Guide de DELHI : Religion

L'hindouisme prédomine sur le territoire national (80 % environ) comme dans la capitale (82 %). Néanmoins, les invasions musulmanes, la colonisation occidentale ainsi que de grands courants mystiques - à l'intérieur de l'hindouisme ou dérivés de l'hindouisme (bouddhisme, jaïnisme, sikhisme) - font aujourd'hui de Delhi une ville cosmopolite. Les grands maîtres spirituels de l'Inde moderne ont en effet toujours insisté sur la tolérance nécessaire à la découverte de la Vérité ultime. Ainsi, à Delhi, les communautés majoritaires, hindoues et musulmanes, se côtoient sans trop de heurt. Toutes deux cohabitent sans encombre avec les sikhs, troisième groupe religieux de la capitale.

Hindouisme
Autel de temple hindou à Sannihit Sarovar.
Autel de temple hindou à Sannihit Sarovar.

Pour les hindous, le but de notre passage sur terre est de " réaliser la divinité de l'âme "... Une telle visée mystique laisse entrevoir une grande diversité d'enseignements et de doctrines. Cette tolérance étonne souvent les visiteurs occidentaux habitués aux religions dont les dogmes sont définitifs, tel le christianisme ou l'islam. Beaucoup sont donc fascinés par la spiritualité de l'Inde ; d'autres déplorent l'aspect ritualiste de la religion.

Principes fondateurs

Polythéiste ou hénothéiste ? La nuance entre ces deux termes réside dans son approche à Dieu. Dans le polythéisme, le pouvoir divin est divisé entre plusieurs divinités. Si l'hindouisme admet l'existence de 33 millions de dieux, il n'y a pas de partage des compétences divines. Tous ne sont que la représentation d'une seule et même puissance éternelle et unique : Dieu. Le créateur divin est généralement nommé Brahman par les hindous même s'il relève davantage d'un concept et ne se matérialise pas dans une forme propre.

La dévotion (bhakti). L'hindouisme est peut-être la seule confession religieuse dont les principes théoriques et les pratiques sont si variés : il n'y a pas de philosophie unique. Cette religion ne peut pas être imputée à un fondateur spécifique, elle n'a pas non plus un Livre saint servant de guide scriptural de base. Rig Veda, Upanishad et Bhagwad Gita peuvent tous être décrits comme textes sacrés des hindous.

Pour les hindous, le chemin religieux le plus important est la dévotion (bhakti) envers la puissance divine dont on peut choisir parmi une large variété de ses représentations. Et bien que l'adhésion sectaire à plusieurs déités soit répandue, le choix d'un seul dieu (ishta devata) susceptible de susciter la dévotion est largement accepté. La plupart des fidèles sont donc en ce sens " polythéistes ", adorant tout ou partie du vaste panthéon de représentations de Dieu, certaines descendant des temps védiques. En pratique, un adorateur a donc tendance à concentrer ses prières sur un dieu, ou plusieurs d'entre eux, avec qui il a un rapport personnel étroit.

Le Veda (" vision et connaissance " en sanskrit) est une " connaissance révélée " transmise oralement de brahmane à brahmane au sein du védisme, du brahmanisme et de l'hindouisme jusqu'à nos jours. Cette connaissance, rassemblée en un ensemble de textes, aurait été révélée (par l'audition, shruti) aux sages indiens nommés rishi. Les hindous pensent que le Veda est éternel et singulier. Les premiers textes de la tradition védique s'écrivent entre 1800 et 1500 av. J.-C. et sont réunis en collections nommées Samhita.

Les Upanishad (commentaires des Veda, datant de 800 et 200 av. J.-C.) contiennent des spéculations sur le sens de la vie, qui ont énormément influencé les traditions religieuses indiennes.

Le concept le plus important, au coeur des religions d'origine indienne, est celui d'âtman (âme humaine). Il implique la notion de transmigration ou réincarnation après la mort. Le vrai but de l'âtman est la libération - ou sortie (moksha) du monde limité de l'expérience - et la réalisation de son unité avec Dieu ou le cosmos. Pour réaliser sa libération, l'individu doit pratiquer le yoga, adapté à ses capacités et à sa situation dans l'existence, et suivre sa ligne de conduite.

Le karma. Ce mot d'origine sanskrit signifie " action ". La tradition religieuse en Inde considère le karma (principe de la juste rétribution des actions passées) comme la source du problème de la transmigration. Les bonnes actions d'une vie peuvent conduire à une renaissance heureuse, et les mauvaises à une existence inférieure. C'est le karma qui détermine le degré de réincarnation. Les conséquences des actes passés finissent inexorablement par ressurgir. On récolte ce que l'on sème, telle est la loi de l'Univers.

Le tantrisme est la croyance au tantra (terme sanscrit signifiant " contexte ou continuum "), un ensemble de textes qui soulignent l'utilité de rituels, pratiqués avec une discipline stricte, comme moyen d'atteindre la compréhension et l'éveil spirituel.

Le gourou ou enseignant est un aspect important de toute discipline religieuse. La religion indienne peut accepter le caractère sacré de textes et de rituels spécifiques, mais en confie l'interprétation à un praticien qui a une expérience personnelle de libération et peut transmettre des techniques efficaces à ses disciples.

Depuis les temps védiques, il n'a jamais été possible, et rarement désiré, de rassembler toutes les branches d'une croyance sous une seule et même autorité. Au lieu de cela, il y a eu une tendance à accepter l'innovation et la diversité religieuses comme le résultat naturel de l'expérience personnelle de générations successives de gourous, qui ont adapté leurs messages aux contextes géographiques, historiques et sociaux qui étaient les leurs, et qui ont ensuite transmis leurs connaissances à des générations de disciples.

En conséquence, la religion indienne est une masse de traditions anciennes et modernes, certaines toujours préservées, d'autres changeant constamment. L'individu est relativement libre de choisir les croyances et comportements religieux qui lui semblent les plus efficaces sur la voie de la délivrance.

La trinité hindoue (trimurti)

Le cycle du temps : création, protection, destruction. Les Hindous envisagent le temps comme un cycle, un éternel recommencement où il n'y a ni début ni fin et où la destruction fait partie du cycle naturel de la vie. Tout ce qui existe résulte donc d'une seule et même puissance suprême : le Brahman, éternel, incréé et infini.

La trimurti (qui signifie " trois formes ") est dominée par trois dieux : Bhrama, Vishnu et Shiva. Contrairement à ce qu'on peut parfois lire, ces trois divinités ne sont pas distinctes ni indépendantes : elles représentent en fait la même force suprême, Brahman, sous trois différents aspects et symbolise le cycle du recommencement perpétuel.

Le cycle commence avec Brahma, le créateur, celui d'où jaillissent toutes choses. Quand la création se manifeste, le pouvoir de préservation est incarné par Vishnu. A la fin de chaque cycle de création intervient la destruction de Shiva également puissance de purification qui ramène toutes choses à l'origine et par qui un nouveau de cycle de création peut commencer.

Les dieux de la trimurti (ou panthéon hindou) sont représentés avec leur parèdre, une divinité associée qui est généralement leur épouse. Chacun des trois dieux se reconnaît par ses attributs et par l'animal qui lui sert de monture. Nombre de divinités que l'on voit dans les temples sont des avatars (incarnations successives) tels que Krishna par exemple.

Les trois dieux du panthéon hindou. Brahma, le créateur. Brahma est souvent représenté comme un homme barbu à quatre visages et quatre mains, assis sur un lotus (symbole d'existence glorieuse). Ses quatre visages représentent la connaissance sacrée des quatre Veda (Rig, Yajur, Sama et Atharva) et symbolisent donc le fait que Brahma est la source de toute la connaissance nécessaire à la création de l'univers. Ses quatre bras représentent les quatre directions ainsi que l'omniprésence et l'omnipotence de Brahma. Elles sont les quatre aspects de la personnalité humaine : esprit (main droite arrière), intellect (main gauche arrière), ego (main droite de devant), moi empirique ou conscience conditionnée (main gauche de devant). Il tient un chapelet dans la main droite supérieure, un livre dans la main gauche supérieure, un kamandalu (pot d'eau) dans la main gauche inférieure et accorde sa grâce de sa main droite inférieure. Le chapelet symbolise le cycle du temps par lequel le monde va de la création à la conservation, de la conservation à la dissolution, et de la dissolution à une nouvelle création. Ce dieu est peu répandu en Inde, excepté chez ceux qui cherchent la connaissance, comme les étudiants, les enseignants, les savants et les scientifiques.

Vishnu, le protecteur. Vishnu est considéré comme le dieu principal de l'hindouisme et de la mythologie indienne. Il est le conservateur de l'Univers. Vishnu est peint en bleu ou en noir et a quatre bras. Il a mille noms, et leur répétition est un acte de dévotion. Il est représenté en Narayana autrement dit couché sur le serpent-éternité Ananta et flotte sur l'océan cosmique entre deux cycles de création. Ses attributs sont la conque, la massue, le lotus et le disque.

On ne connaît pas exactement l'origine de l'adoration des conquérants aryens ou des habitants drâvidiens pour Vishnu. Dans les Veda et la littérature sacrée des Aryens, Vishnu est classé parmi les dieux mineurs. Dans une certaine littérature puranique, Vishnu est dit éternel, c'est un esprit unique associé aux eaux primitives, omniprésentes avant la création de l'Univers.

La représentation de Vishnu comme sauveur du monde est tardive. Selon une croyance, les puissances du Bien et du Mal (dieux et démons) sont en lutte pour la domination du monde. Quand l'équilibre de ces puissances est détruit, Vishnu s'incarne sous la forme d'un avatar qui descend sur Terre pour rétablir leur égalité.

Shiva, le destructeur. Shiva présente aussi un aspect de régénération. En tant que destructeur, il apparaissait comme un ascète nu accompagné par un train de démons affreux, entouré de serpents et portant un collier de crânes. Comme puissance propice et reproductrice, on l'adore sous la forme du lingam ou phallus. Shiva est peint en blanc, avec une gorge bleu foncé. Il a plusieurs bras et trois yeux. Il porte un trident et monte un taureau blanc. Contrastant avec la représentation de Vishnu, Shiva symbolise aussi la renonciation. Il apparaît alors comme un ascète pratiquant la méditation seul dans l'Himalaya, assis sur une peau de tigre, vêtu d'un simple pagne et couvert de cendre sacrée. Ce qui donne une couleur grise à sa peau. Son trident est planté en terre à côté de lui. Un serpent est enroulé autour de son cou. De ses cheveux emmêlés, noués en chignon sur le sommet du crâne, la rivière Gange coule... jusqu'à la terre. Son cou est bleu, un rappel du temps où il but le poison qui émergea alors que les dieux et les démons rivalisaient pour baratter l'océan de lait.

Souvent, Shiva apparaît comme un être antisocial, qui brûla Kama, le dieu d'amour, d'un seul regard. Mais cette image en cache une autre. Bien qu'il semble difficile à atteindre, Shiva est une déité aimante qui sauve les fidèles qui lui sont dévoués.

Son épouse est Pârvatî (Devi) avec qui il a deux deux fils : Karttikeya (ou Skanda, dieu de la guerre) et Ganesh, qui a le corps d'un homme à quatre bras et la tête d'un éléphant. Ganesh, très populaire, est le dieu de la sagesse, de l'intelligence, de l'éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. C'est le dieu qui lève les obstacles des illusions et de l'ignorance.

Les déesses hindoues. Saraswati, épouse divine de Brahma. Elle est la déesse des études et de la connaissance. Saraswati fournit à Brahma la connaissance nécessaire au processus de création.

Lakshmi, épouse de Vishnu, a un certain nombre d'incarnations bien connues, et chacune se voit adresser un culte en propre. Au moment de la grande fête de Diwali, Lakshmi est célébrée lors de feux d'artifice et les gens implorent succès et richesse pour l'année à venir.

Devi, la Divine Mère, sous ses formes variées, est la divinité la plus vénérée en Inde. Elle est considérée comme la shakti (l'énergie) de l'Absolu impersonnel et adorée seule (signe de sa toute-puissance). L'épouse de Shiva présente deux facettes principales : une personnalité bienveillante qui apporte de l'aide. Elle apparaît sous son aspect bienveillant dans beaucoup de temples dédiés à Shiva, où la déesse a son autel propre qui est en pratique le plus fréquenté par les dévots. Lors de festivités quand dieux et déesses sont menés en procession hors des lieux saints, c'est souvent la déesse la plus attendue. Parvati, la " fille des montagnes " est son avatar le plus populaire.

Son autre visage est une personnalité puissante et dangereuse qui doit être apaisée :

Durga est l'inacessible. Portant épées et boucliers sur ses huit bras, elle tue les démons quand les dieux en sont incapables. Elle monte un tigre ou un lion. Kali, la Noire, est la destructrice des illusions. Elle apparaît de façon terrifiante avec une langue sanglante lui sortant de la bouche, des guirlandes de crânes humains autour du cou, une tête coupée à la main et des armes brandies ruisselantes de sang - une image qui tente de capturer la capacité destructrice du divin, la souffrance du monde et l'ultime retour de toutes les choses à la déesse, lors de la mort.

Les divinités locales. Au bord des routes de campagne, il existe toutes sortes d'endroits sacrés (arbres, mini-temples de fortune...) ornés de fleurs, d'offrandes et de statues toutes simples. Il s'agit souvent d'autels dédiés à des déités locales qui protègent les habitants des catastrophes naturelles ou des mauvaises influences. Les fidèles donnent souvent à ces protecteurs le visage d'un guerrier ou celui d'un combattant " martyr " du village. Si certaines divinités locales ont leur propre lieu de culte, certaines sont rattachées au temple d'un autre grand dieu (Vishnu, Shiva...). Au niveau local, ces divinités attirent une forme expressive et extatique d'adoration et attendent des sacrifices d'animaux (chèvres, poulets). En Inde du nord-ouest, la déesse Vaishno Devi qui combine les éléments de Lakshmi et de Durga, est une manifestation extrêmement bienveillante de la vierge éternelle et confère le bien-être matériel à ses adorateurs. Au nord du Rajasthan, Baba Ramdev est le grand défenseur des opprimés. On invoque aussi Tejaji pour la guérison des morsures de serpent et Shitala Mata contre la variole.

Rituels

Le monde rituel de l'hindouisme, dont les manifestations diffèrent énormément selon les régions, les villages et les individus, offre cependant un certain nombre de traits communs qui relient tous les hindous entre eux (et aussi bien sûr, dans une certaine mesure, d'autres religions).

Pureté et impureté. Le dispositif le plus remarquable est la division entre les notions de pur et d'impur.

A toute pratique religieuse est liée l'idée qu'un certain degré d'impureté ou de souillure est à surmonter ou à neutraliser avant ou pendant les procédures rituelles.

La purification, d'habitude avec de l'eau, est ainsi un fait typique de l'action la plus religieuse. Eviter les impuretés - ôter la vie à un animal, manger de la chair, s'associer à des choses mortes ou à des fluides corporels - est une autre règle du rituel hindou, importante pour échapper à la souillure. Au niveau social, on accorde aux individus ou groupes qui réussissent à éviter l'impureté un respect accru. Un autre aspect fondamental de la pratique religieuse est la croyance en l'efficacité des sacrifices. Ceux-ci impliquant souvent que les offrandes soient faites d'une façon régulée, avec la préparation d'un espace sacré, la récitation de textes et la manipulation d'objets. Un dernier point important du comportement religieux repose sur la notion de mérite, gagné par la pratique d'actes de charité ou l'accomplissement de bonnes oeuvres qui s'accumuleront au cours du temps et réduiront les souffrances dans le monde suivant.

Cycle de vie. Une série bien définie de rituels du cycle de vie (samskara, ou affinage, épuration) marque les transitions principales dans la vie de l'individu. Des familles hindoues particulièrement orthodoxes peuvent inviter des prêtres brahmanes dans leurs maisons pour pratiquer ces rituels, complétés par le feu sacré et la récitation de mantra. Cependant, la plupart d'entre eux ne se déroulent pas en présence de prêtres, et dans les nombreux groupes qui ne révèrent pas les Veda et les brahmanes, il peut y avoir d'autres officiants et des variations dans les rites.

La période de l'enfance. Des cérémonies peuvent être pratiquées pour assurer la santé de la mère et de l'enfant. A la naissance, avant que le cordon ombilical ne soit coupé, le père peut toucher les lèvres du bébé avec une cuillère en or ou un anneau trempé dans du miel, du lait caillé et du beurre clarifié. Le mot vak (discours) est murmuré trois fois à son oreille droite et des mantra sont chantés pour lui assurer une longue vie. Les rituels pour l'enfant en bas âge incluent sa première visite à l'extérieur, au temple, sa première alimentation avec une nourriture solide (généralement du riz cuisiné), la cérémonie du perçage d'oreille et la première coupe de cheveux (leur rasage, en fait) opérée souvent au temple ou pendant une fête, lorsqu'on offre les cheveux à une déité.

La cérémonie d'initiation (upanayana), événement crucial dans la vie du mâle hindou orthodoxe de caste supérieure, a lieu entre 6 et 12 ans, pour marquer la transition vers la conscience et les responsabilités religieuses adultes. Durant la cérémonie, le prêtre de famille revêt le garçon d'un fil sacré qu'il devra porter toujours sur l'épaule gauche, et les parents l'instruisent en prononçant le Gayatri Mantra. On considère la cérémonie d'initiation comme une nouvelle naissance ; les groupes ayant le droit de porter le fil sacré sont appelés les " nés deux fois ".

Dans l'ancienne structure sociale associée aux Veda, seuls les trois groupes les plus élevés - brahmanes, guerriers et marchands - étaient autorisés à porter le fil, qui les rendait différents du quatrième groupe, les ouvriers et serviteurs. Beaucoup d'individus et de groupes, vaguement associés aux vieilles élites " nées deux fois ", pratiquent encore la cérémonie upanayana et revendiquent le haut statut qu'elle accorde.

Les fiançailles du jeune couple, sa date exacte et celle du mariage, sont décidées par les parents, après consultation des astrologues. Aux mariages hindous, la fiancée et le jeune marié représentent le dieu et la déesse, bien qu'il y ait une tradition parallèle qui considère le marié comme un prince venant épouser sa princesse. Le marié fait souvent le voyage vers le lieu des noces sur un cheval blanc caparaçonné ou dans une limousine ouverte, accompagné par un cortège de parents, de musiciens et de porteurs de lampes ornées. Les cérémonies proprement dites sont dans de nombreux cas extrêmement complexes. Elles connaissent des variations importantes selon la région, la langue et le groupe social, mais c'est la récitation de mantra par des prêtres qui est au coeur des mariages hindous. Dans un rite crucial, le nouveau couple fait sept pas au nord d'un feu sacré domestique, se retourne et fait des offrandes aux flammes.

La mort. La famille est impliquée dans les cérémonies pour la préparation du corps et le cortège vers la crémation ou le cimetière. Lors de la crémation, le corps du défunt est lavé, parfumé et enveloppé dans un linge blanc pour l'homme et rouge pour la femme. Pour la plupart des hindous, l'incinération est la méthode idéale, bien que de nombreux groupes pratiquent l'enterrement ; les enfants en bas âge sont enterrés plutôt qu'incinérés. Sur le site funéraire, en présence des parents masculins du défunt, celui qui en est le plus proche (en général le fils aîné) se charge du rite final et, en cas d'incinération, allume le bûcher. Après une incinération, les cendres sont rassemblées et immergées dans une rivière sainte. Après les obsèques, chacun prend un bain de purification. La famille la plus proche reste dans un état de grande impureté pendant un certain nombre de jours (parfois dix, onze ou treize). A la fin de cette période, elle se réunit pour un repas cérémoniel et donne souvent des cadeaux aux pauvres. Au cours de services religieux commémoratifs, des boules de riz (pinda) sont offertes à l'esprit de la personne défunte. On considère que ces cérémonies contribuent au mérite du défunt, mais aussi qu'elles pacifient son âme, de sorte que celle-ci ne s'attarde pas dans ce monde comme un fantôme, mais accède au royaume de Yama, le dieu de la mort.

La puja. La puja (littéralement " respect ") des dieux consiste en un ensemble d'offrandes rituelles (fleurs, nourriture, objets, argent...) et de prières quotidiennes ou lors de certaines occasions spéciales (très nombreuses en Inde !). Elle peut aussi prendre la forme d'une simple prière adressée à l'image d'une divinité.

Adoration domestique. Si les gens s'arrêtent devant un lieu saint situé dans la rue, la maison est le lieu où la plupart des hindous pratiquent leurs prières et rituels religieux. Les moments les plus propices sont l'aube et le crépuscule.

Au lever du jour, les femmes dessinent des figures géométriques propitiatoires (kolam) à la craie ou à la farine de riz sur le seuil de l'habitation. Chez les hindous orthodoxes, l'aube et le crépuscule sont salués par la récitation, tirée du Rig Veda, du Gayatri Mantra pour le soleil, la seule prière en sanscrit que beaucoup connaissent. Après un bain vient l'adoration personnelle des dieux devant l'autel familial, qui implique toujours l'éclairage d'une lampe et l'offrande de nourriture devant les images saintes, tandis que des prières en sanscrit ou dans une langue régionale sont récitées. En soirée et surtout en zones rurales, les femmes se réunissent pour de longues sessions d'hymnes chantés à la gloire d'un ou plusieurs dieux.

A chaque repas, les familles peuvent mettre de côté une poignée de grains pour en faire don aux mendiants ou aux personnes indigentes, mais aussi aux oiseaux ou autres animaux. Tous ces petits sacrifices servent à accumuler des mérites pour la famille.

Adoration publique. Le temple est le lieu de culte hindouiste. La forme de base du temple indien est une cellule carrée, orientée vers les quatre points cardinaux, comprenant une plate-forme avec une image de la déité au centre, un toit plat au-dessus et une embrasure sur le côté est. Chaque temple hindou symbolise le centre de l'univers, où le dieu surveille son domaine et aide ses fidèles.

Après le déclin du bouddhisme (dès le VIe siècle), les temples ont accumulé les donations généreuses des rois, de la noblesse et des riches. Ce qui explique leur nombre considérable dans tout le pays et la transformation des principaux d'entre eux en de gigantesques complexes architecturaux dont la statuaire et l'ornementation constituent un des plus importants héritages artistiques du monde.

L'adoration n'est pas le fait d'une congrégation. Ce sont des individus ou des groupes de fidèles qui viennent au temple pour y avoir une vision (darshana) du dieu, y prier, y faire une offrande. Parce que le dieu existe en totalité dans le lieu saint, toute offrande qui a touché son image, ou qui même simplement s'en est approchée, apporte la grâce du divin au monde des humains quand elle revient parmi eux. Seules les personnes à la pureté requise et qui ont été spécialement formées sont capables de manipuler la puissance de la déité.

La plupart des sanctuaires sont gérés par des prêtres qui prennent les offrandes, les présentent directement à l'image de la déité et en rendent ensuite la plus grande partie aux fidèles pour leur utilisation ou leur consommation à la maison.

Fêtes. De nombreuses fêtes locales hindoues sont liées à l'adoration des dieux. Partout en Inde, au moins une fois par an, les pèlerins mènent en procession les images des dieux sur des palanquins. Les déités sont revêtues de précieux habits de cérémonie, avec des guirlandes de fleurs entourant leur cou ou bien l'autel dans lequel elles sont enchâssées. Pendant que le cortège avance, la foule d'adorateurs prie et prononce des voeux tandis que la communauté regarde et participe au spectacle. Souvent, ces parades publiques durent plusieurs jours. Un certain nombre de fêtes religieuses hindoues sont officiellement reconnues par le gouvernement comme jours fériés (Dussehra et Diwali). Les plus importantes d'entre elles s'inscrivent à l'intérieur de deux périodes, toutes deux après la fin de la mousson du sud-ouest.

Pèlerinage. L'Inde possède de nombreux lieux saints associés aux exploits des dieux, aux eaux d'une rivière sacrée, ou à la présence d'hommes saints. Les textes appelés Pûrana (" connaissance antique " en sanscrit) décrivent les innombrables lieux sacrés et le mérite que l'on gagne à s'y rendre en dévot. Le développement des transports publics au XXe siècle a favorisé l'augmentation considérable du nombre de pèlerins. En fait, pour beaucoup d'Indiens, le pèlerinage est la forme préférée de tourisme, où toute la famille participe à des vacances à la fois agréables et édifiantes.

Certains sites importants et bien connus attirent chaque année des centaines de milliers de pèlerins dont Varanasi (Bénarès ou Kashi) dans l'Uttar Pradesh sur la rive nord du Gange, est le plus célèbre. Le fleuve est sacré pour les hindous, les bouddhistes et les jaïns, qui affluent des ghâts à la recherche d'un site propice pour la mort, l'incinération ou l'immersion des cendres. Haridwar, au nord-ouest de l'Uttar Pradesh, au pied de l'Himalaya, est le Varanasi du nord-ouest de l'Inde pour les hindous qui y vivent, et un endroit idéal pour le bain rituel.

Pour la plupart des fidèles, un pèlerinage implique des voeux préliminaires et le jeûne, une patiente organisation de coopération entre familles ou différents groupes et un long voyage à pied accompagné de chants de dévotion. A l'arrivée, les groupes de pèlerins sont souvent " gérés " par des prêtres qui, moyennant honoraires, planifient leur programme et leurs activités rituelles. Dans certains sites principaux, des familles de prêtres servent de guides aux groupes de pèlerins depuis des générations. Quand un lieu saint est très prisé, le fidèle doit souvent attendre dans la file pendant de longues heures juste pour apercevoir l'image de la déité, alors que le personnel de sécurité presse les foules vers la sortie. Sur les lieux de bains rituels, les pèlerins pataugent parfois au milieu d'une foule compacte de dévots avant de pouvoir s'immerger dans les eaux sacrées. Les pèlerins engagés dans des voeux spéciaux ou dans une prière pour la guérison d'un proche peuvent acheter des amulettes du lieu saint et les offrir au dieu, ou des produits alimentaires, sanctifiés par la présence du dieu pour les offrir aux amis et à la famille. A proximité des lieux saints, la présence de vendeurs de souvenirs, de boutiques et même, parfois, de parcs d'attractions, contribue à créer une atmosphère animée qui participe certainement à la popularité de ces sites de pèlerinage.

Courants mystiques modernes. La fin du XIXe siècle et le début du XXe sont marqués par le passage de grands mystiques dont l'enseignement est une vision universaliste de la religion. Ces maîtres ne s'adressent plus uniquement aux Indiens, ils cherchent aussi à répondre aux interrogations des Occidentaux. Le discours principal reste typiquement hindou : existence d'une " âme absolue " ou Brahman, que l'être doit réintégrer, pratique du yoga (sous une ou plusieurs formes) comme technique mystique, référence à la mythologie classique...

D'une façon générale, cet hindouisme " mystique " échappe à son cadre uniquement indien pour se propager à travers le monde, via des communications de plus en plus aisées, la recherche spirituelle de l'Occident et l'existence d'une puissante diaspora indienne.

Les avatars de Vishnu

On dit que neuf descentes ont déjà eu lieu, la dixième devant encore arriver.

Le poisson Matsya sauva le monde du déluge et récupéra les quatre Veda au fond de l'océan.

La tortue Kurma souleva le mont Mandara au milieu de l'océan avec sa carapace. Les divinités s'assirent dessus et récupèrent le nectar de l'immortalité.

Le sanglier Varah combattit le démon Hiranyaksha qui avait plongé Prithivi, la déesse de la terre au fond de l'océan.

L'homme-lion Narasimha débarrassa le monde du démon Hiranyakashipu. Brahma le récompensa en lui octroyant l'immortalité.

Le nain Vamana sauva le monde en déjouant par la ruse le démon Bali qui avait pris le contrôle de la Terre, du paradis et de l'enfer.

Parasuram combattit la caste des Kshatriya à cinq reprises. C'est la première incarnation humaine de Vishnu souvent représenté par Rama doté d'une hache.

Rama, héros du Ramayana, combattit le tyran Ravana avec le soutien du dieu-singe Hanuman. Krishna sauva la Terre du tyran Kansa. C'est le plus populaire des avatars de Vishnu si bien qu'on le considère presque comme un dieu à part entière ! Krishna à la peau bleue, joue de la flûte les jambes croisées avec la vache comme animal de compagnie. Sur certaines images, c'est un enfant mangeant des bonbons.

Bouddha incarne Vishnu " enseignant ".

Kalki est la dernière incarnation attendue de Vishnu. Il apparaîtra sur un cheval blanc à la fin de l'âge de Bronze (notre ère). Il détruira démons et hommes mauvais pour reconstruire un monde nouveau.

Figures des courants mystiques modernes

Ramakrishna (1834-1886) puis son disciple Swami Vivekananda, fondateur de la Ramakrishna Mission, montrent que l'essentiel n'est pas la voie empruntée (c'est-à-dire l'appartenance à telle ou telle confession) mais le but à atteindre (l'Union mystique) et que toutes les religions devraient mener leurs fidèles à cette réalisation.

Swami Shri Yukteshwar (1855-1936), grand maître yogi, démontra également que l'hindouisme et le christianisme avaient le même but : le salut de l'âme. Dans son livre The Holy Science (1894), il expose l'identité des enseignements mystiques des textes hindous et du Nouveau Testament.

Swami Paramahansa Yogananda (1893-1952), son disciple, autre maître d'origine bengali, effectua lui-même un long séjour aux Etats-Unis où il enseigna le yoga.

Shri Aurobindo (1872-1950), après avoir milité pour l'indépendance, quitte le Bengale pour fonder un ashram à Pondichéry d'où son enseignement rayonnera à travers le monde.

Swami Shivananda (1887-1963) fonde, quant à lui, un ashram à Rishikesh (Etat actuel de l'Uttar Pradesh) au bord du Gange et la Divine Life Society (1936), qui dispense toujours son enseignement basé sur le yoga.

Swami Vivekananda (1863-1902), de son vrai nom Narendranath Dutta. Principal disciple de Sri Ramakrishna, il a été un penseur indépendant. L'une de ses contributions les plus importantes fut de montrer comment la pensée d'Advaitin était non seulement d'une grande portée philosophique mais avait aussi des conséquences sociales, voire politiques. La leçon qu'il a reçue de Ramakrishna est que Jiva est Shiva, c'est-à-dire que " chaque individu est la divinité elle-même ". Cette phrase est devenue son mantra et il a inventé le concept de daridra narayana seva : le service de Dieu dans et par les êtres humains.

Islam
La mosquée Jama Masjid est la plus grande mosquée d'Inde.
La mosquée Jama Masjid est la plus grande mosquée d'Inde.

Usant de la force et la persuasion, les premiers envahisseurs musulmans ont imposé leur présence. Le sultanat de Delhi à la fin du XIIe siècle suscita quelques conversions dans les classes aisées soucieuses de rester en bon terme avec l'occupant, mais nombre de nouveaux convertis à l'islam provenaient surtout des basses castes qui voyaient dans ce changement de religion l'occasion d'échapper à leur situation sociale. L'islam continua de jouer un rôle prédominant à Delhi jusqu'au déclin de l'Empire moghol (début du XVIIIe siècle). Malgré la partition de l'Empire des Indes britanniques en 1947 et la naissance du Pakistan, pays créé pour les musulmans de la péninsule, l'Inde compte aujourd'hui la deuxième population islamique du monde après l'Indonésie. La communauté musulmane (sunnite) représente 11,7 % de la population de Delhi faisant de l'islam la seconde religion de la capitale après l'hindouisme.

Soyons clairs : l'islam au dogme unique se référant à la révélation coranique ne fait pas bon ménage avec l'hindouisme en perpétuelle recherche, basé sur l'expérience personnelle et ouvert à toutes les mystiques. Les musulmans indiens continuent d'appeler les membres des autres religions " les infidèles " (kefir)... nous dispensant ainsi de longs commentaires sur les relations entre l'islam et l'hindouisme.

Le soufisme joue néanmoins un rôle " pacificateur " au niveau local. Ce mouvement mystique de l'islam influencé par la bhakti hindoue prône le message de l'amour universel. Il n'est pas rare de voir hindous et musulmans prier ensemble aux dargah (tombeaux) des saints soufis Nizamuddin (à Delhi) et Sheikh Salim (à Fatehpur Sikri).

Sikhisme

Gourou Nanak (1469-1539), le fondateur de cette religion, grandit dans une famille hindoue pieuse du Pendjab. Influencé par des mystiques hindous et musulmans, il affirme l'unicité de Dieu et la nécessité de liens pacifiques entre toutes les religions. Il proscrit le système des castes, le mariage des enfants et le sacrifice des veuves sur le bûcher funéraire de leur époux.

Ses neuf successeurs organisent la communauté des sikhs (" disciples " ou " étudiants " en hindoustani du XVIe siècle). A la mort du dixième gourou Gobind Singh (1708), assassiné par un fanatique musulman, les sikhs ne reconnaissent plus comme source d'inspiration que leur livre sacré, le Granth Sahib, compilation d'écrits des gourous et de textes issus d'autres religions.

Réputés pour leur tolérance, leur dynamisme et leur esprit d'entreprise, les sikhs sont surtout représentés dans l'Etat indien du Pendjab, dans l'Haryana et à Delhi (4 %). C'est une communauté accueillante. Afin de lutter contre les préjugés de castes, Gourou Nanak institua des salles à manger communes ou langar dans les gurudwara (temples sikhs, littéralement " porte vers Dieu "). De nos jours encore, les visiteurs, quelle que soit leur religion, sont invités à y prendre un repas.

L' homme sikh au-delà du turban

Les 5 Kakkar (ou 5 K) distinguent la fraternité des hommes sikhs (la khalsa) :

Kesh (la barbe et les cheveux jamais coupés), Kangha (le peigne), Kara (bracelet en métal pour se rappeler Dieu dans tous leurs actes), Kirpan (poignard ou sabre pour défendre les opprimés), Kachha (caleçon par mesure d'hygiène - une innovation au XVIe siècle).

Outre leur religion, les sikhs ont en commun leur nom, singh (lion), donné par Gourou Gobind Singh pour souligner la bravoure de ses fidèles.

Et pour distinguer une femme sikhe ? Elle ne porte pas de sari mais le traditionnel salwar-kamiz, tunique surmontant un pantalon resserré aux chevilles, un dupatta, foulard posé sur les épaules ou sur le crâne, et éventuellement... un poignard !

Bouddhisme

Le bouddhisme est apparu en Inde, s'est propagé dans presque toute l'Asie, suscite un intérêt non négligeable en Occident... et a pratiquement disparu de son pays d'origine ! Il ne se retrouve que dans les régions himalayennes (Ladakh, Zanskar), chez les réfugiés tibétains (comme le quartier de Majnu Ka Tila de Delhi) et, encore une fois, parmi les membres de basses castes hindoues convertis pour échapper au système qui les dévalorise. Le village de Bodhgaya (Bihar) reste néanmoins le centre international du bouddhisme. C'est là, en effet, que le prince Siddhartha Gautama Shakyamuni, le Bouddha (l'Eveillé), aurait atteint l'Eveil sous l'arbre de la Bodhi.

Siddhartha Gautama naît en 563 avant notre ère à Lumbini (ville du Népal). Echappant au luxe de son milieu, il comprend la vraie nature de l'Etre, la souffrance, et à force de méditation découvre le moyen d'en sortir : le Sentier à huit voies ou " une foi pure, une volonté pure, un langage pur, une action pure, des moyens d'existence purs, une concentration pure, une mémoire pure et une méditation pure "...

Autant de rigueur nécessite une vie monastique et les premiers disciples sont effectivement des moines. Le respect qu'ils suscitent dans le peuple vaut beaucoup de popularité à la doctrine. Des souverains eux-mêmes se convertissent au bouddhisme que l'empereur Ashoka (règne de 268 à 231 avant notre ère) propage à travers toute la péninsule.

Cette vulgarisation, ajoutée à l'essor de l'hindouisme moderne et à sa propension à assimiler les doctrines les plus contradictoires, suscite rapidement un syncrétisme complet entre bouddhisme et hindouisme. Bouddha lui-même est considéré comme un avatar de Vishnu et, lorsque les musulmans rasent les derniers monastères bouddhistes de la plaine du Gange à la fin du XIIe siècle, l'enseignement du prince Siddhârta a déjà été soumis à assez de réformes et de réexamens pour que l'on ne puisse plus parler de bouddhisme indien.

Christianisme

Si cette religion ne concerne que 0,9 % des habitants de Delhi, l'Inde totalise 20 millions de chrétiens dont quelque 14 millions sont catholiques romains.

Selon une tradition répandue en Inde du Sud, le christianisme aurait été introduit par saint Thomas, l'un des douze apôtres de Jésus-Christ qui aurait vécu et serait mort à Madras. Des chercheurs contestent la présence indienne de ce dernier, estimant que saint Barthélemy fut le premier missionnaire chrétien.

Historiquement, l'activité missionnaire commence durablement en 1544 avec le jésuite portugais saint François Xavier. Il convertit nombre d'Indiens du sud au christianisme, touchant particulièrement les castes inférieures et les réprouvés. Des milliers de fidèles viennent encore chaque année contempler son corps miraculeusement intact dans un cercueil de verre, à la basilique du Bom Jésus à Goa.

Des missionnaires portugais lui succèdent suivis par des Danois, Hollandais, Allemands et Anglais. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les missionnaires catholiques et protestants continuent de prêcher les doctrines chrétiennes et apportent des améliorations sociales.

La plupart des congrégations protestantes sont représentées en Inde, résultat de l'activité des missionnaires dans tout le pays dès le début de l'autorité britannique. Elles sont en majorité constituées d'un personnel indien et le rôle des missionnaires étrangers y est limité.

Depuis 1947, la plus grande congrégation protestante du pays est l'Eglise du sud de l'Inde, une union de presbytériens, de réformés, de méthodistes et de congrégations anglicanes comportant environ 2,2 millions de membres. Une Eglise similaire du nord de l'Inde compte 1 million de membres. Il y a 473 000 méthodistes, 425 000 baptistes et environ 1,3 million de luthériens. Les églises orthodoxes de Malankara et les rites malabâr totalisent respectivement 2 millions et 700 000 membres.

Les communautés chrétiennes, en expansion, vivent dans le nord-est, parmi les groupes tribaux Khasi, Mizo, Naga. Les missionnaires ont montré à nombre d'entre eux la voie dans le développement des langues écrites et de la littérature. Le christianisme offre aussi un mode non hindou d'acculturation à une époque où l'économie moderne a transformé le style de vie des peuples des collines. Les Eglises chrétiennes ont également apporté avec elles tout un ensemble d'institutions charitables dont Mère Teresa est la plus emblématique des représentantes.

Zoroastrisme

Les parsis, adeptes du zoroastrisme ne sont que 80 000 dont 79 % au Maharashtra, le reste au Gujarat et moins de 1 % à Delhi. Leur nombre diminue encore du fait de la pratique du mariage endogamique. Ces descendants des Persans ont émigré en Inde au Xe siècle pour échapper aux persécutions des musulmans. Ils ont apporté la religion de Zoroastre, un prophète d'Iran ayant enseigné au VIe siècle av. J.-C.

Leur texte sacré, l'Avesta, fondé sur le culte d'Ahura Mazda, repose sur le dualisme entre l'esprit suprême de Ahura Mazda et la force du Mal, Angra Mainyu. La volonté d'Ahura Mazda se manifeste dans le monde par des actions bienfaisantes d'immortels ou de bons attributs spirituels qui soutiennent la vie et l'amour, tandis qu'Angra Mainyu est la cause de toute la destruction et corruption du monde.

Disposant du libre-arbitre, les humains peuvent choisir leur camp dans cette lutte. Après la mort, ils comparaîtront sur le pont du jugement où ils seront dirigés vers le paradis ou vers l'enfer, selon qu'ils avaient choisi les bonnes actions ou l'alliance avec le diable. Les forces cosmiques opposées combattront à travers l'histoire de l'univers jusqu'au jugement dernier, à la fin des temps, et à la résurrection des morts dans un monde parfait.

A l'origine, les parsis étaient des constructeurs de navires et des commerçants établis dans les ports et les villes du Gujarat. Beaucoup s'exilèrent à Bombay pour développer leurs activités commerciales. Ils forment aujourd'hui le groupe religieux le plus urbain et le plus riche de la nation. Leur rôle dans le développement du commerce, de l'industrie, des finances et de la philanthropie leur a conféré une place importante dans la vie sociale et économique du pays, et plusieurs d'entre eux ont atteint un rang élevé au gouvernement.

Judaïsme

Des contacts commerciaux entre la région de la Méditerranée et la côte ouest de l'Inde ont probablement conduit à l'installation de juifs en Inde dès le premier millénaire av. J.-C.

L'Inde ne totalise que 6 000 personnes.

La communauté de Kochi, dans la région du Kerala, au sud-ouest de l'Inde, s'est installée à la suite de la chute de Jérusalem aux mains des Romains et est restée associée aux villes de Cranganore et Kochi (anciennement Cochin) pendant au moins 1 000 ans. La synagogue de Kochi, reconstruite en 1568 dans le style architectural du Kerala, conserve le rituel archaïque séfarade, avec une touche d'influences babylonienne et yéménite. Les juifs de Kochi, concentrés surtout dans l'ancienne " ville juive ", se sont intégrés à la culture locale, parlant le malayalam et prenant des noms locaux, tout en préservant leur connaissance de l'hébreu et des contacts avec l'Asie du Sud-Ouest.

Les Bene Israël (enfants d'Israël) ont vécu le long de la côte de Konkan, et autour de Bombay, Pune et Ahmadabad, pendant presque deux mille ans. Ils pratiquent le rite séfarade avec la synagogue comme centre de vie religieuse et culturelle. Les quelques familles juives de Delhi appartiennent à cette communauté. Leur synagogue Judah Hyam et le cimetière attenant leur ont été offerts par le gouvernement indien en 1956.

La communauté Baghdadi (ceux de Bagdad) venue de l'Irak moderne s'est implantée à Calcutta et à Bombay à la fin du XVIIIe siècle à l'occasion des échanges commerciaux instaurés par l'Empire britannique. Nombre de ses membres ont prospéré et contribué à la réussite économique de ces deux villes.

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