Guide de CRACOVIE : Mode de vie

Vie sociale

Bien que la Pologne soit un des derniers pays européens à avoir été victime du " crash démographique ", le pays suit actuellement le même chemin que les autres anciens pays communistes d'Europe de l'est. La chute démographique a atteint un niveau très inquiétant : le taux de natalité est à ce jour inférieur à celui de la mortalité.

A l'origine de cette situation, plusieurs raisons : l'insécurité de l'emploi, le chômage, la baisse des salaires, l'insuffisance des aides de l'Etat, la crise du logement. Si le pourcentage des divorces augmente significativement, la famille reste une institution très forte, un pilier de la société polonaise. Encore aujourd'hui, la pénurie de logement oblige plusieurs générations à vivre souvent sous le même toit. A l'intérieur de la famille, la femme occupe une place centrale. Les femmes assument l'essentiel des travaux ménagers, tout en ayant une activité professionnelle par ailleurs. Le taux d'activité féminin a aujourd'hui rattrapé celui des hommes et la plupart des médecins et des enseignants sont des femmes.

Les Polonais accordent beaucoup d'importance à l'éducation. La scolarisation est obligatoire de 6 à 16 ans et le taux d'alphabétisation dans le pays atteint presque le 100 %. Quant au taux d'abandon scolaire précoce, il est très bas (5 %).

Il existe actuellement en Pologne un système bien développé de santé publique et privé. Même si les hôpitaux sont parfois dans un état délabré, les médecins sont très bien formés et les règles d'hygiène toujours respectées.

Tout au long de son histoire, la Pologne a connu un fort taux d'émigration, souvent pour des raisons politiques ou économiques. En témoigne cette donnée étonnante, la deuxième ville au monde qui recense le plus de Polonais, après Varsovie... est Chicago ! Par ailleurs, un nombre non négligeable de Polonaises émigrent et épousent des étrangers, créant une sorte de diplomatie officieuse. Depuis l'ouverture de la Pologne, la tendance commence à s'inverser. Même si le rêve d'une vie meilleure à l'étranger persiste, beaucoup de jeunes Polonais pensent aujourd'hui que leur avenir est dans leur pays. Et certains Polonais partis vivre à l'étranger reviennent en Pologne retrouver leurs racines, dans un pays libre et en développement économique.
Pays catholique, soit, mais les jeunes éprouvent un grand besoin de s'exprimer librement. Les jeunes couples d'aujourd'hui s'affichent ainsi sans problème. Les transports en commun offrent le plus grand témoignage du conflit de générations, où les personnes âgées regardent de travers les amoureux qui, sur les genoux l'un de l'autre, s'embrassent. Quant au mariage, il reste encore une institution extrêmement importante, une fin en soi. Il est très difficile de ne pas se marier. Toutefois, dans les grandes villes, les jeunes commencent à accorder davantage d'importance à leurs études et à leur carrière. Rappelons que l'avortement est une pratique interdite en Pologne. Depuis 1994, l'IVG (Interruption volontaire de grossesse) est interdite, sauf si la grossesse résulte d'un viol ou d'un inceste. Le cas d'une femme forcée d'accoucher d'un deuxième enfant handicapé a ému l'opinion publique, mais pas les législateurs, qui continuent de fermer les yeux sur les avortements clandestins.
Toute l'histoire de la Pologne est marquée par de nombreuses invasions étrangères et le pays en tant que tel ne compte que peu d'années de réelle existence. Pourtant, ou de ce fait, le " nationalisme " polonais est fort. Dans ce cas de figure, le mot nationalisme signifie que, les Polonais ont toujours voulu garder coûte que coûte leur identité, malgré les tentatives des pays occupants de l'annihiler.
Même lorsque la Pologne faisait partie de l'ensemble des pays de l'Est, la population (l'élite en tout cas), a ostensiblement affiché son appartenance nationale peu encline à véhiculer l'idéologie communiste. Aujourd'hui, face à l'entrée dans l'Union européenne, certains partis politiques utilisent cette image de l'Europe, nouveau pays occupant, pour dissuader les Polonais d'y être favorables. " L'Europe, c'est Hitler ", affichait la Ligue des familles polonaises dans sa campagne contre l'adhésion à l'UE.

Religion

La religion est omniprésente en Pologne. Presque tous les Polonais sont catholiques pratiquants. La vie et surtout les fêtes nationales sont rythmées par le calendrier religieux et chaque fête s'accompagne de traditions, de rites et de manifestations de grande ampleur. C'est le cas notamment pour Pâques, la Toussaint et Noël. Częstochowa et Licheń, hauts lieux de pèlerinage, attirent chaque année des milliers de fervents pèlerins. Dans la vie quotidienne, il n'est pas rare de voir quelques signes de cette croyance. Par exemple, selon une des coutumes locales, en passant devant une église, les hommes soulèvent leur casquette ou chapeaux, et les femmes se signent. La religiosité des Polonais s'inscrit dans l'histoire même de la nation. Celle-ci commence en effet en 966, date de l'adoption du christianisme par le prince des Polanes, Mieszko Ier. L'État polonais s'est construit entre autres suite à la diffusion du christianisme. L'Église a toujours soutenu l'indépendance du pays, ce qui a été très important lors de la période des partages (1795-1918), pendant la Seconde Guerre mondiale et au cours des années du communisme. Après que Karol Wojtyła a été élu pape en 1978, l'Église catholique a incarné l'espoir pour les Polonais, comme un signe que l'heure de la Pologne allait venir. Sa mort en 2005 a provoqué les plus grandes manifestations populaires depuis Solidarność. L'église est divisée entre un pôle modéré et humaniste, porteur de valeurs de tolérance et de dialogue. L'autre pôle, parfois quasiment réfractaire à l'idéologie officielle de Rome, autour de Radio Maryja, est nationaliste, antisémite et ultraconservateur. Cette polarisation est à l'image de la polarisation politique en Pologne, et de disparités énormes au sein du pays, selon les milieux sociaux.

En Pologne, il existe environ 130 églises ou associations confessionnelles officiellement enregistrées. La plus grande est l'Église catholique avec plus de 35 millions de fidèles, 10 000 paroisses et 28 000 clercs. La Pologne est divisée en 40 diocèses. Le président de l'épiscopat polonais (autorité ecclésiastique) est le primat de Pologne, le cardinal Józef Glemp. Chaque diocèse a son évêque ou archevêque. De nombreuses organisations de l'Église (par exemple les Missions catholiques polonaises ou Caritas Polska) mènent des actions caritatives dans le pays et à l'étranger. En voyageant à travers la Pologne, vous verrez beaucoup d'abbayes ou d'ordres - aussi bien masculins que féminins - parmi lesquels : franciscains, jésuites, dominicains, communauté de Saint-Michel-Archange, salésiens, rédemptoristes, religieuses de l'ordre de Sainte-Elisabeth et Soeurs de la Charité. Outre l'Église catholique, il y a encore en Pologne d'autres grandes églises chrétiennes et plusieurs groupements religieux de moindre importance. La seconde Église, relativement au nombre de fidèles, est l'Église orthodoxe autocéphale polonaise (environ 550 000 croyants). Viennent ensuite les protestants (environ 112 000 fidèles), eux-mêmes divisés en plusieurs Églises (Église évangélique de la confession d'Augsbourg, Église pentecôtiste, Église adventiste du septième jour). Les autres associations confessionnelles sont moins nombreuses : une Église Vieille-Catholique qui n'est pas liée à l'Église catholique romaine (Église mariavite et Église polonaise), l'Association des Témoins de Jéhovah, l'Association confessionnelle musulmane, l'Association des Communes confessionnelles juives, l'Association internationale pour la Conscience de Krishna et l'Association bouddhiste.

Grandes figures religieuses

Stefan Wyszyński (1901-1981). Archevêque de Gniezno et de Varsovie, cardinal en 1953, incarcéré de 1953 à 1956, il symbolise la résistance ecclésiastique polonaise au pouvoir communiste. Avant Lech Wałęsa, le cardinal Wyszyński était la personnalité la plus célèbre de la résistance au régime communiste, que l'Eglise a toujours combattu.

Jerzy Popiełuszko (1947-1984). Prêtre très lié à Solidarność au début des années 1980, il était le promoteur des " messes pour la Patrie ". Il connaissait une immense popularité dans son pays, incarnant la volonté de résistance du peuple polonais. Enlevé à Varsovie le 19 octobre 1984 par la police politique du régime, son cadavre torturé fut retrouvé dans la Vistule le 30 octobre suivant ; il devient alors un martyr.

Jean-Paul II (1920-2005). Karol Józef Wojtyła, prêtre polonais, évêque puis archevêque de Cracovie, cardinal, élu pape de l'Église catholique le 16 octobre 1978 sous le nom de Jean-Paul II. Considéré comme l'un des hommes les plus influents du XXe siècle, il s'est opposé ouvertement à l'idéologie communiste. A partir du début des années 1980 il montre son soutien à la cause de Solidarność, favorisant par son action la chute du bloc de l'Est.

Les traditions pascales en Pologne

Pâques revêt une réelle importance puisqu'elle est LA fête religieuse de l'année. Des traditions accompagnent cet événement, du Samedi saint au lundi de Pâques.

Le Samedi saint, les Polonais vont faire bénir dans les églises un petit panier ; celui-ci contient les symboles du repas de Pâques. Des saucisses, qui assurent de ne pas manquer de nourriture lors de l'année à venir et apportent la fertilité, des oeufs peints en rouge, symbole de la fertilité du Christ, du pain et du sel pour être en bonne santé. De retour à la maison, les familles partagent les aliments bénis et échangent les voeux de Pâques. Autre rite qui marque la fin du Carême : des harengs sont pendus dans les arbres et la soupière est brisée.

Le dimanche de Pâques, un festin commence tôt le matin pour s'achever tard dans la nuit. Des plats traditionnels nombreux et généreux se succèdent. Une des spécialités est le mazurek, une pâtisserie ornée de fruits secs, confits et fleurs en pâte d'amande, disposés en figures géométriques tels les motifs d'un tapis oriental.

Le lundi de Pâques, garçons et filles font des batailles d'eau avec des pistolets à eau voire des baquets ! Cette coutume célèbre la commémoration de la naissance du christianisme en Pologne, en 966 avant J. -C., lorsque le prince Mieszko reçut le baptême un lundi de Pâques, unifiant la Pologne sous la bannière du christianisme. Elle est bon enfant dans les petites villes, mais dans les métropoles elle tourne souvent en luttes armées entre jeunes au crâne rasé et forces de police...

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