C'est ici que tout a commencé, il y a près de 4 000 ans. Tandis que toute l'Europe vivait encore dans une civilisation protohistorique, les Crétois construisaient déjà des palais magnifiques et hiérarchisaient la société pour rendre le pouvoir total et légitime. La civilisation minoenne a trouvé sa plus belle expression à Cnossos qui était son véritable centre, faisant des autres palais de simples Etats périphériques. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que le palais du roi Minos et du Minotaure a été découvert par la civilisation contemporaine. Rencontre de deux mondes et de deux époques. Les Minoens avaient tout inventé, de la pratique religieuse aux techniques agricoles en passant par les organisations politiques, militaires, sociales et le mécénat culturel. Cnossos est la mère de la civilisation occidentale et le point de départ de tout ce dont l'Europe s'est nourrie pendant quarante siècles.

Le Britannique Evans a oeuvré pour que le site sorte de terre, puis soit partiellement reconstruit. Cette reconstitution, faite avec parfois beaucoup d'imagination, est considérée comme une hérésie par certains historiens et archéologues qui préfèreraient que le site reste en l'état. Bien sûr, les touristes y sont particulièrement nombreux car il s'agit de l'endroit le plus célèbre de Crète, rival de Delphes ou Mycènes comme site archéologique majeur de la Grèce. En fait, pratiquement tous les étrangers qui posent le pied en Crète passent par Cnossos, véritable lieu de pèlerinage culturel et touristique. S'il n'y a qu'un seul site à visiter, ce doit être celui-ci, alors ne passez pas votre chemin malgré l'affluence. Cnossos est à 5 km d'Héraklion et des liaisons fréquentes entre les deux sont assurées.

Histoire. Les premières traces de vie à Cnossos remontent à 7000 av. J.-C. et témoignent d'une activité néolithique importante en Crète. Pendant plus de 3 000 ans, les premiers habitants du site ont lentement perfectionné les outils en pierre et leur mode de vie, essentiellement tourné vers l'élevage et les cultures. Même s'il ne reste que peu de vestiges des maisons de briques, nous sommes assez bien renseignés sur la vie de ces premiers Crétois qui, peu à peu, acquirent la maîtrise de certains métaux. A partir de 3500 av. J.-C., les habitants de Cnossos entrent dans l'âge du bronze. C'est pendant les 2 500 ans de cette période que Cnossos s'est véritablement imposée comme l'un des centres de la civilisation crétoise. Le premier palais, construit au milieu des maisons, a été édifié entre 3500 et 1900 av. J.-C., au nord-est du site. C'est à cette époque que les Crétois commencèrent à s'établir dans les îles Cyclades, ainsi qu'en Grèce continentale et en Egypte.

Construit vers 1900 av. J.-C., l'ancien palais est très peu conservé car c'est sur ses ruines que s'est élevé l'édifice suivant. Doté de 1 300 pièces, il était le centre de toutes les activités politiques, religieuses, commerciales et culturelles de l'Etat qui en dépendaient car c'est à cette époque que l'on considère que les trois Etats de Crète (Cnossos, Phaestos et Malia) ont vu le jour. L'ancien palais a été entièrement détruit vers 1700 av. J.-C., sans doute à la suite d'un incendie ou d'un tremblement de terre.
Un nouveau palais fut alors édifié sur les ruines du précédent, dont les vestiges nous renseignent sur le mode de vie de façon plus précise encore aujourd'hui. C'est à l'époque de la civilisation minoenne que Cnossos a connu son plus grand rayonnement, et la ville qui entourait le palais compta jusqu'à 15 000 habitants. La légende raconte que, vers 1450 av. J.-C., le volcan de Santorin explosa et que la secousse fut si forte que tous les palais de Crète furent détruits. Sans avoir la certitude que ce drame dans les Cyclades ait eu un lien direct avec la destruction du palais minoen de Cnossos, il faut admettre qu'un tremblement de terre a ravagé le site à cette époque. Certains affirment cependant que Cnossos aurait été détruite à la suite d'un incendie volontaire. En tout état de cause, les Mycéniens prirent le pouvoir, mais le palais fut à nouveau détruit une centaine d'années plus tard, sans doute à la suite d'une bataille.
Par la suite, les activités de Cnossos se sont organisées autour du palais, sans que celui-ci ne soit cependant reconstruit. Ses ruines acquirent un caractère sacré et c'est à cette époque que naquit sans doute le mythe du labyrinthe dans les dédales du site largement endommagé. En 67 av. J.-C., Cnossos devint romaine, mais les envahisseurs apportèrent des perfectionnements techniques comme un grand aqueduc, tout en continuant de respecter le désormais célèbre labyrinthe. Comme le reste de la Crète, Cnossos fut ensuite tour à tour byzantine, arabe, vénitienne puis turque, et devint au fil du temps le petit village oublié de Makrys Tichos tandis que Candie (Héraklion) se développait à seulement quelques kilomètres.
Le destin de Cnossos a été complètement bouleversé en 1900 par un archéologue anglais, sir Arthur Evans, qui, pensant découvrir les ruines du palais du roi Minos, mit au jour le site. C'est grâce à lui que le palais minoen fut partiellement reconstitué. Les tablettes d'argile miraculeusement retrouvées sur le site ont permis le déchiffrage de l'écriture linéaire B, composée d'une centaine de signes phonétiques équivalant chacun à une syllabe, et qui serait à l'origine de la langue grecque. Le contenu de ces tablettes relève surtout d'une minutieuse comptabilité de Cnossos sans donner d'autres indications que des chiffres sur la vie du palais.

Fouilles. Le premier à s'intéresser au site de Cnossos fut un Crétois. Minos Kalokairinos, marchand à Héraklion de son état, entama les travaux de fouilles en 1878. Les propriétaires turcs refusèrent de vendre le site aux archéologues du monde entier attirés par la découverte de Kalokairinos. L'Américain Stillman, l'Allemand Schliemann et le Français Joubin échouèrent dans leurs tractations, et ce fut finalement l'Anglais Arthur Evans qui acheta le site avec ses propres fonds, en 1900. Très rapidement les fouilles commencèrent et, en quelques années, Evans mit au jour le palais, puis confia à des collaborateurs la tâche de reconstituer le site du mieux possible. Jusqu'à sa mort, en 1941, Evans oeuvra à rendre à Cnossos sa splendeur passée et rédigea une longue synthèse de ses recherches dans son ouvrage de référence en six tomes, The Palace of Minos at Knossos (Le Palais de Minos à Cnossos) qui constitue l'un des plus importants travaux portant sur la civilisation minoenne. Après sa mort, Anglais et Grecs unirent leurs efforts pour continuer les recherches et la reconstitution du site qui se poursuivent jusqu'à nos jours. Aujourd'hui, la reconstruction d'Evans est contestée par certains archéologues : en voulant trop donner à voir aux visiteurs sur la vie au temps des Minoens, il a parfois succombé au romantisme de son imagination. Enfin, on se demande même si Cnossos n'était pas un lieu de culte religieux et non la résidence royale de la dynastie minoenne comme on l'a toujours supposé.

Mythologie. Selon la tradition, Dédale, le talentueux architecte, construisit à Cnossos un palais immense et compliqué (appelé aussi labyrinthe) à la demande du roi Minos qui voulait y enfermer le Minotaure, homme à tête de taureau. Ce monstre, qui se nourrissait de chair humaine, était né de l'union de la reine Pasiphaé (la femme du roi Minos lui-même) avec un taureau blanc envoyé par Poséidon. Tous les neuf ans, les Crétois devaient livrer sept garçons et sept filles pour satisfaire son appétit. Thésée, après avoir séduit Ariane, la fille de Minos, réussit à tuer le Minotaure et sortit du palais en vainqueur grâce au fameux fil d'Ariane qui lui permit de retrouver son chemin dans le labyrinthe.

Voici un extrait de La Vie de Thésée par Plutarque, qui raconte l'origine de l'histoire du Minotaure : " Le dieu lui enjoignit alors d'apaiser Minos et de se réconcilier avec lui pour voir la fin de leurs malheurs. Ils dépêchèrent un héraut pour demander la paix, puis ils conclurent un traité aux termes duquel Athènes devait envoyer tous les neuf ans un tribut de sept garçons et d'autant de jeunes filles. Voilà les faits sur lesquels la plupart des historiens sont d'accord. Quant au sort des enfants déportés en Crète, le récit le plus tragique les montre tués dans le labyrinthe par le Minotaure ou bien y mourant après avoir erré en vain pour trouver une issue. "

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