S'étendant sur 24 500 km2, le Denali National Park and Preserve est le plus vaste parc national américain après le Yellowstone. Il déploie ses immensités glaciaires couvertes de forêts et de lacs à 400 km au sud du cercle polaire arctique. Situé au coeur de l'Alaska, le Denali Park comprend le Denali, encore appelé mont McKinley par certains, le plus haut sommet d'Amérique du Nord (6 194 m au-dessus du niveau de la mer), qui, depuis 55 millions d'années, dresse vers le ciel sa masse de granit. Son altitude, son climat extrême et sa situation géographique arctique en font un des sommets les plus difficiles à escalader au monde, et ce n'est qu'en 1913 que la montagne fut pour la première fois vaincue par l'homme. Depuis 1917, la montagne fait partie intégrante de la zone protégée du parc national de Denali. Denali signifie "  le haut  ", en athabaskan. Son sommet fut rebaptisé du nom du candidat à la présidence américaine, William McKinley, mais il reprit son nom autochtone de mont Denali à la demande de Barack Obama. Neige et glace éternelles enveloppent ses derniers 2 000 m. Alpinistes, soyez prudents  ! Les moins téméraires se plairont à contempler ce sommet de loin, notamment, par matin clair, depuis Anchorage à près de 400 km au sud. Ce colosse s'élevant au milieu d'une beauté austère surplombe les montagnes voisines qui forment la chaîne incurvée de l'Alaska Range, barrière naturelle de plus de 900 km à travers le sud de l'Alaska. De vastes étendues du parc sont, jusqu'à de grandes profondeurs, le domaine du permafrost. Depuis des milliers d'années le sol y est gelé. Les températures extrêmes entretiennent de nombreuses coulées glaciaires, descendant des sommets les plus élevés. Parmi ces dernières, le glacier Muldrow, qui s'arrête à moins d'un kilomètre de la route. De la mi-juin à la mi-septembre, soit pendant la saison touristique - durant laquelle la lumière du jour peut se prolonger pendant 22 heures, avec une température pouvant atteindre les 26 °C, il est interdit aux véhicules privés de dépasser les 15 premiers miles de l'unique route du parc, longue de 87,5 miles. L'objectif de cette mesure rigoureusement appliquée est de préserver l'extraordinaire faune de cette immense étendue.

Géologie

La chaîne d'Alaska s'est formée par la subduction, à un rythme de 5 cm par an, de la plaque pacifique sous la plaque nord-américaine, entraînant la déformation de cette dernière. Le mont McKinley est constitué de granit de schiste, résultat du métamorphisme dans le massif, et, à une dizaine de kilomètres en profondeur, d'un pluton âgé de 56 millions d'années. Il continue à pousser la montagne vers le haut à un rythme de 1 mm par an. En raison de ce phénomène, les roches sédimentaires, datant de 100 à 400 millions d'années, ont été repoussées aux alentours. Ces roches granitiques subissent un processus secondaire de désagrégation par cristallisation et oxydation, en raison des conditions climatiques comparables au milieu antarctique en termes de nombre de cycles gel-dégel annuels, plus prononcé sur le versant méridional, davantage exposé au rayonnement solaire. En raison de l'activité tectonique, environ 600 séismes d'une magnitude supérieure à 1 sur l'échelle de Richter se produisent chaque année dans la région. 70 % d'entre eux sont compris entre 1,5 et 2,5, et leur épicentre est fréquemment compris entre 0 et 15 km de profondeur. La magnitude des tremblements de terre ne dépasse que très rarement 4,5. Toutefois, le 21 mai 1991, une secousse de 6,1 s'est produite à 112 km de profondeur, juste sous le mont Denali. Le 23 octobre et le 3 novembre 2002, deux secousses de 6,3 et 7,9 se produisent à 50 km de profondeur, à l'est du parc, ce qui fait de cette dernière secousse la plus puissante de l'Etat d'Alaska jamais enregistrée. Une des failles majeures qui résulte de ces mouvements tectoniques est la faille du Denali. L'Alaska Earthquake Information Center étudie l'activité sismique dans la région. Trois sismographes sont déjà installés dans le périmètre du parc et d'autres équipements sont prévus afin de pouvoir s'adapter aux événements.

Des traces de pas ont prouvé la présence des dinosaures dans le Denali National Park and Preserve. Le musée d'histoire naturelle de Dallas indique que cette trace "  peut faire penser à l'empreinte d'un oiseau démesuré, mais c'est l'empreinte d'un dinosaure carnivore  ". C'est la première trace d'un dinosaure découverte dans ce parc. Il y a 70 millions d'année, la météorologie de l'Alaska était plus propice au développement des espèces. Cette trouvaille va entraîner d'autres recherches de fossiles dans les environs.

Histoire

Les Amérindiens Athabaskan sont certainement les premiers occupants de cette région. Leur présence est attestée depuis 12 000 ans. Au printemps et à l'automne, ils venaient régulièrement chasser sur les bas plateaux au nord du mont Denali. Baies, poissons séchés et plantes contribuaient aussi à leur alimentation. Durant les mois neigeux, ils redescendaient se réfugier dans les vallées fluviales. Au fil du temps, ils formèrent cinq tribus. La chaîne d'Alaska séparait les territoires des Dena'ina et des Ahtna au sud et à l'est des Lower Tananas  ; Koyukon et Kolchan au nord. Dans les années 1900, les premiers Occidentaux, explorateurs, trappeurs et chercheurs d'or, s'installèrent dans la région. Les ascensions du mont McKinley sont aussi étroitement liées à l'histoire locale. Bon nombre d'entre elles ont échoué, en raison des conditions climatiques extrêmes. La première expédition réussie date du 7 juin 1913, menée par Hudson Stuck. Le premier homme arrivé au sommet fut Walter Harper, un Amérindien d'Alaska. Harry Karstens et Robert Tatum atteignirent également le but. Ils ont emprunté la voie du glacier Muldrow, ouverte par les précédentes équipées et aujourd'hui principalement utilisée. Aujourd'hui, le mont Denali est gravi par 1 200 alpinistes en moyenne par an. Mais, attention, l'entreprise est dangereuse. En 2003, la montagne avait coûté la vie à près de 100 personnes. L'ascension demande généralement entre 2 et 4 semaines, de préférence en mai ou juin. Les précipitations neigeuses et les risques d'avalanches au mois d'août rendent l'opération encore plus risquée. En 1990, le Club alpin japonais installa une station météorologique à 5 710 m d'altitude. En 2002, une station climatologique fut mise en place à 5 790 m. C'est l'une des deux seules dans le monde situées au-delà de 5 500 m. Depuis son établissement, des améliorations annuelles des équipements ont été accomplies, dont des instruments spécialement fabriqués pour les conditions extrêmes de climat et d'altitude. Mount McKinley National Park a été créé le 26 février 1917. Seule une partie du mont se trouvait alors sur le territoire du parc. 61 ans plus tard, un monument national nommé Denali National Monument a été érigé à proximité, avec l'accord du président Jimmy Carter. Le 2 décembre 1980, le parc national du Mont McKinley et le monument national Denali ont fusionné au sein du parc national de Denali par l'Alaska National Interest Lands Conservation Act.

Climat

Le climat de l'Alaska est contrasté. On distingue trois zones principales. Le sud de la péninsule est très humide et les températures sont relativement douces. Au nord de la chaîne d'Alaska, les plateaux et petites montagnes de l'intérieur connaissent un climat continental, très froid et assez sec. Isolé du reste de la péninsule par l'austère chaîne de Brooks, le piémont arctique, où le sol est gelé en permanence, connaît des températures hivernales descendant jusque -30 °C. Le climat touche tous les organismes vivants du Denali. En janvier, le soleil déserte le parc et la température tombe à -45 °C. Les plantes cessent de croître et, pour les bêtes, la nourriture se fait rare. Malheureusement, printemps et été sont des saisons très courtes et on en profite souvent pour préparer la saison froide. Les étés sont généralement frais et humides et il n'est pas impossible de voir de la neige en août.

Nature

Grand de la taille de quatre départements français regroupés, le parc abrite une faune richissime et une flore rare, sinon unique. A la base de l'écosystème, 1 500 espèces de fougères, d'herbes rases, de buissons, de plantes à fleurs, de lichens, de mousses et d'arbres recouvrent les sols autour des sommets. L'endémisme de ces plantes a été préservé des espèces européennes par l'isolement de la région. L'abondance de fleurs sauvages est un pur plaisir pour les visiteurs. Pendant un court instant, Denali s'anime d'une mosaïque de couleurs. La taïga, mot russe pour la forêt du Nord, explique ici la difficulté pour les arbres de croître non loin du cercle polaire arctique. Au-delà de la limite des arbres, dans les vallées le long des rivières, la taïga cède la place à la toundra, un autre monde fascinant d'arbustes et de fleurs sauvages adaptés à une saison courte de croissance. On remarque deux types de toundra, l'humide et la sèche, qui se distinguent par une myriade de nuances. La région abrite une très riche réserve d'oiseaux (130 espèces). De la fin du printemps à la fin de l'été, de nombreuses espèces migratoires viennent y habiter. Parmi elles, le jaseur d'Amérique, le durbec des pins, le traquet, le lagopède alpin, le cygne siffleur, l'aigle royal et bien d'autres encore. Le Denali sert aussi de refuge à une quarantaine d'espèces de mammifères. Une importante population de grizzlis et d'ours noirs est présente sur le territoire du parc. Ce dernier constitue aussi le terrain de parcours des troupeaux de caribous aux immenses ramures qui, délaissant leurs pâturages hivernaux du Nord en suivant les pistes ancestrales de migration, traversent la toundra. Ils avancent sur un large front, en troupeaux pouvant compter jusqu'à 2 000 têtes, à la recherche de lichens dont ils sont friands. Rôdant à la lisière de leur territoire, on peut également observer, avec un peu de chance, les loups. Le spectacle des mouflons de Dall, bondissant et se jouant des pics vertigineux, se déroule plus haut sur les pentes rocheuses qui bordent la route. En contrebas, les élans broutent dans les halliers touffus à l'orée des forêts de sapins noirs et blancs. De petits animaux adaptés au milieu naturel peuplent le Denali, tels que la marmotte des Rocheuses, les écureuils de l'Arctique, les castors et les pikas. Diverses espèces de poissons, truites, saumons et amphibiens habitent les nombreux cours d'eau. Le froid glacial approche, le soleil s'absente du parc pendant huit longs mois d'hiver, les températures font une chute vertigineuse... Chut, l'ours grizzli entre en hibernation sous l'oeil vigilant des gardiens du parc, qui s'efforcent de maintenir les animaux à l'état sauvage et recommandent aux visiteurs de ne pas les nourrir et, surtout, de ne pas les approcher de trop près.

Les lieux incontournables de DENALI NATIONAL PARK

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16.95 €
2018-12-05
312 pages
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