Guide de LISBONNE : Mode de vie

Vie sociale

Famille. Il n'est pas rare de voir cohabiter trois générations sous le même toit. Dans les villages, le cercle familial est encore plus étendu. La notion de famille est ici, encore plus qu'ailleurs, très importante. Elle a ses inconvénients, elle peut être un carcan pour certains, mais c'est probablement grâce à elle que, hormis à Lisbonne et Porto, vous ne croiserez que peu de SDF au Portugal et puis, en période de canicule, cette proximité évite, peut-être, aussi les hécatombes ! Les jeunes, même lorsqu'ils travaillent, restent souvent chez leurs parents jusqu'au mariage.

Éducation. De récentes statistiques ont montré que 12 % de la population était illettrée et que 43 % de celle-ci avait des difficultés à lire et à écrire. Séquelle du système salazariste qui préférait former une élite plutôt que d'enseigner à lire et à écrire à la population entière. A cette époque, seules 4 années d'école étaient obligatoires. Aujourd'hui, le premier cycle (de 6 à 15 ans) est obligatoire, le second cycle (de 15 à 18 ans) ne l'est pas. Toujours selon les statistiques, 99 % des enfants fréquentent l'école jusqu'à 18 ans, mais en réalité nombre d'entre eux quittent l'école après le premier cycle pour trouver du travail. Le système d'éducation actuel est très centralisé et il y a un sérieux manque de professeurs et d'écoles.

Santé. Ce n'est pas que le Portugal et Lisbonne manquent de médecins compétents, mais il y a réellement deux systèmes étanches et à deux vitesses, une médecine pour les fortunés et puis une médecine pour les autres... D'un côté les hôpitaux et les centres médicaux souvent saturés et où les attentes peuvent être interminables même aux urgences, de l'autre le système privé (tout le reste !) assez cher. Alors que l'on discute beaucoup et à juste titre des sous-effectifs en France, sachez qu'au Portugal seulement 300 médecins sont disponibles pour 100 000 habitants, contre 422 en France. Une tendance qui dans certaines grandes villes se constate. On rencontre encore quelques personnes atteintes de maladies éradiquées depuis longtemps du territoire français ! Ainsi pour ne citer qu'un cas, pour le moins extrême et quand même anecdotique, on sera surpris d'apprendre que le pays a abrité une des dernières léproseries d'Europe, Rovisco Pais, où étaient isolés les malades jusqu'en 2002.

Mœurs et faits de société

Les Lisboètes sont décrits comme des gens assez stressés (ça ne se voit pas trop, à part sur le réseau routier), mais leur tempérament est de nature beaucoup plus tranquille que celui de leurs voisins espagnols par exemple. Malgré le vent de modernisme qui souffle sur le Portugal depuis son entrée dans le Marché commun, exceptée Lisbonne, plus émancipée, le pays reste assez conservateur, voire amer : imprégnée d'un profond caractère individualiste et nationaliste, chaque province garde ses traditions et son folklore, conséquence sans doute de la forte emprise de la religion et des rudes années de dictature salazariste. Les Lisboètes sont charmants, accueillants, chaleureux... mais parfois inconscients du temps qui passe. On fait la queue dans les banques, les magasins, à l'arrêt du bus, au café... la patience est ici le maître mot. N'attendez pas d'un Portugais qu'il réagisse au quart de tour car pour lui le temps n'est pas de l'argent... Parmi les cinq passions des Lisboètes : la famille, le football, la loterie, la voiture et les touradas. En public, quel que soit le milieu social, les hommes bavardent entre eux, les femmes entre elles. " Les amoureux des bancs publics " iront plutôt dans les jardins où la jeunesse va s'enlacer. Les nouvelles générations ont pris leurs distances avec l'influence du salazarisme, aussi cette jeunesse est foncièrement plus ouverte d'esprit, plus marquée par la liberté et le besoin de créativité.

Le mariage homosexuel officialisé

Au nom " de la liberté, de la justice, de l'égalité et de l'humanisme ", le Premier ministre Socrates a lancé le débat sur la légalisation du mariage homosexuel au Parlement en début d'année 2010. En février 2010 le texte de loi autorisant le mariage homosexuel a été adopté par le Parlement. Le droit à l'adoption en a cependant été exclu. C'est le septième pays d'Europe à avoir autorisé le mariage homosexuel. Contrairement à ce qu'il pouvait être attendu, ce projet de loi n'a pas suscité une forte réaction de la population et des entités religieuses. Celles-ci n'ont pas exercé de pression sur cette décision politique, argumentant que ce sujet relevait du pouvoir du Parlement. Même si aujourd'hui le Portugal reste un pays où la religion catholique a encore une grande influence, cet exemple révèle la contradiction qu'il peut exister entre d'un côté des traditions conservatrices et de l'autre des décisions politiques et sociales un tant soit peu novatrices. L'homosexualité est assez bien acceptée et visible dans les grandes villes, et notamment à Lisbonne où l'on trouve de nombreux lieux gays et lesbiens. Il en est tout autrement dans les campagnes où le poids de la religion et des traditions restent encore très lourd. Le premier mariage homosexuel a été célébré le 7 juin 2010 à Lisbonne. Souffle nouveau et promesse d'égalité pour les homosexuels qui étaient considérés ici jusqu'en 1982 comme des criminels, 2016 annonce la possibilité pour les couples d'adopter.

Religion
<p>Vitrail du Mosteiro dos Jerónimos à Belém.</p>

Vitrail du Mosteiro dos Jerónimos à Belém.

La religion est omniprésente : plus de 80 % de la population portugaise est catholique, fervente (processions, pénitences) parfois jusqu'à la superstition (offrandes). De nombreuses fêtes religieuses sont célébrées en l'honneur des saints patrons locaux. Les saints populaires (saint Antoine, saint Jean) sont célébrés avec ferveur à travers tout le pays. L'un des centres de pèlerinage les plus importants d'Europe est Fátima (au nord de Lisbonne, près de Leiria), et si vous vous trouvez dans la région les 12 et 13 mai ou les 12 et 13 octobre, vous verrez des milliers de pèlerins se rendre à genoux au sanctuaire... Assez impressionnant ! Beaucoup de Portugais sont intéressés aussi par le mysticisme et autres sciences occultes.

La Constitution garantit la liberté de religion, et des églises protestantes ont été établies. Lisbonne a également une synagogue et une mosquée. Probablement à cause de ce pouvoir fort du clergé, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) était illégale jusqu'à début 2007, date d'un nouveau référendum où le " oui " l'a remporté à près de 60 % et ce malgré une forte abstention. Avec la Pologne, le Portugal (avec un nombre d'avortements clandestins oscillant entre 20 000 et 40 000 chaque année) était l'un des Etats européens les plus stricts en la matière puisqu'une femme risquait jusqu'à trois ans de prison pour une IVG.

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