San Agustín est un petit village situé aux environs de la source du fleuve Magdalena, lequel, coupant la Colombie en deux, va se jeter 1 500 km plus au nord dans la mer des Caraïbes, à Barranquilla. Il est réputé autant pour ses sites archéologiques que pour ses paysages, qui valent bien le voyage. Les vallons y sont sinueux, les canyons abrupts et les rivières rapides. On traverse des champs de café, de canne à sucre, de bananes, de lulos et des bosquets de guadua.

San Agustín est situé sur les contreforts du macizo Andino (massif Andin), au sud du département de Huila, à 240 km de Neiva et à 520 km de Bogotá. La ville est perchée à 1 695 m. La région possède un climat tempéré, froid pour la région, avec une température moyenne de 18 °C. Prévoir des vêtements chauds pour le soir et les excursions.

San Agustín est sans doute l'un des sites historiques les plus énigmatiques de Colombie. Il est hanté d'étranges statues, vestiges de civilisations bien antérieures à celle des Incas, et qui ont mystérieusement disparu. Les sculptures aux formes adoucies semblent venir directement du relief et inspirent une sensation inconnue, mélange de curiosité et de fascination. Un avertissement s'impose d'emblée. Comme c'est le cas de nombreux sites archéologiques précolombiens, celui de San Agustín échappe à toute classification définitive. Les recherches archéologiques sont toujours en cours. Elles se complètent, se contredisent et finissent par mener des existences parallèles, comme autant de mythologies aux origines communes. Vous n'obtiendrez donc que très peu de certitudes, sinon celle d'avoir visité un endroit unique, envoûtant et mystérieux. Laissez-vous simplement aller à la magie enchanteresse de cette région, témoin d'une époque où l'art des hommes se fondait si harmonieusement à la nature. Les archéologues invétérés auront tout loisir d'approfondir leurs recherches et de s'engager dans des débats ethnologiques savants.

Les habitants de San Agustín

Les scientifiques continuent de débattre de l'importance des sites statuaires dans la vie sociale et religieuse des habitants de l'époque. Quelle que soit la théorie scientifique à laquelle on adhère, on peut dire avec certitude qu'à San Agustín, s'étaient développés des cultes et pratiques funéraires, où la sculpture de la roche volcanique tenait une grande place. On ne sait pas grand-chose sur la structure sociale de cette civilisation. Certains ethnologues prétendent que la société agustinienne était organisée en cacicazgos (sorte d'oligarchie autour d'un " cacique "), avec une hiérarchie sociale et économique de la population marquée. Les populations moins anciennes n'avaient pas un système d'organisation aussi complexe. En effet, la structure sociale de la région du " alto Magdalena " au XVIe siècle répondait probablement au modèle tribal. Les rôles des chefs politiques n'étaient pas pleinement développés et leur pouvoir dépendait de la volonté du peuple. On présume que la famille était la cellule fondamentale d'une telle organisation.

Cette civilisation, célèbre avant tout pour son art statuaire, était aussi experte dans l'art de la poterie. L'orfèvrerie de San Agustín est peu connue. Pourtant, des anneaux de nez en or pur ont été retrouvés il y a peu dans les tombes. On peut affirmer que l'économie de San Agustín était fondée sur la culture du maïs, du manioc, des tubercules et des fruits, ainsi que sur la chasse et la pêche.

La symbolique des sculptures

Les sculptures monolithiques de San Agustín pourraient représenter des divinités sous des formes anthropomorphes, zoomorphes ou anthropozoomorphes. Elles reprennent les caractéristiques communes à toute la culture précolombienne américaine : formes massives, concises ou primitives, mais très riches en détail. La représentation des divinités obéit à des canons très précis, ce qui explique parfois certaines disproportions et le manque de naturel des formes et des attitudes.

De fait, les corps des statues de San Agustín sont complètement difformes : la tête est énorme, le corps trapu et compact, les bras courts et raides, les jambes quasiment inexistantes la plupart du temps. C'est la tête qui semble avoir le plus éveillé l'intérêt des artistes, le visage est de loin le plus travaillé. Ses différentes parties sont étonnamment proéminentes : bouches larges, nez imposants, yeux en forme de grain de café, et renforcent l'aspect cruel et sanguinaire de ces statues.

On trouve à San Agustín, comme dans d'autres cultures d'Amérique du Sud, de nombreuses sculptures représentant des animaux, notamment le jaguar, la grenouille, l'aigle et le serpent. Chacun de ces animaux symbolise une divinité distincte. Par exemple, le singe est le symbole du culte phallique et de la virilité masculine, et l'aigle, quant à lui, incarne le pouvoir, mais également le feu et la hiérarchie. Le serpent, sorte de dieu protecteur, accompagne souvent l'aigle ou les figures de guerriers. Le jaguar, dont le culte était pratiqué dans toute l'Amérique latine précolombienne, est synonyme de force vitale, de fertilité et du couple antithétique création-destruction. On retrouve des éléments félins dans la morphologie des guerriers, en particulier une expression tendue, voire agressive, et la présence de crocs, signe de puissance. Il en résulte des statues hybrides, à mi-chemin entre humanité et bestialité.

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