Le guide touristique ALGER du Petit Futé : Population et langues

Population et langues

Vieille femme algéroise.
Vieille femme algéroise.

Photographie de la population d'Alger. Le littoral algérien concentre plus de 80 % de la population. Avec ses 2 300 000 habitants dont 75 500 dans le centre, Alger est la ville la plus peuplée d'Algérie qui compte 39,5 millions d'habitants.

La population de la capitale, qui a toujours augmenté plus rapidement que celle du pays, a enregistré un accroissement d'environ 50% ces trente-cinq dernières années.

Celui-ci est dû à l'exode rural intense et à l'explosion démographique. Il est difficile de disposer de données exactes sur la composition de la ville mais Alger est aujourd'hui principalement peuplée d'arabes et de berbères dont la majorité sont les Kabyles qui représenteraient 50 à 70 % de la population d'Alger.

Évolution de la population. L'évolution de la population d'Alger est étroitement liée aux grands épisodes qui ont marqué son histoire. La ville a ainsi connu deux grands chocs socio-démographiques : en 1830 avec l'arrivée en masse des Européens et le départ des Turcs, en 1962 avec le départ de 300 000 Européens rendant vacants les quelques 100 000 logements de la ville que se sont réappropriés les Algériens.

Avant l'arrivée des Français, Alger était peuplée de Berbères et d'Arabes issus des diverses civilisations qui ont régné successivement sur la région, de Maures musulmans et Juifs chassés d'Espagne lors de la Reconquista, de Turcs représentés par les dignitaires, les janissaires (soldats de la milice du sultan ottoman), les renégats (esclaves chrétiens convertis) et les kouloughlis issus de mariages mixtes entre Turcs et femmes du pays.

La population d'Alger était estimée à 20 000 habitants en 1450, 60 000 en 1580, 150 000 en 1610 et 100 000 en 1750. A l'arrivée des Français en 1830, le siège de la régence ne compte plus que 30 000 habitants cantonnés dans la Casbah. En 1866, la population de la ville se compose de 50 000 Européens et 13 000 musulmans. Le Second Empire encourage le développement de la ville, l'immigration européenne s'intensifie avec l'avènement de la IIIe République. Au tout début du XXe siècle, Alger compte 170 000 habitants, dont 130 000 européens et 40 000 musulmans. La période de l'entre-deux-guerres est marquée par l'arrivée en masse de Kabyles qui s'installent majoritairement dans la Casbah.

A la fin des années 1920, on dénombre à Alger 260 000 habitants. Les populations européenne et musulmane vivent dans des espaces distincts, toutefois dans certains quartiers populaires comme Bab El-Oued, le Hamma ou Belcourt se développent une certaine mixité.

A la fin des années 1940, la ville compte 480 000 habitants, la population européenne étant quasiment équivalente à la population musulmane. Les bidonvilles commencent à faire leur apparition à la périphérie de la ville où la population musulmane, qui est dans les années 50 plus importante que la population européenne, est repoussée. Pour faire face à l'explosion démographique et au problème des bidonvilles, des cités sont construites dans le cadre de la politique entreprise par le maire Jacques Chevallier.

A l'indépendance, la ville se vide de sa population européenne et accueille rapidement 500 000 Algériens. La Casbah était encore peuplée de 90 000 habitants en 1966. Elle fut et restera pendant longtemps un refuge pour les populations venant de la campagne. Face à l'exode rural et la croissance naturelle, l'ancienne ville coloniale et la vieille ville ne suffisent plus. Les quartiers périphériques se développent alors rapidement et anarchiquement.

Langues. La langue parlée à Alger est l'héritage du brassage ethnique qui a façonné la ville. Les Algérois parlent l'arabe algérien appelé le dardja. C'est un idiome arabe établi sur un substrat berbère, empruntant de nombreuses locutions à la langue française et quelque peu influencé par les langues espagnole et turque. L'Algérois est particulièrement imprégné du kabyle. La politique d'arabisation au lendemain de l'indépendance a encouragé l'institution de l'arabe classique ou littéral en tant que langue officielle. Étrangère à beaucoup d'Algériens, elle est maîtrisée et pratiquée par peu d'entre eux hors administrations et institutions officielles. Le français que Kateb Yacine qualifiait de " butin de guerre " est une langue très pratiquée à Alger ainsi que dans les autres régions du nord du pays, en particulier.

A Bab El-Oued, l'héritage colonial a laissé des traces dans le dialecte local et on entend encore çà et là, quelques mots d'espagnol, d'italien et de pataouète, ce savoureux dialecte né du mélange de langues méditerranéennes.

Depuis le vote de la nouvelle Constitution algérienne en 2016, la langue berbère est désormais reconnue comme deuxième langue officielle en plus de l'arabe.

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