Le guide touristique ALGER du Petit Futé : Enfants du pays

Enfants du pays

Merzak Allouache. Né en 1944 à Alger non loin de Notre-Dame d'Afrique, Merzak Allouache se forme à la réalisation à l'Institut national du cinéma d'Alger avant d'intégrer l'Institut des hautes études cinématographiques de Paris. Il se fait connaître par son premier film Omar Gatlato présenté à Cannes en 1977, dans lequel il dresse le portrait d'un jeune macho algérois du quartier populaire de Bab El-Oued. Témoin de l'Algérie contemporaine, il dépeint avec brio la jeunesse algérienne des années 1970. Bab El-Oued restera la toile de fond de deux autres de ses films Bab el Oued City et Bab el web. Cinéaste entre deux rives, Merzak Allouache tourne en France des films parlant avec humour des aventures de l'immigration et révèle ainsi Gad Elmaleh dans Salut Cousin ! en 1996 mais surtout Chouchou en 2002 et tourne en Algérie des films plus bouleversants comme Harragas en 2009 traitant des migrants clandestins. En 2013, sort son film Les Terrasses qui retrace 5 histoires dans 5 terrasses d'Alger.

Baaziz. Né à Cherchell en 1963, Baaziz est un chanteur rebelle dont les textes critiquent ouvertement le pouvoir en place et les dirigeants du pays. Il pratique le maâkous, genre musical satirique consistant à parodier les chansons populaires afin de véhiculer un message. Il aborde les thèmes de la liberté, de la politique et chante l'amour de son pays. Plusieurs fois censuré en Algérie, il poursuit son engagement depuis la France en rassemblant les grands chanteurs algériens de France et d'Algérie autour de la chanson devenue célèbre Algérie mon amour. Ses adaptations originales (Je m'en fous) des chansons de Renaud (Hexagone) sont également très connues.

Baya. Grande figure de l'art contemporain, Baya est une peintre de la génération d'artistes de 1930 ayant fondé l'art algérien moderne. Née en 1931 à Bordj El Kiffan et orpheline à l'âge de 7 ans, elle commence très tôt à dessiner et à peindre dans un style naïf et dans des tons chatoyants fleurs, oiseaux et surtout cette femme vêtue d'une robe imposante couverte de motifs qui deviendra la figure récurrente de son art. Remarquée très jeune, elle expose ses premières oeuvres à l'âge de 16 ans, rencontre Georges Braque et Picasso quelque temps plus tard puis se fait connaître en France, en Belgique et dans les pays arabes. Elle meurt à Blida en 1998.

Biyouna. Baya Bouzar, alias Biyouna, née en 1952 dans le quartier de Belcourt, est une chanteuse, danseuse et actrice. Connue pour son exubérance et son franc-parler, elle incarne toute la culture algéroise populaire. Débutant sa carrière à 17 ans sur la scène du Copacabana, elle se fait connaître à travers le pays par son rôle dans les films El Harrik, la Grande Maison en 1973 et Leïla et les autres en 1978. Alors que l'islamisme menace le pays, Biyouna se produit dans les stades à travers de caustiques one-woman-shows et chante dans les cabarets les plus populaires de la capitale. Elle redonne le sourire à une Algérie meurtrie par la décennie noire avec son rôle dans la série Nass Mlah City, grand succès populaire des années 2000 et se fait connaître hors du pays en devenant l'égérie du réalisateur Nadir Moknèche. De l'authentique chanteuse de cabaret du film Viva Laldjérie à la mafieuse Madame Aldjéria du film Délice Paloma, elle interprète des rôles hauts en couleur qui s'accordent parfaitement à son caractère drôle, rebelle et provoquant.

Biyouna est aujourd'hui une artiste internationale et complète. En 2006, elle sort son album Blonde dans la Casbah dans lequel Christophe, Malia ou encore Didier Wampas chantent à ses côtés. Elle poursuit sa carrière au théâtre (La Célestine, 2009), présente à Cannes en 2011 le film de Radu Mihaileanu La Source des femmes dans lequel elle tient le rôle d'une veuve nommée Vieux fusil, mais elle est surtout à l'affiche du Théâtre de Marigny à Paris depuis janvier 2012 où elle présente Biyouna !, son premier one-woman-show en France. Plus récemment, on a pu la voir interpréter différents rôles au cinéma notamment dans Les Trois Frères : Le Retour de Bernard Campan et Didier Bourdon ainsi que dans Amour sur place ou à emporter d'Amelle Chahbi.

El Hachemi Guerouabi. Enfant du quartier du " Golf " (El-Mouradia) à Alger, Guerouabi a marqué le chaâbi en lui apportant une touche très personnelle, notamment un ton plus moderne et une nouvelle forme poétique. Sa mort survenue en 2006 a soulevé une grande émotion dans le pays tant son nom est indissociable de cette forme musicale résolument algérienne.

Dahmane El Harrachi. Né à El Biar en 1926 puis ayant vécu son enfance à El Harrach, Abderrahmane Amrani, surnommé Dahmane El Harrachi, est l'une des grandes figures du chaâbi. Enfant, il s'initie au banjo et adolescent il joue déjà auprès des grands maîtres du chaâbi avant d'immigrer en France à l'âge de 23 ans. C'est dans les cafés parisiens auprès des immigrés algériens qu'il se fait connaître en chantant magnifiquement les thèmes de l'exil et de la nostalgie du pays. Notamment connu pour son fameux Ya Rayah, reprise avec succès par Rachid Taha et écoutée dans le monde entier, il est l'auteur de pas moins de 500 chansons. Si Dahmane El Harrachi ne retourne à Alger que de rares fois, c'est pourtant sur ses terres d'origine qu'il décède tragiquement dans un accident de la route en 1980.

Hadj El Anka. Impossible de parler de chaâbi sans évoquer Hadj El Anka. Né dans la Casbah, en 1907, le jeune Mohamed El Anka fait ses premiers pas dans la musique auprès de Cheikh Nador puis à travers l'animation de fêtes familiales mais c'est dans les cafés de la Basse Casbah qu'il acquiert, grâce à sa voix puissante à plusieurs octaves et à sa maîtrise instrumentale, sa popularité et qu'il devient le maître incontesté de la chanson chaâbi.

Fadhela Dziria. Fadhela Madani, plus connue sous le nom de Fadelha Dziria, née en 1917 dans le quartier de Notre-Dame d'Afrique, est une grande cantatrice algéroise et une des figures marquantes de la chanson traditionnelle citadine du hawzi (style de répertoire situé entre la musique classique et la musique populaire). Une émission de Radio Alger la découvre et aide la jeune artiste analphabète dans son initiation à la musique classique en composant pour elle plusieurs titres.

Après un passage à Paris où elle chante dans les cabarets fréquentés par les immigrés, elle revient en Algérie pour chanter au Café des Sports dans la Basse Casbah lors des soirées du ramadan. Influencée par le cercle musical algérois, elle adopte le style algérois en intégrant le groupe de Meriem Fekkai. Ses grands succès sont Mal Hbibi Malou, Ena Toueiri et Houni Kanou. Sa vie artistique bouillonnante marquée par sa participation à plusieurs pièces théâtrales, son passage à l'Opéra de Paris en 1954 et dans les émissions algériennes musicales de l'époque ne l'empêcheront pas de participer activement à la guerre d'Algérie en collectant des fonds. Fadhela Dziria meurt en 1970 et repose au cimetière d'El Kettar.

Fellag. Comédien, écrivain, humoriste tendre et cruel, Mohamed Fellag est né en 1950 à Azzefoun en Kabylie. Il suit les cours de l'Institut d'Art dramatique de Bordj El Kiffan de 1968 à 1972 et fonde une troupe qui ne produira qu'une seule pièce (Es-Soussa, " la vermine "). Fellag quitte l'Algérie et revient en 1985 pour intégrer le Théâtre national algérien. Après le succès de son premier spectacle Les aventures de Tchop, un clown, Fellag confirme ses multiples talents dans Cocktail Khorotov, une galerie de portraits au vitriol qui illustrent l'Algérie d'alors (hittistes, policiers, femmes rejetées, hommes politiques...). Le spectacle est diffusé en 1989 sur la chaîne nationale qui sera parodiée un an plus tard dans SOS Labès. Alors que l'islamiste gagne le pays, le spectacle Babor Australia, produit en 1991 et dans lequel l'humoriste raconte les rêves et le désarroi des jeunes Algériens, est joué plus de trois cent fois dans le pays. En 1993, Fellag est nommé directeur du Théâtre régional de Bejaia puis crée Délirium en 1994. La menace islamiste contraint l'artiste à l'exil en 1995. C'est avec le spectacle Djurdjurassique Bled qu'il se fait connaître auprès du public français. Fellag poursuit son parcours artistique à travers la création de plusieurs one-man-shows dont Le Dernier Chameau (2004) dans lequel il dépeint toujours aussi finement la société algérienne. Récemment, il se produit aux côtés de Marianne Epin dans le spectacle Tous les Algériens sont des mécaniciens (2008). En 2011, il entame une nouvelle tournée à travers la France pour présenter Petits chocs des civilisations. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Rue des petites daurades, 2001, Editions JC Lattès, C'est à Alger, 2002, Editions JC Lattès, L'Allumeur de rêves berbères, 2007, Editions JC Lattès, Le Mécano du vendredi (illustré par Jacques Ferrandez), 2010, Editions JC Lattès. Il se distingue également au cinéma dans les films L'Ennemi intime en 2007, Monsieur Lazhar en 2011.

Albert Camus. Le prix Nobel de littérature 1957 est né en 1913 à Mondovi en Algérie. Orphelin de père, il passe son enfance dans le quartier algérois de Belcourt avec sa mère, femme de ménage. Au lycée Bugeaud, il découvre la philosophie qu'il décide de continuer à étudier. Au début des années 1930, il écrit avec des amis Révolte dans les Asturies, une pièce de théâtre interdite. En 1938, il entre comme journaliste au journal du parti communiste et à Alger républicain. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il choisit la résistance à l'occupant nazi et publie, en 1942, L'Etranger, ayant pour cadre l'Algérie française et Le Mythe de Sisyphe grâce à Jean Paulhan (Gallimard). En 1943, Albert Camus rencontre Jean-Paul Sartre et entre au journal Combat. Au début de la guerre d'Algérie, alors qu'il a déjà publié dans ce journal plusieurs chroniques (Chroniques algériennes 1939-1958, Gallimard, Folio) démontrant combien sa situation est difficile entre attachement à son pays dont il reconnaît la souffrance et convictions politiques, il décide de ne plus s'exprimer sur le sujet. En 1956, il publie La Chute, un livre pessimiste. Alors qu'il travaille sur un roman autobiographique, Le Premier Homme, dans lequel il revient notamment sur son enfance algérienne, il meurt en 1960 dans un accident de voiture. En 2010, à l'occasion du 50e anniversaire de sa disparition, Nicolas Sarkozy souhaite le transfert de sa dépouille au Panthéon mais le projet est compromis par le refus du fils de l'écrivain, Jean Camus. A lire : Noces (1939), L'étranger (1942), La Peste (1947), L'été (1954), Le Premier Homme (1994), Camus à Oran d'Abdelkader Djemaï (1955), Les derniers jours de la vie de Camus de José Lenzini (2009).

Edmond Charlot. Né en 1915 à Alger dans une famille installée en Algérie depuis 1830, Edmond Charlot est un libraire et éditeur connu pour avoir publié les premiers livres d'Albert Camus qu'il rencontre au lycée Bugeaud. Sur les conseils de Jean Grenier, un professeur de philosophie, il ouvre en novembre 1936 une librairie au 2 bis, rue Charras. A la fois bibliothèque et galerie d'art, cette minuscule librairie portant le nom d'un roman de Giono, Les vraies richesses, devient le lieu de rencontre des écrivains de l'Ecole d'Alger qui défendent " la nouvelle culture méditerranéenne ".

Edmond Charlot publie les premières oeuvres de Camus, René-Jean Clot, Max-Pol Fouchet, Jean Grenier, Roblès, Jules Roy ou Federico Garcia Lorca. C'est pendant la Seconde Guerre mondiale que sa maison d'édition prend véritablement de l'ampleur parce qu'elle est la seule à pouvoir publier les oeuvres de Gide, Kessel ou Vercors. Edmond Charlot devient alors l'éditeur de la France libre. Après la Libération, il fonde à Paris une autre maison d'édition et publie Jean Amrouche, Jules Roy, Henri Bosco ou encore Virginia Woolf. Alors qu'il fait faillite dans les années 1950, il retourne à Alger où il ouvre une nouvelle librairie, travaille pour Radio-Alger et continue de publier dans les revues de culture méditerranéenne. A la fin de la guerre de libération, deux attentats perpétrés par l'OAS contre sa librairie détruisent la majeure partie de ses archives. En 1980, après avoir dirigé le Centre culturel français d'Izmir (Turquie) puis celui de Tanger (Maroc), il s'installe à Pézenas (Hérault) et crée la librairie Le Haut Quartier (44, rue Conti) et la bouquinerie Car Enfin (21, rue des Litanies 34120 Pézenas). Jules Roy disait de lui qu'il " était comme la porte généreuse par laquelle on entrait dans le monde de l'esprit ". L'esprit d'Edmond Charlot plane toujours dans la minuscule maison d'édition de la rue Charras devenue une antenne de la bibliothèque municipale.

A lire : Edmond Charlot, éditeur par Michel Puche, préface de Jules Roy, Domens Editions, Pézenas, 1995.

Lili Boniche. Surnommée le " crooner de la Casbah ", Lili Boniche, Elie Boniche de son vrai nom, est un chanteur de musique arabo-andalouse. Né en 1922 dans la Casbah d'Alger dans une famille juive originaire d'Espagne, il apprend très tôt les bases de la musique arabo-andalouse auprès d'un des maîtres du hawzi, Saoud l'Oranais, puis devient rapidement un musicien de oud (luth) de talent. A 15 ans seulement, il anime une émission musicale sur Radio Alger qui s'avère être un succès. Il est connu pour son style particulier mêlant musique arabo-andalouse, flamenco, tango, chaâbi, traditions juives et occidentales... Un pied à Paris et l'autre à Alger, il chante l'amour en français, en arabe algérois, en espagnol et en " françarabe ", il conquiert l'Algérie, la France, les Etats-Unis ou encore le Japon. Il abandonne la scène dans les années 1950 avant de quitter à contrecoeur l'Algérie au moment de son Indépendance. Contre toute attente, à la fin des années 1990, Lili Boniche remonte sur scène et la reprise de ses standards résolument rétro (Alger Alger...) enchante à nouveau son public. Il sort l'album oeuvres récentes en 2003 rassemblant autour de lui Mathieu Chedid, Manu Katché et de nombreux autres artistes et se produit pour la dernière fois en concert au Théâtre Mogador en 2004. Sa mort discrète survenue en 2008 plonge ses fans dans une profonde tristesse.

Rouiched. Personnage comique très populaire, Rouiched est le " Charlot algérien ". Né en 1921 dans la Casbah, Ahmed Ayad, alias Rouiched, grandit dans la misère tout comme Chaplin. Cireur de chaussures, vendeur de fruits et légumes, teinturier, il enchaîne les petits métiers de fortune pour survivre. Son talent de comédien autodidacte, découvert par Mahmoud Stambouli, homme de théâtre, lui permet de décrocher son premier rôle dans une pièce de Abdelhamid Ababsa, puis de rejoindre plus tard plusieurs troupes de théâtre et de jouer auprès de Rachid Ksentini ou Mustapha Kateb. Grande figure du théâtre et du cinéma comique, Rouiched est apprécié de tous pour sa spontanéité et sa proximité. Si sa carrière est marquée par des rôles dans divers téléfilms, c'est le film Hassen Terro de Mohamed Lakhdar Hamina qui le consacrera en 1967.

Amazigh Kateb. Fils de l'illustre écrivain Kateb Yacine, figure de proue de la littérature algérienne, Amazigh Kateb est le fondateur et chanteur du célèbre groupe franco-algérien Gnawa Diffusion. Né en 1972 dans la petite commune limitrophe d'Alger, Staouéli, il passe son enfance dans les quartiers de Meissonier et de Ben Aknoun. Adolescent, il découvre l'immensité du désert et, à travers la culture gnawi, toute l'africanité de son pays. Il rejoint la France à l'âge de 16 ans et fonde en 1992 le groupe Gnawa Diffusion, mêlant la musique traditionnelle gnawi au chaâbi et à des sonorités contemporaines comme le rap, le reggae ou le ragga. Le groupe sort son premier album Légitime Différence en 1993 mais se révèle avec son deuxième album Algeria sorti en 1997. Les textes en arabe, français, anglais sont ironiques et critiques mais le groupe parvient à se produire sur les scènes algériennes. C'est un succès en Algérie, comme en France. Le métissage né d'un attachement profond aux origines citadines et au rapprochement des cultures africaines orientera définitivement le style si particulier du groupe. Quatre autres albums (Bab El-Oued Kingston, Live DZ, Souk System et Fucking Cowboys) viendront compléter la discographie du groupe avant qu'Amazigh ne décide de poursuivre sa carrière en solo. Il sort Marchez-noir en 2009 et annonce à la presse fin 2011 le retour sur scène de Gnawa Diffusion. En 2014, il est pour la première fois comédien en jouant Nouredine, le rôle principal, aux côtés de Rachida Brakni, dans l'adaptation cinématographique du roman d'Arezki Mellal, Maintenant ils peuvent venir. Le film sort en 2015.

Hocine Boukella alias Cheikh Sidi Bémol. Cheikh Sidi Bémol est un groupe de " Gourbi-Rock " fondé en France par Hocine Boukella en 1992. Né en 1957 à Alger, Hocine Boukella est un artiste éclectique : il est Elho lorsqu'il signe ses dessins et caricatures et Cheikh Sidi Bemol quand il monte sur scène accompagné de ses musiciens. La musique de Cheikh Sidi Bémol allie habilement les musiques traditionnelles algériennes (chaâbi, gnawi, berbère) au rock, au blues et à la musique celtique. Chantés en kabyle, français, arabe et anglais, les textes de Hocine Boukella décrivant la société algérienne sont caustiques, drôles ou critiques. Le premier album sort en 1998 et sera notamment suivi par l'album berbéro-celtique Thalweg en 2001, l'album phare El Bandi et son fameux titre Ma Kayen walou kima l'amour, par Gourbi Rock en 2007. Hocine Boukella s'associe au poète Ameziane Kezzar pour produire en 2008 le triple album Izlan Ibahriyen dans lequel sont reprises des chants marins kabyles.

La même année, il signe la bande originale du film Mascarades de Lyès Salem. Son dernier album Paris-Alger-Bouzeguène sorti en 2010 est une nouvelle fois dédié à la fusion berbéro-celtique. 
Cheikh Sidi Bémol est avec Gnawa Diffusion l'un des groupes les plus appréciés de la scène algérienne.

Ali Dilem. Né en 1967 à El-Harrach, dans la banlieue Est d'Alger, Ali Dilem est un dessinateur de presse algérien très connu pour ses piquantes caricatures qu'il publie chaque jour dans le journal Liberté et dans l'émission Kiosque sur TV5Monde. Après avoir participé aux émeutes d'octobre 1988, Ali Dilem débute sa carrière au journal Alger Républicain puis au sein du quotidien Le Matin à partir de 1991 et Liberté à partir de 1996. Menacé plusieurs fois de mort par des intégristes, Ali Dilem accumule également les procès pour diffamation. Son travail a été récompensé de nombreuses fois par des prix internationaux dont le Prix international du dessin de presse en 2000. En 2011, il sort son troisième album intitulé Algérie mon humour ! En février 2015, un mois après les attentats de Charlie Hebdo, il rejoint l'équipe du journal.

Jacques Derrida. Le philosophe français, qui bâtit son oeuvre autour de la méthode de la déconstruction, est né à El Biar en 1930 dans une famille juive installée depuis des générations en Algérie. Scolarisé à El Biar, il subit à partir de 1940 les lois du régime de Vichy interdisant aux juifs la scolarisation et les privant de leur citoyenneté française. Il intègre en 1947 la classe de philosophie du lycée Gautier et concrétise son orientation scolaire par des lectures marquantes de Bergson, Sartre et Heidegger. Il poursuit ses études en France à l'Ecole normale supérieure et revient effectuer son service militaire à Koléa près d'Alger pendant la guerre d'Algérie en tant qu'enseignant pour des enfants de troupe français et algériens. Il désapprouve la politique coloniale mais souhaite malgré tout une Algérie où pourraient cohabiter Algériens et Français. La " nostalgérie " est un de ses fameux mots-valises qu'il invente dans le cadre de la méthode d'analyse textuelle qu'il développe. Il meurt en 2004.

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