Ibo vit au rythme des marées. C'est le point de chute pour rayonner dans les îles Quirimbas. Ses 10 km2 font d'elle une des plus grandes îles de l'archipel et l'une des plus anciennes villes coloniales du pays. Certains disent que c'est la réplique miniature de l'île du Mozambique, en moins connue, moins accessible, moins touristique... Mais pas forcément moins belle, très différente en fin de compte. Autant Ilha de Moçambique peut être étouffante (ses rues étroites et très urbanisée, tout de blanc vêtues, retiennent la chaleur avec force), autant Ibo est aérée, ventilée par une légère brise, mais également plus ouverte - architecturalement parlant, plus verdoyante aussi. Seulement un cinquième de l'île est habité, le reste n'est que nature et rizières. Ibo est typique de cette partie de l'océan Indien, métissée de différents apports (africains, arabes, portugais). Se balader dans les rues ou sur le remblais en bikini ne serait pas respectueux, à Ibo, la population est musulmane. Les gens d'ici appartiennent à l'ethnie Kimwani et parlent une langue proche du swahili, tel que le parlent les Zanzibari, par exemple. Et puis Ibo, petite soeur lointaine de l'île du Mozambique et de sa surpopulation, est paisible : pas de pont, pas de véhicule et une population qui possède encore un bel espace vital. On ne s'est jamais senti autant en sécurité qu'à Ibo. Ancienne capitale de la région, petite ville administrative, elle prend des allures d'île aux enfants. Ici, c'est eux qui vous accueillent en vous prenant par la main. Ils errent dans les rues par dizaines et connaissent l'île par coeur. L'école primaire est située sur la place centrale, incontournable. Les maisons sont en ruine, les racines des arbres ont pris possession des lieux et les larges allées sont devenues décaties, mais tellement belles. Un pur bonheur pour les photographes. Bon gré mal gré, la municipalité continue de prendre soin de sa ville même si elle ne dispose d'aucun moyen pour rénover quoi que ce soit. Fort heureusement, des soutiens plus argentés prennent le relais : des dons arrivent (c'est ainsi qu'a été réhabilité le fort Sao Joao Baptista), une fondation a vu le jour pour assurer des rénovations importantes de bâtiments publics, des initiatives individuelles (de voyageurs tombés amoureux de ces vieilles pierres comme de l'atmosphère en général) prennent forme. Et, l'air de rien, toutes ces entreprises entretiennent une activité économique qui sort l'île de sa torpeur naturelle et produit quelques richesses, les premières depuis très très longtemps...

L'Association des amis de l'île précédemment, et la fondation Ibo aujourd'hui, tentent de sensibiliser, parfois difficilement, le monde politique aux problèmes de l'île et organise régulièrement des activités visant à consolider les liens entre habitants, notamment une très grande fête le 24 juin (la Saint-Jean - Jean étant l'un des premiers Portugais à mettre les pieds sur Ibo) pour la célébration de l'indépendance.

Histoire. Avant l'arrivée des Portugais au XVe siècle, l'île fut envahie par les Arabes, d'où une population, aujourd'hui, à majorité musulmane. Les Portugais y arrivent en 1507. Dès 1523, ils attaquent les Arabes qui avaient établi leur base sur l'île Quirimba, plus au sud. Les Européens tuent et pillent tout sur leur passage, point de départ de nombreux conflits.

A la fin du XVIe siècle, sept îles sur les neuf principales sont contrôlées par les Portugais. Intéressés par la position géographique de l'archipel dans le juteux commerce d'esclaves, les Français en 1527 puis les Hollandais à trois reprises (en 1595, 1607 et 1608) tentent de s'approprier quelques-unes de ces îles. En vain, se heurtant à la féroce résistance portugaise, les premiers se rabattent sur Madagascar tandis que les seconds rebroussent chemin. Pendant des siècles, malgré les tentatives de certains gouverneurs portugais de développer l'agriculture et le commerce dans cette région, Ibo et ses soeurs sont essentiellement utilisées comme bases pour le trafic d'esclaves. Seuls les Arabes et les Français réussissent à tirer profit du potentiel commercial des îles Quirimbas. D'ailleurs, ces derniers interviendront plus tard de manière pacifique et établiront une maison du commerce à Ibo, base de toutes leurs négociations. Ainsi, pendant des années, contre des tuiles rouges de Marseille, que l'on devine encore sur l'île, les Français exportent du mica exploité sur les terres du continent mozambicain. En 1761, le gouverneur Pedro Saldahna de Albuquerque élève la petite île d'Ibo au rang de ville et capitale de l'archipel. Elle deviendra par la suite capitale de la région de Cabo Delgado. Mais en 1900, lorsque la Compagnie commerciale du Niassa établit son administration à Pemba, Ibo est déjà sur le déclin. Elle reste une petite ville administrative, lieu de quelques négociations commerciales jusqu'à l'indépendance, puis elle est désertée par les administrateurs et les commerçants qui vont chercher fortune ailleurs. Aujourd'hui, les populations vivent principalement de la pêche et des cultures de subsistance.

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