Le guide touristique ALGER du Petit Futé : Alger en 30 mots-clés

Alger en 30 mots-clés

AutodérisionHaut de page

Les Algériens aiment beaucoup plaisanter et rient de tout mais surtout d'eux-mêmes : de leur pays, de leur vie, de leur culture et souvent du gouvernement...

Si les Belges sont les souffre-douleur des Français, les Mascariens (habitants de Mascara) alimentent la plupart des blagues algériennes.
Fellag, humoriste algérien de renom, use sans limite de l'autodérision en mettant en scène dans ses spectacles des personnages confrontés aux difficultés sociales de son pays.

Les quotidiens algériens francophones, les plus critiques du monde arabe, recourent sans modération à l'art de la caricature, dont le chef de proue est le talentueux Ali Dilem, qui livre chaque jour une caricature fracassante dans le journal Liberté.

La sécurité a été renforcée depuis la décennie noire des années 1990 et le dernier attentat qui a frappé Alger en 2007. La capitale est aujourd'hui cernée de barrages de contrôle de police, en ville, et de gendarmerie sur l'autoroute. Mais, en réalité, c'est plutôt rassurant par les temps qui courent...

A la vue d'un barrage, pensez à ralentir, et la nuit à allumer le plafonnier et placer les feux de position. Certains auront le droit à un contrôle de papiers et à une fouille du coffre. Une routine pour les Algérois... Si le dispositif mis en place afin de sécuriser la capitale est méritoire, ces nombreux barrages sont en grande partie la cause des monstrueux embouteillages qui paralysent Alger et surtout sa périphérie. Malgré la levée de l'état d'urgence en février 2011, les forces de l'ordre demeurent omniprésentes dans la capitale.

" Féerie inespérée et qui ravit l'esprit ! Alger a passé mes attentes. Qu'elle est jolie la ville de neige sous l'éblouissante lumière ! " C'est ainsi que Maupassant décrit Alger dans son recueil de textes Au soleil publié en 1884. Lorsque Renoir s'installe dans la Casbah en 1882, il déclare " découvrir le blanc " en Algérie : " Tout est blanc, les burnous, les murs, les minarets, la route. " La blancheur de ses habitations, du haïk des Algéroises et des burnous portés d'antan valurent à la ville le surnom d' " Alger la Blanche ". Aujourd'hui encore, l'éclat de la ville est toujours saisissant pour le voyageur arrivant par bateau ou le promeneur admirant la ville depuis les hauteurs. Les Algérois appellent également leur ville El-Bahdja, la Radieuse.

Le mot vient de l'arabe blâd qui signifie littéralement " pays ". Pour les Algériens vivant à l'étranger, blâd fait référence au pays que l'on a quitté et dans lequel il faut si possible revenir au moins une fois par an. En Algérie, il renvoie à la campagne, l'intérieur du pays, le village natal. Le mot est devenu courant dans la langue française et désigne alors un village retiré.

Alors que la musique arabo-andalouse ne correspond pas ou plus aux aspirations du peuple, le chaâbi naît dans la Casbah au début du XXe siècle. Dérivé de la musique arabo-andalouse, noble et savante, le chaâbi se veut une musique citadine, proche du peuple, qui se joue dans la rue, dans les cafés. S'inspirant des poésies anciennes, il exprime en arabe dialectal algérois les plaintes et les joies de son peuple. Le maître du genre, Mohamed El Anka, développera le chaâbi jusqu'à en faire la musique populaire d'Alger par excellence.

La chique, appelée chemma, est une pratique courante en Algérie. Véritable attribut de la virilité, il est un symbole identitaire dans les milieux populaires algérois. Le principe est de rouler une pincée de tabac, obtenu à base de feuilles séchées, de cendres de bois de figuier et d'eau, dans la massa ; le papier à cigarettes, qu'on place entre la lèvre et la gencive. Vendu en sachet, la chemma est commercialisée par la Société nationale des tabacs et allumettes sous le nom Makla El-Hilal. Si, en ville, la chemma est une pratique exclusivement masculine, il n'est pas rare, en milieu rural, de voir des femmes d'un certain âge avoir recours à la chique !

L'importante présence des Chinois est une surprise pour le visiteur de l'Algérie moderne. Leur arrivée en masse remonte au début des années 2000. Le nombre de Chinois présents sur le territoire serait évalué à 35 000 mais, moins officiellement, on dit qu'ils sont déjà 100 000 employés sur des chantiers modestes ou titanesques (autoroutes, ponts, barrages, logements...) supervisés pour la plupart par les 18 entreprises chinoises de BTP implantées en Algérie. L'immigration de ces Chinois, qui représentent 45 % de la main d'oeuvre étrangère, commence à susciter le débat dans un pays où le taux de chômage (réel) avoisine les 10 %. C'est par exemple une entreprise chinoise qui est en charge de la construction de la grande mosquée d'Alger et du nouveau terminal aéroportuaire.

ChnaouasHaut de page

Chnaoua, dérivé en arabe algérois du mot " chinois ", est le nom que se sont donnés les supporters du club de football le Mouloudia Club d'Alger, en référence à leur grand nombre. A chaque match, ce sont des dizaines de milliers de supporters qui envahissent les rues. Connus pour leur agressivité, les jeunes supporters viennent de tous les quartiers d'Alger, mais leur bastion est Bab El-Oued. Lorsque le club perd, mieux vaut ne pas avoir garé sa voiture aux alentours du stade au risque de la retrouver calcinée. Créé en 1921, par des jeunes de la Casbah et de Bab El-Oued, le MCA est le club de football le plus populaire de la capitale mais également le plus ancien d'Algérie.

Ce mot typiquement algérois qui signifie " mon associé " est apparu dans le langage courant avec la libéralisation du marché. Employé à tout-va, au début des années 2000, par les jeunes Algérois pour désigner une personne proche, ami, frère, collègue, complice, voisin, etc., ou moins proche, ce terme semblait indiquer que c'étaient désormais les intérêts d'ordre matériel qui nouaient et dénouaient les relations. Toutefois, les formules typiquement algéroises " ya kho " (mon frère) ou " ya khti " (ma soeur), plus anciennes et beaucoup plus fraternelles, revenues au goût du jour, restent préférées de tous.

CirculationHaut de page

C'est LE point noir d'Alger ! La ville sature à cause d'un réseau routier inadapté à l'intensification de la circulation, d'un manque cruel de stationnements et d'un réseau de transports en commun encore trop peu développé malgré le lancement du métro et du tramway à Alger en 2011. Alger souffre de ses embouteillages quotidiens infernaux qui paralysent le réseau et immobilisent parfois les automobilistes de longues heures. Conduire à Alger est un véritable sport si ce n'est un calvaire pour certains et il faut parfois se plier à la loi du plus fort quand le code de la route est rarement respecté. Les novices risquent d'être un peu déboussolés dans cette ville à la circulation folle et on ne saurait trop leur conseiller de prendre le taxi en ville ou de louer les services d'un chauffeur pour de plus longs parcours.

Le jeu de dominos est une des activités convoitées des Algérois, surtout pendant le ramadan. Après la rupture du jeûne et la prière du soir, le tarawih, jeunes et moins jeunes se rassemblent dans les cafés, jardins publics ou mahchacha - ces locaux ou garages transformés en gargotte le temps du ramadan dans les quartiers populaires. Ils s'adonnent alors à d'interminables parties de dominos où la tasse de thé et le kalbelouz, LA pâtisserie du ramadan, font office de mise.

A Alger, les étrangers ne courent pas les rues, autant dire que vous serez l'objet de toutes les attentions si vous n'avez pas le type méditerranéen. Votre pays d'origine fera l'objet de hautes spéculations et vous n'échapperez pas à toutes sortes de remarques, notamment celle-ci : Gawri (a) ! Gawri (gawria pour les femmes) est employé pour désigner le Français et plus largement l'Occidental, l'étranger.
Mais d'où vient cette ancestrale interjection ? Pour certains, Gawri viendrait de Ligurie, une région d'Italie, qui avait lié des relations commerciales avec l'Algérie. Tout comme le mot Roumi se rapporte à " Romain ", le mot Gawri renvoie au peuple de Ligurie, qu'on appelait autrefois Ligure. L'étranger, l'Européen, était alors assimilé au Romain, au peuple latin. Pour d'autres, gawri viendrait du turc gavur qui signifie " cochon ". Arrivé en Afrique du Nord à l'époque ottomane, ce terme aurait été employé par les Algériens pendant la colonisation française pour désigner tout étranger à la religion musulmane, les infidèles... les Européens ! Ne vous fâchez pas si vous entendez ce mot qui a perdu toute connotation négative, s'il en avait une.

Le hadj, dont le mot signifie en arabe " déplacement vers un lieu saint ", est le grand pèlerinage, que tout fidèle musulman doit effectuer à La Mecque et à Médine, dans la lointaine Arabie saoudite. On désigne également comme hadj (hadja pour les femmes) celui qui a déjà accompli au moins une fois dans sa vie ce " grand " pèlerinage. Plus largement, on utilise ce terme pour désigner avec respect une personne que l'on considère en âge d'avoir effectué le pèlerinage. Chaque année, pas moins de 30 000 Algériens se rendent à La Mecque. Un peu avant l'Aïd, l'Arabie saoudite est la destination phare des agences de voyage de la capitale.

Ce terme, qui signifie en arabe " qui brûle ", fait référence aux milliers de jeunes et moins jeunes qui, chaque année, migrent clandestinement vers l'Europe. Poussés par le désespoir, le chômage et l'absence de perspectives, ils " brûlent " les frontières, leurs papiers en prenant le large sur des embarcations de fortune dans l'espoir de gagner les côtes espagnoles, italiennes ou maltaises.

La traversée est dangereuse voire suicidaire et bien souvent l'embarcation est interceptée par les gardes-côtes avant qu'elle ne chavire en entraînant ces rêveurs vers la mort.

HittistesHaut de page

Ce terme, apparu dans le vocabulaire algérois dans les années 1980, vient de l'arabe hit qui signifie " mur ". Les hittistes sont donc ceux " qui tiennent le mur ", c'est-à-dire les jeunes chômeurs, contraints à l'oisiveté, qui passent leurs journées adossés à un mur. D'autres termes sont apparus dans le langage algérois pour définir ce sentiment de désespoir ressenti par une grande partie de la jeunesse algérienne : dégoutage et leguia. La nouvelle génération, née avec la libéralisation économique, semble toutefois moins sujette au hittisme.

Le terme hogra est apparu dans le langage courant algérien pour désigner le mépris des autorités algériennes envers le peuple. Ce terme, très utilisé par le mouvement démocratique algérien depuis le début des années 2000, a pris toute sa dimension lors des émeutes sociales qui ont éclaté dans le pays en janvier 2011 dans le cadre du printemps arabe. Les immolations étaient alors l'expression extrême d'un sentiment d'injustice et d'exclusion ressenti par des jeunes victimes de la hogra.

HospitalitéHaut de page

Sans limites et désintéressée, l'hospitalité algérienne se manifeste d'abord à l'extérieur, où la bienvenue est souhaitée à l'étranger à chaque coin de rues. Si c'est la légendaire cérémonie du thé qui témoigne de la convivialité des peuples du Sud, dans le Nord, le sens de l'accueil se dévoile par l'invitation à boire un café, partager un repas ou même passer la nuit.
Spontanés et généreux, les Algériens ouvrent leur porte au visiteur de passage avec une rapidité déconcertante. L'étranger saura s'en montrer digne et ne pas en abuser.

Dans le parler algérois, le mot houma désigne littéralement le quartier au sens spatial du terme, mais il renvoie également à l'idée d'identité communautaire. A Alger, et particulièrement dans les quartiers populaires comme ceux de la Casbah, Bab El-Oued ou Belcourt, la communauté de quartier a un sens très fort. La houma, c'est une grande famille ; être fils du quartier (houmiste), c'est exister socialement.

Inch'Allah, Bismillah, El-HamdoulillahHaut de page

Les trois expressions font référence à Dieu. Inch'Allah, " Si Dieu le veut ", que vous entendrez très souvent, termine la plupart des phrases impliquant un projet (" A demain - Inch'Allah ! "). Cette expression de soumission à la volonté divine façonne les mentalités. Bismillah, " Au nom de Dieu ", ponctue les prières et se dit chez les plus pratiquants au début d'un repas. El-Hamdoulillah, " Grâce à Dieu ", qui ponctue les longues salutations, est l'expression de la reconnaissance envers ses bienfaits.

JeunesseHaut de page
Jeune algéroise sur une plage à Bab El-Oued.
Jeune algéroise sur une plage à Bab El-Oued.

Les 15-29 ans représentent environ 30 % de la population totale ! Ils sont nés avec les premières grandes émeutes post-indépendantes de la jeunesse algérienne, celles d'octobre 1988, et ont connu la décennie noire. A Alger, il y a les zawalis, les pauvres et la tchi-tchi, les jeunes issus de la bourgeoisie, la classe moyenne étant peu représentative.

Le chômage touche violemment les jeunes, près de 30 % de la population active a moins de 25 ans. Un jeune sur deux pense qu'il vivrait mieux ailleurs, même si leur sentiment d'appartenance à la nation est fort. La misère sociale pousse de nombreux jeunes à l'exil clandestin, ou à la poursuite d'études à l'étranger. Issus de la génération Internet, ils passent beaucoup de temps dans les cybercafés mais aussi sur leur smartphone auxquels ils sont ultra connectés (les forfaits 3G/4G sont désormais répandus en Algérie) et ils sont généralement très actifs sur les réseaux sociaux...

S'ils ne votent pas beaucoup, ils ne se désintéressent pas pour autant de la politique et de l'économie de leur pays. Beaucoup sont également de grands lecteurs de quotidiens que ce soit sur papier ou sur le web.

Le kahwa, le café, est une tradition à Alger. Noir, bien serré, servi dans de tout petits verres dont il ne remplit que la moitié, il se prend à toute heure de la journée. Introduit par les Turcs, avant l'arrivée des Français, il s'est imposé aux dépens du thé, contrairement aux autres pays du Maghreb ou au sud algérien. Les habitudes n'ont pas beaucoup changé depuis l'époque ottomane où les cafés maures, lieu de sociabilité par excellence, étaient déjà fréquentés exclusivement par les hommes qui venaient y régler leurs affaires, échanger nouvelles et ragots, ou tout simplement passer le temps.

Le kahwa désigne aussi le " pot-de-vin ", le bakchich que l'on verse à quelqu'un de bien placé quand on veut se tirer d'une affaire douteuse ou obtenir d'une administration des papiers plus rapidement.

Le muezzin, de l'arabe muaddin, est celui qui appelle les fidèles à la prière (adhan). Si auparavant, le muezzin devait se placer en haut du minaret de la mosquée pour que sa voix porte, aujourd'hui un haut-parleur fixé au sommet de la mosquée lui facilite bien la tâche. Tantôt crié, tantôt plus chanté, l'appel à la prière est bien différent d'une mosquée à l'autre. Au grand dam des fervents pratiquants, il n'est pas rare qu'il soit enregistré.

L'adhan se fait cinq fois par jour et correspond, cela s'entend, aux cinq prières quotidiennes. Le premier se fait très tôt le matin à l'occasion de la prière de l'aube, El-Fajr, qui tire les uns de leur sommeil lorsque les autres dorment encore profondément. Puis, la journée est ainsi rythmée par les quatre autres appels à la prière. L'adhan commence toujours par Allahu Akbar, " Allah est grand " (deux fois), suivi par Ashhadu an Lailaha-illallah, " J'atteste qu'il n'y a de Dieu qu'Allah (deux fois), Ashhadu-ana Muhammadan Rassullullah, " J'atteste que Muhammad est le Messager d'Allah " (deux fois), Hayy Ala Al Salât " Venez pour la prière en vous dirigeant vers la droite " (deux fois), Hayy Ala AI Falah " Venez vers le bien en vous dirigeant vers la gauche " (deux fois), Allahu Akbar (deux fois), puis La ilaha illallah (une fois). A l'appel à la prière du matin s'ajoute Al-Salatu Ka-airun minan naom, " La prière est meilleure que le sommeil ".
L'appel à la prière du muezzin fait partie du paysage sonore d'Alger.

Le mot normal, avec le " r " bien roulé, est entré dans le hit-parade des mots plébiscités par les jeunes : " Comment vas-tu ? " ; réponse : " Normal. " Ce mot, employé à tout-va, est symptomatique d'une jeunesse désabusée, qui ne trouve souvent plus de mots pour décrire un état, un sentiment ou même des choses. Il traduit une certaine lassitude d'une vie routinière et monotone dont se plaignent souvent les jeunes Algériens.

ParabolesHaut de page

Depuis 1986, chaque immeuble arbore, sur son toit, sur sa terrasse, sur sa façade, à ses fenêtres ou à ses balcons, ces soucoupes géantes, toutes orientées de manière à capter Eutelsat ou Hotbird et les chaînes étrangères. La parabole offre à des millions d'Algériens une véritable fenêtre sur le monde et des voyages par télévision interposée, faute de visa... Cependant, ces dernières années, les chaînes TV privées ont poussé comme des champignons et beaucoup d'Algériens les regardent désormais plus que les chaînes TV françaises ou européennes. La chaîne nationale algérienne ENTV, considérée depuis toujours comme ennuyeuse par les Algériens, perd donc encore plus de téléspectateurs qu'avant... Ennahar TV, une chaîne d'information continue, dans le même esprit que BFMTV, cartonne et elle passe en boucle dans beaucoup de maisons en Algérie et aussi dans les cafés. Ce qui plait c'est que c'est une chaîne de proximité qui s'intéresse vraiment aux problèmes quotidiens des Algériens ; en médiatisant certaines situations injustes ou intolérables, cette chaîne a réussi plus d'une fois à changer la donne et à faire intervenir les pouvoirs publics pour régler les problèmes mis en avant dans les reportages.

ParkingueurHaut de page

La situation désastreuse de la circulation et du stationnement à Alger a encouragé l'apparition d'une nouvelle activité informelle, celle de parkingueur. Le mot parkingueur est apparu dans le dialecte algérien avec l'émergence de l'activité. Le parkingueur, bien souvent un jeune sans emploi, s'attribue un espace dans la ville et la gestion d'un parking gardé improvisé. En quelques années, chaque rue, chaque recoin de la capitale s'est vue réquisitionnée et transformée en parking payant. Si tous les Algérois n'apprécient pas la loi imposée par ces jeunes et de devoir payer 20 à parfois 100 DA l'heure de stationnement, ce nouveau phénomène pallie tout de même à un bien gros problème à Alger, celui du stationnement, devenu un véritable calvaire. Les parkings gardés étant généralement saturés, et les vols de voitures fréquents. Ces jeunes, qui ont su tirer profit de ce fléau urbain et se garantir un gagne-pain, se sont rendus indispensables à la société, dans l'attente d'une réelle amélioration du stationnement dans la capitale.

Maîtres d'un véritable puzzle, les parkingeurs gèrent l'incessant chassé-croisé des véhicules et trouvent inexplicablement toujours une place dans cet imbroglio urbain.

Radjela vient de radjel, qui veut dire " homme " en arabe. La radjela, c'est la virilité, dont se targue tout bon Algérien. Basée sur l'honneur, le respect et la dignité, la radjela est souvent assaisonnée d'une belle touche de machisme. Un film à voir, Omar Gatlato, de Merzak Allouache, qui illustre bien cette notion, Gatlato signifiant en arabe " la virilité qui le tue ".

SécuritéHaut de page

C'est encore ce à quoi on pense prioritairement à propos d'un voyage en Algérie. Classé parmi les pays les moins sûrs au monde, l'Algérie est une destination encore peu recommandée par le Ministère français des Affaires Etrangères qui reste très prudent, s'il n'est plus aussi impératif qu'avant, en ce qui concerne les voyages individuels hors des grands centres urbains.

Les avertissements s'en tiennent surtout au Grand Sud, dont la situation est, à tort, assimilée à celle du Sahel et des pays frontaliers où la menace est réelle, et malheureusement à certaines autres régions comme la Kabylie, où les diverses actions terroristes sont pourtant ciblées contre les forces de l'ordre. Alger ne semble plus être concerné par cette paranoïa depuis que des mesures énergiques ont été engagées après l'attentat de 2007 afin de sécuriser la capitale. 
L'image du pays est encore marquée par la décennie noire et les évènements sporadiques contre les étrangers au début des années 2000, amplifiés par des médias peu objectifs.

On oublie souvent que 39,5 millions d'Algériens vivent dans le pays et que la plupart de ceux qui ont choisi de s'installer à l'étranger pour diverses raisons y reviennent chaque été.

A Alger, on circule normalement. On restera cependant prudent dans les quartiers populaires et on évitera de se déplacer à pied la nuit. Comme dans toute capitale, on prendra les précautions nécessaires contre le banditisme et la petite criminalité.

Alors, si la question de la sécurité ne doit pas être un frein à ses envies, il convient néanmoins de préparer son voyage, réserver ses nuits d'hôtels afin de s'assurer un point de chute, et prendre contact avec les agences touristiques si besoin.

TrabendoHaut de page

Dérivé de l'espagnol ou de l'italien contrabando, le trabendo désigne, dans l'arabe algérien, toutes les activités de vente et d'achat de marchandises provenant de la contrebande et échappant ainsi à la réglementation et au contrôle de l'Etat. Si le mot n'est réellement apparu que dans les années 1980 avec l'ouverture des frontières et les allers-retours fréquents entre la France et le Maghreb, le trabendo résulte des années de socialisme, où la pénurie obligeait alors les émigrés à rapporter de France les produits manquants. Les produits venus d'ailleurs sont arrivés peu à peu dans la rue en devenant l'objet de petits commerces illégaux. L'appât du gain et la facilité ont poussé des milliers d'Algériens à investir la rue pour y revendre, frauduleusement et sans scrupules, montres, jeans, chaussures, éléctroménager, cigarettes et autres produits. Le trabendo a ainsi bâti les fortunes de ce qu'on appelle les barons de l'import-import, expression du cru, puisqu'avec 95% des rentrées de devises dues aux hydrocarbures, l'activité d'exportation de produits algériens est minime, voire inexistante.

A Bab El-Oued sur la place des Trois-Horloges, à Belcourt, ou dans la basse casbah, le trabendo est partout au point d'être un élément souterrain devenu fondamental de l'économie algérienne puisqu'elle ne fait, en quelque sorte, que pallier certaines carences de l'économie formelle sur laquelle pèsent de lourdes contraintes administratives et un contrôle des changes strict.

Ce terme, entré par extension dans le langage algérois pour désigner le bakchich ou le " pot-de-vin ", s'est rapidement popularisé en Algérie. Tous les moyens sont bons pour améliorer son quotidien et surtout éviter les lourdes démarches administratives. Derrière ce terme sympathique de tchipa et les petites affaires anodines du quotidien se cache une réalité inquiétante, celle d'une société gangrenée par la corruption qui n'épargne aucune fonction, aucun secteur.

Le monde des affaires est pollué, le travail et le mérite dévalorisés, les inégalités grandissantes puisque tout devient possible dès lors qu'on connaît la bonne personne et surtout quand on a le porte-monnaie bien rempli.

Faire / Ne pas faire

Respecter les usages locaux, c'est faire preuve d'une courtoisie élémentaire envers un pays accueillant. Pour éviter situations embarrassantes et malentendus, conformez-vous aux usages. Voici quelques règles et conseils essentiels :

Vouvoyez vos interlocuteurs, même lorsqu'ils vous tutoient : le tutoiement n'existe pas en arabe mais nul n'ignore qu'il est très pratiqué en France.

Bien qu'une loi récente sanctionnant les pickpockets ait ralenti la vague des vols de portables, vous éviterez de sortir inutilement de votre sac téléphone ou portefeuilles afin de ne pas tenter ceux qui s'adonnent toujours à cette forme de délinquance. De manière générale, vous éviterez de vous balader avec de grosses sommes d'argent et vous préférerez un sac en bandoulière plutôt qu'un sac à dos. Avant de partir, il est conseillé de faire quelques photocopies de ses papiers d'identité.

Quand vous prenez une photo, sollicitez d'abord l'autorisation du sujet avec un sourire. En général, on ne vous fera pas d'opposition, mais si la personne refuse n'insistez pas.

Par ailleurs, malgré la levée de l'état d'urgence en février 2011, de nombreux édifices étatiques restent sous surveillance militaire ou policière. Il est donc interdit de les prendre en photo.

Evitez de porter des tenues trop décontractées (short, décolleté, mini-jupe...) dans la rue. Autant ne pas trop se faire trop remarquer. Vous vous sentirez plus à l'aise dans une tenue passe-partout.

Avant de vous aventurer n'importe où, sachez écouter les conseils des Algérois même s'ils se montrent parfois très, voire trop, prudents.

La nuit tombée, les rues d'Alger sont quasi désertes. Vous éviterez de circuler à pied la nuit, particulièrement dans les zones non sécurisées, loin des grands axes. Préférez le taxi.

Pendant le ramadan, évitez de manger, de boire et de fumer en public. Les nerfs sont à vif pendant cette période, et vous vous sentiriez assez rapidement gêné sous les regards accusateurs. En 2005, un restaurant qui a servi ses clients pendant la période du jeûne a écopé de six mois de prison et, régulièrement, des Algériens sont jugés pour avoir allumé une cigarette pendant le jeûne. Les femmes éviteront toute l'année de fumer en public...

Vérifiez avant de pénétrer dans un lieu saint ou de prière que vous y êtes autorisé. Les mosquées de la ville se visitent difficilement, cependant les zaouïa (édifices religieux fondés par les saints fondateurs de confrérie soufie et abritant leur mausolée) ouvrent volontiers leurs portes aux étrangers. N'oubliez pas de vous déchausser à l'entrée d'un lieu de prière.

La notion de priorité n'ayant pas ou peu cours dans les grandes villes, ne faites pas de scandale lorsqu'on vous passe abusivement sous le nez dans une file d'attente parce qu'il peut également arriver qu'on vous invite à passer devant.

L'Algérie vit au rythme lent du soleil depuis des millénaires ; tenez-en compte dans vos rapports avec les gens ainsi que dans l'élaboration d'un programme d'activités. Inutile de revendiquer un quelconque droit au service rapide, ce n'est pas dans les habitudes du pays. Laissez le stress à la descente de l'avion mais respectez l'heure de vos rendez-vous.

En Algérie, on peut parler très librement d'histoire ou de politique et vous ne serez en général pas les plus virulents. Il suffit de lire les titres des journaux pour s'en rendre compte. Evitez simplement d'aborder le sujet religieux ou de remettre en cause l'existence de Dieu avec des gens que vous connaissez peu : la discussion peut devenir pénible et sans fin... Un conseil : abordez sur la pointe de pied, si vous y tenez vraiment, toute discussion religieuse.

Tchi-tchiHaut de page

La tchi-tchi, c'est la jeunesse dorée algéroise. " Fils et filles à Papa ", ces jeunes habitent les quartiers chics d'Hydra ou El-Biar, sont scolarisés dans des écoles privées, sortent dans les boîtes de nuit à la mode, où ils fument la chicha (narguilé), font leur shopping dans le quartier de Said Hamdine et se distinguent par un accent particulier. L'été, ils envahissent les plages privées de Club des Pins ou Moretti et s'adonnent au Jet-Ski quand ils ne sont pas en vacances à l'étranger. Le terme de Papiche/papicha, moins utilisé, fait référence à ces jeunes issus des milieux aisés qui attachent beaucoup d'importance à l'apparence.

Ailleurs sur le web
Rejoignez la communauté Petit Futé en 1 clic
Suivez-nous sur
Participez
à la communauté