Le guide touristique ALGER du Petit Futé : Histoire

Histoire

AntiquitéHaut de page

Une pièce de monnaie comportant l'inscription " Ikosim " découverte en 1940 dans le quartier de la Marine soutient l'idée qu'une ville aurait existé au VIIe siècle av. J.-C. sur le site d'Alger entre l'Amirauté et Bab El-Oued. Si les informations concernant cette période sont pauvres, on sait qu'un comptoir phénicien appelé Eikoci ou Ikosim aurait ainsi été fondé par vingt (eikoci en grec) compagnons d'Hercule. En grec, Ikosim pourrait signifier " île aux mouettes ".
En 250 av. J.-C., les premiers royaumes berbères ou numides se forment. Les Masaesyles règnent sur l'ouest et le centre du pays tandis que les Massyles occupent la partie orientale jusqu'à ce que leur chef Massinissa, allié aux Romains lors des deuxième et troisième guerres puniques, n'étende le territoire jusqu'au centre en -201. La ville d'Ikosim passe alors sous influence romaine, mais Iol, l'actuelle Cherchell, est plus importante et Cirta (Constantine) en est la capitale. Massinissa meurt en -148, peu avant la chute de Carthage et son petit-fils Jugurtha souhaite un destin hors de Rome pour les royaumes numides. S'il est victorieux en -109 sur l'armée romaine, il sera livré en -105 à Rome par le roi de la Maurétanie, Bocchus II. Les colonies romaines s'établissent sur la côte sous l'impulsion de Jules César qui entreprend la conquête de l'Afrique du Nord dès 46 avant notre ère. Le prince numide Juba Ier est déchu, son royaume devient alors la province d'Africa Nova. Le fils de Juba Ier, Juba II, élevé à Rome, se voit attribuer un royaume bicéphale, dont les capitales sont Volubilis au Maroc et Caesaera (Cherchell) en Algérie. Il dirigera le nouveau royaume de Maurétanie pendant 50 ans. Ikosim devient un municipe romain et prend le nom d'Icosium, que l'on connaît mieux et dont les vestiges mis au jour marquent les limites entre l'actuel lycée Emir-Abdelkader, le square Port-Saïd, la mosquée Ketchaoua et le quartier de la Marine. La conquête de Rome sur l'Afrique s'accélère avec l'assassinat de Ptolémée, fils de Juba II par l'empereur Caligula en 40 et la scission du royaume maurétanien en Maurétanie tingitane à l'ouest et la Maurétanie césarienne au centre, dont la capitale demeure Caesaera. Longtemps restée un petit port, Icosium commence à se développer quand elle est intégrée à l'Empire romain, en 146 ap. J.-C.
Le christianisme se développe dès 180 mais ce n'est que vers le IVe siècle qu'il s'introduit à Icosium. Entre le IIe et le Ve siècles, de nombreuses révoltes religieuses et sociales secouent la région. Afin de mieux contrôler les provinces africaines, celles-ci sont divisées en 300 par l'empereur Dioclétien. La Maurétanie sitifienne est créée et l'Afrique proconsulaire divisée en trois provinces. Sous Dioclétien, les chrétiens sont persécutés.
En 372, Firmus, prince berbère, se révolte contre l'occupation romaine, incapable de stopper les troubles, et s'empare de Caesarea et Icosium avant de sombrer dans le bouleversement de l'envahissement vandale de l'Afrique du Nord à partir de 429. Icosium subit l'invasion des Vandales, dirigés par le roi Genséric, de 476 à 534. Les Byzantins reprennent le contrôle de Rusgunia, Tipasa et Caesarea. Icosium, qui échappe aux Byzantins, va rapidement être occupée par une tribu berbère zénète, les Maghraouas, avant que n'arrivent les premiers Arabes et leur nouvelle religion.

Chronologie

VIIe siècle av. J.-C. > Fondation d'un comptoir phénicien appelé Ikosim.

-250 > Création des premiers royaumes berbères.

-201 > Conquête de l'Algérie par Massinissa (allié aux Romains).

-46 > Conquête romaine de l'Afrique du Nord, premières colonies romaines.

40 > Règne de Juba II. Annexion de la ville à l'Empire romain. La ville est rebaptisée Icosium.

180 > Début de la christianisation.

430 > Les Vandales s'établissent dans toute l'Afrique du Nord et détruisent entièrement la ville au cours du Ve siècle.

476 > Chute de Rome.

533 > Début de l'invasion byzantine.

640 > Début de la conquête musulmane et de l'islamisation.

VIIIe siècle > Alger appartient aux tribus berbères Zénètes puis Fatimides avant d'être sous le règne des Zirides.

960 > Fondation de la ville El-Djazaïr Beni Mezghana par Bologhine Ibn Ziri, sur le site d'Icosium.

972 > Dynastie ziride fondée par Bologhine.

1097 > Construction de la Grande Mosquée d'Alger (Djamaâ El-Kebir).

1069-1229 > Dynastie Almoravide et Almohade.

1229-1516 > Dynastie Hafside.

1383-1470 > Vie et mort de Sidi Abderrahmane, saint patron d'Alger.

1492 > Reconquête de Grenade par les rois catholiques. Arrivée de nombreux juifs et musulmans andalous à Alger.

1510 > Construction du Peñon (forteresse) d'Alger par les Espagnols.

1515 > Baba Aroudj, appelé à la rescousse contre l'invasion espagnole, s'autoproclame roi d'El- Djazaïr.

1516 > Construction de la citadelle.

1518 > Menacé par les Espagnols, Alger se place sous la protection ottomane.

1529 > Le frère de Baba Aroudj, Kheir-Eddine, dit " Barberousse ", s'empare du Peñon d'Alger et construit la première jetée du port en reliant les îlots à la ville. Début de la Régence d'Alger.

1541 > Echec de l'expédition de Charles Quint contre Alger.

1546 > Mort de Kheir-Eddine, Hassan Pacha devient beylerbey (" émir des émirs "). Construction du palais de la Djenina et du Bordj Moulay-Hassan (Fort l'Empereur).

1563 > Les villes de Cherchell, Blida, Koléa et Dellys forment " Le domaine du Sultan " Dar Essoltan, géré par le pacha.

1575-1580 > Captivité de l'écrivain espagnol Miguel de Cervantès par les corsaires.

1580 > La peste cause la mort de milliers de personnes à Alger.

1587 à 1659 > Les Pacha dirigent la Régence d'Alger.

1659 à 1671 > Les aghas (chefs de la milice) remplacent les pachas.

1671 > Les aghas sont remplacés par les deys.

1751 > Tremblement de terre, chute de la population de 100 000 à 30 000 habitants.

1798 > Mustapha Pacha devient dey d'Alger.

1813 > Mort de Raïs Hamidou, célèbre chef de la Marine algérienne.

1817 > La citadelle devient le siège de la Régence.

1827 > Affaire du coup d'éventail entre le dey Hussein et le consul de France, Pierre Duval.

1827-1830 > Blocus français d'Alger.

1829 > Charles X décide l'expédition d'Alger.

14 juin 1830 > Débarquement des troupes françaises à Sidi-Fredj sous le commandement du général de Bourmont. Prise d'Alger.

5 juillet 1830 > Capitulation du dey Hussein, conquête française de l'Algérie.

1832 > Installation des premiers colons dans la Mitidja et début de la lutte de l'émir Abdelkader contre les Français.

1847 > Capitulation de l'émir Abdelkader, fin de la conquête de l'Algérie.

1848 > L'Algérie fait partie du territoire français. Alger devient capitale de la nouvelle colonie et préfecture du département du même nom.

1865 > Inauguration du boulevard de l'Impératrice par Napoléon III.

1872 > Consécration de la basilique Notre-Dame d'Afrique.

1912 > Création à Alger de l'Association des étudiants musulmans d'Afrique du Nord, animée par Ferhat Abbas et revendiquant l'égalité civique entre la communauté musulmane et les occupants français.

1926 > Création de l'Etoile nord-africaine à Paris, dirigée par Messali Hadj.

1930 > Célébrations à Alger du centenaire de la conquête de l'Algérie.

5 mai 1931 > Création de l'Association des oulémas musulmans algériens.

8 novembre 1942 > Opération Torch : débarquement des troupes américaines à Sidi-Fredj.

4 juin 1943 > Constitution du CFLN (Comité français de libération nationale) coprésidé par de Gaulle et Giraud. Alger devient la capitale de la France libre et siège du commandement allié.

3 juin 1944 > Le GPRF (Groupement provisoire de la République française) remplace le CFLN.

1er mai 1945 > Manifestation du PPA (Parti du peuple algérien) réunissant 20 000 personnes rue d'Isly à Alger. Répressions (tortures, arrestations : 11 morts).

8 mai 1945 > Victoire des Alliés. Massacres de Sétif et de Guelma.

Février 1947 > Le PPA devient le MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques).

23 juin 1954 > " Réunion des 22 " à El-Madania (Alger) pour la création du FLN (Front de libération nationale).

1er novembre 1954 > Déclenchement de l'insurrection par le FLN.

19 mai 1956 > Grève des étudiants et des lycéens à Alger. Alger entre en guerre.

19 juin 1956 > L'assassinat de Ahmed Zabana à la prison Barberousse est la 1re exécution capitale depuis le début de la guerre.

Fin 1956 > Formation de la Zone autonome d'Alger dirigée par Abane Ramdane puis Yacef Saadi.

7 janvier 1957 > Début de la " bataille d'Alger ". Le général Massu reçoit les pleins pouvoirs de police sur le Grand Alger pour enrayer l'insurrection indépendantiste. Tortures, disparitions, assassinats de militants algériens.

Septembre 1957 > Fin de la " bataille d'Alger " et démantèlement du FLN dans la capitale.

4 juin 1958 > Discours du général de Gaulle (" Je vous ai compris ! ") sur le forum d'Alger après qu'il ait reçu les pleins pouvoirs.

19 septembre 1958 > Proclamation du GPRA (Groupement provisoire de la République algérienne).

16 septembre 1959 > De Gaulle annonce sa politique d'autodétermination pour les Algériens.

Janvier 1960 > Insurrection des pieds-noirs (" Semaine des barricades ").

11 février 1961 > Création de l'OAS (Organisation de l'armée secrète).

22 avril 1961 > Echec du putsch des généraux (Salan, Challe, Zeller et Jouhaud) contre de Gaulle.

Mars 1962 > Signature des accords d'Evian sur l'autodétermination.

26 mars 1962 > Fusillade de la rue d'Isly : affrontements entre l'OAS et l'armée française.

Avril-mai 1962 > Multiplication des actions terroristes de l'OAS.

Mai-juin 1962 > Départ massif de la population européenne.

1er juillet 1962 > Les Algériens votent massivement pour l'indépendance du pays.

5 juillet 1962 > Alger devient la capitale de l'Algérie indépendante.

25 septembre 1962 > Proclamation de la République algérienne démocratique et populaire.

10 septembre 1963 > Election de Ben Bella à la Présidence de la République.

19 juin 1965 > Coup d'Etat dirigé par Houari Boumédiène, qui devient chef du gouvernement et président du nouveau Conseil de la révolution.

Eté 1969 > Organisation du festival panafricain.

Septembre 1973 > Conférence à Alger des pays non-alignés.

7 février 1979 > Election de Chadli à la Présidence.

Avril 1980 > Manifestations du " Printemps berbère " en Kabylie.

1984 > Construction du Maqam Echahid.

Octobre 1988 > Le Printemps d'Alger : manifestations sévèrement réprimées pour l'établissement d'une véritable démocratie.

Février 1989 > Adoption de la Nouvelle Constitution, institution du multipartisme.

12 juin 1990 > Les élections locales des APC sont remportées par le FIS.

1991 > Annulation des élections législatives.

Mars 1992 > Dissolution du FIS par le tribunal administratif d'Alger.

1992 > La Casbah est inscrite sur la liste du patrimoine de l'humanité par l'Unesco.

Mars 1993 > Début de la Décennie noire et de la vague de massacres et attentats terroristes.

1997 > Création du gouvernorat d'Alger.

15 avril 1999 > Accession d'Abdelaziz Bouteflika à la Présidence.

Juillet 1999 > Sommet de l'organisation de l'Unité africaine à Alger.

2000 > Fin du gouvernorat d'Alger qui redevient une wilaya.

2001 > Inondations catastrophiques dans le quartier populaire de Bab El-Oued.

2003 > Séisme à Boumerdès causant la mort de milliers de personnes. Année de l'Algérie en France " Djazaïr 2003 ".

2004 > Réélection de Bouteflika.

Mars 2005 > Sommet de la Ligue arabe à Alger.

2007 > Alger est la capitale culturelle du monde arabe.

11 avril 2007 > Double attentat à la bombe visant le palais du gouvernement et le commissariat de Bab-Ezzouar revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique.

11 décembre 2007 > Double attentat-suicide visant le Conseil constitutionnel et la Cour suprême à Ben-Aknoun puis les immeubles du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) à Hydra.

Eté 2008 > Nouvelle vague d'attentats. Le plus meurtrier, perpétré dans la région est d'Alger, fait 48 victimes.

12 novembre 2008 > La révision de la Constitution met fin à la limitation des mandats présidentiels successifs.

13 avril 2009 > Bouteflika est réélu.

Janvier 2011 > Emeutes sociales dans le contexte des révolutions arabes.

Mai 2011 > Mise en service du tramway d'Alger.

1er novembre 2011 > Mise en service de la première ligne de métro d'Alger.

2014 > Réelection de Bouteflika.

7 février 2016 > Le Parlement adopte une nouvelle Constitution.

Dominations musulmanesHaut de page

L'Islam pénètre l'Afrique du Nord dès 640 non sans difficultés puisqu'il se heurte en Algérie à la résistance des tribus berbères menées par Koceila en 683, la Kahena en 698.
Icosium demeure à l'écart des premiers royaumes musulmans qui se forment en Algérie à partir de 750, dans les régions de Tlemcen, Tiaret et Constantine. Ce n'est qu'au Xe siècle que la ville prend de l'importance lorsque le prince ziride Bologhine Ibn Ziri de la tribu des Sanhadja se voit confier la tâche du gouvernement du Maghreb par le calife fatimide. Il fonde alors sur le site de l'antique Icosium, doté d'un bon mouillage naturel, une ville qu'il nomme El-Djazaïr Beni Mezghana (" les îles de Beni Mezghana ") en référence aux quatre îlots qui faisaient face au rivage et qui protégeaient la baie. Pendant les siècles suivants, El-Djazaïr est dominé tour à tour par les vainqueurs des luttes pour le contrôle du Maghreb et de la Méditerranée. Au début du XIe siècle, le royaume Hammadite s'étend jusqu'à El-Djazaïr. Quelques années plus tard, en 1082, la ville est prise par les Almoravides, à l'origine de l'édification de Djamaa El-Kebir (la grande mosquée). Au milieu du XIIe siècle, les Almohades, qui prennent le contrôle du Maghreb, s'emparent de la ville jusqu'à ce qu'elle repasse sous la bannière Almoravide en 1184. Par la suite, c'est le souverain hafside Abou Zakarya qui en prend le pouvoir en 1235 jusqu'à l'arrivée des Mérinides au XIVe siècle. Avant de retourner une nouvelle fois à la dynastie hafside au début du XVe siècle, la ville est un temps sous la protection de la tribu des Thaâlibia et du saint patron Sidi Abderrahmane Ethaâlibi.

Régence d'AlgerHaut de page

La reconquête de Grenade par les rois catholiques provoque l'arrivée d'un grand nombre d'immigrés andalous, musulmans et juifs à Alger. Alors que Bejaia est pris par Pedro Navarro en 1509, Alger abandonne en 1511 un de ses îlots aux Espagnols qui y bâtissent la forteresse du Peñon destinée à bombarder la ville et empêcher son approvisionnement. Confrontée à la persistance de la croisade chrétienne et aux expéditions espagnoles qui s'intensifient avec l'arrivée de Charles Quint au pouvoir en 1516, Alger fait appel à Aroudj Barberousse, célèbre corsaire, qui s'est déjà distingué par sa puissance maritime en Tunisie. Après s'être emparé de Jijel et Cherchell, Aroudj arrive à Alger, se proclame roi d'El-Djazaïr et construit la Citadelle mais il ne parvient pas à s'emparer du Peñon. Il meurt en 1518 et c'est son frère Kheir Ed-Dine qui lui succède. Face à la menace espagnole, il se place sous la protection du sultan d'Istanbul qui lui octroie le titre de beylerbey (" émir des émirs ") d'Afrique et lui envoie une milice de 6 000 janissaires. Après plusieurs tentatives de débarquements espagnols déjouées, Kheir Ed-Dine parvient à détruire le Peñon en 1529 et relie les îlots à la ville par une jetée. C'est le début de la Régence d'Alger, pendant laquelle Alger occupera une place centrale en Afrique du Nord. Les corsaires régneront sur tout le bassin Méditerranéen occidental pendant trois siècles, et le commerce y sera uniquement régit par la piraterie maritime. L'échec des diverses expéditions européennes punitives menées contre Alger et surtout le fiasco du débarquement tenté par Charles Quint en 1541 assoient jusqu'en 1830 le caractère d'invincibilité de la ville.
La ville, alors appelée Casbah, s'agrandit et la population croît avec l'arrivée de nombreux émigrés andalous. Hassan Pacha devient beylerbey à la mort de son père Kheir Ed-Dine en 1546 avant d'être remplacé par Salah Raïs en 1552, qui bâtit le palais de la Djenina dans la partie basse de la ville. Il sera le siège du gouvernement et de l'administration ottomans jusqu'en 1817.
En 1557, Hassan Pacha est renommé beylerbey afin d'enrayer les luttes incessantes de pouvoir entre les janissaires et les raïs. La Régence sera administrée par les beylerbeys jusqu'en 1587 puis par les pachas jusqu'en 1659 et les aghas, chefs de la milice du sultan ottoman, jusqu'en 1671. La séparation entre la Régence et Istanbul s'intensifie. En 1671, les raïs reprennent le pouvoir et désignent le premier dey, Hadj Mohamed Terki. Jusqu'en 1830, les deys puis les deys-pachas se succéderont.
Pendant la Régence, la ville haute se couvre de maisons et de mosquées desservies par d'étroites ruelles, tandis que la partie basse se dote de nombreux palais et luxueuses demeures financés par la " course ". Un violent tremblement de terre détruit Alger en 1716. Face à la piraterie maritime menaçant l'équilibre de l'Europe, les expéditions punitives et tentatives de prise danoises (1770), espagnoles (O'Reilly en 1774, Don Antonio Barcelo en 1783), hollandaises et anglaises (Exmouth en 1816) se succèdent mais c'est surtout les bombardements de la Marine française en 1681 et 1682 par Duquesne et en 1688 par Estrée qui mutilent sérieusement Alger. Le pacte de non-agression que parvient à faire signer par le dey l'Américain Decatur et qui est censé protéger les bateaux américains amène les corsaires à se replier sur les vaisseaux européens. Les Hollandais et les Anglais organisent alors une nouvelle expédition punitive qui échoue.
En 1827, le dey Hussein s'accroche avec le consul de France Pierre Deval à propos d'une dette de la France (créances Bacri-Busnach) sur le blé. Le dey l'aurait repoussé à l'aide de son chasse mouche en signe de désapprobation. Cette affaire du " coup de l'éventail " aurait alors été le prétexte au blocus français qui dura trois ans et à l'expédition punitive commandée par le général de Bourmont sous le règne de Charles X.

Lexique des termes relatifs à la Régence d'Alger

Agha : commandant en chef de la milice ottomane.

Bey : administrateur du beylik (province). Les beys d'Oran, de Constantine et de Médéa étaient des vassaux du dey.

Beylerbey : ce titre qui signifie " Emir des émirs " était attribué aux diginitaires pendant les premières années de la Régence.

Dey : c'est le titre attribué au régent d'Alger entre 1671 et 1830. Le dey régnait sur trois provinces Oran, Titteri (Médéa) et Constantine et était assujetti au sultan ottoman.

Diwan : conseil de la régence.

Janissaire : soldat de la milice ottomane.

Pacha : titre honorifique attaché à de hautes fonctions notamment à celles des gouverneurs d'Alger pendant la Régence entre 1577 et 1659.

Raïs : titre attribué aux corsaires et à certains dignitaires de l'époque ottomane.

Période colonialeHaut de page

La flotte française composée de 103 navires de guerre, 347 bateaux de commerce et d'un corps expéditionnaire de 37 612 hommes débarque à Sidi Ferruch (Sidi Fredj), à 30 km à l'ouest d'Alger, le 14 juin 1830 sous le commandement du ministre de la Guerre et chef des armées, le général de Bourmont. Ce qui n'est au départ qu'un simple raid pour laver l'affront fait au consul français par le dey d'Alger va rapidement se transformer en une attaque violente qui se solde par la prise d'Alger. L'armée française pénètre rapidement les terres, elle gagne Staouéli le 19 juin, puis les hauteurs d'Alger dix jours plus tard. Elle remporte la bataille contre le fort de Mouley Hassan le 4 juillet et le dey Hussein se voit contraint de capituler le lendemain. Il quitte le pays le 10 juillet. Les autres villes de la côte algérienne ne tardent pas à être prises mais la conquête du pays se heurte dès 1832 à la résistance de l'émir Abdelkader qui obtient en 1834 la souveraineté des deux tiers du pays. Malgré le traité, la France continue la conquête de terres et les premiers colons s'installent dans la Mitidja. La guerre reprend en 1839, mais face à des méthodes tendancieuses (razzias), l'émir Abdelkader se rend en décembre 1847. Les révoltes persisteront (Biskra en 1850, en Kabylie en 1851 et 1871, à Relizane en 1864) mais la conquête du pays est finie.
En 1848, l'Algérie est intégrée au territoire français et Alger devient la capitale d'une colonie naissante que les colons vont européaniser rapidement pour se l'approprier.
La première étape est militaire et vise à renforcer la protection de la ville contre le danger extérieur et à rendre la ville accessible aux troupes. Dans ce cadre, les premiers travaux se font près du port à partir de 1832, où de nombreuses destructions sont opérées afin d'élargir les rues et de créer une place d'armes, la place du Gouvernement. Face à l'arrivée des européens à partir de 1840 (602 Européens en 1830, 21 000 en 1840), la ville se développe parallèlement à la mer dans les faubourgs de Bab El-Oued et de Bab-Azzoun. Dans un style toujours militaire, des immeubles soutenus par des arcades sont édifiés dans les rues Bab-Azoun et Bab El-Oued.
La Casbah, tout au moins sa partie haute, au labyrinthe de rues jugé trop impénétrable, n'est pas touchée mais le plan d'alignement de la ville approuvé en 1855 et appliqué par les architectes Guiauchain et Delaroche menace la vieille ville
De 1860 à 1866, le boulevard du front de mer, baptisé boulevard de l'Impératrice, est aménagé par l'architecte Frédéric Chassériau puis inauguré par Napoléon III en 1865 lors de son second voyage. L'Empereur, " soucieux " de la population autochtone qui doit, selon ses termes, être traitée par les Européens comme des compatriotes et conscient que la vieille ville correspond à ses moeurs et son mode de vie, il protégera une grande partie de la Basse Casbah des destructions prévues. Le Second Empire encourage la modernisation de la capitale, qui se dote peu à peu d'édifices publics, de squares et de jardins, et dont la monumentalité l'amène bientôt à rivaliser avec Paris. La chute du Second Empire en 1870 conduit Alger à la constitution d'un régime civil qui menace alors les droits de population arabe séparée des juifs d'Algérie à qui la citoyenneté française a été accordée par le décret Crémieux du 24 octobre 1870. La population musulmane mécontente se révolte contre les juifs en mars 1871 mais l'inégalité s'accroît avec le " Code de l'indigénat " auquel elle sera soumise. Voté en 1881, il creuse le fossé entre les deux communautés, celle des citoyens français, les colons, et celle des sujets français, les " indigènes ". Composé de mesures discrétionnaires, il permet à l'occupant de maîtriser la population musulmane et de légitimer la discrimination. Alors que la ville se développe et que sa population ne cesse de croître (82 000 en 1891, dont 60 500 Européens), les musulmans (21 500) suffoquent dans l'étroite Casbah où ils sont cantonnés. En 1900, l'Algérie obtient l'autonomie financière qui permettra à Alger de poursuivre son développement et son expansion vers les hauteurs (Télémly, Mustapha). A la fin du XIXe, le centre de la ville qui s'articulait jusqu'alors autour de la place du Gouvernement se déplace vers le sud et se réorganise autour de l'hôtel de Postes (Grande Poste).
En 1908, le mouvement des Jeunes-Algériens revendiquant des droits politiques pour les " indigènes " voit le jour. Alors qu'en 1911, les musulmans sous soumis à la conscription, l'Association des étudiants musulmans d'Afrique du Nord, créée en 1912 par Ferhat Abbas, revendique l'égalité civique entre la communauté musulmane et les occupants français.
Face à ce mouvement contestataire, le gouvernement Jonnart (1900-1919) prend des mesures en faveur de la population musulmane. La loi votée le 7 novembre 1818 permettant la représentation des " indigènes " dans les conseils municipaux témoigne de la politique d'association des deux communautés engagée. Un style architectural néomauresque (Dépêche algérienne en 1906, Wilaya en 1909, Grande Poste en 1913) censé rapprocher les peuples prend naissance au début du XXe siècle.
Les musulmans seront plus de 170 000 à prendre part à la Première Guerre mondiale et 25 000 à mourir pour le drapeau français. Les sentiments rassemblant Français et musulmans et la fraternité entre les deux peuples au lendemain de la guerre ne durent pas longtemps et l'écart entre les deux communautés se creuse davantage. La loi du 4 février 1919 élargissant le corps électoral " indigène " est reçue avec hostilité par les Européens. En 1926, a lieu la première réunion publique de l'Etoile nord-africaine créée à Paris par Messali Hadj.
En 1930, alors qu'à Alger la célébration du centenaire de la conquête, initiée par des délégués financiers et des hauts fonctionnaires du gouvernement général, glorifie le colonialisme qui en atteint son paroxysme, le mécontentement de la population musulmane grandit.
La politique coloniale d'assimilation culturelle est rejetée par l'Association des oulémas musulmans algériens constituée en mai 1931 et représentée à Alger par El-Okbi.
Le projet Blum-Violette d'accorder la citoyenneté française à 21 000 représentants de l'élite musulmane est rejeté en 1937.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Alger, hors de l'occupation allemande et sous le contrôle du gouvernement de Vichy, joue un rôle stratégique en offrant un refuge de choix à l'Armée française de libération du général de Gaulle. Le 8 novembre 1942, les commandos américains débarquent à Sidi Ferruch (Sidi Fredj) pour neutraliser le corps d'armée vichyste et libérer les nations européennes de l'occupation allemande. De Gaulle et Giraud font d'Alger la capitale de la France libre en y créant le 4 juin 1943 le Comité français de libération nationale qui deviendra un an plus tard le Groupement provisoire de la République française. La ville demeure, jusqu'à la libération de Paris en septembre 1944, le siège des autorités françaises pour les territoires non occupés par les Allemands.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les revendications nationalistes prennent de l'ampleur suite aux évènements tragiques de Sétif et Guelma. Le 8 mai 1945, alors que la France fête la victoire des Alliés, les nationalistes manifestent pacifiquement pour la libération de Messali Hadj, chef du principal mouvement nationaliste algérien, le PPA, Parti du peuple algérien, créé en 1937 et issu de l'Etoile nord-africaine. Les manifestations sont sévèrement réprimées, le bilan est lourd : plusieurs milliers d'Algériens sont tués.
Ces évènements font prendre conscience aux indépendantistes de la nécessité d'une lutte armée, seule solution pour parvenir au retrait des occupants français. La lutte indépendantiste s'organise autour du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) créé en octobre 1946 et issu du PPA dissous en 1939, qui se renforce un an plus tard par sa branche armée, l'Organisation secrète. Le trucage des élections à l'Assemblée algérienne en avril 1948 fomenté par le gouverneur Naegelen afin d'éviter l'élection des indépendantistes encourage le CRUA (Comité révolutionnaire pour l'unité et l'action), créé en mars 1954 dans le but d'enrayer les luttes internes du MTLD, à passer à la lutte armée. C'est finalement le FLN (Front de libération nationale), fondé le 10 octobre 1954 suite à l'échec de réconciliation du MTLD et composé du " groupe des six " (Ben Boulaïd, Ben M'Hidi, Bitat, Boudiaf, Didouche et Krim), qui déclenche l'insurrection le 1er novembre 1954.

Guerre de libérationHaut de page

L'insurrection débute en Kabylie et dans l'est, dans les Aurès et le Constantinois. La lutte armée s'organise à partir du " Congrès de la Soummam " organisé en Kabylie par Abande Ramdane le 20 août 1956. Issue du Congrès, la Zone autonome d'Alger est la structure du FLN-ALN (Armée de libération nationale) pour le territoire de la capitale. Elle est gérée par Larbi Ben M'Hidi et sera bientôt rejointe par les étudiants et lycéens suite à la grève du 19 mai 1956 s'ils n'ont pas rejoint le maquis.
Alger est en guerre. Le 10 août 1956, une première bombe est posée par des " ultras " Européens dans la Casbah, véritable camp retranché du FLN. Les attentats deviennent alors quotidiens et la population européenne est particulièrement touchée par ceux de septembre 1956 commis au Milk Bar, place Bugeaud (Emir Abdelkader) et à la Cafétéria, rue Michelet.
Le 7 janvier 1957, le général Massu, commandant de la 10e division de parachutiste, reçoit du gouverneur général de l'Algérie Robert Lacoste les pouvoirs de police dans le département d'Alger. C'est le début de la " bataille d'Alger " qui marque un tournant dans la guerre de libération. Alors que la " question algérienne " est à l'ordre du jour à l'ONU, le FLN organise la " grève des huit jours " le 28 janvier 1957, brisée en 48 heures par le général Massu qui est chargé de rétablir l'ordre et d'enrayer l'insurrection indépendantiste.
Les perquisitions, internements et tortures deviennent systématiques par les parachutistes du général Massu afin d'obtenir rapidement des renseignements sur l'organisation de la Zone autonome d'Alger, gérée désormais par Yacef Saâdi, l'ancien chef du groupe armé et du réseau bombes. Les morts et disparitions suspectes de Larbi Ben M'Hidi, Ali Boumendjel et Maurice Audin ainsi que les actes de tortures sont relayés par les médias et sont dénoncés par des intellectuels français. Henri Alleg, ancien directeur communiste du journal Alger Républicain et militant indépendantiste, livre le témoignage de ses tortures et choque l'opinion publique. Durant l'été 1957, le réseau FLN est infiltré. L'arrestation de Yacef Saâdi le 24 septembre et le dynamitage de la cache de son lieutenant Ali-la-Pointe le 8 octobre marquent la fin de la bataille d'Alger. Le réseau FLN à Alger est démantelé. Si la bataille d'Alger est un échec pour les indépendantistes, elle est loin d'être une victoire politique pour l'armée française.
Le 13 mai 1958 est créé un comité de salut public dirigé par le général Massu. Le 19 mai, le général de Gaulle est appelé pour former un gouvernement. Il arrive à Alger le 4 juin et adresse à la population son discours " Je vous ai compris ! " depuis la tribune du palais du gouvernement. Le 18 septembre le FLN crée le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), dirigé par Ferhat Abbas. Le groupement provisoire de la République algérienne est proclamé le 19 septembre 1958.
Les opérations militaires menées à l'intérieur des terres par le général Challe sont un succès, mais le traumatisme créé par la bataille d'Alger, le trouble de l'opinion publique française et internationale, l'incohérence de la politique coloniale incitent de Gaulle à reconnaître le droit des Algériens à l'autodétermination le 18 septembre 1959.
L'annonce de cette politique inquiète les partisans de l' " Algérie française " qui ripostent par l'organisation de barricades entre le 24 janvier et le 2 févier 1960, au niveau de la Grande Poste. Cette " semaine des barricades " qui oppose l'armée aux insurgés causera la mort de vingt personnes et installe peu à peu le climat tendu d'une guerre franco-française. Le manifeste de 121, rédigé et signé à Paris par des intellectuels, artistes et universitaires de gauche (Simone de Beauvoir, Alain Resnais, Jean-Paul Sartre...) vient soutenir la cause du peuple algérien.
Les résultats du référendum du 8 janvier 1961 sonnent le glas de l'Algérie française, les métropolitains adhèrent majoritairement à l'autodétermination. En février, l'OAS, Organisation de l'armée secrète, se constitue au nom de l' " Algérie française ". Le 22 avril 1961, les généraux Salan, Challe, Zeller et Jouhaud prennent le contrôle d'Alger. Si l'insurrection est massivement soutenue par les Français d'Algérie, le putsch dénoncé par le général de Gaulle échoue le 25 avril. En janvier et février 1962, les actes terroristes de l'OAS se multiplient. Les accords d'Evian, signés le 18 mars 1962, marquent le début du cessez-le-feu. L'OAS, dont le fief est à Bab El-Oued, commet alors de nombreux et terribles attentats (plus de 2 000 de mars à mai), contre la population algérienne et européenne. Les fusillades de Bab El-Oued et de la rue d'Isly, le 26 mars, sont tragiques. La plupart des Européens quittent Alger avant le 1er juillet, date à laquelle les Algériens voteront à 99,72% pour l'indépendance. Du 1er au 3 juillet, les Algériens en liesse défilent dans le centre-ville ; le 5 juillet, l'indépendance du pays est proclamée et célébrée dans une grande joie populaire. Alger devient la capitale du nouvel Etat indépendant, l'Algérie.

Les grands acteurs de la bataille d'Alger

Larbi ben M'Hidi (1923-1957). Originaire des Aurès, il se rapproche de l'Association des oulémas de Constantine puis adhère au mouvement des Amis du manifeste et de la liberté, créé par Ferhat Abbas. Les massacres du 8 mai 1945 l'encouragent à adhérer au MTLD puis à l'OS. Membre fondateur du FLN, il est chargé d'organiser l'insurrection dans la région d'Oran. Alors que la Zone autonome d'Alger est constituée, il devient en 1956 le responsable de l'action armée pendant la bataille d'Alger et supervise ainsi les actions terroristes dans la ville. Il est arrêté le 23 févier 1957 par les parachutistes français. Refusant de parler, il est torturé puis pendu dans la nuit du 3 au 4 mars 1957 par le général Aussaresses. Ce n'est qu'en 2001 que le général reconnaît être le responsable de la mort de Larbi Ben M'Hidi, longtemps camouflée en suicide. Ce combattant du FLN aurait dit avant de mourir : " Vous parlez de la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis l'Algérie de Tamanrasset à Dunkerque. Vous voulez l'Algérie française et moi je vous annonce la France algérienne. "

Krim Belkacem (1922-1970). Membre fondateur du FLN, le " lion du djebel " se charge des actions de l'insurrection dans la zone de Kabylie où il parvient à réunir 500 maquisards à la veille de l'insurrection. Il est connu pour avoir déjoué, à l'automne 1956, l'opération " Oiseau bleu " menée par les services secrets français à son encontre et celle de ses hommes. Entre novembre et décembre 1956, il est chargé de constituer la Zone autonome d'Alger afin de contrôler la guérilla urbaine dans la capitale. Il devient ainsi le responsable des liaisons et chef d'état major durant la bataille d'Alger. A partir de 1958, il occupe de hautes fonctions au sein du GPRA et il est chargé des négociations avec la France lors des accords d'Evian. A l'indépendance, opposé à la création du bureau politique du FLN par Ben Bella, il fonde, avec Boudiaf, le " groupe de Tizi-Ouzou ". En 1965, il est condamné à mort par contumace pour sa nouvelle opposition à la dictature de Boumédiène. Exilé à Francfort, il sera assassiné le 18 octobre 1970.

Ali-La-Pointe (1930-1957). Né à Miliana dans un milieu modeste, Ali Ammar, surnommé Ali-La-Pointe, est très tôt marqué par la domination coloniale dans les fermes françaises. A Alger, où il devient un petit malfrat, il fait la rencontre de nationalistes qui lui font prendre conscience de la nécessité de prendre les armes contre l'occupant. Il adhère au groupe de libération de fidayin d'Alger puis devient l'un des chefs de la résistance urbaine, sous les ordres de Yacef Saadi qui le charge d'assainir la Casbah des indicateurs. Il organise de nombreuses attaques contre les postes de l'armée et la police coloniales. Il tombe le 8 octobre 1957, avec Hassiba ben Bouali, Mahmoud Bouhamidi et le petit Omar, lors du plastiquage de sa cache dans la Casbah par les parachutistes français. Grande figure de la " bataille d'Alger ", ses actions dans le mouvement de libération sont immortalisées par le magnifique film de Gillo Pontecorvo : La Bataille d'Alger.

Yacef Saâdi. Natif de la Casbah, Yacef Saâdi est chargé par le CRUA de constituer un groupe de commandos pour la Zone autonome d'Alger. Il met ainsi en place un système pyramidal constitué de cellules de trois membres permettant de rendre le réseau FLN imperméable. Il enrôle Ali-La-Pointe, puis fait de la Casbah un véritable bastion en devenant chef de la Zone autonome d'Alger. Suite au terrible attentat de la rue de Thèbes dans la Casbah perpétré par André Achiary et les ultras, Yacef Saâdi et Larbi Ben M'Hidi mettent au point une série d'attentats contre la population française qui seront commis entre l'automne 1956 et l'été 1957. Il est arrêté avec Zohra Drif pendant la bataille d'Alger le 24 septembre 1957.

Djamila Bouhired. Née en 1935, Djamila Bouhired rejoint le FLN alors qu'elle est encore étudiante. Elle devient officier de liaison et assistante de Yacef Saadi ; chef de la Zone autonome d'Alger. Le 30 septembre 1956, elle pose une bombe dans l'agence Air France de l'immeuble Mauretania. Celle-ci n'explose finalement pas mais, le 13 avril 1975, elle est arrêtée et accusée d'avoir posé une bombe au café " Le Coq Hardi ". Sa condamnation à la peine de mort est enrayée par une campagne médiatique menée par l'avocat Jacques Vergès et Georges Arnaud, qui dévoilent, dans leur manifeste Pour Djamila Bouhired, les tortures infligées aux indépendantistes algériens par l'armée française. Défendue par Jacques Vergès, Djamila Bouhired est graciée et libérée en 1962.

Hassiba Ben Bouali (1938-1957). Née en 1938 à Chlef, Hassiba Ben Bouali découvre la pauvreté du peuple algérien en exil à l'occasion de ses voyages en Europe avec les scouts musulmans. A l'âge de 16 ans, elle intègre l'Union générale des étudiants musulmans algériens et marque ainsi son engagement dans le mouvement nationaliste. Chargée de transporter et de poser les bombes, elle participe activement à la " bataille d'Alger " aux côtés d'Ali-La-Pointe, avec qui elle est tuée le 8 octobre 1957 par les parachutistes français.

Zora Drif. Née en 1934 à Tiaret.Révoltée contre l'injustice coloniale, la jeune étudiante à la faculté de droit d'Alger s'engage dans le " réseau bombes " de la Zone autonome d'Alger. Elle pose la bombe au Milk Bar le 30 septembre qui fait trois morts et une douzaine de blessés français. Elle est arrêtée avec Yacef Saâdi le 24 septembre 1957 dans la cache de l'immeuble de la rue Caton. Condamnée en août 1958 par le tribunal militaire d'Alger, elle est graciée par le général de Gaulle en 1962.

Alger, capitale d'un état indépendantHaut de page

Au départ des autorités militaires et administratives françaises, la lutte pour le pouvoir est violente. Le " groupe de Tlemcen " de Ahmed Ben Bella trouvant appui sur l'ALN et son chef, le colonel Houari Boumédiène, est opposé au " groupe de Tizi Ouzou " composé de Krim Belkacem et de Mohamed Boudiaf. Le bureau politique, formé à Tlemcen le 22 juillet 1962, s'installe à Alger le 8 août et dissout le Groupement provisoire de la République algérienne. A Alger, le bureau politique et les membres de la wilaya 4, l'Algérois, qui a évincé la Zone autonome d'Alger et a pris le contrôle de la ville, s'affrontent violemment. La première réunion de l'Assemblée constituante présidée par Ferhat Abbas a lieu le 25 septembre. Elle investit Ben Bella président du Conseil le 29 septembre. En août 1963, alors que les partis politiques sont interdits, Ferhat Abbas démissionne de ses fonctions. Le 10 septembre 1963, la Constitution est promulguée. Ben Bella, élu président de la République, est donc chargé de former le premier gouvernement algérien, dont la politique sera d'inspiration socialiste. L'arabe devient la langue nationale mais pas encore officielle, et le FLN est le parti unique d'un pays désigné dès sa naissance comme république arabe - alors que les Berbères représentent près de la moitié de la population -, islamique et socialiste. Les premières mesures adoptées sont celles de presque toute république socialiste née de la décolonisation : centralisation, nationalisation et réforme agraire. Du 16 au 21 avril 1964, se tient le congrès du FLN pendant lequel est adopté la charte d'Alger. Le 19 juin 1965, Ben Bella est renversé par un coup d'Etat mené par Boumédiène qui devient chef du gouvernement. Il forme un Conseil de la révolution composé de 26 membres qu'il place à la tête de l'Etat et lance le pays dans une vaste campagne d'industrialisation. Alger devient un carrefour culturel, politique et diplomatique important du tiers-monde et, pendant la guerre froide, une ville phare du mouvement des non-alignés où se réfugient bon nombre de révolutionnaires de l'époque, comme Eldridge Cleaver, dirigeant des Black Panthers. Des manifestations d'envergure y sont organisées, comme le festival panafricain en 1969. En septembre 1973 s'y tiendra la conférence des pays non-alignés.
Le plan quadriennal de développement (1970-1973) s'articule autour de la nationalisation des hydrocarbures à 51% le 24 février 1971 et de la " révolution agraire " à partir de 1972. Alors L'hôtel Aurassi est inauguré en 1973. En 1974, le deuxième plan quadriennal est lancé et le débat sur les orientations socialistes du pays aboutit à l'approbation de la Charte nationale le 27 juin 1976. Le 10 décembre, Boumédiène est réélu président de la République. Deux ans plus tard, la mort de Boumédiène mène Chadli Bendjedid à la présidence de la République le 7 février 1979.
Les manifestations du " printemps berbère ", qui débutent en avril 1980 en Kabylie, gagnent les universités d'Alger où des affrontements ont bientôt lieu entre islamistes et policiers. La population berbérophone, qui représente un quart à un tiers de la population totale, revendique la reconnaissance de l'identité berbère et l'officialisation de la langue amazigh. A l'initiative de Boumédiène, le Maqam Echahid (mémorial du martyr) voit le jour en 1982 sous la présidence de Chadli. Inauguré à l'occasion du vingtième anniversaire de l'indépendance du pays, il symbolise la volonté du gouvernement de doter Alger d'un nouveau centre loin de la Casbah et de l'ancienne ville coloniale.
Alors que le pays est en stagnation, voire récession économique et sociale, Chadli est réélu en 1984 et 1989. Le " Code de la famille " soumis à la loi coranique est adopté en 1984. Restreignant le droit des femmes, il est l'un des exemples du malaise ressenti par un pays en quête d'identité. Le 27 août 1985, une caserne de police est attaquée dans la région d'Alger par un groupe islamiste dirigé par Bouyali. Alors que l'Etat ne parvient pas à faire face aux difficultés économiques, malgré certaines réformes, l'allègement de la centralisation et la loi assouplissant le monopole de l'Etat sur le commerce extérieur votée le 19 juillet 1988, Alger s'enflamme en octobre de la même année pour la revendication d'une véritable démocratie et la fin du système du parti unique. Ces violentes manifestations qu'on appelle le " Printemps d'Alger " conduiront à l'adoption d'une nouvelle Constitution en février 1989 établissant le multipartisme et la libération officiellement totale de la presse écrite. Le début des années 1990 est marqué par l'émergence d'une multitude de partis politiques.

Décennie noireHaut de page

L'ascension d'une formation guidée par des conservateurs religieux militant pour la création d'un Etat islamique, le FIS (Front islamique du salut), va bientôt barrer la route de l'Algérie à la démocratie. Chaque mosquée d'Alger devient le lieu d'un rassemblement politique et chaque prière se transforme en un meeting. Le gouvernement, qui pense à tort que le parti islamique ne menace pas la démocratie, laisse le FIS gagner de l'importance. Les élections locales de juin 1990 sont remportées par le FIS qui dirige désormais toutes les grandes villes du pays. Le FIS entame fin mai 1991 une grève insurrectionnelle pour la tenue des présidentielles anticipées. En juin, des affrontements entre FIS et forces de l'ordre aboutissent à l'arrestation d'Abassi Madani et d'Ali Belhadj, les dirigeants du FIS, qui seront condamnés en juillet 1992. Treize millions d'Algériens sont appelés à voter aux législatives de 1992 qui offrent le choix entre le parti du FLN au pouvoir, dont le bilan des dernières années est catastrophique, le FIS qui menace d'éliminer deux millions d'Algériens et une opposition démocratique divisée. Le taux d'abstention massif profite au FIS, qui frôle la majorité absolue des sièges au premier tour et est en passe d'accéder démocratiquement au pouvoir.
A Alger, le 2 janvier 1992, 300 000 personnes répondent à l'appel à la manifestation du FFS dirigé par Aït-Ahmed pour la " sauvegarde de la démocratie ".
Le 12 janvier, le processus électoral des législatives est interrompu par l'armée. Les assemblées communales et départementales dirigées par les élus du FIS sont dissoutes. Discrédité, Chadli est contraint de démissionner. Il est remplacé par le Haut Comité d'Etat, présidé par Mohamed Boudiaf. La dissolution du FIS prononcée le 4 mars par le tribunal administratif d'Alger conduira des groupes de guérilla islamiste à déclarer le djihad (" la guerre sainte ") au gouvernement. Boudiaf, dont le discours qui changeait radicalement de celui des précédents gouvernants, qui avait réussi à faire renaître l'espoir chez des millions d'Algériens, est assassiné le 29 juin, quelques mois après sa prise de fonction. Une longue période de violences opposant ceux qui veulent moderniser l'islam à ceux qui veulent islamiser la modernité est amorcée. De 1992 à 1999, Alger vivra au rythme des massacres, attentats à la voiture piégée et enlèvements de civils perpétrés par le GIA (Groupement islamique armé), la branche armée du FIS. Le 26 août, l'aéroport d'Alger est touché par un terrible attentat. C'est la première fois que les civils sont pris pour cible par les islamistes. Le couvre-feu est proclamé dans l'Algérois en novembre. L'année 1992 est particulièrement meurtrière puisque 30 000 victimes de l'islamisme sont dénombrées. Quiconque ne partage pas les idées des islamistes devient une cible potentielle. A partir de mars 1993, de nombreux intellectuels, artistes, journalistes membres du gouvernement et civils opposés aux extrémistes sont assassinés. Parmi eux, Tahar Djaout, qui, quelques jours avant son assassinat à Alger, avait terminé son éditorial par ces mots prémonitoires : " Tu dis, tu meurs ; tu te tais, tu meurs ; alors dis et meurs " (ces mots deviendront la devise de la presse algérienne). Alger se vide de ses étrangers également visés. La communauté internationale prend ses distances.
La société civile se réveille le 22 mars 1993, à l'occasion de plusieurs marches et manifestations organisées à Alger malgré le danger. Liamine Zeroual, nommé chef de l'Etat en janvier 1994, dispose d'un mandat de trois ans pendant lequel il a tout pouvoir pour négocier avec le FIS, mais le GIA poursuit ses actions terroristes dans le pays et à l'international. Le 24 décembre 1994, le détournement d'un Airbus d'Air France par un commando du GIA annonce une vague d'attentats qui gagnera Paris à l'été 95. La situation économique qui ne s'améliore pas et le menace terroriste à l'étranger isolent davantage encore le pays et sa capitale du reste du monde. 
L'Algérois est une région particulièrement meurtrie : de terribles massacres sont perpétrés dans la Mitidja et vers Médéa. En 1996, les sept moines de Tibhirine sont assassinés. Après deux années de terribles violences, pendant lesquelles le pays fut plongé dans la trouble période du " Qui tue qui ? ", le gouvernement s'engage enfin dans une guerre totale contre le terrorisme.
Le 5 janvier 1996, Ahmed Ouyahia devient le nouveau chef du gouvernement. Le gouvernorat d'Alger est créé et remplace la wilaya pendant trois ans. La Nouvelle Constitution adoptée le 7 décembre interdit l'existence de partis politiques basés sur la religion. Jusqu'en 1998, les actions terroristes sont encore violentes et l'assassinat du chanteur kabyle Matoub Lounes a un retentissement international. Liamine Zeroual demande des élections présidentielles anticipées auxquelles il ne se présentera pas. Soutenu par les partis de la coalition (RND, FLN, Nahda, MSP), Abdelaziz Bouteflika est élu président de la République le 15 avril 1999, après le retrait de 6 candidats protestant contre la fraude. Ces nouvelles élections n'apportent aucun changement, tant aux niveaux politique et économique qu'au niveau de la guerre civile : massacres, faux barrages et attentats font encore le quotidien du pays. Cependant l'Algérie sort de son isolement et Alger souhaite se repositionner sur la scène internationale en accueillant le sommet de l'Organisation de l'unité africaine à partir de juillet 1999.
Malgré l'approbation de la quasi-totalité des Algériens à la loi sur la " concorde civile " lors du référendum du 16 septembre, l'amnistie partielle des islamistes armés prévue par la loi est largement critiquée. La période de " réconciliation nationale " s'ouvre avec l'autodissolution de l'AIS qui précède l'amnistie de ses membres le 11 janvier 2000.

Des années 2000 à nos joursHaut de page

Alors que les actions islamistes armées se réduisent, le premier mandat de Bouteflika est marqué par les émeutes qui éclatent en Kabylie le 19 avril 2001 à l'occasion du 21e " Printemps berbère ". Célébré pacifiquement, il s'embrase lorsqu'un jeune Kabyle, Massinissa, est tué dans une gendarmerie. Ce " Printemps noir " aboutira à l'officialisation du tamazight en avril 2002. L'année est également tristement marquée par les inondations ravageant le quartier de Bab El-Oued et provoquant la mort de centaines de personnes. Cette catastrophe, qui mena 5 000 familles à la rue, a dévoilé l'inefficacité de la politique de l'habitat et l'incompétence des services d'urbanisme et de distribution d'eau de la ville.
Alors que l'évènement une " Année de l'Algérie en France " qui se tient durant toute l'année 2003 tend à renouer les liens distendus, un tremblement de terre de magnitude 6,7 sur l'échelle de Richter, dont l'épicentre est à Boumerdès, endeuille une nouvelle fois la région d'Alger. Le 8 avril 2004, après une campagne morne qui opposait six candidats et dans l'indifférence presque générale des citoyens désabusés - en 1999, seuls 23 % des Algériens s'étaient déplacés pour voter -, Abdelaziz Bouteflika est réélu avec 84,99 % des voies exprimées. En 2005, les Algériens sont appelés à voter pour la Charte pour la paix et la réconciliation nationale qui prévoie de nouvelles mesures d'amnistie. Elle est approuvée à plus de 97 %. Un nouveau plan de relance de l'économie est amorcé après celui de 2001, les revenus extérieurs ne cessent de croître depuis le début des années 2000.
Le pays semble sortir du chaos mais affiche d'énormes retards dans ses réformes vitales (éducation, santé, banques, services publics...). Le gouvernement lance une politique de grands travaux mais les chantiers sont systématiquement repoussés. Le nouvel aéroport international d'Alger Houari Boumédiène est inauguré le 5 juillet 2006 et l'autoroute est-ouest se matérialise mais Alger, en pleine expansion urbaine, a du mal à concrétiser des projets d'infrastructures et urbanistiques titanesques.
Les ambitions d'Alger de se réaffirmer au sein du Maghreb sont à nouveau freinées par le terrorisme. Le 11 avril 2007, un double attentat-suicide à la bombe contre le palais du Gouvernement et le commissariat de Bab-Ezzouar est revendiqué par l'Organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (ancien GSPC). Le 11 décembre 2007, ce sont le Conseil constitutionnel et la Cour suprême de Ben-Aknoun ainsi que les immeubles du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et du Programme des Nations unies pour le développement à Hydra qui sont touchés.
L'été 2008 connaîtra une autre vague d'attentats, notamment dans l'est d'Alger. Si la violence de ces attentats n'est en aucun point comparable avec celle du terrorisme qui a ébranlé l'Algérie pendant la " décennie noire ", elle menace une nouvelle fois la stabilité du pays en proie à de nouvelles incertitudes.
La fin de l'année 2008 est marquée par la révision de la Constitution par Abdelaziz Bouteflika, sans référendum et juste avant les élections présidentielles d'avril 2009. La révision des amendements donne plus de poids au président de la République et à l'exécutif, le poste de chef de gouvernement est supprimé et remplacé par le poste de Premier ministre mais la révision prévoit surtout la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels successifs. La voie d'un troisième mandat s'ouvre ainsi clairement à Bouteflika malgré son âge avancé (71 ans) et son état de santé incertain. Une nouvelle fois, les élections sont marquées par un appel au boycott de la part de plusieurs partis politiques d'opposition. Si la victoire de Bouteflika ne laisse aucun doute, c'est le taux de participation qui devient l'enjeu de l'élection. Il est réélu le 13 avril 2009 avec 90,24 % des suffrages (!), et a attiré vers les urnes plus de 74 % des électeurs.
Au début de l'année 2011, dans le contexte d'un climat socio-économique morose et dans la dynamique des révoltes amorcées en Tunisie, l'Algérie proteste à son tour contre la flambée des prix des produits de première nécessité (huile, sucre). La capitale et les grandes villes s'embrasent, saccages de mobiliers urbains, édifices étatiques se banalisent, échauffourées entre citoyens et forces de l'ordre se multiplient, les manifestations prennent de l'ampleur. Plus tard, plusieurs cas d'immolation sont recensés. Le 21 janvier est créé le CNCD, Coordination nationale pour le changement et la démocratie, regroupant associations, syndicats, partis politiques d'opposition, intellectuels. Elle est à l'initiative des manifestations pacifiques des 12 et 19 février soutenues notamment par Said Saadi, fondateur et président du parti politique d'opposition du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie). Réunissant des milliers de citoyens, ces marches qui eurent un retentissement international furent sclérosées par un puissant dispositif de sécurité. La levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1992, qu'on croit pouvoir servir à la révolution, n'est finalement qu'une opération stratégique permettant au gouvernement de calmer les tensions et d'enrayer la révolte. Si la révolte n'a pas eu l'effet escompté et si l'Algérie est restée en marge du " Printemps arabe ", les grèves et manifestations se font moins timides dans le pays et les contestations ne sont pas pour autant inhibées. En mai 2011 est lancée la première section du tramway d'Alger et, le 1er novembre de la même année, c'est au tour de la première ligne de métro, en chantier depuis vingt-six ans, d'être enfin inaugurée. Alors que les secteurs de la santé, de l'éducation, des transports, du logement, de l'environnement peinent à se développer, des projets titanesques et inopportuns sont engagés dans la capitale. Le projet " Alger Medina " visant à faire de la baie d'Alger un centre d'affaires et de loisirs inspiré des grands ensembles touristiques de Dubaï et la construction de la Grande Mosquée paraissent inadaptés aux besoins et aux aspirations des citoyens et témoignent d'une profonde difficulté de la ville à se forger une identité propre.

En avril 2014, Bouteflika est à nouveau réélu sans surprise, malgré la maladie qui l'a affaibli. Il entame son 4e mandat mais il a toujours une santé très fragile et des rumeurs l'annoncent régulièrement mort sur le Web... Ses opposants vont jusqu'à dire que ce ne serait plus lui qui gouvernerait.

Le 7 février 2016, une nouvelle Constitution est votée par le Parlement algérien. Cette réforme avait été lancée par le Président Bouteflika lui-même en 2011 à l'époque des révolutions arabes mais ce vote est boycotté par l'opposition qui juge que les changements apportés ne résoudront en rien la crise que traverse le pays.

Ailleurs sur le web
Rejoignez la communauté Petit Futé en 1 clic
Suivez-nous sur
Participez
à la communauté