Guide de COPENHAGUE : Histoire

Figures historiques

Gorm le Vieux (? -950). Sa date de naissance est inconnue, mais celle de sa mort, en 950, sert de référence au système monarchique ininterrompu qui a régi le Danemark du Xe siècle à aujourd'hui, même si d'autres souverains existaient avant lui.

Absalon (1128-1201). Fils d'un puissant aristocrate danois, Axel fut élevé avec le futur roi Waldemar le Grand. En 1158, le jeune homme fut élu évêque Roskilde et latinise son nom en Absalon. Pour autant, les soucis spirituels ne l'empêchèrent pas d'être un homme d'action ! Il fut le principal conseiller de Waldemar, lorsque celui-ci accèda au trône, et resta l'homme fort du royaume jusqu'à sa mort. Chef militaire, il n'hésita pas à prendre la tête d'une armée pour convertir au christianisme en 1168 les Wendes. Enfin, fondateur de Copenhague en 1167 sur une terre qui lui fut donnée par Waldemar, il développa la future capitale et en fit un prospère port marchand. Cet adepte du cumul des mandats se fit en outre nommer archevêque de Lund (aujourd'hui en Suède).

Saxo Grammaticus (1160-1208 environ). Historien danois qui s'attachait surtout à raconter les hauts faits de ses compatriotes plutôt que leur vie quotidienne ou même politique. D'où cette Gesta Danorum, histoire des Danois, à leur gloire, rédigée au XIIe siècle en latin classique et qui a fortement marqué la mémoire et l'imaginaire des Danois jusqu'à nos jours. Son récit de la vengeance d'Amled, prince du Jutland, inspira Shakespeare, qui situa l'action de son Hamlet à Helsingør. On sait peu de chose de l'auteur, sinon qu'il était moine au monastère cistercien de Søro fondé par Absalon.

Margrethe Ire (1353-1412). Seule femme au pouvoir pendant ces mille ans de monarchie jusqu'à la souveraine actuelle, elle réalisa l'Union nordique entre le Danemark, la Norvège et la Suède. Fiancée à l'âge de six ans au roi de Norvège, Håkon VI, elle devint vite veuve. Son fils hérita des trônes de Norvège et de Danemark, mais il décèda alors qu'elle assurait la régence. Le parlement de Scanie lui décerna alors le titre de " dame et maîtresse mandatée, chargée de la tutelle de l'ensemble du royaume de Danemark ". Suède et Norvège firent de même : elle scella leur union et régna jusqu'à ce que la peste la rattrape. Elle mourut alors qu'elle se trouvait en quarantaine à bord de son navire dans le fjord de Flensbourg.

Tycho Brahe (1546-1601). Une figure mondiale de la Renaissance. Cet astronome découvrit l'étoile de Cassiopée. Ses travaux servirent de base aux découvertes de Kepler et de Newton sur le mouvement des planètes. Il fit bâtir sur l'île de Hven, dans le détroit du Sund, au large de Copenhague, un observatoire, un moulin, une imprimerie et un château : Uranie, que l'on peut visiter, à condition de se rendre en Suède.

Christian IV (1577-1648). Sous son règne, le Danemark connut une ère de prospérité artistique et culturelle d'un foisonnement sans pareil, mais aussi des guerres contre la Suède qui firent perdre quelques territoires au Danemark. Copenhague garde une importante trace architecturale de son règne : la Bourse, le château de Rosenborg et la tour Ronde ont été édifiés au cours de son très long règne (60 ans !).

Leonora Christina (1628-1698). Fille préférée de Christian IV, elle épousa Corfitz Ulfeldt, président du Conseil d'Etat, accusé de détournements après la mort du roi. Ensemble, ils s'enfuirent en Suède, puis en Allemagne. Leonora Christina fut arrêtée en Angleterre, puis ramenée au Danemark et enfermée, sans jugement, pendant vingt-deux ans. Elle écrivit ses mémoires en prison : Douloureux souvenirs. A sa sortie, celle-ci n'avait en rien affaibli son orgueil : on dit qu'elle refusa alors de sortir de sa geôle tant qu'on ne lui envoyait pas un carrosse et des laquais...

Frederik V (1723-1766). Roi en 1746, cet alcoolique notoire laissa la gestion du pouvoir à ses ministres, en particulier Adam Gottlieb Moltke : c'est ce dernier qui fut le promoteur du projet auquel le roi dut sa fortune posthume, le superbe quartier de Frederiksstaden avec le palais d'Amalienborg, dessinés par le grand architecte Nikolai Eitgved. On doit également à ce souverain épris des arts la fondation de l'Académie des Beaux-Arts de Copenhague, inaugurée le 31 mars 1754, d'où sortiront un demi-siècle plus tard les artistes de " l'âge d'or " danois. Le souverain est immortalisé sur " sa " place Royale par une statue équestre, réalisée par Jacques-François-Joseph Saly

Johann Friedrich Struensee (1737-1772). Ce garçon était un intellectuel tout imprégné de l'esprit des Lumières, correspondant entre autres de Voltaire. Médecin personnel du roi Christian VII, il profita de la folie furieuse de ce dernier pour gouverner le pays à sa place et mettre en application ses idées. C'est sous son gouvernement que furent engagées des réformes, notamment la liberté de la presse et la première tentative d'abolition du stavnsbånd, cette mesure qui attachait à vie les paysans au lieu où ils étaient nés. Mais Struensee finit par remplacer également son souverain dans l'intimité de la reine ; ce fut le prétexte rêvé pour l'aristocratie afin de se débarrasser de ce trublion. Arrêté dans sa chambre au palais de Christiansborg au petit matin du 17 janvier 1772, il fut condamné à mort et exécuté au Kastellet le 27 avril.

Frederik VII (1808-1863). Le dernier des Oldenbourg signa la première Constitution du Danemark moderne, en 1849. Elle garantissait la liberté de la presse, de réunion et de culte, l'enseignement obligatoire, ainsi qu'une séparation des pouvoirs, avec deux chambres élues au suffrage universel (sans les femmes, les moins de 30 ans et les indigents).

Carl Frederik Tietgen (1829-1901). Financier, il fut à ce titre un des acteurs majeurs de la révolution industrielle au Danemark. Ce disciple de Grundtvig souhaitait faire bâtir en l'honneur de son maître un sanctuaire digne du grand pédagogue. Il acheta à cet effet le terrain sur lequel se dressaient les vestiges des premiers travaux de l'église de Marbre et chargea l'architecte Meldahl d'achever l'édifice qui fut inauguré en 1899. Et comme on ne se refait pas, il décida de construire autour du sanctuaire quatre immeubles de rapport. Seuls trois furent réalisés, le propriétaire du terrain sur lequel devait s'élever le dernier (au coin de Store Kongsgade) s'ingéniant à ne pas lui vendre en augmentant sans cesse le prix. Du coup, le terrain en question fut baptisé depuis lors par les habitants du quartier " la vexation de Tietgen " !

Carl Jacobsen (1842-1914). Homme d'affaires avisé, le célèbre brasseur reste aussi et surtout connu comme un amateur d'art (et en particulier de sculpture) : pour abriter ses collections et les présenter au public, il fit de sa demeure de Valby une première glyptothèque (1882). Mais le lieu se révéla bientôt trop exigu : il fit alors construire la célèbre Ny Carlsberg Glyptotek par son architecte favori, Vilhelm Dahlerup en 1897, puis décida aussi d'embellir la ville en la dotant de nombreuses statues par l'intermédiaire de sa fondation Albertina (du prénom italianisé du sculpteur Bertel Thorvaldsen). Parmi celles-ci, la plus connue est sans aucun doute l'incontournable Petite Sirène.

Niels Bohr (1885-1962). C'est l'un des pères de l'énergie nucléaire. Il a découvert la structure de l'atome. Prix Nobel de physique en 1922. Ses travaux aux Etats-Unis sur la fission de l'atome permirent la mise au point de la bombe atomique. Son fils prit ensuite la relève à la tête d'un institut portant son nom. Aage Bohr a reçu à son tour le prix Nobel en 1975.

Des origines à nos jours
Avant Copenhague

Des chasseurs de rennes : c'est la première implantation humaine connue sur l'île de Sjaelland, il y a quelque 12 000 ans. Ces autochtones vont développer une civilisation, attestée par de nombreux monuments mégalithiques. Le territoire est ensuite occupé par des populations germaniques (Cimbres et Angles), balayées à partir de 500 après l'invasion des Danes, peuple venu de l'actuelle Norvège. Davantage préoccupés par leurs conquêtes (Grande-Bretagne) que par la politique intérieure, les clans danois ne s'organisent en royaume qu'à la fin du VIIIe siècle. Leur territoire comprend, outre le Danemark actuel, le sud de la Suède (Skåne ou Scanie) et le Schleswig (dans l'actuelle Allemagne). Vers 960, Harald à la Dent bleue se convertit au christianisme et fixe sa capitale à Roskilde. Roskilde va voir se succéder des évêques d'autant plus puissants qu'après le règne de Canut (Knud) le Grand, qui s'était emparé de l'Angleterre en 1016, le royaume se morcèle à nouveau... avant de renaître avec Valdemar le Grand dès 1157.

Le port des marchands

Tout commence en 1167 quand Valdemar fait don à son frère de lait, Absalon, évêque de Roskilde, d'un territoire comprenant un humble port de pêche, dénommé tout simplement Havn (le port), connu depuis 1043, et situé en bordure de l'Øresund (les îles actuelles de Christianshavn et d'Islands Brygge étaient alors immergées). L'ambitieux évêque entreprend aussitôt de faire bâtir une forteresse sur un îlot, l'actuelle île du Château (Slotsholmen), et de développer le petit port qui devient rapidement une place militaire, et surtout commerciale. Quant aux pêcheurs, ils prospèrent grâce aux innombrables harengs qui peuplent l'Øresund : salés, ces poissons sont expédiés dans toute l'Europe. La ville s'étend sur la terre ferme, églises et monastères fleurissent sur cet espace qui correspond à peu de chose près à l'actuel centre historique. La future Copenhague développe son activité de négoce au point de devenir une redoutable concurrente pour Lübeck, centre principal de la ligue hanséatique, et d'être baptisée Købmaendenes Havn (en danois : le " Port des marchands "), abrégé avec le temps en København. L'émergence de ce nouveau centre d'échanges devient vite insupportable pour la Hanse. La coalition des cités hanséatiques entame alors une guerre de représailles contre les Danois. Ceux-ci sont contraints de signer en 1370 le traité de Stralsund qui les oblige à ouvrir les ports de l'Øresund aux marchandises de la Hanse. Dégât collatéral : en 1369, la forteresse d'Absalon est détruite pierre par pierre... mais aussitôt reconstruite.

Avènement d'une capitale

Face à la puissance de la Hanse, l'union des pays scandinaves paraît alors indispensable. C'est chose faite à la mort de Margrethe Ire (1353-1412), grâce à une politique diplomatique (et matrimoniale) audacieuse : depuis l'Union de Kalmar en 1397, la Norvège mais aussi la Suède passent sous le contrôle des Danois. Copenhague devient alors capitale du royaume lorsque le successeur de Marghrete Ire, Erik VII de Poméranie, confisque la ville aux évêques en 1417. C'est ce même Erik qui institue en 1429 un péage sur l'Øresund et fait rebâtir à cet effet le château de Kronborg à Elseneur. Cependant, les Suédois, exaspérés notamment par les taxes, se rebellent (ils se libéreront définitivement du joug danois en 1523, à l'exception toutefois de la Scanie). En outre, la ligue hanséatique n'apprécie guère les augmentations du péage. Ces déconvenues extérieures s'accompagnent de luttes parfois sanglantes entre prétendants pour accéder à une royauté devenue élective. C'est une période de hauts et de bas pour Copenhague où toutefois une vie culturelle se développe avec la fondation de l'Université en 1476, tandis que commerçants et artisans s'organisent en guildes (ou corporations). Copenhague compte alors 10 000 âmes. La capitale va vivre un véritable coup d'Etat fomenté par le roi Christian III le 12 août 1536. Avec une certaine brutalité, le roi confisque les biens de l'Eglise, élimine la majorité catholique du Conseil d'Etat et fait du luthéranisme la religion officielle. Accessoirement, il assainit ainsi les finances de son royaume.

Roi bâtisseur et sièges destructeurs

Roi de 1588 à 1648, Christian IV, malgré un règne marqué par des déboires militaires, va profondément transformer la capitale qui double alors sa superficie. Faisant appel à des architectes allemands et hollandais, il crée des quartiers entiers, tels que Chritianshavn ou Nyhavn (littéralement, " le nouveau port "). C'est également ce souverain qui fonde le quartier de Nyboder, réservé aux marins. Toujours à l'extérieur des murs, il fait élever à partir de 1606 ce qui devient petit à petit la somptueuse résidence royale de Rosenborg : ce " nouveau Copenhague ", protégé au nord par le Kastellet, est fortifié par des bastions, dont la trace est encore visible aujourd'hui dans certains parcs de la ville intra-muros ; on lui doit également la Bourse et la fameuse Tour ronde. Grâce au péage, toujours en vigueur, la ville est prospère. Mais Copenhague est à portée de canons de la Suède, devenue au cours du XVIIe siècle une puissance importante. Des guerres se succèdent et la ville est prise pour cible. Copenhague est assiégée pendant six mois en 1659, mais elle résiste. La Suède récupère toutefois la Scanie en 1660. La capitale danoise, meurtrie par ces attaques, se trouve désormais isolée à l'extrémité orientale du pays. Quant à Frédéric III, il profite des circonstances pour établir une monarchie absolue, s'appuyant sur la bourgeoisie commerçante pour affaiblir l'aristocratie.

Hauts et bas

Durement frappée par la peste noire en 1711, Copenhague est en outre dévastée en 1728 par un incendie. Le château royal reconstruit entre 1734 et 1742 prend alors le nom de Christiansborg, qu'il conserve encore aujourd'hui. Mais c'est sous le règne de Frédéric V (entre 1746 et 1766) que Copenhague, enrichie par le commerce, voit naître son âge d'or : la ville se transforme avec notamment la création d'un quartier d'apparat de style baroque-rococo, appelé Frederikstaden (la ville de Frédéric). C'est ici qu'il va faire élever par Nikolai Eigtved l'ensemble des quatre palais d'Amalienborg. La création de l'Académie des beaux-arts en1754 donne un coup de fouet à la vie artistique, tandis que le premier grand écrivain danois, Ludvig Holberg, se fait connaître. L'époque des Lumières voit la bourgeoisie accroître son pouvoir grâce au ministre Struensee, qui profite de la démence du roi Christian VII monté sur le trône en 1766 pour mener d'importantes réformes. Mais il est renversé et exécuté en 1772... Et les malheurs continuent : Christiansborg est à nouveau détruit par les flammes en 1794 et un nouvel incendie ruine en grande partie la ville en 1795.

Bombardement

Le pire reste à venir avec les guerres napoléoniennes, alors que le pays est doté d'un roi fou à lier (la régence est assurée par le futur Frédéric VI qui assure sa popularité par des réformes libérales). Dès 1801, l'amiral Nelson bat la flotte danoise au large de la ville. En 1807, alors que les Danois se sont déclarés officiellement neutres, les Anglais invoquent une clause secrète selon laquelle la flotte danoise serait disposée à prêter main-forte à Napoléon. En fait, ils ont envie de se débarrasser d'un concurrent maritime, la flotte danoise étant alors une des plus puissantes d'Europe. Du 2 au 5 septembre de la même année, ils bombardent Copenhague sans préavis et avec une intensité encore jamais vue. Bilan : des centaines de victimes, tandis que le château de Christiansborg, siège du pouvoir, l'église Notre-Dame et le tiers des maisons de la capitale sont détruits. La ville, comme le pays, est ruinée. La misère et la crasse s'installent dans une cité confinée entre ses murailles, même si les édifices publics endommagés ou détruits sont rebâtis en style néoclassique sous l'égide de l'architecte Hansen.

Avènement d'un âge d'or

Paradoxalement, c'est durant cette période difficile que la culture danoise vit ce que l'on appelle son âge d'or : en peinture avec C. W. Eckersberg et ses élèves ; en sculpture avec Bertel Thorvaldsen ; en littérature avec Hans Christian Andersen et Søren Kierkegaard ; dans le domaine des sciences lorsque Hans Christian Ørsted découvre l'électromagnétisme ; et même en chorégraphie avec August Bournonville, qui fait du ballet royal danois une compagnie prestigieuse. Cependant, la bourgeoisie supporte de plus en plus mal l'absolutisme : elle obtient en 1840 de Christian VII que Copenhague soit dirigée par un conseil municipal élu. Trois ans plus tard, la cité se dote d'un premier musée, spécialement construit pour son sculpteur national, Bertel Thorvaldsen, tandis qu'en 1847 une première gare de chemin de fer est construite.

L'expansion d'une ville

Au milieu du siècle, l'industrialisation naissante de la capitale attire bon nombre de migrants venus des campagnes. La ville est surpeuplée. Les remparts sont abattus en 1859, conséquence, entre autres, d'une terrible épidémie de choléra. La ville commence à s'étendre au-delà des anciennes portes. La monarchie a dû se résoudre à abandonner l'absolutisme et à accepter une Constitution (1849) : les libéraux, en majorité au Parlement, s'opposent aux conservateurs, majoritaires au Landsting (élu au suffrage restreint). Mais dans la réalité, c'est la bourgeoisie qui tient le haut du pavé à Copenhague : ainsi Carl Frederik Tietgen, qui s'offre le luxe de financer les travaux de l'église de Marbre, ou le brasseur Carl Jacobsen. Un premier grand magasin ouvre ses portes en 1870 : le futur Magasin du Nord. La cité se dote de théâtres, de boulevards, de nouveaux quartiers périphériques : on assiste à la naissance des quartiers ouvriers de Vesterbro où le syndicalisme commence à se développer à partir de 1870, et de Nørrebro, qui précède Østerbro, plus bourgeois. Des anciens villages sont absorbés : Valby, Vanløse, Bronshøj et bien d'autres. Un port moderne, Frihavnen, est inauguré au nord de la ville en 1894, tandis que le centre de gravité de la capitale se déplace vers l'ouest avec la construction du nouvel hôtel de ville (1903), puis de la gare centrale (1911). En 1915, une nouvelle constitution est votée. Elle soumet les deux chambres au suffrage universel et accorde le droit de vote aux femmes. Mais la situation sociale n'est guère brillante et l'entre-deux-guerres voit le chômage exploser. Copenhague continue cependant de prendre un nouveau visage avec le début en 1928 de l'installation de l'éclairage public.

Seconde Guerre mondiale

Les armées allemandes occupent le Danemark le 9 avril 1940. Occupation dans un premier temps relativement débonnaire, puisque les nazis permettent la tenue d'élections libres en 1943. Deux mois plus tard, devant la montée en puissance de la résistance, les libertés politiques sont supprimées et le roi Christian X est assigné à résidence dans son palais jusqu'à la capitulation des forces allemandes en terres danoises, le 4 mai 1945. Les Copenhaguois s'unissent alors pour mettre leurs concitoyens juifs à l'abri en les faisant passer en Suède.

Après la guerre

Après la libération, le Danemark entame une longue période socio-démocrate. C'est à cette époque que se met en place le système de protection sociale qui perdure aujourd'hui malgré l'arrivée des conservateurs au pouvoir : on construit des équipements publics, crèches, hôpitaux, écoles et stades... L'année 1968 est une année d'effervescence, sorte de révolution culturelle s'accompagnant de libération sexuelle et de recherche de paradis artificiels, mais aussi de contestations politiques. Un immense squat, Christiania, se crée sur des terrains militaires situés au-delà du port.

Aujourd'hui et demain

La fin du XXe siècle a vu les horizons s'ouvrir : la place de l'hôtel de ville a été rendue aux piétons, un musée d'Art moderne à l'architecture très audacieuse a été bâti à Arken. Les quartiers ouvriers sont assainis. Mais c'est surtout le port qui connaît la plus grande transformation : au-delà de la Petite Sirène, vers la mer, les anciens bâtiments industriels et autres entrepôts sont réhabilités, des programmes de logements sont confiés à des architectes imaginatifs. A l'ouest, la Marine a rendu une part importante de ses terrains sur l'île de Christianshavn, face au centre de la ville. Holmen est réhabilité en lieu d'enseignement et de vie. On y érige en outre un superbe opéra inauguré en 2005. C'est une autre réalisation monumentale, plus au sud, toujours sur le port, qui symbolise la renaissance de la ville : un vaste bâtiment de granit sombre, le Diamant noir, extension de la bibliothèque royale, et emblème d'une cité qui se dote d'un métro, d'une salle de concerts conçue par Jean Nouvel, et qui affiche désormais ses ambitions. Vers le pont de l'Øresund grandit une ville nouvelle, Øtrestad, qui tente de concilier architecture contemporaine et qualité de vie... Copenhague se déploie vertigineusement tout en sauvant son âme : les femmes et les hommes qui l'habitent ne sont jamais les oubliés de ce développement. Et la cité s'est engagée dans le XXIe siècle sans rien renier de son riche passé.

Depuis 2016, l'enjeu politique a été de gérer la crise des migrants - or, le Parlement a insisté sur une réforme controversée du droit des étrangers pour limiter le flux des migrants vers le Danemark.

Juifs du Danemark

Deux vagues d'immigration

C'est à l'invitation de Christian IV que les juifs se sont installés à Glückstadt, ville que le roi avait fondée sur l'Elbe en 1617. Pour les faire venir, il leur avait accordé des privilèges et garanti le droit de pratiquer leur culte. Altona, qui devient possession royale en 1640, est elle aussi peuplée de nombreux juifs attirés par des privilèges comparables. C'est de ces deux villes que les juifs vont essaimer au Danemark. Les guildes (corporations d'artisans ou de marchands) détiennent le monopole de certaines activités, si bien que les nouveaux venus doivent se consacrer à la finance ou à d'autres négoces, celui du café ou du tabac. Ils constituent bientôt une communauté, réduite, mais prospère et parfaitement intégrée dans la société danoise.

Il faut attendre les années 1920 pour voir arriver une nouvelle vague d'immigration, constituée de tailleurs, d'ouvriers et de paysans chassés de leurs terres d'origine (Pologne, Allemagne...) par les pogroms, soit en tout 3 000 personnes. Les juifs déjà installés ne voient pas d'un très bon oeil ces nouveaux arrivants qui, craignent-ils, peuvent faire naître dans la population danoise, un antisémitisme jusque-là absent. En 1939, on estime que la communauté compte environ 7 500 personnes, dont 6 000 ont acquis la nationalité danoise.

Le Danemark et la Shoah

Occupé en 1940, le Danemark évite à ses juifs toute forme de discrimination : pas de port d'étoile jaune, pas d'exclusion, encore moins de confiscation de biens. Tout change en août 1943 lorsque le plénipotentiaire du Reich au Danemark décrète l'état d'urgence. La police allemande commence dès lors à arrêter des Juifs : 43 sont déportés, et une grande rafle est programmée pour la nuit du 1er au 2 octobre. Mais la police danoise refuse de collaborer, tandis que les forces vives de l'Etat, alertées par des fuites, tout comme l'Eglise et les simples citoyens, protestent et organisent le sauvetage. 6 800 juifs sont exfiltrés vers la Suède sur des bateaux de pêche et toutes autres sortes d'embarcations. Seuls 500 sont déportés au camp de transit de Theresienstadt, mais devant les marques de solidarité de l'Etat danois ils y restent jusqu'en 1945 sans être envoyés vers les camps d'extermination, et une majorité en ressort saine et sauve. Au total, on estime à une centaine le nombre de juifs danois victimes de la Shoah.

Chronologie

1167 > Fondation officielle de Copenhague par Absalon, évêque de Roskilde. Baptisée Købmandshavn (le Port des marchands), la ville deviendra København.

1369 > Destruction du château par la coalition des villes hanséatiques. Il est aussitôt reconstruit.

1417 > Le roi Erik de Poméranie confisque le château et établit sa capitale à Copenhague.

1427 > Institution du péage sur l'Øresund.

1476 > Fondation de l'Université.

1536 > L'Eglise catholique est contrainte de céder ses biens à l'Etat qui prend en charge l'Eglise luthérienne née de la Réforme.

1588 > Début du règne de Christian IV qui remodèle sa capitale.

1659 > Copenhague résiste avec succès à un siège de six mois conduit par les Suédois.

1673 > Aménagement de Nyhavn (le " Nouveau Port ") entre Kongens Nytorv et le port.

1683 > Création d'un corps de vigiles chargé de la sécurité et de l'éclairage des rues. Ce corps ne sera dissous qu'en 1863.

1711 > Une épidémie de peste provoque la mort d'un tiers des habitants.

1728 > Incendie meurtrier : la ville est reconstruite en style baroque.

1748 > Un nouveau quartier avec son palais royal est conçu pour le roi Frédéric V avec le palais d'Amalienborg et la future église de Marbre.

1794 > Incendie du palais de Chistiansborg : la famille royale déménage définitivement à Amalienborg.

1795 > Le centre de la capitale est à nouveau dévasté par un incendie : il sera reconstruit en style néoclassique.

1807 > Violent bombardement " préventif " de la capitale par la flotte anglaise, soucieuse d'éviter une alliance du Danemark avec la France.

1840 > Election (au suffrage restreint) du premier Conseil municipal.

1843 > Inauguration du parc d'attraction de Tivoli.

1847 > Copenhague reliée par chemin de fer à Roskilde.

1859 > Le démantèlement des remparts permet l'extension de la ville au-delà du centre historique.

1900 > La population de la capitale est estimée à 358 000 habitants (après absorption des communes limitrophes).

1902 > L'île d'Amager est officiellement intégrée dans Copenhague.

1905 > Fondation du Nordisk Film Studio à Valby.

1913 > Erection du monument emblématique de Copenhague : la Petite Sirène.

1925 > Mise en service de l'aéroport de Kastrup, premier aéroport civil au monde.

1962 > Strøget, principale artère du centre-ville devient une rue piétonne.

1967 > Mariage à Holmens Kirke (l'église des Marins) de la princesse héritière Margrethe avec Henri de Laborde de Montpezat.

1971 > Naissance de la " commune libre " de Christiania (" hippie " ou " gauchiste ") sur un terrain militaire de Christianshavn.

1973 > Adhésion du Danemark à l'Union européenne.

2000 > Inauguration du pont reliant Copenhague à Malmö (Suède) à travers l'Øresund.

2005 > Inauguration de l'Opéra.

2008 > Une semaine d'émeutes urbaines en banlieue met en évidence le malaise de la jeunesse issue de l'immigration.

2009 > Copenhague accueille en décembre la conférence de l'Onu sur le changement climatique.

2011 > Helle Thorning-Schmidt devient la première femme Premier ministre de l'histoire du pays.

2012 > Le Danemark a exercé au premier semestre de cette année sa septième présidence du Conseil de l'Union européenne.

2014 > Copenhague est désignée " Capitale verte de l'Europe " par la Commission européenne.

2015 > Les élections législatives ont eu lieu le 18 juin 2015. Le bloc de gauche conduit par Helle Thorning-Schmidt est devancé d'un siège par les partis du bloc de droite au sein duquel le Parti populaire danois nationaliste réussit une percée en devançant le Parti libéral.

2016 > On note une certaine stagnation dans la politique environnementale, ressentie surtout par les habitants de la capitale danoise.

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