Guide de DELHI : Mode de vie

Vie sociale
Des habitants éduqués

Le 8 septembre 2009, l'Inde a célébré la Journée internationale de l'alphabétisation en lançant le Saakshar Bharat, un programme phare devant concerner 70 millions d'analphabètes dans les cinq prochaines années, dont une majorité de femmes. Pour l'Unesco, ce nouvel effort reflète " la ferme conviction selon laquelle le progrès social passe obligatoirement par l'éducation des femmes ".

Les taux moyens de l'alphabétisation aujourd'hui sont encourageants : 74 % au niveau national et 86,34 % à Delhi. La capitale indienne compte 91 % d'hommes et 80 % de femmes instruits.

La Constitution indienne a instauré une école gratuite et obligatoire jusqu'à l'âge de 14 ans. Il revient aux familles de payer livres, cahiers et uniforme ; un coût élevé pour les plus pauvres qui n'envoient alors qu'un seul enfant à l'école. Le système éducatif est de type " 10+2 ". Les élèves suivent dix années d'éducation de base jusqu'à l'équivalent de la seconde et se spécialisent pour les deux années suivantes. La qualité de l'enseignement public ne convainquant pas un nombre d'habitants, ils ont recours aux écoles privées où les cours sont souvent dispensés en anglais.

A Delhi, les écoles et établissements d'études supérieures sont régis par la Direction de l'Education, le gouvernement territorial de Delhi et plusieurs structures privées. En 2004, la capitale a consacré 2 % de son produit intérieur brut pour former sa jeunesse. La même année, la capitale comptait près de 5 000 écoles primaires, collèges et lycées ainsi que 5 universités officielles, 9 établissements considérés comme tels et plus de 150 écoles spécialisées.

Santé publique

Si la situation sanitaire reste alarmante en Inde, les progrès réalisés en un demi-siècle sont tout de même remarquables : la malaria ne touche plus que 2,2 milllions d'Indiens ; la lèpre, 3,7 millions et la variole a été éradiquée en 2005. L'espérance de vie au niveau national est passée de 37 à 69 ans en 2009. A Delhi, le taux de mortalité infantile a baissé (13 décès pour 1 000 naissances).

La Constitution indienne charge les Etats du devoir de " l'élévation du niveau de nutrition et du niveau de vie de ses habitants, et de l'amélioration de la santé publique ". Mais concrètement, la politique de santé nationale est encore incapable d'intégrer les services de santé à un développement économique et social plus large.

La frange de la population la moins fortunée doit s'endetter pour acquérir des soins de qualité dans un hôpital privé ou se contenter des services bas de gamme des établissements publics. A Delhi, les nombreux établissements privés restent le privilège des classes fortunées.

Ces dernières années, les efforts du gouvernement central se sont concentrés sur une planification coordonnée avec les Etats et sur le parrainage de principaux programmes de santé. Les dépenses gouvernementales sont gérées conjointement par le gouvernement central et par ceux des Etats.

Depuis les années 1970, la politique de santé officielle conjugue personnel médical d'orientation occidentale et praticiens traditionnels. Il existe deux formes principales de médecine traditionnelle, les professions y sont généralement héréditaires : le système ayurvédique (qui signifie " science de la vie ") dont le traitement des symptômes s'attache à tous les aspects du bien-être (mental, physique et spirituel). L'unani, médecine galénique, est fondée sur l'utilisation d'herbes médicinales.

Comportements sociaux contrastés

L'Inde est connue pour ses systèmes sociaux compliqués, pour sa société à multiples facettes et pour ses différences immenses entre zones urbaines et rurales. La diversité ethnique et linguistique de la civilisation indienne ressemble plus à la diversité d'une zone telle que l'Europe qu'à celle de n'importe quel autre Etat-nation.

Toute observation doit donc être tempérée par le fait qu'elle peut ne pas s'appliquer à tous les Indiens. Cependant, certains thèmes ou principes sous-jacents de vie font en Inde l'objet d'un large consensus.

Au sein même d'un milieu urbain comme celui de Delhi, les différences religieuses sont significatives, notamment entre la majorité hindoue et la grande minorité musulmane, mais aussi entre ces groupes indiens que constituent bouddhistes, chrétiens, jaïns, juifs, parsis et sikhs. Sur ces différences se superpose la caste, spécificité propre à la société indienne.

Si aucune généralisation n'est applicable à l'ensemble des divers groupes qui la composent, l'abîme qui sépare riches et pauvres est visible dans la capitale. La classe moyenne, férue de consommation, gagne du terrain. Bien qu'elle ne représente que 15 % des habitants, vous la repérerez vite : téléphone portable dernière tendance, vêtements occidentaux, voiture étrangère. Dans les rues de New Delhi, le jean-tee-shirt côtoie le sari, les jambes commencent à se monter mais les épaules restent, elles, timidement dévoilées.

Les distinctions de genre sont plus évidentes : hommes et femmes ont des rôles bien définis dans la famille et à l'extérieur de la maison. Vous constaterez que la plupart des tailleurs sont des hommes, alors que des femmes très pauvres travaillent sur les chantiers de construction, portant pierres, briques et coupelles de ciment sur leur tête.

Un taux de chômage très bas

Le calcul du taux de chômage en Inde demeure assez obscur. La dernière estimation a été calculée sur la base d'une étude menée auprès d'un échantillon de personnes par la Direction économique et des statistiques du gouvernement de Delhi. L'étude a été menée en 2011-2012 et le rapport rendu public en 2014. Il apparaît au terme de cette étude que le taux de chômage est de 4 % sur le territoire de Delhi, soit légèrement supérieur à la moyenne nationale de 3,4 %. En revanche, il n'est plus que de 1,5 % dans le centre de la ville. S'il existe une agence nationale pour l'emploi qui rapproche les entreprises de candidats potentiels, il n'existe aucune assurance chômage publique.

Retraite

Il n'y a pas d'âge légal de la retraite dans le secteur privé. Les salariés les moins fortunés travaillent jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus. Dans la fonction publique, la retraite est fixée à 58 ans depuis début 2016, et 65 ans pour les juges. Les salariés d'entreprises de plus de 20 personnes bénéficient automatiquement d'un plan de pension auquel ils souscrivent automatiquement durant toute leur carrière. Une portion de leur salaire est retenue et placée dans un fonds de pension et l'employeur abonde à hauteur du même montant. Le système de retraite est donc calqué sur le mode privé, et ne bénéficie qu'aux salariés de moyennes et grosses entreprises. Les fonctionnaires bénéficient d'une retraite versée par l'État.

L'obésité, un fléau à grande échelle

L'Inde ne " grossit " pas seulement par sa population (20 millions par an) et par sa croissance économique (environ 6 % par an), elle devient aussi obèse.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, ce phénomène croît plus rapidement dans les pays en voie de développement que dans les pays développés. La classe aisée affiche son surpoids comme signe extérieur de richesse. A Delhi, 45 % des hommes et 55 % des femmes seraient en grave surcharge pondérale, ce fléau toucherait aussi 1 enfant sur 10. Paradoxalement, le pays dénombre à lui seul 20 % des personnes les plus pauvres du monde... A Delhi, la consommation de type fast-food se généralise à vitesse grand V. La cause majeure ? La démocratisation de vecteurs comme la télévision, l'ordinateur ou le four à micro-ondes. Une étude publiée dans le magazine médical The Lancet assurait que l'Inde arrivait au 3ème rang mondial de l'obésité, avec plus de 5 % de la population souffrant de cette maladie.

Mœurs et faits de société
Moeurs

Sexualité. L'homme ainsi que la femme sont censés découvrir la sexualité uniquement avec leurs futurs conjoints.

Homosexualité. Le 2 juillet 2009, la Haute Cour de Delhi a dépénalisé l'homosexualité, une révolution pour les gays qui célèbrent désormais cette date pendant la Gay Pride. En Inde, l'homosexualité était jusque-là considérée comme un crime. Les 2,5 millions d'homosexuels masculins risquaient alors l'emprisonnement à vie. Le sujet étant encore sensible dans la société, les homosexuels n'affichent pas leur amour au grand jour mais, la nuit, tout leur est permis à Delhi ! La discothèque Pepper est leur référence. Veda, club hétéro huppé, programme des soirées gay et Manish Sharma, propriétaire de Boyzone, organise chaque samedi, une fête gay dans un lieu chic. Hélas, la Haute Cour est revenue, le 11 décembre 2013, sur sa décision, rendant à nouveau effectif le décret 377 du code pénal qualifiant l'homosexualité de crime. Malgré de nombreuses pétitions et manifestations, le gouvernement reste pour le moment sur sa position...

Les transsexuels. Communément nommés hijra, l'Inde compterait 750 000 transsexuels dont 2 % seraient hermaphrodites.Traditionnellement, les hijra gagnent leur vie comme artistes, chantant dans les mariages hindous et dans les fêtes traditionnelles. On leur accorde également des pouvoirs comme celui de jeter un sort et d'accorder ou non la fécondité. A l'heure contemporaine, nombre de hijra vivent de manière très pauvre si bien que beaucoup mendient et (ou) se prostituent. Vous croiserez des hijra dans la capitale et sur les routes de vos excursions. " Ils-elles " sont en général très sympathiques et ont un sacré sens de l'humour. Si un hijra vous fait l'aumône, nous vous invitons à lui donner quelques pièces.

Prostitution. Illégale, elle est passible de prison. Pourtant, le quartier de G.B. Road n'est un secret pour personne : c'est là que des prostituées cachées officient dans des immeubles insalubres pour une poignée de roupies. Quand le plus vieux métier du monde se fait plus luxueux, la discrétion reste de mise : les petites annonces des escort girls sont déguisées et les lieux de rendez-vous tenus top secret. Mais Delhi ne compte pas que des prostituées majeures, elle est aussi le triste lieu où des enfants venus du nord de l'Inde et du Népal vendent leur corps pour le compte de proxénètes aussi peu respectables que leurs clients. Face à ce trafic, la police est absente. N'est-ce pas pourtant son rôle de mettre les escrocs derrière les barreaux ?

Famille

Même si les moeurs évoluent dans la société moderne, la famille, c'est sacré ! D'ailleurs, la liberté individuelle qui vous est sans doute si chère est parfois vue comme une fantaisie. La comédie Une famille indienne de Karan Johar illustre bien le dilemme du personnage principal, tiraillé entre le respect des traditions et son amour pour une jeune femme de Delhi issue d'un autre milieu social.

Dans un pays ne connaissant pratiquement ni sécurité sociale ni système de retraite, la famille constitue souvent le seul soutien possible en cas de maladie et lors de la vieillesse.

Le cycle de la vie est divisé en quatre âges aux limites assez précises : l'enfance et le temps des études, le temps du mariage et des enfants, la retraite, puis le renoncement. La vie de la population majoritaire, réglée comme du papier à musique, pourra vous paraître aussi monotone qu'ennuyeuse.

Mariage

Toutes les grandes décisions, y compris le choix d'une profession ou d'un(e) conjoint(e), sont au moins discutées sinon prises en famille ou plus précisément par les parents. Le mariage est l'événement majeur de la vie des Indiens pour lequel certaines familles pauvres s'endettent pendant de longues années. La dot, pourtant illégale, est au centre des négociations entre les parents. Malheur à la famille qui n'a que des filles à marier : c'est la ruine assurée ! En revanche, un fils est souvent signe d'enrichissement.

On se marie dans sa communauté, pour ne pas dire sa caste. La clarté de la peau, les diplômes, le rang social, l'aisance financière de la belle-famille et évidemment l'horoscope de l'époux ou de la promise : tout est étudié, rien n'est laissé au hasard. A Delhi, la classe moyenne se réfère moins au signe astrologique du promis qu'à l'aisance financière de sa famille. Le mariage d'amour est encore une exception et, même quand on a vécu à l'étranger, on fait encore appel à ses parents pour trouver un bon parti. La presse dominicale consacre d'ailleurs de pleines pages aux petites annonces matrimoniales et Internet regorge de prétendants dont les fiches sont aussi soigneusement détaillées qu'inspectées.

Les mariages ont généralement lieu en décembre et durent plusieurs jours. Des cérémonies précèdent le mariage regroupant les membres de la famille très proches ou ne concernant que le futur époux ou la future épouse. Traditionnellement, le marié, suivi de sa famille, monte sur un cheval blanc pour rejoindre sa future femme. La célébration se déroule ensuite selon des règles strictes : les époux tournent sept fois autour du feu sacré (havan) et échangent des guirlandes de fleurs (sehra). Un mariage ressemble à une kermesse géante avec buffet pantagruélique. Il faut se montrer et plus il y a d'invités, plus la richesse de la famille de la mariée (qui organise) est visible...

Dans certains quartiers de Delhi, le principe de la joint family (plusieurs générations sous le même toit) domine encore. La jeune mariée devient la propriété de sa belle-famille. Le changement parfois douloureux peut tourner au tragique, les " accidents de sari " ne sont pas rares dans les cuisines indiennes : épouse brûlée vive après une dispute avec sa belle-mère ou le non-paiement de la dot. Les nouvelles générations ont tendance à s'écarter du modèle, surtout dans les milieux éduqués où le contrôle permanent des parents ou beaux-parents peut être perçu comme un frein au progrès. L'épouse moderne refuse d'ailleurs de mettre un terme à sa carrière sous prétexte d'avoir la bague au doigt. Si vous discutez avec des jeunes Delhiites, vous serez toutefois surpris par l'esprit conservateur de certains.

Place de la femme

Il y a beaucoup plus d'hommes que de femmes en Inde, ce déséquilibre étant fortement lié aux avortements séléctifs, éliminant les filles avant la naissance. La condition des femmes, particulièrement à Delhi est, au regard de nos critères occidentaux, dramatique et intolérable. On sait à quel point des évenements tragiques secouent l'opinion publique régulièrement, et récemment encore, quand à la maltraitance des femmes, sans grande répercussion sur les lois et les moeurs locales. Quelques dates restent cruellement incrustées dans les esprits, notamment le 16 décembre 2012 avec le viol collectif dans un autobus détourné de New Delhi, d'une jeune étudiante en kinésithérapie qui succombera à ses blessures peu de jours après. L'histoire touche profondément la population. Le 31 décembre 2012, Navanethem Pillay, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme demande à l'Inde un " débat d'urgence " sur les mesures à prendre pour faire face au " problème national " que constituent ces violences. Les coupables seront jugés et pendus, sauf l'un d'entre eux, qui se suicide en prison. Plus récement, en mai 2014, deux jeunes filles intouchables, des cousines de 14 et 15 ans, sont retrouvées pendues après un viol collectif dans un petit village de l'Uttar Pradesh. La famille choisi de les laisser accrochées à l'arbre pour faire réagir le gouvernement et dénoncer les atrocités répétées dans cette région.

La femme traditionnelle. Malgré son sari lumineux et ses bijoux éclatants, sa vie n'est pas celle d'une princesse. La petite fille reçoit moins d'attention que ses frères. Dans les campagnes, son éducation reste souvent limitée à l'école primaire. Ses parents se soucient surtout de lui assurer une dot pour son mariage. La jeune femme aura alors pour mission principale de faire des enfants et de les élever. Dans les milieux aisés conservateurs, elle vivra recluse dans une partie de la maison, selon la règle du purdah. Malgré son interdiction par les Anglais en 1829, la tradition du sati (sacrifice de la veuve sur le bûcher de son époux) perdura jusqu'au XXe siècle. Elle aurait prétendument disparu, mais le culte que les Indiens et Indiennes vouent encore à ces épouses modèles des temps anciens donne à réfléchir sur la place des femmes seules et âgées dans la société.

La femme moderne. Avec l'éveil du mouvement Raja Ram Mohan Roy contre la soumission des femmes et l'influence des Britanniques sur la culture indienne, la situation des femmes a changé. Mais c'est sous l'égide du Mahatma Gandhi qu'elles ont eu l'occasion d'affirmer leur égalité avec les hommes. En réponse à l'appel de Gandhi, elles ont ôté leur voile et sont sorties de leurs maisons afin de lutter épaule contre épaule avec les hommes dans la bataille pour la liberté. Résultat : la Constitution indienne actuelle confère aux femmes un statut égal à celui des hommes. Il n'y a aucune discrimination entre les deux sexes et toutes les professions sont ouvertes aux femmes, avec le mérite comme seul critère de choix.

Les moeurs ont évolué dans les milieux hindous urbains et aisés. Les jeunes filles vont à l'université et entrent dans le monde du travail, même si parfois leurs études ne leur servent qu'à trouver un meilleur conjoint ! Elles se marient de plus en plus tard, mais rarement après 22 ans toutefois, et éventuellement avec quelqu'un de leur choix ! Bénéficiant de la contraception, elles choisissent de n'avoir que deux enfants, trois tout au plus, avec l'accord du mari évidemment. Une telle liberté est rarement envisageable dans les familles musulmanes.

Avec intelligence et âpreté à la tâche, les femmes indiennes rivalisent de succès auprès des hommes dans toutes les entreprises commerciales. Elles se distinguent dans les diverses sphères de la vie sociale en tant que politicienne, oratrice, avocate, docteur, administratrice, etc. Il n'y a guère de domaines où elles n'aient pris une part et témoigné de leur valeur. Elles semblent généralement moins sujettes à la corruption et au favoritisme que leurs homologues masculins.

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