Guide d'HÔ CHI MINH-VILLE : Religion

Creuset des influences venues de Chine et d'Inde, le Viêt Nam est un pays où se pratiquent des cultes extrêmement divers que les années de communisme n'ont pu étouffer. Très ouverts aux divers courants spirituels, les Vietnamiens sont assez naturellement oecuméniques, introduisant dans leur panthéon religieux des éléments aussi divers que le Soleil et la Lune, Bouddha et Jésus, mais aussi les souffles vitaux, les ancêtres, Victor Hugo ou Hô Chi Minh... Cela dit, les cultes les plus anciens forment la base commune qui donne sa connotation spécifique à la pensée vietnamienne. Il faut citer en premier lieu le culte de la nature qui replace l'homme dans un contexte cosmique dont il est à la fois le reflet, le maître et l'humble serviteur. Les pratiques animistes, le culte des pierres, des collines et des arbres constituent le fonds originel de la religion populaire vietnamienne. Pour ce qui est de la vie religieuse, il faut savoir qu'elle est toujours sous haute surveillance au Viêt Nam même si on assiste ces dernières années à une certaine ouverture.

Rites et cultes

La vie spirituelle quotidienne des Vietnamiens est liée au culte des ancêtres, à l'adoration des génies et au respect du calendrier lunaire qui rythme les cycles, les fêtes et les saisons.

Le culte des ancêtres

Fondé sur le grand respect dû aux aînés et aux personnes âgées et sur l'importance donnée à l'hospitalité, il représente en fait la croyance fondamentale des Vietnamiens. Le chef de famille, responsable exclusif du culte des ancêtres, a sur les siens une autorité de fait et des droits de tutelle très étendus. A sa mort, le premier fils reprend le flambeau. Le respect de ce culte est capital. En effet, l'âme, après la disparition du corps, entreprend un long voyage vers le domaine des cieux, séjour des immortels, d'où elle pourra occasionnellement redescendre pour porter secours à la famille. Les âmes errantes ont besoin des hommages, des prières et des offrandes des vivants pour sortir triomphantes de ces migrations et déjouer les pièges que leur tendent les esprits malfaisants. Chaque habitation dispose d'un autel des ancêtres (ban tho). On y trouve les photographies des défunts, des tablettes funéraires où siège l'âme des disparus, des chandeliers, des offrandes, fruits et fleurs, et quelques baguettes d'encens.

Le culte des génies

Pour les Vietnamiens, la peur des âmes errantes, dont les tombes auraient été souillées ou dont les champs auraient été négligés, est une éventualité du quotidien. Pour s'en prémunir, ils doivent demander la protection de nombreux génies. Chaque village en possède un ou plusieurs, logés dans des espaces consacrés ou dans des temples qui leur sont dédiés. Il y a le génie du vent, celui des moissons, du mariage, de la fertilité, et tous les génies malfaisants... Dans les maisons, l'autel de " la triade domestique ", chargé d'offrandes, honore le génie du foyer, le génie du sol et la déesse de la terre. Les génies ne demeurent pas dans les maisons ou temples en permanence, leur effigie n'y est présente qu'au moment des fêtes et des cérémonies importantes. Le reste du temps, ils vivent en solitaires dans des sortes de petites niches de pierre, à l'extérieur de la maison ou à la sortie des villages. Les jours de fête, on les porte en cortège jusqu'au village, parés de leurs plus beaux atours.

Les grandes religions

Le bouddhisme regroupe environ 10 millions de fidèles, soit environ 10 % de la population. Le catholicisme compte près de 7 millions de fidèles, soit environ 8 % de la population. Le protestantisme chiffre 700 000 fidèles, soit envrion 0,5 % de la population. L'islam réunit moins de 100 000 fidèles. Du côté des sectes, le caodaïsme dénombre plus de 2 millions d'adeptes (soit environ 2 % de la population) et le bouddhisme Hoa Hao, 1,5 million.

Bouddhisme

Le bouddhisme est apparu au Viêt Nam vers le IIe siècle de notre ère, après le confucianisme et le taoïsme. Il emprunta les voies terrestres et maritimes suivies par les marchands indiens au sud et au nord, par les moines itinérants chinois se rendant de Canton en Inde ou au Tibet via le Tonkin. Le bouddhisme s'imposa lentement dans la population vietnamienne, longtemps restée fidèle à ses traditions animistes. Il ne devint vraiment populaire que vers le Xe siècle, époque où il devint religion officielle, en particulier sous la dynastie des Ly (1009-1225). Le XIIe siècle vit la construction de nombreux temples (den) et pagodes (chua). Vers le XVe siècle, l'influence bouddhique déclina au profit de celle du confucianisme qui devint l'idéologie dominante.
Aujourd'hui, près de 80 % de la population vietnamienne se dit bouddhiste. La doctrine originelle reste cependant réservée à une minorité qui pratique la méditation (environ 10 %). Les classes populaires prient Bouddha en brûlant des bâtons d'encens et en n'oubliant pas d'y adjoindre le culte des ancêtres et des esprits. Parallèlement à Gautama, les dévotions s'adressent à plusieurs bouddhas et particulièrement à Amitâbha (Quân Am), déesse de la Miséricorde, donneuse d'enfants.

L'État et le bouddhisme

Le contrôle des autorités s'exerce de façon étroite sur le bouddhisme, qui reste la principale religion du pays, pratiquée par près de 80 % de la population. Une église dissidente, l'Eglise bouddhiste unifiée du Viêt Nam (EBUV), dont le dissident Thich Quang Do est l'un des responsables, prend fréquemment position sur les droits de l'homme, et certains de ses membres sont souvent jugés et emprisonnés pour " atteintes aux intérêts de l'Etat ". L'EBUV a été interdite au Viêt Nam en 1981, après la mise en place de l'Eglise bouddhiste du Viêt Nam (EBV), seule organisation bouddhiste autorisée par les autorités communistes.
Au début de l'année 2005, le maître Zen Thich Nhât Hanh, interdit de séjour d'abord par le régime de la république du Viêt Nam (Sud) puis par les autorités communistes, réfugié politique en France, est revenu dans son pays natal après 40 ans d'absence, accompagné d'une suite de 200 fidèles dont de nombreux novices, nonnes et moines venus du village des pruniers, sanctuaire bouddhiste fondé en 1982 dans le Bordelais. Thich Nhât Hanh, qui n'appartient ni à l'EBU ni à l'EBV, a même été reçu par le Premier ministre Phan Van Khai à qui il a demandé le rétablissement du dialogue avec les chefs de l'EBU et l'introduction d'une séparation entre les Eglises et l'Etat afin que " les moines ne soient plus invités à devenir des députés, des membres de comités populaires ou du Front de la patrie (l'organe chargé de contrôler les organisations autorisées) ". Depuis, les relations entre les fidèles de Thich Nhât Hanh et les autorités se sont sérieusement dégradées.

Le Nirvâna ou Néant

Selon l'enseignement prodigué par les bonzes vietnamiens, pour arriver à l'état d'insensibilité, il faut appliquer les Six Principes, les Cinq Préceptes, les Cinq Conseils. Enfin, pour atteindre l'Illumination, il faut appliquer strictement les ordres du Décalogue bouddhique.

Les Six Principes

Avoir la foi.
Garder un jugement droit et éviter tout mensonge.
Être franc envers les autres et envers soi-même.
Faire que toute action ait une fin honnête.
Exercer une profession religieuse.
Observer les prescriptions de la loi.

Les Cinq Préceptes

Ils ne sont pas obligatoires, mais doivent être suivis autant que possible.
Ne pas manger midi passé.
S'abstenir de théâtre et de comédie.
N'avoir ni matelas, ni oreiller.
Ne pas humer les parfums.
Ne toucher ni or, ni argent.

Le Décalogue

Celui qui veut atteindre l'Illumination doit rigoureusement mettre en pratique les prescriptions du Décalogue.
Ne se vêtir que de haillons ramassés.
Ne porter que trois haillons cousus ensemble par soi-même.
Se raser les cheveux, les sourcils et les poils du corps.
Se voiler la face quand une femme passe.
Ne vivre que d'aumônes sans les solliciter.
Ne prendre qu'un repas par jour, avant midi.
Vivre dans la solitude et se retirer dans les monastères durant la saison des pluies.
Dormir le dos appuyé contre un arbre sans jamais s'étendre.
Passer une nuit chaque mois dans un cimetière.
Renoncer à ses désirs pour n'obéir qu'aux ordres des supérieurs.

Confucianisme

Le confucianisme pénétra au Viêt Nam à l'époque de la première domination chinoise (du IIe siècle av. J.-C. au Xe apr. J.-C.). Il éclipsa le bouddhisme en tant que doctrine officielle à partir du XVe siècle, à l'arrivée au pouvoir de Lê Loi, en 1428. Le confucianisme s'imposa alors comme doctrine d'Etat, et les concours littéraires triennaux qui permettaient de sélectionner les mandarins n'ont été abolis qu'entre 1915 (à Hanoi) et 1918 (à Huê) par les autorités coloniales.

Doctrine

A l'époque de Confucius, la Chine de la dynastie des Zhou était en proie aux guerres civiles et aux ravages du banditisme. Face à cette confusion, la doctrine prônée par Confucius est apparue comme le moyen de rétablir la stabilité et la paix sociale. Elle traite du rapport entre l'homme et l'Etat et de la discipline familiale. Le rôle du père ou de l'ancêtre est essentiel, il est seul détenteur de la sagesse et on lui doit une obéissance aveugle. La fille doit obéissance à son père, la femme à son époux et la veuve à son fils. De même, la hiérarchie et le souverain doivent être respectés. L'honnête homme (quân tu) s'oppose à l'homme de peu (tiêu nhân). L'honnête homme est cultivé, humaniste, moral et agit avec patience et honnêteté. Il respecte les rites et les lois. Selon Confucius, l'homme ne peut exister en dehors de la société. L'éducation prime puisqu'elle donne le droit d'accéder au pouvoir. Dans l'échelle des valeurs confucéennes, les marchands sont au dernier rang : un homme vulgaire illustre tout selon le profit qu'il peut en tirer. En 1070, le Collège national, dit Temple de la littérature, fut fondé à Hanoi. Dédié à l'éducation des jeunes aristocrates, il honorait la mémoire de Confucius et de ses disciples.

Taoïsme

La majorité de la population vietnamienne considère le taoïsme comme une religion aux divinités innombrables et aux origines variées : dieux de la mythologie chinoise, esprits, hommes, animaux divinisés. Ce polythéisme confus laisse une place à la sorcellerie et à la magie issues du culte animiste, socle des croyances religieuses du Viêt Nam. La plus grande divinité du panthéon taoïste est l'empereur de Jade (Ngoc Hoang) qui, dans le ciel, règne sur les immortels.

Origines

De son fondateur Lao-Tseu (Lao Tu, en vietnamien), on sait peu de choses, certains vont même jusqu'à nier son existence. Ce dissident du confucianisme aurait fondé une école du Tao (au Ve siècle av. J.-C.), et sa doctrine, plus souple, invite à la recherche d'une complète solidarité entre l'homme et la nature.

Doctrine

Le principe du Tao est l'ordre de l'univers, qui a présidé au processus de création. L'homme sait reconnaître son destin et son équilibre. Selon cette doctrine avant tout individualiste, chacun doit vivre en harmonie avec son environnement. Le disciple taoïste est un épicurien et se sert du Livre de la Voie et de la Vertu afin d'ouvrir son esprit et d'assainir son corps.

Catholicisme

En vietnamien, Thiên chua giao (la religion du Maître du Ciel), Ki tô giao (de Christos ou Christ, prononcé Ki tô en vietnamien) ou Công giao (religion commune pour traduire le sens originel de catholique : universel). Grâce à un édit proscrivant le christianisme et visant un " homme de l'Océan du nom de I-ni-Khu ", on sait que le premier prêtre qui pénétra au Viêt Nam le fit avant 1533, qu'il s'appelait Ignace, qu'il était probablement portugais et vraisemblablement arrivé via Malacca conquise par Albuquerque en 1511. L'action désordonnée de quelques dominicains, également portugais, permit ensuite la constitution d'une petite chrétienté encore embryonnaire. C'est au XVIIe siècle, et à travers les jésuites portugais venus de Macao, que le catholicisme vietnamien prit vraiment son essor. C'est dans ce cadre que s'inscrit la haute figure d'Alexandre de Rhodes, qui inspira en 1664 la fondation des Missions étrangères de Paris (MEP) auxquelles fut confiée l'évangélisation du pays. En partie grâce à l'aide apportée par Mgr Pigneau de Béhaine, Nguyên Phuc Anh parvint à refaire l'unité du Viêt Nam brisée depuis le XVe siècle. Mais il s'agissait d'un nouveau Viêt Nam, augmenté des terres conquises aux dépens des royaumes du Champa et du Cambodge.

" Agents subversifs " et " colonisateurs "

Sous le nom de règne de Gia Long, Nguyên Phuc Anh inaugura en 1802 la dynastie des Nguyên. Son successeur, l'empereur Minh Mang, sera à l'origine d'une longue période de persécutions envers les communautés catholiques vietnamiennes : " Moi, Minh Mang, Roi, je parle ainsi. Depuis de longues années, des hommes venus de l'Occident prêchent la religion du Dato (le Christ) et trompent le peuple, auquel ils enseignent qu'il existe un séjour de félicité suprême et un cachot d'affreuses misères. Ils n'ont aucun respect pour le dieu Phat (Bouddha) et n'honorent pas les ancêtres. " Dans la logique confucéenne, en refusant le culte des ancêtres, les catholiques vietnamiens touchaient au fondement de la légitimité royale. Agents subversifs, ils furent également accusés d'être les fourriers de l'agression française. Les persécutions et les massacres se poursuivirent jusque dans les années 1885-1886.
En 1988, le pape Jean-Paul II procéda à la canonisation de 117 martyrs vietnamiens morts dans les supplices entre 1745 et 1862. Le gouvernement vietnamien a refusé de reconnaître ces canonisations, car elles concernaient " les valets des colonialistes français [... ] condamnés à mort pour haute trahison envers la Patrie ". Ces circonstances historiques marqueront durablement la nature des relations entre l'Eglise vietnamienne et le pouvoir politique. En 1954, à la suite des accords de Genève, la très grande majorité des catholiques préféra quitter le Nord communiste et s'exiler dans le Sud tenu par le régime de Saigon. Après la complicité avec le colonialisme français, le pouvoir communiste dénoncera la collusion avec l'impérialisme américain.

L'État et les catholiques

Les relations entre l'Etat communiste et les catholiques vietnamiens se sont améliorées même si elles connaissent des périodes de tension, du fait notamment des contentieux liés à la confiscation des propriétés de l'Eglise par l'Etat. A la mort du pape Jean-Paul II, Hanoi a envoyé ses condoléances au Vatican. Avec l'avènement de Benoît XVI, le Saint-Siège et Hanoi ont convenu de développer leurs relations bilatérales afin de promouvoir la compréhension mutuelle et régler les problèmes d'intérêt commun. Le 25 janvier 2007, le Premier ministre Nguyên Tân Dung effectuait une visite officielle au Vatican, où il était le premier représentant du régime communiste de Hanoi reçu par un souverain pontife. Cette rencontre marquait une étape importante dans le possible établissement de relations diplomatiques entre le Viêt Nam et le Saint-Siège.

Protestantisme

Introduit au Viêt Nam à la fin du XIXe siècle, le protestantisme vietnamien jouit actuellement d'une grande popularité en particulier auprès des ethnies des hauts plateaux du Centre. Chez certaines ethnies (Hmông, Dao, ethnies des hauts plateaux du Tây Nguyên), le protestantisme va de pair avec des revendications d'indépendance soutenues par les diasporas réfugiées aux Etats-Unis. Cette situation explique les tensions avec le gouvernement, qui veille à contrôler strictement le mouvement par la destruction systématique des lieux de culte jugés illégaux et par la reconnaissance juridique (en fait, mise sous tutelle) de l'Eglise évangélique vietnamienne du Sud en 2001.

L'État et les protestants

La communauté des chrétiens évangélistes au Viêt Nam s'est considérablement développée au cours des vingt dernières années. Elle est estimée aujourd'hui à 700 000 fidèles, soit 7 fois plus qu'en 1975, date du changement de régime. Les plus remarquables progrès ont eu lieu au sein de la minorité Hmông. Le culte célébré au Viêt Nam dans des milliers d'églises domestiques est régulièrement interrompu par des descentes de police. En outre, si le dialogue concernant les catholiques s'établit avec le Vatican, les Eglises évangéliques sont souvent liées aux communautés de Vietnamiens (dont des membres des ethnies Hmông ou originaires des hauts plateaux) émigrés aux Etats-Unis et violemment anticommunistes. Elles pratiquent un lobbying intensif auprès du Congrès, et les relations entre les Eglises évangéliques et le gouvernement vietnamien sont marquées par l'intervention de l'ambassade des Etats-Unis, constituant souvent un point de friction entre les deux pays.

Islam

Voisin du plus grand pays musulman du monde, l'Indonésie, le Viêt Nam ne compte qu'une communauté musulmane restreinte. L'islam aurait été introduit dans les royaumes du Champa dès la fin du Xe siècle, mais ne se serait véritablement développé qu'au XVe, à l'époque du déclin de ces royaumes. Nombre de Cham, dont la religion originelle est le brahmanisme, avaient alors émigré dans le royaume khmer (le Cambodge) où ils auraient été convertis à l'islam par des Malais musulmans. De retour dans leur pays, ils furent à l'origine d'une première petite communauté de musulmans au sein de royaumes restés majoritairement fidèles au brahmanisme. Au XVIIIe siècle, conséquence des conflits entre royaumes khmer et vietnamien, une autre communauté d'importance trouva refuge autour de ce qui est aujourd'hui la ville vietnamienne de Châu Dôc.

Cham Ba ni et Cham islam

Ces différentes circonstances historiques expliquent la formation de deux blocs de Cham musulmans au Viêt Nam : les Cham Ba ni dans le Centre (Ninh Thuân et Binh Thuân) et les Cham islam dans le Sud, autour de Châu Dôc et de Hô Chi Minh-Ville. Les premiers pratiquent un islam très hétérodoxe, influencé par le brahmanisme et les traditions autochtones. Les rites musulmans sont déformés et la communauté vit en marge du monde islamique, ne connaissant pas l'arabe et n'effectuant pas de pèlerinage. Les femmes vont à la mosquée et choisissent leur mari qui doit vivre dans la maison de la famille de sa femme. Les Cham islam, en revanche, très influencés par la Malaisie, observent strictement les rites islamiques. Selon les sources gouvernementales, Hô Chi Minh-Ville compte aujourd'hui 14 mosquées ; la communauté musulmane vietnamienne comprend environ 60 000 fidèles, lesquels se répartissent pour moitié entre Cham islam et Cham Ba ni.

Les sectes
Caodaïsme

De source gouvernementale, on compte aujourd'hui près de 2 millions de caodaïstes.

Origines

Ce syncrétisme religieux est né dans les années 1920. Ngô Minh Chiêu, fonctionnaire de l'administration coloniale, aurait eu plusieurs apparitions et serait entré en contact avec un esprit nommé Cao Dai qui demandait à être représenté sous la forme d'un oeil symbolique. A la suite de quoi le visionnaire essaya de convertir ses amis et connaissances à la nouvelle doctrine. En 1926, le caodaïsme fut reconnu officiellement à Saigon par les autorités françaises. Suite à des dissensions entre dignitaires, le caodaïsme ne cessa ensuite de se scinder en différentes sectes. En 1954, le caodaïsme en comptait 12, rassemblant environ un million d'adeptes. En 1975, il existait plus de 20 sectes comptant plus de 2 millions de fidèles. Outre son aspect religieux, cette communauté joua un grand rôle politique au cours des dernières décennies. Pendant l'occupation japonaise, la secte, qui a fondé une milice, était hostile aux Français.
Durant la première guerre d'Indochine, elle se rangea plus ou moins à leurs côtés en échange d'une autonomie de fait pour la région de Tây Ninh. En 1955, la reprise en main des sectes par Ngô Dinh Diem aboutit à la dissolution de la milice, qui fut rétablie après l'assassinat de Diem et conduisit des actions anticommunistes. Cette communauté, qui fut persécutée après 1975, retrouve actuellement une certaine liberté.

Doctrine

D'inspiration bouddhiste, c'est un syncrétisme religieux qui place toutes les religions pratiquées au Viêt Nam sous l'autorité suprême de Cao Dai. Le caodaïsme, religion commune à tous, représente la dernière révélation divine. L'homme doit essayer de se soustraire au cycle des réincarnations par l'observation de certaines règles. On retrouve sur le même plan les prophètes, Jésus, Mahomet et Confucius, les saints, Victor Hugo, Sun Yat Sen, Jeanne d'Arc, Pasteur, Lénine et Winston Churchill... La divinité suprême est symbolisée par un oeil. Le message divin est transmis directement aux disciples par le biais de cérémonies de communication avec les esprits (co but).

Structure

Le caodaïsme est très hiérarchisé. Le Saint-Siège se trouve à Tây Ninh, dans le delta du Mékong. Un souverain a autorité sur les prêtres, hommes et femmes, qui observent les voeux de chasteté, de pauvreté et de végétarisme. Le clergé élu est assisté dans sa mission par des civils. La prière a lieu quatre fois par jour selon un rite particulier. Le corps sacerdotal se distingue par trois tenues de couleurs différentes suivant la sphère d'activité de chacun : jaune safran pour les bouddhistes, bleu ciel pour la branche taoïste et rouge pour les confucéens. Certains élèves-prêtres ou fidèles peuvent porter la couleur de leur branche. Les autres sont vêtus de blanc, seule une écharpe précise leur appartenance à la secte.

Hoa Hao

De source gouvernementale, Hoa Hao compte aujourd'hui environ 1,5 million d'adeptes dans le delta du Mékong.

Origines

S'inspirant du bouddhisme, cette secte fut fondée en 1937 par Huynh Phu Sô, dit " le bonze fou ", originaire du village de Hoa Hao, province de Châu Dôc, dans le delta du Mékong. Après avoir collaboré avec les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, Huynh Phu Sô, hostile aux Français, fonda le Parti social-démocrate vietnamien (Dân Xa) qui s'appuyait sur une milice armée de 50 000 hommes. En 1947, Huynh Phu Sô fut assassiné par le Viêt-minh qui voyait en lui un rival dangereux. Son successeur, Nam Lua (Cinq Flammes), se tourna alors vers les Français qui le nommèrent général de brigade.

Doctrine

La doctrine des Hoa Hao se fonde sur les prophéties commentées de Huynh Phu Sô. Suivant l'enseignement de Bouddha, elle préconise l'abandon de toute superstition, la simplicité des rites et des cérémonies religieuses. Les adeptes prient deux fois par jour. En signe de respect envers les ancêtres, les hommes ne doivent se couper ni la barbe ni les cheveux.

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