Le guide touristique ALGER du Petit Futé : Politique et économie

Politique et économie

PolitiqueHaut de page
Structure étatiqueHaut de page

Le 25 septembre 1962 est proclamée la République démocratique et populaire d'Algérie. Le système politique était dirigé par un parti unique jusqu'à la révision de la Constitution, le 28 février 1989, instaurant le multipartisme et la liberté d'expression. Le régime est depuis républicain pluraliste.

Le chef de l'Etat possède un rôle central, la Constitution lui attribuant les fonctions de chef de l'exécutif, chef suprême des forces armées et ministre de la Défense.
Elu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, le président de la République (Abdelaziz Bouteflika depuis le 1999) est également le chef du Conseil des ministres et du Haut Conseil de sécurité et mène la politique extérieure du pays. Il nomme le Premier ministre (Abdelmalek Sellal depuis 2014), les membres du gouvernement sur proposition du Premier ministre (chef du gouvernement), le président du Conseil d'Etat, le Secrétaire général du gouvernement, le gouverneur de la Banque d'Algérie, les magistrats, les responsables des organes de sécurité ainsi que les Walis (préfets).
La Constitution de 1996 a mis en place un Parlement bicaméral se composant de l'APN (Assemblée populaire nationale) et du Conseil de la Nation. La chambre basse, l'APN, comprend 389 membres élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans et la chambre haute, le Conseil de la Nation, se compose de 144 membres désignés pour le 1/3 par le président de la République. Les 48 wilayas (préfectures) qui composent le pays sont dotées d'une Assemblée populaire de wilaya, dont les membres sont élus au suffrage universel.

La nouvelle constitution votée le 7 février 2016 limite le nombre de mandats présidentiels à deux, une disposition qu'avait modifiée Bouteflika en 2008 afin de pouvoir briguer un troisième puis un quatrième mandat. Il pourra cependant briguer la présidence une cinquième fois s'il le souhaite en 2019, malgré son état de santé...

Lors de la révision de la Constitution instaurant le multipartisme en 1989, une multitude de partis politiques a vu le jour. Aujourd'hui, une quarantaine de partis campent la scène politique algérienne mais le FLN, Front de libération nationale, créé à l'aube de l'insurrection algérienne en 1954, est depuis l'indépendance le parti au pouvoir. Le manque de transparence, la corruption, la monopolisation de la campagne par le FLN, la malhonnêteté lors des élections ne permettent pas un véritable jeu d'opposition dans un pays où la démocratie n'est qu'une façade. Soutenu par l' " alliance présidentielle ", une coalition parlementaire réunissant le FLN, le RND, Rassemblement national démocratique, et le MSP (ex-Hamas), Mouvement de la société pour la paix, Bouteflika appelle quelques petits partis à faire campagne afin de légitimer son élection en 2009. La véritable opposition, étouffée, boycotte le scrutin. Le pouvoir algérien reste sous contrôle des militaires qui ont défendu la démocratie face aux islamistes dans les années 1990.

Le FLN (Front de libération nationale), créé le 10 octobre 1954, par le " groupe des six ", est un parti politique socialiste. C'est le parti au pouvoir depuis l'indépendance du pays.

Le RND (Rassemblement national démocratique) est un des partis de la coalition. Il est dirigé par Ahmed Ouyahia, ancien Premier ministre.

Le MSP (Mouvement de la société pour la paix), ex-Hamas, est un parti islamiste modéré. Il fait parti de la coalition parlementaire.

Le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) est un parti social-démocrate défendant principalement la langue et la culture berbères.

Le FFS (Front des forces socialistes) est un parti socialiste créé en 1963 par Hocine Aït Ahmed, l'un des principaux acteurs de la révolution algérienne. Le parti est membre de l'Internationale socialiste.

Le PT (Parti des travailleurs) est un parti ouvrier. Il est dirigé par Louisa Hanoune, première femme dans le monde arabe à se présenter à des élections présidentielles. Elle est réélue à la tête de son parti sans suprise en mars 2016.

Le FNA (Front national algérien), dirigé par Moussa Touati, est un parti nationaliste conservateur.

Le MRN (Mouvement pour la réforme nationale) est un parti islamiste.

Ennahda ou MRI (Mouvement de la renaissance islamique) est un autre parti islamiste modéré.

AHD54 est un parti nationaliste.

Enjeux actuelsHaut de page

Une nouvelle Constitution votée en 2016. Le Parlement algérien a adopté une nouvelle Constitution le 7 février 2016 (499 voix, 2 contre, 16 abstentions). Cette réforme avait été initiée par le Président Bouteflika en 2011. Elle réduit le nombre de mandats présidentiels à deux, interdit aux Algériens qui ont une autre nationalité d'accéder à des hauts postes de la fonction publique ce qui en fait des " citoyens de seconde zone " d'après l'opposition et déplaît aux binationaux, enfin la langue berbère devient une langue officielle au même titre que l'arabe. Cependant, pour une grande partie de la population algérienne et pour l'opposition, cette Constitution ne résout rien car elle ne s'attaque pas aux problèmes de fond de l'Algérie.

Lutte contre la paupérisation dans un contexte de crise Face à la paupérisation constante se traduisant par un niveau de vie médiocre, un taux de chômage élevé, la pénurie des logements et l'insalubrité de l'habitat, les Algériens se sont révoltés en 2011 mais la situation ne s'est guère améliorée depuis, malgré la promesse de nombreuses réformes. Le gouvernement tarde à améliorer la qualité de vie dans les zones rurales et à lutter efficacement contre l'exclusion sociale.

La situation tend même à s'aggraver avec l'augmentation du prix des produits de consommation courante, notamment de la nourriture, suite à la baisse du prix du pétrole en 2015/2016 qui affecte toute l'économie algérienne.

Lutte contre l'économie informelle. Il s'agira pour l'Algérie d'enrayer le trabendo, c'est-à-dire l'économie informelle, même si celle-ci représente environ 50% de l'économie globale et qu'elle est une soupape de sécurité à l'économie algérienne. Dans la perspective d'une adhésion à l'OMC, le pays est contraint de lutter contre le commerce informel, la fuite des capitaux, le travail au noir et la contrefaçon même si cette économie parallèle est génératrice d'emplois - elle concernerait environ un million de personnes - et qu'elle participe à court terme à augmenter le niveau de vie des Algériens.

Jeunesse. Dans un pays où 55% des Algériens ont moins de 29 ans, la jeunesse est un réel enjeu, d'autant que celle-ci s'exprime davantage et a montré sa capacité à se mobiliser lors des émeutes et des manifestations sociales de janvier 2011 dans le contexte du " Printemps arabe ". Si une petite frange de la jeunesse algérienne vit très aisément, accède aux grandes écoles et à des postes de cadres supérieurs, 29,9 % des 16-24 ans sont touchés par le chômage tandis que 14% de la population algérienne est analphabète.

Alors que 40 % des diplômés de l'université sont chômeurs, le manque de perspectives, la précarité et l'instabilité du marché de l'emploi poussent de nombreux jeunes à gagner l'Europe pour un avenir meilleur. Les politiques devront prendre les mesures nécessaires pour retenir ses jeunes.

Lutte antiterroriste. Si un important dispositif garantit la sécurité de la capitale, les actes terroristes contre les forces de l'ordre se poursuivent dans le pays et notamment en Kabylie. Le gouvernement continue activement sa lutte contre le terrorisme et le condamne fermement sur le plan international.

ÉconomieHaut de page

Avant 1962, l'économie du pays était dominée par l'agriculture mais avec le pétrole, découvert dans le Sahara en 1956, l'Etat naissant comptait sur des revenus qui ne pouvaient que s'accroître en ces temps d'euphorie économique et lança une série de plans de développement industriel. L'Algérie était alors le pays le plus développé d'Afrique au début des années 1970. L'économie planifiée mise en place à l'indépendance du pays s'articule autour de la nationalisation des secteurs clé de l'économie : hydrocarbures, mines, banques.

Alors que l'Algérie dépendait presque exclusivement de la production pétrolière, la chute du prix du pétrole en 1986 plonge le pays dans un marasme économique. En 1994, l'accord pour le rééchelonnement de la dette extérieure aboutit à un programme d'ajustement structurel négocié avec le FMI et à terme à la libéralisation de l'économie. Avec le passage à l'économie de marché apparaît bientôt le commerce informel.

Avec l'effondrement du prix du baril du pétrole en 2015, la situation économique actuelle du pays qui était largement tributaire de la manne pétrolière est fragilisée et le déficit du budget de l'Etat s'élève à 12 % du PIB en 2016... Une situation plus qu'inquiétante qui fait dire à certains spécialistes que l'économie algérienne est aujourd'hui en " état d'urgence ".

Principales ressourcesHaut de page

Les hydrocarbures. Dans le nord du pays, les ressources naturelles, exploitées, incluent le plomb, le zinc, le cuivre et le mercure. Si la production des mines de fer au sud d'Annaba a baissé, les réserves évaluées à 3 milliards de tonnes au sud-ouest, difficiles d'accès, promettent pourtant à l'Algérie une bonne place au classement des pays producteurs. On sait également qu'il y a du manganèse, du platine, des diamants et de l'uranium dans le Hoggar, et les gisements d'or, d'étain, de tungstène et d'uranium découverts au Sahara commencent à être exploités. Les ressources en hydrocarbures de cette même région sont la principale richesse de l'Algérie. Depuis la découverte, en 1956, de pétrole à Hassi Messaoud, à une centaine de kilomètres au sud-est d'Ouargla, l'importance de l'exploitation d'hydrocarbures a considérablement augmenté dans l'économie algérienne jusqu'à représenter 97 % des recettes d'exportation, 35 % du produit intérieur brut et 60 % des recettes budgétaires.

Mais avec l'effondrement du prix du baril du pétrole en 2015, l'équilibre budgétaire de l'Algérie est menacé... L'Algérie a dû puiser dans ses réserves de change qui sont de 145 milliards à la fin 2015, soit 45 milliards de moins qu'en 2014 ! Les bases pétrolières algériennes doivent donc désormais s'adapter de toute urgence pour rester compétitives face au pétrole bon marché... Cette baisse du prix du pétrole est due à l'Arabie Saoudite qui a fait chuter le prix du baril de pétrole de 75 % en 18 mois entre 2015 et 2016 afin de concurrencer les hydrocarbures américains en plein développement mais coûteux à produire et freiner les Iraniens qui sont de retour dans le business pétrolier... Une stratégie qui ne nuit pas à l'Arabie Saoudite qui dispose de 650 milliards de réserves (de quoi tenir donc) mais qui porte préjudice à la plupart des pays qui se sont acheté la paix sociale grâce au pétrole, comme le Venezuela, l'Angola, le Nigéria et bien entendu l'Algérie.

L'agriculture. Bien que l'agriculture, reine de l'économie pendant la période française, ne suffise plus à couvrir les besoins du pays, elle a de plus en plus d'importance. Elle s'élève à 35 milliards de dollars en 2014, permettant de couvrir les besoins en Algérie à hauteur de plus de 70 %.

A l'heure actuelle, le secteur agricole constitue donc désormais un levier majeur de l'économie, un potentiel secteur qui peut venir à la rescousse du pays en ces temps de crise du pétrole. Ensemble, les activités agricoles et agro-industrielles contribuent en effet au PIB de l'Algérie à hauteur de près de 10 % et, en 2014, l'agriculture a généré 2,4 millions d'emplois ce qui constituait un cinquième de la population active.

La nouvelle politique agricole, lancée en 2008, a largement aidé au développement de l'agriculture ces dernières années, avec pour conséquence une croissance annuelle de la production de 8,3 % entre 2010 et 2014, alors qu'elle n'était que de 6 % entre 2000 et 2008. Parmi les mesures clés : des tarifs préférentiels pour les emprunts d'agriculteurs producteurs et le développement des activités agricoles dans des régions peu exploitées comme les Hauts-Plateaux et le Sud notamment à travers de grands projets d'irrigation. Le gouvernement veut en effet que d'ici 2019, la surface des terres irrigables de ces régions passe de 1 136 000 hectares actuellement à plus de 2 millions d'hectares.

Industrie. L'Algérie est surtout dotée d'industries lourdes (aciérie, sidérurgie, industrie métallurgique et mécanique, raffinerie, pétrochimie, fabrique de matériaux de construction, textile, agroalimentaire, cimenterie, etc.). La part du secteur industriel dans le PIB algérien reste cependant inférieure à 5% à cause notamment d'une baisse d'activité dans les secteurs des ISMME (Industries sidérurgiques, métalliques, mécaniques et électriques)

Commerce. De 2000 à 2015, les transactions commerciales sans factures d'un montant global de 206,5 milliards de dinars, soit deux milliards d'euros ont été découvertes par le ministère du Commerce. Le secteur du commerce est donc aujourd'hui miné par la fraude en Algérie et plus d'un Algérien sur deux vit aujourd'hui de cette économie parallèle. Mais dans un pays où le taux de chômage avoisine les 10 % et où les prix des biens de consommation courante augmentent avec la baisse du prix du baril de pétrole, cette économie parallèle est souvent vue comme un mal nécessaire par la population et, malgré les mesures du gouvernement destinées à l'endiguer, la fraude semble encore avoir de beaux jours devant elle en Algérie...

Place du tourismeHaut de page

Contrairement au Maroc et à la Tunisie qui ont fait de leur tourisme une véritable industrie, l'Algérie indépendante n'a jamais véritablement développé le secteur. Dans les années 1980, l'Algérie, consciente de son potentiel, s'est dotée d'hôtels de qualité (Pouillon) notamment sur la côte et dans le sud du pays et a encouragé le développement des services (agences touristiques, guides) pour l'accueil de touristes étrangers. L'élan a été freiné par la gestion socialiste, le rejet des valeurs occidentales, l'importance du marché des hydrocarbures et le besoin de trouver sa propre voie économique puis plus tard par l'insécurité générée par la menace islamiste.

Depuis le début des années 2000, l'espoir de voir revenir les touristes renaît. Si on n'ose pas totalement y croire, les hôtels sont pourtant rafraîchis, les établissement étatiques, pendant longtemps délaissés, sont en cours de rénovation, des hôtels privés de qualité ouvrent de plus en plus à Alger mais aussi dans les environs. Le tourisme saharien demeure le fer de lance du secteur même si la promotion des agences algériennes à l'étranger reste encore difficile et les acteurs du tourisme réceptif souffrent de la situation sécuritaire au Sahel.

Depuis quelques années, le tourisme " pied-noir " fait son apparition dans le nord du pays principalement (Alger, Oran, Constantine...). Malgré cette timide reprise, le tourisme n'occupe encore qu'une médiocre place dans les revenus nationaux et sa contribution dépend surtout des Algériens vivant en France revenant au pays pendant la période estivale.

Cependant, avec la perte de revenus due à la baisse du prix du pétrole, l'Algérie pourrait bien décider de développer le secteur du tourisme véritablement. Mais en 2016, ce n'est pas vraiment encore à l'ordre du jour malgré une économie clairement affaiblie. Affaire à suivre...

Enjeux actuelsHaut de page

Avec la baisse soudaine du prix du pétrole, l'économie algérienne, qui dépendait jusque-là d'une manne pétrolière qui semblait intarissable, est réellement en danger. Certains experts craignent même que le pays finisse par faire faillite. Sans être alarmiste, nous avons pu constater lors de notre voyage en Algérie que les prix avaient augmenté et que la population était inquiète. Si les Algériens sont loin d'avoir envie de faire une révolution, la population étant encore largement traumatisés par le terrorisme de la décennie noire, ils sont de plus en plus mécontents et on peut craindre une véritable grogne sociale dans les mois ou l'année à venir si la situation économique ne s'améliore pas...

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