Guide de CRACOVIE : Les personnalités célèbres : Pologne

Bronisław Geremek (1932-2008)

L'ancien ministre polonais des Affaires étrangères est également une importante référence en histoire médiévale française, auteur notamment de nombreux ouvrages qui font autorité sur la pauvreté au Moyen Age. Prôneur d'un humanisme chrétien, il a été une figure importante de la dissidence polonaise. Il a été très actif dans la fondation de Solidarité. En décembre 2002, il a obtenu le grand prix de la Francophonie. Député européen, il est mort au faîte de sa reconnaissance, d'un accident de voiture.

Witold Gombrowicz (1904-1969)

Curieuse oeuvre que celle du plus illustre représentant de l'avant-garde des années trente de Varsovie. Iconoclaste, provocateur, humoristique... Gombrowicz se moque de tout, du patriotisme polonais, des conventions, de l'esprit étriqué des hommes. Il accuse les relations humaines d'être un perpétuel " viol ", le regard de l'autre formant et déformant l'existence de l'un. Quelque peu dérangeant et pinçant les démons polonais (les frères Kaczyński voulaient d'ailleurs l'interdire à l'école), il base ses histoires absurdes et burlesques sur un humour décapant. Exilé en Argentine, il mène une vie d'employé de banque, avant de passer sa " retraite " à Vence en Provence. Nul n'est prophète dans son pays et bien des Polonais l'ont haï. Mais la reconnaissance internationale et son évident talent littéraire ont quelque peu forcé la Pologne à le reconnaître comme l'un de ses plus grands écrivains. Ferdydurke, Bakakaï, La Pornographie, Transatlantique ou son journal sont autant de chefs-d'oeuvre, souvent méconnus en France, mais tous traduits en poche.

Jean-Paul II (1920-2005)

Karol Józef Wojtyła est né à Wadowice, près de Cracovie où il a été évêque et archevêque influençant énormément avec sa personnalité l'attitude de révolte des Cracoviens envers le régime communiste, parvenant à faire bâtir une église dans la banlieue ouvrière de Nowa Huta. Elu pape en 1978, ses premiers mots " N'ayez pas peur. Ouvrez les frontières des Etats, les systèmes politiques et économiques " sont un signal pour les Polonais qui en font leur icône.

Krzysztof Kieślowski (1941-1996)

Le dernier ambassadeur du cinéma polonais en date, dont on retient Le Décalogue (1989), La Double Vie de Véronique (1991), et surtout la trilogie en hommage à la France : Trois couleurs Bleu, Blanc, Rouge (1993 à 1995). Cette dernière se confronte aux idées fondamentales de la Révolution française : Liberté, Egalité, Fraternité. Trois valeurs symboliques du monde contemporain. Trois pays : la France, la Pologne, la Suisse. Trois films à la fois autonomes et liés par des correspondances multiples, autour du même thème : l'amour.

Raymond Kopaszewki, alias Kopa (1931-2017)

Meneur de jeu de l'équipe de France de football, de Reims et du Real Madrid, le Zidane de la Coupe du monde de 1958 est d'origine polonaise. Milieu de terrain, il a mené l'équipe de France en demi-finale de la coupe du monde en Suède, s'inclinant devant le Brésil et un génie de 18 ans nommé Pelé. Il permit à son ami et coéquipier Just Fontaine d'inscrire 13 buts au cours de la compétition.

Aleksander Kwaśniewski (1954)

Chef du parti social démocrate, il a été élu président de la République polonaise de 1995 à 2005. Certains lui reprochaient d'être un ancien communiste et ont cru à un retour en arrière, comme une condamnation de la révolution en douceur cinq ans après. Mais pendant qu'il était à la tête du pays, Kwaśniewski portait parfaitement l'habit nouveau du démocrate, se révélant avant tout un technocrate peu idéologique et pragmatique, et poursuivait les réformes qui semblaient logiques pour le développement du pays.

Adam Małysz (1977)

Héros national, champion du monde de saut à ski sur petit tremplin. Quand Małysz saute, les Polonais retiennent tous leur souffle, l'avenir du pays en dépend. Adam Małysz continue de collectionner les victoires. Rappelons le concours de saut à ski de Bad Mittenhorf en Autriche, en janvier 2005, avec un saut magistral de 209 m, et le concours de Zakopane, dans son pays natal.

Adam Mickiewicz (1798-1855)

Poète romantique national par excellence, Mickiewicz est l'incarnation du tragique destin de la Pologne rayée de la carte, qui reporta ses espoirs dans un messianisme nationaliste et chrétien, selon lequel " La Pologne est le Christ des Nations ". Il diffusa ces idées, véritables ciments de l'identité collective polonaise moderne, dans des ouvrages d'une forme très inspirée des romantismes allemand (Goethe) et russe (Pouchkine). Son oeuvre comporte principalement des poèmes lyriques aux thèmes historiques et nationaux (Pan Tadeusz, Conrad Wallenrod, Les Aïeux) et des réquisitoires (Livre du Pèlerin Polonais). Sa langue est aussi fondatrice des codes poétiques du polonais moderne.

Czesław Miłosz (1911-2004)

Cet intellectuel, politologue et prosateur, a dominé la littérature de l'après-guerre et a reçu le prix Nobel de littérature en 1980. Auteur notamment de Sur les bords de l'Issa, roman sur le paradis de son enfance en Lituanie où il est né en 1911. Après son exil de la Pologne communiste en 1951, il vécut en France et aux Etats-Unis. Il est entre autres l'auteur de romans, La Prise de pouvoir (1953), d'essais, La Pensée captive (1953), et de poèmes, Trois hivers (1936), Lumière du jour (1953), Le Salut (1945), Terre inépuisable (1984). Décédé à Cracovie à l'âge de 93 ans, il est considéré comme l'un des poètes majeurs du XXe siècle.

Daniel Olbrychski (1945)

Grand blond costaud, il a incarné pendant vingt ans, au cinéma, le prototype du Polonais, voire du " héros polonais ". Athlète, star des films de Wajda ayant succédé à la star des années 1950-60 prématurément décédée, Zbigniew Cybułski, il a été le noble lutteur de l'époque des partages dans Cendres (1965), l'intellectuel déboussolé après les camps dans Paysage après la bataille (1970), la conscience nationale dans Les Noces (1972), l'entrepreneur polonais dans La Terre Promise (1975). Sex-symbol, il s'est illustré aussi dans des rôles d'amant dans Jowita (1967) et dans les films historiques d'aventure de Jerzy Hoffmann qui l'ont propulsé icône de l'éternel Polonais viril et fier (Pan Wołodyjowski - 1968, Le déluge - 1974). A l'étranger, on s'est souvent adressé à lui pour jouer le rôle du Polonais ou... du Soviétique ! (Le Tambour ou la Diagonale du Fou ; il a même joué dans Les Uns et Les Autres de Claude Lelouch). A la hauteur de ses rôles, Olbrychski est un patriote avec panache. En 2004, il est entré avec un sabre dans une exposition sur le nazisme où on voyait sa photo en officier nazi, issue d'un film, et a tout cassé !

Krzysztof Penderecki (1933)

Compositeur et chef d'orchestre, il a été salué comme l'un des plus grands compositeurs contemporains au festival l'Automne de Varsovie (Warszawska Jesień). Dans sa création, il s'inspire surtout de la religion catholique (Stabat Mater, Passion selon saint Luc, Utrenja...).

Roman Polański (1933)

Cinéaste et comédien français d'origine polonaise. On retient de lui Quand les anges tombent (1959), Le Bal des vampires (1967), Rosemary's baby (1968), Tess (1979), Frantic (1988) ou Lune de fiel (1992). Son film, Le Pianiste (2002), est pour lui un véritable retour à son enfance, quand ses parents revinrent en Pologne, à Cracovie, juste avant la déclaration de la Seconde Guerre mondiale et en connurent, avec leur fils, toutes les horreurs. Enfermé dans le ghetto de Podgórze, Polański en fut un des rares rescapés.

Artur Rubinstein (1887-1982)

ll est considéré comme un des pianistes majeurs du XXe siècle. Originaire de Łódź, Rubinstein vit plusieurs années à Paris, sur l'avenue Foch. Sa fille, Eva Rubinstein, a créé un festival de piano en son honneur qui se tient chaque année dans sa ville natale.

Henryk Sienkiewicz (1846-1916)

Ecrivain, auteur de romans historiques, dont le plus célèbre est Quo Vadis ? (1896), prix Nobel de littérature en 1905 (le premier pour les Polonais). Parmi ses romans, d'obédience nationaliste et historicisante, on peut citer Ogniem i mieczem (Par le fer et par le feu, 1884) dont un film à succès a été réalisé et Krzyżacy (Les Chevaliers teutoniques, 1897-1900).

Isaac Bashevis Singer (1904-1991)

Journaliste et écrivain d'origine polonaise, il est considéré comme l'un des plus grands conteurs juifs d'expression yiddish du XXe siècle. Né à Leoncin, ce fils de rabbin arrive à 4 ans à Varsovie. Il passe son enfance dans un quartier populaire de la capitale dont il racontera l'ambiance dans son livre Au tribunal de mon père. Dans son oeuvre, écrite systématiquement en yiddish, il mélange réalisme, tragédie et fantastique, avec en trame de fond les traditions judéo-polonaises d'avant la Seconde Guerre mondiale. Fuyant la vague antisémite qui s'abat sur l'Europe de l'Est, Isaac Bashevis Singer émigre aux Etats-Unis en 1935 et rejoint la rédaction du journal juif new-yorkais The Daily Forward. En 1943, il acquiert la nationalité américaine. Il obtient le prix Nobel de littérature en 1978, après avoir écrit de nombreux ouvrages. Le public international est définitivement conquis avec Ombres sur l'Hudson, un livre posthume paru en 1998. Dans ce récit poignant, il peint avec justesse les sentiments de culpabilité et de liberté des rescapés du Yiddishland, tout en jetant çà et là des pointes d'humour noir propres aux Juifs new-yorkais. Ces oeuvres rencontrent aujourd'hui un vif succès en Pologne.

Władysław Szpilman (1911-2000)

Pianiste et compositeur polonais d'origine juive. Né à Sosnowiec, il étudie le piano à l'Académie Chopin de Varsovie. A partir de 1933, il entreprend une brillante carrière de soliste et devient ensuite le pianiste officiel de la Radio Polonaise. Pendant l'occupation allemande de Varsovie, Szpilman vit l'enfer du ghetto et la déportation de sa famille au camp d'extermination de Treblinka à laquelle il échappe de justesse : quelqu'un le reconnait et lui permet de se sauver lors du chargement du convoi à Varsovie. Après la guerre, il dirige le département de musique de la Radio polonaise jusqu'en 1963. Durant cette période, il compose plusieurs oeuvres symphoniques, des chansons, notamment pour enfants, de la musique de film, des pièces radiophoniques. Le vécu de la guerre lui empêche de reprendre sa carrière de soliste concertiste, n'étant plus en mesure d'en supporter la tension nerveuse. Toutefois, il enregistre d'innombrables programmes en solo pour la radio et continue à donner des concerts de musique de chambre, principalement avec son ami violoniste Bronislaw Gimpel avec lequel il fonde en 1963 le légendaire " Quintette de Varsovie ". En 2002, Roman Polański tourne le film Le pianiste d'après les mémoires de Szpilman.

Kazik Staszewski (1963)

Punk, hip-hopeur, rockeur, Każik est depuis les années 1980 porteur d'une musique " rebelle " qui ne pardonne ni au communisme, ni à la démocratie. Chanteur-auteur-compositeur le plus reconnu en Pologne contemporaine, il est l'icône de toute une génération. Iconoclaste comme peu d'artistes osent l'être en Pologne, démonteur de la société conservatrice, des politiciens véreux et des voleurs de liberté, c'est un artiste très créatif, ayant touché à beaucoup de styles, free jazz, heavy metal, rap, rock (dans son premier groupe Kult), acid jazz, reggae, pour porter des textes acerbes et de grande qualité. Même si l'on ne parle pas polonais, sa voix reconnaissable et l'inventivité de ses compositions en font une vitrine musicale sur la Pologne des années 1980-2000. A présent vu comme un " vétéran ", c'est indéniablement la personnalité la plus à part dans une scène musicale contemporaine, au milieu d'un flot de musique commerciale kitsch ou violente.

Wisława Szymborska (1923-2012)

Née dans un village non loin de Poznan, c'est une des majeures poétesses polonaises du XXe siècle, prix Nobel de la Littérature en 1996. A partir de 1931, elle s'établit à Cracovie, ville qu'elle ne quittera plus. Sa poésie unit réflexions philosophique et morale et est centrée sur l'existence humaine et sur le rapport entre l'homme et l'histoire. Elle est l'auteur de 18 recueils de poésie.

Andrzej Wajda (1926-2016)

Tête de file du cinéma polonais après 1960, on retient Cendre et Diamants (1958), Les Noces (1972), La Terre Promise (sur l'histoire de Łódź, 1975), L'Homme de marbre (1976), dont une partie se déroule à Nowa Huta (banlieue de Cracovie), L'Homme de fer (1981), réalisé après les grèves d'août 1980, et Danton (1982). Cinéaste remarquable, il consacre une partie de son oeuvre cinématographique à la lutte des Polonais face au communisme. Dans la lignée de ses grandes fresques de la littérature et de l'histoire nationale, ses derniers films sont Pan Tadeusz (avec Daniel Olbrychski et Roman Polański), une adaptation de Mickiewicz, et, en 2007, Katyń, le premier film qui se mesurait à ce " drame national ", l'assassinat de dizaines de milliers de Polonais par les Soviétiques pendant la guerre.

Lech Wałęsa (1943)

Ouvrier électricien du chantier naval de Gdańsk, en août 1980, il est l'un des organisateurs des grèves de Gdańsk puis leader syndicaliste de Solidarność. Il signe les accords historiques de la Table ronde de 1989, puis devient président de Pologne de 1990 à 1995. Battu aux élections présidentielles pour un deuxième mandat, il a depuis quitté la vie politique. Il fut élu prix Nobel de la paix en 1983.

Stanisław Wyspiański (1869-1907)

Né à Cracovie, dramaturge, peintre, metteur en scène, architecte et poète, Wyspiański a été l'un des artistes européens les plus prolifiques. Associant l'Art Nouveau aux traditions polonaises, sa création a profondément influencé la ville de Cracovie, comme on peut le voir dans les vitraux de l'église des Franciscains.

Andrzej Żuławski (1940-2016)

Né en Pologne en 1940, il s'installe en France en 1957 où il entreprend des études de cinéma. Assistant d'Andrzej Wajda, il réalise son premier long-métrage en 1971, intitulé La Troisième Partie de la nuit. Victime de la censure politique, il revient à Paris en 1972 et sort Le Diable. Ses derniers succès cinématographiques sont Possession (1981), Mes nuits sont plus belles que vos jours, Boris Godounov (1989) et La Fidélité (2000). Il a été marié à l'actrice française Sophie Marceau.

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