Guide d'ESSAOUIRA : Mode de vie

Vie sociale

Scolarisation. L'école publique est apparue en 1920 et est obligatoire jusqu'à 16 ans. Depuis l'indépendance, le Maroc a mis en place un nouveau système où la langue arabe, et non plus la française, comme auparavant sous le protectorat, est la langue officielle du primaire jusqu'au bac. Une fois à l'université, la plupart des cours sont dispensés en français, ce qui n'est pas sans poser problème à certains. Le niveau d'éducation de la population diffère énormément entre les villes et la campagne. Dans le milieu urbain, la très grande majorité des enfants, filles comme garçons, est scolarisée. Dans le monde rural, beaucoup moins vont à l'école et on trouve plus de garçons que de filles dans les classes. Dans l'Atlas notamment, l'éloignement des écoles pour les habitants de petits villages, le refus du corps enseignant de s'exiler pour travailler dans ces zones, et le manque de moyens des familles qui voient comme un manque à gagner le fait de scolariser leurs enfants, expliquent ce déséquilibre. Depuis quelques années, Mohammed VI a défini l'amélioration de l'éducation, notamment celle des petites filles, comme priorité nationale.

Santé. Le Maroc ayant sérieusement pris en main le problème de santé publique, les résultats sont notables. Malheureusement, les programmes entrepris auprès de la population (comme celui du contrôle des naissances) ne sont pas encore suivis des résultats escomptés. Le système de soins est à double vitesse. Les secteurs de pointe se développent, et il y a des médecins très compétents mais seule une partie aisée de la population y a accès et l'hôpital public reste déplorable.

Enterrement. On enterre les morts à même la terre, le corps tourné vers La Mecque, après une prière à la mosquée.

Tenue vestimentaire

Dans le Maroc contemporain, la différence est vraiment flagrante entre les tenues vestimentaires des jeunes émancipés des grandes villes, dont l'habillement est comparable à celui des jeunes occidentaux, et les costumes traditionnels portés par les habitants des campagnes. Si vous êtes une femme, n'oubliez pas que vous êtes dans un pays musulman dont les codes vestimentaires diffèrent des nôtres. Evitez les tenues provocantes, trop décolletées ou trop courtes (minijupes et shorts), qui choquent la majorité des Marocains. Ce sont surtout les habitants des campagnes qui restent fidèles aux tenues traditionnelles. Dans le Nord, particulièrement la région de Tétouan, les femmes portent de grands chapeaux de paille retenus par des rubans de laine et décorés par des pompons. A Fès, vous rencontrerez de plus en plus rarement le fez, ou tarbouche, chapeau conique de laine rouge, utilisé par Hergé pour représenter les Arabes dans Tintin au pays de l'or noir.

Burnous. Manteau de laine à capuchon et sans manches, porté principalement par les paysans de l'Atlas.

Caftan. Vêtement féminin d'origine orientale, c'est une sorte de manteau ample et long, de soie, de velours ou de brocart. Souvent porté à l'intérieur des habitations.

Chèche. Indispensable contre les coups de soleil, ce turban protége le crâne bien mieux qu'un chapeau.

Djellaba. Robe longue et droite, généralement pourvue d'un capuchon et que l'on enfile par la tête.

Gandoura. Tunique sans manches tombant jusqu'aux chevilles, souvent très légère et portée dans le Sud par les hommes.

Haïk. Voile de coton ou de laine rabattu sur le visage des femmes. Sa couleur est le signe d'une appartenance régionale (blanc à Essaouira, bleu à Taroudant).

Jabador. Veste d'homme à col officier, fermée par de nombreux boutons. Ce vêtement d'apparat, coupé dans un tissu noble, souvent richement brodé, se porte sur un saroual.

Litham. Ce voile - contrairement au haïk porté sur la tête - dissimule le bas du visage des femmes.

Lizar. Grande étoffe dont s'enroulent les femmes, retenue par une ceinture ou des fibules et surmontée du haïk.

Saroual. Pantalon bouffant, à ceinture large et ajustée, et dont les jambes, boutonnées à leur extrémité, s'arrêtent au-dessus de la cheville.

Taguia. Bonnet en étoffe ou tricoté en fil de laine ou de coton.

Mœurs et faits de société

Mariage. Si les mariages d'amour se développent au Maroc, ils restent avant tout une affaire de raison. Ce ne sont pas deux individus mais deux familles qui se lient. On choisit sa moitié pour que la cohabitation se passe pour le mieux. Une femme issue de la bourgeoisie fassi se mariera rarement avec un homme dont la famille vient d'un village de l'Atlas. La famille s'implique encore souvent activement dans la recherche d'un compagnon pour sa progéniture, même si cette dernière ne se laisse plus autant faire. On commence à considérer comme une vieille fille une femme sans bague au doigt à partir de l'âge de 25 ans. Pour l'homme, 3-4 ans plus tard. Le mariage est l'occasion de grandes réjouissances familiales et de fêtes parfois somptueuses qui endettent souvent les familles. Autrefois, la mariée, parée de ses plus belles tuniques, était habillée et maquillée par une flopée de servantes professionnelles, puis confinée cinq jours durant dans une maison où elle recevait les riches présents de ses amis et de sa famille. Le jour du mariage, on la présentait au domicile du marié, qui souvent découvrait alors le visage et le corps de sa promise pour la première fois. Après le festin, la mariée était préparée par ses servantes, puis accompagnée jusqu'à la chambre nuptiale où la rejoignait alors son époux.

L'âge légal pour se marier est fixé à 18 ans pour tous. Les mariages consanguins sont interdits par le droit marocain, et la polygamie fortement limitée par la réforme du Code de la famille de 2004. Selon le Coran, un musulman n'a pas l'obligation de se marier avec quelqu'un de sa confession mais se doit néanmoins de le faire avec un croyant monothéiste.

Polygamie. " Epousez comme il vous plaira deux, trois ou quatre femmes. Mais si vous craignez de n'être pas équitable, prenez une seule femme ", rapporte le prophète Mahomet dans le Coran (IV, 3). Est-il réellement possible de traiter équitablement plusieurs femmes ? Certains considèrent que cette sourate souligne la volonté de Dieu de limiter la polygamie, d'autres qu'il s'agit d'une autorisation en bonne et due forme... Quoiqu'il en soit, de nos jours, au Maroc, la polygamie a pratiquement disparu en raison de l'urbanisation, de conditions économiques difficiles, de l'amélioration du statut des femmes et, tout simplement, de l'évolution des moeurs.

Divorce. Jusqu'en 2004 et la réforme du Code de la famille, la Moudawana, il était extrêmement difficile pour une femme de divorcer, tant sur le plan juridique que financier. Désormais, elle peut, à l'égal de l'homme, demander le divorce même si les pratiques mettent bien sûr plus de temps à évoluer que le droit.

Condition féminine. Les premiers mouvements féministes maghrébins datent des années 1980. Bien que les Marocaines soient moins revendicatrices que les Algériennes et les Tunisiennes, les mentalités changent peu à peu. Si elles ne vivent jamais seules, les femmes travaillent de plus en plus pour ne pas être à la charge de leurs proches. Dans les villes, les lycées accueillent autant de jeunes filles que de garçons. A l'université, les femmes sont plus nombreuses. Mais les accès à la culture et au travail ne sont que les premières étapes, essentielles, d'un changement de la condition féminine. Ce sont surtout les mentalités qui doivent changer. Sur le plan institutionnel, depuis la réforme du Code de la famille de 2004, le Maroc est l'un des pays les plus progressistes de la région en matière de droits de la femme. Désormais, les Marocaines sont les égales des hommes, excepté en matière d'héritage, où ils restent avantagés. En effet, le Coran stipule qu'une femme doit recevoir moitié moins que ses frères lors d'un héritage - son mari étant supposé la prendre en charge matériellement. Pour le reste, grâce à cette réforme de la Moudawana, la femme peut choisir son époux librement, demander le divorce, une pension alimentaire et la garde partagée des enfants en cas de séparation... Un énorme pas en avant, que certains ou plutôt certaines ne digèrent pas encore, puisque selon un sondage Le Monde-TelQuel, 49 % des Marocaines considèrent que la réforme leur donne trop de droits (juillet 2009).

Homosexualité. Les pratiques homosexuelles sont réprouvées par la loi. L'article 489 du Code pénal condamne " tout acte impudique ou contraire à la nature " avec une personne de même sexe. Les peines d'emprisonnement peuvent aller de six mois à un an et les amendes s'élevent à 1 200 DH. Cependant, dans la pratique, l'homosexualité masculine est relativement courante même si elle n'est ni admise ni affichée. Par ailleurs, ne vous méprenez pas : vous verrez souvent des hommes se tenant par la main dans les rues. Pour autant, ce ne sont pas des homosexuels, mais c'est une façon de souligner l'affection amicale qu'ils ont l'un pour l'autre.

Bécotage interdit

Pour un Marocain, embrasser quelqu'un en public signifie que l'on couche avec lui. Ça ne se fait pas, c'est chouma : une honte de " manquer de respect ainsi aux autres ". Accessoirement, c'est interdit. Le Maroc applique (modérément) la chariah, la loi coranique. On ne vous enverra pas en prison pour un baiser mais les policiers ne se gêneront pas pour vous arrêter et vous sermonner jusqu'à ce que vous leur glissiez un petit billet dans la main. De même si vous vous promenez enlacés dans la rue le soir. En dehors des grands axes, seules les prostituées circulent au bras d'homme, à pied après 22h (dans les grandes villes, les femmes sortent le soir, mais exclusivement en voiture). Les couples franco-marocains ou avec une personne d'origine africaine seront plus importunés que les autres touristes, que l'on laisse relativement tranquilles.

Religion

Sunnites et chiites. Les musulmans sont séparés en deux familles majeures : les sunnites et les chiites. L'origine historique de ce schisme est la lutte menée par Ali, le gendre de Mahomet et quatrième calife, contre les Omeyyades au pouvoir à Damas. Finalement, Ali, père des seuls descendants directs mâles de Mahomet, fut vaincu, et le chef des Omeyyades fut désigné comme calife légitime. On désigne par sunnites les partisans des Omeyyades (de sunna, la tradition), qui sont majoritaires dans le monde, alors que les fidèles d'Ali sont nommés chiites, on les trouve par exemple en Iran ou en Azerbaidjan. Les différences qui existent entre ces deux familles sont essentiellement historiques (plus que théologiques ou pratiques) et résident dans un nombre d'imams (chefs religieux) reconnus différents.

Au Maroc, l'immense majorité de la population est sunnite et se rattache à la doctrine malikiste, moins austère dans l'application du Coran que d'autres.
Il existe aussi de nombreuses confréries, qui ont un très lointain rapport avec les moines de la religion chrétienne. Dans les zaouïas, centres de rassemblement des confréries, on vénère un saint, même si l'islam ne reconnaît pas de saints au sens biblique du terme.

Le calendrier musulman, également appelé calendrier de l'hégire, en référence à la fuite du prophète Mahomet de La Mecque vers Médine, débute le 16 juillet 622 (date de cette fuite). Outre ce décalage de plus de six siècles par rapport au calendrier chrétien, le calendrier musulman prend comme référence le mouvement de la Lune, alors que le nôtre s'inspire du mouvement du Soleil.

Il en résulte que dans le calendrier de l'hégire, les mois comptent 29 ou 30 jours et les années 354,5 jours. Les fêtes musulmanes se trouvent ainsi avancées de dix ou onze jours suivant les années, par rapport à l'année précédente dans le calendrier chrétien. Exemple : une cérémonie se déroulant le 19 mars 2011 sera fêtée l'année suivante, si l'on suit le calendrier de l'hégire, le 8 ou le 9 mars 2012, et l'année 2012 du calendrier chrétien correspond à l'année 1433 du calendrier musulman.

La circoncision n'est pas recommandée par le Coran, mais cette coutume, qui est antérieure au Livre, a tout de même été intégrée aux pratiques musulmanes. Pour le jeune musulman, il s'agit du rite de passage dans la communauté des croyants. La circoncision est soit pratiquée dans la première semaine après la naissance, soit lors d'une cérémonie réunissant tous les jeunes du même âge, et c'est alors l'occasion d'une grande fête.

Le moussem est une célébration religieuse régionale, organisée à date (à peu près) fixe autour d'un sanctuaire. Il est l'occasion d'un pèlerinage mais aussi de nombreuses manifestations folkloriques (fantasias, foires, danses...) autour desquelles se retrouvent les différentes tribus de la région.

Autrefois exclusivement liés aux commémorations de personnages saints, les moussems de nos jours ponctuent souvent la fin d'une récolte ou accompagnent un heureux événement survenu dans un village : moussem des dattes à Erfoud, moussem des amandiers à Tafraoute, moussem du miel à Imouzzer...
Traditionnellement, le moussem débute par le sacrifice d'un animal (le plus souvent un taureau) face au sanctuaire qui abrite les ossements du marabout. Le sacrifice des animaux doit apporter la baraka, cette grâce que chacun appelle de ses voeux. Les moussems et fêtes musulmanes relèvent de croyances diverses qui reflètent l'identité culturelle de nombreux Marocains.

M.-P. Rauzier, C. Tréal et J.-M. Ruiz, Moussems et fêtes, Editions ACR, 1997.

Les cinq piliers de l’islam

Parmi les règles de vie énoncées dans le Coran, cinq sont fondamentales :

Shahada, profession de foi dont la seule répétition sincère suffit pour s'affirmer musulman : " Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète. "

Zakat, l'aumône légale. Il est un devoir pour chacun de donner aux pauvres.

Hadj, le pèlerinage à La Mecque, est considéré comme l'apothéose d'une vie pieuse. Tout musulman devrait l'accomplir une fois dans sa vie. Cependant, tous ne le peuvent pas et l'islam prévoit des dispenses. La période préconisée correspond au dernier mois de l'année (de l'hégire), une époque où des musulmans venus du monde entier se retrouvent à La Mecque ou dans ses environs.

Sala ou Salat, la prière rituelle qui doit s'effectuer cinq fois par jour après ablutions. Si la prière commune à la mosquée est la plus importante, on peut toutefois prier n'importe où et même dans le désert où, à défaut d'eau, on fera ses ablutions avec du sable ; il suffit de se tourner vers La Mecque. Le jour plus particulièrement consacré à Allah est le vendredi. Ce jour-là, les fidèles se rendent traditionnellement à la mosquée.

Sawm, le jeûne du ramadan, commémore la révélation du Coran à Mahomet. Durant le neuvième mois du calendrier islamique, chaque musulman doit observer un certain nombre de règles entre le lever et le coucher du soleil. Il lui est interdit de fumer, de boire, de manger et d'avoir des relations sexuelles. La vie prend un rythme particulier pendant la journée, mais dès l'heure de la rupture du jeûne, l'ambiance est plutôt à la fête.

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