Guide de CRACOVIE : Cracovie en 20 mots-clés

Artisanat

Le savoir-faire artisanal est très répandu en Pologne. Fort d'une longue tradition, le pays est couvert d'une multitude d'ateliers de confection manuelle et de boutiques de réparation (cordonniers, horlogers, etc.). Dans sa version folklorique, l'artisanat s'est aussi adapté au tourisme. Sur les marchés des centres-villes, vous trouverez un peu de partout des petits chefs-d'oeuvre authentiques vendus comme souvenirs. Quelques exemples d'objets en cuir ou en bois : boîtes, porte-cartes, toupies, anges, articles religieux, broderies, céramiques, chaussons et chaussettes de laine, peaux de mouton, etc.

Bar mleczny

Vous trouverez des bars mleczny (bars à lait) partout à Cracovie, même si le nombre de ces anciennes cantines communistes, très populaires à une époque, a tendance à diminuer. Généralement dotés d'une décoration sommaire, ils sont ouverts à tous et accueillent une clientèle remarquablement mixte d'étudiants, d'hommes d'affaires pressés, de vieillards, de clochards... Institutions sociales, ils offrent une cuisine polonaise familiale à des prix dérisoires, tels que soupes, pierogis, viande panée (kotlet schabowy), goulasch et galettes de pommes de terre (placki ziemniaczane), salades, crêpes (naleśniki). Les produits, très frais, proviennent de l'arrivage du matin et l'établissement ferme lorsqu'il n'y a plus rien à servir. La plupart des bars à lait fonctionnent en self-service et, en général, vous devez payer avant d'aller chercher vos plats.

Bigos

Ce plat séculaire est un élément de base de l'alimentation des Polonais. Composé de choucroute, mijoté avec des champignons, des carottes, plusieurs sortes de viandes et de la saucisse, le bigos cuit plusieurs jours et se réchauffe à volonté. C'est là son secret et sa faiblesse... puisque l'Union européenne interdit normalement aux restaurants de servir de telles préparations. Alors dépêchez-vous ! Vous le trouverez au menu de tous les restaurants, un plat peu cher, consistant et délicieux.

Bureaucratie

Si vous devez effectuer des démarches administratives, relisez Kafka ou Boulgakov. Hérités du communisme, le tampon (Legitymacja) et les petits papiers sont partout. Les Polonais savent en rire à froid, à l'instar du film culte Miś, comédie des années 1980... mais à chaud, personne ne semble franchement hilare. Une expérience à un guichet de gare ou à l'accueil d'une auberge de jeunesse suffira à vous le faire comprendre.

Communisme

Les Polonais parlent encore beaucoup de cette longue période qui a fortement marqué le pays et sa mentalité. A la sortie du communisme, au printemps 1989, la Pologne a connu une véritable mutation sociologique, aussi bien que politique et économique. Les années 1990 ont apporté un vent de liberté et une croissance économique exceptionnelle, en même temps que d'énormes difficultés pour les classes moins aisées. Aujourd'hui, le coût social de ce changement reste encore très élevé au vu de l'augmentation exponentielle du taux de chômage. Sur le plan identitaire, vous entendrez des invectives contre le régime précédent : " il a volé la liberté des Polonais, c'était une annexion russe cachée, un briseur de liberté, la Pologne est européenne et l'a toujours été, sa place est parmi les démocraties, les Polonais ont toujours été dissidents, etc. " Mais souvent de la même bouche, vous entendrez aussi regretter le plein emploi, la sécurité, le système social théoriquement égalitaire... Et selon des sondages, Edward Gierek, le leader communiste des années 1970, serait le Polonais le plus populaire aujourd'hui ! Ce rapport schizophrène s'estompe avec la nouvelle génération, bien sûr. La page se tourne lentement, mais cette expérience, pour le meilleur comme pour le pire, est fondatrice de la société polonaise, au moins parce que les Polonais sont fiers d'avoir mené une lutte constructive contre l'oppression.

Culture

La culture est choyée par les Polonais. Ils considèrent que la construction de leur identité nationale ne repose pas sur un Etat comme en France, ni sur une activité économique comme aux Pays-Bas, ni même sur un lien ethnique ; selon eux, la Pologne s'est maintenue par sa culture, à travers des siècles de défaillance ou d'absence d'Etat. Les canons de la culture nationale véhiculés par les poètes romantiques Mickiewicz et Słowacki, les artistes comme Matejko ou Wyspiański, et plus tard par les cinéastes Wajda, Konwicki, Kieślowski ou Kawalerowicz, sont vénérés. Cette culture commune, qui s'est perpétuée dans l'adversité, forme l'essence du pays. Si Monsieur Kowalski et le jeune Marek ne passent pas leur temps à lire des poèmes lyriques (bien plus à regarder la télé ou à écouter de la dance), les politiciens et acteurs sociaux donnent une place de choix à la culture. Les villes polonaises sont constamment instigatrices de festivals en tous genres : jazz, théâtre, cinéma, musique d'orgue. Depuis quelques années, même, ceux-ci partent à la redécouverte de la culture juive. Voyageur, profitez d'une scène culturelle d'une excellente qualité, à des prix dérisoires. En France, qui va à l'opéra pour 4 € ?

Foi

La Pologne est un pays profondément religieux, puisque les Polonais sont catholiques pratiquants à 95 %. Les églises sont bondées le dimanche et de longues files d'attente se forment devant les confessionnaux avant chaque grande fête. Le calendrier festif polonais est d'ailleurs inspiré par le religieux. Ici chaque fête catholique est célébrée avec faste et ferveur et donne lieu à des manifestations comme nulle part ailleurs en Europe. C'est notamment le cas pour les célébrations de Noël et de Pâques. A la Toussaint, chaque famille se rassemble sur les tombes, les cimetières sont alors remplis de milliers de bougies multicolores : paysage féerique et émouvant. Les flammes des bougies se voient des avions, tant elles sont nombreuses. Chaque année, de célèbres lieux de pèlerinage rassemblent des millions de pèlerins, à l'instar de Licheń ou Częstochowa, 5e lieu de pèlerinage au monde, où 5 millions de personnes célèbrent la Vierge noire le 15 août. Même si la foi des Polonais est avant tout un phénomène social ou une conséquence historique, elle reste impressionnante. Assistez à l'une de ces fêtes, à l'un de ces pèlerinages ou simplement à une messe du dimanche pour mesurer vraiment le degré de religiosité des Polonais.

Francophilie

Les Polonais reconnaissent avoir un petit faible pour les francophones et la langue française, si chantante, mais si difficile à apprendre ! S'ils sont peu nombreux à parler français dans les rues, en revanche, sa maîtrise est une tradition solidement établie parmi l'intelligentsia, et les universités de langues romanes obtiennent des résultats prodigieux. Les francophones que vous rencontrerez auront sans doute un excellent niveau. Malgré certains revers de la politique contemporaine (notamment l'arrogant " Taisez-vous ! " de Jacques Chirac, adressé aux Polonais), les tensions au sein de l'UE entre une Pologne catholique et une France laïque, la méfiance réciproque entre une Pologne traditionnelle et " blanche " et une France moderne et multicolore, l'amour des Polonais pour la France perdure, enraciné dans son histoire. Henri III élu roi de Pologne, l'épisode napoléonien, l'émigration parisienne de l'aristocratie polonaise en exil, figures historiques franco-polonaises (Chopin, Marie Curie) : comme en Pologne, l'histoire est présente dans les mémoires, vous bénéficierez des excellents préjugés vis-à-vis des Français.

Fiat Polski

Il y a plusieurs années, c'était la voiture la plus petite et la plus répandue en Pologne. Des Polonais costauds s'obstinent à se comprimer dans ce minuscule véhicule, digne de figurer dans un musée. L'air de rien, la Fiat 126 a signifié l'ouverture à l'Occident, lorsqu'à partir de 1973, le constructeur italien a été autorisé à créer une filiale dans le pays, dans les années d'ouverture du régime Gierek. Icône d'une certaine Pologne qui fait quasiment partie de l'histoire, la Fiat Polski a même été gratifiée par les Polonais d'un diminutif, Maluch (prononcé malour), qui figure dans le dictionnaire !

Hejnał

Le souvenir des invasions tatares au XIIIe siècle est toujours vif dans la mémoire des Cracoviens. Selon la légende, l'invasion de 1241 serait à l'origine du hejnał, une mélodie traditionnelle polonaise, jouée toutes les heures par un trompettiste de la tour la plus haute de l'église de Notre-Dame, à Cracovie. Ce rituel rend hommage au garde qui, apercevant les Tatars approcher de la ville, sonna immédiatement l'alarme. Une flèche ennemie lui transperça la gorge interrompant la sonnerie.

Hospitalité

Fidèles à leur devise " un hôte chez soi, c'est Dieu dans la maison ", les Polonais ont une vraie tradition d'hospitalité. Les rémunérations, souvent modestes, n'empêchent pas les foyers de recevoir généreusement leurs invités. Même si, au premier abord, les Polonais sont assez ténébreux et que la chaleur de l'accueil et le sourire ne sont pas affichés dans chaque établissement touristique, ne vous arrêtez pas à cette première apparence froide dans l'espace public. A l'intérieur, dans l'intimité, c'est une autre mentalité qui se révèle souvent, familière et très accueillante. A l'image de la tradition de Noël qui veut que l'on mette toujours un couvert supplémentaire pour l'invité impromptu, avec qui l'on se doit de partager le pain. Reste à tenter l'expérience pour voir si cela se pratique vraiment !

Obwarzanek

Symbole non officiel de Cracovie, l'obwarzanec est une sorte de pain aux bras entrelacés et recouvert d'éclats de gros sel, de graines de pavot ou de sésame. Appelé aussi le " bagel cracovien ", il est vendu partout, aux coins des rues, et en été sa production atteint les 200 000 pièces par jour ! La découverte culinaire de Cracovie commence justement par ce petit pain sur le marché depuis plus de 600 ans.

Réalisme socialiste

" Socialiste quant au contenu et national quant aux formes ", le style du réalisme socialiste fut imposé aux architectes polonais dans les années de la reconstruction, après la Seconde Guerre mondiale, entre 1949 et 1956. Ce style forgea l'aspect de la ville moderne et, encore aujourd'hui, nous rappelle l'ambiance de la Pologne populaire avec ses formes carrées et ses statues monumentales représentant des paysans, des ouvriers, des soldats, ainsi que les héros du travail socialiste. Le quartier d'habitation Marszałkowska (le MDM), et le palais de la Culture et de la Science en sont les exemples majeurs.

Résistance

Le sens aigu du patriotisme polonais provient sans doute de la lutte historique de la Pologne pour exister. Dans son histoire, la Pologne n'a cessé de repousser les envahisseurs prussiens, autrichiens, russes, allemands... et de défendre les limites de son territoire. Territoire qui a d'ailleurs disparu de la carte pendant 123 ans, à la fin du XVIIIe siècle. Visitez les musées, notamment ceux de Varsovie, pour mieux comprendre cette relation à la " patrie ". Les Polonais soutiennent la liberté et l'indépendance, partout où elles sont menacées, dernièrement en Irak, en Ukraine et en Géorgie. Certes ! Pourtant nul ne remet vraiment en question l'impérialisme polonais, ni le fait que certains peuples, Ukrainiens, Biélorusses, Lituaniens, ont été soumis à l'âme conquérante des Polonais, lorsque ceux-ci en ont eu les moyens dans leur histoire... Mais nul n'est parfait !

Rynek

Rynek signifie la " place du marché ", et désigne le lieu où se tenait le marché principal, autrefois. Vous le trouverez, comme point de repère, dans presque toutes les villes de Pologne. Le Rynek est par définition le coeur de la ville : doté d'une architecture riche, parfois d'un hôtel de ville qui a subsisté, et toujours animé.

Slave

Le polonais est, comme le russe, le tchèque ou le serbo-croate, une langue slave, indo-européenne, mais éloignée du français et surtout très difficile à prononcer, à comprendre et encore davantage à apprendre pour un francophone ! Par ailleurs, au cours de l'histoire mouvementée de la Pologne, notamment lorsque l'Etat polonais n'existait plus, la langue, avec la religion, représentait l'identité commune. C'est pourquoi les Polonais y sont très attachés et lui portent beaucoup d'estime. Si vous ne parlez pas anglais (utile avec les plus jeunes) ni allemand (utile avec les personnes plus âgées), tentez d'apprendre quelques mots. L'effort sera très apprécié et facilitera les échanges. Dans tous les cas, essayez de dire Dzień Dobry, Do Widzenia et Dziękuję (Bonjour, Au revoir et Merci) c'est une marque de respect. Si vous apprenez quelques mots de polonais et si vous avez l'oreille musicale, alors, vous comprendrez aussi un peu le slovaque, le bulgare, l'ukrainien, le slovène... Les langues slaves sont encore plus proches entre elles que les langues latines et une intercompréhension est la plupart du temps possible. Seul le hongrois devrait dès lors vous poser problème à l'est de l'Europe centrale !

Souveraineté

Les Polonais sont très fiers de leur pays. Les invasions et les occupations successives ont renforcé ce sentiment, car ils revendiquent depuis longtemps une souveraineté établie, reconnue et respectée. Ils attendent beaucoup de cette période de transition amorcée depuis une petite vingtaine d'années. Bien que leur position par rapport à l'Europe soit parfois ambiguë, ils sont entrés de plain-pied dans l'espace économique européen et la nation polonaise compte s'épanouir, et faire entendre sa voix.

Vistule

On la longe à vélo ou à pied, on la parcourt en bateau : la Vistule coupe Cracovie en deux parties, deux âmes différentes de la ville. Sur la rive gauche, le coeur battant de la ville avec le Rynek, le centre historique et l'ancien quartier juif, aujourd'hui devenu bohémien, de Kazimierz. Sur la rive droite, la Cracovie du XXe siècle, celle des bâtiments socialistes, mais aussi du quartier de Podgórze où se préserve une atmosphère galicienne authentique.

Vodka

Les Polonais boivent la vodka sans modération, pure, glacée, et cul sec, puisqu'elle possède, paraît-il, de multiples propriétés curatives ! Les vodkas blanches les plus courantes sont les marques Siwucha, Chopin, Wyborowa, Sobieski. La célèbre Żubrowka, également très consommée, recèle, à l'intérieur de chaque bouteille, une herbe de bison, cueillie là où paissent les bisons de Białowieża. Et, comme la Pologne est aussi un grand producteur de jus de pomme, un cocktail répandu, tatanka, se compose d'un quart de Żubrowka et de 3/4 de jus de pomme. Afin de sortir des sentiers battus, dénichez les vodkas introuvables en France, telles que la Wiśniówka, vodka sucrée macérée dans du jus de cerise, la Krupnik, une vodka au miel, ou la Goldwasser, née d'une belle légende à Gdańsk, aux véritables feuilles d'or de 22 carats ! Bien sûr en levant votre verre de vodka, il convient de crier " Na zdrowie ! " Enfin, à savoir, l'absinthe est légalisée depuis peu !

Faire / Ne pas faire

Offrir des fleurs (même une seule) aux jeunes filles et aux femmes lors d'un rendez-vous ou d'une invitation. Cette coutume, si elle peut sembler internationale, est extrêmement populaire en Pologne ; vous verrez beaucoup de jeunes filles dans la rue avec une fleur à la main.

Ne jamais dire du mal du pape Jean-Paul II, qui reste un véritable héros national. En revanche, les Polonais sont très croyants et très pratiquants, mais relativement ouverts et ce, de plus en plus. Vous pouvez donc aborder le sujet de la religion et affirmer d'autres croyances que les leurs.

Ne pas provoquer un groupe de supporters de football. Question délinquance, ils restent un problème majeur en Pologne, surtout dans les grandes villes industrielles. La " guerre des clubs " existe bel et bien dans différentes villes. Il serait étonnant qu'on s'en prenne à vous, mais ne cherchez pas à attirer l'attention, surtout aux alentours d'un stade, quand ces charmants bambins au crâne rasé sont en nombre.

Ne pas croire que chaque Polonais au crâne rasé soit un skinhead. C'est une mode très répandue qui date des années 1990 ; elle a tendance à se réduire, mais, dans l'ensemble, une bonne partie des jeunes hommes se rasent les cheveux de près. Cela ne veut nullement dire qu'ils soient des hooligans ou des néonazis. Vous reconnaîtrez sûrement la différence tout de suite.

Ne pas compter ses billets au beau milieu des gares ferroviaires. C'est souvent ici que se regroupent tous les sans-abri de la ville qui n'ont pas la vie facile. L'ambiance est rarement très drôle dans ces gares, où les services de sécurité passent leur temps à chasser les indésirables. Ceux-ci sont toujours à l'affût de quelque chose d'intéressant, et s'ils ne sont généralement pas agressifs, mieux vaut ne pas chercher les problèmes.

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