Le guide touristique ALGER du Petit Futé : Festivités

Festivités

La vie culturelle à Alger n'est plus aussi bouillonnante que dans les années 1980, mais la capitale rénove petit à petit ses salles de spectacles et cinémas, ouvre de nouvelles galeries d'art et recommence timidement à organiser des festivités. Toutefois, aucun événement d'envergure n'est inscrit solidement dans le paysage culturel algérois. La manifestation " Alger, capitale de la culture arabe " en 2007 a tenté d'amorcer une nouvelle dynamique culturelle dans la capitale. Plusieurs événements ont ainsi été organisés au cours de l'année et des lieux emblématiques comme Dar Mustapha Pacha ont été rénovés pour l'occasion. Malheureusement, la retombée de l'effervescence culturelle de l'année 2007 a été rapide.

Quarante ans après la première édition, l'Algérie a réédité en 2009 le Festival Panafricain mais la tentative de faire revivre un événement devenu mythique n'a pas eu l'effet escompté. Les festivités se résument donc à une poignée de manifestations qui tentent tant bien que mal de se pérenniser et à des événements d'envergure qui ne s'inscrivent pas dans une véritable politique culturelle. Voici un aperçu des quelques manifestations qui sont en passe de devenir d'importants rendez-vous.

Alger à l'heure du Ramadan

Si voyager pendant le Ramadan peut s'avérer difficile en raison du changement de rythme et d'habitudes occasionné par le jeûne, il peut être aussi une façon originale de découvrir une capitale vivant au rythme de la religion d'Etat, l'islam. Cependant il faut savoir à quoi s'en tenir pour ne pas revenir déçu d'un séjour qui peut être éprouvant. Si vous êtes hébergé dans une famille algéroise, il vous sera difficile d'éviter le jeûne qui est le pilier de l'islam le plus respecté par les fidèles. Si vous êtes logé à l'hôtel, sachez que les restaurants gastronomiques sont fermés pendant toute la durée du jeûne. Les gargotes et restaurants populaires ne rouvrent quant à elles qu'au coucher du soleil.

Les musées et sites ne sont pas systématiquement ouverts, les horaires de réception des administrations sont réduites. Pendant le Ramadan, les Algériens, s'ils n'ont pas pris leur congés, partent plus tardivement au travail et rentrent plus tôt. Les matinées sont donc très calmes, les après-midi sont rythmés par les achats de provisions et la préparation du dîner, la fin de l'après-midi s'étend jusqu'au tardif repas, le ftour, qui se partage en famille au coucher du soleil. Les soirées sont longues et durent pour certains jusqu'au s'hour, le dernier repas qui se prend au petit matin avant l'imsak, le début du jeûne.

Si vous avez l'occasion d'être invité dans une famille algéroise pour le ftour, vous aurez alors la chance de goûter au florilège de plats et spécialités du Ramadan. Les Algérois cassent parfois le jeûne avec un verre de lait accompagné de dattes. Le repas se poursuit avec la traditionnelle chorba, une délicieuse soupe de légumes et de blé concassé, les boureks farcis d'un mélange de viande hachée et de purée de pommes de terre et accompagnés d'une rondelle de citron, les salades, le ham lahlou, un mets raffiné composé de viande d'agneau et de fruits secs (abricots, pruneaux, raisins...), le m'touem, les boulettes en sauce parfumées à l'ail et au cumin, etc.

Les gazous (limonades) et jus ont bien sûr une place de choix sur la table pendant le Ramadan mais c'est surtout le cherbet qui est à l'honneur. C'est, dans sa version la plus naturelle et artisanale, une excellente citronnade accompagnée de feuilles de menthe et de glaçons mais il s'agit plus généralement d'une boisson au goût de citron très chimique vendue en sachets dans les garages et locaux transformés en épicerie de fortune. Le dessert est bien souvent composé de fruits et de l'indétrônable pâtisserie sucrée à souhait, le kalb ellouz qui signifie " coeur d'amande ". Si elle n'est pas dévorée à la maison, elle sera dégustée plus tard au café avec un thé à la menthe. Si l'attente des réjouissances est longue, le moment du repas est assez rapide. Les séries et feuilletons du Ramadan diffusés par la chaîne nationale sont très populaires et accompagnent le ftour dans de nombreux foyers. Après le repas, les Algérois réinvestissent les rues restées désertes à l'heure de la rupture du jeûne tant attendu. Les plus pratiquants retournent à la mosquée pour le tarawih, prière du soir pendant le Ramadan revenue à la mode ces dernières années. Les boutiques rouvrent jusque tard le soir, des concerts et des soirées chaâbi sont organisées çà et là, au Théâtre national algérien, à l'auditorium Laâdi Flici ou dans des cafés populaires de Bab El-Oued. Tous les cafés sont pris d'assaut par des Algériens en manque de caféine et de nicotine et avide de ce divertissement phare du Ramadan : le domino, qui se joue aussi dans tous les parcs de la ville. Dans les quartiers les plus populaires, les mahchacha sont des locaux ou garages transformés en cafés, en pâtisseries où sont vendues kalb ellouz, zlabiya, makrout et autres douceurs du Ramadan ou pour accueillir les fameuses parties de domino. Les familles investissent les terrasses du centre-ville pour déguster une glace ou le fameux créponné, ce sorbet au citron hérité des pieds-noirs.

La jeunesse dorée, très influencée par les cultures sahariennes, se rend quant à elle dans les khaïmate aménagées dans les quartiers chics de la capitale. A l'origine, le terme khaïma signifie tente berbère mais depuis quelques années le terme s'est élargi au concept, à l'ambiance, celle du sud algérien qu'on restitue dans les salons de thé, les restaurants, les grands hôtels (Hilton, Sheraton). Poufs, tables basses, tapis, tentures et musique touareg... le décor est planté mais l'atmosphère reste huppée.

Festival Panafricain 1969 - 2009

En juillet 1969, Alger, capitale d'un pays non-aligné et refuge des révolutionnaires comme Eldridge Clever (Black Panthers), célèbre la culture africaine en organisant le Festival Panafricain et réaffirme ainsi sa position au sein des pays tiers-mondistes. L'événement est alors d'envergure. Appelé également " Opéra du tiers-monde ", le Panafricain rassemble les leaders des grands mouvements de libération de pays africains encore colonisés par le Portugal (Amilcar Cabral, Agostinho Neto), les représentants des courants artistiques progressistes (Miriam Makeba, Mohamed Lamari, Sembène Ousmane, Nina Simone...) et les intellectuels (Check Anta Diop, Amadou Hampaté Bâ) de la diaspora africaine. Les improvisations free jazz d'Archie Shepp accompagné de musiciens algériens ou le défilé des danseuses ghanéennes seins nus devant une foule d'Algériennes voilées sont des moments mémorables immortalisés dans le fabuleux documentaire réalisé par William Klein, Festival Panafricain d'Alger (1969). La réedition en 2009 de ce festival devenu mythique et symbolique d'une époque n'aura pas réussi à raviver le rêve panafricain.

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