Guide de LONDRES : Politique et économie

Politique

Fait étonnant, Londres n'avait jamais eu de maire avant l'an 2000. C'est le Greater London Authority Act qui par référendum en 1998, créa la fonction de maire de Londres dont le représentant fut Ken Livingstone (1er maire de Londres élu pendant 4 ans).

Depuis 1190, seuls des lord maires (gouvernant uniquement la Cité de Londres et pas le Grand Londres) s'étaient succédé.

En 2008 le titre est cédé à Boris Johnson. Ce jeune nouveau maire, né en 1964 à New York, est un journaliste devenu homme politique et membre du Parti conservateur. Après un cursus notamment au fameux collège d'Eton, dans le Berkshire en face de la ville de Windsor, et à l'université d'Oxford, où il étudie les lettres classiques. Il entre comme journaliste au Times avant d'intégrer la rédaction du Daily Telegraph et de Spectactor, où ses articles soulèvent souvent la controverse. En effet, il se fait vite connaître pour son style alliant la parodie et l'humour, pas toujours du meilleur goût.

En 2003, il est nommé vice-président du Parti conservateur ; en 2004, il est démis de ses fonctions par Michael Howard, qui l'accuse de mentir sur une relation extraconjugale. Il est cependant réintégré l'année suivante par le nouveau leader du parti, David Cameron, au Cabinet Fantôme, gouvernement virtuel formé par le parti de l'opposition, avant d'accéder au poste de maire de Londres au 1er mai 2008. Bon nombre de Londoniens se sont inquiétés à l'époque de voir celui que l'on a surnommé longtemps le Bouffon ou le Clown s'installer au poste de maire. En opposition frontale avec Livingstone sur de nombreux points, Boris Johnson a néanmoins repris plusieurs projets de son prédécesseur comme la taxe d'embouteillage (congestion charge) et le lancement en juillet 2010 de l'équivalent du Vélib' parisien, le Barclay's Bike. En 2012, il est réélu et voit sa côte monter avec la réussite des Jeux Olympiques de l'été 2012. Il laisse sa place aux dernières élections en mai 2016 à Sadiq Khan du Parti travailliste qui obtient 56,8 % face au conservateur Zac Goldsmith, fils du milliardaire Jimmy Goldsmith qui lui, fait un score de 43,3 %.

Le troisième maire de Londres, âgé de 45 ans est avocat spécialisé dans les droits de l'Homme. Issu d'une famille modeste d'origine pakistanaise, il grandit dans les quartiers pauvres du sud de Londres et intègre l'Ecole d'avocat. Il s'engage très vite en politique au sein du Parti travailliste et se fait élire en 2005 à la Chambre des communes comme député de la circonscription Tooting dont il est natif. Entre 2008 et 2010, il intègre le gouvernement de Gordon Brown en tant que ministre d'Etat aux Communautés puis aux Transports. Il est choisi en 2010 pour gérer la campagne d'Ed Miliband qui devient chef du Parti travailliste. Sadiq Khan poursuit sa carrière en tant que député et devient maire de Londres avec le score le plus important des hommes politiques élus au suffrage direct en Grande Bretagne. Sa politique sociale vise à élargir l'électorat des travaillistes.

L’Exposition universelle

En 1851, Londres accueille la première Exposition universelle qui se déroule du 1er mai au 11 octobre et s'intitule The Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations. Ce titre pompeux et un peu trop long résume pourtant bien la volonté d'une telle entreprise, qui présente les dernières innovations en matière d'industries. C'est l'occasion pour l'Angleterre d'affirmer son avance technologique. L'exposition dure 6 mois, regroupe 14 000 exposants et concentre toute la créativité du moment. Trois noms restent liés à cet événement : le prince Albert, époux de la reine Victoria, qui organise l'événement ; Joseph Paxton, le créateur du Crystal Palace où se déroule l'événement, symbole de l'ère du fer en architecture ; et Henry Cole, qui occupe une place essentielle dans l'organisation de cette exposition. La manifestation est un immense succès, 6 millions de visiteurs se déplacent. C'est grâce aux profits réalisés que le prince Albert fait construire deux musées : le Science Museum et le Victoria et Albert Museum. Au lendemain de l'Exposition, le Crystal Palace est démonté et transporté sur une propriété appelée Penge Place au sommet de Sydenham Hill. Il est finalement détruit par un incendie en l'espace de quelques heures, en 1936.

Structure étatique

Le Royaume-Uni est une monarchie constitutionnelle. Le monarque, la reine Elizabeth II, est depuis le 9 septembre 2015 le souverain britannique ayant le plus long règne (66 ans en 2018), elle dépasse celui de son aïeule Victoria (63 ans 7 mois et 2 jours). En tant que monarque, elle est à la tête de l'État, elle n'a en réalité que peu de pouvoirs, à part celui de nommer le Premier ministre, selon une convention qui veut qu'il soit membre de la Chambre des communes et chef du parti majoritaire. La Première ministre (Prime Minister), depuis 2016 la conservatrice Theresa May, est la chef du gouvernement. Elle est chargée de nommer ses ministres. La reine est en revanche chef de l'Église anglicane et du Commonwealth, elle représente le pays officiellement. Son pouvoir est donc symbolique.

Le véritable pouvoir se situe au Parlement (Chambre des Lords et Chambre des communes), dont est issu le gouvernement. Ce régime parlementaire permet de contrôler, voire de voter une motion de censure contre le gouvernement en place.

En effet, le pouvoir législatif est détenu par le Parlement, qui légitime le Premier ministre. Le système est bicaméral. D'un côté, la Chambre des Lords, qui compte environ 1 000 sièges, et possède un pouvoir très limité ; de l'autre, la Chambre des communes, constituée de 651 députés élus pour cinq ans, qui vote les lois et peut renverser le gouvernement. Il faut ajouter au Parlement, l'Assemblée nationale de Galles, le Parlement écossais et l'Assemblée nord-irlandaise.

Le pouvoir exécutif est assuré par le Premier ministre britannique, qui officie du 10 Downing Street, ainsi que par les gouvernements écossais, gallois et nord-irlandais. A l'international, le Premier ministre tient le rôle de chef d'État. Il est obligatoirement le chef du parti majoritaire. Il travaille de concert avec un Cabinet, qui le conseille dans ses décisions. Le Cabinet se compose des ministres principaux : Intérieur, Affaires étrangères, Défense, Justice et Finances.

Le pouvoir judiciaire est indépendant du législatif et de l'exécutif. Son plus haut représentant étant la Cour suprême du Royaume-Uni.

Le scrutin de vote est direct et universel - seuls les Pairs du royaume et la famille royale ne votent pas. Il est majoritaire et se déroule sur un seul tour. La Chambre des communes est élue tous les cinq ans. La procédure de vote est similaire à la procédure française : dès sa majorité (18 ans) on se rend dans un bureau de vote avec sa carte d'électeur, après s'être inscrit sur les listes.

Partis

Le Royaume-Uni est un pays multipartiste au sein duquel deux partis principaux alternent généralement au pouvoir depuis 1920. Ce bipartisme caractérise le système électoral britannique. Les élections générales ont lieu tous les cinq ans.

Trois partis dominent la politique à la Chambre des communes (House of Commons) :

Le Parti travailliste (Labour Party), de centriste à gauche, historiquement syndicaliste à social-démocrate. Il est actuellement dirigé par Jeremy Corbyn depuis son élection en septembre 2015. L'actuel maire de Londres, Sadiq Khan, en est membre.

Les Libéraux démocrates (Liberal Democrats ou Lib Dem), de centriste à centre-gauche, dirigés par Vince Cable, sont considérés par certains comme le vrai parti de gauche britannique

Le Parti vert (Green Party) est un parti politique écologiste, scindé en trois partis distincts en 1990 : le Parti vert de l'Angleterre et du pays de Galles, le Parti vert en Irlande du Nord et le Parti vert écossais.

A droite, le Parti conservateur (Conservative Party), de centriste à droite, mène la danse. Ils sont actuellement au pouvoir, avec à leur tête Theresa May depuis la démission de David Cameron en 2016, consécutive au référendum du Brexit.

D'autres partis mineurs gravitent autour de ces partis majoritaires comme par exemple à droite, le UKIP avec à sa tête Steve Crowther par intérim, depuis 2017, parti europhobe et anti-immigration et qui a atteint une partie de son objectif après la victoire du Brexit au referendum de 2016. Il a supplanté le Parti national britannique, un parti nationaliste d'extrême droite.

On compte aussi plusieurs formations régionalistes en Ecosse, au pays de Galles, en Cornouailles et en Irlande du Nord.

Enjeux actuels

L'élection de mai 2016 amène à la mairie le jeune avocat de 45 ans Sadiq Khan succédant à Boris Johnson qui laisse une ville en proie aux inégalités. C'est d'ailleurs sur ce thème que Sadiq Khan mène sa campagne, réduire les inégalités, offrir les mêmes opportunités à tous les Londoniens. Un programme social qu'il sait défendre puisque lui-même a gravi les étages de l'ascenseur social britannique. Fils d'immigrés pakistanais il grandit dans les quartiers pauvres de Londres et s'engage avec succès dans une carrière d'avocat. C'est au sein du Parti travailliste qu'il commence sa carrière politique et se fait élire en 2005 en tant que député de la circonscription qui l'a vu grandir, celle de Tooting. Il poursuit avec succès son parcours, devient ministre d'Etat entre 2008 et 2010 sous le gouvernement de Gordon Brown, Premier ministre de l'époque. Directeur de la campagne d'Ed Miland en 2010 son travail porte ses fruits puisque ce dernier remporte l'élection et devient chef du Parti travailliste. Le futur maire de Londres poursuit en tant que député jusqu'en 2015 et se fait élire à la mairie de Londres le 16 mai 2016. Sa politique sociale cherche à réduire les inégalités auxquelles font face les Londoniens. La sortie des Britanniques de l'Union européenne ne facilite pas la tâche de Sadiq Khan, qui reste positif face à la situation du pays et de sa ville. Il a déclaré en octobre 2016 : #LondonIsOpen, la question est de savoir jusqu'à quand Londres sera " ouverte " et dans quelles conditions ? Le Brexit annonce clairement le repli de l'Angleterre sur elle-même notamment en termes d'entrée sur le territoire. La cheffe du gouvernement semble bien prendre en compte le malaise des Britanniques qui ont voté pour la sortie de l'Europe avec 51,9 % des voix et qui désirent un contrôle de l'immigration. Il semble bien que Londres n'aura pas de traitement de faveur concernant cette mesure de contrôle. Sadiq Khan quant à lui se positionne comme un pourfendeur du Brexit et se prononce pour un nouveau référendum durant les négociations entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Cette idée convainc d'autres personnalités politiques d'autres partis, comme l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair.

Économie

Londres est véritablement la locomotive économique de la Grande-Bretagne. C'est d'ailleurs la ville la plus riche et la plus chère d'Angleterre. Le coût de la vie est très élevé dans tous les domaines : loyer, hébergement, nourriture, transport, activités culturelles et sportives... Le produit intérieur brut (PIB) londonien par tête (c'est-à-dire la production totale de biens et de services rapportés au nombre total d'hommes, de femmes et d'enfants) représente plus de 15 % du PIB anglais. Les salaires dans la capitale sont environ 20 % plus élevés que dans le reste du pays. Jusqu'à l'annonce du Brexit, chaque année des centaines de milliers de personnes arrivaient dans la capitale à la recherche d'un emploi ; beaucoup, en provenance de pays pauvres. Depuis sa sortie de l'Union européenne, le Royaume-Uni veut désormais cesser la libre circulation des travailleurs et limiter l'immigration de personnes peu qualifiées. Et cela concerne aussi les Européens. Au lendemain du referendum la livre sterling avait perdu 20 % et les pronostics de croissance prévoyaient une récession importante pour 2017. Le 25 août 2017, une livre valait 1,08 euro. La devise britannique était alors à son plus bas niveau depuis la crise financière. En parallèle, la poussée d'inflation atteint désormais 2,6 % et les salaires n'évoluent pas, tout ceci entraîne pour les Britanniques des conséquences désagréables sur leur pouvoir d'achat qui diminue.

Sans accord sur le Brexit, les économistes craignent un effondrement de l'économie britannique et une crise majeure est à craindre.

Principales ressources

Le PIB londonien provient à 40 % du secteur financier. La richesse de Londres tient principalement à ses banques d'affaires installées dans la City, qui en font la première place financière d'Europe et du monde. Les investissements des sociétés financières faits à Londres équivalent à ceux des dix autres villes européennes parmi les mieux placées. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne risque de sérieusement affaiblir le plus grand marché financier d'Europe. L'évolution de La City dépend aujourd'hui des négociations qui vont être menées au niveau des transactions financières entre les deux parties.

Place du tourisme

Un autre facteur très important dans l'économie de la ville est le tourisme. Selon l'Office national du Tourisme la ville a accueilli, en 2015, 18,6 millions de visiteurs internationaux (une augmentation de 6,9 % par rapport à 2014) et 36,1 millions (chiffres 2015) au niveau national. Tous visiteurs confondus, les touristes y ont dépensé environ 11,9 milliards de livres (15,5 milliards d'euros), soit 1 point de plus sur un an. Les Américains, les Français, les Irlandais et les Allemands sont les premiers visiteurs. 38 % des visiteurs étrangers viennent à Londres pour des vacances, 24 % pour le business et 39 % pour rendre visite à de la famille ou à des amis.

L'impact des Jeux Olympiques 2012 n'a pas été aussi important que l'on espérait puisque, selon les observateurs, l'augmentation du nombre de visiteurs a été minime. D'après London & Partners l'industrie du tourisme génère à peu près 700 000 emplois directs et indirects au sein de la ville, ce qui représente 1 emploi sur 7. Le tourisme représente 11,6 % du PIB de Londres (9 % pour l'ensemble du Royaume-Uni). Pour faire face au Brexit, Londres souhaite attirer encore plus largement les touristes. D'ailleurs, la baisse de la livre Sterling a engendré un taux de change qui favorise les touristes. L'une des stratégies du maire de Londres pour faire venir encore plus de touristes est de multiplier et d'étaler les événements hors saison. Les touristes les plus attendus sont en tête les Chinois, suivis des Indiens, des Américains et Émiratis puis, en Europe, les Français restent des inconditionnels des séjours dans la Capitale.

Enjeux actuels

Capitale européenne et mondiale du capitalisme financier, Londres est LA ville des traders et autres golden boys qui ont su profiter de marchés haussiers pour faire fructifier leurs revenus dans des proportions parfois gargantuesques. L'ingénierie financière développée au cours des années 1990 et 2000 a permis l'apparition d'un nombre inédit de produits dérivés plus ou moins complexes, notamment dans le domaine du crédit. Londres et ses banques d'affaires ont su se positionner à la pointe de ce mouvement. Pourtant la chute des marchés en août 2007 et la crise du crédit qui a suivi ont changé la dynamique qui s'était instaurée dans la ville des bonus. Le grand chambardement a surtout eu lieu au lendemain de la faillite de la grande banque d'affaires américaine Lehman Brothers, jusqu'alors réputée quasiment infaillible. Mi-septembre 2008, l'annonce de ce dépôt de bilan a remué tout Londres où de nombreux employés se sont retrouvés à la porte. Alors que le prix de l'immobilier londonien n'avait cessé d'augmenter jusqu'alors, la hausse immobilière a été brutalement stoppée par la crise des subprimes. Depuis, les prix immobiliers ont eu tendance à baisser mais restent relativement élevés par rapport au reste de l'Europe. La crise de 2008 a clairement affaibli l'expansion du plus gros marché financier d'Europe notamment à cause de la loi Vickers qui interdit l'association des banques de détail et des banques d'investissement (les capitaux des banques ont du mal à se rentabiliser).

Le Brexit interroge bien évidemment La City et son développement. Cette sortie de l'Union malmène le marché unique européen dont le coeur est à La City. Depuis l'annonce du Brexit la livre sterling à perdu 20 % de sa valeur en quelques mois. Une monnaie qui s'affaiblit, voilà la première conséquence du Brexit... Le retrait des Britanniques en tant que membre de l'Europe remet en cause l'exportation de services et produits financiers via un " passeport " et interroge banques et investisseurs installés depuis des années à Londres sur leur activités. Les Britanniques et l'Union européenne doivent impérativement trouver un terrain d'entente afin que le marché de la City puisse restructurer son système financier et garder sa place de marché financier au sein de l'Europe.

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