Guide de CRACOVIE : Arts et culture

La Pologne et la science

Nicolas Copernic (1473-1543). Astronome célèbre qui a démontré que la Terre tourne sur elle-même et autour du Soleil. Ce véritable révolutionnaire de la science a eu la chance de n'être ni condamné par l'Eglise ni brûlé, comme d'autres l'ont été pour des idées semblables. Quelle déception en effet pour certains de constater que la Terre n'est pas le centre de l'univers, mais un simple élément du système solaire ! Quelle joie aussi pour d'autres de comprendre que les autres planètes ne sont pas de simples rochers, mais peut-être des espaces comme le nôtre, habitées d'êtres vivants !

Marie Skłodowska Curie (1867-1934). Incontournable physicienne et chimiste française d'origine polonaise, prix Nobel de physique en 1903 (avec Pierre Curie, son mari) et prix Nobel de chimie en 1911. On lui doit la découverte du radium, point de départ des recherches dans le domaine de l'atome, avec des applications aussi diverses que le rayon X, l'énergie nucléaire ou la bombe atomique et du polonium dont le nom fut donné en hommage à son pays natal.

Architecture
Des origines jusqu'à l'époque gothique

Pendant des siècles, les constructions polonaises étaient en bois ou dans d'autres matériaux ne résistant pas longtemps aux intempéries. Ainsi, de la période antérieure à la véritable naissance de la nation polonaise (Xe siècle), il ne reste pas grand chose, sinon le site de Biskupin en Grande-Pologne, seul témoin de la vie primitive dans cette région d'Europe. Pays jeune, la Pologne a assez peu développé l'architecture romane entre le Xe et le XIIIe siècle. C'est pour cette raison qu'il reste aujourd'hui assez peu d'églises en pierre dans tout le pays. A Cracovie, son austérité caractéristique se remarque surtout dans l'église de Saint-Adalbert et dans l'église de Saint-André. Quant au gothique, il a été largement apprécié des architectes polonais à partir des XIIIe et XIVe siècles. La brique a remplacé la pierre comme matériau le plus utilisé dans les constructions, et les églises ont pour la plupart été construites pendant cette période. De nombreux édifices civils, forteresses ou hôtels de ville, ont été également construits à cette époque, le plus souvent en brique, laissant des traces de l'architecture gothique dans toutes les villes et les campagnes de Pologne. Beaucoup d'architectes furent des artistes anonymes. C'est à cette époque que les bâtiments des centres de Varsovie, de Cracovie, de Gdańsk, de Poznań et de Wrocław furent érigés. La cathédrale de Wawel et l'église de Notre-Dame en sont les exemples les plus remarquables à Cracovie.

De la Renaissance au Baroque

La Renaissance polonaise se répandit avant tout pendant le règne de Stefan Batory au XVIe siècle, mettant un terme au gothique, et faisant réapparaître la pierre comme matériau, associée à la brique dans un souci d'esthétisme. Les maisons bourgeoises ont commencé à s'orner de décorations superbes, et certaines églises ont été transformées. La Halle aux Draps et le château de Wawel sont le meilleur exemple de Renaissance cracovienne.

A partir de la fin du XVIe siècle, et surtout au XVIIIe siècle, le Baroque a fait son apparition en Pologne, comme dans la plupart des autres pays européens (à l'exception de la France où cette forme d'architecture n'a pas connu un très grand succès), et s'est efforcé de transformer les édifices construits aux époques antérieures. Les façades des maisons ont été décorées de couleurs vives et de riches ornements, et la plupart des Rynek (place principale) ont conservé l'aspect originel de cette forme d'architecture. Les églises ont été transformées à cette époque, dans leur décoration intérieure comme dans leur aspect extérieur. On peut parfois reprocher à l'architecture baroque d'avoir fait perdre un peu d'authenticité aux édifices construits auparavant. De nombreux palais ont également été construits pendant cette période, et sont la plus brillante expression de l'architecture baroque. Les plus beaux datent en général du XVIIIe siècle. Les artistes italiens et allemands eurent une grande influence sur le baroque polonais et l'architecture classique.

Temps modernes

Les XIXe et XXe siècles se caractérisent par des mouvements artistiques fiévreux pour l'indépendance. A cette époque, les artistes se concentrent sur l'utilisation des éléments de l'architecture traditionnelle polonaise ; ils forment un groupe appelé " Jeune Pologne " (Młoda Polska). Au XIXe siècle, comme dans l'ensemble de l'Europe, l'architecture de la Pologne a été aussi marquée par un retour des styles anciens exprimés de manière nouvelle. Cette époque est caractérisée par des édifices de style néogothique, néo-Renaissance ou néoclassique. A l'aide de matériaux et de techniques modernes, les bâtisseurs se sont efforcés de copier des styles anciens. Les édifices de style néoclassique ont été dans l'ensemble les plus réussis à cette époque. Ce sont souvent des théâtres, opéras, ou autres édifices civils de toutes sortes.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'objectif architectural était la reconstruction des villes, complètement détruites. Les édifices ont, pour les plus importants d'entre eux, retrouvé leur aspect originel, mais, par manque de moyens financiers, la plupart des reconstructions civiles telles que les maisons ou les immeubles n'ont pas bénéficié de la même attention.

Le régime communiste a instauré un style dit réaliste socialiste, fait de béton et de matériaux peu coûteux et rapides à la construction. C'est à cette époque, principalement dans les années 1950, que les tristes banlieues des grandes villes polonaises ont émergé, sans aucune grâce, comme Nowa Huta à Cracovie. Dans les centres-villes, de sinistres édifices ont également été bâtis pour accueillir la nouvelle nomenklatura et la lourde administration. Depuis la chute du communisme, les Polonais se sont engagés, avec l'aide de capitaux internationaux dans la restauration de leurs plus beaux édifices, afin de rendre aux villes un aspect plus humain, après 45 ans d'architecture lugubre. Mais, en parallèle, les bâtiments modernes et vitrés, poussent comme des champignons dans les plus grandes villes.

La fin des années 1990 a été marquée par l'activité des constructeurs immobiliers, qui appréciaient aussi bien le succès financier qu'un bon emplacement et une architecture de qualité. Souvent on fit appel aux plus grands noms de l'architecture mondiale.

Cinéma

Si le premier film polonais a été tourné en 1908, la plupart des productions de la première moitié du XXe siècle sont relativement conventionnelles et sans relief. Il faut attendre les années 1950 pour voir émerger quelques oeuvres remarquées du grand public. Dans les années 1960 à 1990, il est devenu l'un des plus grands cinémas d'auteurs, avec, issus de son école de cinéma de Łódź, quantité de réalisateurs aux oeuvres personnelles, très travaillées esthétiquement et porteuses d'une responsabilité sociale et d'une conscience nationale. Ce que la littérature avait porté à l'époque des partages, le cinéma l'a fait sous le communisme : utiliser des symboles pour faire passer des messages et perpétuer la tradition nationale quand l'Etat a été " volé ". Souvent historique, philosophique, très sérieux, le cinéma polonais comporte tout de même de sérieuses comédies comme les films de Stanisław Bareja, Miś et Rejs, qui mettent en relief tout l'absurde de la société polonaise des années 1970-1980.

Très reconnu en France et apprécié dans le monde entier, le cinéma polonais de l'après-guerre est sans conteste l'un des plus talentueux, et sa qualité en fait un art à part entière. Depuis qu'il n'y a plus de régime contre lequel lutter (et capable de financer des projets très coûteux !), la créativité y est moindre et les auteurs se raréfient. Depuis les années 1990, plusieurs excellents films ont été tournés ; généralement, l'accent est plus mis sur les comédies, notamment avec les films de Juliusz Machulski (Killer, Dzień świra). La vieille garde est toujours là pour l'histoire et la littérature, avec des films tels que Le Pianiste de Polański, Ogniem i Mieczem (Par le fer et par le feu) de J. Hoffman, d'après la trilogie de H. Sienkiewicz ou Pan Tadeusz de A. Wajda, d'après le roman de A. Mickiewicz. Le cinéma d'animation polonais est également d'excellente qualité, notamment dans les films de Tomek Bagiński, jeune auteur plein de talent qui a retenu l'attention avec son court métrage Art déchu (Sztuka Spadania).

Andrzej Wajda a commencé en 1955 sa riche et prolifique carrière avec Une fille a parlé (Pokolenie), et s'est illustré en 1977 avec L'Homme de marbre (Czlowiek z Marmuru) et Danton, en 1982.

Roman Polański a commencé sa carrière en 1962 avec Le Couteau dans l'eau (Noz w Wodzie) avant de partir pour l'Ouest et de connaître une carrière éblouissante avec Le Bal des vampires (1967), Rosemary's baby (1968), Chinatown (1974), Tess (1979), Frantic (1986) ou Lune de fiel (1992). En fait, à l'image de Polański ou de Wajda, la plupart des meilleurs réalisateurs polonais ont travaillé avec la France, qui fut toujours très sensible à l'expression cinématographique polonaise.

Jerzy Skolimowski, contraint à l'exil dans les années 1960 comme Polański, a réalisé en France Travail au noir (1983).

Krzysztof Zanussi a marqué les années 1970 avec Illumination (Illuminacja) en 1973.

Andrzej Żuławski, également expatrié en France, a réalisé L'Important c'est d'aimer (1974), Possession (1981), L'Amour braque (1985), Mes nuits sont plus belles que vos jours (1989), La Fidélité (2000).

Agnieszka Holland, après avoir travaillé avec Wajda, a réalisé également en France Le Complot (1988) et Europa Europa (1990).

D'abord en Pologne, puis en France, Krzysztof Kieślowski (1941-1996) a réalisé les excellents Décalogue en 1989, La Double Vie de Véronique en 1991 et la trilogie Bleu, Blanc, Rouge (1993 à 1995), hymne à la France.

Il faudrait encore citer Witold Leszczyński, Wojciech Has, Janusz Morgensztern, Jerzy Kawalerowicz, Andrzej Munk, Tadeusz Konwicki, tous de grands réalisateurs...

Les actrices les plus populaires actuellement en Pologne sont Beata Tyszkiewicz, Krystyna Janda, Katarzyna Figura, Agata Bużek, Małgorzata Foremniak, Małgorzata Kożuchowska, Joanna Brodzik.

Les acteurs les plus populaires actuellement en Pologne sont Bogusław Linda, Cezary Pazura, Stanisław Tym, Marek Kondrat, Witold Pyrkosz, Jerzy Turek, Piotr Fronczewski, Borys Szyc, Maciej Zakościelny, Piotr Adamczyk. Beaucoup d'entre eux appartiennent à la jeune génération et jouent également dans des séries télévisées à la mode en Pologne. La plus populaire est M jak Miłość (A comme Amour) régulièrement regardée par 10 millions de Polonais.

Littérature

Avant la Renaissance, le latin était pratiquement la seule langue utilisée en littérature. La plupart des récits sont des chroniques comparables à celles de l'histoire de France de la même époque, ou des traités politiques.

Jan Długosz (1415-1480) nous a laissé une superbe chronique de 12 volumes, rédigée en latin, qui raconte l'histoire de la Pologne des origines au XVe siècle. A partir du XVIe siècle, avec l'imprimerie, le polonais fut de plus en plus utilisé comme langue.

Le poète Jan Kochanowski (1530-1584) est un peu l'équivalent polonais de Ronsard, et écrivit toutes ses oeuvres en polonais, s'imposant comme le premier véritable artiste reconnu dans cette langue. Pendant les deux siècles qui ont suivi, la poésie fut la principale expression artistique littéraire adoptée en Pologne, et son plus glorieux représentant est Ignacy Krasicki (1735-1801).

Au XIXe siècle, la poésie romantique perça largement, avec des artistes tels que Juliusz Słowacki (1809-1849) ou Adam Mickiewicz (1798-1855), les plus célèbres de cette époque (et dont la statue orne la plus grande place de Pologne, à Cracovie).

A la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, les oeuvres polonaises furent surtout écrites en prose avec comme principaux représentants deux prix Nobel, Henryk Sienkiewicz (1846-1916) et Wladysław Reymont (1867-1925), nationalistes et positivistes. Mais il faut surtout citer le talentueux positiviste Bolesław Prus (1847-1912) et le brillant trio d'avant-garde de l'entre-deux-guerres : Witold Gombrowicz, Bruno Schulz dont les écrits fantastiques et touchants présentent d'étonnantes similarités avec l'oeuvre de Kafka (juif de Galicie, il fut assassiné par les nazis) et Stanisław Ignacy Witkiewicz (Witkacy) (1885-1939), ce dernier s'illustrant également dans le domaine du théâtre avant de se suicider peu de temps après la déclaration de guerre, qui signifiait selon lui la destruction de la civilisation. L'un des plus grands poètes polonais de ce siècle, Krzysztof Kamil Baczyński (1921-1944), mort prématurément lors de l'insurrection de Varsovie, compte parmi les plus grands artistes du pays.

L'après-guerre a été dominée par l'oeuvre de Czesław Miłosz, prix Nobel de littérature en 1980, fin analyste du régime communiste et érudit, auteur d'une très complète Histoire de la Littérature Polonaise ; et par multiples autres figures de la dissidence intellectuelle, souvent originales, écrivant pour " le tiroir ", censure oblige. Citons notamment Tadeusz Konwicki, aussi cinéaste (Le Complexe Polonais et La petite apocalypse qui content les absurdités du régime communiste), ou encore Kazimierz Brandys. Récemment, c'est la poétesse Wisława Szymborska qui est apparue sur la scène en obtenant, elle aussi, le prix Nobel de littérature en 1996, avec ses Poèmes sur la mort. La Pologne détient un taux de " poétisation " record avec plus de 100 000 écrivains de poèmes, dont deux prix Nobel, qui vivent à Cracovie !

Médias locaux
Musique
<p>Musiciens des rues en costume traditionnel dans la vieille ville.</p>

Musiciens des rues en costume traditionnel dans la vieille ville.

Jusqu'au XIXe siècle, la musique polonaise est principalement caractérisée par la musique traditionnelle et folklorique. Les styles musicaux étaient essentiellement régionaux et l'utilisation des instruments artisanaux était la plus répandue.

A la période romantique, né de père musicien français et de mère polonaise, Frédéric Chopin utilisa les styles traditionnels pour imposer une musique nouvelle appréciée dans toute l'Europe et aujourd'hui répandue dans le monde entier. Chopin est le plus célèbre des compositeurs polonais, véritable symbole de la musique nationale. D'autres compositeurs talentueux, comme Stanisław Moniuszko (1819-1872) dont la plus grande oeuvre est le fameux opéra Straszny Dwór ou Henryk Wieniawski (1835-1880), ont marqué également la musique polonaise du XIXe siècle. Mais ils restent un peu dans l'ombre de Chopin.

Au cours du XXe siècle, la musique classique a continué de rayonner en Pologne, principalement autour d'Arthur Rubinstein (1886-1982), et le jazz est apparu clandestinement dans les années 1950 avec Krzysztof Komeda, qui a composé la musique des premiers films de Polański. Aujourd'hui, la Pologne est considérée à juste titre comme une nation musicale, avec de belles salles de concerts et de nombreux jeunes talents. Concerts et festivals sont organisés toute l'année pour mettre en valeur les jeunes musiciens en herbe comme les artistes les plus reconnus. Depuis peu, un renouveau de la musique traditionnelle apparaît, mettant l'accent sur la musique de la montagne. Cette nouvelle mode s'est lancée grâce à des groupes tels que Golec Orkiestra et Brathanki. Ce pays est musicien et encore plus à Cracovie qui est réellement la capitale culturelle. L'an 2006 a été celui de Piotr Rubik, compositeur et chef d'orchestre dont le concert Tu es Petrus, en mémoire du pape Jean-Paul II, est l'une des plus belles oeuvres de musique polonaise contemporaine.

Frédéric Chopin (1810-1849)

Né près de Varsovie en 1810, ce célèbre compositeur incarne à la fois le génie de la création artistique polonaise et le rapprochement franco-polonais, puisque le génial pianiste a passé de nombreuses années de sa courte vie à Paris (il est mort à 39 ans), côtoyant entre autres George Sand avec laquelle il entretiendra une liaison amoureuse pendant 9 ans. Chopin a d'ailleurs été enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris. Selon son souhait, son coeur a été transporté à Varsovie et repose dans l'église de la Sainte-Croix, rue Krakowskie Przedmieście.

A l'occasion du bicentenaire de sa naissance, d'importantes festivités ont eu lieu à Varsovie : ballets, concerts, affiches, et 14 bancs musicaux, répartis dans les endroits liés directement à la vie de Chopin à Varsovie. Il suffisait d'appuyer sur un bouton pour écouter des extraits musicaux des oeuvres de Chopin. Un nouveau musée biographique multimédia a été également inauguré dans le palais Ostrogski.

Peinture et arts graphiques

Au Moyen Age, les artistes polonais ont produit principalement des oeuvres d'inspiration religieuse. On trouve donc l'essentiel de l'art médiéval dans les églises et les édifices religieux. L'un des principaux sculpteurs du gothique polonais fut Wit Stwosz, auteur du retable dans l'église de Notre-Dame à Cracovie.

A partir de la Renaissance, la sculpture fait son apparition dans les édifices civils, comme les décorations extérieures des maisons, sous la forme de bas-reliefs.

C'est surtout à la fin du XVIe siècle, avec l'avènement de l'art baroque, que la Pologne connaît une période de création artistique importante en sculpture et en peinture. Les artistes recouvrent les intérieurs religieux de peintures en trompe-l'oeil, et de sculptures de style rococo. Dans la peinture, l'or est employé beaucoup plus abondamment qu'auparavant. L'art baroque s'est exprimé en Pologne pendant plus de deux siècles, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, et a marqué les productions religieuses et civiles de cette époque.

Au XIXe siècle, les peintures polonaises sont dans l'ensemble de style réaliste, évoquant des scènes de batailles et de grandes pages de l'histoire nationale. Cela s'explique en grande partie par la quête d'une identité nationale chez les artistes de l'époque, vivant dans une Pologne sous domination étrangère. L'impressionnisme a en revanche été très peu apprécié des artistes polonais de la fin du XIXe siècle, même si les peintres de l'époque ont essentiellement représenté des paysages, mais avec des techniques plutôt traditionnelles.

Au début du XXe siècle, les peintres polonais ont dans l'ensemble suivi les courants artistiques européens, et le plus talentueux a sans doute été Tadeusz Makowski (1882-1932) qui s'est largement inspiré du cubisme. Il faut mentionner aussi Jan Matejko qui devint le maître le plus remarquable du nationalisme héroïque. En revanche, les affiches de Wiesław Walkuski appartenaient aux arts appliqués modernes. Si l'art polonais a connu une riche période d'avant-garde entre les deux guerres, à l'image du non moins génial portraitiste, dramaturge et écrivain Witkacy, le contexte politique l'a ensuite entraîné vers le style réalisme socialiste. Toutefois, la Pologne - et notamment par l'art - a toujours montré un certain refus de ce style et parvenait, en comparaison de ses pays voisins, à produire des oeuvres abstraites plus d'avant-garde. La religion aussi a tenu une place importante, car, par elle, les artistes pouvaient exprimer leurs opinions. Ainsi, par exemple, les années 1980 furent marquées par un art underground dans lequel la société retrouvait son opposition au régime. Les tableaux étaient comme codés, avec beaucoup d'allusions spécifiques aux événements et au pays.

Aujourd'hui, que ce soit en peinture ou en sculpture, on peut distinguer deux grands courants artistiques, l'un respectant la vieille école réaliste sous la forme de représentations minutieuses, et l'autre utilisant de nouveaux matériaux et de nouvelles formes d'expression pour un art plus d'avant-garde. L'art contemporain est similaire à l'art européen et américain. La spécificité polonaise disparaît. La plupart des oeuvres des artistes contemporains, fort nombreux, sont montrées dans des musées sous forme d'expositions temporaires, ou dans les nombreuses galeries d'art que compte le pays, la plupart du temps d'accès libre. La peinture et la sculpture sont promises au plus bel avenir en Pologne !

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