Guide de DUBAÏ CITY : Arts et culture

Dubaï désignée ville du design par l'Unesco

En juin 2018, l'Unesco a distingué Dubaï en la reconnaissant comme l'une des villes les plus créatives en termes de design. L'Organisation des Nations unies s'est appuyée sur plusieurs réalisations architecturales remarquables telles que le design des stations de métro, le pont de la Tolérance sur le canal, le pont de Shindagha dont l'architecture représente le signe de l'infini, mais aussi le tout nouveau quartier de La Mer. Dubaï est la 24e ville du monde à recevoir cette distinction et la première au Moyen-Orient.

Architecture

L'ancien se juxtapose au récent, l'ultracontemporain au plus classique, et certains édifices osent même un mélange des genres en reproduisant l'architecture arabe traditionnelle, transformant Dubaï en une vitrine de concepts architecturaux postmodernes !

Architecture traditionnelle et ancienne

Les bâtiments du patrimoine national font l'objet d'un vaste plan de sauvegarde et de réhabilitation.
Globalement, les édifices anciens traditionnels se répartissent en 4 groupes : les monuments religieux (mosquées), les ouvrages défensifs (châteaux forts, citadelles, tours de garde), les espaces commerçants (souks) et les demeures traditionnelles. De façon logique, les anciens habitants du territoire de Dubaï utilisèrent principalement les matériaux disponibles sur place pour la construction de leurs maisons et bâtiments : branchages, fibres de palmier, gypse, pierre corallienne, mais aussi blocs de calcaire joints entre eux par de la boue. Les poutres en bois choisies pour les charpentes étaient généralement importées d'Inde ou d'Afrique de l'Est. Structurellement, les bâtiments étaient agencés de façon à s'apporter mutuellement de l'ombre. De ce fait, les rues étaient souvent étroites et les habitants pouvaient y circuler sans trop souffrir de la chaleur.

Les mosquées

D'architecture assez simple et épurée, la mosquée comporte toujours un minaret, une longue et haute tour, sobre ou ornementée, d'où, cinq fois par jour, le muezzin appelle les croyants à la prière. L'autre élément indissociable de ce type de bâtiment cultuel est le mihrab : une niche dans le mur indiquant la qibla (la direction de La Mecque). Comme les minarets, les premiers mihrab sont apparus au VIIIe siècle, tandis que le minbar (ou la chaire) date de l'époque de Mahomet.
Une mosquée dispose toujours d'un point d'eau, essentiel aux ablutions auxquelles les pratiquants se doivent de procéder avant la prière, afin de se purifier. Si, dans leur vie quotidienne, les musulmans fréquentent souvent la mosquée la plus proche, ils choisissent volontiers pour les prières du vendredi (jour saint et chômé dans le calendrier musulman) des mosquées plus importantes. A Dubaï, les mosquées, construites ou reconstruites récemment, adoptent divers styles architecturaux. La principale, celle de Jumeirah, se caractérise par son large dôme central propre aux bâtiments d'inspiration anatolienne. La Grande Mosquée de Bur Dubaï suit la même tendance, mais se trouve dotée de plusieurs dômes. La plus jolie, la mosquée iranienne d'Al Wasl Road, à Bur Dubaï, présente, comme tout bâtiment de culte chiite, des faïences bleues et vertes sur ses murs et sur son dôme.

Les ouvrages défensifs

Ils sont présents dans toute la Fédération. Au temps des guerres tribales, ils servaient de zones défensives pour les clans, qui marquaient ainsi leur territoire. Dans le genre, le plus bel exemple dubaïote est le fort Al Fahidi, qui abrite aujourd'hui le musée de Dubaï. Construite à la fin du XVIIIe siècle, cette résidence émirienne était prolongée d'une immense muraille défensive qui entourait toute la ville et protégeait ses habitants. Le fort Naïf, bâti au centre de Deira à la fin des années 1930, avait des murs de 7 mètres de haut et une tour d'observation dotée de canons. Les tours de défense de Bur Dubaï et Deira, faites de roche marine et de gypse, servaient surtout d'observatoire. La tour carrée de Sheikh Obaïd bin Juma Al Maktoum, bien que récente, reproduit une tour du milieu du XIXe siècle. Elle compte trois étages et l'absence d'ouverture au rez-de-chaussée rend son accès difficile. L'entrée se fait par une béance au premier étage, auquel on accédait par une échelle.
Comme pour nos châteaux médiévaux, la tour est percée de trous et de mâchicoulis et est coiffée de créneaux. Celle de Burj Nahar, à Deira, est de forme ronde et son entrée est à 9 mètres du sol ! Autres spécimens intéressants et reconstruits à l'identique : la tour Al Baraha, le Murabaat Al Waeel et celle d'Umm Rayol, qui, très curieusement, a été édifiée sur des piliers de plusieurs mètres de haut et ne possède qu'une salle unique, surmontée d'une terrasse sur le toit.

Les espaces commerçants (souks)

Contrairement à de nombreux pays arabes, Dubaï n'a pas de vrai grand souk ancien. De petite taille, les souks témoignent cependant de l'organisation architecturale de ce type d'espace : allées étroites, arcades ou toiles tendues pour protéger les badauds des rayons ardents du soleil, petites échoppes collées les unes aux autres, marchandises débordant dans les ruelles, espaces sociaux et religieux à proximité immédiate. Les plus intéressants sont le vieux souk au textile de Bur Dubaï, le souk couvert et le souk aux épices de Deira, et, dans une moindre mesure, le souk de l'or.

Les demeures résidentielles

Le barasti. Désigne à la fois un mode de construction de maisons, à l'aide de feuilles de palmier tressées, et son résultat, soit la maison elle-même. Très connus dans tous les pays du Golfe, les barasti étaient les toutes premières demeures traditionnelles des anciennes familles dubaïotes, hormis les tentes. Assez simples, leurs structures étaient faites de troncs de palmier recouverts de feuilles tressées. Ces dernières permettaient la libre circulation de l'air, essentielle pendant la saison chaude. Les barasti comprenaient généralement une pièce centrale, ainsi qu'une chambre et une ou deux autres pièces utiles. On les appelle aussi les Kaimah. Ces maisons dominèrent le paysage urbain jusqu'à la fin du XIXe siècle, avant d'être détrônées par des constructions en dur, plus solides et techniquement plus élaborées.

De nos jours, il n'existe plus aucun barasti d'époque à Dubai. Les seuls qu'on puisse encore apercevoir ont été construits de toutes pièces à des fins d'exposition. C'est le cas notamment dans le quartier culturel de Bastakiya, dans la cour du musée de Dubaï, à l'Heritage Village de Shindagha et au Majilis Ghorfat Umm Al Sheef, dans le secteur de Jumeirah.

La maison Arish. Maison d'été faite comme les barasti mais surmontées d'une tour à vent (appelée Barjeel) au-dessus de la chambre à coucher ou du salon.

La masayf. Ou maison avec tour à vent, est semble-t-il originaire de Perse. La tour Barjeel, qui s'élève à 5 ou 6 m au-dessus de la maison, est plus ou moins l'ancêtre de la climatisation. Son ingénieux système d'ouvertures et de conduits verticaux permet d'orienter la brise vers l'intérieur, tout en la refroidissant. Le procédé est étonnant et fonctionne à merveille, comme on peut s'en rendre compte en s'installant sous une vieille tour à Bastakiya. En général, les murs des masayf étaient faits de pierre corallienne, de calcaire et d'argile rouge importée d'Iran, tandis que bois, palmier, boue et paille servaient à l'élaboration du toit. Les tours à vent se trouvaient au-dessus des pièces principales, comme le salon ou les chambres.

La mashait. Ou maison avec cour, est le type d'habitation le plus standard. Assez vaste, la cour occupait quasiment la moitié de l'espace total et procurait lumière naturelle et ventilation à l'ensemble des pièces qui s'articulaient autour d'elle. Souvent arborée, elle tenait aussi lieu de jardin et d'aire de jeux. Une pergola la protégeait des rayons solaires les plus ardents, ce qui aidait également à maintenir une fraîcheur relative dans les pièces. Les plus beaux exemples de cours intérieures se trouvent dans le quartier de Bastakiya à Bur Dubaï : XVA Gallery, Local House, Bastakiya Heritage House, Majilis Gallery.

 

L'architecture moderne

Elle alimente les colonnes de la presse et sert à la médiatisation internationale dont Dubaï semble être friande. Tours immenses et profilées (Emirates Towers), gratte-ciel surmonté d'une boule géante (Etisalat Building), monolithe de forme triangulaire (Dubai Chamber of Commerce and Industry), bâtiment en forme de gigantesque vague (Jumeirah Beach Hotel), tour à vent démesurée (le Fairmont), voile gonflée par le vent (Burj Al Arab), flèche vertigineuse (Burj Khalifa), etc., les exemples d'architecture audacieuse et futuriste ne manquent pas qui constituent les principales curiosités dubaïotes. Grâce à leur pouvoir financier, les sheikhs ont pu attirer chez eux les meilleurs designers et constructeurs du monde, auxquels ils donnent souvent carte blanche. En résulte un style cosmopolite éclectique, sans véritable ligne directrice, et riche de cette particularité. Les éléments dominants en sont l'acier, le verre et le béton, renforcés de matériaux très résistants à la chaleur. A l'intérieur se déploie la même créativité, sous la houlette de concepteurs étrangers ou locaux de renom. Et la source est loin d'être tarie, puisqu'une multitude de projets plus fous les uns que les autres attendent leur tour entre les grues ou dans les tiroirs !

Artisanat
<p>Artisanat</p>

Artisanat

Le teli, tissé sur une planche en bois, est une broderie savante et colorée composée de fils dorés, argentés ou d'autres teintes, qui orne les cols et les manches des robes des femmes. Ces robes brodées sont portées à l'occasion des fêtes ou d'événements spéciaux. Ainsi, les jeunes filles les portent lors d'une cérémonie marquant leur mémorisation du Coran.

Le sadou est une technique de tissage élaborée à base de laine, issue de la tonte des chameaux, moutons et chèvres, et teinte notamment grâce à des extraits naturels de henné et de safran. Les femmes bédouines réunies en petits groupes tissent des vêtements, coussins, tapis et tentes bédouines aux motifs géométriques colorés. Le sadou est classé sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco.

La vannerie de palmier ou khous (prononcer rous) était largement utilisée pour confectionner les accessoires de la maison comme les paniers, tapis de sol, éventails...

Vous visiterez avec grand intérêt le centre d'artisanat des femmes, ainsi que le comptoir de l'artisanat du Central Market.

Expressions modernes
Dubai Design District

Dubai Design District fut lancé en 2013 sous l'impulsion de Cheikh Mohammed al Maktoum. Le nouveau quartier nommé D3 accueille 10 000 professionnels du design, de la mode, de l'art et de la culture, répartis dans 11 édifices conçus par le bureau d'architecture Foster + Partners. L'ambition est de devenir le leader régional des créateurs et des nouveaux talents. Les grandes maisons de luxe, les architectes, comme Fosters + Partners ou Calatrava, ont déménagé dans ce hub où les initiatives se multiplient comme l'atelier créatif de Swarovski qui propose aux professionnels de s'initier aux multiples possibilités offertes par les 8 000 sortes de cristaux. Se voulant incontournable dans le calendrier des rendez-vous du design, Dubai Design Week se déroule chaque année à la mi-novembre. Il est d'ailleurs devenu le plus grand festival de la création du Moyen-Orient. En 2017, ce sont 60 000 visiteurs qui ont participé pendant 6 jours aux ateliers, conférences et expositions organisés. Les projets proposés par les étudiants des grandes écoles mondiales du design en sont un des événements phares. Leurs inventions se conçoivent autour de 6 catégories : la construction, la santé, la maison, la mémoire, le jeu et le travail. On pouvait, par exemple, participer à l'École (éphémère) de Van Cleef § Arpels autour de l'art du bijou, le monde des pierres et le savoir-faire. D3 accueillera, dès septembre 2018, une école du design, fruit de la collaboration entre MIT et Parsons School of Design. Le bachelor proposera aux jeunes talents en herbe une formation entourés des créateurs internationaux de la planète design. En 2019, une phase résidentielle verra le jour le long de la Creek faisant de ce quartier un écosystème du design et de la création.

Cinéma

Avec l'appui du festival de Dubaï, le jeune cinéma émirien commence à trouver le chemin des écrans. Une dizaine de réalisateurs se démarquent comme Nayla Al Khaja, productrice de documentaires, publicités et vidéos commerciales. Elle a surtout tourné deux documentaires salués par la critique : Malal, sur les mariages arrangés, ou Arabana, sur la maltraitance des enfants, et a également fondé une société de production, D-Seven Motion Pictures. Autre réalisateur à suivre, le britanno-émirien Ali Mostafa, qui, à travers ses long-métrages, cherche à faire évoluer les stéréotypes sur son pays. Très populaire, il a notamment réalisé City of Light en 2009 et From A to B en 2016. Saeed Salmeen Al Murry, qui a signé Bint Mariam et Sundress, a été récemment nominé dans plus de 6 festivals internationaux pour son dernier film Fan de Amoora. Il relate l'histoire d'un jeune Émirien, fan de football, et son parcours pour devenir joueur professionnel. Le film Zinzana (La cellule) de Majid al Ansari est le premier film émirien à avoir été proposé sur la plateforme Netflix en 2016.

Enfin, le jeune réalisateur émirati Abdulla Al Kaab, originaire de Fujairah, est un autre nom à suivre. Désormais installé à Paris, il tourne un court-métrage The Philosopher, avec Jean Reno. " La France est un pays où je souhaite vivre ", confie-t-il à L'Oriental.info. " J'aime le fait que l'art soit facilement accessible ; pour moi Paris est une ville artistique. Personne d'autre n'apprécie autant la vie que les Français. Mon rapport à la France est aussi un peu hasardeux : après mon cursus à l'université américaine aux Émirats, j'avais postulé pour une université anglaise, mais ils ont refusé mon dossier faute d'expérience. Je me suis donc tourné vers la France, en pensant y passer quelques mois avant de repartir pour l'Angleterre, et finalement je souhaite y rester. "

Dubai International Film Festival

Créé en 2004, le DIFF a pour objectif de faire connaître Dubaï en tant que nouveau centre de production cinématographique. Au programme de ce rendez-vous de décembre, des films et des courts-métrages récents ou plus classiques, de conceptualisation et d'inspiration orientale ou internationale. Au-delà des productions hollywoodiennes, le festival est surtout intéressant pour sa sélection de films du Moyen-Orient. Quelque 250 films tous formats confondus ont été produits depuis la naissance des Emirats (soit environ la production annuelle française), avec un triplement de la cadence depuis trois ans. Consulter les sites www.dubaifilmfest.com et www.gulffilmfest.com, le site du second festival aux ambitions plus régionales qui se tient en avril.

Danse
<p>Un groupe de bédouins avant la danse des bâtons.</p>

Un groupe de bédouins avant la danse des bâtons.

Les danses sont généralement pratiquées par les hommes. Originellement, elles permettaient de se donner du courage avant les combats ou de fêter la victoire après la bataille. Beaucoup d'instruments et de rythmes puisent leurs origines en Afrique grâce à la proximité avec le Soudan, entre autres.

Ayyala : La danse des cannes Al Ayyala est pratiquée par les hommes en kandoura (ou dishdasha) blanche. Au son des percussions, ils se balancent d'un pied sur l'autre, brandissent les bâtons et entonnent un mélodieux chant poétique. Au temps des rezzous et des menaces, c'était un rituel d'unité tribale. Un film consacré à cette danse du courage et de la bataille peut être visionné au musée de Dubaï.

Yollah : Cette danse pratiquée aussi par les hommes utilise une arme comme le fusil, le poignard et le sabre. Les hommes les font tournoyer au-dessus de leur tête ou les lancent en l'air. C'est la danse la plus courante lors des combats militaires dans la tradition émirienne. Comme l'ayyala, elle se danse au son des percussions et on peut toujours l'admirer lors des mariages et des festivals. Les hommes disposés en deux ou quatre rangées alternent des pas vers l'avant et vers l'arrière, symbolisant ainsi la victoire et la défaite.

Na'ashat : Beaucoup plus saisissante, plus rare également, la danse des cheveux Al Na'ashat est l'apanage des jeunes filles aux longues pointes de jais. Vêtues de soieries colorées, les officiantes balancent leur tête de droite à gauche dans un mouvement cadencé. Expression de célébration bédouine, cette pratique traditionnelle illustre les influences très diverses auxquelles furent soumis les nomades, loin des rigueurs mahométanes de la région.

Vous pourrez assister à ces danses lors des festivals célébrant la tradition et l'héritage et surtout au moment de la fête nationale début décembre.

Littérature

Les thèmes qui dominent dans la poésie locale sont la satire, la chevalerie, l'éloge de soi-même, le patriotisme, la religion, la famille et l'amour. Le style et la forme de la poésie dans les émirats ont été largement influencés par l'érudit arabe Al Khalil bin Ahmed au VIIIe siècle, puis par la civilisation islamique en Andalousie et aussi par l'Occident quand, au XXe siècle, la prose a commencé à faire son apparition dans la littérature locale. Le premier poète connu dans les émirats est Ibn Majid, né entre 1432 et 1437 à Ras al-Khaïmah. Issu d'une prospère famille de marins, Ibn Majid a laissé 40 compositions, dont 39 sont des poèmes. Au XVIIe siècle, le poète Ibn Daher, également originaire de Ras al-Khaïmah, a lui aussi gagné le respect de ses pairs. Ibn Daher pratiquait la poésie dite nabati (également appelée poésie populaire ou poésie bédouine) qui utilisait le dialecte vulgaire quotidien, contrairement à la poésie arabe classique. Mubarak al-Oqaili (1880-1954), Salem bin Ali al-Owais (1887-1959) et Ahmed bin Sulayem (1905-1976) ont été les plus grandes figures littéraires des émirats au XXe siècle, en particulier dans le domaine de la poésie arabe classique. Trois autres poètes de Sharjah, connus sous le nom du Hirah Group, ont également exercé leurs talents au cours du XXe siècle : Khalfan Musabah (1923-1946), Scheik Saqr al-Qasimi (1925-1993), ancien dirigeant de Sharjah, et Sultan bin Ali al-Owais (1925-2000), qui reprend surtout le style de la poésie populaire dite Nabati, une forme vernaculaire très répandue depuis le XVIe siècle. En version cathodique, cela donne Prince of Poets, un des plus grands succès de la télévision locale. Plus de 7 000 candidats en provenance de la quasi-totalité des pays arabes à la dernière édition. A Dubaï, le grand festival du livre se tient en mars, avec le soutien de Emirates, www.emirateslitfest.com.

Le tahgrouda, inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, est une poésie chantée de manière antiphonale. Ces poèmes de sept vers ou moins étaient écrits par les Bédouins afin de stimuler la marche des bêtes et des hommes lors des expéditions dans le désert. Certaines femmes en ont également composés pour encourager le labeur lors des travaux collectifs. Ils constituent des messages qui abordent aussi bien les sentiments amoureux que l'amitié, les proches, les chefs de tribu et même certaines questions sociales.

Cheikh Mohammed al Maktoum, Premier ministre, publie régulièrement des recueils de poésie.

 

Genre encore naissant, la bande dessinée tient son premier auteur émirien, Qais Sedki. Avec le manga Gold Ring, il a obtenu le prix Sheikh Zayed de littérature jeunesse en 2010. Le volume 2 est sorti en 2012, et en 2014, le studio d'animation japonais Gainax a annoncé qu'il allait développer un animé basé sur ces mangas. À suivre...

Médias locaux
Journaux

Dans les journaux gouvernementaux, rares sont les critiques des instances dirigeantes, de la famille régnante et des affaires d'Etat. Une même " précaution " est exercée au niveau des événements internationaux, présentés sous un angle concerté et approuvé par le gouvernement. En revanche, elle est une source vraiment intéressante pour se procurer toutes les informations sur la culture et l'héritage du pays, les événements à venir, les nouveaux projets et les plans gouvernementaux. Toutefois, la presse étrangère est disponible et l'on peut se procurer les grands titres internationaux dans de nombreux points de vente. Seules les revues à caractère pornographique ou érotique sont l'objet d'une interdiction stricte, même si quelques magazines masculins commencent à apparaître.
Les principaux quotidiens arabes sont Al-Bayan (publié à Dubaï) ainsi que Al-Khaleej et Al-Ittihad (produits à Abu Dhabi). Par ailleurs, trois journaux en anglais, édités à Dubaï, donnent des nouvelles locales et internationales de façon très correctes : Khaleej Times, Gulf Today et Gulf News. The National, publié à Abu Dhabi, fait office de quotidien " fédéral " et nous paraît le mieux tenu, le plus libre, le mieux présenté c'est sûr ! Pour un aperçu assez complet des principaux événements et spectacles ayant lieu à Dubaï, on pourra acheter Time Out Dubai.

Radio

Côté service public, l'une des principales stations FM des émirats, Radio1 se capte sur 104.1 pour ceux qui veulent du top hits dance et RnB. L'autre station majeure, Radio2, alterne sur 99.3 les golds et quelques infos. Ensuite vous avez Dubai 92 pour un son plus rock, Dubai Eye 103.8 la station vaguement communautaire des " estrangers " et enfin Virgin Radio sur 104.4. Bonne pioche, la station Abu Dhabi Classic Fm active son signal sur 87.9, ce qui permet d'écouter les belles sessions jazz, lyrique et classique.

Télévision

Dubai Media Inc. compte plusieurs chaînes locales, dont 3 diffusées en arabe (Dubai 2, 10 et 41) et une en langue anglaise (Dubai One). Possibilité également de capter des programmes des émirats voisins, ainsi que du Qatar et de Bahreïn. Comme pour la presse, la censure est une réalité de la télé dubaïote, et toutes les séquences un peu osées ou impudiques se trouvent momentanément masquées.

Internet

Au quotidien, et pour la moyenne des usages, l'Internet est accessible partout et à tous. Dans les hôtels, et beaucoup de restaurants, vous aurez accès au haut-débit sans problème. Les autorités ont décidé, en mars 2009, de faire figurer le nom de domaine du pays en arabe afin de développer l'usage de la langue sur Internet. Elles ont prévu d'investir plusieurs milliards de dollars pour développer les infrastructures et l'accès à Internet dans les administrations et les écoles en particulier. Une communauté très active de net-citoyens a vu le jour. " Si les autorités favorisent l'accès de leurs citoyens au Net, elle tiennent à les y " guider ", indique Reporters Sans Frontières. Sous couvert de lutter contre la pornographie en ligne, plusieurs milliers de sites Internet sans rapport aucun avec ce sujet ont disparu de la Toile. Cinq cents mots clés seraient bloqués par les autorités. Les blocages de sites sont décidés par l'autorité de régulation des télécommunications TRA - en coordination avec le ministère la Communication - et appliqués par les deux fournisseurs d'accès du pays, Etisalat et Du. Ils utilisent le logiciel Smartfilter, un produit de la société Secure Computing, racheté en 2008 par l'entreprise américaine McAfee. Depuis décembre 2008, une cyberpolice se charge de surveiller le Web et de garder un oeil sur ses utilisateurs. "

Garder le contact avec les infos françaises

Il est possible d'écouter RFI via le bouquet Radio de l'offre satellitaire présente dans les hôtels. Grâce au Net, toutes les stations françaises sont audibles et podcastables. Côté TV, TV5 figure toujours, Euronews et France 24 souvent, dans le menu des chaînes. En résumé, le moyen le plus simple et le plus rapide de capter un bulletin : brancher son smartphone sur le wi-fi de l'hôtel et se connecter sur francetvinfo.fr, rfi.fr ou france24.com.

Musique
<p>Musiciens dubaïotes.</p>

Musiciens dubaïotes.

Les instruments de musique traditionnels, que l'on peut découvrir au cours des célébrations publiques ou privées, sont les mêmes que ceux utilisés dans tout le reste du golfe Persique. Tout d'abord, l'oud, l'un des principaux instruments arabes, assez proche d'une mandoline ou d'une petite guitare : son corps est fait d'un bois solide mais flexible (oud signifie d'ailleurs " bâton flexible " en arabe), comme l'acajou par exemple.

Autre instrument original, mais très populaire : le habban ou cornemuse arabe, fait d'un corps en peau de chèvre surmonté de deux pipes (l'une pour souffler l'air dans le sac et l'autre pour produire un son).
Parmi les percussions : le manior, une ceinture en coton ornée de sabots de chèvre produisant des cliquetis au gré des mouvements du danseur ; ou encore le taba, un tambour empruntant différentes tailles et formes... Tous ces instruments sont faits dans des matériaux locaux et disponibles sur place, tels que peaux de bête, sabots, ossements, bois, etc.

L'Opéra de Dubaï a été inauguré fin août 2016. Salle modulable pouvant accueillir 2 000 personnes, il ne produit pas encore de spectacles mais offre souvent de beaux programmes de musique classique, des opéras mais également des comédies musicales et mêmes des événements sportifs. L'architecte Janus Rostock s'est inspiré des boutres vernaculaires pour réaliser un édifice très réussi et qui mérite qu'on le visite. L'acoustique est excellente, les prix des billets dépendent des spectacles et commencent en général aux alentours de 250 AED pour les concerts et de 350 AED pour les opéras.

Peinture et arts graphiques
<p>1010 : L'art urbain et mural dans Satwa.</p>

1010 : L'art urbain et mural dans Satwa.

La production locale et régionale est en plein boum. Parmi les noms à suivre, la jeune photographe Farah Al Qassimi, la princesse peintre et photographe Lateefa Bint Maktoum, le photographe d'origine palestinienne Tarek Al Ghoussein, le très célèbre et regretté Hassan Sharif fondateur de la Flying House et décédé en 2016, les artistes de son entourage Abdullah Al Saadi, Mohammed Ahmed Ibrahim, Mohammed Kazem, la photographe dubaïote Reem Al Ghaith et l'auteur des compositions abstraites Abdul Rahim Salem sont des valeurs connues ou montantes. Si les thèmes abordés par ces artistes sont parfois assez prosaïques, un véritable engouement semble se dessiner en faveur de l'art abstrait et conceptuel. De plus en plus de galeries d'art contemporain ouvrent leurs portes et présentent les travaux d'artistes de la région. On estime que le marché moyen-oriental de l'art pèse 10 milliards de dollars. 10 galeries en 2008, Dubaï compte aujourd'hui une quarantaine de galeries réparties dans plusieurs quartiers et veut atteindre 95 galeries en 2020.

Dans le quartier d'Al Fahidi. Ne pas manquer la XVA Gallery pour voir des grands noms de l'art régional et s'offrir une oeuvre par des artistes locaux à la fondation Alserkal et à la Majlis Gallery.

Au DIFC (Dubaï International Financial Centre). Les galeries, la fondation et les deux maisons de ventes aux enchères côtoient les bureaux d'avocats et de banquiers : The Empty Quarter, galerie de photographies fondée par une princesse et artiste saoudienne et réputée pour ses choix de photographies ambitieux ; Ayyam Gallery qui a un espace aussi à Alserkal Avenue et la fondation de l'Iranien Farhad Farjam. En poussant un peu plus loin, jusqu'aux Damac Park Towers, on peut acquérir des oeuvres d'artistes d'Asie centrale à l'Andakulova Gallery.

Dans la friche industrielle d'Al-Qhoz. A Alserkal Avenue une trentaine de galeries d'art, installées dans d'anciens entrepôts, entourent un énorme bâtiment d'exposition en béton, " Concrete ", réalisé par Rem Koolhaas. Parmi ces galeries, qui valent le déplacement, vous pourrez visiter celle d'Isabelle van den Eynde pour voir de l'art conceptuel régional, la galerie Lawrie Shabibi qui soutient l'art africain, la Galerie Nationale pour faire un véritable voyage dans le temps et apprécier le design européen des années 1960 et 1970, la galerie The Third Line, qui présente des artistes internationalement reconnus et d'autres très prometteurs. Mais aussi la collection de Ramin Salsali (Salsali Private Museum) et la fondation privée Jean-Paul Najar.

Un peu plus loin dans Al-Qhoz, à seulement 5 km d'Aserkal Avenue, surtout ne pas manquer Meem Gallery, qui présente toujours des oeuvres d'artistes de la région, tels que Sohrab Sepehri, Parviz Tanavoli, Mahmoud Obaidi, Kamal Boullata, Dia Azzawi.

A l'Est de Downtown. Le centre d'art contemporain, Tashkeel, rassemble des ateliers et des résidences d'artistes. Petit bâtiment perdu dans le quartier de Nad Al-Sheba, près du champ de courses, Tashkeel est un véritable creuset de la scène artistique des Émirats où se rassemblent les jeunes futurs grands artistes de la région. Ses petites expositions valent la visite pour se donner une idée claire de l'art contemporain local. Des artistes comme Nasir Nasrallah, El Seed et Ammar Al Attar sont passés par Tashkeel.

Dubaï Design District, plus connu sous l'acronyme D3, s'est développé à très grand vitesse et s'agrandit encore. Lancé en 2013, ce nouveau quartier est dédié à la promotion de nouveaux talents, à la créativité dans le design, le luxe et la mode. Il comprend des restaurants, des galeries, des boutiques de détails et des bureaux. Il est très agréable de se balader dans ses allées ombragées avec un mobilier urbain unique. D'ici 2020, D3 devrait comprendre des zones résidentielles, des hôtels boutiques internationaux, un amphithéâtre et un centre des congrès.

La foire internationale d'Art Dubaï

Non Dubaï n'est pas seulement la ville du business, c'est aussi la ville de l'art contemporain ! La forte fréquentation des salons Art Dubai et Design Days, qui ont lieu chaque année, ne font que confirmer cette tendance. Dubaï figure désormais parmi les grandes villes qui comptent sur le marché de l'art.
Lancé en 2006, Art Dubaï est né de la fusion entre DIFC et Gulf Events. La première année, c'était le chaos, les visiteurs demandaient si les oeuvres étaient bien à vendre ! En 2008, la foire reçoit 12 000 visiteurs et 68 galeries du Moyen-Orient, d'Inde et d'Afrique du Nord. En 10 ans, le nombre de galeries et de visiteurs n'a cessé d'augmenter (en 2018, 105 galeries de 48 pays et 28 000 visiteurs). Aujourd'hui, la foire est le premier carrefour international du Moyen-Orient, pas seulement à travers les galeries participantes (certaines viennent d'Islande, d'Éthiopie ou du Kazakhstan), mais aussi à travers les artistes présents. Lors de la foire, un programme, le " Global Art Forum " ouvre des discussions pour définir certaines notions artistiques. Parallèlement le prix artistique du groupe Abraaj permet de récompenser les jeunes talents. L'innovation de 2014 est la création d'un second espace d'exposition dédié à l'art moderne, l'art du XXe siècle du Moyen-Orient, de l'Asie du Sud et de l'Afrique du Nord, de qualité muséale. Et en 2018 Art Dubaï lance un nouveau programme, " Résidents ". Onze artistes sont invités à créer aux Émirats pendant quatre à huit semaines. Leurs oeuvres sont exposées lors de la foire à côté de celles des artistes internationaux. En 10 ans, Art Dubaï a acquis une vocation éducative et est devenu l'un des plus importants évènements culturels des Émirats, un acteur incontournable du monde de l'art contemporain au-delà de l'Europe et de l'Amérique, visité par les conservateurs des plus grands musées, le MET, le LACMA, le Victoria and Albert Museum, le musée du Louvre, etc.
L' " ArtBus " est destiné à faire découvrir l'art des Émirats aux touristes. En novembre, il vous amène à la foire Abu Dhabi Art, et en mars il vous ouvre les portes du DIFC, de D3 et de Bastakiya, d'Al Qhoz et d'Art Dubaï ([email protected]).

Traditions
<p>Babouches</p>

Babouches

Les festivals en mars-avril de Marmoum, la fête nationale, la période du Ramadan, le Dubai Museum ou encore The Frame, sont autant de chances pour découvrir les traditions bédouines du pays qu'elles soient artisanales, musicales, sociétales, culinaires...

La tradition perlière

Il existe une vieille croyance selon laquelle les perles se forment quand les gouttes de pluie gorgées de clair de lune, tombent dans la mer et sont avalées par les huîtres. De façon plus scientifique, les perles fines se forment lorsqu'un corps étranger avalé par l'huître vient se loger dans sa membrane qui secrète alors de la nacre afin de l'isoler. Au fur et à mesure des années, les couches successives vont finir par donner une forme ronde qui prendra la couleur de la coquille de son hôte. La symétrie, la brillance, la taille et la couleur déterminent la valeur de la perle. Les eaux chaudes, les forts courants et la présence de nombreux sédiments en suspension rendent les eaux du golf arabe-persique particulièrement propices au développement de ces trésors des mers. Des découvertes récentes aux Émirats ont permis de retrouver une collection de perles vieilles de 6 500 ans, et au Koweit, des archéologues ont retrouvé une perle vieille de 7 000 ans. Mais c'est vraiment au XIXe siècle que cette activité économique devient essentielle au pays. On dénombre près de 350 bateaux perliers à Dubaï et près de 400 pour Abou Dhabi. L'activité est saisonnière entre mai et septembre, pendant les mois les plus chauds, pour éviter les requins et autres mammifères marins qui fuient les eaux chaudes pendant l'été. Le travail était pénible, plus de 30 hommes s'entassaient sur des embarcations en bois et ne revenaient qu'une fois la saison terminée. Séparés de leurs familles, souffrant de la promiscuité et de longues journées en apnée, les accidents sont fréquents, les plaies parfois mortelles, le rythme infernal. Le plongeur, équipé d'un panier pour récolter les huîtres et d'un pince-nez, va plonger 12 heures de suite, et ne se reposera qu'une minute entre chaque apnée. Ne sachant pas nager, la corde qu'il a attachée soigneusement autour de sa taille, va lui permettre de donner un signe pour que son équipier, resté sur le bateau, le hisse vers la surface avant qu'il ne soit trop tard. La nuit venue, l'équipage se détend autour d'un plat à base de riz confectionné par le cuisinier et chantent pour se donner du courage tandis qu'ils ouvrent en commun les huîtres et remettent au capitaine le précieux butin. La nuit venue, tant bien que mal, ils essayent de se trouver un espace entre les vivres, l'eau et le matériel de plongée pour dormir quelques heures. Ils se ravitaillent en eau douce sur les quelques îles qu'ils trouvent au large et soignent leurs blessures avec les herbes médicinales emportées à bord. Le produit de la vente est réparti par le capitaine selon une règle très codifiée qui laisse la plus belle part au capitaine suivi des plongeurs, des équipiers et du cuisinier. Les gains sont si faibles qu'ils seront souvent obligés de s'endetter pour subvenir à leurs familles en attendant la saison suivante.

 

Côté couleur, les plus recherchées sont les blanches aux reflets or, argent et rose. Pour qu'une perle soit de grande valeur, la grosseur et la couleur ne sont pas les seuls critères. La brillance, les fissures et la forme sont scrutées. Les formes symétriques ont plus de valeur mais celles en forme de poire sont très prisées aussi.

 

La tradition perlière offre toute une panoplie d'objets de curiosité que le capitaine du bateau ou le marchand possédaient :

Des passoires aux trous plus ou moins grands qui permettaient de calibrer les perles.

Les perles une fois calibrées et triées en fonction de leur couleur, leur grandeur et leur brillance sont gardées dans des tissus pourpres qui mettent en valeur leur brillance.

Elles sont gardées dans des boîtes en bois compartimentées.

Les petites balances et les poids font partie de l'univers du marchand mais aussi des carnets où sont inscrits les cours des perles en fonction de leur spécificité.

Côté plongeurs, on trouve encore les pince-nez en forme de " Y " fabriqués soit avec la corne d'antilope ou même avec en écailles de tortue.

La shisha

Indissociable de la culture régionale au sens large, le narguilé (narguileh, shisha, orig. Iran XVIe siècle) est une pipe un peu particulière, composée d'un long tuyau qui communique avec un flacon d'eau et que la fumée traverse avant d'arriver à la bouche du fumeur. Le goût du tabac aromatisé placé en haut sous la braise s'en trouve considérablement adouci et prend la saveur du parfum choisi (vanille, fraise, mangue, pomme). La plupart des restaurants orientaux proposent de terminer le repas ainsi. Les excursions et les repas nocturnes dans le désert sont aussi l'occasion de s'initier à cette pipe à eau que beaucoup de touristes rapportent chez eux en souvenir, ignorant sans doute qu'elle n'a rien à voir avec la tradition du Golfe ! Une séance d'environ 45 minutes délivre 20 fois plus de goudron, 2 fois plus de monoxyde de carbone, et 3 fois plus de nicotine qu'une cigarette. La nature du goudron est toutefois différente en raison d'une température de combustion plus basse. Si 30 à 50 bouffées sont prises dans la même soirée par chicha, cela signifie que le consommateur prend autant de fumée qu'avec 40 cigarettes.

Abaya et kandoura

Madame porte le foulard noir shielah, visage le plus souvent dégagé. Sa tunique noire abaya est parfois ornée aux manches de fils d'argent et de perles de couleur. Des lunettes en serre-tête au sac à main, en passant par les chaussures à talons hauts, les accessoires portent la griffe des grandes maisons françaises ou italiennes. La mère de Madame, qui veut s'inscrire dans la tradition bédouine, ne sort qu'avec la burkha (ou burqa), un masque de cuir lâche aux reflets extérieurs or ou bronze et à la paroi intérieure polie à la coquille d'huître puis teintée à l'indigo. Une amie de Madame, d'éducation très conservatrice, a adopté le style saoudien : elle porte donc le niqab, ce voile textile ne laissant apparaître que la bande des yeux. Madame et sa copine, au pas cadencé de leurs stilettos Louboutin, baignées de Guerlinade, la place Vendôme en sautoir, dégagent une insolente élégance qui serait l'intime et sensuelle radiation de cette apparente rigueur.

Monsieur arbore une kandoura immaculée et toujours repassée, avec parfois le lien tressé tarbosha en guise de cravate. Sur la tête, le petit bonnet crocheté tagiyah permet le bon positionnement du voile blanc ghitrah (ou shimagh rouge et blanc, surtout pour les djeuns, avec des Ray-Ban miroir) entouré de la cordelette de laine noire aagal. A ses pieds, les na'aal, des sandales ouvertes à semelle épaisse. Pour les grandes occasions, il revêt la sur-tunique besht noire, beige ou grise, à l'encolure brodée à l'or fin.

La Dubai Fashion Week, pilotée par un Australien, est le point nodal des créateurs régionaux et des faiseurs de tendances.

Amber Ferroz, l'audace et l'Abaya

Maison de couture Amber Feroz, al-Quoz 1, +971 4 328 5676.

Catherine Macaire nous accueille au milieu des abayas et des robes de soirée : après avoir travaillé comme agent dans le milieu artistique à Paris, elle suit son époux à Dubai en 2007. Avec Amber Feroz, qu'elle connaît depuis deux ans, elle a pris le risque de monter le label Amber.

" Pour beaucoup, Dubaï n'est qu'une coquille vide où on exploite des ouvriers ", confie-t-elle. Mais il y a véritablement des choses intéressantes dans le pays, l'architecture par exemple, et les débuts se passent bien. Nous avons bien sûr des clientes émiriennes qui viennent pour les abayas, mais aussi des Occidentales qui viennent chercher des robes de soirée. C'est Amber le designer ; moi j'apporte mon expérience et la French Touch. "

Nous montons à l'étage. Musique rock à plein volume, le maître est en pleine création. Il touche la matière, découpe, analyse, demande au mannequin de faire quelques pas. Amber épingle un pan de tissu. Et de me relater son parcours : d'origine indienne, il étudie la mode pendant six ans à Milan avant de s'installer à Dubaï. Ses sources d'inspiration ? " Une touche arabe, des broderies indiennes, des techniques de coupe japonaises. " " Les Emiriennes sont en demande permanente de nouveauté, elles sont prêtes à explorer toutes les facettes de la tenue traditionnelle, mais il ne faut pas en faire une robe. "

Quelle liberté pour le créateur ? " Il y a effectivement des contraintes, tant dans la coupe que dans la couleur - les abayas devant impérativement être noires. Mais cette robe traditionnelle évolue avec le changement de la société. Il y a par exemple de plus en plus d'Emiriennes qui travaillent et qui veulent des abayas plus pratiques et qui ont un aspect plus moderne. J'ai aussi créé l'abaya de voyage : c'est une robe plus courte qu'elles peuvent porter par-dessus leur tenue lorsqu'elles sont en déplacement en Occident, une sorte de grande tunique leur permet à la fois de respecter les codes religieux et de se fondre plus facilement dans le paysage occidental. "

Visite enfin de la salle des brodeurs : ici, tout est fait à la main. Accroupis par terre, les brodeurs posent minutieusement perles, sequins et strass sur les robes. " Nous avons une vingtaine d'employés et tout est fait sur mesure ", précise Catherine. Amber Feroz incarne bien le changement à l'oeuvre dans la société émirienne, au croisement de différentes cultures, au carrefour de la tradition et de la modernité.

Anouchka Sooriamoorthy pour L'Oriental.info

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