Guide de BELFAST : Arts et culture

La spécificité de la culture nord-irlandaise est de s'inspirer à la fois de la culture de République d'Irlande et de Grande-Bretagne. Mais une similitude reste intacte : celle de la tradition musicale aux origines celtes, que vous aurez le plaisir d'écouter dans une grande majorité de pubs.

Architecture

L'Irlande du Nord est plus connue pour sa nature luxuriante et ses paysages verdoyants que pour son architecture. Néanmoins, certains éléments importants sont à connaître et à repérer. La région est d'ailleurs en train de revaloriser son architecture victorienne, particulièrement présente à Belfast. Très prisées, et toujours représentatives de la noblesse locale, les grandes demeures de l'époque sont soigneusement rénovées. Conjointement à cette volonté de rénovation des bâtiments historiques, de nouveaux bâtiments et quartiers modernes voient le jour.
Belfast est la ville de la brique, présente un peu partout. Dans le quartier de l'Université, on croisera de nombreuses petites ruelles charmantes aux maisons victoriennes de briques rouges. Dans les rues de la ville les styles se mélangent, du style géorgien de la Clifton House, aux styles victoriens (Ulster Hall, Palm House, château de Belfast, Customs House, Crumlin Road, St George's Market, un des derniers marchés couverts victoriens) et édouardiens (hôtel de ville). La plupart des bâtiments victoriens de Belfast ont été conçus par l'architecte Sir Charles Lanyon. Impossible de parler architecture à Belfast sans évoquer ce célèbre architecte anglais du XIXe siècle. Il fut maire et député de la ville. On lui doit notamment la splendide Palm House des jardins botaniques et le bâtiment principal de l'Université Queen's, réputée pour sa façade néo-gothique et son grand hall. Lanyon participa également à la création de la prison de Crumlin Road. Il est difficile aussi de ne pas évoquer les Troubles, qui marquèrent profondément l'architecture de la ville et ses plans. Les Murals, éléments très connus du patrimoine nord-irlandais que l'on visite aujourd'hui, en gardent la trace et continuent de symboliser les séparations entre communautés. À Belfast, les grues du port font aussi partie intégrante du paysage urbain. Notamment les deux grues jaunes emblématiques de Harland & Wolff, constructeurs du Titanic.

En 1941, c'est le Belfast Blitz, quatre raids aériens allemands sur des cibles stratégiques de la ville. Lors de ces raids fatidiques, plus de 55 % des bâtiments du centre-ville ont été détruits ou fortement endommagés. Aujourd'hui, Belfast possède donc une architecture de contrastes, qui rappelle des villes comme Berlin ou Hambourg. La ville compense et innove en se dotant de monuments modernes pour rester à la pointe et offrir un nouveau visage aux visiteurs. Comme à Hambourg où brille l'Elbphilharmonie à l'entrée du port, le Titanic Belfast, inauguré en 2012 pour le centenaire du naufrage, est le symbole de la renaissance de la ville. Il est en une de tous les guides touristiques et s'inscrit dans un mouvement plus large de rénovation du quartier des quais et du port, désormais appelé Titanic Quarter. Son architecture est assez symbolique, elle puise dans l'ancien et l'histoire pour aller vers un futur plus apaisé et innovant. D'autres bâtiments modernes sont à ne pas manquer à Belfast comme le MAC, le Waterfront Hall, le centre-commercial Victoria Square avec son dôme de verre ou encore le Lanyon Plaza...

Derry, elle, seconde-ville d'Irlande du Nord, est une ville fortifiée exceptionnelle. C'est l'une des villes d'Europe où les vieux remparts médiévaux sont les mieux conservés. Ils ont été construits il y a plus de 400 ans et mesurent par endroits jusqu'à 10 mètres d'épaisseur ! On peut presque faire tout le tour de la ville sans les quitter. Derry, à l'image de Belfast, essaie aussi d'innover en termes d'architecture, comme avec le très symbolique Peace Bridge, inauguré en 2011 qui relie les deux anciens quartiers ennemis avec sa forme moderne et élancée et enjambe de ses courbes gracieuses la Foyle River.

Dans le panorama architectural des villes en Irlande du Nord, impossible de manquer les nombreuses flèches d'églises, rappelant l'importance de la religion dans le pays.

Artisanat
<p>Belleek Pottery</p>

Belleek Pottery

En Irlande du Nord, l'artisanat est un peu le même qu'en république d'Irlande. Ce sont souvent les mêmes traditions que l'on retrouve et les mêmes savoir-faire ancestraux. Depuis quelques années, l'Irlande du Nord met particulièrement l'accent sur ce patrimoine riche et valorise les artisans locaux talentueux. Vous verrez de nombreuses boutiques de souvenirs revendiquant ce côté artisanal et le mot " Craft " fleurit un peu partout. Beaucoup d'événements et de festivités sont aussi organisés autour de cette thématique comme la Guidlhall Craft Fair à Derry. Le mois d'août est même entièrement consacré à la célébration de l'artisanat dans toute l'Irlande du Nord. Ce domaine possède même une agence régionale, la Craft Northern Ireland, et un site dédié : www.craftni.org. Sur ce site vous pourrez avoir accès à la " carte d'artisanat ", indiquant les lieux de fabrication à visiter et où acheter le meilleur de l'artisanat nord-irlandais. Très pratique.

L'objectif de cette agence est de promouvoir ce domaine pour donner une nouvelle vision de l'Irlande du Nord et pour faire de l'artisanat un vrai secteur dynamique dans toute la région et en faire l'une de ses forces. Dans la même volonté, la Craft Northern Ireland a lancé un championnat régional oeuvrant pour le développement du secteur des arts appliqués et du design et pour défendre la pratique de l'artisanat contemporain. L'Irlande du Nord est très réputée pour son lin, dont le commerce était autrefois florissant à Belfast, son bois, ses lainages (pulls, gilets, cardigans, plaids), sa poterie, ses bibelots en tourbe comprimée, ses bijoux et son verre...

 

Voici quelques lieux / boutiques à retenir :

Le Craft Village de Derry : un petit quartier de Derry entièrement consacré à l'artisanat local où vous pourrez acheter de la vaisselle en cristal de Derry, des chaussures conçues pour les danses irlandaises, des bijoux, de la poterie...

The Wicker Man à Belfast : un des magasins d'artisanat les plus établis de la région, ouvert en 1994. On y retrouve une centaine d'artistes et d'artisans de toute l'Irlande. Laine d'Aran, bijoux celtes, poteries, objets à partir de tourbe...

Enniskillen : le village et sa région sont connus pour leur dentelle faite à la main.

Belleek : cette petite localité est, elle, célèbre pour sa poterie qui fonctionne depuis 1857.

The Steensons : ces bijoutiers sont des figures majeures de l'orfèvrerie indépendante, installés depuis 1976. Vous pourrez vous rendre dans leur boutique à Belfast ou visiter leur atelier à Glenarm. Leurs collections s'inspirent des formes des paysages naturels irlandais. Ils ont même conçu certains bijoux pour la série Game of Thrones et ils possèdent une collection hommage à la série.

Irish Linen Centre & Lisburn Museum : visiter ce musée pour tout savoir sur le commerce du lin en Irlande du Nord et tournez-vous ensuite vers ceux de Katie Larmour, fabriqués dans son studio à Belfast, pour en acquérir de haute qualité.

Que rapporter de son voyage ?

Des lainages, écharpes, bonnets, pulls... tricotés avec de la laine de mouton.

Des bijoux en argent travaillés à la main et inspirés de symboles anciens et dessins celtes.

Pour les amateurs de sport et de Guinness, tous les objets (et il y en a !) concernant le foot, le rugby et les pubs.

Des affiches ou des cartes postales des peintures murales.

Des vêtements ou linge de maison en lin.

Cinéma

Le cinéma d'Irlande du Nord est encore dans l'ombre du cinéma de la République d'Irlande et de l'Angleterre. Northern Ireland Screen est une boîte de production qui s'attache au développement du cinéma et de la télévision en Irlande du Nord. Généralement, les films nord-irlandais traitent des problèmes relatifs au conflit entre catholiques et protestants. Il est courant de ne pas distinguer le Nord du Sud dans le cinéma car il s'agit de " l'essence " ou de la " nature " de l'Irlande à travers le cinéma. Depuis les années 1980, l'Irlande a développé une politique visant à attirer les réalisateurs pour le tournage et cela a porté ses fruits notamment grâce à la beauté des paysages (Spielberg pour Il faut sauver le soldat Ryan). Parmi les succès du box-office irlandais, on retiendra en particulier The Commitments (1991), My Left Foot (1989) avec Daniel Day-Lewis et Brenda Fricker qui ont remporté respectivement l'oscar du meilleur acteur et celui du meilleur second rôle féminin, et The Field (1990). En 2013, La Guerre de l'Ombre (Fifty Dead Men Walking) dépeint l'histoire de Martin MacGartland, un jeune homme de 22 ans qui tente de gagner sa vie dans une Irlande du Nord ravagée par les Troubles et où il doit faire son choix entre les deux camps. En 2014, 71' fut incontestablement l'un des meilleurs films sur le conflit nord-irlandais. On y suit Gary, soldat britannique originaire de Derby, déployé à Belfast en 1971, où il tente de survivre dans les quartiers dévastés après une émeute.

Du côté des séries, Camelot (2011) et Vikings (2013) furent aussi tournés en Irlande, mais c'est incontestablement Game of Thrones qui a donné ses marques de noblesse au Nord. Filmée au coeur des plus beaux paysages du pays, la saga en a considérablement boosté l'image et attire de nombreux touristes sur les sites de tournage. Un préquel de la série mythique est actuellement en tournage dans la région.

Parmi les acteurs irlandais célèbres, on peut citer Colin Farrell, Liam Neeson, Daniel Day-Lewis, Kenneth Brannagh, Pierce Brosnan, Jamie Dornan...

Filmographie sur l'Irlande du Nord

The Dawn, de Tom Cooper, 1936.

Our Country, de Liam O'Leary, 1948.

The Rising of the Moon, de John Ford, 1957.

Ryan's daughter, de David Lean, 1970.

Images, de Robert Altman, 1972.

Angel, de Neil Jordan, 1988.

High Spirits, de Neil Jordan, 1998.

My Left Foot, de Jim Sheridan, 1989.

The Field, de Jim Sheridan, 1990.

The Commitments, d'Alan Parker, 1991.

I Dreamt I Woke Up, de John Boorman, 1991.

The Crying Game, de Neil Jourdan, 1992.

In the Name of the Father (Au Nom du Père), de Jim Sheridan, 1994, Ours d'or à Berlin. Sur le système judiciaire britannique, expéditif et implacable en ce qui concerne le conflit nord-irlandais.

The Snapper, de Stephen Frears, 1993.

Michael Collins, de Neil Jourdan, 1996.

The Van, de Stephen Frears, 1996.

The Boxer, de Jim Sheridan, 1997.

East is East, de Damien O'Donnell, 1999.

Bloody Sunday, de Paul Greengrass, 2002. Ours d'or à Berlin, mise en image " caméra au poing " du Bloody Sunday de Derry qui fit 14 morts parmi les manifestants pacifiques catholique en 1972.

The Magdalene Sisters, de Peter Mullan, 2002.

Heartlands, de Damien O'Donnell, 2003.

Veronica Guerin, de Joel Schumacher, 2003.

Omagh, de Peter Travis, 2005.

The Mighty Celt, de Pearse Elliott, 2005.

The Wind That Shakes The Barley (Le vent se lève), de Ken Loach, palme d'or au Festival de Cannes 2006. Sur l'engagement politique de deux frères au moment de la partition de l'Irlande en 1921.

Hunger, du plasticien Steve Mac Queen, 2008 (histoire sur l'IRA en 1981 et le statut de prisonnier politique, caméra d'or Cannes 2008).

Five Minutes Of Heaven, de Oliver Hirschbiegel, 2009.

Good Vibrations, de Lisa Barros D'Sa et Glenn Leyburn, 2013.

71, de Yann Demange, 2014.

Derry Girls, série de Lisa McGee, 2018.

Games of Thrones : le tournage du préquel a commencé !

Que les fans de la mythique série de HBO se consolent, Game of Thrones ça n'est pas tout à fait fini... En effet, le tournage du premier préquel de la série a déjà commencé. Et les similitudes sont déjà bien présentes entre ce préquel et la série initiale, puisqu'il est lui aussi tourné dans les superbes paysages de l'Irlande du Nord, que les fans pourront donc retrouver ! Le pilot de ce préquel serait tourné plus précisément dans le comté de Down. Naomi Watts devrait tenir le rôle principal... Affaire à suivre.

Littérature

L'Irlande étonne par sa grande vitalité littéraire. On est surpris qu'un pays de si petite taille compte à son actif autant d'auteurs de première importance sur la scène littéraire internationale. Leur contribution va autant au genre romanesque que théâtral ou poétique. La littérature irlandaise compte d'ailleurs à ce jour quatre prix Nobel : William Butler Yeats (1923), Bernard Shaw (1925), Samuel Beckett (1969) et le nord-irlandais Seamus Heaney (1995). Les écrivains irlandais sont connus pour puiser leur inspiration dans les traditions locales et dans un terroir trop souvent menacé par les conquêtes britanniques.

Un des premiers ouvrages remarquables de littérature irlandaise est le Cycle de l'Ulster, qui regroupe une centaine de récits, écrits à partir de la tradition orale entre les VIIIe et XIIe siècles. Ces histoires concernent les rois des Ulaid (en particulier sur l'enfant-guerrier Cú Chulainn), un peuple qui a donné son nom à l'actuelle province de l'Ulster.

C'est lorsque l'usage du gaélique oral et écrit disparaît qu'émerge une littérature irlandaise de langue anglaise. Cet abandon progressif de la langue traditionnelle commença vers la fin du XVIIIe siècle, avec l'augmentation de la puissance anglaise. Cette littérature s'illustra d'abord surtout dans le genre poétique. Au XIXe siècle, de nombreux poètes étaient surtout désireux d'éveiller le sentiment national du peuple irlandais et eurent une influence politique indéniable.

Au XXe siècle, George Moore, qui passa le début de sa carrière à Paris, fut l'un des premiers écrivains de langue anglaise à utiliser les techniques des réalistes français et peut être considéré comme l'un des précurseurs de James Joyce. Joyce est considéré comme un personnage de premier plan de la littérature mondiale. Le soliloque dévoilant les méandres intérieurs de personnages est une forme de récit caractéristique de l'écrivain, pionnier en ce domaine. Ce recours narratif est notamment employé dans son roman majeur, Ulysse. Les écrits de Joyce, bouleversant les règles de la narration et du récit, ont profondément marqué les nouvelles générations d'écrivains irlandais. Son fils spirituel le plus connu est Samuel Beckett.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, tandis qu'une littérature bourgeoise continue de se développer, la partition de l'Irlande provoque l'émergence d'une nouvelle génération d'écrivains attentive aux classes modestes, dont elle restitue le quotidien. Brinsley McNamara ou John McGahern sont par exemple emblématiques de ce nouveau type de romanciers. Impossible d'oublier C.S. Lewis, né à Belfast et auteur de la très célèbre série des Chroniques de Narnia, parue entre 1950 et 1957. Cette série fut transformée en films dans les années 2000 et les exemplaires des livres se sont vendus à plus de 120 millions d'exemplaires. Les paysages des Mourne Mountains aurait inspiré C.S. Lewis pour créer le monde merveilleux de Narnia. L'auteur y passa en effet de nombreuses vacances dans son enfance. C.S. Lewis était un ami très proche de J.R.R. Tolkien, auteur mythique du Seigneur des Anneaux. Ils enseignèrent ensemble à Oxford.

Médias locaux
Presse

An Phoblacht : journal du Sinn Féin, d'abord un hebdomadaire, il paraît désormais une fois par mois.

The Belfast Telegraph : premier quotidien d'Irlande du Nord qui paraît tous les soirs (presse de qualité).

Irish News : journal de la communauté catholique, qui paraît tous les matins.

Irish Republican News : journal républicain.

NewsHound : mélange de presse irlandaise, anglaise et américaine.

News Letter : tabloïd britannique, disponible quotidiennement.

Ulster Herald : hebdomadaire du comté de Tyrone.

On trouve également les principaux journaux et magazines anglais.

Télévision

BBC Northern Ireland (BBC NI), chaîne régionale de la BBC.

Ulster TV (UTV), antenne régionale de la chaîne privée britannique ITV.

Toutes les chaînes britanniques sont disponibles en Irlande du Nord.

Par ailleurs, le gouvernement britannique s'est engagé à garantir la liberté de réception des émissions en irlandais des radios et télévisions de la République d'Irlande. RTE et TG4 peuvent donc être captées facilement. En raison des nouvelles conditions de diffusion, la couverture de RTE et de TG4 est passée de 30 à près de 70 % de la population d'Irlande du Nord.

Musique
Musique traditionnelle

Depuis une vingtaine d'années, la musique traditionnelle irlandaise s'offre un franc succès sur la scène internationale : on en oublierait qu'elle est vieille d'environ 2 000 ans et qu'elle date de l'arrivée des Celtes en Irlande. Etablis en Europe de l'Est dès le Ve siècle av. J.-C., les Celtes furent, sans aucun doute, influencés par les musiques orientales. Selon certaines hypothèses, la célèbre harpe celte serait originaire d'Egypte. Les lois pénales édictées par les Anglais allaient ensuite interdire toute forme de manifestation de la culture irlandaise, dont la musique. Les musiciens continuèrent bien sûr à jouer, mais de manière clandestine, donc plus intime. Un caractère qu'a conservé la musique traditionnelle irlandaise aujourd'hui.

Suite à la Grande Famine de 1845, l'immigration permit à un réseau de musiciens de s'implanter dans des villes comme New York, Boston et Chicago. Dans les années 1920, des enregistrements eurent lieu aux Etats-Unis avec des artistes du fiddle (le violon irlandais) comme Michael Coleman, James Morrisson ou Paddy Killoran. Ces disques eurent un effet immédiat sur les musiciens irlandais restés au pays : non seulement le piano accompagnait le violon et le pipeau, mais le rythme était plus rapide.

Au début des années 1960, un expert en musique ancienne, Sean O'Riada, apporta une contribution majeure à la musique irlandaise avec son orchestre, le Ceoltóirí Chualann. La musique était destinée à être écoutée et non plus dansée.

Grands noms

Michael Balfe (1808-1870). Né à Dublin, ce compositeur, violoniste et chanteur d'opéra, a laissé derrière lui quelques oeuvres célèbres en Irlande, comme Falstaff (1838) ou La Bohémienne (1843).

Mary Black. Après plus de 20 ans de carrière, Mary Black reste l'une des chanteuses de folk les plus appréciées en Irlande. Célèbre pour sa voix cristalline, elle a surtout enregistré des disques de musique traditionnelle. Elle a travaillé avec Christy Moore et le groupe de musique traditionnelle De Danann.

Turlough Carolan. Né en 1670, harpiste et compositeur très célèbre en Irlande, il devint aveugle à 18 ans, ce qui ne l'empêcha pas de composer environ 200 chansons, toutes en langue gaélique.

The Chieftains. Sur les traces de Sean O'Riada (1931-1977), qui fit découvrir aux Irlandais les thèmes de leur propre musique, les Chieftains ont porté la musique traditionnelle irlandaise aux quatre coins du monde. Fondé en 1962 par le flûtiste Paddy Moloney et cinq autres musiciens, le groupe n'est, au départ, qu'une petite formation amicale.

Enya, née le 17 mai 1961, sous le nom d'Eithne Ní Bhraonáin, est l'artiste irlandaise solo la plus populaire du moment. Il faut dire qu'elle a tout pour elle : elle est belle et elle a une voix superbe. Sa famille, originaire du Donegal, est musicienne depuis toujours et Enya chante parfois en gaélique. On regrette juste qu'elle soit assez peu prolifique quand vient le temps de composer de nouveaux morceaux. Par conséquent, les fans peuvent attendre jusqu'à 5 ans entre deux albums.

The Dubliners. Un des groupes les plus populaires de musique traditionnelle - violon, concertina (un petit accordéon), tin whistle (une flûte), guitare et bodhran (un tambourin en peau de chèvre). Les Dubliners ont débuté dans les années 1960 au pub O'Donaghan de Dublin. Il faut entendre au moins une fois la fameuse ballade Finnigan's Wake.

Musique contemporaine

La scène pop-rock n'est pas en reste en Irlande du Nord. Actuellement, beaucoup d'artistes se produisent sur la scène internationale, et nombre d'entre eux, bien qu'ayant adopté un style différent, continuent de s'inspirer de la musique traditionnelle.

Van Morrison. Auteur et compositeur né à Belfast en 1945 qui connut un franc succès avec des tubes planétaires (Gloria, Here Comes the Night, Baby Please Don't Go...), repris par les plus grands : Jim Morrison, Jeff Buckley, Ray Charles, les Rolling Stones...

The Undertones. Groupe punk rock formé à Derry en 1975, dont le premier single Teenage kicks, sorti en 1978, figure parmi les plus célèbres de l'histoire du rock britannique.

Snow Patrol. Formé en 1994, ce groupe de rock nord-irlandais connaît son premier succès avec le single Run et un troisième album intitulé Final Straw, paru en 2003. Plus de 12 millions d'albums vendus à ce jour.

Django Django. Groupe de rock psychédélique formé en 2009, dont le chanteur, Vincent Neff, est originaire de Derry. Devenu incontournable en 2012 avec ses tubes dansants. Leur troisième album Born Under Saturn est sorti en mai 2015.

David Holmes. DJ et compositeur de musique de film, David Holmes est originaire de Belfast et a débuté sa carrière dès l'âge de 15 ans. Il mixe d'abord dans les pubs et boîtes de nuit, avant d'acquérir une renommée internationale. Il a notamment composé les bandes originales de Ocean's Eleven (2002), Ocean's Twelve (2004), Ocean's Thirteen (2017) et 71' (2014).

The Divine Comedy. Groupe formé à Enniskillen en 1989, Neil Hannon en est le chanteur et seul membre constant. The Divine Comedy a connu ses plus grands succès à la fin des années 1990.

Ash. Groupe de rock alternatif originaire de Downpatrick, il est créé en 1992 par Tim Wheeler, Mark Hamilton et Rick MacMurray. 1977, leur premier véritable album (1996) est immédiatement en tête des charts britanniques.

Two Door Cinema Club. En provenance de Bangor, ce groupe de rock indie fut formé en 2007 par Alex Trimble, Sam Halliday et Kevin Baird. En 2012, Beacon, leur second album, atteint la deuxième place des charts au Royaume-Uni.

Peinture et arts graphiques

Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, l'art irlandais fut fortement influencé par la peinture anglaise. En effet, la plupart des peintres irlandais vendaient leurs toiles en Angleterre et beaucoup y ont vécu, car c'est là que se trouvait la demande. En 1768, Nathaniel Hone et le paysagiste George Barret furent d'ailleurs deux membres fondateurs de la Royal Academy à Londres. Leurs oeuvres, ou encore celles de James Barry, sont représentatives de cette période.

Au XIXe siècle, l'influence romantique est perceptible dans la peinture irlandaise, notamment dans les paysages de Francis Danby ou de James Arthur O'Connor. La moitié du siècle est dominée par les peintres William Mulready, Frederic William Burton et Daniel Maclise. Dès la fin du XIXe siècle, la peinture irlandaise s'émancipe de la peinture anglaise et s'enrichit de nouvelles influences européennes, notamment celle des impressionnistes français. De nombreux peintres irlandais partirent peindre en France. Nathaniel Hone le Jeune fut le précurseur de ce mouvement et passa 16 ans près de Paris, avec les peintres de l'école de Barbizon. Il fut suivi par d'autres, tels que Walter Osborne, Roderic O'Connor, William Leech. Nombre de ces postimpressionnistes se rendirent en Bretagne pour peindre et l'on retrouve des sujets et paysages bretons dans leurs oeuvres.

En 1920, la création de la Society of Dublin Painters entraîna le développement de l'art moderne. Parmi les fondateurs se trouvait Jack B. Yeats, frère du poète national William B. Yeats, la figure majeure de la peinture irlandaise au XXe siècle. Samuel Beckett voyait en lui un maître suprême... Sa peinture, mouvementée et haute en couleur, est de style expressionniste. Yeats peint volontiers des gitans, des vagabonds, des voyageurs et des hommes de la rue. Les personnages sont peints à même la pâte, qui forme ainsi la ligne, la matière, la couleur et la densité. La composition est emportée par un mouvement vertigineux de vitesse et de saisissement parfois porté à l'énigmatique.

De multiples galeries d'art contemporain sont à découvrir à Belfast, le plus grand nombre se situant dans le quartier nord de la ville. Une liste des galeries est disponible à l'office de tourisme, avec un plan. Certaines oeuvres de jeunes artistes irlandais sont largement abordables (autour de 200 €).

Peintres de renom

George Barret (1728-1784). Né à Dublin, mort à Londres, ce peintre paysagiste s'est beaucoup inspiré des paysages des monts Wicklow.

James Barry (1741-1806). Né à Cork, mort à Londres, ce peintre célèbre en Irlande s'est surtout intéressé aux personnages historiques, comme dans la Conversion par saint Patrick du roi de Cashel.

Jack Butler Yeats (1871-1957). Peintre, fils de John Butler Yeats et frère de William, il contribua grandement à la renaissance celtique du début du XXe siècle.

John Butler Yeats (1839-1922). Père de Jack, peintre également, et de William, écrivain.

Sir Hugh Lane (1875-1915). Il fut un grand collectionneur de tableaux et surtout un grand admirateur de John Butler Yeats.

Francis Bacon (1909-1992), peintre et descendant du philosophe du même nom, dont une devise, au cours de son évolution artistique, fut de " peindre le cri plutôt que l'horreur ". Peintre figuratif influencé par le surréalisme.

Louis le Brocquy (1916-2012), considéré comme l'un des peintres irlandais majeurs du XXe siècle, membre fondateur de l'Exposition irlandaise d'art vivant qui permit en 1943 d'exposer des peintres avant-gardistes irlandais.

Sculpture

Au début du Moyen Âge, la contribution notoire de l'Irlande à la sculpture européenne se retrouve assurément dans les hautes croix en pierre, à l'origine certainement colorées, taillées principalement dans du grès ou du granit. Les croix d'Ulster sont gravées de scènes illustrant l'Ancien et le Nouveau Testament ; scènes franchement séparées contrairement aux autres croix du territoire.

Quatre grandes croix se distinguent en Irlande du Nord :

dans le comté de Down, près de Rostrevor, à Kilbroney, se dresse une haute croix celtique (2,10 m) de granit. Sa particularité est son absence d'anneau, sa croix latine au dos et ses motifs en méandres.

Au sein du cimetière de l'église d'Irlande, une croix en granit est gravée de plusieurs figures, dont Adam et Eve sur le côté ouest.

dans le comté de Tyrone, une splendide croix en grès s'érige dans le cimetière du village de Donaghmore avec, sur la face ouest des scènes de l'Ancien Testament, et la face est au Nouveau Testament.

dans le comté d'Armagh, au coeur du village de Tynan sur un ancien site monastique, vous trouverez une croix datant du IXe ou Xe siècle, où Adam et Eve sont illustrés sur la colonne et où, sur chaque face, cinq bosses symboliseraient les blessures du Christ.

Adresses Futées de BELFAST

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