Guide de MUMBAI : Histoire

Deux grandes figures historiques du pays

Gandhi. Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948) est un homme politique indépendantiste. Il est perçu comme le " Père de la nation indienne ". Avocat de formation, il part en Afrique du Sud pour défendre les intérêts d'une entreprise indienne. Il y restera 20 ans à combattre les discriminations raciales. En 1914, c'est le retour en Inde où il est fermement décidé à mettre un terme à l'exploitation coloniale de son pays. Mêlant apostolat, action sociale et agitation politique, il expérimente la résistance passive et la non-violence, la vie en communauté, l'idée de Satyagraha. Il prône la désobéissance civile, organise des manifestations. Gandhi est arrêté à plusieurs reprises, son influence à travers le pays est de plus en plus grande. Il refuse de soutenir l'Angleterre en guerre si celle-ci ne s'engage pas à donner à l'Inde son indépendance. Le processus débute en 1944. Le 3 juin 1947, lord Mountbatten annonce la décision finale du gouvernement britannique d'accorder l'indépendance sur la base de la partition. La date du 15 août 1947 est fixée. Le plus grand exode de l'humanité débute par un massacre sans précédent, dans les deux camps, hindou et musulman, et qui fera entre 1 et 2 millions de morts. Le mahatma est assassiné le 30 janvier 1948, par un extrémiste hindou.

Nehru. Jawaharlal Nehru est un homme politique indien (1889-1964). Enfant issu d'une famille d'aristocrate, il poursuit des études de droit en Angleterre à Cambridge. Il devient membre du parti du Congrès national indien, en 1919, dirigé alors par Gandhi. La participation du Pandit à la lutte pour l'indépendance, de même que l'influence de ce combat sur lui-même, ont formé sa personnalité politique. Son statut, de plus en plus important au sein du Congrès, lui vaut plusieurs emprisonnements entre 1921 et 1945. En 1942, Gandhi emprisonné, c'est lui, son disciple, qui prend la tête du Congrès. A l'indépendance de l'Inde en 1947, il est élu Premier ministre, poste qu'il occupera à plusieurs reprises jusqu'à sa mort en 1964. En 1950, l'Inde devient une république démocratique laïque. Deux ans après sa mort, sa fille Indira Gandhi devient à son tour Premier ministre indien et seconde femme au monde élue démocratiquement. Dans la lignée de son père, elle poursuit une politique sociale, mais sans alignement avec l'URSS. Elle est assassinée en 1984 par ses gardes du corps sikhs après l'opération Bluestar, mieux connue comme massacre du temple d'Or. Rajiv Gandhi, son fils est nommé Premier ministre à la mort de sa mère. Il connaîtra lui aussi une fin tragique.

Chronologie
Chronologie de l'Inde

2700 av. J.-C. > Civilisations dites de Harappa, ou de la vallée de l'Indus.

563 av. J.-C. > Naissance de Siddharta Gautama, le Bouddha.

560 av. J.-C. > Naissance de Mahavira, fondateur du jaïnisme.

269 av. J.-C. > Début du règne d'Ashoka.

320 ap. J.-C. > Chandragupta Ier fonde la dynastie des Gupta.

892 ap. J.-C. > Arrivée des Chalukya de l'Est.

1001 ap. J.-C. > Défaite de Jaipal par le sultan Mahmud.

1026 > Mahmud Ghazni pille le temple de Somnath.

1232 > Fondation du Qutab Minar à Delhi.

1288 > Marco Polo visite l'Inde.

1336 > Début de l'empire de Vijayanagar.

1398 > Timur envahit l'Inde.

1498 > Arrivée en Inde de Vasco de Gama.

1500 > Naissance du sikhisme.

1510 > Les Portugais soumettent Goa.

1526 > Début de la dynastie moghole, avec la première bataille de Babur à Panipat ; défaite des Lodi.

1538 > Mort de Guru Nanak (guru des Sikh).

1555 > Humayun récupère le trône de Delhi.

1556 > La mort de Humayun conduit à l'accession au pouvoir d'Akbar.

1564 > Akbar supprime les taxes des hindous.

1571 > Fondation de Fatehpur Sikri par Akbar.

1600 > Charte de la Compagnie britannique des Indes de l'Est.

1602 > Fondation de la Compagnie hollandaise des Indes de l'Est.

1605 > Mort d'Akbar, suivie par l'accession au trône de Jahangir.

1623 > Shah Jahan se révolte contre Jahangir.

1628 > Shah Jahan est proclamé empereur.

1631 > Mort de la femme de Shah Jahan, Mumtaz Mahal. Construction du Taj Mahal.

1632 > Invasion moghole de Bijapur ; octroi du " Golden Firman " à la Compagnie britannique par le sultan de Golkonda.

1639 > Fondation du fort St. George à Madras par les Anglais.

1640 > Les premiers comptoirs britanniques à Madras, Bombay et Calcutta.

1670 > Premier comptoir français d'importance à Pondichéry.

1707 > Mort d'Aurangzeb et bataille de Jajau.

1831 > Le raja de Mysore est chassé du pouvoir et l'administration de la région est reprise par la Compagnie britannique des Indes de l'Est.

1833 > Renouvellement de la Charte de la Compagnie britannique et suppression de ses droits de commerce.

1853 > Inauguration de la ligne de chemin de fer entre Bombay et Thane, et ouverture de la ligne de télégraphe de Calcutta à Agra.

1857 > Première guerre de l'Indépendance indienne.

1858 > Les Britanniques renversent le gouvernement indien.

1905 > Première division du Bengale.

1912 > La capitale impériale est transférée de Calcutta à Delhi.

1916 > Proclamation de la " Home Rule League ". Massacre de Jalianwalla Bagh.

1920 > Mahatma Gandhi dirige le parti du Congrès ; début du mouvement de non-coopération.

1928 > La Commission Simon arrive en Inde, boycottée par tous les partis.

1930 > Le mouvement de résistance passive continue ; première conférence table ronde.

1942 > Mission Cripps en Inde. Le parti du Congrès adopte une résolution intimant aux Britanniques l'ordre de quitter l'Inde. Les leaders du Congrès sont arrêtés. Subhash Chandra Bose forme l'Armée nationale indienne.

15 août 1947 > Indépendance indienne ; Jawaharlal Nehru devient le premier Premier ministre du pays.

1948 > La Banque des réserves de l'Inde est nationalisée. Mahatma Gandhi est assassiné. B. R. Ambedkar présente la première ébauche d'une constitution à l'Assemblée constituante.

26 janvier 1950 > Proclamation de la république de l'Inde.

1951 > Vote du Premier Plan quinquennal.

1956 > Vote du Second Plan quinquennal.

1959 > Le dalaï-lama s'enfuit du Tibet vers l'Inde. Confrontation militaire avec la Chine.

1964 > Mort de Jawaharlal Nehru. Lal Bahadur Shastri devient Premier ministre.

1965 > Guerre indo-pakistanaise.

1966 > La fille de Nehru, Indira Gandhi, devient Premier ministre.

1974 > Explosion nucléaire souterraine à Pokhran.

1975 > Lancement du satellite indien Aryabhatta. Le Sikkim rejoint l'Inde. L'état d'urgence est déclaré. Indira Gandhi annonce un programme économique en 20 points.

1984 > Opération Etoile bleue : l'armée indienne prend d'assaut le Golden Temple d'Amritsar, tuant des centaines de gens. Indira Gandhi est assassinée à Delhi ; Rajiv Gandhi est investi du titre de Premier ministre. Tragédie de l'usine de pesticides de Bhopal, le plus grand désastre écologique du pays. Huitièmes élections législatives : le parti du Congrès gagne avec Rajiv Gandhi comme Premier ministre.

1991 > Rajiv Gandhi est assassiné par LTTE. Dixièmes élections législatives avec la victoire du Congrès ; Narasimha Rao devient Premier ministre. Libéralisation amorcée par le ministre des Finances, le Dr Manmohan Singh.

1992 > Démolition de la mosquée Babri Masjid.

1993 > Émeutes de Bombay. La roupie devient convertible au niveau commercial. Plus de 300 personnes tuées par l'explosion de bombes. Tremblement de terre à Latur.

1994 > Le secteur des télécommunications est ouvert à des sociétés privées.

1996 > Onzièmes élections législatives ; le chef du BJP, Atal Behari Vajpayee, devient Premier ministre. Le BJP perd le vote de confiance. Deve Gowda prend le pouvoir en tant que Premier ministre du gouvernement de coalition du Front uni.

1997 > Le Congrès retire son appui au gouvernement FU ; I.K. Gujral est nommé Premier ministre. La nation célèbre 50 ans d'indépendance. Chute du gouvernement Gujral avec le retrait de l'appui du Congrès. Sonia Gandhi entre en politique.

1998 > Le gouvernement d'alliance BJP prête serment ; Atal Behari Vajpayee devient Premier ministre. L'Inde procède à trois essais nucléaires souterrains à Pokhran, au Rajasthan.

1999 > Les élections de Lok Sabha mènent à l'Alliance démocratique nationale et à la formation d'un gouvernement de coalition avec Atal Behari Vajpayee comme Premier ministre. Des insurgés du Pakistan, infiltrés par la vallée de Kargil, pénètrent profondément en territoire indien, mais sont repoussés avec succès.

Jusqu'à 2003 > Le gouvernement BJP reste au pouvoir et introduit des réformes économiques majeures. La plupart des villes connaissent une urbanisation et des transformations rapides, notamment New Delhi qui voit s'ouvrir plusieurs stations de métro.

2004 > A la surprise générale, le parti du Congrès de Sonia Gandhi remporte les élections législatives. Dans un premier temps, Sonia Gandhi est pressentie pour occuper le poste de Premier ministre. Mais, suite à la pression des partis nationalistes et aux manoeuvres du BJP, elle s'incline, et laisse sa place à Manmohan Singh, qui devient le premier sikh à occuper ce poste.

Les attentats meurtriers de 2005 et de 2006 à New Delhi, à Varanasi, et à Bombay, tous attribués aux extrémistes musulmans, ne parviennent pas à semer la discorde entre hindous et musulmans.

2006 > Un accord passé entre George Bush et Manmohan Singh, Premier ministre indien, sur la coopération nucléaire civile, permet à l'Inde, entre autres, d'acheter de l'uranium. L'Inde devient la sixième puissance nucléaire mondiale. Manmohan Singh déclare la guerre au mouvement maoïste naxalite.

2007 > Emeutes à Nandigram. La fronde des paysans contre l'industrialisation et la délocalisation de force entraîne une quinzaine de morts, des centaines de blessés et des milliers d'arrestations. L'Inde et les États-Unis signent conjointement un pacte de coopération nucléaire, l'accord 123, redéfinissant les termes du TNP, Traité de non-prolifération nucléaire, au grand dam de la communauté internationale.

2008 > Le dollar US n'est plus la monnaie de référence sur les sites touristiques indiens. Les attentats de Bombay font 173 victimes. Le premier véhicule spatial indien se pose sur la Lune. La France signe un protocole d'accord en vue de fournir à l'Inde plusieurs réacteurs EPR.

2009 > L'homosexualité n'est plus un délit à Delhi ! 10 oscars pour Slumdog Millionaire. Le parti du Congrès gagne les élections et Manmohan Singh est réélu Premier ministre.

2010 > Le lancement du missile à capacité nucléaire à moyenne portée est une réussite.

2011 > Le 20 avril 2011, l'Inde place trois satellites en orbite. En juillet, une série d'explosions a lieu dans le centre de Mumbai provoquant la mort d'une vingtaine de personnes et en en blessant une centaine d'autres.

2012 > Pranab Mukherjee devient président du pays le 22 juillet.

2012 > Le 31 juillet, l'Inde est touchée par la plus grande panne de courant de l'histoire : 20 États sont concernés et 670 millions de personnes ont été privées d'électricité pendant une journée entière.

2014 > Le 15 avril le gouvernement reconnaît le " troisième genre ", offrant aux transgenres les mêmes droit en termes de droits sociaux et de travail que les groupes minoritaires.

2014 > En mai, le BJP, le parti nationaliste hindou, devient majoritaire au Parlement. Son leader, Modi, devient Premier ministre du pays.

2014 > Le 2 juin, le Telangana, avec Hyderabad comme capitale, accède à l'indépendance vis-à-vis de l'Andhra Pradesh et devient 29e État du pays.

2014 > Narendra Modi (BJP, droite nationaliste hindoue) emporte les élections législatives avec une écrasante majorité de 336 sièges sur 543. Le Parti du Congrès subit sa pire défaite avec seulement 19,3 % des voix.

2016 > Le gouvernement retire du jour au lendemain les billets de 500 Rs et de 1 000 Rs en circulation, créant un chaos financier de plusieurs mois. Le Parlement ratifie les Accords de Paris sur l'environnement.

2017 > Le 25 juillet, Ram Nath Kovind, du BJP, devient le 14e président de l'Inde.

Des origines à nos jours
Premières civilisations

La plus ancienne des civilisations connues de l'Inde, la civilisation de la vallée de l'Indus (environ 2 500 à 1 700 av. J.-C.), était célèbre pour ses objets façonnés hautement spécialisés, retrouvés partout en Inde du Nord. Une autre pré-culture - la culture védique - remonte à environ 1 500 av. J.-C.

Elle est considérée comme l'une des sources de la culture hindoue prédominante en Inde, et comme le fondement de plusieurs traditions philosophiques importantes. L'Inde a été soumise à des afflux de peuples, certains prenant les armes pour piller et vaincre, d'autres venant pour s'adonner au commerce et s'installer. Elle a su absorber l'impact de ces intrusions grâce à sa capacité à assimiler ou à tolérer les idées et les personnes qui lui étaient étrangères.

La civilisation de la vallée de l'Indus. Pendant presque 1 000 ans, de 2 500 av. J.-C. à 1 700 av. J.-C., une civilisation a vécu dans la vallée du fleuve Indus, s'étendant loin au nord-est jusqu'à Delhi et jusqu'au Gujarat au sud. La civilisation de la vallée de l'Indus, la plus ancienne de l'Inde, est célèbre pour sa culture complexe. Ses villes savamment planifiées comportaient des systèmes compliqués d'alimentation en eau ainsi que d'évacuation des eaux usées, et des greniers à blé centralisés. Les villes obéissaient à des schémas d'habitation communs ; elles étaient construites avec des briques de taille et de poids standardisés, indices qui témoignent de la cohérence du gouvernement des sociétés de l'époque. Les habitants utilisaient le cuivre et le bronze, ils filaient et tissaient le coton ainsi que la laine. Ils produisaient également des statues et autres objets d'une grande beauté, dont de nombreux sceaux ornés de représentations d'animaux et, dans certains cas, de ce qui semble être des prêtres. Les sceaux sont aussi ornés d'inscriptions de l'Indus, un système d'écriture pictographique qui n'a pas été déchiffré. La civilisation de l'Indus semble avoir connu un déclin rapide après 1 800 av. J.-C., dont la cause est encore inconnue ; on suppose qu'elle tient à des changements climatiques extrêmes ou à des catastrophes naturelles.

L'installation des Arya et l'âge védique. En 1 500 av. J.-C., les Arya (ou Aryens), un peuple nomade d'Asie centrale, se sont installés sur les hauteurs de l'Indus, de la Yamuna et des plaines du Gange. Ils parlaient une langue de la famille indo-européenne et vénéraient des dieux semblables à ceux de l'ère postérieure grecque et du nord de l'Europe. Les Arya ont joué un rôle particulièrement important dans l'histoire indienne parce qu'ils sont à l'origine des premières formes des Veda sacrés (textes oralement transmis, hymnes de dévotion envers les dieux, manuels de sacrifices pour leur vénération et de spéculations philosophiques). Vers 800 av. J.-C., les Arya régnaient sur la plus grande partie de l'Inde du Nord, se battant de temps en temps entre eux ou avec les peuples des terres qu'ils occupaient. Au fur et à mesure que les Arya s'adonnaient progressivement à l'agriculture et se déplaçaient vers le sud-est par la plaine du Gange, ils abandonnaient leur style de vie semi-nomade et changeaient leurs structures sociales et politiques. Au lieu d'un guerrier dirigeant une tribu, avec une assemblée tribale contrôlant son pouvoir, un chef aryen régnait sur le territoire, avec sa société divisée en groupes héréditaires. Cette structure a amorcé le début du système des castes, qui a survécu en Inde jusqu'à ce jour. Les quatre castes qui ont émergé de cette période sont les brahmanes (les prêtres), les kshatriya (les guerriers et les dirigeants), les vaisya (les marchands, les fermiers et les commerçants) et les sudra (les artisans et les domestiques).

Royaumes et Empires

Vers le VIIe siècle av. J.-C., les territoires se sont regroupés et agrandis, donnant naissance à de grands royaumes, s'étendant de ce qui est aujourd'hui l'Afghanistan à l'État du Bihar. Les villes ont pris de l'ampleur durant cette époque et des systèmes d'écriture se sont développés. Des courants réformistes de l'hindouisme sont apparus, concurrençant les pratiques orthodoxes de la tradition védique et proposant des vues différentes du monde religieux. Deux de ces courants ont donné naissance à des religions séparées, le bouddhisme et le jaïnisme.

L'Empire maurya. Aux alentours du VIe siècle av. J.-C., la civilisation indienne était fermement centrée dans la zone nord-est de l'Inde, aujourd'hui État du Bihar, et certains rois devinrent de plus en plus puissants. Le royaume de Magadha conquit et absorba les royaumes voisins, faisant naître le premier empire de l'Inde. À la tête de l'État du Magadha se trouvait un monarque héréditaire, responsable d'une administration centralisée. L'État collectait régulièrement des revenus et était protégé par une armée permanente. Cet empire continua à se développer, s'étendant jusqu'au IVe siècle av. J.-C. dans l'Inde centrale.

Chandragupta Maurya, le premier roi de la dynastie des Maurya, a accédé au trône de Magadha en 321 av. J.-C. En 305 av. J.-C., Chandragupta a vaincu le chef d'un royaume hellénistique des plaines du Pendjab et a prolongé vers l'Afghanistan et le Baluchistan au sud-ouest ce qui devenait l'Empire maurya, un empire qui s'étendait du delta du Gange à l'est, au sud dans le Deccan et à l'ouest en incluant le Gujarat. Il fut à nouveau étendu par Ashoka, le petit-fils de Chandragupta, pour englober toute l'Inde (en incluant l'actuel Pakistan et une grande partie de l'Afghanistan), excepté l'extrême pointe sud et les terres à l'est du fleuve Brahmapoutre. L'Empire maurya possédait une structure administrative complexe, avec un empereur à la tête d'une imposante bureaucratie centrale et locale. Après une campagne sanglante contre Kalinga, dans l'actuel État d'Odisha, en 261 av. J.-C., Ashoka se désintéressa de la guerre pour finalement embrasser le bouddhisme et la non-violence. Bien que le bouddhisme n'ait pas été religion d'État, et bien qu'Ashoka ait toléré toutes les religions dans son royaume, il envoya des missionnaires au loin pour répandre le message bouddhiste de justice. Son fils Mahinda et sa fille Sanghamitta convertirent le peuple de Ceylan (actuel Sri Lanka), et d'autres missionnaires furent dépêchés en Asie du Sud-est et probablement aussi en Asie centrale. Il envoya également des missions culturelles à l'ouest, y compris en Syrie, en Égypte et en Grèce.

Les royaumes post-maurya et les empires. L'Empire maurya s'est rapidement désagrégé après la mort d'Ashoka, en 232 av. J.-C. Les envahisseurs se sont battus pour les territoires périphériques du Nord, tandis que des monarchies régionales gagnaient du pouvoir au sud. Le coeur du territoire originel des Maurya dans la plaine du Gange a été défendu par la dynastie des Sunga, qui avait consolidé sa puissance vers 185 av. J.-C. Les Sunga ont régné sur de vastes terres et possédaient le plus puissant des royaumes nord-centraux. Leur dynastie a duré environ un siècle et a été suivie par celle des Kanva, dont le royaume fut vaincu en 28 av. J.-C. par la dynastie des Andhra.

Les invasions de l'Inde du Nord se sont produites en plusieurs vagues depuis l'Asie centrale. Les Indo-Grecs ont conquis la partie nord-ouest de l'empire en 180 av. J.-C.

La dynastie des Gupta. Vers 320 ap. J.-C., Chandragupta Ier, chef du royaume de Magadha, a uni les nombreux peuples de la vallée et a fondé la dynastie des Gupta. Au siècle suivant, son fils Samudragupta et son petit-fils Chandragupta II ont rassemblé la plus grande partie de l'Inde sous un contrôle unifié, pour la première fois depuis l'Empire maurya, contrôlant les terres depuis les collines à l'ouest de l'Afghanistan jusqu'en Assam, au nord de la rivière Narmada. Samudragupta a mené une expédition militaire, couronnée de succès, contre la ville de Kanchipuram, au sud, mais il n'a probablement pas directement régné sur ces régions. L'époque de l'Empire gupta a été appelée " l'âge d'or de la civilisation indienne ", en raison de sa grande richesse en productions littéraires, artistiques et scientifiques. Au XIIe siècle, les villes de la côte du sud-ouest de l'Inde (aujourd'hui le Kerala et le Karnataka) ont abrité les commerçants juifs et arabes, qui ont constitué un réseau de commerce d'épices centré sur le golfe Persique et qui s'étendait jusqu'à la mer Méditerranée et l'Italie, en passant par l'Egypte.

Invasions musulmanes et mogholes

Au Xe siècle les musulmans türks ont commencé à envahir l'Inde, y apportant la religion islamique.

Les Ghaznavid, une dynastie d'Afghanistan, ont mené une série de raids en Inde du Nord-Ouest. Mahmud de Ghazni, le plus grand chef de cette dynastie, a pénétré jusqu'à l'État actuel d'Uttar Pradesh, en Inde centrale du Nord. Il n'a pas tenté de gouverner le territoire indien, excepté la zone du Pendjab, qu'il a annexée avant sa mort en 1030.

Le sultanat de Delhi. Un peu plus d'un siècle après la mort de Mahmud, sa magnifique capitale de Ghazni a été détruite dans une guerre entre rivaux en Afghanistan. En 1175, l'un des successeurs de l'empire démembré de Mahmud, le conquérant musulman Muhammad de Ghur, a commencé sa conquête de l'Inde du Nord. En 20 ans, il avait vaincu toute cette région, y compris celle du Bengale. En 1206, Qutb-ud-din Aybak, l'un des généraux de Muhammad de Ghur, fonda le sultanat de Delhi (installant la capitale à Delhi). En 1206, Gengis Khan unit les tribus mongoles et fonda l'Empire mongol. Il s'est déplacé rapidement en Chine et vers l'ouest, atteignant la vallée de l'Indus en 1221 environ. Au cours des trois siècles suivants, les Mongols sont restés la puissance dominante dans le nord-ouest de l'Inde, se mêlant peu à peu aux peuples musulmans türks déjà présents.

L'Empire moghol. L'Empire moghol a été fondé en 1526 par Babur, un descendant de Tamerlan. Le royaume de Babur s'étendait au-delà de l'Afghanistan jusqu'à la région du Bengale le long de la plaine du Gange. Son fils Humayun, cependant, a perdu par la suite le royaume au profit de Sher Khan Sur et s'est enfui en Perse (actuel Iran), avant de reprendre Delhi en 1555, peu avant sa mort. Le fils d'Humayun, Akbar, dont le nom (" grand ") reflète bien le dirigeant qu'il est devenu, a étendu l'Empire moghol à la totalité du sous-continent, de l'Afghanistan au golfe du Bengale et de l'Himalaya à la rivière Godavari.

En 1686 et 1687, Aurangzeb a vaincu les royaumes musulmans de Bijapur et Golkonda, qui contrôlaient le nord du plateau du Deccan. Mais sa tentative de soumettre la Confédération hindoue maratha (centrée sur ce qui est maintenant l'État du Maharastra) échoua finalement et les armées mogholes subirent de nombreuses défaites. L'intolérance religieuse croissante d'Aurangzeb affecta également la stabilité de l'empire. En 1697, il imposa de nouveau un impôt par tête aux non-musulmans, supprimé pendant le règne d'Akbar. Une telle politique discriminatoire, aggravée par un fardeau fiscal devenu écrasant, conduisit à une vaste rébellion à la fin du règne d'Aurangzeb.

Les européens en Inde

Très tôt, au XVe siècle, les Européens se sont intéressés aux possibilités de développement du commerce avec l'Inde et à l'ouverture d'une nouvelle voie commerciale vers l'Asie orientale. Les Portugais se sont consacrés à cette tâche et, en 1497, Vasco de Gama mena pour le compte du royaume portugais une expédition autour du cap de Bonne-Espérance et à travers l'océan Indien. En mai 1498, il entra dans le port de Calicut (Kozhikode de nos jours), sur la côte de Malabâr, ouvrant une nouvelle ère de l'histoire indienne. Au début du XVIe siècle, en nouant des relations amicales avec le royaume dominant du Deccan, les Portugais s'assurèrent des itinéraires commerciaux lucratifs sur la côte de l'Inde.

Au cours des deux premiers siècles qui ont suivi leur arrivée en Inde, les Européens ont limité leurs activités au commerce et à l'évangélisation, leur présence restant protégée par des forces navales. Pendant toute la période de l'Empire moghol, les commerçants européens étaient confinés à des postes le long de la côte. Au cours du XVIe siècle, la marine portugaise contrôlait les voies de navigation maritimes de l'océan Indien, protégeant les commerçants installés à Goa, à Daman et à Diu, sur la côte occidentale. Le christianisme suivit rapidement le commerce : saint François-Xavier, un missionnaire jésuite espagnol, débarqua à Goa en 1542, convertissant des dizaines de milliers d'Indiens le long de la côte de la péninsule, en Inde du Sud et à Ceylan, avant de partir pour l'Asie du Sud-Est en 1545.

En fait, la portion de l'Inde qu'il traversa, et d'autres missionnaires après lui, abritait déjà des communautés de chrétiens, certains convertis par saint Thomas au Ier siècle ap. J.-C., et d'autres qui avaient fui vers l'Inde plusieurs siècles plus tard pour échapper aux persécutions que leur valaient leurs croyances nestoriennes. Au XVIIe siècle, les Hollandais ont supplanté les Portugais dans la maîtrise des mers autour de l'Inde. La Compagnie hollandaise des Indes de l'Est a été fondée en 1602, deux ans après sa principale rivale, la Compagnie britannique des Indes de l'Est. Les deux compagnies ont commencé par le commerce des épices, puis elles sont passées au textile, plus particulièrement à ces cotons légers et à motifs caractéristiques de l'Inde. Leurs activités en Inde étaient concentrées principalement sur les côtes sud et est, dans la région du Bengale.

Cependant, au XVIIIe siècle, la puissance navale britannique s'est mise à égaler celle des Hollandais et la rivalité européenne en Inde a commencé à prendre une dimension militaire. D'autre part, pendant la première moitié du XVIIIe siècle, les Français, qui avaient commencé à opérer en Inde vers 1675, sont apparus comme une menace sérieuse pour la puissance et la prospérité croissantes de la Compagnie britannique des Indes de l'Est. Vers le milieu du siècle, Anglais et Français s'affrontaient dans le monde entier : cette rivalité s'est manifestée en Inde par une série de conflits, appelés guerres karnatiques, qui ont duré plus de 20 ans et ont fait de l'Angleterre la première puissance européenne en Inde.

Alors que les Français et les Britanniques se disputaient le contrôle du commerce extérieur de l'Inde, l'Empire moghol connaissait un déclin rapide et des royaumes régionaux faisaient leur apparition. Les dirigeants de ces royaumes, constamment en guerre, ont utilisé des forces françaises et britanniques, bien entraînées et disciplinées, pour soutenir leurs activités militaires. Mais ces forces étrangères avaient leurs propres desseins, et étendaient fréquemment leur puissance politique ou territoriale tout en feignant d'apporter leur appui à un dirigeant local.

Menés par l'efficace et inventif Joseph-François Dupleix, les Français réussirent à occuper une position puissante en Inde du Sud avant 1750, particulièrement à Hyderabad. En 1751, cependant, les troupes britanniques de Robert Clive s'emparèrent de la forteresse française au sud-est d'Arcot dans une bataille décisive. A la suite de cet affrontement, l'équilibre des forces au sud a penché en faveur des Anglais, bien que la lutte pour le contrôle du commerce ait continué au-delà.

L'Empire britannique. La Compagnie britannique des Indes de l'Est a continué à étendre son contrôle sur le territoire indien pendant la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. Les traités passés avec des princes indiens ont autorisé le stationnement de troupes britanniques dans ces États princiers. Nombre de ces États se trouvaient annexés quand la succession au trône était incertaine ou quand le dirigeant agissait de façon contraire aux intérêts britanniques.

Mais les Anglais ont su se garantir des acquisitions bien plus significatives par des moyens militaires. A la fin des années 1700, ils ont été entraînés dans un conflit sur trois fronts, quand le nizam d'Hyderabad a sollicité l'aide britannique contre ses rivaux : les Maratha, et le sahib Tipu, sultan de Mysore. En 1799, les Anglais ont marché sur Seringapatam, la capitale de Tipu, et ont vaincu ses troupes. Tipu a été tué en défendant la ville. Les Britanniques ont annexé une grande partie du Mysore et en ont contrôlé le reste par l'intermédiaire d'un nouveau sultan qu'ils ont nommé. Après une série de batailles (1775-1782, 1803-1805, 1817-1818) contre les Maratha, les terres de ces derniers passèrent également sous contrôle anglais.

En 1773, le Parlement britannique a voté l'Acte de Régulation, le premier d'une série d'actes qui ont donné un contrôle plus grand aux gouverneurs britanniques sur la Compagnie britannique des Indes de l'Est. Selon l'Acte de Régulation, la Compagnie était toujours autorisée à traiter toutes les questions de commerce et à disposer de ses propres troupes, mais désormais son activité était surveillée par le Parlement.

Les Anglais ont continué à apporter des changements majeurs dans l'administration de leur royaume. Les trois présidences (districts administratifs) - Bengale, Bombay et Madras - ont adopté des critères différents pour l'évaluation du montant des impôts fonciers. Au Bengale, la noblesse terrienne locale a accepté de s'acquitter d'un montant fixe d'imposition en échange de sa possession de grands domaines ; conformément à cette entente, les Anglais renonçaient à partager les bénéfices provenant d'une amélioration éventuelle de la productivité agricole. En revanche, à Madras et à Bombay, les cultivateurs payaient des impôts annuels directement au gouvernement.

Cependant le développement de l'industrie textile en Grande-Bretagne allait entraîner une transformation de l'économie indienne : l'Inde fut contrainte de produire du coton brut pour l'exportation et d'acheter des biens manufacturés - y compris les vêtements - provenant d'Angleterre. Ainsi les industries productrices de textile en Inde furent-elles ruinées.

Au même moment, les attitudes britanniques envers la culture indienne ont commencé à changer. Jusqu'à 1800, les commerçants de la Compagnie des Indes de l'Est se sont adaptés au pays, portant la robe indienne, apprenant le sanscrit et prenant parfois des maîtresses indiennes. Avec le renforcement de l'autorité britannique et l'apparition d'un mouvement d'évangélisation influent, les coutumes de l'Inde furent bousculées. Les missionnaires, qui avaient été tenus à l'écart par la Compagnie de crainte qu'ils ne froissent les Indiens et ne perturbent ainsi le commerce, firent dès lors leur retour sur le devant de la scène. Des lois furent votées pour supprimer les coutumes indiennes telles que le suttee (immolation d'une veuve sur le bûcher funéraire de son mari). En 1835 l'anglais fut imposé comme langue du gouvernement.

Par ailleurs cette période particulière a été marquée également par des améliorations et des réformes diverses : construction de chemins de fer, ponts, routes et systèmes d'irrigation ; établissement du télégraphe et des services postaux, restrictions du commerce d'esclaves et autres pratiques archaïques. Ces innovations et réformes, cependant, ont soulevé peu d'enthousiasme parmi les Indiens, dont beaucoup considéraient la modernisation de leur pays avec crainte et méfiance.

La mutinerie et la révolte de 1857. L'annexion du territoire indien et la rigoureuse taxation des terres ont contribué à une révolte contre l'autorité britannique. Cette révolte a pris naissance en 1857, parmi les Indiens au service de la Compagnie britannique des Indes de l'Est de Meerut, une ville au nord-est de Delhi. La révolte éclata quand certains cipayes (sipahi) refusèrent d'utiliser le nouveau fusil Lee-Enfield. Pour charger les fusils, les soldats devaient arracher avec les dents l'extrémité des cartouches graissées. Les rumeurs selon lesquelles les cartouches étaient graissées avec de la graisse de vache et de porc effrayèrent et révoltèrent à la fois les hindous, pour qui les vaches sont sacrées, et les musulmans, pour qui les porcs sont interdits à la consommation.

Après la prise de Meerut, les mutins ont marché sur Delhi et ont persuadé le souverain de l'Inde, l'empereur moghol Bahadur Shah II, de reprendre le pouvoir. La révolte se répandit rapidement, les dirigeants locaux jouant un rôle actif dans l'expulsion ou le meurtre des Anglais, ainsi que dans le siège de leurs garnisons, notamment à Lucknow. La révolte s'étendit à travers l'Oudh (l'actuel Uttar Pradesh) et le nord du Madhya Pradesh. Mais les Anglais réussirent à l'écraser, en particulier grâce au concours de soldats sikhs recrutés dans le Pendjab. En 1876, pressée par le Premier ministre britannique, Benjamin Disraeli, la reine Victoria prit le titre d'impératrice des Indes.

L'adoption de l'administration directe a été suivie d'une réorganisation du système administratif. Un secrétaire d'Etat, aidé par un conseil, commence à contrôler les affaires indiennes de Londres. Un vice-roi (un gouverneur qui agissait au nom de la couronne britannique), met en oeuvre la politique de Londres depuis Calcutta. Un conseil législatif et exécutif fournit conseil et assistance. Des gouverneurs provinciaux composent le niveau suivant d'autorité et, encore, au-dessous d'eux, se trouvent les fonctionnaires de districts. L'armée aussi a été réorganisée.

Avec l'imposition de l'administration directe, l'économie de l'Inde est devenue plus étroitement liée qu'auparavant à celle de la Grande-Bretagne. L'ouverture du canal de Suez en 1869 a réduit la durée de navigation entre la Grande-Bretagne et l'Inde. D'environ trois mois, elle est passée à seulement trois semaines, permettant à Londres d'exercer un contrôle serré sur tous les aspects du commerce indien. Les chemins de fer, routes et communications ont été développés de façon à permettre le transport des matières premières, particulièrement du coton, vers les ports pour leur expédition en l'Angleterre, et des produits manufacturés provenant d'Angleterre pour la vente sur un marché indien en expansion. Des plans de développement, tels que les projets d'irrigation massive dans le Pendjab, ont été également initiés dans le but d'enrichir l'Angleterre. Les entrepreneurs indiens n'ont pas été encouragés, parallèlement, à développer leurs propres industries.

Bien qu'une certaine industrialisation ait eu lieu pendant cette période, ses bénéfices n'ont donc pas rejailli sur la majorité de la population indienne. Pendant les années 1850, des industries mécanisées de jute ont été développées au Bengale, essentiellement par des sociétés britanniques. Bien que ces industries aient connu un rapide essor, de 1880 à 1914, et même si une industrie sidérurgique indienne a fait son apparition au début du XXe siècle, l'Inde est restée principalement une économie agraire. Avant 1914, l'industrie représentait moins de 5 % du revenu national, et moins de 1 % de la main-d'oeuvre de l'Inde était employé dans les usines. Le pays a connu à cette époque une succession de graves famines, malgré l'amélioration générale de la production agricole, l'expansion des chemins de fer et le développement des procédures administratives conçues pour atténuer l'impact de telles crises. Avec seulement de petites avancées dans le domaine de la santé publique, les taux de mortalité sont restés élevés et l'espérance de vie faible.

L'autorité britannique directe décrétée en 1858 faisait des Indiens des sujets britanniques et leur promettait en principe la possibilité de participer à leur propre gouvernement. La représentation des Indiens dans les institutions locales ou provinciales s'est progressivement développée sous l'autorité britannique, mais sans aller jamais jusqu'à un contrôle complet. Les postes les plus élevés de la fonction publique avaient été théoriquement ouverts aux Indiens en 1833 et la proclamation de la reine Victoria en 1858 confirmait de nouveau ce point. Néanmoins, les candidats à la fonction devaient, pour pouvoir y prétendre, aller en Angleterre pour y passer des examens qui traitaient de sujets européens classiques. Ceux, peu nombreux, qui réussissaient à surmonter ces obstacles et à rejoindre le service public étaient confrontés à une discrimination qui empêchait leur avancement.

Le mouvement pour l'Indépendance. La révolte des cipayes a eu pour effet d'augmenter la prise de conscience politique des populations indiennes concernant les abus de l'autorité britannique. Cette prise de conscience a trouvé sa voix la plus forte au sein d'une intelligentsia ayant reçu une éducation anglaise et qui s'est développée dans les principales villes de l'Inde pendant les trois dernières décennies du XIXe siècle. Ces hommes étaient des journalistes, des avocats et des enseignants provenant de l'élite du pays. La plupart avait fréquenté les universités fondées en 1857 par les Anglais à Bombay, à Calcutta et à Madras. L'étude des théoriciens politiques de la démocratie occidentale et du capitalisme, tel que John Stuart Mill, a convaincu nombre d'entre eux qu'ils étaient dépourvus des pleins droits et responsabilités de la citoyenneté britannique.

Les guerres mondiales et l'apparition de Mahatma Gandhi. L'Inde a fourni un appui majeur à l'effort de guerre britannique. Environ 750 000 soldats indiens ont servi en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique ; plus de 36 000 furent tués. L'Inde a fourni du blé et d'autres marchandises aux forces britanniques à l'est de Suez ; et la perte du commerce avec l'Allemagne et les autres grandes puissances ainsi qu'une taxation croissante ont fait que la guerre a eu un coût économique très considérable.

La résistance politique envers l'autorité britannique s'est poursuivie, à un niveau plus modéré cependant. Un petit mouvement révolutionnaire sikh est apparu brièvement au Pendjab.

En 1915, peu de temps après le début de la guerre, l'avocat indien Mohandas Gandhi est revenu en Inde, de retour d'Afrique du Sud où il avait organisé et dirigé un corps d'ambulance indien quand la guerre avait éclaté. Après une rencontre avec le vice-roi et les leaders du Congrès, Gandhi a scellé en 1916 un pacte avec Muhammad Ali Jinnah, leader de la Ligue musulmane, pour une action conjointe Ligue musulmane - parti du Congrès. Gandhi s'est aussi impliqué dans un certain nombre de campagnes de résistance non violente, dans lesquelles il a appliqué les techniques pacifistes qu'il avait développées en Afrique du Sud. L'une de ces protestations a coïncidé avec une fête hindoue à Amritsar. Le 13 avril 1919, pour sa célébration, et malgré une interdiction de dernière minute des réunions publiques, des milliers de pèlerins désarmés et de protestataires se sont réunis sur une place publique. Sans sommation, les troupes britanniques ont ouvert le feu sur la foule paisible, tuant près de 400 personnes. Le succès des protestations contre les Actes de Rowlatt et l'incident d'Amritsar ont provoqué la sympathie du public envers le mouvement nationaliste et lui ont conféré un nouveau prestige.

En 1920, Gandhi a entamé une campagne organisée de non-coopération. Beaucoup d'Indiens ont rendu leurs distinctions honorifiques britanniques, retiré leurs enfants des écoles anglaises, démissionné des services gouvernementaux et commencé un nouveau boycott des marchandises britanniques. Gandhi, la même année, a réorganisé le Congrès, le transformant d'un rassemblement annuel de leaders autoproclamés aux troupes clairsemées en un mouvement massif, avec l'institution d'une cotisation pour ses membres, en même temps que de dispositions permettant à l'Indien même le plus pauvre d'y adhérer. Gandhi a mis fin au mouvement de non-coopération en 1922, après la mort de 22 policiers indiens brûlés vifs. Une accalmie de l'activité nationaliste s'en est suivie.

Gandhi a été emprisonné peu de temps après la fin du mouvement et est resté en prison jusqu'en 1924. En 1928, un comité britannique a commencé à étudier les prochaines étapes d'une réforme démocratique, suscitant une reprise du mouvement du Congrès. Dans sa session annuelle de 1929, le Congrès publiait une demande " d'indépendance complète ".

Gandhi a alors mené un autre mouvement encore plus massif de désobéissance civile, dont l'apogée a été constituée par " le sel satyagraha ", en 1930, un mouvement où des volontaires ont enfreint la loi en extrayant du sel de l'océan pour protester contre l'impôt s'y rapportant. Des dizaines de milliers d'entre eux furent envoyés en prison. Le gouvernement britannique finit par céder et Gandhi partit pour Londres en tant que représentant unique du Congrès, afin de négocier de nouvelles étapes de réforme.

En 1935, après ces négociations, le Parlement britannique approuva la législation connue sous le nom d'Acte de Gouvernement de l'Inde de 1935. La législation prévoyait l'établissement de corps législatifs autonomes dans les provinces de l'Inde britannique, la création d'une forme fédérale de gouvernement central incorporant les provinces et les États princiers, et la protection des minorités musulmanes. L'acte prévoyait une instance législative nationale bicamérale et une instance exécutive sous contrôle du gouvernement britannique. La fédération ne vit jamais le jour, mais l'autonomie législative provinciale est entrée en vigueur le 1er avril 1937, après des élections concernant l'ensemble du pays où le Congrès a remporté la victoire dans la plus grande partie de l'Inde, sauf dans les secteurs où les musulmans étaient majoritaires. Les gouvernements issus du Congrès, aux pouvoirs non négligeables, sont entrés en fonction dans un certain nombre de provinces. Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, en 1939, les Britanniques ont déclaré la guerre au nom de l'Inde sans consulter les leaders indiens, et les ministres provinciaux du Congrès ont démissionné en signe de protestation. Après des négociations prolongées avec les Anglais, qui cherchaient une façon d'accorder l'indépendance quelque temps après la fin de la guerre, Gandhi, en 1942, a initié le mouvement " Quittez l'Inde ", pressant les Anglais de se retirer ou d'avoir à faire face à une désobéissance civile touchant l'ensemble du pays. Avec d'autres leaders du Congrès, il a été emprisonné en août de cette même année, ce qui a suscité de violentes manifestations dans le pays. Gandhi ne sera libéré qu'en 1944.

La Ligue musulmane a soutenu la Grande-Bretagne dans l'effort de guerre. Elle était convaincue que si le parti du Congrès devait hériter de l'autorité britannique, les musulmans seraient injustement traités. Jinnah a fait vigoureusement campagne contre le Congrès durant la guerre et a su élargir l'audience de la Ligue musulmane. En 1940, la Ligue a voté la Résolution du Pakistan, qui demandait la création, à l'indépendance, d'États séparés dans les zones de l'Inde à dominante musulmane (au nord-ouest, au Pendjab, et à l'est, au Bengale).

L’indépendance indienne

Alors que l'indépendance approchait et que hindous et musulmans continuaient à se battre, Gandhi mit de nouveau en pratique son principe de la non-violence. Il alla de son propre chef dans un secteur du Bengale à majorité musulmane, se livrant lui-même en otage pour la sécurité des musulmans vivant parmi les hindous du Bengale occidental.

L'armée britannique étant incapable de régler une menace de violence grandissante, le nouveau vice-roi, Louis Mountbatten, décida d'avancer la date du transfert de pouvoir, laissant quelques mois aux parties pour convenir d'une formule concernant l'indépendance. Finalement, en juin 1947, contre les voeux de Gandhi, les leaders du Congrès et de la Ligue des musulmans se mirent d'accord sur une division du pays selon des critères religieux, avec des secteurs principalement destinés aux hindous en Inde et des secteurs destinés aux musulmans au Pakistan. Ils se mirent également d'accord sur une division des provinces à majorité musulmane au Pendjab et au Bengale. Des millions de réfugiés hindous, musulmans et sikhs traversèrent les frontières nouvellement dessinées. Au Pendjab, commença une période de carnage épouvantable qui réduisit la communauté sikh de moitié. Au Bengale, où Gandhi était devenu ce que lord Mountbatten appela " une force de frontière à lui tout seul ", la violence resta insignifiante en comparaison. Le jour de l'Indépendance de l'Inde, le 15 août 1947, Gandhi était à Calcutta plutôt qu'à Delhi, pleurant la division du pays plutôt que célébrant sa souveraineté pour laquelle il s'était battu.

L’Inde après l’indépendance

Conformément aux dispositions de l'Acte d'Indépendance indien, l'Inde et le Pakistan ont été déclarés comme dominions indépendants du Commonwealth britannique des Nations, avec le droit de s'en retirer ou d'y rester. Lors de l'Indépendance, l'Inde a reçu la plupart des 562 États princiers, ainsi que la majorité des provinces britanniques et certaines parties des trois provinces restantes. Le Pakistan a reçu le reste : une aile ouest, avec les frontières approximatives du Pakistan moderne, et une aile est, avec les frontières du Bangladesh actuel. Avant l'indépendance, Mountbatten avait fait comprendre aux princes indiens qu'ils auraient à choisir entre se joindre à l'Inde ou au Pakistan lors de la partition.

Après l'indépendance, la France et le Portugal possédaient encore des territoires sur la côte indienne. Les territoires français, dont le plus grand était Pondichéry, couvraient environ 500 km2 ; ils ont été cédés à l'Inde en 1956. La principale possession du Portugal en Inde était Goa, un territoire sur la côte occidentale. Goa couvrait environ 3 400 km2 pour une population de 600 000 personnes en 1959. Le Portugal a refusé de céder ses territoires et, en décembre 1961, l'armée indienne les a occupés.

Au début des années 1970, le Portugal a finalement accepté l'autorité de l'Inde ; Goa est devenu un État indien en 1987 et Pondichéry un Territoire de l'Union en 1962.

L'Inde sous Nehru. La Constitution de l'Inde est entrée en vigueur le 26 janvier 1950, une date célébrée annuellement en tant que Jour de la République. La Constitution prévoyait une Union fédérale d'États et un système parlementaire, et elle incluait une liste de " droits fondamentaux " garantissant la liberté de presse et d'association.

Sous la direction de Nehru, le gouvernement a essayé de développer l'Inde rapidement en s'engageant dans une réforme agraire et une industrialisation rapide. La réforme agraire, qui visait à l'abolition des gigantesques domaines fonciers, rencontra une grande adhésion populaire, mais les efforts pour redistribuer la terre en posant des limites à la propriété foncière échouèrent. Les tentatives d'introduction d'une agriculture coopérative à grande échelle ont été contrecarrées par des élites rurales de propriétaires fonciers qui - en tant que partisans du Congrès - détenaient un poids politique considérable. La production agricole s'est développée jusqu'au début des années 1960, des terres complémentaires étant mises en culture et des projets d'irrigation commençant à porter leurs fruits. La création d'universités agricoles, inspirées de modèles américains (land-grant colleges), a aussi aidé. Ces universités ont travaillé avec des variétés de blé et de riz à haut rendement, initialement développées au Mexique et aux Philippines. Cependant au même moment une série de mauvaises moussons a conduit l'Inde au bord de la famine, évitée de justesse grâce à l'aide alimentaire des États-Unis.

La commission de planification du gouvernement central a inauguré, en 1952, une série de plans quinquennaux qui ont mis l'accent sur la création d'industries de base, telles que l'acier, les machines-outils ou la machinerie électrique lourde, plutôt que sur les automobiles et autres biens de consommation. Les nouveaux investissements dans ces industries, ainsi que ceux affectés aux infrastructures, particulièrement pour le train et les communications, étaient réservés au secteur public. La plupart des autres activités économiques appartenaient au secteur privé, mais les entrepreneurs étaient soumis à un ensemble complexe de licences, de règlements et de contrôles. Ceux-ci étaient conçus pour assurer une distribution juste des ressources rares et protéger les droits des ouvriers mais, en pratique, ils ont plutôt gêné l'investissement et la bonne gestion. Reste que des progrès substantiels ont été faits sur le chemin de l'indépendance industrielle et de la croissance pendant les années 1950 et le début des années 1960.

Le problème épineux du choix pour le pays d'une langue nationale subsistait. La Constitution avait spécifié que le hindi, parlé dans beaucoup de dialectes par 40 % d'Indiens, deviendrait la langue officielle en 1965, après une transition pendant laquelle l'anglais, parlé par l'élite instruite du pays, continuerait à être utilisé. Les gens ne parlant pas le hindi, particulièrement dans l'État indien du sud de Madras (rebaptisé plus tard Tamil Nadu), se mobilisèrent contre les efforts du gouvernement central pour imposer le hindi. Pour apaiser la querelle, le gouvernement permit aux États qui le souhaitaient de continuer à utiliser l'anglais.

Durant ses premières années en tant que république, l'Inde fut de plus en plus présente dans les affaires internationales, particulièrement dans les débats et les activités de l'ONU. Nehru était devenu célèbre dans le monde en tant que porte-parole principal du non-alignement, cette idée selon laquelle les autres pays devraient refuser de prendre part à la lutte idéologique et politique croissante que se livraient l'URSS et les États-Unis sous le nom de Guerre froide. La détermination de l'Inde à éviter son implication dans la politique de l'une ou l'autre de ces puissances était devenue de plus en plus apparente avec la guerre de Corée (1950-1953). Bien que le gouvernement indien ait approuvé la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU invoquant des sanctions militaires contre la Corée du Nord, aucune troupe indienne n'a été impliquée dans ce conflit, et Nehru adressa à plusieurs reprises aux États-Unis et à l'Union soviétique des notes sur la situation, afin d'essayer de rétablir la paix en Corée. Dans ses tentatives initiales de médiation, le gouvernement indien avait suggéré que l'admission de la Chine à l'ONU était une condition préalable à une solution de la crise coréenne. Même après que la Chine était intervenue dans la guerre coréenne - et malgré les différends de l'Inde avec la Chine concernant le Tibet, que la Chine avait envahi en 1950 - l'Inde a continué à défendre cette idée, cependant rejetée par une majorité du Conseil de sécurité de l'ONU.

Nehru était incapable de résoudre les problèmes relatifs à l'hostilité envers le Pakistan, une hostilité enracinée dans l'opposition des nationalistes indiens à la création du Pakistan et dans le carnage épouvantable qui accompagna la division des deux pays au moment de l'indépendance. La division du Cachemire le long de la ligne de cessez-le-feu, en 1949, a installé une situation dans laquelle chaque pays revendiquait le territoire important détenu par l'autre. Les efforts diplomatiques de l'ONU et aux réunions bilatérales entre Nehru et Liaquat Ali Khan, Premier ministre du Pakistan, se sont révélés infructueux.

Bien que l'Inde ait donné son assentiment à un plébiscite dans la région, elle demandait que ce plébiscite dépende du retrait des forces pakistanaises du Cachemire, tout en faisant valoir que le vote du Cachemire en 1956 en faveur de son intégration entière dans l'Inde rendait un plébiscite inutile. Le Pakistan, lui, soulignait la nécessité d'un retrait mutuel des forces. À la fin des années 1950, l'Inde a commencé à entrer en conflit avec la Chine à propos de la possession d'une terre, en grande partie inhabitée, le long de la frontière nord-est de l'Inde, dans l'Arunachal Pradesh et dans les régions de collines du nord-est du Jammu et du Cachemire. Jusque-là les relations de l'Inde avec la Chine avaient été généralement bonnes et Nehru pensait que ce conflit territorial pourrait être résolu par des négociations amicales. La difficulté de dresser la carte du secteur de façon précise et les conflits relatifs aux intérêts de sécurité des deux pays se sont avérés être des problèmes plus épineux que Nehru ne l'avait prévu. Vers 1959, la discussion commença à s'envenimer, et la pression populaire pour ne pas céder le territoire à la Chine grandissant, le gouvernement de Nehru envoya des patrouilles militaires sur le territoire concerné. La réponse de la Chine fut d'attaquer les deux secteurs contestés, en octobre 1962, mettant rapidement en déroute une armée indienne mal préparée. En désespoir de cause, l'Inde a recherché l'aide occidentale diplomatique et militaire, particulièrement celle des États-Unis, que l'administration du président John F. Kennedy lui a consenti de bonne grâce. Le combat s'acheva quand la Chine annonça unilatéralement un cessez-le-feu, fin novembre, tout en continuant à occuper certains des territoires envahis. Cette crise a précipité une révision drastique du potentiel de défense indien, avec notamment l'acquisition massive d'armes et la modernisation de ses forces armées. Le ministre de la Défense nationale, V. K. Krishna Menon, un neutraliste influent, fut évincé du gouvernement fin octobre. Ce qui eut pour effet d'alarmer le Pakistan à son tour, conscient que sa petite taille et sa faible capacité économique, comparées à celle de l'Inde, le condamneraient à une position permanente d'infériorité sur le sous-continent.

Nehru est mort en mai 1964. Son successeur, Lal Bahadur Shastri, apparaissait comme faible tant à l'intérieur du pays qu'à l'étranger. L'agitation du Cachemire, combinée à la croyance du Pakistan en une Inde affaiblie, se solda par une guerre courte entre les deux pays en septembre 1965. L'Union soviétique négocia un cessez-le-feu et, juste quelques heures après sa signature en janvier 1966, Shastri décédait à Tashkent, en Ouzbékistan.

L'ère Indira Gandhi. La mort du Premier ministre Shastri coïncidait avec l'entrée de l'Inde dans une période de crise économique sévère, due à de mauvaises moussons successives et à l'échec de la stratégie d'industrialisation indépendante pour la production des ressources nécessaires à l'investissement. Le successeur de Shastri fut la fille de Nehru, Indira Priyadarshini Gandhi. Gandhi, qui était un leader du Congrès et un membre élu du Parlement depuis 1955, avait été choisie par un groupe de conservateurs de la vieille garde du Congrès connu comme " le syndicat ". Celui-ci la considérait comme un docile personnage de paille, mais aussi comme un authentique leader national nécessaire pour maintenir le Congrès au pouvoir lors des élections de 1967. Au cours de ces élections, le Congrès a subi de sérieux revers, essuyant une défaite retentissante dans un certain nombre d'États, et devenant minoritaire en sièges dans la chambre basse du Parlement ; plusieurs membres du " syndicat ", notamment, ont perdu leurs sièges. Dans cette atmosphère d'instabilité politique et de crise économique, Indira Gandhi a pris l'initiative hardie de nationaliser les plus grandes banques du pays et de supprimer le versement de rentes personnelles aux princes indiens, versement qui était une des clauses de l'accord qui avait permis leur entrée pacifique au sein de l'Union indienne. Aux élections de 1971, faisant campagne pour un programme d'abolition de la pauvreté, Indira Gandhi mena le Congrès vers une victoire décisive. Le succès de la révolution verte, un effort pour diversifier et augmenter le rendement des récoltes, a permis à l'Inde de devenir autosuffisante dans la production de grains d'alimentation et a rendu la victoire éclatante du Congrès d'Indira Gandhi, en 1972, presque inévitable.

Gandhi a essayé de consolider cet avantage politique en réorganisant le parti de façon à ce que les leaders nationaux doivent leur fidélité tout d'abord à elle et au parti national. Elle a également tenté d'impulser de nouvelles mesures radicales dans la sphère économique, nationalisant le commerce de gros dans le blé en 1973. La crise pétrolière mondiale de 1973 et une série de médiocres récoltes provoquèrent une forte inflation. Gandhi commença à perdre de son audience après plusieurs mesures impopulaires, telles que l'annulation de la nationalisation du commerce du blé en gros et le premier essai atomique indien, en 1974. Au printemps 1975, des mesures économiques drastiques avaient ramené l'économie sous contrôle. Cependant, Gandhi a été reconnue coupable de corruption lors de l'élection de 1971. Bien qu'elle ait affirmé son innocence, l'opposition est allée grandissant, regroupant des politiciens de l'élite aspirant au pouvoir et un mouvement d'opposition populaire ayant émergé l'année précédente. La réponse de Gandhi à cette pression montante a été de déclarer l'état d'urgence nationale en juin 1975. Les politiciens de l'opposition ont été emprisonnés, la presse censurée et des mesures disciplinaires fortes ont été prises contre une bureaucratie devenue relâchée et corrompue. Dans un premier temps, le pays a réagi plutôt bien à l'état d'urgence : les émeutes opposant hindous et musulmans, qui avaient éclaté à la fin des années 1960 et au début des années 1970, ont pratiquement cessé, les prix se sont stabilisés et le gouvernement semblait travailler avec honnêteté et énergie. Cependant, par la suite, la rigueur des mesures jointe au retour de la corruption du gouvernement a suscité le ressentiment du public indien et son opposition ouverte aux leaders du Congrès et à la bureaucratie. En automne 1976, Gandhi projetait de faire passer des amendements à la Constitution qui auraient enfreint beaucoup des dispositions de l'état d'urgence. Au même moment, son plus jeune fils, Sanjay, était associé à une campagne coercitive de planning familial très impopulaire.

En juin 1984, Indira Gandhi ordonnait à l'armée de prendre d'assaut le principal lieu saint de la religion sikh, le temple d'Or d'Amritsar, où des terroristes sikhs avaient installé leur quartier général. Environ 1 000 personnes, y compris les principaux leaders terroristes, sont mortes dans la bataille. Tous les bâtiments de ce complexe religieux, à l'exception du lieu saint central, ont été endommagés. Les sikhs du monde entier se sont sentis outragés par cette profanation. Le 31 octobre 1984, Indira Gandhi était assassinée par des policiers sikhs chargés de sa sécurité.

Le gouvernement de Rajiv Gandhi. Les élections approchant, le Congrès a rapidement choisi Rajiv Gandhi pour succéder à sa mère en tant que Premier ministre. Les jours suivant l'assassinat d'Indira Gandhi, les sikhs de Delhi et d'autres villes de l'Inde du Nord ont été tués par milliers. Rajiv Gandhi a répondu à leur agitation en consentant à étendre les frontières de l'État du Pendjab. Une autre tragédie eut lieu cette année-là : la fuite de gaz de l'usine de pesticides de Bhopal, qui a causé la mort d'au moins 3 300 personnes, et la maladie de plus de 20 000. Malgré ces troubles internes, les élections de 1984, assurées par le jeune leader Rajiv Gandhi, promettaient tant continuité que changement et suscitaient un taux de participation enthousiaste ; le Congrès remporta la plus impressionnante de ses victoires. Gandhi s'est rapidement déplacé pour négocier des traités de paix en Assam et au Pendjab, et a accéléré la libéralisation économique amorcée par sa mère. Son inexpérience politique, cependant, est vite apparue. Son hésitation sur la façon de gérer une décision de la Cour suprême, qui contrariait les musulmans orthodoxes, lui a coûté le soutien musulman et provoqué en même temps un nouvel élan du nationalisme hindou.

L'entente du Pendjab fut remise en question quand le leader modéré avec qui il avait traité fut assassiné. Gandhi envoya aussi des troupes indiennes en 1987 au Sri Lanka, pour aider à mater une rébellion de guérilleros tamils. Un accord de paix fut signé en juillet, mais les heurts violents continuèrent et les troupes indiennes restèrent impliquées dans cette guérilla. La croissance économique avait atteint des niveaux records, alimentée par un important emprunt externe ; d'autre part, le gouvernement dépensait beaucoup d'argent à moderniser ses forces armées. Un exercice militaire destiné à tester de nouvelles armes et tactiques conduisit l'Inde et le Pakistan au bord de la guerre en 1987, et un scandale impliquant l'achat d'artillerie à une société suédoise affaiblit le gouvernement de Gandhi.

Trouble dans le gouvernement indien. La corruption a été le principal problème des élections de 1989. De nouveau, le Congrès a perdu le pouvoir, cette fois face à une coalition menée par V. P. Singh, qui avait été ministre des Finances puis de la Défense sous Rajiv Gandhi, avant d'être expulsé du Congrès pour des allégations de corruption.

La coalition du Front national de Singh s'est effondrée quand L. K. Advani, leader du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP), a été arrêté pour avoir fait campagne dans le but de remplacer la mosquée Babri Masjid d'Ayodhya par un temple dédié au dieu Rama. Le BJP a alors retiré son appui au gouvernement de Singh. Le gouvernement qui l'a remplacé, mené par Chandra Shekhar, a été tenu en échec en 1991 par le Congrès, qui l'avait initialement soutenu.

Dans le même temps, les finances de l'Inde étaient mises à mal en raison de l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990 : l'emploi d'ouvriers indiens au Koweït et en Irak a brusquement cessé et ils ont dû être rapatriés chez eux à grands frais. En mai 1991, Rajiv Gandhi fut assassiné par un terroriste tamil sri lankais au cours d'un meeting de campagne électorale. L'assassinat perturba les élections de mai et un deuxième tour fut prévu pour juin. P.V. Narasimha Rao, qui avait été ministre des Affaires étrangères sous Gandhi, fut choisi pour le remplacer en tant que chef du Congrès. Rao emmena le parti à la majorité au second tour et devint le nouveau Premier ministre de l'Inde.

La libéralisation économique. À son entrée en fonction, l'Inde faisant face à une crise économique qui la menaçait de faillite, Rao a fait de la réforme économique la priorité de son programme : son gouvernement a supprimé les contrôles les plus contraignants des entreprises privées, accueilli les investissements étrangers et baissé les taux tarifaires pour encourager le commerce.

L'économie de l'Inde a réagi dans les cinq ans suivants par une croissance du produit intérieur brut, une expansion rapide du commerce et un regain d'énergie dans le secteur privé qui s'est manifesté par l'apparition de nouveaux produits, des automobiles aux céréales de petit déjeuner. Les subventions aux fermiers furent à peine coupées, la privatisation d'entreprises du secteur public fut tentée avec une grande prudence et quelques pas furent faits pour changer les lois qui rendaient la gestion du travail difficile. Les États ont commencé à rivaliser énergiquement dans la course aux investissements privés, y compris étrangers, et ont aussi procédé à un début de privatisation de leurs propres entreprises du secteur public.

Les événements des années 1990. La mise en place de cette politique a rencontré étonnamment peu de résistance. Probablement en raison d'autres problèmes qui retenaient l'attention, comme celui du nationalisme hindou. Un mouvement militant qui avait des liens avec le BJP visait à démolir la mosquée de Babri Masjid à Ayodhya afin de construire un temple hindou à la place, car le dieu Ram serait né à cet endroit. Le gouvernement de Rao a décidé d'accepter les garanties du gouvernement BJP d'Uttar Pradesh selon lesquelles le lieu saint serait protégé.

Mais, en décembre 1992, des gangs de jeunes hindous militants ont pris d'assaut la mosquée et l'ont démolie, ce qui suscita de vives protestations de la part des musulmans, des fusillades avec la police et des émeutes hindou-musulmanes, dont l'une, particulièrement épouvantable, a fait des milliers de morts à Mumbai. Le nationalisme militant hindou avait apparemment atteint son niveau le plus haut. En mars 1993, l'explosion de bombes à Mumbai endommageait sévèrement la Bourse de Bombay et tuait plusieurs centaines de personnes, mais l'attentat n'a pas suscité d'émeutes, bien qu'une majorité de l'opinion en ait attribué la responsabilité à des extrémistes musulmans. Le BJP, dont les gouvernements dans plusieurs États indiens du Nord avaient été dissous par le gouvernement central après la démolition de Babri Masjid, fit face à l'opposition unie aux élections de novembre 1993 et se retrouva mal en point. Et si le parti a récupéré ensuite de son audience, au point de devenir le plus grand parti du Parlement national après les élections de 1996, on peut en attribuer le mérite à une campagne au cours de laquelle les demandes nationalistes hindoues n'ont pas été entendues.

Au Cachemire, jusqu'au milieu des années 1990, les factions musulmanes radicales ont continué à entretenir l'agitation en faveur de la sécession, malgré l'élection d'un nouveau gouvernement mené par Farooq Abdullah, le fils de Sheikh Muhammad Abdullah. Des mouvements séparatistes violents ont également persisté en Assam et au Pendjab. Les élections indiennes de 1996 ont eu lieu pendant une période troublée. Le Congrès a perdu sa majorité, ce qui força Rao à démissionner de son poste de Premier ministre. La corruption des politiciens les plus anciens était devenue le problème politique majeur. Au milieu des allégations de corruption, Rao a conservé son siège parlementaire, mais a dû démissionner de son poste de président du parti. Il a été accusé de corruption en 1997, comme l'ont été certains de ses anciens collègues de cabinet. Les membres d'autres partis politiques - à l'exception des partis communistes - ont été également impliqués dans des scandales. Avec l'infatigable énergie investigatrice de la presse et un système juridique nouvellement stimulé, le dégoût de la plupart des Indiens envers la corruption des milieux politiques se manifestait de plus en plus clairement. Aux élections de 1996, le BJP gagnait le plus grand nombre de sièges au Parlement, mais échouait à constituer une majorité. Cependant, à l'invitation du président, le BJP a formé un gouvernement sous l'égide du Premier ministre Atal Bihari Vajpayee. Après avoir siégé treize jours au Parlement, Vajpayee a dû démissionner quand il est devenu clair qu'il ne bénéficierait pas du vote de confiance du Parlement. La coalition gauchiste Front Uni, qui avait le second plus important nombre de sièges, a alors formé un gouvernement, avec pour Premier ministre H. D. Deve Gowda, avec l'aide du Congrès et de plusieurs petits partis régionaux.

Le gouvernement de Gowda, cependant, n'est resté au pouvoir que neuf mois avant que le Congrès ne lui retire son appui, exigeant la démission de Gowda. Pour éviter de nouvelles élections, Gowda a démissionné et Inder Kumar Gujral, également de la coalition Front Uni, a assumé le poste de Premier ministre, avec l'appui du Congrès.

Cependant, le gouvernement indien est resté chancelant. L'automne 1997 a vu la démission de Gujral, quand le Congrès a de nouveau retiré son appui à la coalition, cette fois à cause de désaccords relatifs à l'enquête sur l'assassinat de Rajiv Gandhi. Aux élections de mars 1998 qui ont suivi, le BJP et ses alliés régionaux ont gagné une majorité de sièges au Parlement avec 35 % des voix. Un gouvernement de coalition est entré en fonction, mené par Atal Bihari Vajpayee du BJP, au poste de Premier ministre. En mai, le nouveau gouvernement a fait entrer l'Inde au sein des puissances atomiques en procédant aux essais de cinq engins nucléaires. Le Pakistan a répliqué par ses propres essais, réveillant les craintes d'une course régionale à l'arme nucléaire. Pour exprimer leur désapprobation, quelques gouvernements étrangers votèrent alors des sanctions contre les deux pays.

Dans les mois qui ont suivi les explosions, ces tensions se sont quelque peu relâchées quand l'Inde et le Pakistan ont proclamé des moratoires relatifs à des nouveaux essais, entamant des négociations patronnées par les États-Unis, et consentant provisoirement à signer le traité d'interdiction des essais nucléaires en septembre 1999. Certaines sanctions économiques ont été levées au vu de ces signes de progrès. Début 1999, après des mois de pourparlers, les leaders de l'Inde et du Pakistan ont signé la déclaration Lahore, qui exprimait l'engagement des deux pays à améliorer leurs relations.

Cependant, les craintes d'une course aux armements se sont ranimées en avril, quand l'Inde d'abord et le Pakistan ensuite ont testé des missiles à moyenne portée, capables de véhiculer des têtes nucléaires. Plus tard dans le mois, le gouvernement BJP perdit sa majorité au Parlement quand un membre de la coalition se retira et que de nouvelles élections furent projetées. Vajpayee démissionna du poste de Premier ministre, mais continua à oeuvrer en tant que conseiller.

L'Inde aujourd'hui

Après les attaques du 11 septembre sur les tours jumelles, l'Amérique a adopté une position forte contre le terrorisme et beaucoup d'Indiens ont pensé que, pour la première fois, l'Amérique comprenait ce que l'Inde avait vécu dans sa bataille contre le Pakistan. Petit à petit, le Pakistan a entrepris des actions contre les extrémistes, et le terrorisme a ainsi connu un répit en Inde. En novembre 2003, le cessez-le-feu est proclamé le long de la ligne de contrôle entre l'Inde et le Pakistan. C'est le début d'un long processus sur la normalisation des relations entre ces deux pays. Les relations s'améliorent également avec la Chine, notamment en ce qui concerne les différents frontaliers, favorisant la rapide expansion des échanges économiques. La Chine devient le second partenaire commercial de l'Inde.

Les années 2000 sont marquées par une embellie économique extraordinaire mais des tensions religieuses toujours plus fortes. Au point de vue économique, l'année 2003 a été parmi les meilleures pour le pays. De nombreux emplois ont été créés et toutes les industries, y compris le tourisme, ont connu une croissance extraordinaire. La saison de la mousson a été excellente et l'année 2004 en a récolté les bénéfices avec une croissance encore supérieure à celle de 2003. En mai 2004, à la surprise générale, le parti du Congrès dirigé par Sonia Gandhi a remporté les élections législatives face au BJP de Vajpayee. Suite à d'habiles manoeuvres du BJP et sous la pression des partis nationalistes, Sonia Gandhi dut renoncer au poste de Premier ministre, et suggéra au président de la République la nomination de Manmohan Singh. Il est le premier sikh à occuper cette fonction. Les derniers résultats macroéconomiques sont très encourageants. Ils montrent que la croissance de l'économie indienne est de moins en moins dépendante des aléas climatiques qui affectent son agriculture. Pour preuve, l'Inde compte près de 40 000 travailleurs expatriés en 2011, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2010. La forte croissance du pays et la crise de l'emploi en Europe et aux États-Unis conjuguées en sont les principales conséquences. Si en 2012 cette tendance venait à se poursuivre, cela confirmerait le franchissement d'un nouveau palier de croissance pour l'économie indienne. Les marges de manoeuvres au niveau budgétaire s'en trouveraient élargies, et un certain nombre de réformes cruciales pour l'avenir de l'Inde s'en verraient accélérées, notamment sur le plan de l'éducation et des infrastructures urbaines et rurales. Les sanglants attentats d'octobre 2005 (New Delhi), de mars 2006 (Varanasi) et de juillet 2006, 2008 et 2011 (Bombay), tous attribués à des groupes plus ou moins proches d'Al-Qaïda, n'ont pas encore réussi à semer la zizanie entre hindous et musulmans. Le 2 mars 2006, l'Inde et les États-Unis ont signé un accord sur la coopération nucléaire civile qui permet, entre autres, à l'Inde (qui rappelons-le n'est pas signataire du traité de non-prolifération) d'acheter de l'uranium. De ce fait l'Inde acquiert officiellement le statut de sixième puissance nucléaire mondiale.

Cependant, ces accords ont déstabilisé la coalition au pouvoir : le Parti communiste indien, anti-américain, y voit une atteinte à la souveraineté nationale. En novembre 2008, les attaques coordonnées de terroristes sur la gare principale de Mumbai, des hôpitaux de la ville et deux de ses hôtels les plus luxueux, ont fait plus de 170 victimes et des centaines de blessés. Ces attaques contre la capitale économique et financière du pays ont représenté pour l'Inde un traumatisme comparable à celui des attaques du 11 septembre aux États-Unis. Elles ont également ravivé les tensions avec le frère ennemi pakistanais. L'hebdomadaire Tehelka, édité à New Delhi, avance dans son édition du 15 janvier 2011 la thèse de l'existence d'un terrorisme hindou. Cet article, confirmé par les déclarations de Swami Aseemanand, chef religieux hindou, remet en cause une croyance populaire tenace, que seuls les musulmans pouvaient être capables d'actes terroristes, pas les hindous. Depuis, les attaques diplomatiques répétées du gouvernement indien, dénonçant le laxisme d'Islamabad face aux attentats perpétrés en Inde dans les grandes villes et notamment à Bombay, ont pris du plomb dans l'aile.

Le pays a été secoué par l'affaire du viol collectif de New Delhi : le 16 décembre 2012, une jeune kinésithérapeute de 23 ans se fait violer par 6 hommes dans un bus. L'évènement est fortement médiatisé et le décès de la victime quelques jours plus tard, ainsi que la violence inouïe du drame, entraînent une vague d'indignation générale dans tout le pays, ainsi que dans le monde entier. Cette affaire lance un débat sans précédent sur la condition féminine en Inde afin que le gouvernement prenne des mesures drastiques contre les violences sexuelles, qui constituent un véritable fléau dans le pays. L'attitude récalcitrante de la police lors des dépôts de plainte est remise en cause par de nombreuses personnalités. Malheureusement le poids de la tradition, comme en attestent les déclarations de plusieurs politiciens, reste très important dans le pays et un changement des mentalités doit s'opérer en profondeur afin que la condition de la femme s'améliore vraiment en Inde.

Jusqu'au 25 juillet 2012, l'Inde était dirigée par Pratibha Patil, élue le 19 juillet 2007, première femme présidente de l'Union indienne. Ensuite, le pays a à sa tête Pranab Mukherjee. C'est un membre du Parti du Congrès (Indian National Congres, centre-gauche). Il est élu pour un mandat de cinq ans par 4 896 parlementaires issus du Parlement fédéral et d'assemblées locales dans chaque État du pays.

En mai 2014, les élections sacrent le parti nationaliste hindou, le BJP, qui devient majoritaire au Parlement pour la première fois depuis 1984. Son leader charismatique et controversé, Narendra Modi, devient alors Premier ministre du pays. À la tête du gouvernement du Gujarat depuis 2001, il prône une politique ultra-libérale et encourage les investisseurs étrangers. Le 25 juillet 2017, Ram Nath Kovind, un proche de Modi et ancien du BJP, est élu président du pays. L'année 2017 aura été marquée par différentes vagues de violence : au Cachemire, à Darjeeling ainsi que des violences intercommunautaires.

Ils ont fait l'histoire de Bombay

Shivaji. L'histoire de Shivaji Bhonsla dit Shivaji a été détourné par les nationalistes du Shiv Sena pour servir la cause antimusulmane. Ce héros marathe, né à Pune en 1630, combattit tour à tour le sultan de Bijapur, les troupes moghols d'Aurangazeb, les Portugais de Goa et fixa les fondations d'un grand empire hindou. Il se fait couronner roi en 1674. Plusieurs bâtiments emblématiques de la capitale du Maharashtra comme le musée Prince de Galles, d'infrastructures de transports importants, l'aéroport international, la gare Victoria, des places et des marchés, ont été renommés récemment du nom du roi guerrier. Shivaji meurt en 1680.

Jamsetjee Jejeebhoy. Autodidacte, marchand, grand voyageur et philanthrope, sa fortune se bâtit essentiellement autour du négoce du coton et de l'opium. Issu d'une basse caste, il développe une grande sympathie pour ses compatriotes les plus pauvres. Il consacre la seconde partie de sa vie à soulager la détresse humaine sous toutes ses formes. Il crée des hôpitaux, des écoles et des universités, notamment à Bombay, des maisons de charité, participe à la construction de gros ouvrages comme des ponts, des routes et des réservoirs d'eau. Il est aussi à l'origine du Times of India. Ordonné en 1842 par la reine Victoria Chevalier de l'ordre britannique puis Baronnet seize ans plus tard, ces distinctions furent parmi les premières décernées à un Indien. Né en 1783, il meurt en 1859.

Premchand Roychand. Courtier, conseillé, philanthrope, son influence sur Bombay à la fin du XIXe et au début du XXe siècle a été considérable même si son nom n'apparaît que trop rarement dans la ville. " La sagesse avant la richesse ", telle était sa devise et il n'en dérogera jamais tout au long de sa vie. Il fait fortune dans le coton, et grâce à sa maîtrise parfaite de l'anglais et de ses connaissances du monde des affaires, il conseille et influence un grand nombre d'industriels britanniques et indiens. Membre fondateur de la Bourse de Bombay, il l'est également de la banque de Bombay. Peu avant sa mort, il lègue une grande partie de sa richesse à l'université de la ville et finance la construction de la bibliothèque et celle de la tour de l'Horloge. Né en 1831 à Surat, il s'éteint à Bombay en 1906.

Haji Mastan. La vie de Mirza Mastan est un roman. Figure emblématique du banditisme des années 1960 et 1970, ce gangster est devenu encore plus célèbre en parachevant sa vie comme producteur de cinéma. Arrivé très jeune dans la capitale du Maharashtra, il aide son père a réparer des bicyclettes. Mais, sur le chemin qui le ramène à son slum, il rêve de devenir riche en contemplant les belles demeures de Malabar Hill. Sa carrière de gangster, il la débute sur les ports ou il apprend la contrebande. Peu après l'indépendance, une sorte de prohibition est instaurée. L'ascension de Mastan, devenu chef de la mafia de Bombay, est phénoménale. Il importe de l'alcool, des biens électroniques, de l'or. Il côtoie des politiques, fréquente les stars du Bollywood, épouse une comédienne. Il est tout de même arrêté et séjournera 18 mois en prison. Il en ressort changé, prend le préfixe musulman pieux d'Haji, devient producteur de films, se présente aux élections et ne retombera jamais dans la contrebande. L'Al Capone indien meurt en 1994 à l'âge de 68 ans d'une crise cardiaque.

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