Guide d'HÔ CHI MINH-VILLE : Histoire

Grandes figures historiques du Viêt Nam

Les soeurs Trung (an 40)

La résistance antichinoise de cette période culmine avec la célèbre révolte des soeurs Trung, véritables Jeanne d'Arc vietnamiennes. En l'an 40, après l'exécution d'un puissant seigneur vietnamien, sa veuve et sa soeur rallient les tribus vietnamiennes et lèvent une armée qui oblige le gouverneur chinois à prendre la fuite. Les deux soeurs proclament une entité vietnamienne indépendante. Mais, trois ans plus tard, la domination chinoise est rétablie par le général chinois Ma Yuan, qui remporte une célèbre bataille sur le mont Tiên Du, non loin de Bac Ninh, dans les environs de Hanoi. Pour éviter le déshonneur et une décapitation probable, les deux soeurs se suicident en se jetant dans la rivière Hat Giang.

Nguyên Trai (1380-1442)

Né dans une famille de lettrés, il fut reçu docteur à l'âge de 20 ans. Poète, diplomate, philosophe, moraliste, stratège, homme d'action, il se rallia à Lê Loi et contribua à chasser les Ming. Il aida ensuite Lê Loi à reconstruire le pays et à consolider l'Etat. Toujours, il fut soucieux d'apprécier les mérites et le rôle du peuple dans la résistance comme dans l'édification du pays. Il fut victime de ses profondes convictions et désavoué par les sphères dirigeantes. Retiré en ses terres de Côn Son, il ne put échapper aux intrigues et fut victime d'une cabale du clan militaire de la Cour. Il fut accusé, avec Thi Lô, une de ses favorites, d'être coupable du meurtre du roi Lê Thai Tông, au jardin des Litchis. Nguyên Trai fut supplicié en compagnie de presque tous les membres de sa famille. Seule une concubine enceinte échappa au massacre. Son fils Nguyên Anh Vu assura sa postérité. Parmi les oeuvres les plus célèbres de Nguyên Trai, des poèmes (série de poèmes écrits sur le chemin du retour), des traités militaires (Stratégie contre les Ngô, écrits à l'armée), des écrits politiques (Proclamation pour la pacification des Ngô).

Alexandre de Rhodes (Avignon 1591 - Ispahan 1660)

Enfant du pays malgré tout, il a séjourné dix-sept ans au Viêt Nam en tant que missionnaire jésuite. Il a contribué de façon décisive à poser les fondations de l'écriture quôc-ngu (romanisation du vietnamien) grâce à son dictionnaire annamite-portugais-latin de 1651.

Hô Chi Minh (1890 - 1969)

De 1858 à 1954, le Viêt Nam va lutter contre la colonisation. Cette lutte pour l'indépendance va favoriser l'émergence du Parti communiste indochinois (PCI) dont le personnage symbolique par excellence est Hô Chi Minh, également connu sous le nom de Nguyên Ai Quôc (Nguyên le Patriote).

Vô Nguyên Giap (1911)

Membre fondateur du Viêt-minh en 1941, ce général en devient le principal chef militaire. En 1945, il organise l'épuration des nationalistes vietnamiens non communistes. Stratège de grande classe, il restera avant tout comme le vainqueur de Diên Biên Phu. Sur le plan des luttes internes au Parti communiste vietnamien, il eut moins de succès. Peu à peu écarté du centre du pouvoir, dans les années 1980, il se voit même confier la responsabilité d'une campagne pour le planning familial. Général à la retraite, Vô Nguyên Giap reste aujourd'hui une figure tutélaire, incarnation vivante d'un pan glorieux de l'histoire vietnamienne. Il continue à s'impliquer dans la vie politique et ses avis mettent le pouvoir dans l'embarras. Difficile d'imposer le silence au vainqueur de Diên Biên Phu ! En 2009, le général Giap a ainsi pris publiquement position contre un projet d'exploitation de la bauxite dans les hauts plateaux, du fait des risques pour l'environnement et en matière de sécurité nationale.

Chronologie
Chronologie

Période légendaire

Ier millénaire av. J.-C. Dynastie semi-légendaire des rois Hung.

Antiquité

De 257 à 208 av. J.-C. Dynastie des Thuc. Royaume d'Au Lac, capitale Cô Loa.

208 av. J.-C. Le Chinois Triêu Da (Zhao Tuo) conquiert Au Lac et fonde le Nam Viêt. Capitale à Fanyu (près de Canton).

De 207 av. J.-C. à 39 apr. J.-C. Protectorat chinois (dynastie des Zhao, puis des Han) sur le Giao Chi (actuellement le Nord Viêt Nam).

40-43 apr. J.-C. Révolte des soeurs Trung. Elles se proclament reines à Mê Linh. 43. le général chinois Ma Yuan rétablit la domination chinoise.

542-547. Révolte de Ly Bôn. Il fonde le royaume de Van Xuân, capitale Long Biên.

679. Création du protectorat général d'Annam, capitale Tong Binh (Hanoi).

Moyen Age

938. Ngô Quyen repousse les Chinois et fonde un Etat indépendant.

939-944. Dynasties des Ngô à Cô Loa.

945-967. Période des douze Su Quân ou douze royaumes.

968. Unification du pays (Dai Co Viêt) par Dinh Bô Linh.

968-980. Dynastie des Dinh à Hoa Lu.

980-1009. Dynastie des Lê antérieurs à Hoa Lu.

1009-1225. Dynastie des Ly postérieurs à Thang Long (Hanoi).

1075-1077. Ly Thuong Kiêt mène la guerre contre les Chinois (dynastie des Sông).

1226-1400. Dynastie des Trân à Thang Long.

1288. Grâce au général Trân Hung Dao, les Mongols sont vaincus à Bach Dang.

1400-1407. Usurpation des Hô.

1407-1428. Le Dai Viêt redevient la province chinoise du Giao Chi.

1418. Soulèvement de Lê Loi conseillé par Nguyên Trai. Il aboutit, en 1427, à la victoire de Chi Lang et au départ des Chinois.

Période moderne

1428-1788. Dynastie des Lê postérieurs. Capitale à Thang Long.

1527-1533. Usurpation des Mac.

1620. A partir de cette date, le pays se scinde en deux fiefs séparés : au nord, les Trinh ; au sud, les Nguyên. Au nord, les rois Lê, détenteurs du pouvoir légitime, n'exercent plus qu'une autorité nominale.

1651. Création du quôc ngu, écriture vietnamienne romanisée.

1788-1802. Dynastie des Tây Son.

1802-1945. Dynastie des Nguyên, capitale Huê (l'empereur Bao Dai abdique en 1945). L'empereur est réintronisé en 1948, et la fin officielle de la dynastie des Nguyên date de 1955, lorsque Ngô Dinh Diem demande par référendum la fin du régime monarchique.

1804. Nguyên Anh, qui a pris le nom de règne de Gia Long, obtient l'investiture chinoise et nomme son empire Viêt Nam.

10 septembre 1858. Le vice-amiral Rigault de Genouilly, commandant en chef de la division navale des mers de Chine, s'empare de Tourane.

Période coloniale

Mars 1874. Traité de Saigon. L'annexion de la Cochinchine est reconnue. Une convention commerciale précise l'ouverture de trois ports (Hanoi, Haiphong et Quy Nhon). Un résident français sera placé auprès du gouvernement impérial.

1884. Traité de Huê. Le Tonkin et l'Annam deviennent protectorat français.

1887. Création de l'Union indochinoise (Tonkin, Annam, Laos, Cochinchine, Cambodge). Mainmise effective de la France sur l'ensemble du territoire.

1927. Nguyên Thai Hoc fonde le Parti nationaliste vietnamien (Viêt Nam Quôc Dan Dang ou VNQDD).

3 février 1930. A Hong Kong, Hô Chi Minh fonde le Parti communiste vietnamien qui deviendra la Parti communiste indochinois (PCI).

10 février 1930. Révolte de Yen Bai (Tonkin). Les Français arrêtent et condamnent à mort les chefs du VNQDD.

22 septembre 1940. Le Japon envahit l'Indochine.

8 septembre 1941. Création du Viêt-Minh (Ligue pour l'indépendance du Viêt Nam) où l'influence du PCI domine.

9 mars 1945. Coup de force des Japonais contre les Français.

Période contemporaine

2 septembre 1945. A Hanoi, Hô Chi Minh proclame la république démocratique du Viêt Nam (RDVN).

25 septembre 1945. Début de la première guerre d'Indochine.

7 mai 1954. Chute de Diên Biên Phu.

21 juillet 1954. Accords de Genève, fin de la guerre d'Indochine. Indépendance du Viêt Nam, du Laos et du Cambodge. Partition du Viêt Nam en deux Etats, de part et d'autre du 17e parallèle.

23 octobre 1955. Un référendum instaure la république au Sud Viêt Nam (république démocratique du Viêt Nam, RDV), avec Ngô Dinh Diem pour président.

14 décembre 1961. Le président Kennedy autorise l'envoi de conseillers militaires américains au Sud Viêt Nam.

1964. Incident du golfe du Tonkin et premiers raids aériens américains contre la RDV.

31 janvier 1968. Offensive du Têt.

2 septembre 1969. Mort de Hô Chi Minh à Hanoi.

27 janvier 1973. Accords de Paris instaurant un cessez-le-feu au Viêt Nam.

30 avril 1975. Chute de Saigon.

2 juillet 1976. Réunification du pays et proclamation de la République socialiste du Viêt Nam (RSV). Saigon est officiellement rebaptisée Hô Chi Minh-Ville.

25 décembre 1978. Suite à d'incessants raids cambodgiens accompagnés de massacres dans le Sud du pays, le Viêt Nam envahit le Cambodge.

17 février 1979. La Chine, décidée à infliger une correction au Viêt Nam, intervient militairement à Lang Son (nord du Viêt Nam).

Décembre 1986. Le VIe congrès du Parti communiste vietnamien adopte la politique de réformes économiques, Doi Moi (changer pour faire du neuf).

Septembre 1989. Le Viêt Nam retire ses troupes du Cambodge.

Novembre 1991. Normalisation des relations du Viêt Nam avec la Chine.

1994. Levée de l'embargo commercial américain, décidé en 1964 et étendu en 1975 à l'ensemble du pays. Visite officielle du président français, François Mitterrand.

1995. Admission du Viêt Nam dans l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN).

Décembre 2001. L'accord commercial bilatéral entre les Etats-Unis et le Viêt Nam entre en vigueur.

8-9 octobre 2004. A Hanoi, 5e rencontre Asie-Europe (ASEM 5) précédée de la visite officielle du président français, Jacques Chirac.

Avril 2006. Xe congrès du PCV et visite à Hanoi de Bill Gates, le fondateur de Microsoft. Il reçoit un accueil enthousiaste des autorités et des étudiants vietnamiens.

Fin juin 2006. L'Assemblée nationale, dans la suite du Xe congrès du PCV, " élit " un nouveau président de l'Etat (Nguyên Minh Triêt), un nouveau Premier ministre (Nguyên Tân Dung). Remaniement gouvernemental.

11 janvier 2007. Le Viêt Nam devient le 150e membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

1er-4 octobre 2007. Visite officielle du Premier ministre Nguyên Tân Dung en France.

31 décembre 2008. Achèvement de la démarcation de la frontière terrestre sino-vietnamienne.

27 février 2009. La Cour suprême des Etats-Unis confirme l'irrecevabilité de la plainte des victimes vietnamiennes de l'agent orange, herbicide cancérigène et tératogène utilisé par l'armée des Etats-Unis lors de la guerre du Viêt Nam.

12-14 novembre 2009. Visite de F. Fillon au Viêt Nam, première visite officielle d'un Premier ministre français depuis l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.

10 octobre 2010. Hanoi célèbre son millénaire.

Janvier 2011. XIe Congrès national du Parti communiste vietnamien.

Été 2011. Vives tensions entre la Chine et le Viêt Nam à propos des litiges territoriaux en mer d'Orient.

Des origines à nos jours

Tout comme l'étude de l'histoire de France ne pourrait être isolée de celle de l'Europe ou des pays méditerranéens, l'histoire du Viêt Nam a elle aussi été marquée par les grands courants de civilisations asiatiques. Le Viêt Nam s'est ainsi constitué au terme d'une longue histoire marquée de continuités mais plus encore de ruptures.

Viêt Nam, une longue histoire : tel est le titre d'un célèbre essai (réédité chez L'Harmattan, 1999) d'un intellectuel vietnamien francophone, Nguyên Khac Viên, qui retrace de la Préhistoire aux dernières années du XXe siècle " la longue marche du peuple vietnamien ". Avec une histoire de plus de 4 000 ans (2 000 années d'histoire écrite), le pays, qui aujourd'hui s'appelle le Viêt Nam, a été sous la domination de la Chine pendant approximativement 1 000 ans, depuis le IIIe siècle av. J.-C. jusqu'au XVIIIe siècle apr. J.-C. Pendant les 200 dernières années, le Viêt Nam a connu 100 ans de domination française et deux ans d'occupation japonaise (1943-1945) au cours de la Seconde Guerre mondiale. De 1954 jusqu'à 1975, la nation a été divisée par une guerre civile sanglante marquée par les interventions américaine (alliés du Sud), russe et chinoise (alliés du Nord). Depuis 1976, le Viêt Nam réunifié est dirigé par le Parti communiste vietnamien (PCV).

L’âge de pierre

Découvertes en Indonésie, dans l'île de Java, les premières traces de l'homme dans le Sud-Est asiatique datent du début du quaternaire. Il semblerait que, pour des raisons climatiques, ces tribus aient été poussées vers l'ouest et qu'elles aient ainsi atteint la péninsule indochinoise, où l'on a retrouvé leurs traces sur les hauts plateaux du Laos et du Viêt Nam. C'est le cas de Hoa Binh, près de Hanoi. On sait qu'à la même période d'autres hommes se sont installés plus au centre de la péninsule, sur le mont Do. Vers la fin du Paléolithique apparaissent dans le nord du pays des hommes à la peau plus claire, les Bacsoniens. On ignore presque tout de ces civilisations, si ce n'est les maigres indications apportées par la découverte de jarres incrustées d'os et décorées de terre rouge, qui semblent témoigner de l'importance des rites funéraires. Sur le littoral, les ossements, parfois décorés d'une terre plus limoneuse et plus grise, étaient enfouis dans des coquillages. On sait qu'ensuite les hommes se sont regroupés le long des fleuves, ont appris à assécher les marais : c'est la civilisation de Phung Nguyên. On commence à utiliser des cornes d'animaux : bijoux, parures, écuelles, flèches, aiguilles... Il semble que le besoin d'endiguer les crues des fleuves ait forcé ces nomades à se fixer en tribus vivant de la culture et de l'élevage sédentaire.

L’âge du bronze

Au Ier millénaire, le bronze fait son apparition : le Viêt Nam possédant de nombreux gisements, son utilisation connaît un essor rapide. Ce sera la civilisation dite de Dong Son, dont les traces ont montré qu'elle s'étendait de la province de Tanh Du jusqu'au 17e parallèle. Les instruments découverts (socles de charrue, haches, serpes, vases, armes) sont d'une très grande beauté, la plus remarquable trouvaille étant peut-être le tambour de Ngoc Lu (exposé à Hanoi), décoré d'un soleil lumineux, entouré de 16 cercles concentriques, de figures et d'anneaux mythologiques.

Origine des dynasties : la légendaire dynastie de Hong Bang

La création du peuple vietnamien s'appuie sur deux légendes : l'une, faisant mention du royaume de Van Lang, raconte qu'un peuple, appelé Bac Viêt par les Chinois, vivait dans les plaines littorales du Nord Viêt Nam. La dynastie de Hông Bang (voir Encadré) serait née en 2879 av. J.-C.

Bien que l'archéologie tende à confirmer l'existence historique de ces rois, les circonstances de leur règne, qui aurait duré plusieurs siècles, n'ont pas été rapportées par écrit avant le XVe siècle de notre ère. Jusqu'alors, seule la tradition orale a transmis de génération en génération la légende de ces rois fondateurs. Un dicton populaire affirme la primauté de la tradition orale par rapport à celle de l'écrit : " Dans des centaines d'années, ce qui est gravé sur les stèles de pierre s'effacera ; dans des milliers d'années, ce qui est véhiculé par la bouche demeurera, immuable. " Véritable genèse du monde vietnamien, la légende des rois Hung continue à garantir l'identité culturelle du pays.

La seconde légende évoque le conflit entre Son Tinh, le génie des Montagnes, et Thuy Thinh, le génie des Eaux. Le dernier roi de la dynastie de Hông Bang n'avait qu'une fille d'une incroyable beauté. Mais le pouvoir se transmettant de père en fils, elle ne pouvait régner. Son père décida de choisir un homme de grande valeur pour gendre. Le génie des Montagnes, Son Tinh, et celui des Eaux, Thuy Tinh, la convoitaient tous les deux. Après maintes luttes, ce fut Son Tinh, le génie des Montagnes, qui l'emporta. Pour se venger, Thuy Tinh essaya d'engloutir le pays de son souffle puissant, mais ne réussit qu'à y disperser les affluents qui sillonnent les montagnes, creusant par mégarde les canyons, les lacs, les fleuves et les énormes deltas. Ce serait la raison pour laquelle chaque année, pendant la mousson, les Vietnamiens doivent à nouveau maîtriser les crues des fleuves. Car c'est le moment où, ne voulant pas s'avouer vaincu, le génie des Eaux essaye à nouveau de venger son échec et d'envahir le royaume.

La dynastie de Hông Bang

Au Viêt Nam, tout a commencé très précisément en 2879 av. J-C. Le roi magicien Kinh Duong Vuong, descendant d'un souverain chinois, occupait le trône du pays marécageux des " Démons rouges " (xich quy) au sud de la Chine. Il épousa la fille du " Seigneur Dragon ", divinité aquatique du lac de Tongting (dans l'actuelle province chinoise du Hunan). Ensemble, ils eurent un fils nommé Lac Long Quân (" Seigneur des Dragons aquatiques du pays des Lac "), qui succéda à son père à la tête de ce royaume dont le territoire recouvrait le Sud de la Chine et le Nord du Viêt Nam actuel. Lac Long Quân pacifia le pays, enseigna à ses sujets l'agriculture et la sériciculture. Il prit pour femme l'immortelle Âu-Co, divinité de la montagne. Leur union engendra une grappe de cent oeufs d'où, quelques jours plus tard, surgirent cent garçons. Cinquante d'entre eux suivirent leur mère dans la montagne tandis que cinquante autres descendirent dans les régions maritimes habitées par leur père. Sous le nom de roi Hung (Hung vuong), l'aîné de ces cent garçons inaugura la dynastie de Hông-Bang. Il fonda le royaume de Van-Lang, à la tête duquel se succédèrent dix-huit souverains, qui régnèrent jusqu'en 258 av. J.-C.

Le royaume d’Au Lac

Vers la fin du IIIe siècle av. J.-C., le roi de la dynastie des Au Viêt (dynastie installée près de la Chine) renverse celle des Hung et rassemble les deux territoires (Thay et Hung), formant, en 258, le royaume d'Au Lac. La capitale sera érigée à Co Loa, au sud de Hanoi. Les vestiges découverts (flèches, arbalètes) ont démontré que cette citadelle était entourée de remparts et qu'elle avait dû faire face à de nombreuses attaques. Le commerce y était florissant avec l'intérieur du pays mais aussi avec l'Indonésie et le royaume de Ceylan.

En 208 av. J.-C., un général ambitieux annexe à sa province de Guandong, au sud de la Chine, le royaume d'Au Lac.

Mais la puissante et unificatrice dynastie chinoise des Han continue sa progression vers le sud de la Chine : en 111 av. J.-C., l'empereur chinois Wou Ti annexe à son tour le royaume de Guandong. Le royaume d'Au Lac devient alors une province chinoise, il devra alors adopter les institutions politiques, philosophiques et religieuses du grand voisin et apprendre à s'adapter à cette sinisation qui s'apprête à durer plus de dix siècles.

L’occupation chinoise (de 111 av. J.-C. jusqu’à la fin du Xe siècle)

A partir de cette époque, l'histoire du Nord du Viêt Nam jusqu'au 17e parallèle va se séparer de celle des autres régions du pays : le Centre, envahi par les Cham dès le IVe siècle, restera le royaume de Champa jusqu'au XVIe siècle. Le Sud devra subir les attaques cham mais aussi les invasions - régulièrement repoussées - des Khmers attirés à la fois par les riches terres du delta et par la nécessité de disposer d'un accès à la mer. Saigon ne sera définitivement occupée par les Vietnamiens qu'au milieu du XVIIe siècle.

Une politique d'assimilation à outrance menée par les hauts fonctionnaires chinois provoque, à partir de 23 apr. J.-C., les premières révoltes. Les mouvements insurrectionnels se poursuivront jusqu'au VIIIe siècle.

A la faveur du déclin de la dynastie chinoise des Tang et du chaos provoqué par les luttes féodales dans l'Empire chinois, une révolte massive s'organise dans le Nord. Dirigée par un Vietnamien, Khuc Thua Du (élu gouverneur de Giao Chau en 905), cette révolte durera plus de trente ans.

Les Vietnamiens obtiendront une certaine autonomie après la victoire du fondateur de la première dynastie nationale, Ngô Quyên, en 939, sur le fleuve Bach Dang. Mais il faudra encore attendre 968 pour que la Chine reconnaisse l'indépendance du Dai Co Viêt, nom donné au pays par Dinh Bô Linh, fondateur de la dynastie des Dinh. Les Ngô (939-967), les Dinh (968-983) et les Lê antérieurs (980-1009) seront trois dynasties sans envergure et de courte durée qui échoueront à rétablir l'ordre dans un pays sombrant dans l'anarchie. Vingt ans après la mort de Ngô Quyên, Dinh Bô Linh, qui a droit à une simple rue à Hanoi mais à un sanctuaire et à un pèlerinage annuel à Hoa Lu, fonde la dynastie des Dinh et réorganise le pays en s'inspirant du modèle administratif chinois.

La Chine de la dynastie des Song est alors obligée de reconnaître l'indépendance du Viêt Nam, qui prend le nom de Dai Cô Viêt. Ly Thai Tô, fondateur de la première grande dynastie vietnamienne, les Ly postérieurs (1009-1225), installe la capitale à Thang Long.

Les Cham et les royaumes indianisés du Champa (Centre)

Les royaumes du Champa furent ceux qui connurent le plus tôt au Viêt Nam une civilisation avancée.

Dès le IIe siècle, il existait un petit royaume (sous tutelle chinoise), le Lin Ly (région de Huê), où vivait une population autonome. De souche austro-asiatique, les Cham vivaient de la mer. Ils étaient marins, pêcheurs et pirates. Le premier roi fondateur du royaume (192) s'appelait Sri Mara.

Une fois leur organisation politique mise en place, les Cham refoulèrent les populations autochtones dans les montagnes pour garder l'accès aux côtes maritimes afin de développer le commerce avec la Chine, Java et Sumatra.

Les produits échangés étaient principalement le coton, l'encens, l'ébène, le camphre. Les esclaves capturés lors des batailles constituaient également une part importante des exportations. D'autre part, grâce à la maîtrise de la riziculture à grande échelle, les Cham ont également pu exporter vers la Chine une variété de riz à croissance rapide.

Les Cham au Viêt Nam. D'après le petit nombre de sites cham qui subsistent au Viêt Nam (une dizaine dispersés sur une bande de 1 100 km de longueur et concentrés sur cinq sites principaux), on peut noter que l'influence indienne fut prédominante au Champa, influence liée soit aux origines, soit aux relations politiques et commerciales de ce royaume avec l'Inde. Les Cham vénéraient les divinités hindoues - Shiva, Brahma, Vishnu -, mais leurs temples ressemblent à ceux que l'on peut voir au Cambodge.

En effet, l'art cham, issu de la même tradition que l'art khmer, s'est épanoui beaucoup plus tôt que ce dernier.

La structure religieuse et sociale (existence de castes) des Cham, initialement de type hindouiste, fut quelque peu modifiée au VIIe siècle avec l'arrivée du bouddhisme, puis avec l'apport d'éléments de la religion islamique.

Les capitales cham se sont déplacées progressivement vers le sud pour échapper à l'avancée des Viêts.

Au VIIe siècle, la capitale se trouvait à Simhapura, citadelle du Lion, (située à Tra Kiêu, à 40 km au sud-ouest de Da Nang). Au IXe siècle, la capitale se déplaça à Indrapura, ville du génie Tonnerre, (localisée à Dông Duong, à 50 km au sud de Da Nang).

En 1001, la capitale fut transférée à Vijaya, Victoire, (Cha Ban, à 6 km de Binh Dinh) afin de bénéficier de la proximité du port de Sri Banoi (actuel Quy Nhon).

Tombé en 1471 devant les troupes de Lê Thanh Tôn, l'ancien royaume du Champa fut divisé par l'occupant en quatre régions pour mieux le contrôler et l'affaiblir.

La fin d'une civilisation.

Le XVIe siècle marque la disparition du Champa, qui n'a pu résister à une coalition khméro-vietnamienne.

A partir de cette époque, le royaume, partiellement converti à l'islam, sera réduit à une simple principauté vassale, sans pouvoir de décision, sans armée et vivant du piratage sur les côtes.

Le dernier roi cham (Pô Rome) est mort en 1697 alors qu'il était prisonnier des seigneurs Nguyên. Une principauté vassale survécut jusqu'à ce que le roi Ming Mang y mette fin et que le roi Po Chong Chan s'exile au Cambodge.

Les 100 000 Cham, descendants de ces prestigieux royaumes, se concentrent principalement au Viêt Nam, dans les environs des villes de Phan Rang et Phan Thiet. Ils sont nombreux également au Cambodge.

Les vestiges du royaume de Champa. Avant de partir à la découverte des splendides vestiges cham, il n'est pas inutile de se rappeler que l'ancien royaume du Champa avait été divisé en 4 grandes régions :

Amaravati, coeur historique du royaume du Champa (provinces actuelles de Quang Binh et Quang Ngai) ;

Vijaya (provinces de Binh Dinh, Gia Lai Kontum et Phu Yên) ;

Kauthara (zone de Dà Lat, Nha Trang et Phan Rang) ;

Panduranga (entre Phan Rang et Phan Thiêt).

La dynastie des Ly (1009-1225)

La capitale du Dai Viêt est transférée à Thang Long (l'ancien nom de Hanoi), qui représente la partie nord-ouest du Hanoi actuel. Thang Long (avec d'autres petites capitales) restera le siège des pouvoirs au nord jusqu'au XVIIIe siècle, époque à laquelle les rois lui préféreront Huê, à cause de sa position stratégique. Pendant deux siècles de règne, les Ly s'emploieront à consolider leur pouvoir, les invasions diverses seront repoussées (bataille de Nghu Nguyet en 1077). Le régime agraire sera revu et certaines taxes diminuées.

Le bouddhisme reprend son essor et les bonzes se voient pour la première fois associés aux décisions impériales. Mais leur pouvoir, soutenu par les souverains, s'effacera vite pour laisser place au confucianisme et au taoïsme. C'est l'époque où l'empreinte culturelle chinoise est la plus marquée, comme en témoignent à Thang Long, la construction, en 1070, du temple de la littérature et l'ouverture, en 1075, des premiers concours de mandarinat d'inspiration chinoise... En 1225, appauvri par une sécheresse particulièrement dévastatrice, les guerres successives et les luttes ethniques, le pays se soulève et installe au pouvoir la dynastie des Trân.

La dynastie des Trân (1225-1430)

Sous les Trân, une courte période de trêve s'accompagne d'importantes réformes. Les taxes sont allégées ou abolies, la construction de digues et de canaux reliant les fleuves aux affluents permet d'étendre les échanges commerciaux. Grâce à l'essor de l'artisanat et de la sériciculture, le pays connaît une première organisation économique ; la première sapèque (monnaie) de cuivre est frappée. L'ampleur et la richesse des corporations artisanales font naître une nouvelle architecture urbaine où les différents corps de métiers se regroupent par quartiers - ou par rues (voir le Vieux Hanoi) - qui se déploient autour des cités impériales et des citadelles.

Après deux siècles de prospérité, le pays doit faire face aux terribles armées mongoles de Kubilai Khan qui, se dirigeant vers le Cambodge, occupent les côtes du Champa et le delta du fleuve Rouge. Après la victoire du prince Trân Nhan Tong en 1287, un traité est finalement signé à la mort de Kubilai Khan. On laisse les Mongols retirer leurs troupes en échange d'un lourd tribut et de droits de passage pour leurs commerçants.

La lente descente des Kinh vers le sud

Il est actuellement difficile d'identifier un type de civilisation proprement vietnamien, tant l'interpénétration des civilisations a été grande. Bien sûr, on pourrait voir à travers la longue descente des Kinh refoulant les Cham (1471, prise de Vijaya) et les Khmers (1757), la prédominance d'une forme de civilisation sur les autres. Pourtant, cette civilisation initiale empruntée au Nan Yue (région de Canton) s'est tellement modifiée au contact des différentes populations auxquelles elle s'est heurtée et mélangée (Cham, Khmers, Chinois du royaume de Ha Tiên, minorités ethniques) qu'il est difficile d'en discerner les bases et les apports successifs.

L’insurrection de Hô Qui Ly

La guerre mongole a permis à certains guerriers de rassembler leurs forces et leurs troupes. L'un d'entre eux, Lê Qui Ly, en profite pour rallier une partie de la population mécontente des décrets émanant des mandarins de plus en plus stricts. En 1400, après un coup d'Etat, il s'installe au pouvoir sous le nom de Hô Qui Ly et met en place d'importantes réformes. Contrarié d'être évincé du pouvoir, qu'il contrôlait secrètement en recevant une partie des taxes et des corvées, et sous le prétexte de rétablir la dynastie légitime des Trân au pouvoir, l'empereur chinois Yong Long entre au Viêt Nam avec ses troupes et s'empare, en 1407, de Hanoi. Il déporte Hô Qui Ly et sa famille et restaure sur le trône l'héritier des Trân. Mais cette nouvelle ingérence est si tyrannique qu'en 1427 un prince féodal, Lê Loi, aidé du lettré Nguyên Trai et de son armée, assiège les Chinois à Hanoi. Ces derniers capitulent et Lê Loi monte sur le trône, instaurant la dynastie des Lê postérieurs.

Les Lê postérieurs (1428-1776)

Le règne de la dynastie des Lê postérieurs durera 250 ans, répartis en deux périodes, avec une interruption de près d'un siècle.

De 1477 à 1537, le royaume connaît un calme relatif où le pouvoir peut procéder à de nouvelles réformes agraires et administratives (diminution du pouvoir des institutions mandarinales et de la rigidité des concours de recrutement). Les guerres mongoles ayant favorisé l'ouverture du pays, du commerce et de l'artisanat, de nouvelles inventions venues de Chine apparaissent, comme les fonderies, le tissage sur carte perforée, les premières porcelaines et l'amélioration de la qualité des objets en métal.

Pendant cette période (du XVe au XVIIIe siècle), les poids et mesures seront unifiés, et le pays sera divisé en régions (dao) et sous-préfectures, régies selon le code Hong Duc. Ce code, instauré en 1483, restera en vigueur jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Le commerce est prospère et s'étend même jusqu'au Japon. La force économique du pays et la constitution d'une véritable armée permettent d'annexer plusieurs provinces cambodgiennes et de repousser quelques envahisseurs insistants. Saigon est conquise. Peu à peu cependant, les mandarins reprennent de leur pouvoir : le roi règne, mais les mandarins gouvernent les régions et perçoivent les taxes.

Résultat, après un siècle et demi de paix et de réformes bénéfiques, le pays s'appauvrit à nouveau et, en 1527, éclate une révolte consécutive à une sécheresse prolongée. Les Lê postérieurs perdent le pouvoir, qui passe aux mains d'un des chefs de l'armée. Mac Dang Dung s'empare du trône et s'autoproclame général de commanderie.

Le pays entre à nouveau dans une période de guerres féodales et de querelles mandarinales. Profitant de ce chaos, deux clans seigneuriaux, les Nguyên et les Trinh, rétablissent au pouvoir les Lê postérieurs. Pouvoir nominal, puisque les deux familles se partagent la direction du pays en deux royaumes séparés par le 17e parallèle : le royaume des Trinh au nord et le royaume des Nguyên au sud.

Les Trinh et les Nguyên

Malgré une guerre acharnée (1627-1672), les deux entités profitent de l'expansion économique, artisanale et commerciale des deux siècles de règne des Lê postérieurs. Le commerce s'intensifie avec le Japon et l'Indonésie. Les navigateurs portugais, anglais et français installent des ports de commerce à Hung Yen, au nord et au centre. Le royaume du Viêt Nam ou Dai Viêt est ainsi intégré au grand mouvement commercial de l'Asie orientale. Une nouvelle classe commerçante, essentiellement chinoise, servira d'intermédiaire entre les Occidentaux et les Vietnamiens et conservera ce rôle assez longtemps... jusqu'à la chute de Saigon en 1975.

Les missionnaires, qui avaient précédé les compagnies commerciales selon un scénario rodé par l'époque des grandes découvertes, gagnent la confiance des Nguyên, mais deviennent pour les mandarins un danger social et moral. L'un des membres de la Société des missions étrangères de Paris, Alexandre de Rhodes, contribue à la diffusion du quôc ngu, une écriture romanisée de la langue vietnamienne jusqu'alors transcrite en idéogrammes chinois. Continuant leur progression vers le sud, les Nguyên évincent les dernières forteresses cham et annexent la Cochinchine. Forts de leur croissance économique, ils s'introduisent au Cambodge et encerclent les Trinh au nord.

Les Tây Son

En 1775, les Trinh, à la faveur d'un soulèvement dirigé par trois frères du village de Tây Son, chassent la dynastie des Lê et s'emparent de Phu Xuân (Huê), la capitale. Nguyên Huê, qui régna sous le nom de Quang Trung, est le chef de file de la révolte des Tây Son (1771-1802) menée par les frères Nguyên, originaires de Binh Dinh. Les Tây Son traitent avec les Trinh pour se débarrasser des Nguyên. Le seigneur Nguyên, Huê Vong et son fils sont capturés et tués en 1776.

Cette double mort faisait du jeune prince Nguyên Anh (futur empereur Gia Long), alors âgé de 17 ans, le représentant légitime de la famille Nguyên. Traqué, il se réfugia au Cambodge dans la maison de monseigneur Pigneau de Béhaine (évêque d'Adran).

Toute la Cochinchine était soumise au pouvoir des Tây Son. En 1874, le futur roi demanda de l'aide à la France et y envoya son fils, le prince Canh, âgé de 7 ans, accompagné de Mgr Pigneau de Béhaine. Ceux-ci furent reçus à la cour par le roi Louis XVI.

La chute des Trinh et des Tây Son

Un traité d'aide fut signé en 1787, mais il ne fut pas suivi d'effet. L'évêque d'Adran, grâce au soutien financier de quelques négociants et avec sa fortune personnelle, décida alors d'acheter des armes et de recruter des volontaires. Quatre vaisseaux rallièrent Saigon en 1788.

Dynamiques mais n'ayant rallié qu'un petit nombre de mandarins à leur cause, les Tây Son ne resteront que treize ans en place, leur seul pouvoir étant d'assaillir sans cesse Huê, la capitale des seigneurs Nguyên du Sud, et de déstabiliser le régime.

Connaissant la faiblesse des Trinh et des Tây Son et aidés par la France, les Nguyên (dont les institutions mandarinales étaient favorables à l'ouverture vers l'étranger) envoient leurs troupes à Huê, assiègent la capitale du Nord et forcent les Trinh à abdiquer. L'aide financière et militaire des conseillers Dayot, Puymanel, Vannier et Chaigneau, permit aux forces de Nguyên Anh de reconquérir la Cochinchine. L'évêque d'Adran s'éteignit en 1799. Quy Nhon tomba définitivement en 1801. En 1802, le Tonkin était reconquis. Nguyên Anh monta alors sur le trône et prit le nom de Gia Long. C'est le premier empereur de la dynastie des Nguyên. Le pays prend à ce moment-là son nom de Viêt Nam.

Les différentes appellations nationales au cours des siècles

Le nom viêt est la prononciation sino-vietnamienne d'un caractère ayant le sens de " au-delà ", de " lointain ". Il a également le sens de " traverser, dépasser, franchir, se redresser ". Le mot viêt désigne donc un Etat éloigné par rapport à la Chine et qui a tendance à s'affranchir, se redresser, se répandre. Le caractère nam désigne " le sud ". Viêt Nam signifie donc " le Sud des Viêts " ou " le Sud peuplé de Viêts ".

C'est l'empereur Gia Long (dynastie des Nguyên) qui, en 1802, donna ce nom au pays. Ce ne fut pas sans difficulté. Le monarque vietnamien ayant proposé à l'approbation de l'empereur de Chine la nouvelle appellation Nam Viêt, l'empereur, après délibération avec les principaux dignitaires de sa Cour, estima que Nam Viêt pourrait évoquer l'ancien royaume de Triêu Da (dynastie des Triêu, 207-111 av. J.-C.), lequel avait englobé les deux provinces chinoises de Kouang Tong et Kouang Si.

Le souverain vietnamien aurait-il dissimulé des visées territoriales derrière cette appellation équivoque ? Méfiant, mais aussi soucieux de ménager la susceptibilité de Gia Long, l'empereur de Chine résolut la question en intervertissant l'ordre des mots : au lieu de Nam Viêt (les Viêts du Sud), il préféra que ce fût Viêt Nam (le Sud peuplé de Viêts). Avant de s'appeler Viêt Nam, le pays a connu pas moins de 12 appellations nationales :
- Van Lang, sous la dynastie des Hung ou Lac Vuong (du Ve siècle à 257 av. J.-C.).
- Au Lac, sous la dynastie des Thuc (257-207 av. J.-C.).
- Nam Viêt, sous la dynastie des Triêu (207-111 av. J.-C.).
- Giao Chi, sous les Han antérieurs (de 111 av. J.-C. à 203 apr. J.-C.).
- Giao Châu sous les Han postérieurs (203-544).
- Van Xuân, sous la dynastie des Ly antérieurs (544-603).
- An Nam, sous les Duong ou Tang (603-939).
- Dai Cô Viêt, sous la dynastie des Dinh et successeurs (968-1054).
- Dai Viêt, sous la dynastie des Ly et celle des Trân (1054-1400).
- Dai Ngu, sous la dynastie des Hô (1400-1407).
- An Nam, sous les Minh ou Ming (1407-1427).
- Dai Viêt, sous la dynastie des Lê et les seigneurs Nguyên (1428-1802).
- Viêt Nam, nom donné par l'empereur Gia Long en 1802.
- Dai Nam, nom donné par l'empereur Minh Mang en 1832.
- Viêt Nam, nom repris en avril 1945 par le premier gouvernement national.

La dynastie des Nguyên

Repoussant les dernières attaques khmères, les Nguyên reconquièrent Saigon et le Sud de la péninsule. Pour la première fois depuis l'invasion chinoise (en 10 av. J.-C.), le pays est unifié en un seul royaume, de la pointe de Camau à la frontière de Lang Son, sous le contrôle d'un seul souverain.

Les premières années de règne de la dynastie dans une paix relative, conservée grâce à un absolutisme rigoureux, permettent apparemment un certain libéralisme : reconnaissance du bouddhisme, syncrétisme religieux (confucianisme, taoïsme, catholicisme), ouverture à d'autres formes de littérature, échanges commerciaux et culturels avec l'étranger (Japon, France, Espagne...), assouplissement du régime agraire et innovation dans les techniques de l'artisanat et des métiers. Ce fut, à tout point de vue, une époque florissante.

Les premières ruptures avec l’étranger et la chute des Nguyên

Les souverains suivants, aveuglés par l'ambition et la cupidité des mandarins traditionnels qui, malgré les réformes, ont su conserver leur pouvoir, font l'erreur de se refuser à tout échange commercial et se laissent aller à la xénophobie et l'intolérance religieuse. L'empereur Tu Duc, fermé à tout dialogue, voit Napoléon III lui envoyer des troupes pour s'emparer de Da Nang (Tourane), puis de Huê. Utilisant sa forte position stratégique, la France, qui vient d'annexer le Cambodge, encercle les Vietnamiens et s'empare de la Cochinchine et de Saigon, le 5 juin 1859.

Le traité de Saigon, signé le 6 juin 1862, cède à la France la Cochinchine orientale et l'accès à trois ports de commerce, dont Tourane. Après avoir annexé la Cochinchine, en 1863, la France " offre " son protectorat au Cambodge, trop heureux de se soustraire aux ambitions de ses puissants voisins (Viêt Nam et Siam). La suzeraineté de la France sur le Viêt Nam est reconnue, malgré les protestations de la Chine.

Création de l’Union indochinoise

La France, dont le véritable objectif est l'accès à la Chine et donc la voie que représente le fleuve Rouge, profite d'une certaine effervescence au Tonkin pour s'emparer de Hanoi, où elle ouvre un comptoir en 1873 et obtient en 1874 d'autres facilités commerciales. Harcelés par les mandarins traditionalistes et réfractaires à toute innovation, et voyant leurs avantages discutés, les Français, à la mort de l'empereur Tu Duc (1883), s'emparent de Huê et imposent un protectorat provisoire (26 août 1883).

Un deuxième traité verra bientôt le jour au terme duquel le Nord Viêt Nam perd son indépendance et sa souveraineté (6 juin 1884). Pour s'assurer en même temps que la Chine renoncera définitivement à toute intervention, la France l'oblige à signer le traité de T'ien-tsin (9 juin 1885) qui reconnaît le protectorat français sur le Viêt Nam. La France doit faire face à une résistance impériale.

En effet, Ham Nghi, roi de la dynastie des Nguyên, intronisé en 1884 à l'âge de 14 ans, mit sur pied le mouvement Cân Vuong (Aide au roi), visant à attiser la résistance vietnamienne contre les Français. Déposé dès 1885, il se réfugia dans les montagnes. Trahi, il fut capturé en 1888 et exilé en Algérie.

Devant faire face à de multiples révoltes internes, après des luttes sanglantes et la prise de Hanoi, de Tourane et de Haiphong, Paris crée l'Union indochinoise, qui devient colonie en 1887. Elle comprend le protectorat du Cambodge, la Cochinchine, l'Annam et le Tonkin, auxquels s'ajoutera le Laos en 1893.

L'Union indochinoise est soumise à l'autorité d'un gouverneur général français qui prend le nom de gouverneur général de l'Indochine. Pour faciliter l'organisation interne et administrative du Viêt Nam, le pays est scindé en trois provinces.

La Cochinchine est une colonie soumise à l'administration française où tout pouvoir impérial est exclu.

Au Tonkin est instauré un régime de protectorat où les Français collaborent avec les administrations vietnamiennes, qui n'ont en définitive qu'un pouvoir dérisoire et occupent des fonctions subalternes.

L'Annam conserve sa propre administration interne, bien que la gestion financière et la justice soient sous la surveillance de contrôleurs français.

L'empereur est mis sous tutelle, et son pouvoir est accaparé par le résident supérieur de l'Annam.

Le nationalisme vietnamien

L'espoir, que caressaient certains mandarins annamites ouverts aux réformes et des bourgeois aisés, de pouvoir participer à l'administration du pays s'évanouit vite. Les Vietnamiens, qu'ils soient ministres ou conseillers municipaux, n'ont aucun pouvoir réel et doivent rendre compte aux Français de chacune de leurs décisions. Dans certaines régions (le Tonkin ou l'Annam), le pouvoir colonial a recours aux mandarins, mais plutôt que d'appliquer les réformes, ces derniers en profitent pour s'enrichir.

Malgré un plan économique de grande envergure (chemin de fer, réseau routier, élargissement des ports, modernisation de l'industrie, amélioration et ouverture des mines), la situation de la population, accablée de labeur et d'impôts, demeure difficile. Face à cette situation, au début du XXe siècle, deux types d'opposition se font jour.

D'une part, Phan Boi Chau, partisan d'un Etat national et par conséquent d'actions armées, qu'il fomente en 1908, 1913, 1915 et 1917.

D'autre part, Phan Chau Trinh, partisan du progrès de la société et de la diffusion du savoir, confiant en la voie diplomatique pour aboutir à l'indépendance. Ainsi apparaissent une nouvelle université, en 1907, à Hanoi, et d'autres écoles.

Mais Phan Chau Trinh sera exilé en 1908, tout comme l'empereur Than Thai (1889-1907), déclaré fou après avoir participé à une vague d'attentats en 1911. En 1916, après une rébellion, c'est au tour de l'empereur Duy Tan (1907-1916) d'être écarté. Enfin, avec l'empereur Khai Dinh (1916-1925), les Français ne rencontreront plus de difficultés du côté de la cour impériale de Huê.

Différentes forces incarnent le nationalisme vietnamien

Après la Première Guerre mondiale, des étudiants rentrés de France, des cadres, des mandarins libéraux, des paysans et des ouvriers, mécontents de la dégradation de l'infrastructure et de la corruption des fonctionnaires locaux, se regroupent autour d'un certain Nguyên Ai Quoc (Nguyên le patriote, futur Hô Chi Minh). Ils forment, en 1925, un parti de résistance inspiré de la IIIe Internationale : le Thanh-Niên ou Jeunesse révolutionnaire. En 1927, le Viêt Nam Quoc Dan Dang (Parti national du Viêt Nam) est fondé.

Nguyên Ai Quoc, qui a déjà participé à la fondation du Parti communiste français, crée à Hong Kong, en 1930, le Parti communiste du Viêt Nam rebaptisé Parti communiste indochinois sur les instances de la IIIe Internationale. Les paysans et les ouvriers multiplient les révoltes. En 1932, Bao Dai, fils de l'empereur Khai Dinh, rentre de France où il a vécu dix ans et, effaré par la situation économique et chaotique du pays et de l'administration, décide de mettre rapidement en place des réformes administratives et de procéder à des allégements de taxes. Mais, mal entouré et incapable de s'imposer, il doit vite renoncer à sa politique d'ouverture. Dans ce contexte, le bouddhisme, religion d'Etat depuis 1802, prend un essor considérable. De nouvelles sectes apparaissent (caodaïste, hoa hao) ; le Dai Viêt, parti nationaliste, est créé pour s'opposer aux communistes. Ces nouvelles forces, nourries des rangs des mécontents, ne tarderont pas à exploser.

Seconde Guerre mondiale et août 1945

Après la défaite française en 1940, le gouvernement de Vichy doit se résoudre à voir l'Indochine passer sous le contrôle des Japonais. Ceux-ci laissent l'administration française en place, et ce n'est qu'après le coup de force du 9 mars 1945 qu'ils contrôleront effectivement le pays, emprisonnant et assassinant nombre de ressortissants français. En 1941 est créée la Ligue révolutionnaire pour l'indépendance du Viêt Nam (Vietnam Doc Lap Dong Minh Hoi), le Viêt-minh. Pendant l'occupation, le Viêt-minh développe ses positions et parvient, en 1943, à implanter deux zones libérées dans le Viêt Bac. Le 11 mars 1945, l'empereur Bao Dai proclame la fin du protectorat français.

Après la défaite des Japonais, Hô Chi Minh appelle le pays à se soulever contre les Français. Le 23 août, l'empereur Bao Dai abdique. Le 29, le gouvernement provisoire est constitué avec 9 ministres communistes. La République démocratique du Viêt Nam est proclamée le 2 septembre 1945.

La première conférence de Dà Lat échoue et celle de Fontainebleau (juillet 1946) n'aboutit qu'à la suspension des hostilités en attendant le traité de janvier 1947. Mais, en automne 1946, les combats reprennent dans le Sud. Valluy et d'Argenlieu entendent reprendre le Nord immédiatement, tandis que Hô Chi Minh veut essayer de négocier pour gagner du temps et écarter l'idée d'une reconquête.

La guerre d’Indochine

Le 23 novembre 1946, la flotte française bombarde Haiphong. Le 19 décembre, les milices ripostent en attaquant les troupes françaises à Hanoi. La guerre d'Indochine commence. Il faut trouver une solution après cette démonstration de force. Ayant gardé une certaine aura auprès de toutes les couches de la population vietnamienne, en tant que descendant du dernier empereur de la dynastie des Nguyên, Bao Dai devient alors chef nominal du gouvernement du Viêt Nam, reconnu indépendant au sein de l'Union française. A un petit détail près... la tutelle d'un haut-commissaire français.

Hô Chi Minh sait qu'il peut désormais compter sur l'appui militaire de la Chine (devenue communiste), et le Front national de libération déclare que la République démocratique du Nord Viêt Nam est le seul et unique Etat légal du Viêt Nam. Il se fait reconnaître par l'URSS, mais les pays d'Europe de l'Est, la France, la Grande-Bretagne et les Alliés refusent de reconnaître la nouvelle république. Aidée militairement par la Chine et profitant de la chute du régime de Bao Dai (corruption, pillages des villes par les sectes, trafic des piastres), l'armée de la République démocratique du Nord Viêt Nam (RDNV) fait subir aux Français de lourdes pertes, en recourant surtout à une active guérilla.

La classe politique parisienne voulant sortir de cette guerre malsaine, une conférence à Genève est décidée. Hô Chi Minh, désirant renforcer sa position avant cette ultime conférence, obtient une victoire d'envergure à Diên Biên Phu, le 7 mai 1954, grâce au génie stratégique du général Vo Nguyên Giap qui a su organiser le ravitaillement de ses troupes.

Le 21 juillet 1954, la France signe les accords de Genève ; ils mettent fin à la guerre et reconnaissent l'indépendance du Viêt Nam. Les Etats-Unis, s'ils refusent de reconnaître ces accords, affirment cependant qu'ils ne s'opposeront pas à leur application.

La guerre du peuple selon Nguyên Trai

" Avec le peuple rassemblé comme dans une famille,

Nous avons hissé le drapeau de la liberté.

Avec nos officiers et nos soldats comme entre pères et fils,

Nous avons bu le vin des batailles.

Jouant de la surprise, nous avons opposé

Notre faiblesse à la force de l'ennemi.

En mille embuscades, nous avons anéanti

Des armées nombreuses avec des forces réduites.

La juste cause a triomphé de la barbarie.

L'humain a vaincu la force brutale. "

(Nguyên Trai (XVe siècle), Proclamation sur la pacification des Ngô.)

De l’ingérence…

Selon les accords de Genève, la réunification du Viêt Nam devait se faire par voie d'élections libres sous contrôle international, en 1956. Au nord, le régime se consolide et prend modèle sur la Chine maoïste. Mais le régime est si rigide que des révoltes forcent le Parti à changer de voie et à alléger les réformes. Peu à peu, une économie s'établit et permet la reconstruction et la remise en marche de l'industrie, des moyens de transport et du commerce. Au sud, le chaos s'amplifie, la bourgeoisie aisée apeurée fuit le pays, les capitaux s'en vont vers Hong Kong ou vers l'Europe. Ayant évincé l'empereur Bao Dai, le Premier ministre Ngô Dinh Diem prend le pouvoir et renforce sa milice.

Les dernières troupes françaises quittent le pays en avril 1956. Diem se tourne alors vers les Américains à qui il demande de l'aide. Ces derniers acceptent " au nom du combat contre l'invasion des peuples par le communisme " et envoient d'abord 15 000 conseillers, puis des troupes dans le Sud du pays. Pendant ce temps, le Nord (ou République démocratique du Viêt Nam) renforce ses armées, prolonge la piste Hô Chi Minh qui relie presque Hanoi à Saigon en passant par le Laos et le Cambodge et s'assure l'appui militaire de la Chine. En 1963, les Américains se débarrassent de Diem et installent au pouvoir un général anticommuniste. Après un incident dans le golfe du Tonkin (en fait une provocation organisée par Washington), Johnson ordonne une offensive. L'armée américaine bombarde le Nord Viêt Nam. La guerre commence en février 1965. Malgré l'envoi massif de troupes et l'armement le plus sophistiqué du monde, les Etats-Unis ne feront que s'enliser dans un conflit qui secoue les opinions publiques du monde entier.

…à la guerre américaine

Convaincu enfin de l'inutilité de ces combats qui tournent au désavantage des Etats-Unis, Johnson décide de rechercher une solution diplomatique. L'offensive du Têt menée le 31 mars 1968 précipite les négociations.

Sous la présidence Nixon marquée par la reprise des relations avec la Chine communiste en février 1972, s'engage la " vietnamisation " un processus marqué par le retrait progressif des troupes américaines de la république du Viêt Nam, remplacées par des combattants sud-vietnamiens.

Le poids de l'opinion américaine de plus en plus opposée à cette guerre cruelle, presse le gouvernement américain d'en finir au plus vite et les Etats-Unis acceptent un cessez-le-feu lors des accords de Paris signés le 27 janvier 1973. Ils seront suivis par un désengagement des troupes américaines qui quitteront graduellement le Viêt-nam du Sud.

De son côté, le gouvernement révolutionnaire provisoire décide de lancer l'ultime offensive en bombardant Huê, en s'emparant du poste stratégique de Phuoc Binh, de la base américaine de Da Nang (29 mars 1975), repoussant à cet effet les troupes du général Thiêu vers Nha Trang. Saigon tombe (30 avril 1975). C'est la fin d'un combat qui aura duré presque un quart de siècle.

Réunification du pays

La situation dans le Sud est désastreuse. La guerre et le départ des troupes américaines ont laissé le pays complètement démuni. Pour restructurer cette moitié du pays en pleine débâcle et surtout pour accélérer le processus de réunification, des élections politiques régionales sont organisées du 15 au 20 novembre 1975. Le 2 juillet 1976, le Viêt Nam prend le nom de République socialiste du Viêt Nam (RSVN) et demande une reconnaissance officielle.

Une tragédie passée sous silence : les boat people

Entre juillet 1978 et fin décembre 1981, 650 000 boat people sino-vietnamiens ont été accueillis par des pays tiers. Ces vagues d'émigration clandestine et semi-officielle (réalisées avec la complicité des forces de l'ordre vietnamiennes qui rançonnaient les candidats au départ) ont permis au gouvernement vietnamien le désengorgement des villes du Sud, hypertrophiées, et de se débarrasser d'une population jugée peu sûre du fait de ses liens avec l'ancien régime de Saigon.

Les estimations varient sur le nombre de ceux qui sont morts en mer, entassés sur des embarcations de fortune. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), le nombre de ceux qui auraient péri représenterait le tiers de ceux qui sont arrivés à bon port, victimes des conditions météorologiques, de l'indifférence des navires marchands sillonnant la mer de Chine du Sud ou des attaques de pirates thaïlandais.

143 000 Saigonais ont été évacués par les forces américaines avant l'effondrement du régime en 1975. Près d'un million de boat people ont choisi de prendre la mer malgré les risques encourus. Enfin, selon le HCR, 147 000 départs légaux ont été enregistrés entre 1979 et 1988, alors que 500 000 demandes avaient été déposées.

Le Viêt Nam retrouve le monde

Après la réunification, le Viêt Nam n'en avait pas encore fini avec la guerre. En décembre 1978, les troupes vietnamiennes pénètrent au Cambodge suite aux incursions et aux massacres perpétrés par les Khmers rouges dans les villages vietnamiens de la région frontalière. L'occupation mettra fin au régime de Pol Pot, mais se prolongera et coûtera cher au Viêt Nam sur la scène internationale.

Soutenu par l'URSS, le pays est néanmoins très isolé par ailleurs, en butte à l'hostilité de la Chine (en février 1979, celle-ci, afin de " donner une leçon au Viêt Nam ", lance une attaque sur la frontière, mais l'opération révèle le manque de préparation de l'armée chinoise) et des Etats-Unis.

Le retrait du Cambodge et les accords de Paris de 1991 permettront au Viêt Nam de reprendre pleinement sa place au sein de la communauté internationale.

Le Renouveau (Doi Moi)

La mise en place de la politique du Renouveau (Doi Moi) lors du VIe Congrès du Parti communiste (PCV) en 1986, l'affaiblissement des relations économiques avec ses partenaires traditionnels du bloc de l'Est, consécutif à l'effondrement de l'URSS en 1991, ont conduit le Viêt Nam à adopter une politique d'ouverture internationale tous azimuts.

La fin de l’embargo : début d’une nouvelle ère

En février 1994, les Etats-Unis ont levé l'embargo exercé sur le Viêt Nam depuis 1975 qui empêchait notamment le pays de bénéficier de l'aide financière internationale. En juillet 1995, le Viêt Nam est devenu membre de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN). Cette organisation, qui rassemble par ailleurs le Brunei, l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le Cambodge, le Laos et le Myanmar, a mis en place une zone de libre-échange, l'AFTA (Asean Free Trade Area), à laquelle le Viêt Nam s'intègre selon des modalités progressives.

En novembre 2000, le président Clinton a effectué une visite historique au Viêt Nam. A la fin de l'année 2001, le Viêt Nam et les Etats-Unis ont ratifié un traité d'accord commercial. Depuis, les relations semblent encore s'intensifier avec des échanges de visites officielles au plus haut niveau.

Le 11 janvier 2007, douze ans après s'être déclaré candidat, le Viêt Nam devenait officiellement le 150e membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il parachevait ainsi le processus d'intégration internationale entamé avec le lancement du Doi Moi en décembre 1986.

Le Viêt Nam et son grand voisin du nord

En 1991, le Viêt Nam a normalisé ses relations avec la Chine. Les liens entre les deux pays connaissent aujourd'hui un développement considérable. Les visites officielles se succèdent et les échanges commerciaux sont en pleine croissance, et la Chine est aujourd'hui le premier partenaire commercial du Viêt Nam. L'essor des échanges bilatéraux avec la Chine a été encore dynamisé par un accord de libre-échange conclu entre Pékin et les pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est entré en vigueur le 1er janvier 2010. Le déséquilibre des échanges en faveur de la Chine alimente un contentieux persistant.

Les gouvernements des deux pays partagent des affinités idéologiques, mais celles-ci ne font pas oublier les litiges territoriaux qui empoisonnent la relation.

Le 31 décembre 2008, le Viêt Nam et la Chine ont annoncé l'achèvement de la démarcation de la frontière terrestre entre les deux pays. L'accord ouvrait la voie à une coopération économique transfrontalière à travers le développement des axes routiers et ferroviaires entre le port vietnamien de Haiphong et les province chinoises du Yunnan et du Guangxi.

Concernant les différends liés à la souveraineté maritime, les deux Etats revendiquent les îles Paracels et les Spratleys. La Chine, présente aux Paracels depuis qu'elle en a chassé les troupes de l'ancien régime de Saigon en 1974, maintient aussi des garnisons plus au sud, sur l'archipel des Spratleys, tout comme le font le Viêt Nam, Taïwan, la Malaisie et les Philippines.

Les Spratleys contiendraient d'importants gisements gaziers et pétrolifères et occupent en tout cas une position stratégique sur la route maritime entre le Proche-Orient et le Japon, autre grand partenaire économique du Viêt Nam. En 2010 et 2011, plusieurs incidents en mer d'Orient ont très fortement tendu la relation entre le Viêt Nam et la Chine. Des manifestations ont même eu lieu à Hanoi et Hô Chi Minh-Ville pour dénoncer la politique de Pékin.

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