Guide de MUMBAI : Politique et économie

Politique

Le Congrès national indien, fondé en 1885, a mené l'Inde dans sa lutte pour l'indépendance et a fourni les Premiers ministres du pays jusqu'en 1977. En 1969, un groupe de membres du Congrès a quitté le parti pour former l'Organisation du Congrès national indien (ou O), le premier parti national d'opposition officiellement reconnu. Début 1977, l'Organisation du Congrès s'est jointe à trois autres partis, Bharatiya Jana Sangh, Bharatiya Lok Dal et le Parti socialiste, pour former le parti Janata, qui a gagné environ la moitié des sièges de la Maison du peuple aux élections de mars 1977. En mai, le parti Janata a constitué une majorité solide en fusionnant avec le Congrès pour la démocratie.

En 1978, le parti du Congrès s'est disloqué de nouveau, alors qu'Indira Gandhi fondait le Congrès national indien-Indira (appelé maintenant Congrès-I). Celui-ci a obtenu la victoire aux élections parlementaires de 1980 et en 1984, mais a perdu sa majorité en 1989, bien que conservant la plus grande partie des sièges. Ses principaux concurrents aux élections de 1991 ont été le Dal Janata (le plus grand parti de la coalition du Front national) et le parti Bharatiya Janata (BJP), parti nationaliste hindou. Le BJP a été au pouvoir à l'échelle fédérale de 1996 à 2004, date du retour du parti du Congrès sur le devant de la scène. Les autres partis politiques d'importances que l'on retrouve à la commission électorale indienne sont les partis communistes d'Inde (CPI et CPIM), et le Bahujan Samaj Party (BSP), Parti de la société majoritaire, représentant les intouchables, les Dalits.

Il existe également des partis régionaux très puissants. Au Maharashtra, le Shiv Sena dirige la ville de Mumbai depuis 1996. Le Shiv Sena (" l'armée de Shivaji ") est un parti d'extrême droite régionaliste du Maharashtra, décrit comme nationaliste hindou et antimusulmans.

Le BJP, le parti du Premier ministre Narendra Modi, prend de plus en plus d'importance à Mumbai et talonne le Shiv Sena aux élections d'octobre 2017.

Structure étatique

Le gouvernement de la fédération indienne est constitué d'un gouvernement central et de gouvernements d'État. Le gouvernement central détient une autorité exclusive sur la politique étrangère, la défense, les communications, la monnaie, l'impôt sur les sociétés et le revenu non agricole ainsi que les chemins de fer. Les gouvernements d'État ont le pouvoir de légiférer sur des sujets tels que l'ordre public, la santé publique, l'administration locale, les paris et les jeux, l'impôt sur le revenu agricole, les divertissements et les boissons alcoolisées. Les deux gouvernements, celui de l'Union et ceux de l'État, peuvent légiférer sur certaines questions, bien qu'une loi de l'Union soit généralement prioritaire. Il s'agit des questions relevant du droit pénal, du mariage et du divorce, des contrats, de la planification économique et sociale, du contrôle de la population et du planning familial, des syndicats, de la sécurité sociale et de l'éducation. Les domaines non énumérés ci-dessus et qui nécessitent une législation relèvent de la compétence exclusive du gouvernement central.

L'un des pouvoirs les plus importants du gouvernement de l'Union est celui de créer de nouveaux États, en les regroupant, en modifiant des frontières et en mettant fin à l'existence de certains. Le gouvernement de l'Union peut aussi créer et dissoudre n'importe lequel des Territoires de l'Union, qui ont des pouvoirs plus limités que ceux des États.

Bien que les Etats, seuls ou conjointement, exercent un contrôle sur un nombre considérable de questions, la Constitution confère un rôle dominant au gouvernement de l'Union.

Pouvoir législatif. Le Parlement indien est constitué du Rajya Sabha (chambre supérieure) et du Lok Sabha (chambre basse). Les membres du Rajya Sabha sont élus indirectement par les assemblées législatives des États, sur la base de la représentation proportionnelle. Un tiers de ses membres se retire tous les deux ans, mais ils peuvent cependant être réélus. Traditionnellement, le président nomme douze membres au Rajya Sabha qui se sont distingués dans divers domaines tels que les arts, le sport, la musique, etc. Les membres du Lok Sabha sont élus directement par le peuple pour cinq ans. Tout citoyen indien de plus de 25 ans peut être élu au Lok Sabha et tout citoyen âgé de plus de 18 ans peut voter. Dans la cadre d'une politique de discrimination positive, des sièges sont réservés au Lok Sabha aux personnes issues des " tribus répertoriées " ou intouchables (dalits).

Les États sont dirigés de la même façon que la nation. Ils ont un Vidhan Sabha (assemblée législative) semblable au Lok Sabha. Les membres du Vidhan Sabha sont élus par le peuple pour une durée de cinq ans. Le leader du Sabha est le Premier ministre, qui nomme son propre Conseil des ministres.

Chaque État a aussi un gouverneur, nommé par le président. En cas de nécessité, le gouverneur peut exercer des pouvoirs extraordinaires en révoquant le gouvernement de l'État et en gérant directement le fonctionnement de l'État. Cela se produit cependant rarement.

Pouvoir exécutif. Le président est le chef constitutionnel de l'exécutif de l'Union. Il exerce cependant essentiellement une fonction de représentation, comme les monarques britanniques. Le pouvoir exécutif véritable est détenu par un Conseil des ministres, avec un Premier ministre à sa tête, qui aide et conseille le président. Le Conseil des ministres est collectivement responsable devant le Lok Sabha, la Maison du Peuple. Dans les États, le gouverneur, en tant que représentant du président, est le chef de l'exécutif, mais le pouvoir exécutif véritable appartient au ministre à la tête du Conseil des ministres (Chief minister). Le pouvoir d'amender la Constitution appartient au Parlement. L'exécutif de l'Union est constitué du président, du vice-président et du Conseil des ministres. En cas de troubles graves dans un Etat, le gouvernement central a le droit d'y assumer le pouvoir exécutif, pendant une période limitée (President's Rule). Le gouverneur de l'État prend alors les rênes du pouvoir, au nom du président de la République. Cela a notamment été le cas à la fin des années 1980 au Pendjab et en 1990 au Cachemire.

Pouvoir judiciaire. L'autorité juridique en Inde est exercée par un système de cours nationales administrant les lois de la République et des États. Tous les juges sont nommés par l'instance exécutive du gouvernement, mais leur indépendance est garantie par divers dispositifs de contrôle. Une Cour suprême comportant jusqu'à 26 membres se trouve au sommet du système juridique. Juste en dessous dans la hiérarchie se trouvent les hautes cours et les cours subordonnées de chaque État.

Le rôle principal de la Cour suprême est d'arbitrer les querelles entre les gouvernements centraux et ceux des États, ainsi que les litiges publics impliquant une interprétation de la Constitution. Totalement autonome, la Cour suprême a souvent été utilisée par le peuple, dans l'histoire récente, comme une instance de contrôle sur le gouvernement.

Partis

Processus électoral

Les élections sont conduites et contrôlées par une Commission électorale. C'est un corps indépendant qui veille à ce que les élections se déroulent de façon libre et régulière.

La Commission électorale fixe et annonce les dates des élections. Des symboles représentants les différents partis en lice (un éléphant, un lotus, une main ouverte...) permettent aux personnes illettrées de voter.

Après le décompte des votes, on déclare élu le parti ayant obtenu la majorité simple. Cette majorité peut être de 2 types : simple (celle du parti ayant le nombre de votes le plus élevé) ou absolue (celle où le parti obtient plus de 50 % des votes).

Une majorité simple peut conduire de temps en temps à des paradoxes, dans lesquels les représentants élus peuvent gagner seulement parce qu'ils totalisent le plus grand nombre de votes, mais sans avoir pour autant le mandat de la majorité du public votant. Ce qui conduit à des situations intéressantes les lendemains d'élection !

Partis

L'Inde compte plus de 200 partis politiques. Les deux plus importants sont le Parti du Congrès (Indian National Congress) fondé en 1885, et le Bharatiya Janata Party (BJP), fondé en 1980.

Le Parti du Congrès a participé à toutes les étapes menant à l'indépendance, notamment avec la présidence de Nehru (1929) et l'autorité de Gandhi. Il a longtemps accueilli en son sein toutes les tendances politiques indiennes. Le parti a pris des orientations socialisantes (dirigisme économique, révolution verte, rapprochement avec l'URSS, etc.), mais depuis la fin des années 1980, ses orientations sont nettement plus sociales-libérales, bien qu'il soit allié avec deux partis communistes. Le Parti du Congrès se targue d'être un parti laïc et centriste, historiquement dominant, mais sa popularité a été effritée par plusieurs affaires de corruption et des scissions, et le parti a subi un revers magistral lors des élections législatives de 2014. Ce revers a été confirmé aux élections locales de fin 2016 et début 2017. Le Parti du Congrès a perdu la majorité dans son fief historique de l'Uttar Pradesh.

Le BJP (le Parti du Peuple indien) est un parti à orientation nationaliste hindoue. Depuis 2004, le président du parti est Lal Krishna Advani (ancien ministre de l'Intérieur). Le parti tire sa force politique de la Hindi Belt (régions du Nord et de l'Ouest de l'Inde, peuplées d'hindiphones). Considéré comme le parti des hautes castes, des milieux commerçants et du Nord, il a cependant accru son électorat dans les castes intermédiaires et dans certains États du Sud, en jouant sur le sentiment religieux. Le BJP a été porté au pouvoir lors des élections de 2014 rafflant 281 sièges sur 543. Narendra Modi est devenu Premier ministre de l'Inde à la suite de ces élections.

Autres partis relativement importants  : le Janata Dal, un parti national s'appuyant sur les basses castes, et le Shiv Sena, un parti d'extrême-droite, implanté dans le Maharashtra et allié du BJP. Le Parti communiste fait régulièrement des scores honorables dans le Kerala et a été amené plusieurs fois à gouverner l'État.

Enjeux actuels

Défense. Le président est le commandant suprême de toutes les forces armées, composées uniquement de volontaires. L'armée régulière représente 1 130 000 personnes. La Marine comprend 68 000 personnes et l'Armée de l'air 127 000, avec plus de 700 avions de combat. Impliquée dans trois guerres depuis l'Indépendance, l'Inde accorde une grande importance à sa défense.

En conflit frontalier avec deux États voisins (Pakistan et Chine), l'Inde a aussi développé et testé des armes nucléaires. En mai 1998, le gouvernement (BJP) a fait entrer l'Inde au sein des puissances atomiques en procédant aux essais de cinq engins nucléaires. Le Pakistan a répliqué par ses propres essais, réveillant les craintes d'une course régionale à l'arme nucléaire. Pour exprimer leur désapprobation, quelques gouvernements étrangers votèrent alors des sanctions contre les deux pays. Dans les mois qui ont suivi les explosions, ces tensions se sont quelque peu relâchées quand l'Inde et le Pakistan ont proclamé des moratoires relatifs à des nouveaux essais, entamant des négociations patronnées par les États-Unis, et consentant provisoirement à signer le traité d'interdiction des essais nucléaires en septembre 1999. Certaines sanctions économiques ont été levées au vu de ces signes de progrès. Début 1999, après des mois de pourparlers, les leaders de l'Inde et du Pakistan ont signé la déclaration Lahore, qui exprimait l'engagement des deux pays à améliorer leurs relations.

Politique étrangère. La politique étrangère de l'Inde a toujours été une politique de non-alignement avec les grandes puissances quelles qu'elles soient. Le pays a été l'un des membres fondateurs du Mouvement des non-alignés (MNA) et est resté l'un de ses principaux leaders. Il joue un rôle important dans les affaires mondiales, se ralliant souvent à la cause des nations colonialement exploitées et les moins développées. L'Inde a maintenu son adhésion au Commonwealth (autrefois Commonwealth britannique des Nations) et est devenu le premier pays de ce Commonwealth à passer du statut de dominion à celui de république, en 1950. L'Inde est membre de l'Organisation des Nations unies et elle y a joué un rôle actif. En 1985, elle a rejoint six pays voisins dans le lancement de l'Association asiatique du Sud pour la Coopération régionale (AASCR). Aujourd'hui l'Inde est un membre de l'Anase (l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est) et fait partie du Bric, cet acronyme qui désigne la réunion virtuelle de 4 pays dits " émergents " au plan de leur poids dans l'économie mondiale, le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine.

Économie
Principales ressources

Le gouvernement indien travaille dans le cadre d'un système d'économie mixte, dont la plus grande part est sous le contrôle d'entreprises privées. Selon une politique amorcée en 1956, le gouvernement avait mis en oeuvre un plan de nationalisation de segments entiers de l'économie, tout en laissant d'autres secteurs soumis à des degrés divers de planification et de contrôle gouvernementaux, mais les échecs de cette politique l'ont finalement conduit à faire machine arrière et à confier au secteur privé de larges secteurs de l'économie.

Agriculture. L'Inde a toujours été une société principalement agricole. La majorité de la population est dépendante de l'agriculture (qui emploie 53 % de la main-d'oeuvre), bien que ce secteur ne fournisse plus qu'environ 17,4 % du PIB. Une politique agricole bien planifiée, amorcée dans les années 1960, a abouti à une révolution verte en Inde, à un véritable boom de la production agricole. Le gouvernement s'est concentré sur le développement de régions à possibilités de cultures extensives, d'un réseau complet d'irrigation, d'emplacements de choix pour la production de bois de construction. Non seulement l'Inde est ainsi devenue autosuffisante en céréales, mais elle a pu aussi exporter ses récoltes. Elle a les plus grandes surfaces cultivées de légumineuses du monde, et elle est la première à avoir développé un hybride du coton. Toutefois, le pourcentage de terres irriguées reste faible et le secteur agricole est donc toujours très dépendant de la mousson. Les principales productions agricoles indiennes sont le lait, le riz, le blé, la canne à sucre et le thé.

Minerai. Les ressources minières apportent un soutien important à l'industrie manufacturière diversifiée, et leur exportation, une source modeste de revenus.

La nationalisation d'entreprises étrangères et locales et l'implication du gouvernement indien dans la gestion de plusieurs autres ont donné à l'État un rôle prédominant dans l'industrie minière. L'Inde se classe parmi les leaders mondiaux dans la production de minerai de fer, de charbon et de bauxite, et elle produit des quantités significatives de manganèse, de mica, de dolomite, de cuivre, de pétrole, de chrome, de plomb, de zinc, d'or et d'argent.

Industrie. Le secteur industriel de l'Inde est fortement diversifié et inclut une gamme d'industries lourdes et à haute technologie qui sont en grande partie propriété du gouvernement. Les industries de biens de consommation sont généralement privées. Les productions majeures du pays sont le textile, le fer et l'acier, le ciment, les engrais, d'autres produits chimiques, des véhicules automobiles, des bateaux, des bicyclettes, des appareils électriques et électroniques, ainsi que des produits pharmaceutiques. L'industrie représente environ 28 % du PNB.

Les syndicats, généralement affiliés à des partis politiques divers, sont importants dans les secteurs modernes de l'économie. Les principaux partenaires commerciaux de l'Inde sont les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, la Russie, l'Allemagne et l'Arabie saoudite.

Commerce. Les Bourses n'ont pas joué en Inde le rôle important qu'elles ont eu dans les sociétés capitalistes plus riches.

Cependant, de nos jours, on peut trouver des Bourses dans la plupart des grandes villes indiennes, où elles facilitent les flux de capitaux sous forme de valeurs. Les États-Unis et l'ancienne Union soviétique ont été les destinations principales des exportations de l'Inde (souvent, dans le dernier cas, par des accords de troc), ainsi que le Japon et les pays de la Communauté européenne, particulièrement l'Allemagne et le Royaume-Uni. Les sources d'importation majeures ont été le Japon, les États-Unis, l'Union européenne, le Moyen-Orient et l'ancienne Union soviétique.

Infrastructures. L'Inde, au lendemain de l'indépendance, disposait déjà d'un excellent réseau de transports. Au cours des décennies qui suivirent, le pays développa ses infrastructures ferroviaires et le train fit le lien entre les différentes parties de la nouvelle nation. Bien que le chemin de fer ait continué à assurer le plus gros du trafic de marchandises, la part de la route et du transport motorisé n'a cessé d'augmenter.

Le vaste réseau ferroviaire de l'Inde, entièrement sous contrôle public, est le plus grand d'Asie et le quatrième du monde. Les principaux ports indiens, dont Calcutta, Bombay, Madras et Vishakhapatnam, sont desservis par des cargos et des paquebots de grandes lignes provenant de toutes les parties du monde. Un réseau complet d'itinéraires aériens relie les principales villes du pays. Des liaisons internationales sont assurées par Air India et des compagnies étrangères.

Place du tourisme

Des atouts et des manques. Une diversité de paysages incroyables, des sites archéologiques et historiques grandioses, une population très hétéroclite, chacune avec leurs propres traditions religieuses, culinaires, musicales et enfin un coût de la vie extrêmement bas. Paradoxalement, en 2012, le pays ne se place qu'au 36e rang des destinations touristiques mondiales avec un peu plus de 6 millions de visiteurs mais, en même temps, il se trouve au 3e rang des pays ayant la plus forte croissance. Le nombre de touristes étrangers en Inde devrait atteindre les 9 millions en 2020. Ainsi, depuis quelques années, l'industrie du tourisme est devenue une des priorités économiques du gouvernement indien. Le secteur emploie près de 23 millions de personnes et contribue à 6,1% du PIB. Il représente la deuxième source d'entrée de devises sur le territoire après le textile et engendre 10% des rentrées fiscales. Pour répondre à une demande d'équipements de qualité de plus en plus pressante, l'Inde mise très fortement sur son industrie hôtelière. Les objectifs ne sont pas encore atteints et l'offre toujours insuffisante entraîne des hausses de tarifs spectaculaires (45% entre 2000 et 2006). L'hôtellerie de luxe, concentrée dans les grandes villes, bénéficie d'un taux d'occupation de 80%, le segment intermédiaire, les 2 et 3-étoiles, est quant à lui fort peu développé. L'Inde exploite environ 1,5 million de chambres, principalement dans les grandes villes, mais seulement 8% peut prétendre à 1 étoile.

Composition des touristes. Il est à noter que l'embellie économique récente de l'Inde s'est accompagnée de l'émergence d'une classe moyenne et supérieure bénéficiant d'un pouvoir d'achat élevé. Fait nouveau, l'Indien voyage aussi dans son pays et plus seulement pour se rendre à un pèlerinage ou rendre visite à sa famille. Il est désireux de mieux connaître les richesses de son pays. Les files d'attentes dans les musées, les sites archéologiques, les monuments, sont de plus en plus longues et témoignent de cet engouement. Généralement, en tant que touriste étranger, vous n'aurez pas à vous mêler à ces queues, un tarif touriste spécial étranger, entre 10 et 25 fois le prix d'un ticket indien, vous est dévolu.

L'autre tourisme. La part du tourisme médical est en très forte progression ces dix dernières années. Près de 100 000 touristes se rendent en Inde chaque année pour des traitements aussi divers que les traitements cardiaques, les greffes de moelle osseuse, les remplacements de la hanche, les soins dentaires, le traitement des pathologies oculaires, les traitements holistiques et ayurvédique. Deux mots enfin sur le tourisme d'aventure. Il n'est pas vraiment quantifiable mais les sites d'escalades, de plongées, de treks, de campings, de sports à sensations tels que le parapente ou le deltaplane sont de plus en plus nombreux.

Enjeux actuels

Un des principaux enjeux économiques est le surendettement des fermiers. Faibles revenus, récoltes incertaines, difficultés à obtenir des emprunts, taux d'intérêt élevés sont autant de facteurs qui pèsent sur les épaules des fermiers. 50 % de la population indienne dépend d'une activité agricole, mais seule 20 % de la surface cultivable est irriguée. L'accès à l'eau constitue un défi majeur, d'autant plus que les dérèglements climatiques provoquent des moussons de moins en moins abondantes.

L'inefficacité bureaucratique et la corruption généralisée sont un autre frein au développement économique. Les résultats éclatants du BJP aux élections de 2014 prouvent que les Indiens dans leur ensemble appellent à un vrai changement dans le mode de gouvernance, tant à l'échelon national que local. Une purge des mauvaises pratiques administratives (absentéisme, horaires variables, désintérêt, copinage, dessous de table...) s'avère plus que nécessaire pour redonner confiance aux Indiens dans leurs institutions et favoriser les prises d'initiatives. Malgré une campagne menée sur le slogan " 0 corruption ", le gouvernement de Narendra Modi semble s'être fixé d'autres objectifs prioritaires.
Une des premières mesures phares du nouveau gouvernement a été d'assouplir les conditions d'investissement des étrangers afin d'accélérer le processus de modernisation et inciter à la production en Inde : la campagne " Make in India " bat son plein. Indian Railways, la compagnie ferroviaire indienne, projette aussi de développer des partenariats permettant de construire des lignes à grande vitesse.
L'hygiène est également un enjeu important et ne pourra qu'améliorer l'image désastreuse de l'Inde auprès des étrangers. Modi a lancé une grande campagne " Inde propre " en octobre 2014, incitant les Indiens à nettoyer un peu plus loin que leur pas de porte et à ne pas jeter leurs déchets n'importe où. Mais la gestion, le ramassage, le recyclage, le traitement et le stockage des déchets nécessitent des investissements importants qui ne sont pas encore prévus. Cette campagne s'accompagne d'une volonté de généralisation des sanitaires, sachant que seulement 23 % de la population vivant dans des zones rurales a accès à des toilettes, soit autant d'occasions de véhiculer des maladies et souiller l'eau et les sols. Modi a ainsi prévu de construire 110 millions de sanitaires en cinq ans afin d'offrir à l'Inde et aux Indiens un environnement plus sain. Ne reste plus qu'à les maintenir propres et convaincre les citoyens de les utiliser !

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