CATHÉDRALE DE LA DORMITION MUSÉE NATIONAL ONUFRI

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Plaque millesim 2018

La cathédrale de la Dormition-de-laVierge (Katedralja Fjetja e Shën Mërisë) qui abrite le musée national des Icônes Onufri (Muzeu Kombëtar Onufri) est l’un des plus beaux sites du pays pour découvrir l’art religieux (chrétien orthodoxe) albanais avec la salle des icônes du musée national d’Histoire (Tirana) et le musée national d’Art médiéval (Korça). L’intérêt est ici que les œuvres sont présentées quasiment in situ : la plupart proviennent des églises de la citadelle de Berat. Le musée lui-même est aménagé dans l’église de la Dormition-de-la-Vierge-Theotokos. Simple église byzantine datant du XIIIe s., l’édifice a été profondément remanié en 1797, devenant alors cathédrale. Il a été désacralisé durant la période communiste, puis transformé en musée dans les dernières années de la dictature (1986). L’institution possède une collection de 1 500 pièces dont environ 200 sont présentées de manière permanente ou tournante. Parmi elles, les deux tiers sont des icônes ou des fresques réalisées par les peintres de l’école de Berat, mouvement fondé au XVIe s. par le plus grand peintre religieux albanais, Onufri.

Cathédrale

Iconostase – Venant de la cour d'entrée, inondée de soleil, on est saisi par la pénombre de la nef, où se détachent les ors de l'iconostase. Cette paroi en bois finement sculptée (éléments végétaux, dragons, etc.) et dorée à la feuille d’or est un des chefs-d’œuvre des artisans albanais du XIXe s. Elle a été réalisée en 1806 par deux maîtres sculpteurs connus par leurs prénoms, Andoni et Stefani.

Icônes – L’iconostase accueille 48 icônes sur deux registres réalisées par l’atelier Çetiri de Berat au XVIIIe s,. sous la direction du maître Gjon Çetiri. Au 1er registre se trouvent 12 icônes royales et 8 petites icônes sur les portes royales. Le 2e registre comprend la rangée des « fêtes » avec 27 petites icônes représentant les 12 grandes fêtes de l'orthodoxie (Noël, Présentation au Temple…) et 15 autres fêtes mineures. Au 1er registre, l’ordre de présentation traditionnel est bien respecté avec, à droite des portes royales, le Christ Pantokrator (« en majesté ») et saint Jean-Baptiste, et, à gauche, la Vierge à l’Enfant suivie par l’icône de la dédicace de l’église, la Dormition de la Vierge Theotokos, c’est-à-dire la mort et la montée au ciel de la Mère de Dieu.

Cachette – Comme le lieu est désacralisé, il est possible de pénétrer dans le béma, l’espace sacré situé derrière l’iconostase et d’habitude réservé aux religieux. On y découvre les fresques de l’abside, presque effacées. Au pied de celles-ci, dans le plancher, c’est ici que furent découverts les Codex pourpres de Berat en 1967.

Salles d’exposition

Juste à côté de la cathédrale, dans l’ancien bâtiment de l’évêché orthodoxe de Berat, c’est ici que sont rassemblées les icônes les plus précieuses du musée, en particulier certaines signées d’Onufri (XVIe s.). Notez aussi les calices et bibles couvertes d’or et d’argent qui témoignent du savoir-faire des artisans de la région.

Grands maîtres – Rez-de-chaussée. Comme dans la cathédrale, on retrouve les travaux de Gjon Çetiri (signant parfois avec ses frères Gjergj, Nikolla et Naum), avec notamment un beau saint Démétrios de Thessalonique, la figure tutélaire des orthodoxes du sud des Balkans. David Selenica, le plus éminent représentant de l’autre mouvement pictural albanais, l’ « école de Korça » (XVIIIe-XIe s.), n’est quant à lui représenté que par de rares icônes, comme ce saint Constantin et sainte Hélène provenant de l’église St-Nicolas de Moscopole. Le grand Onufri se taille la part du lion, puisque 4 ou 5 de ses œuvres sont en général présentées ici. Vous pourrez ainsi peut-être voir un saint Jean-Baptiste, une icône des saints guérisseurs Côme et Damien ou la fabuleuse Vierge Conductrice. Couverte d’une fine couche de métal, cette dernière rayonne et éclipse presque toutes les autres icônes du musée. Petite déception quant au célèbre « rouge Onufri » : c’est dans les icônes présentées à Korça qu’il est le plus beau. Mais un autre rouge éclate ici : c'est celui de Konstantin Shpataraku (XVIIIe s.). De tous les maîtres albanais, c’est lui qui a le mieux réussi la synthèse entre la Renaissance italienne et la tradition byzantine. Deux de ses chefs-d’œuvre sont en général présentés : un saint Démétrios (de l’église du Prophète-Élie du quartier de Përrua, à Berat) et un magnifique archange Michel (de la cathédrale voisine).

FresquesRez-de-chaussée. Selon les années, de deux à trois pans de murs d’églises de la région peintes par Onufri et ses disciples sont exposés ici. La plupart de ces fresques sont en mauvais état. Mais, à gauche de l’entrée, remarquez la Dormition de la Vierge Theotokos de Nikolla Onufri, le fils du maître. Deux détails sont propres à l’école de Berat : le Christ tenant un nouveau-né emmailloté symbolisant l’âme de la Vierge et l’archange Michel coupant les mains du juif Jéphonias (celui-ci se repentira et se convertira au christianisme).

Influence islamiqueRez-de-chaussée. Trois icônes anonymes de la collection témoignent de l’imprégnation de la culture ottomane dans l’art religieux albanais. Il y a tout d’abord cette représentation de la Cène (début XIXe s.) : Jésus et les Apôtres sont assis autour d’une table non pas rectangulaire, mais ronde et basse. C’est un sofra, pièce de mobilier turc par excellence. Notez aussi que les convives se servent de fourchettes, comme à la cour du sultan. Autre étrangeté dans l’icône de la Pentecôte (XIXe s.), provenant de l’église St-Nicolas, du quartier voisin de Perondi : le Christ tient dans ses mains la Bible en grec tandis que des personnages habillés à l’orientale montrent une autre Bible en caractères arabes. Cela témoigne du flou dans lequel se trouvait alors la langue albanaise, tantôt transcrite en caractères arabes, tantôt avec l’alphabet grec. Enfin, remarquez cette Source donnant la vie (1812), thème classique de l’iconographie orthodoxe à partir du XVIIIe s : une fontaine réputée miraculeuse de l’ancienne Constantinople byzantine surmontée d’une Vierge à l’Enfant. Mais ce qui est moins traditionnel ici, c’est l’arrière-plan où figure un minaret. Dans un souci de réalisme, le peintre montre ainsi ce qu’est devenue la ville depuis sa capture par les Ottomans en 1453.

Trésors endormis – 1er étage. La mezzanine ouverte au public en 2017 abrite des pièces retrouvées dans les archives de la collection. Admirez le magnifique Christ Pantokarator provenant de l’église St-Geoges, dans la citadelle. Datant du tournant du XVIe s., c’est l’une des très rares œuvres du musée signée d’Onufri-le-Chypriote (Onufër Qiprioti). Peintre réfugié en Albanie après la prise de son île par les Ottomans en 1571, celui-ci n’a pas de lien de parenté avec Onufri, mais a apporté à l’école de Berat un nouveau souffle, les artistes de Chypre ayant alors réussi la synthèse des influences byzantines, ottomanes, latines et arabes. Autre Onufri présent ici : Nikolla, le fils (XVIe s.), avec une Hodigitria (« Vierge à l’Enfant »), un saint Jean-Baptiste et un Christ Pantokatror qui se trouvaient tous trois dans l’église St-Démétrios, au sein de la citadelle. Remarquez enfin cet étonnant « tronc-icône » : un coffre en bois destiné aux offrandes des fidèles mais peint comme une image sacrée avec une représentation du Jugement dernier au style très oriental. Cette objet – unique à notre connaissance – porte la date de 1846 et les signatures de Gjon et Gjergj Çetiri.

Le « rouge Onufri » – Son œuvre se caractérise par des influences byzantine (et même post-byzantine, Constantinople étant tombée en 1453), vénitienne et peut-être aussi crétoise, puisqu’il fut en contact avec des peintres d'icônes grecs de l’école crétoise dont l’île était alors elle-même sous domination vénitienne. Réputé pour son « rouge Onufri » (un rouge brillant teinté de pigments roses), il mit au point des techniques secrètes de mélange de pigments et a introduit des couleurs inédites dans l’iconographie orthodoxe, comme le rose emprunté à la peinture italienne. Il innova également en donnant plus de personnalité et de réalisme à ses sujets et à ses décors, s’écartant en cela des canons de l’iconographie byzantine classique.

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Adresse et contacts :
CATHÉDRALE DE LA DORMITION MUSÉE NATIONAL ONUFRI

Ruggica Shën Triadha
  Berat
Albanie
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Avis des membres sur CATHÉDRALE DE LA DORMITION MUSÉE NATIONAL ONUFRI

Note générale : 4.5/5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
4 avis d'internautes
5/5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Visité en août 2018
Superbe, on en a eu des frissons...
Cette cathédrale et le musée attenant nous ont donné des frissons. De belles icones, un environnement bien restauré, superbe. Une guide sympa et compétente en plus.
En prime, moyennant un billet, nous avons pu visiter quelques chapelles fermées au public, émouvant.
Avis déposé le 27/05/2019 
4/5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Visité en août 2017
Ce musée est à faire. Pour le contenant et le contenu. Vous pourrez y voir des icones, des livres anciens et divers objets pour un prix d'entrée de 200 Leke.
Avis déposé le 03/10/2017 
4/5
Rapport Qualité/Prix
Service
Originalité
Visité en juin 2017
Un très beau musée situé dans la forteresse de Bérat. Le musée vaut autant pour l'église Sainte-Marie de la Dormition qui l'abrite et possède de superbes icônes d'Onufri et un accès exceptionnel "derrière le rideau" (à l'autel) que pour sa collection d'icônes rares qui plaira surtout au amateurs et connaisseurs. Entrée : 200 leks
Avis déposé le 12/06/2017 
5/5
Incontournable. La visite guidée est passionnante. Prévoir 2 à 3 heures pour visiter en même temps l'ensemble de la forteresse, se églises et maisons.
Avis déposé le 29/07/2010 
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