepolje, puis rapidement monte à Belgrade faire ses classes dans l'un des deux meilleurs clubs du pays, le Partizan. A 24 ans, il intègre l'équipe américaine des Los Angeles Lakers où, dès la première année, il jouera la finale des " play-off ". Ce club qui a été le sien pendant sept ans assoit sa notoriété et lui assure une étoffe de gagneur : durant la période 1991-1998, Vlade Divac gagne ses plus grands titres internationaux. Il termine sa carrière comme joueur dans les clubs de Charlotte et Sacramento, qui lui permettent d'être sélectionné dans l'équipe des All Stars de la ligue NBA. Ce joueur hors du commun est aussi une personnalité de poids en Serbie. Il a entretenu l'espoir d'un retour sur la scène internationale de l'équipe nationale, alors que l'embargo sportif empêchait cette équipe de participer aux joutes internationales de 1992 à 1995.

Il a mené ensuite cette équipe au plus haut niveau, restant un capitaine solide et rassurant pour la génération montante. Vlade Divac joue encore un rôle important dans le basket serbe, puisqu'il a été entraîneur du Partizan de Belgrade et est désormais à la présidence du comité olympique serbe.

Novak Đoković

En passe de détrôner tous les plus grands sportifs de l'histoire dans le coeur des Serbes, Novak Đoković est né à Belgrade en 1987. Et s'il réside désormais à Monaco, il se rend très souvent dans sa ville natale où il est toujours très facile de l'aborder malgré son nouveau statut de star absolue dans le pays. Car la Serbie attendait depuis longtemps quelqu'un capable de lui redonner sa fierté dans le monde. N° 1 mondial à l'ATP depuis 2011, tous le considéraient déjà à 21 ans comme la future star du tennis planétaire. Une pression qui ne semble pas perturber outre-mesure ce garçon qui exprime totalement sa personnalité sur les courts et en interview après les matchs. Un certain charisme, une gentillesse rare et un palmarès déjà conséquent, Novak Đoković, assidu, ambitieux et motivé est devenu l'emblème de sa génération en délogeant Rafael Nadal et Roger Federer du sommet de la hiérarchie mondiale. Avec lui, le tennis est devenu un phénomène en Serbie, qui a accueilli en 2009 le premier tournoi ATP de son histoire. Mais c'est réellement en août 2011 durant la Rogers Cup de Montréal, en gagnant la finale contre l'Américain Mardy Fish (6-2, 3-6, 6-4), que Đoko entre dans l'histoire du tennis avec 5 masters remportés dans la même année. Le n° 1 mondial du tennis comptait à ce moment 2 000 points de plus que Nadal. En ce qui concerne les grands chelems, en février 2019, il en était à sept victoires à l'Open d'Australie, quatre à Wimbledon, trois à l'US Open, une à Roland-Garros. En 2016, il était devenu le premier joueur depuis 1969 à remporter successivement les quatre tournois du Grand Chelem (sur deux saisons).

En outre, Novak Đoković aime son peuple et son pays. Il le prouve en créant la " Fondation Novak " en 2007 qui participa aux diverses actions humanitaires suivantes : plusieurs ambulances pour le Kosovo, construction de terrains de tennis au centre Olimp du quartier Zvezdara destiné aux enfants de Belgrade, donation de 100 000 dollars au monastère Gračanica, donation aux monastères Hilandar et Svetih Arhangela près de la ville de Prizren, création de diverses bourses d'étudiants, aide aux habitants de Kraljevo afin de se reconstruire suite au tremblement de terre en novembre 2010, aide de 500 000 dinars aux victimes de Loznica pour lutter contre l'importante inondation en décembre 2010, etc. Un immense et beau champion !

Dušan

De son vrai nom Stefan Uroš IV Dušan, né en 1308. Il règne de 1331 à sa mort en 1355. Il est connu à la fois comme un grand homme d'Etat et comme un conquérant redoutable. Figure inégalée dans l'histoire des Etats féodaux, Dušan est à l'origine d'un ensemble de lois connu sous le nom de " Code de Dušan ". La vie à la cour de l'empereur est ainsi de haute tenue : on y mange avec couteau et fourchette, et des poètes émérites déclament des vers sur des thèmes épiques. Surtout, guerrier inlassable, il rêve de conquérir Constantinople. En l'espace de vingt ans, le territoire serbe est multiplié par deux vers le sud, pour s'étendre jusqu'aux mers Egée et Ionienne, au détriment des Bulgares et des Byzantins. Fin politicien, celui qui s'est déclaré empereur en 1345, et garant du monde orthodoxe, est l'égal des grands empereurs et une menace pour tous les empires de l'époque.

Pierre Ier Karađorđević, de Serbie

Certainement le plus francophile des rois serbes. Né en 1844 à Belgrade, il est le fils d'Alexandre Karađorđević que l'on chasse en exil avec sa famille à partir de 1858. Pierre finit donc son enseignement secondaire en France et rentre à la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr en tant qu'élève étranger en 1862. Lorsque la France entre en guerre avec la Prusse, Pierre s'engage dans la Légion étrangère pour venir en aide à l'armée française. Il sera même fait prisonnier à Orléans mais réussira à s'échapper. Suite à sa participation à la bataille de Villersexel en 1871, il sera fait Chevalier de la Légion d'honneur. En 1903, alors que le roi Alexandre Ier Obrenović et sa femme Draga sont assassinés puis défenestrés à Belgrade, Pierre monte sur le trône de Serbie. Son règne est essentiellement marqué par son action pour débarrasser son pays des influences turques et austro-hongroises, par ses réformes libérales, par le rapprochement entre la Serbie et l'Empire russe ainsi que par la forte amitié franco-serbe. Pierre Ierde Serbie a même une rue à son nom à Paris.

Emir Kusturica

Le monument de la culture serbe actuelle est l'un des cinéastes les plus talentueux du monde. Né à Sarajevo en 1954, Kusturica a fait toute sa carrière à Belgrade et s'est installé à Paris au milieu des années 1990. Sa carrière démarre sur les chapeaux de roue : à 28 ans, il gagne le Lion d'or à Venise pour Te souviens-tu de Dolly Bell  ?, son film préféré des cinéphiles. En 1985, à Cannes, il obtient la Palme d'or pour Papa est en voyage d'affaires et, dix ans plus tard, pour Underground. Avec Arizona Dream, primé à Berlin entre-temps, Emir Kusturica réussit un début de carrière fulgurant.

Son premier film primé à Cannes, Papa est en voyage d'affaires, raconte, à travers l'histoire d'un petit garçon dont le père est prisonnier politique, le régime titiste et en même temps la propre enfance de Kusturica. Arizona Dream est un voyage fantasmagorique à travers une Amérique irréelle alors qu'Underground, très complexe, dépeint le tunnel où le titisme a enfermé les Yougoslaves. Les controverses suscitées par un certain milieu parisien ramènent Emir Kusturica à ses premières amours : ce sera, onze ans après Le Temps des Gitans, sorti en 1989, Chat noir, Chat blanc, une fresque pittoresque, féroce et tendre, sur la vie d'un village gitan de Serbie. Dans ces deux films, les rythmes typiques des Tziganes de Serbie, le čoček, et les envolées lyriques et baroques des fanfares villageoises, les trubaći, nous plongent directement dans une ambiance délirante et fantasmée des villages de Serbie méridionale. Peu importe qu'il soit rare de trouver cette ambiance dans la réalité, Kusturica nous y fait croire ! Au milieu des années 1990, Emir Kusturica se tourne vers d'autres aventures. Il renoue avec son groupe de jeunesse, le No Smoking Orchestra, qui mêle les rythmes punk et les sonorités balkaniques, et crée à Paris Radio Balkan, encore active. Metteur en scène, acteur et musicien, Emir Kusturica a ajouté encore une activité à sa panoplie : en participant à la réhabilitation d'une ligne de chemin de fer à voie étroite dans les montagnes de Mokra Gora et en construisant un village ethno sur une colline, il fait revivre le patrimoine. Et ce n'est pas tout : à Višegrad (Bosnie), dont le pont a été rendu célèbre par le prix Nobel serbe Ivo Andrić dans son roman Le Pont sur la Drina, Kusturica a financé la construction d'Andrićgrad, un projet de reconstruction à l'identique d'une partie de la ville décrite par Andric dans son roman.

Miki Manojlović

Notamment connu comme l'un des acteurs fétiches d'Emir Kusturica. Né en 1950 et originaire de Belgrade, c'est là-bas que Miki Manojlović sera diplômé de l'Ecole des Arts Dramatiques. Dès le début des années 1970, c'est un acteur phare de l'Europe de l'Est mais c'est en 1985 avec son rôle dans Papa est en voyage d'affaires de Kusturica, Palme d'Or à Cannes, que Manojlović se fait connaître dans le monde entier. Trois autres rôles dans les films de Kusturica suivront : Underground (1995), Chat noir, chat blanc (1998) et Promets-moi (2006). En France, il tourne pour Nicole Garcia (Un week-end sur deux), François Ozon (Les Amants criminels) ou encore Jean-Jacques Beineix (Mortel transfert). Appréciant la variation des genres cinématographiques, on l'a vu plus récemment à l'affiche de Ze film (2005), L'Enfer (2005) et Irina Palm (2006). En 2008 et 2011, il participe à la production Largo Winch 1 et 2, en jouant Nerio Winch, le père de Largo.

Hélène Nemanjic, dite d'Anjou

Sveta Jelena Anžujska ou sainte Hélène d'Anjou (1237-1314), reine de Serbie, est en vérité Hélène Angelina, fille aînée d'un noble hongrois, Jean Angelos, comte de Srem et d'une noble française. Elle n'a pourtant, curieusement, rien à voir avec la famille d'Anjou ou la région du même nom. Hélène fut mariée à Uroš Ier, roi de Serbie de 1243 à 1276. Mais si elle eut deux fils, tous deux rois (Dragutin, roi de 1276 à 1282, et Milutin, roi de 1282 à 1321), c'est sa personnalité qui l'a rendue célèbre. Car Hélène s'est consacrée à des oeuvres de piété, en particulier lorsque son mari fut écarté de la couronne pour devenir moine sous le nom de Siméon. Elle protégeait les orphelins, instruisait les jeunes filles et les mariait. Elle s'appliquait à la prière et elle est même à l'origine de la construction de 5 monastères. Elle jouit en Serbie d'une grande réputation de sainteté, et l'église orthodoxe l'a canonisée il y a longtemps. Sans doute aussi grâce à son nom, les Serbes ont voulu retenir surtout son origine française.

Dragana Ognjenović

Styliste serbe renommée, Dragana Ognjenović met un pied dans le monde de la mode alors qu'elle est étudiante en peinture à l'académie des Arts à Belgrade. En effet, encore étudiante, elle commence en tant que graphiste et décoratrice d'intérieur pour ensuite s'attaquer à la création de costumes pour le cinéma et le théâtre. Sa marque éponyme propose depuis 1992 de nouvelles collections chaque année. Dragana Ognjenović se distingue par une ligne élégante et monochrome. A Belgrade, elle possède trois boutiques : l'une est consacrée à sa ligne de luxe, une autre, Software, à sa collection en prêt-à-porter, plus abordable, et la troisième est en fait un magasin de décoration d'intérieur.

Milorad Pavić

Né en 1929, Milorad Pavić a surpris le petit monde littéraire par ce qui restera comme l'un des romans les plus vendus dans le monde, le fameux Dictionnaire khazar. Publié et traduit dans de nombreuses langues, cet auteur prolifique est né et a toujours vécu à Belgrade. Il a été nominé pour le prix Nobel de littérature en 2002. Romancier, conteur et scénariste d'art dramatique, Pavić est connu dans son pays comme un formidable manieur de mots et de métaphores. Professeur à l'université de philologie de Belgrade, Milorad Pavić est reconnu comme le plus grand connaisseur de la littérature serbe des XVIIIe et XIXe siècles - spécialisé dans les courants baroque et symboliste -, mais aussi comme traducteur de Pouchkine et de Byron. Il donna régulièrement des conférences aux universités de la Sorbonne, de Vienne et de Fribourg. En 1991, il devient membre de l'Académie serbe des sciences et des lettres, mais il se garde bien de toute appartenance à un courant politique. Son premier ouvrage publié en 1991 à Belgrade, Palimpsestes, est un recueil de poésies, suivi trois ans plus tard d'une monumentale Histoire de la littérature serbe à l'âge du baroque. C'est en 1988 que son surprenant Dictionnaire khazar, roman-lexique en 100 000 mots, est publié pour la première fois en France, aux éditions Belfond (l'édition originale date de 1984). On y trouve déjà tout ce qui fera désormais la particularité de l'oeuvre romanesque de Pavić, de Paysage peint avec du thé à L'Envers du vent et Le Dernier Amour à Constantinople. Les Khazars étaient un peuple du Caucase qui, encore au VIIIe siècle, n'avaient pas adopté de religion. A partir de l'histoire de ce peuple disparu un siècle plus tard, Pavić nous invite à réfléchir aux mythes et aux religions.

Duško Popov

La source d'inspiration de Ian Fleming pour son James Bond n'est autre que Duško Popov. Né à Titel en Serbie en 1912 dans une famille aisée, Duško (Dušan est son véritable prénom) passe son enfance à Dubrovnik où il reçoit une solide éducation. Pour parfaire sa formation, son père l'envoie en Allemagne, à Fribourg, pour des études de droit. Là-bas, il rencontre l'ami qui changera sa vie : Johnny Jepson. Tous les deux libéraux et anti-nazis, ils n'hésitent pas à provoquer le régime en se rendant tous les jours dans un café tenu par des juifs. Dušan est envoyé par la Gestapo en détention provisoire mais, grâce aux relations de son père, il est rapidement relâché. Jepson est un peu plus tard recruté par l'Abwehr, le service des renseignements de l'Armée allemande, et convainc son ami d'y travailler aussi, arguant que pour battre une équipe, il faut en faire partie. Dušan accepte et prévient aussitôt l'ambassade britannique : il devient alors agent double. Ian Fleming, espion pour le compte de la Grande-Bretagne, rencontre Duško au Portugal, au casino Palacio, alors que celui-ci remporte une partie de baccara par un coup de bluff. C'est ce qu'il immortalisera dans Espions faites vos jeux, le premier volume des aventures de James Bond. Duško Popov est décédé en 1981 mais sa légende est loin d'être oubliée !

Milunka Savić

Une véritable héroïne de l'armée, une sorte de Mulan serbe. Milunka Savić (1888-1973) a en effet combattu pendant les guerres balkaniques et la Première Guerre mondiale. Lorsque son frère reçoit son ordre de mobilisation pour la seconde guerre balkanique en 1913, elle décide de prendre sa place au sein de l'armée serbe en se faisant passer pour un homme. C'est lorsqu'elle est blessée qu'à l'hôpital sa véritable identité est découverte. Elle s'engage également lors de la Première Guerre mondiale. Après la bataille de Kolubara en 1914, elle est décorée de l'Ordre de l'Etoile de Karageorge. Excellent soldat, elle a reçu de nombreuses distinctions civiles et militaires comme la Légion d'honneur, la Croix de Guerre, la Croix de Saint-Georges, le très distingué ordre de Saint-Michel et Saint-Georges, la médaille Miloš Obilić.

Miloš Šobajić

Le peintre serbe le plus prolifique - pas moins de 1 000 compositions - et faisant partie de ces artistes " yougoslaves " qui affectionnent Paris. Après avoir fait ses classes à Belgrade, Šobajić s'installe donc à Paris. Né en 1945, peintre d'une expression puissante, Miloš Šobajić est un vrai coloriste qui ne réalise pas sa composition par le dessin mais par les couleurs. Il aime à utiliser des couleurs fortes dans de grands aplats métalliques. Ses tableaux ont pour thème aussi bien des scènes de la vie quotidienne que des courses de voiture ou des envols d'avion : la vie moderne dans sa rapidité et son effervescence est ainsi magnifiée.

Vidosav Stevanović

Natif de la Serbie profonde, il vécu longtemps à Belgrade. Auteur d'une dizaine de romans - dont les plus connus sont La Neige et les Chiens (1993), Prélude de la guerre (1996) et La Même Chose (1999) -, il fut directeur de deux grandes maisons d'édition yougoslaves. Adversaire déclaré de Milošević et de son idéologie, il publia en 2000 son Epitaphe à Milošević, critique très dure du régime. En exil à Paris depuis les années 1990, il a obtenu la citoyenneté française et a même été décoré de l'Ordre des Arts et des Lettres pour l'ensemble de son oeuvre.

Nikola Tesla

Le génie serbe considéré comme l'un des plus grands scientifiques dans l'histoire de la technologie. Il est né en 1856 dans un petit village en Croatie (Empire d'Autriche de l'époque) et il est mort en 1943 à New York. Ses travaux les plus connus portent sur l'énergie électrique. Pour faire simple, c'est l'un des pères de l'électricité. Tesla a déposé plus de sept cents brevets, qui furent pour beaucoup d'entre eux attribués à Thomas Edison. Il a mis au point les premiers alternateurs permettant la naissance des réseaux électriques de distribution. Ce grand ingénieur était également un grand humaniste qui aurait aimé que l'électricité soit gratuite et accessible à tous. L'aéroport de Belgrade porte fièrement son nom et on peut visiter le musée qui lui est consacré à Belgrade : www.tesla-museum.org.

Vladimir Veličković

Né en 1935 à Belgrade, c'est le peintre serbe le plus connu au monde. Depuis 1966, il travaille à Paris, où il a donné des cours à l'Ecole des Beaux-Arts de 1983 à 2000. Ce qui lui valut d'être nommé commandeur des Arts et des Lettres. Enfant, il connut la Seconde Guerre mondiale, sa violence et ses terreurs, et même s'il vit en France depuis 1966, la mort reste partout présente dans son oeuvre : corps déchirés, fumées épaisses, potences alignées à l'infini... Les situations sont tragiques, brutales. Le trait est incisif, agressif. Ses dessins au fusain, avec quelques couleurs seulement - rouge, marron et noir - invitent le spectateur à réfléchir au tragique du monde contemporain. Avec 200 expositions personnelles à son actif, et recevant des commandes pour des événements internationaux, Vladimir Veličković est l'artiste le plus reconnu de l'école serbe.

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