Guide d'ESSAOUIRA : Politique et économie

Politique
Structure étatique

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle et héréditaire où les trois piliers de tout système politique, l'exécutif, le législatif et le judiciaire, sont censés s'équilibrer et jouir d'une parfaite indépendance. Cependant, le roi dispose d'un pouvoir de fait quasi absolu. Il est à la fois chef religieux, chef suprême des armées et il préside le Conseil des ministres. C'est lui qui choisit le Premier ministre et, sur proposition de celui-ci, nomme les autres membres du gouvernement. Quatre ministères essentiels, appelés ministères de " souveraineté ", relèvent du domaine réservé et exclusif du roi. Il s'agit de la Justice, de l'Intérieur, des Affaires étrangères et des Affaires islamiques. La responsabilité du gouvernement est en principe engagée devant le Parlement. Ce dernier est composé de deux chambres élues : la Chambre des représentants (suffrage universel direct) et la Chambre des conseillers (élection par des collèges de salariés, de collectivités locales...). Le pouvoir législatif est dévolu au gouvernement et au Parlement. L'autorité judiciaire est constitutionnellement indépendante des deux autres pouvoirs. Les magistrats sont nommés par décret sur proposition du Conseil supérieur de la magistrature, institution présidée par le monarque absolu. Selon la Constitution, les partis politiques, les syndicats et les organisations professionnelles étaient appelés à prendre une part importante à l'administration du pays. Cependant, le roi conserve le pouvoir réel.

Partis

Contrairement à d'autres pays arabes, le Maroc a opté pour le pluripartisme politique. On compte une douzaine de partis légaux, dont une majorité s'est toujours située dans la mouvance du palais. On les appelle les partis de l'administration. Le reste est dominé par deux anciens partis d'opposition, héritiers du Mouvement national pour l'indépendance du Maroc : l'Istiqlal ou PI et l'Union socialiste des forces populaires (USFP).

Les défis à relever sont de taille et ne peuvent s'accommoder de la politique gouvernementale, jugée trop timorée par les générations montantes. Il existe plusieurs syndicats plus ou moins directement liés aux partis politiques, de gauche en particulier. Leurs adhérents se recrutent essentiellement au sein de la classe ouvrière, concentrée dans la conurbation comprise entre Kenitra et Casablanca, et parmi les enseignants, dont certains sont aujourd'hui gagnés par l'islamisme. Ces syndicats pâtissent, eux aussi, du non-renouvellement des cadres dirigeants et de formes d'organisations jugées passéistes.

Enjeux actuels

En ces temps de Printemps arabe qui riment bien souvent avec Révolution, le Maroc réaffirme son soutien à son souverain, Mohammed VI, 47 ans et père de deux enfants. Fils de Rabat, troisième roi du Maroc et 23e de la lignée alaouite, Mohammed VI incarne un Maroc jeune, dynamique et entrepreneur, tourné vers la famille. Soutenu par les religieux du pays, son portrait est fièrement arboré dans la majorité des boutiques du royaume, lors des principaux événements culturels du pays, parfois même - sans gêne - aux côtés de publicités de grandes marques. Nombreux sont ceux qui vous raconteront le jour où ils l'ont aperçu, lui ont serré la main ou ont eu la chance de pouvoir échanger quelques mots avec lui.

La nouvelle Constitution affirme le principe de non-discrimination de race, de sexe ou de religion et introduit une notion de parité hommes-femmes. D'après le magazine marocain indépendant TelQuel, le malaise qui touche le Maroc vient du fait qu'en tablant sur une nouvelle constitution, on s'est éloigné d'une question plus essentielle qui serait : " qui est pour le roi et qui est contre ? ". D'après le quotidien Le Monde, dans un article du 13 juillet 2011, le malaise viendrait également des baltaguis, des " provocateurs partisans du pouvoir " nommés ainsi par les manifestants du Mouvement du 20 février et que ces derniers accusent d'être payés pour semer le trouble lors de manifestations qui - rappelons-le - se veulent pacifiques. Le Monde cite également Abdelhamid Amine, membre de l'Association marocaine des droits de l'Homme : " On a permis à ces baltaguis, devenus pratiquement des forces auxiliaires, non officielles (...) de traiter les militants de vendus, d'ennemis du roi, d'athées, de mangeurs du Ramadan, de prostituées, d'homosexuels... ".

Dans un pays où l'islam joue un rôle très important, Le Monde rapporte que les imams auraient été " contraints de lire un prêche envoyé par le ministère des Affaires islamiques en faveur du oui ". Une pratique qui aurait été également de mise sous Ben Ali en Tunisie...

Économie
Principales ressources

L'agriculture traditionnelle est la principale source de revenus des familles. Les cultures industrielles modernes sont en grande partie destinées à l'exportation. L'agriculture fait vivre la moitié de la population marocaine (40 % de la population active) ; un très faible pourcentage de gros propriétaires possède plus de 40 % de la surface agricole. Les terres peuvent appartenir à la tribu (les paysans sont souvent métayers) mais, de plus en plus, les familles disposent de leurs propres parcelles. Elles complètent leurs revenus par l'élevage. Les têtes de bétail sont des biens monnayables en cours d'année et représentent une certaine sécurité financière en cas de coup dur au niveau des récoltes. L'activité agropastorale est d'une nature différente suivant les secteurs géographiques et les capacités d'irrigation. Les céréales occupent 80 % des surfaces cultivées. La consommation de pain augmente : le blé, autrefois produit et exporté aux deux tiers, n'est plus suffisant, et sa production revient cher. Les céréales essentielles sont le blé, le maïs et l'orge (qui supporte mieux la sécheresse que le blé). Le maïs est quelquefois excédentaire et le Maroc en exporte en faibles quantités. Les céréales secondaires sont le sorgho, l'avoine et le seigle. La culture du riz, après avoir été abandonnée durant des siècles, est réapparue depuis 1948 sur les terres inondables, initialement de faible rendement. La culture des légumineuses (fèves, pois, lentilles) est intéressante parce qu'elle conserve la fertilité des sols tout en permettant la production de légumes secs exportables. Fruits et légumes mûrissent très vite au Maroc, et particulièrement sur le littoral où l'eau présente et le climat permettent ce type de culture.

La production représente à ce jour 30 % des échanges internationaux. Le gouvernement développe la mécanisation et l'organisation des infrastructures : il faut accroître l'équipement frigorifique et l'industrie des conserves pour résoudre le problème des débouchés. Le pays est l'un des plus grands producteurs méditerranéens d'agrumes. Parmi les autres fruitiers, on trouve de nombreux abricotiers, des amandiers, des figuiers, des vignes, des oliviers et trois millions de palmiers-dattiers. Le climat est capricieux, la menace constante. La terre est travaillée de manière trop rudimentaire, en important matériel et essence, d'où des prix de revient élevés qui subissent les lois de la concurrence en cas de surplus. Globalement, l'agriculture est déficitaire et les mauvaises années difficiles. L'eau reste le problème essentiel et fait l'objet d'efforts considérables, mais les ressources sont épuisables. Les premiers barrages ont été construits au temps du protectorat français pour faire face au manque d'eau, qui pouvait réduire à néant une année d'efforts. En 1988, le pays en comptait trente-quatre. Le gouvernement actuel projette d'en construire d'autres et d'exploiter les sous-sols contenant de l'eau.

L'élevage est au Maroc une activité traditionnelle. Les ovins, avec 17 millions de têtes, sont les plus nombreux, suivis des bovins avec 2,5 millions. Les animaux sont de qualité médiocre car ils sont confrontés à un climat difficile. La production de viande étant insuffisante, le Maroc en importe une partie importante.

La pêche restait, jusqu'à ces dernières années, en grande partie artisanale, malgré le potentiel qu'offrent les 3 500 km de côtes. Une dizaine de sociétés sont nées après la création, en 1969, de la Société nationale de pêche. Devenue industrielle, cette activité a enregistré une forte progression grâce à des accords noués entre le Maroc, la Russie et plusieurs pays de l'Union européenne. Ces accords ont été dénoncés en 1999 pour permettre aux pêcheurs marocains d'exploiter l'intégralité des ressources halieutiques du pays. Poissons blancs, maquereaux, anchois, sardines, thons et crustacés sont les principaux produits de la pêche marocaine. Agadir, le plus grand port de pêche du pays, est au premier rang mondial dans le domaine de la sardine. Les fonds sous-marins sont riches ; la congélation en mer permettra peut-être des débouchés par l'exportation, à condition que le matériel de pêche lui-même se modernise. On estime en effet le potentiel annuel de prises de poisson à 1,5 million de tonnes, alors qu'elles ne s'élèvent actuellement qu'à un demi-million de tonnes. Ce secteur emploie près de 100 000 personnes au Maroc. Le pays est également confronté au problème du renouvellement de la ressource halieutique. A cet effet, des périodes de repos biologique sont régulièrement instaurées par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche pour permettre à certaines espèces de se reproduire.

L'industrie s'est considérablement développée depuis la Seconde Guerre mondiale. Sa production concerne essentiellement le phosphate, l'agroalimentaire, le textile, la métallurgie et l'électromécanique. Le tout représente plus de 31 % du PIB, ce qui s'avère encore insuffisant, le pays restant extrêmement dépendant de l'extérieur. Les ouvriers marocains sont considérés comme les meilleurs du Maghreb. Cependant, le Maroc a ses faiblesses. Le manque de qualification, de précision et de ponctualité de la main-d'oeuvre est un handicap pour le développement industriel du pays, et favorise largement les investisseurs étrangers. Bien que riches, les sols marocains ne contiennent malheureusement que très peu d'hydrocarbures et ne sont exploités que depuis 1947. L'activité minière, qui emploie plus de 3 500 personnes, est à l'origine de l'évolution de quelques régions et de la naissance de plusieurs agglomérations. L'importance de ce secteur serait considérable si la totalité de la production était traitée dans le pays. Le Maroc est le premier producteur mondial de phosphates, grâce au gisement situé près de Laâyoune ; ses sols renferment les trois quarts des réserves de sa terre. Le phosphate contribue à la bonne santé du trafic ferroviaire, mais les cours mondiaux s'effondrent et, contrairement à ce qui était prévu, l'exportation ne permet pas d'alimenter les caisses du pays en devises étrangères. Le reste de l'industrie minière représente plus de 10 % des richesses du pays. Les réserves en fer ne sont pas négligeables mais sa production revient cher. Le Maroc possède à Jerada un seul gisement de charbon anthracite, dont la production est en partie exportée. Les cours mondiaux du manganèse (extrait dans le Siroua) baissent, et les stocks s'écoulent difficilement. La production de plomb, bien que marginale, est en bonne position au niveau mondial. Le cobalt, provenant de l'Anti-Atlas, est utilisé dans l'industrie chimique ; les principaux clients sont la France, la Belgique et la Chine. Le Maroc produit aussi du mobylène, du fluor, de la barytine, de l'antimoine, du zinc, du cuivre et de l'étain.

Le Maroc est un fournisseur de haschisch dont l'importance au niveau mondial est incontestable. Le trafic concerne l'Europe pour environ 30 % de la consommation et les Etats-Unis à concurrence de 2 milliards de dollars. La présence de drogue au Maroc pose des problèmes à l'Occident. Si le pays souhaite s'imposer sur le plan économique, il lui faudra renoncer à ce genre de commerce.

Secteur tertiaire. Les services concernent au Maroc 35,5 % de la population active, contre 27,2 % en 1985, pour produire 46,5 % du PIB. Cependant, si on enlève de cette population tous les postes administratifs (où les sureffectifs sont flagrants), on constate très rapidement que c'est le tourisme qui tient l'économie marocaine à bout de bras, sans compter que l'économie non officielle en bénéficie également très largement (les salaires des faux guides font souvent vivre des familles entières). Le roi Hassan II ne s'est pas mépris sur l'importance du tourisme pour son pays, et il encourageait régulièrement son peuple, lors de ses allocutions télévisées, à accueillir le mieux possible les visiteurs.

Cependant, certains centres touristiques ont été construits avec force béton et souvent en dépit du bon sens et se trouvent aujourd'hui sinistrés en raison de l'évolution des habitudes touristiques des voyageurs, tentés par la recherche de l'authentique. C'est le cas d'Agadir, et surtout de la côte méditerranéenne, entre Tétouan et Ceuta.

L'activité commerciale est assurée dans les villes par les souks ruraux mais aussi par des organismes d'Etat rompant les circuits traditionnels, comme l'Office national des céréales (ONC). La redistribution des produits importés, comme celle des productions locales, est dominée par Casablanca, compte tenu de la prééminence de son port et de ses activités industrielles. Certaines villes ont cependant réussi à organiser par elles-mêmes un réseau à leur profit, comme Fès pour la collecte des olives.

Les structures du commerce de détail sont extrêmement hétérogènes : traditionnelles, modernes, sédentaires, ambulantes. A côté des marchands détaillants, le plus souvent indépendants, s'est développée toute une frange " informelle " de marchands de rue, de colporteurs. Quelques grandes surfaces, hypermarchés et supermarchés, font leur apparition. Elles dépassent à peine la centaine et sont concentrées dans les grandes villes.

Infrastructures. Ce pays aux deux façades maritimes possède aujourd'hui des ports industriels performants. Celui de Casablanca assure 65 % du trafic portuaire ; des millions de tonnes de marchandises y transitent chaque année. Le trafic aérien s'est considérablement développé, le nombre de voyageurs a plus que doublé en 30 ans, tandis que les tonnes de fret pèsent plus lourd chaque année. L'aéroport de Casablanca assure 40 % du trafic passager et une très grande partie du fret. Le développement du réseau routier a précédé celui du réseau ferroviaire. Plus de 60 000 km de routes (pas toutes en bon état) permettent de parcourir le pays. Le rail dessert uniquement le Nord et une partie des côtes maritimes. Il est inexistant au sud de Marrakech.

Place du tourisme

Le secteur du tourisme génère plus de 2 milliards d'euros de recettes. Plus de 8,34 millions de touristes ont visité le Maroc en 2009, en large majorité européens. Une crise pour 2011 est à attendre, avec -14 % de nuitées dans les structures d'hébergement en juin 2011 par rapport à juin 2010. En tant que deuxième source de devises étrangères pour le Maroc (après les mandats des travailleurs immigrés), il permet d'équilibrer la balance et est à l'origine de nombreux emplois officiels. Bon nombre de familles en vivent aussi, grâce à de petits boulots, dans des conditions assez précaires.
Depuis la baisse de fréquentation de destinations comme la Jordanie ou la Turquie, l'intérêt porté sur la destination Maroc reprend de plus belle et fait les beaux jours des tour-opérateurs depuis quelques années. Les attentats du 11 septembre 2001 à New York et de 2007 à Casablanca n'ont eu que peu d'effets négatifs sur le tourisme. En revanche, il semblerait que l'attentat d'avril 2011 à Marrakech et que les révolutions dans certains pays du Maghreb, le tout dans un climat de récession économique mondiale, soient bel et bien les principaux responsables de la crise qui touche le secteur du tourisme.
Il faut dire que les autorités investissent massivement dans le tourisme en augmentant la capacité hôtelière des principaux sites ; c'est ce que le gouvernement a appelé le " Plan Azur ". Actuellement, on voit à Marrakech des immeubles sortir de terre un peu partout et de nombreux projets, dont certains bien avancés, existent dans les provinces du Sud. Le risque de ce développement " sauvage " du tourisme est de faire vite et pas cher, et donc de ne pas respecter le cadre, l'environnement et les structures sociales des populations. Il n'en reste pas moins que le tourisme représente une véritable manne pour le pays, et, à des degrés divers pour une grande partie de sa population.

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