Guide d'HÔ CHI MINH-VILLE : Populations et langue

Populations
Une démographie maitrisée ?

En 1901, le Viêt Nam ne comptait que 13 millions d'habitants. Les trois recensements réalisés en 1979, 1989 et 1999 montrent que le Viêt Nam connaît une très forte croissance démographique : 52,5 millions d'habitants en 1979, 64,4 millions d'habitants en 1989, 69 millions en 1992 et 79,5 millions en 1999. Le dernier recensement de la population au Viêt Nam s'est tenu en avril 2009. Le 1er avril 2009, à 0h00, heure locale, le pays comptait 85 789 573 habitants (13e population mondiale). Avec un indice de fécondité de 2,08 enfants par femme (divisé par 3 en 30 ans), le Viêt Nam se situe désormais sous le niveau de remplacement des générations. Pour les autorités, la limitation des naissances n'en demeure pas moins une priorité et la règle des deux enfants maximum par famille est toujours en vigueur.

Le Viêt Nam entend stabiliser le nombre de ses habitants à 125-130 millions de personnes vers 2050.

Le déséquilibre démographique entre les sexes

Au Viêt Nam, la tradition a toujours accordé une certaine liberté aux femmes, qui bénéficiaient notamment du droit de propriété et d'un statut égal dans la répartition de l'héritage. Un couple privé d'héritier mâle peut ainsi en adopter un ou transmettre la charge du culte des ancêtres (la part de l'encens et du feu) à la fille aînée qui l'assumera dans son nouveau foyer.

Cependant, une tendance à la masculinisation de la jeunesse semble s'installer. En effet, plusieurs enquêtes récentes ont suscité l'inquiétude, en montrant que dans certaines provinces le nombre de nouveau-nés de sexe masculin était nettement supérieur à celui des nouveau-nés de sexe féminin. Les experts mettent désormais en garde contre le risque d'un déséquilibre tel qu'il existe en Chine.

En accusation, un effet collatéral de la banalisation de l'examen prénatal qui serait utilisé comme mode de sélection du sexe de l'enfant. Officiellement, l'avortement sélectif basé sur le sexe du foetus ne fait pas partie des traditions vietnamiennes et l'Assemblée nationale a adopté des mesures législatives contre cette pratique, encore mal documentée.

Un vieillissement accéléré

L'indice de vieillissement de la population augmente rapidement. Par ailleurs, les femmes seront plus nombreuses que les hommes parmi les personnes âgées. Le Viêt Nam commencera sa phase de vieillissement en 2017. Les personnes de plus de 60 ans représenteront alors 10 % de sa population. La baisse du taux de natalité et de mortalité ainsi que la hausse de l'espérance de vie moyenne sont les raisons pour lesquelles le nombre de personnes âgées augmente plus rapidement que celui des autres classes d'âge de la population.

Un des pays les plus denses du monde

La croissance démographique vietnamienne se double d'une très forte densité de la population dont l'écrasante majorité vit en zone rurale. La densité moyenne (264,9 hab./km2) ne rend cependant pas compte de l'inégalité dans la répartition de la population. Aux plaines grouillantes qui rassemblent 80 % de la population (les deltas du Nord et du Sud concentrent les plus fortes densités ; autour de Hanoi, la densité atteint ainsi 1 300 hab./km2) s'opposent les régions de moyenne et haute altitude encore peu peuplées.

Outre l'exode rural qui se poursuit, de nombreux déplacements de la population, volontaires ou forcés, ont eu lieu, donnant naissance non seulement à de nouveaux genres de vie et à de nouvelles attitudes sociales, mais aussi à un brassage ethnique de plus en plus marqué. Ces transformations ne vont pas sans heurts. Dans le cadre de la politique gouvernementale de redéploiement des forces de travail (pour rééquilibrer la répartition démographique et pour faire face au problème grandissant du chômage), les Kinh de l'ethnie majoritaire gagnent peu à peu les régions montagneuses, en particulier vers les hauts plateaux du Centre, riches en terres rouges fertiles où ils mettent en valeur les zones économiques nouvelles. Les plantations de café, de théiers ou de poivriers prennent la place des espaces forestiers, domaine ancestral des minorités autochtones réduites à se retirer dans des territoires ingrats et inaccessibles.

La révolution urbaine est en marche

De 20,7 % en 1999, le taux d'urbanisation est aujourd'hui passé à 30 % et devrait atteindre, selon les prévisions officielles, 45 % d'ici 2020. Ce processus d'urbanisation, qui s'inscrit dans le cours de la modernisation et de l'industrialisation du pays, n'est pas sans poser de nombreux problèmes : environnement, gestion de l'exode rural, insuffisance des infrastructures...

L'envoi de travailleurs vietnamiens à l'étranger est une autre mesure du gouvernement destinée à faire face au défi démographique. Autrefois envoyée dans les pays de l'Est, la main-d'oeuvre vietnamienne est aujourd'hui employée dans les pays du Golfe ou alors à Taïwan, en Corée du Sud ou à Singapour.

Ethnies du Viêt nam

La République socialiste du Viêt Nam se définit comme un Etat multinational et reconnaît 54 ethnies différentes. Selon les résultats du dernier recensement (2009), les Viêts (ou Kinh) représentent 87 % de la population totale. Les autres minorités, très diversifiées, appartiennent à 5 grandes familles linguistiques (comme le français, l'allemand et le grec qui appartiennent à la famille des langues indo-européennes).

Familles linguistiques

Famille austro-asiatique : les Viêts ou Kinh en font partie. Cette famille comprend également certains montagnards des hauts plateaux du Centre (15 peuples différents parmi lesquels les Banar, les Sedang, les Mnông), les Khmers Krom (plus d'un million d'individus vivant dans le delta du Mékong), les Muong établis au sud-ouest du delta du fleuve Rouge (leur culture, aujourd'hui nettement influencée par celle des Thaïs, serait celle des Viêts archaïques qui n'auraient pas subi l'influence chinoise).

Famille austronésienne : ce sont les véritables autochtones du pays, en tout cas ceux dont la présence a été attestée bien avant celle des autres groupes qui, pour la majorité d'entre eux, sont " descendus " du sud de la Chine. Dans cette famille, on trouve des peuples vivant dans les hauts plateaux du Centre (Jaraï, Edé) et les Cham.

Les Thaïs : originaires du sud de la Chine, ils sont arrivés au début de l'ère chrétienne et se sont installés dans le fond des hautes vallées du nord du pays. Ils sont représentés par plusieurs groupes : Thaïs blancs, Thaïs noirs, Nung...

Les Miao-Yao : également originaires du sud de la Chine, ils regroupent les Hmông (connus aussi sous le vocable vietnamien péjoratif de Meo) et les Yao (Man à l'époque coloniale, Zao en vietnamien). Les Hmông sont arrivés très récemment dans le Nord du Viêt Nam (XIXe siècle). Ils sont également présents au Laos, en Thaïlande, en Birmanie et, suite à l'engagement anticommuniste d'une partie de la communauté au Laos, forment une petite diaspora aux Etats-Unis et... en Guyane française (réfugiés politiques, ils ont fondé une prospère communauté d'environ 10 000 personnes qui, après avoir défriché la jungle, vit de la culture maraîchère). On distingue au Viêt Nam 5 groupes de Hmông : Hmông blanc, Hmông vert, Hmông bariolé, Hmông rouge, Hmông noir.

Les Yao, arrivés dans le Nord du pays aux alentours des XIVe et XVe siècles, sont également divisés en plusieurs groupes reconnaissables à leurs caractéristiques vestimentaires : Yao rouge, Yao à sapèques...

Les Tibéto-Birmans : ils comprennent principalement les Chinois ou Han, qui forment d'importantes communautés urbaines (notamment dans le quartier Cholon à " Hô Chi Minh-Ville ") et détiennent une part importante des activités commerciales. Vivant dans les zones montagneuses du Nord Viêt Nam, les Miao-Yao ne sont arrivés que très récemment, au cours du XIXe siècle. Parmi eux, on dénombre 6 peuples dont les Hani, les Sila... Peu nombreux au Viêt Nam, ils sont présents dans le Sud-Ouest de la Chine et dans tout le monde himalayen.

Répartition des populations

A ces ethnies correspondent des différences culturelles sensibles. L'ethnie majoritaire, les Kinh (86 %), occupe principalement les basses terres, tandis que les autres ethnies habitent les piémonts, les plateaux et les flancs de montagnes ; excepté les Khmers Krom habitant la plaine deltaïque et les Hoa, Chinois habitant les villes en basse terre. Les ethnies se différencient par leur manière de vivre et par l'altitude de leurs villages. Beaucoup pratiquent la culture sur brûlis, comme la plupart des populations vivant au-dessus de 900 m. Le relief ne permettant pas la riziculture irriguée, elles sont obligées de fonctionner comme des peuplades semi-sédentaires. Nombre de ces sociétés sont animistes et pratiquent le culte des génies ; certaines ont été en partie converties à la religion catholique ou protestante.

Les ethnies du Centre

Sans langue écrite ni organisation politique, elles se regroupent en tribus ou en clans ; la famille est au coeur de l'organisation de la vie quotidienne. Ces populations vivant de culture et d'élevage ont été déplacées ou envoyées dans l'armée. Avant leur migration, elles pratiquaient le culte des génies auxquels elles sacrifiaient des buffles au cours de cérémonies rituelles, exactement comme le font encore aujourd'hui certains peuples d'Indonésie.

Les minorités du Sud

- Les Chams

Les survivants de l'Empire cham (du IIe siècle à la fin du XVIIe siècle) se sont regroupés dans la région de Phan Rang. On en compte une centaine de milliers qui vivent d'agriculture et de commerce. Ils sont brahmanistes, shivaïstes ; seule une petite minorité est musulmane. Ils ont conservé, outre la langue vietnamienne qu'ils ont adoptée, leur langue et leur écriture.

- Les Chinois

Venue de Chine dès les premiers compromis entre les deux peuples, une classe commerçante chinoise s'est installée autour des grands ports, à Hanoi et surtout à Saigon où ils ont fondé le quartier de Cholon. Ils étaient plus de 4 millions avant la guerre. La plupart ont quitté le pays, et leurs rangs se sont clairsemés au point qu'ils ne sont plus guère qu'un million. Depuis 1981 et les dernières amnisties de 1985, ils reviennent et rouvrent des magasins ou raniment des quartiers désertés depuis 1975.

- Les Khmers

Au nombre d'environ 600 000, ils vivent dans le Sud, dans la région du Chu Nam, où ils s'étaient installés à l'annexion des provinces khmères par le Viêt Nam au XVIIe siècle. En majorité, commerçants ou fonctionnaires, ils utilisent la langue vietnamienne tout en ayant conservé la leur. Ils vivent parfois dans des maisons sur pilotis. Ce sont en majorité des bouddhistes du Theravâda, ou Petit Véhicule.

Les ethnies du Nord

Pour une présentation complète, se reporter au chapitre "le Nord".

Les groupes linguistiques

Nomenclature officielle (établie en 1979) des 54 ethnies du Viêt Nam en 8 groupes linguistiques appartenant aux 5 familles de langues et par ordre décroissant d'importance démographique.

Force est de constater que les minorités du Viêt Nam ont des cousins dans toute l'Asie, de l'Himalaya jusqu'aux îles du Pacifique...

Langues austro-asiatiques

Groupe viêt-muong : Viêt (Kinh). Muong. Thô. Chut.

Groupe môn-khmer : Kho-me. Banar. Sedang. Hrê. Co-ho. Mnông. Stiêng. Kho-mu. Bru-Vân Khiêu. Co-tu. Gie-triêng. Ta-ôi. Ma. Co. Cho-ro. Xinh-mun. Khang. Mang. Ro-mam. Brâu. O-du.

Langues austronésiennes

Groupe malayo-polynésien : Jaraï. Edê. Cham. Ra-glai. Chu-ru.

Langues thaïes

Groupe thaï : Tay. Thaï. Nung. San Chay. Giay. Lao. Lu. Bô Y.

Groupe kadaï : La Chi. Co Lao. La Ha. Pu Peo.

Langues sino-tibétaines

Groupe han : Hoa. San Diu. Ngai.

Groupe tibéto-birman : Ha Nhi. Phu La. La Hu. Lô Lô. Công. Si La.

Langues hmông-yao

Hmông. Yao. Pa then.

Langue

Outre le vietnamien, la langue officielle, sont également pratiquées au Viêt Nam les langues des ethnies minoritaires (khmer, cham, thaï, sedang, miao-yao, chinois). Le XIIe siècle voit naître une écriture nationale qui tente de se démarquer du chinois, mais le chinois restera la langue écrite officielle au Viêt Nam jusqu'en 1955. L'écriture vietnamienne proprement dite, fondée sur une transcription d'idéogrammes chinois, s'appelle le nôm.

Au XVIIe siècle, le père jésuite Alexandre de Rhodes, né à Avignon en 1591 et mort à Ispahan en 1660, élabora une transcription romanisée de la langue parlée (quôc ngu). Ce système, plus facile d'usage, commença à s'imposer à la fin du XIXe siècle. En se diffusant, le quôc ngu a permis une démocratisation de l'écriture, qui n'existait pas dans le cas du chu nôm, réservé jusqu'au XVIIIe siècle à une minorité de lettrés. Il contribua beaucoup à l'émancipation de toute une partie de la jeunesse nationaliste vietnamienne au début du XXe siècle. Le quôc ngu est devenu l'écriture officielle du régime actuel, alors que, quelques érudits mis à part, plus personne n'est en mesure de lire les inscriptions en chu nôm.

Une langue tonale :

Le vietnamien est une langue tonale, chaque syllabe ayant une signification très différente selon le ton musical codé avec lequel elle est prononcée. Comme en chinois, c'est le ton qui donnera tel ou tel sens au mot.

Il existe 6 tons différents en vietnamien (le chinois en compte 4) et, contrairement au chinois, les mots vietnamiens ne sont pas monosyllabiques. Ainsi, ne soyez pas surpris si, entre un ouvrage français et un livre anglais, les mêmes noms de rue ont des orthographes voisines. Les deux, privés des signes d'accentuation propres au quôc ngu, sont des transcriptions phonétiques correctes (ou incorrectes). La langue vietnamienne est par ailleurs très différente du nord au sud dans sa prononciation et son vocabulaire.

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