Guide d'ESSAOUIRA : Le Maroc en 30 mots-clés

Adresses

Si vous souhaitez vous rendre à une adresse précise, n'hésitez pas à demander votre chemin aux passants, mais mieux vaut alors connaître le quartier. Vous vous apercevrez vite que la plupart des gens ignorent le nom des rues et des ruelles, surtout si vous vous trouvez dans une médina. Et pour cause : la plupart des rues ne portent pas de plaques et possèdent parfois jusqu'à cinq appellations différentes en fonction de l'ancien nom (celui de l'époque du protectorat), du nom arabe, du nom populaire, etc. La meilleure solution, lorsqu'on vous donne une adresse, est de s'assurer d'un point de repère (à Marrakech, près de la Koutoubia, par exemple). Il n'est pas rare que les Marocains se détournent de leur propre chemin pour vous accompagner jusqu'à l'endroit que vous cherchez. Si votre guide semble être d'une classe modeste, vous pouvez ajouter un pourboire à vos remerciements.

Bakchich

Le bakchich fait partie intégrante du quotidien de nombreux travailleurs marocains (vendeurs à la sauvette, chauffeurs de taxi, guides...) qui se plaignent de ne pouvoir exercer leurs activités sans payer la police locale. Vous aurez peut-être l'occasion de constater que les Marocains ne sont pas les seuls à s'en plaindre... Si vous circulez en voiture de location notamment, vous vous apercevrez vite que la police est très présente sur les grands axes, notamment entre Marrakech et Essaouira, ou aux abords de Fès et Agadir. Equipée de radars, fonctionnant ou non, elle n'hésitera pas à vous demander de vous ranger sur le bord de la route, que votre infraction soit réelle ou pas. Il est vrai qu'il est un dur combat avec sa conscience de choisir entre payer l'amende légale de 400 DH pour lutter contre la corruption (toujours demander un reçu dans ce cas), ou économiser son budget vacances en se contentant d'un bakchich d'une centaine de dirhams.

Baraka

La baraka désigne la grâce divine, la chance. Généralement, la baraka s'obtient en invoquant la mémoire d'un saint homme ou, mieux encore, en effectuant un pèlerinage sur les lieux de son sanctuaire (koubba ou zaouïa). Pour s'assurer la baraka, il faut ramasser sur le sol, près du mausolée, de la terre (le henné du marabout) et la conserver avec soi comme une relique. Mais la baraka est aujourd'hui de plus en plus invoquée par les Marrakchis lorsqu'ils reçoivent un présent ou une pièce des mains d'un commerçant ou d'un touriste : " Baraka Allah oufik ! ", ou " Que la bénédiction de Dieu soit sur toi ! " Vous entendrez cette expression souvent, et notamment dans les souks.

Bain de sable

Les bains de sable sont pratiqués traditionnellement par les nomades vivant dans le désert. Aujourd'hui, les Marocains des grandes villes, mais aussi les touristes étrangers, se déplacent pour y goûter. Le principe est le suivant : un trou est creusé dans le sable chaud. On se dévêt et reste un bon moment dans le sable qui recouvre le corps des pieds jusqu'au bas du menton. Seul le visage émerge. Le bain de sable permet au corps de se laver de ses impuretés grâce à la forte suée qu'il génère. Au sortir du bain de sable, prenez garde au coup de froid ! Si vous souhaitez tenter l'expérience, de plus en plus proposée aux touristes, assurez-vous d'être en bonne santé car l'exercice est assez violent pour l'organisme.

Casbah ou kasbah

Les casbahs désignent les quartiers fortifiés des villes, construits en pisé (mélange de terre argileuse et de cailloux). Adaptées aux climats arides des régions du Sud et de Marrakech, les casbahs ont joué un rôle fondamental dans l'histoire du Maroc : résidences des seigneurs, elles servaient de refuge aux paysans en cas d'agression. Certaines casbahs, qui datent de plusieurs siècles, résistent étonnamment au temps. Elles furent construites selon un procédé sommaire qui nécessite un entretien constant : il s'agit d'un assemblage de briques (adobe) et de pisé, parfois réalisé à l'intérieur d'un coffrage. Les environs de Marrakech conservent les plus beaux spécimens de casbah : notamment celles de Telouet, d'Anminter et d'Aït Benhaddou.

Dromadaire

Même si tout le monde l'appelle " chameau ", le mammifère ruminant présent dans le Sud marocain est bel et bien un dromadaire, car le territoire du chameau se limite à l'Asie centrale. Le dromadaire, quant à lui, vit en Afrique et dans la péninsule Arabique. Ce représentant de la famille des camélidés, tout comme le lama, originaire de la cordillère des Andes, a longtemps été utilisé comme bête de somme. Particulièrement bien adapté aux difficiles conditions de vie inhérentes au désert, cet animal très résistant a été introduit au Sahara au début de notre ère. Il remplaçait alors le cheval qui n'était plus adapté à l'aridité croissante régnant dans la région. Plusieurs particularités permettent au dromadaire de s'adapter au désert. Sa bosse est une réserve de graisse : en oxydant 1 kg de cette graisse, son métabolisme lui fournit un litre d'eau. Ses longs cils protègent ses yeux, et ses narines pouvant se fermer le préservent contre le sable soulevé lors de tempêtes. Les épines des résineux, dont il raffole, ne le rebutent pas. Ses articulations renforcées, particulièrement les genoux sur lesquels il repose pour baraquer et ses sabots ne craignent pas le sable brûlant. Il peut parcourir plus de 150 km en une journée. Des tentatives pour introduire le dromadaire en Espagne et dans le désert américain sont restées vaines. Seule l'Australie, où l'animal a été introduit il y a un peu plus d'un siècle, compte encore environ 20 000 dromadaires vivant à l'état sauvage. De nos jours, il est toujours l'allié indispensable des nomades qui sillonnent le Sahara, même si les caravanes sont de moins en moins nombreuses. Ce " vaisseau du désert ", en plus de transporter les marchandises et les effets de son propriétaire, lui assure une monte confortable quoique déroutante pour un novice. Le lait de dromadaire et sa viande sont aussi appréciés. Dans le Sud marocain, certains propriétaires de dromadaires louent leurs bêtes pour l'organisation de méharées leur offrant une nouvelle source de revenus.

Fondouk

Les fondouks sont d'anciennes auberges devenues aujourd'hui lieu de stockage de marchandises commerciales (blé, artisanat, vêtements), ainsi que le refuge de la population la plus pauvre de la médina. Il existe 145 fondouks dans la médina de Marrakech, dont la moitié en très mauvais état. La porte cochère des fondouks, plus ou moins ouvragée, s'ouvre sur une vaste cour entourée de chambres. Ces caravansérails ont souvent trois ou quatre niveaux, chaque étage étant bordé d'une galerie soutenue par des piliers en bois donnant accès aux nombreuses salles de l'édifice. Le rez-de-chaussée des fondouks était traditionnellement réservé aux montures et aux marchandises des commerçants. Le plus beau fondouk de Marrakech est situé à quelques pas de la fontaine Echrob ou Chouf.

Francophonie

Ancienne colonie française, le Maroc a conservé de nombreux aspects de notre culture, à commencer par la langue. Dans les villes, la plupart des gens le parlent couramment, a fortiori ceux qui sont confrontés aux touristes. Vous aurez certainement un peu plus de mal à vous faire comprendre dans les coins reculés, mais il y aura toujours quelqu'un dans les parages qui pourra vous servir d'interprète.

Gazelles

Les gazelles, c'est vous Mesdames (et Mesdemoiselles). Surnom affectueux donné par les Marocains à toutes les jolies filles, et pas uniquement aux touristes. A vous d'évaluer comment l'interpréter selon le ton employé...

Guide

Il est vivement recommandé de faire appel aux guides officiels agréés par le ministère marocain du Tourisme. Ces derniers connaissent parfaitement l'histoire de leur pays dont ils parlent les langues. De plus, ils ont suivi une formation qui les rend compétents et aptes à vous porter secours en cas de problème. Vous les trouverez dans les hôtels, les syndicats d'initiative et les délégations régionales du ministère du Tourisme. Vous les reconnaîtrez à leur insigne. Quant aux " faux guides ", terme utilisé partout pour désigner les guides non officiels, ils ne sont pas forcément à éviter comme la peste, mais rien ne prouve leur compétence, vous pouvez donc tomber sur un " bon faux guide ", comme sur un " mauvais faux guide ". Méfiance donc.

Hadj

Le hadj est celui qui a accompli au moins une fois dans sa vie le pèlerinage que tout fidèle musulman doit effectuer à La Mecque, en Arabie saoudite. L'appellation de " hadj " est une marque de respect et de révérence accordée à ces fidèles exemplaires. Par extension, il s'applique à tout homme d'âge certain à qui vous souhaitez témoigner votre respect.

Hammam ou bain maure

Le hammam possède une fonction sociale importante. Chacun s'y rend pour se laver, mais aussi pour rencontrer ses semblables et bavarder. Souvent situé à proximité des mosquées, il représente encore la purification indispensable avant la prière collective. Selon les heures de la journée, le hammam est réservé aux hommes (généralement le matin et en fin de journée) ou aux femmes. Prenez garde à l'hygiène : les critères de propreté n'y sont pas forcément les mêmes qu'en France. Mieux vaut donc vous renseigner à la réception de votre hôtel. Pour réussir un bon bain maure, vous devez vous procurer du savon noir, appelé localement savon beldi (en vente dans les hammams), ainsi que le fameux gant (el-kiss) fait de toile noire et bordé d'un élastique. Frottez énergiquement votre corps, de la tête aux pieds, à l'aide de ce gant préalablement mouillé à l'eau chaude (vous pouvez aussi vous faire masser par les spécialistes). Ce traitement, un véritable gommage, débarrassera votre corps de toutes les peaux mortes. Vos pores seront alors prêts à recevoir, après rinçage, la vapeur et les bienfaits du bain maure. Terminez par une revigorante douche froide !

Hospitalité

Si vous ne pouvez pas vous dérober au rituel du thé à la menthe sans passer pour un mufle et un cuistre, il est cependant possible de refuser une invitation à un repas ou une visite. Mais alors, vous perdrez une bonne occasion de découvrir l'intimité de la vie marocaine. Dans les campagnes en revanche, hospitalité n'est pas un vain mot. " O, toi qui passes le seuil de ma porte, tu es le maître et je deviens ton serviteur ", enseigne un vieux dicton. Il n'est pas rare qu'après avoir simplement noué une conversation banale, vous soyez invité à partager le repas de vos interlocuteurs. Ceux-ci déploieront tous leurs efforts pour vous satisfaire. Pensez à interroger vos hôtes sur leur vie, leur travail, leur famille - la politesse l'exige et vous ne paraîtrez nullement indiscret.

Inch Allah !

" Si Dieu le veut ! " Cette expression que vous entendrez très souvent au Maroc ponctue la plupart des phrases employant le futur. Une soumission à la volonté divine qui dénote une certaine humilité et... une bonne dose de fatalisme !

Kif

La production du cannabis est un " avantage acquis " au Maroc : le roi Mohammed V accorda autrefois aux habitants du Rif le privilège de la culture légale du kif, tout en interdisant son négoce. Aujourd'hui, 70 000 ha sont consacrés à sa culture (vers Kétama et Ouezzane). Mohammed VI essaie néanmoins de convertir l'économie de la région, en la redirigeant notamment vers le tourisme et l'agro-industrie. Consommer du kif est rigoureusement interdit et la gendarmerie royale ne plaisante pas, y compris avec les touristes étrangers.

Kiss

Ce gant à surface rugueuse, notamment utilisé dans les hammams, permet de réaliser une sorte de peeling. Il est passé vigoureusement sur le corps après avoir appliqué le saboon beldi, savon à base d'huile d'olive. Les Marocains, lorsqu'ils sont francs, vous diront qu'ils jugent passablement " sales " les Occidentaux puisqu'ils n'ont jamais recours au kiss. Il est vrai que si l'expérience n'est pas forcément des plus plaisantes, il est indubitable qu'elle procure une sensation de propreté étonnante attestée par les " fils " de peaux mortes dont le kiss permet de se débarrasser. Attention, peaux sensibles s'abstenir...

Koubba

A l'origine, la koubba désignait une coupole (celle des Almoravides, près de la medersa Ben Youssef, à Marrakech) qui dominait un bassin à ablutions ou un tombeau. Par extension, le terme désigne aujourd'hui les marabouts ou les tombeaux surmontés d'un dôme.

Marchandage

Cette pratique fait partie intégrante de la culture et possède de bons côtés car elle pousse au contact et à la discussion. Il ne faut jamais raisonner en euros, ni vous dire que vous y gagnez. De toute façon, si le marchand vous vend un produit, c'est qu'il y gagne aussi quelque chose. Ne vous demandez pas si vous auriez pu descendre plus bas. Le but est d'arriver à un bon prix qui fasse autant plaisir au marchand qu'à vous-même. Essayez tout de même de vous renseigner auparavant, pour connaître la fourchette de prix du produit que vous souhaitez acheter. Enfin, règle d'or, si vous proposez un prix et que le marchand l'accepte, il serait extrêmement mal vu de changer d'avis et de ne plus vouloir payer.

Medersa

Les medersas sont les écoles coraniques autrefois chargées de l'éducation des étudiants en théologie, en histoire ou en sciences. La première de ces " universités coraniques " fut celle de la mosquée Al-Quaraouiyine, en 859, à Fès, qui demeura pendant des siècles le phare intellectuel du Maghreb. Les medersas prirent leur réel essor sous les sultans marinides, au XIVe siècle. On en trouva dès lors presque partout au Maroc. Elles sont souvent situées près des mosquées et leur architecture repose traditionnellement sur une vaste cour rectangulaire à ciel ouvert, pourvue d'un large bassin à ablutions et d'un déambulatoire. A l'extrémité de cette cour, la salle de prières est un pur joyau de décoration. Les murs, ornés de zelliges et finement ciselés, sont généralement très hauts et coiffés d'un toit de tuiles vertes en forme de pyramide. A l'étage, les chambres sont de petites cellules où s'entassaient les étudiants. Aujourd'hui désacralisées, les medersas sont les seuls monuments religieux ouverts aux non-musulmans. Profitez-en !

Médina

Le terme de " médina " désigne la vieille ville située à l'intérieur des remparts, souvent très populaire. Celles de Marrakech et de Fès sont envoûtantes avec leur dédale de ruelles, d'odeurs, de décorations. On découvre en s'enfonçant dans les ruelles un univers fascinant où s'attarde un passé médiéval presque intact, où le vacarme de venelles pleines d'enfants tapageurs alterne avec le recueillement des rues proches des medersas et des zaouïas. La médina est le poumon et le coeur de la ville, tout s'y passe, tout s'y dit, tout s'y achète et s'y vend.

Mendicité

Vous serez plutôt moins sollicité au Maroc que dans la plupart des autres pays africains. Si c'était le cas, voici quelques conseils que chacun est libre d'appliquer ou pas. Si la main tendue appartient à une personne âgée, donnez-lui quelque chose, car s'il en est rendu à mendier, sachant ce que représente la famille en Afrique, c'est très probablement qu'il n'en a plus. Et n'oubliez pas qu'il a peut-être combattu aux côtés de votre grand-père, il y a une cinquantaine d'années, dans les rangs de l'armée française. Si vous êtes sollicité par un handicapé ou, plus rare, par une femme, agissez comme bon vous semble. Trop d'éléments entrent en ligne de compte. S'il fallait dégager une tendance ? Donnez ! (à part si la femme tient un enfant, qui n'est que rarement le sien). Si c'est un enfant qui vous demande l'aumône, ne donnez pas. Plusieurs raisons peuvent amener un enfant à mendier, la plupart du temps, il doit restituer ce qu'il reçoit à un protecteur. Si vous souhaitez lui rendre service, donnez à une personnalité locale, instituteur ou chef de village, qui répartira ensuite équitablement votre don. Donner à un enfant qui mendie, c'est l'encourager à continuer et quel avenir cela lui prépare-t-il ?

Mirage

Contrairement à une idée reçue, les mirages ne sont pas une exclusivité des déserts, ils peuvent également se produire sur la banquise. La cause en est la superposition de couches d'air de températures différentes. L'illusion d'optique est entretenue par une densité inégale à l'intérieur de ces couches d'air, et par une réflexion intégrale des rayons lumineux. La conséquence visuelle se traduit par le fait que des objets éloignés vont avoir plusieurs images inversées ou superposées et plus ou moins tremblantes. Particulièrement dans le sud du Maroc, aux heures les plus chaudes de la journée, il est fréquent d'être trompé : on croit voir une nappe d'eau alors qu'il ne s'agit, en fait, que de ce phénomène d'optique.

Mosquée

Mosquée (djamaa en arabe) signifie le " rassemblement ". C'est donc l'endroit où l'on se rassemble pour une prière collective. D'une certaine manière, on peut dire que les mosquées sont autant des lieux de religion que des lieux de sociabilité où se passe une grande partie de la vie locale. Chaque quartier possède la sienne, plus ou moins récente, plus ou moins décorée. Ces décorations ne sont d'ailleurs pas du même ordre que celles des lieux de cultes chrétiens, la représentation (notamment humaine) étant interdite, elles rivalisent de virtuosité dans les motifs, les couleurs et les reliefs. La visite des mosquées est interdite aux non-musulmans depuis une loi promulguée sous le protectorat de la France par le maréchal Lyautey. Seule la mosquée Hassan II à Casablanca et celle de Tinmel, sur la route du Tizi n'Test, échappent à la règle, à certaines heures. Pour les visiter, une tenue correcte est impérativement exigée et il faut ôter ses chaussures à l'entrée. Chaque mosquée est composée d'une cour intérieure au centre de laquelle se trouve le bassin à ablutions. Face au mur de prière (qibla), orienté vers l'Orient, les fidèles s'alignent pour prier ensemble devant le mihrab, niche creusée dans la qibla et indiquant la direction de La Mecque. Le minbar, la chaire à prêcher où officie l'imam, peut être excentré ou situé devant le mihrab.

Muezzin

Le muezzin, de l'arabe " celui qui fait l'appel ", lance l'invitation à la prière du haut du minaret en modulant des sourates du Coran. Il était autrefois choisi pour sa voix... qui devait être assez puissante pour que les habitants de la ville entière puissent l'entendre ! Aujourd'hui, les haut-parleurs ont remplacé le souffle hors du commun du muezzin mais cela n'altère en rien la magie et le dépaysement que nous offre l'appel à la prière cinq fois par jour. Ceux qui ont le sommeil léger, tôt le matin, devront se faire une raison et se laisser bercer par le chant du muezzin...

Oasis

Marrakech fut construite à l'origine sur la plus grande oasis de la plaine du Haouz. Il est bien difficile de s'en rendre compte aujourd'hui, mais vous découvrirez ces étendues de verdure en bordure des oueds dans la vallée de l'Ourika (à 30 km de Marrakech) et surtout dans les vallées du Dadès et du Drâa où, blotties au pied des dunes, elles offrent un spectacle enchanteur. Certaines oasis du Grand Sud comme Aït Bekkou valent vraiment le détour.

Palmier-dattier

Cet arbre, cultivé en Mésopotamie dès l'Antiquité, a été introduit au Maroc par les Berbères qui eurent l'idée géniale de les planter en plein désert là où il y avait des sources : l'oasis venait d'être inventée. Au frais sous son feuillage, on y cultive des fruits et des légumes. Le palmier-dattier n'est pas trop exigeant sur la quantité d'eau qui lui est nécessaire, ses racines pouvant boire jusqu'à 10 m sous la surface du sol. Les nappes d'eau souterraines trop profondes et les sécheresses répétées nécessitent néanmoins que l'homme intervienne en lui apportant l'eau nécessaire. Dernière astuce : pour connaître l'âge d'un palmier, il suffit de compter ses anneaux... Vous vous apercevrez que vous êtes souvent face à d'honorables vieillards !

Riad

On appelle souvent " riad " une maison, mais c'est un abus de langage. Le riad désigne en réalité la cour qui se situe à l'intérieur d'une maison. Ces espaces sont de délicieux havres de paix au milieu de l'agitation incessante de la médina. Ils se révèlent aussi lieux de vie essentiels puisqu'au Maroc la vie sociale se déroule principalement dans les foyers. Un riad, c'est aussi un endroit où on profite de l'extérieur tout en étant protégé des regards.

Tadelakt

Dans de nombreux riads, les salles de bains sont habillées de tadelakt. Cette matière est en fait un mélange de chaux, de ciment blanc, et de pigments. Sa préparation requiert un certain savoir-faire puisqu'il faut dans un premier temps tamiser la chaux pour obtenir la fine poudre qu'il faudra mélanger avec de l'eau, puis laisser reposer environ une semaine pour que cela gonfle. Une fois la préparation bien gonflée, il faut y ajouter le colorant en ne cessant de remuer avant de l'appliquer sur le mur en béton. Une fois sec, il ne reste plus qu'à poncer à l'aide d'une pierre avant de passer une couche de cire transparente. Au toucher, le revêtement est doux, et il présente l'avantage d'être très étanche, raison pour laquelle il est utilisé dans les salles de bains et peut s'appliquer aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. En arabe, tadelakt signifie " masser, caresser ".

Thé à la menthe

Tout simplement incontournable ! Et si l'on en boit dans tout le Maroc, c'est dans le Sud que sa consommation est la plus importante. Les invitations à boire ce thé désaltérant ne sont pas toujours désintéressées (notamment dans les souks), mais outre le fait qu'il serait impoli de les refuser, elles donnent l'occasion d'expliquer tranquillement que vous ne souhaitez pas acquérir le " superbe tapis " ou le " magnifique bibelot " que l'on espère vous vendre. Le thé à la menthe, c'est toute une cérémonie qui obéit à des règles bien précises. La préparation d'abord : dans une grande théière, on place du thé (vert de Chine bien sûr, la production marocaine étant quasi inexistante), un bouquet de menthe fraîche lavée et, par-dessus, soit des fragments de pain de sucre concassé, soit une douzaine de morceaux de sucre blanc sur lesquels on verse de l'eau bouillante jusqu'à ce que la théière soit pleine. On laisse infuser quelques minutes avant de s'assurer de l'homogénéité de la préparation en remplissant un verre à thé, puis en reversant son contenu dans la théière, et ceci à plusieurs reprises. Après quoi, on sert le thé en le versant d'assez haut afin de l'aérer. Un thé réussi doit mousser. Si votre thé est trop chaud, ne soufflez jamais dessus, mais buvez en aspirant fortement. Vous émettrez alors un bruit que vos hôtes considéreront comme l'expression de votre satisfaction. Ne refusez jamais un second verre, ce n'est qu'après le troisième que vous pourrez décliner l'offre sans vous montrer impoli.

Youyou

Les youyous (zerarit, en berbère) sont des stridulations vocales qui signalent les réjouissances (fêtes familiales, mariages, naissances, Aïd el-Kébir...). Elles accompagnent aussi de nos jours - tourisme oblige - les chants folkloriques berbères et arabes.

Zaouïa

La zaouïa est un bâtiment qui abrite le tombeau d'un marabout. Plus grande qu'une simple koubba, la zaouïa, généralement surmontée d'un toit pyramidal de tuiles vertes, est située à proximité d'une mosquée ou d'une medersa. Ses environs représentent un territoire sacré, le horm, qui permet à ceux qui s'y rendent pour prier et méditer de bénéficier de la baraka du regretté saint homme. A partir du XVIIIe siècle, les zaouïas donnèrent naissance à un véritable culte, mystique et occulte, des marabouts, au point que le terme de zaouïa a fini par désigner également les confréries religieuses adeptes de ce culte. Aujourd'hui, les zaouïas, tout comme les mosquées, sont interdites aux non-musulmans.

Faire / Ne pas faire

Par courtoisie et pour éviter situations embarrassantes et malentendus, conformez-vous aux usages. Voici quelques règles essentielles :

Si vous visitez une ville en compagnie d'un guide officiel, offrez-lui le thé (si lui-même n'en a pas déjà pris l'initiative) : s'il refuse, insistez, vous gagnerez ainsi sa sympathie et éviterez peut-être qu'il ne vous entraîne là où vous ne souhaitez pas vous rendre.

Lors d'une invitation à partager un repas dans une famille traditionnelle, déchaussez-vous à l'entrée de la pièce principale, lavez-vous les mains dans l'aiguière qui vous sera présentée (on ne se les sèche que rarement), lancez un " Bismillah ! " (" Au nom de Dieu ") avant de commencer le repas. Puisez de la main droite dans le plat commun, puis mangez la partie en face de vous en tenant les aliments avec trois doigts. Evitez de les toucher de la main gauche : considérée comme impure, elle sert notamment à la toilette du corps. Surtout, ne gâchez pas le pain, c'est le don le plus important du repas, vous offenseriez vos hôtes. Enfin, laissez un cadeau, même modeste, plutôt que de l'argent, et n'oubliez pas au retour d'envoyer les photographies que vous aurez faites de vos nouveaux amis marocains. Cela, encore une fois, vaut surtout pour les familles traditionnelles : à vous de sentir quand et comment il convient d'agir, sinon comportez-vous à l'européenne.

Lorsque vous rencontrez un ami (ou si vous croisez le marchand chez qui vous étiez la veille), multipliez les formules de politesse en lui demandant si ça va, si le travail marche bien, comment se porte la famille, et les enfants, et la santé, etc.

Evitez de critiquer la religion, le roi ou le fonctionnement du pays en public ou en présence de gens que vous connaissez peu.

L'accès des mosquées et des lieux saints est interdit aux non-musulmans. Quelques exceptions : mosquée Hassan II à Casablanca, mausolée Mohammed V à Rabat, mausolée Moulay Ismaïl à Meknès, mausolée Moulay Ali Chérif à Rissani.

Ne refusez pas un premier ni un deuxième verre de thé à la menthe lorsqu'il vous est offert : ce serait incorrect. Ce n'est qu'à la troisième proposition que vous pourrez décliner...

Evitez de porter des tenues provocantes dans la rue. C'est notamment valable pour les femmes dont les shorts trop serrés et les décolletés trop profonds peuvent donner prétexte à de virulentes invectives. Les femmes qui fument dans la rue sont plutôt mal vues.

Evitez de boire, de manger et de fumer en public dans la journée pendant la période du ramadan.

Le Maroc vit au rythme lent du soleil depuis des millénaires ; tenez en compte dans vos rapports avec les gens ainsi que dans l'élaboration d'un programme d'activités. Inutile de revendiquer un quelconque droit au service rapide, ce n'est pas dans les habitudes du pays. Laissez stress et respect des horaires à la descente de l'avion.

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