Guide de MONTRÉAL : Population et langues

Selon le dernier recensement (2016), la RMR de Montréal (Région métropolitaine de recensement, couvrant une superficie plus grande que l'agglomération de Montréal et englobant plusieurs villes en périphérie) comptait 936 305 immigrés, soit 23,4 % de la population totale, dont environ 20 % a immigré entre 2011 et 2016 (179 270 personnes). 70 865 personnes étaient des résidents non permanents, soit 1,8 % de la population. Dans les autres villes de la région métropolitaine de recensement, hors des limites de l'agglomération de Montréal, Laval est celle qui présente le plus important volume d'immigrants.
Sur la population immigrée totale résidant dans la RMR de Montréal, les Haïtiens sont de loin les plus nombreux (75 740 personnes). Parmi les autres principaux pays d'origine des immigrés, notons la France (56 805), le Maroc (54 495), l'Algérie (54 275), l'Italie (48 935), la Chine (43 350), le Liban (35 770), la Roumanie (26 145), le Vietnam (23 465) et les Philippines (23 235).

Lors du recensement canadien de 2016, la RMR de Montréal comptait 63 % d'habitants dont la langue maternelle est le français, 11 % pour l'anglais, et 22,5 % pour une langue non-officielle. 36,3 % de la population parle uniquement français, 7,1 % communique seulement en anglais, et 55,1 % est bilingue.

Les minorités visibles

Selon la définition officielle au Canada, une " minorité visible " s'applique aux personnes ni blanches, ni caucasiennes, ni aborigènes. Dans la RMR de Montréal, selon le dernier recensement de 2016, 22,6 % se considèrent comme faisant partie d'une de ces minorités, soit une population de 904 835 personnes. Les plus représentées statistiquement sont les Noirs (270 940), les Arabes (191 170), les Latino-Américains (110 200), les Chinois (89 95), les Sud-Asiatiques (85 925). On trouve également une importante communauté d'habitants originaires du sud-est asiatique et des Philippines.

Les peuples autochtones

Selon les données du dernier recensement de Statistiques Canada (2016), 4,9 % de la population canadienne est d'origine autochtone, soit 1 673 780 personnes d'ascendance amérindienne, métisse ou inuite enregistrées auprès du gouvernement (résidents et non-résidents). La communauté autochtone de la RMR de Montréal est estimée à 34 745 résidents, dont 46 % d'Amérindiens, soit à peine 0,9 % de la population de la région métropolitaine de recensement.

Au Québec

En 2016, 2,3 % de la population québécoise est d'origine autochtone, soit 182 190 personnes d'ascendance amérindienne, métisse ou inuite enregistrées auprès du gouvernement (résidents et non-résidents). Les Autochtones sont composés des peuples des Premières Nations (Amérindiens), des Métis et des Inuits. Une journée leur est d'ailleurs dédiée d'un océan à l'autre : le 21 juin, Journée nationale des Autochtones.

Les Autochtones du Québec comptent onze nations divisées en trois grandes familles linguistiques : les Algonquins de la forêt boréale, les Iroquois de la plaine du Saint-Laurent et les Inuits du Nunavik. Les Algonquins, les plus nombreux, regroupent les Anishinabes, les Cris, les Micmacs, les Malécites, les Innus (ou Montagnais - à ne pas confondre avec Inuits), les Naskapis, les Abénakis et les Atikamekw. Les Iroquois sont représentés par les Hurons-Wendats et les Mohawks. Ces 11 nations autochtones se répartissent dans une soixantaine de communautés dispersées sur l'ensemble du territoire du Québec, certaines d'entre elles comptant moins de 200 habitants, d'autres plus de 5 000, situées près des grands centres urbains ou bien en milieu éloigné, une quinzaine de villages inuits se trouvant au nord du 55e parallèle.
Les Inuits habitent la toundra arctique des espaces nordiques. Ils ont fait récemment reconnaître l'autonomie de leur territoire, le Nunavut, et ont leur propre langue, l'inuktitut. Les Inuits du Québec peuplent la péninsule d'Ungava, le Nunavik.

Les Amérindiens

On réduit trop souvent l'histoire de ce qu'on appelle le Nouveau Monde à celle de sa colonisation par l'Ancien Monde, épisode récent au regard à la longue présence de l'homme sur le continent. Les premiers occupants de l'Amérique furent les Amérindiens qui, venus d'Asie en franchissant le détroit de Béring par vagues successives, ont fait preuve d'une certaine ingéniosité pour subsister dans un environnement souvent hostile. Aujourd'hui, le Canada compte un peu plus d'un million d'Amérindiens, de Métis et d'Inuits divisés en différentes nations dispersées sur l'immensité du territoire. De part et d'autre du Saint-Laurent et des lacs Ontario et Érié, les fameux Iroquois deviennent l'ethnie la plus puissante en formant, au XVIe siècle, la Confédération des Cinq Nations qui s'allie aux Anglais pour combattre les Algonquins et un groupe iroquois dissident, les Hurons (nom donné par les Français aux Wendats, en raison de leur coiffure en forme de hure), tous alliés des Français. Les Hurons-Wendats, qui constituent alors un groupe important, seront décimés par les maladies apportées par les Européens. Sédentaires, les Iroquois (Mohawks) cultivent le maïs ainsi que la fève et la courge. Ils vivent dans de longues maisons communes en écorce et sont organisés en une société matriarcale et démocratique. Plus à l'est, le nord-est des Etats-Unis, certaines provinces maritimes (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse), le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie sont occupées par une autre confédération comprenant notamment les Abénaquis, les Malécites et les Micmacs, remarquables navigateurs qui, à bord de leurs frêles canoës d'écorce, ont traversé le golfe du Saint-Laurent pour gagner les Îles de la Madeleine, Anticosti, la Côte-Nord et Terre-Neuve. A Terre-Neuve vivaient les Béothuks, disparus dès 1829, exterminés par les colons (quoiqu'il semblerait que certains aient fuit vers les autres provinces maritimes grâce aux alliés Micmacs). Plus au nord, plusieurs groupes nomades de langue algonquine mènent dans la forêt de conifères une existence nomade assez semblable : les Innus-Naskapis et les Atikamekw de la Côte-Nord et du Labrador, les Algonquins au nord des Grands Lacs, et les Cris de la baie d'Hudson, tirent leur subsistance de la chasse, notamment au caribou, de la pêche et de la cueillette. Comme les Iroquois, ils se déplacent au moyen du canoë l'été, de raquettes et du traîneau l'hiver.

Les Amérindiens aujourd'hui. Le lien des Amérindiens avec la nature est très étroit. Il ne se borne pas à l'exploitation pure et simple de cette dernière. Il s'agit au contraire de l'utilisation intelligente d'un potentiel limité de ressources écologiques. Que reste-t-il de ce mode de vie après l'arrivée des Européens ? C'est lentement que l'influence européenne a eu des répercussions, si bien que certaines nations comme les Cris et les Innus ont pu préserver jusqu'à maintenant une partie de leur culture. Le christianisme a cherché à en éliminer tout ce qui lui faisait concurrence, à commencer par la religion et la mythologie. Les missionnaires, qui ont toujours un certain pouvoir auprès des autochtones, ne sont pas étrangers à leur sédentarisation, datant parfois d'il y a moins de cinquante ans. La création des réserves et des pensionnats, sans oublier les adoptions forcées, est une page sombre de l'histoire du Québec et du pays tout entier. Un génocide culturel, un déracinement sans précédent. Une importante page d'histoire est omise dans le système d'éducation canadien...

Toutefois, certaines nations, notamment les Innus, continuent de faire de longs séjours dans la nature et d'y mener des activités de chasse, de pêche et de cueillette qui restent essentielles. De nombreux Amérindiens ont surtout su garder une réelle connaissance d'un milieu difficile auquel ils se sont adaptés de manière spécifique, tout en le transmettant à la jeune génération.

Un statut à part. Le clivage perdure entre les Amérindiens et les Blancs, accentué par une méconnaissance réciproque. Les Amérindiens ont un statut fiscal privilégié et bénéficient de certains avantages particuliers, notamment un statut dérogatoire pour la chasse et la pêche. Mais lorsqu'on prend le temps de lire la Loi sur les Indiens, on découvre que la vie sous un statut d'amérindien est loin d'être rose. Une vie au crochet de l'Etat où le décrochage scolaire, l'alcoolisme et la violence font tristement partie de la routine quotidienne. Une vie où pendant des siècles, on a tenté de faire disparaître toute trace de culture, langue et coutumes chez les peuples autochtones.

Certaines réserves ont toutefois connu un sort plus enviable en développant de meilleurs services sociaux et une offre culturelle et touristique de qualité. C'est le cas notamment de Oujé-Bougoumou, Manawan, Odanak, Wendake, Mashteuiatsh, Essipit, Uashat et Gespeg.

La question autochtone au Canada. Le Canada actuel s'efforce, plus que par le passé, de se préoccuper de ses minorités, surtout depuis l'arrivée au pouvoir de Justin Trudeau. A savoir qu'une Commission de vérité et réconciliation s'est conclue en mai 2015 au sujet des pensionnats autochtones, et que le gouvernement entend bien effectuer la mise en oeuvre des recommandations de la Commission. Et après des années de pressions auprès de l'ancien gouvernement Harper, demandes qui ont essuyé que des refus de sa part, une enquête nationale sur les quelque 1 200 femmes et filles autochtones disparues ou assassinées est finalement en cours. Autre bon coup du gouvernement Trudeau : il appuie désormais sans restriction la Déclaration sur les droits des peuples autochtones de l'ONU, abandonnant ainsi la position d'objecteur permanent qu'il maintenait jusqu'à maintenant. Bonus : des promesses électorales concernant l'injection massive de fonds pour l'éducation et la santé, des crédits pour les communautés faisant la promotion de leur langue et de leur culture, l'accès à l'eau potable dans toutes les communautés, la révision, l'abrogation et l'amendement de toute loi en vigueur qui ne respecte pas les droits des autochtones ou qui a été adoptée sans véritable consultation, etc. En bref, depuis que les autochtones commencent à s'unir, leurs revendications politiques sont de plus en plus écoutées. Et avec la collaboration qui s'installe entre le gouvernement de Justin Trudeau et les Premières Nations, Métis et Inuits du pays, on peut s'attendre à une nouvelle ère de relations entre ces " clans " que l'histoire a trop longtemps divisés.

Tourisme autochtone. A la fin des années 1980, certaines nations ont commencé à accueillir des touristes sur leurs territoires, dans le but de leur faire connaître leur environnement, leur habitat et leur culture. Le créneau touristique s'est développé à un point tel que plusieurs associations et organismes, comme Tourisme Autochtone Québec, ont vu le jour pour chapeauter un réseau offrant divers services allant de l'hébergement expérientiel aux activités traditionnelles. Pour plus d'info sur le tourisme autochtone au Québec : www.tourismeautochtone.com

Population et francophonie

A la fin du XVIIIe siècle, les francophones, sentant leur identité en danger devant l'afflux d'immigrants britanniques, déclenchèrent la Revanche des berceaux. Durant deux cents ans, la population va croître à un rythme accéléré : jusqu'à 15 enfants par famille. Les six millions de Québécois des années 1950 descendent des 65 000 Canadiens français de 1760. Le début de la Révolution tranquille des années 1960 marque un coup d'arrêt brutal à cette politique nataliste. Aujourd'hui, le Québec a un taux de fécondité parmi les plus bas du monde.

Une mosaïque ethnique. Le Québec est, après l'Ontario, la province canadienne la plus peuplée avec un peu plus de 8 millions d'habitants, soit près du quart de la population du Canada. Quatre Québécois sur cinq résident en zone urbaine dans le sud de la province. L'agglomération de Montréal regroupe à elle seule près de la moitié de la population. La communauté anglophone qui s'était installée à Montréal, à Québec et dans les Cantons-de-l'Est après 1815 s'est fortement réduite au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, remplacée par un afflux d'immigrants venus du Bassin méditerranéen (Italiens, Grecs, Portugais) et d'Europe centrale suivi dans les années 1970 d'un important groupe d'Asie du Sud-est (Vietnamiens, Cambodgiens) et, dans les années 1980, de Latino-Américains, notamment Chiliens et Haïtiens, de Libanais et, plus récemment, de ressortissants de l'ex-Yougoslavie. Ces nouveaux immigrants contribuent à donner au Québec un caractère cosmopolite, multiethnique. En cinquante ans, le Québec a accueilli 500 000 personnes de 80 nations différentes. Depuis quelques années, environ 45 000 personnes immigrent annuellement au Québec, dont plusieurs milliers de Français. Ces nouveaux Québécois contribuent à freiner le vieillissement de la population et à réduire le coût social engendré.

Le français québécois. On l'appelle " français québécois ", mais aussi " français du Québec ", " québécois ", et même " français canadien ". Toutes ces dénominations représentent la variété de la langue française parlée par la majorité des francophones du Canada, principalement par les Québécois. Elle est toutefois à différencier de celle de l'Acadie et de Terre-Neuve. Si son origine puise dans la langue parisienne du XVIIIe siècle, le français québécois a sans conteste conservé des éléments issus des langues d'oïl régionales comme le normand, le saintongeais ou encore le gallo. Ce qui frappe en arrivant au Québec, c'est bien sûr l'accent, mais également la prononciation, les expressions particulières et la syntaxe parfois étonnante. Et comme partout ailleurs dans la Francophonie, ces éléments varient d'une région à l'autre. Mais sachez que tous apprennent le même français à l'école, peu importe le pays, ce qui s'applique également au Québec. Ensuite, s'ajoute une certaine couleur locale.

La question linguistique. La grande majorité des habitants du Québec se déclarant de langue maternelle française, la question linguistique est apparue dans les années 1960, avec la prise de conscience par les francophones de la fragilité de leur langue et de leur culture au sein d'un Canada anglophone. En effet, deux facteurs nouveaux étaient apparus : une forte poussée d'immigration internationale tendant à rejoindre la communauté anglophone, et la baisse du taux de natalité chez les francophones. La question linguistique se posait surtout en matière d'enseignement, à propos du rôle de l'école dans la transmission de la culture. C'est ainsi que le Parti québécois, élu en 1976, fit passer la fameuse loi 101, véritable charte définissant le statut de la langue française et son utilisation dans les domaines de la législation, de la justice, de l'administration, du commerce et de l'enseignement. Depuis les années 1980, l'application de la loi 101 et les accords conclus avec le gouvernement fédéral, permettant au Québec de sélectionner la moitié de ses immigrants, ont infléchi la tendance en faveur de la francophonie. Les anglophones, au nombre de près de 600 000, ne représentent plus aujourd'hui que 8 % de la population du Québec. Reste le problème d'intégration des nouveaux Québécois.

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