Guide de MACAO 澳门 : Politique et économie

Politique
" Un pays, deux systèmes "

Depuis le 1er juillet 1997, Hong Kong est une Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine (RPC). Elle bénéficie d' " un haut degré d'autonomie " dans tous les domaines, à l'exception des Affaires étrangères et de la Défense. Le chef de l'exécutif (Chief Executive), M. Donald Tsang a été élu en juin 2005, après la démission de Tung Chee-Hwa, le 12 mars. Le gouvernement est dirigé par le chef de l'administration (Chief Secretary for Administration). Responsable uniquement devant le chef de l'exécutif, le gouvernement se compose de quatorze ministres (Secretaries). Depuis le 1er juillet 2002, les plus hautes fonctions sont attribuées à des ministres et non plus à des fonctionnaires. Ceux-ci sont responsables devant le chef de l'exécutif.

Structure étatique

Le pouvoir exécutif est assisté d'un conseil (Executive Council) tandis qu'une assemblée législative (Legislative Council ou LegCo) est chargée de l'adoption des lois. Sa capacité est limitée par la loi fondamentale. Les ministres, de même que le chef de l'exécutif, n'ont pas de responsabilité politique devant le Parlement. Ce dernier n'a donc qu'un contrôle très limité sur le pouvoir exécutif. Il se compose d'un collège de 60 membres désignés par un mode de scrutin complexe.

Dans le domaine judiciaire, après un siècle et demi de domination britannique, le système légal de Hong Kong s'inspire des principes de la Common law. La Court of Final Appeal est au sommet ; puis vient la High Court. Cette dernière comprend la Court of Appeal, la Court of First Instance, puis la District Court, les Magistrates' Courts et les tribunaux spécialisés.

Pour compléter le panorama institutionnel, il faut indiquer que certains aspects de l'administration locale (services culturels et récréatifs, santé, etc.) sont confiés à des organismes régionaux, l'Urban Council pour les zones urbanisées de Hong Kong, et le Regional Council pour les Nouveaux Territoires et les îles environnantes. Les 18 District Boards ont été institués afin de fournir au gouvernement des conseils sur la mise en oeuvre des politiques publiques au niveau local. Ces institutions locales pourraient toutefois connaître des modifications de structure.

La loi fondamentale doit conduire, à terme, à une évolution du système constitutionnel. Elle doit permettre l'élection du chef de l'exécutif et du conseil législatif au suffrage universel. La date d'introduction du suffrage universel qui avait été prévue pour 2007 lors de la cession du territoire en 1997 n'a pas été respectée lors de la réélection de Donald Tsang, et se trouve encore aujourd'hui sous le coup de bien des controverses. Pékin peine en effet à lâcher du lest sur son contrôle de Hong Kong et a repoussé la date en 2017 alors que les démocrates militent pour la date de 2012.

Une prise de conscience politique ?

Depuis la rétrocession de 1997, une véritable prise de conscience politique s'est produite au sein de la population de Hong Kong. En mars 2003, alors que le territoire est frappé par l'épidémie de pneumonie atypique (SRAS), Hong Kong se remet encore à peine de la crise économique de 1997. Née de la crise de l'immobilier, de la délocalisation des activités industrielles en Chine, cette dernière avait surtout appauvri la classe moyenne. Un chômage structurel était apparu, dû à la disparition des usines et à la mise sur le marché de personnes sans qualification. En 2003, le chômage atteint le taux record de 8 %. L'annonce par le gouvernement du projet d'adoption de l'article 23, une loi spécialisée sur la sécurité nationale, visant à contrôler la presse, les mouvements de sédition, de subversion, de divulgation des secrets d'Etat, met le feu aux poudres. Cette loi concerne diverses catégories socioprofessionnelles, notamment les journalistes et les banquiers. En effet, celle-ci remet en cause le secret bancaire ; en outre, les avocats et les jeunes entrepreneurs y voient une atteinte à la liberté d'entreprise. Le 1er juillet 2003, 500 000 personnes, soit 10 % de la population de Hong Kong, descendent dans la rue. Un phénomène unique. Les Hongkongais réagissent à ce qu'ils considèrent comme une atteinte à la liberté et au fameux principe Un pays, deux systèmes. Il s'agit aussi d'une démonstration d'exaspération générale née d'une situation de marasme économique, et d'un mécontentement affiché contre le gouvernement, accusé d'avoir mal géré l'épidémie de SRAS. Vingt-quatre heures plus tard, le projet est retiré, son instigatrice, le ministre de l'Intérieur Regina Ip destituée, et le gouvernement décrédibilisé.

En novembre 2003, les élections locales décrochent un taux de participation record dépassant largement l'enjeu réel. Elles entraînent une cuisante défaite du parti pro-chinois. Les aspirations démocratiques de la population se confirment. En 2003, le gouvernement annonce l'élaboration d'un calendrier pour le déroulement du débat sur la démocratisation et l'échéance de 2007, date de réexamen des modalités d'élection du chef de l'exécutif et des parlementaires. Mais Tung Chee-Hwa ne donnera pas suite à ce projet. Le 1er janvier 2004, Hong Kong redescend dans la rue. Pékin rappelle Tung Chee-Hwa. Le gouvernement veut une SAR stable, sinon quelle image le reste de l'Asie retiendra-t-elle ? Le 7 janvier, Tung annonce par un discours qu'il n'est plus question de consulter la population. Mal lui en prendra, car devenu extrêmement impopulaire, il est finalement abandonné par Pékin, qui lui préfère déjà Donald Tsang, travailleur de l'ombre mais bénéficiant d'une certaine aura d'honnêteté auprès des Hongkongais. En 2005, Tung Chee-Hwa démissionne, invoquant des raisons de santé.

Depuis ces évènements, une zone d'ombre reste omniprésente quant à la réelle volonté de Pékin face à la démocratisation de Hong Kong. Le régime central, ouvertement critiqué au travers des résultats des élections de 2003, mais aussi des élections partielles de 2010, craint de perdre le contrôle s'il permet trop tôt l'établissement du suffrage universel. Mais contrairement à Taïwan, la perspective d'une indépendance éventuelle n'est jamais évoquée et le rattachement à la Chine est largement accepté par la population. Pour autant, les Hongkongais restent circonspects face aux intentions de Pékin : ils ne veulent clairement pas d'un retour en arrière où la censure, le non-respect des droits de l'homme et le népotisme, aujourd'hui encore monnaie courante en Chine continentale, viendraient balayer des années d'ouverture sur le monde et de libertés économiques et politiques. Et ils sont prêts à se faire entendre pour garantir cette souveraineté de conscience.

Partis

La vie politique hongkongaise est clivée en deux camps : les partis progouvernementaux, qui soutiennent Pékin, et les partis dits pandémocrates, qui prônent les réformes sociales et politiques afin d'améliorer la démocratie à Hong Kong, l'état de droit et les droits de l'homme. Depuis les dernières élections, deux partis se sont imposés comme les forces majeures du paysage électoral hongkongais :

L'Alliance démocratique pour le progrès (DAB), dirigé par Tam Yiu Chung et favorable à Pékin, préconise la redistribution des richesses en faveur des salariés et des classes populaires.

Le Parti démocrate, dirigé par Albert Ho, prône l'autonomie politique de Hong Kong face à Pékin.

L'union pandémocrate compte aussi dans ses rangs le Civic Party et la Ligue des sociaux-démocrates, la troisième et la quatrième plus grande force politique du territoire. Aux dernières élections législatives de 2008, les pandémocrates sont arrivés largement en tête des suffrages par circonscriptions géographiques, recueillant près de 58 % des voix de la population. Mais le fort complexe mode de scrutin faisant la part belle aux votes de grands électeurs, dits collèges professionnels et qui sont eux largement favorables à Pékin, le nombre de sièges au LegCo attribués aux candidats pandémocrates ne fut finalement que de 23 sur 60 possibles. Le camp des pro-Pékin reste donc majoritaire à la chambre législative.

Économie

Grâce à une politique de laisser-faire et à l'esprit d'entreprise de ses habitants, Hong Kong, paradis du capitalisme, est devenue l'un des territoires les plus riches du monde. Hong Kong a l'un des niveaux de vie les plus élevés d'Asie, le revenu moyen est de 25 000 $ par habitant, supérieur à ceux de la France et de l'Union européenne. Hong Kong a grandi grâce à sa situation géographique, perçue par les Anglais comme idéale pour commercer avec la Chine. D'où l'importance du port, aujourd'hui premier du monde pour le trafic de conteneurs. Porte d'accès privilégié vers la Chine, Hong Kong traite encore 40 % du commerce extérieur chinois en dépit de l'ouverture de la République populaire de Chine.

Principales ressources

Dans le domaine agricole, Hong Kong ne possède que peu de terres arables (7,5 % de la superficie). Sa production agricole couvre 24 % des besoins maraîchers de la population. En visitant l'île de Lamma, on remarque l'ingéniosité des agriculteurs, qui sont souvent des Hakka.

Hong Kong fut longtemps l'un des producteurs les plus actifs dans le secteur de l'industrie légère et du textile, de l'habillement, du jouet, de l'électronique et de l'horlogerie. En 1979, avec l'ouverture de la Chine, les industriels de Hong Kong ont transféré en Chine l'essentiel de leur production afin de bénéficier des bas coûts de main-d'oeuvre et des terrains. De nos jours, la majorité des usines appartiennent à des groupes hongkongais employant près de 5 millions de travailleurs chinois dans la province de Canton.

Depuis quinze ans, ces délocalisations en Chine ont conduit à une profonde transformation de l'économie de Hong Kong. Elle est devenue un centre financier de premier plan. En outre, Hong Kong a développé une industrie de services très puissante et en exporte la majeure partie. Elle est devenue le plus grand centre de transit d'Asie et un centre logistique très important. Grâce à un dynamisme inégalé, les Hongkongais continuent d'exercer un fort pouvoir d'attraction auprès des investisseurs et des travailleurs, tout en étendant leur zone de prospérité à la frontière chinoise dans toutes les villes du delta de la Rivière des Perles, qui prospèrent avec des niveaux incomparables partout ailleurs en Chine (hormis Pékin et Shanghai).

Depuis 2000, les entreprises hongkongaises ont investi massivement dans le secteur Internet. Hong Kong poursuit sa croissance en développant les investissements dans les nouvelles technologies, les télécommunications mais également dans le tourisme. En dépit de cette croissance et de l'activité incessante, les disparités demeurent. La population doit faire face aux coûts très élevés de l'immobilier. La moitié des Hongkongais occupent des logements sociaux.

Place du tourisme

Longtemps une destination de hub ou de voyages d'affaires, Hong Kong attire de plus en plus de visiteurs. Le tourisme occupe d'ailleurs une place très importante dans l'économie de Hong Kong. Ce secteur emploie 16 % de la population active (soit 350 000 personnes). Parmi elles, 50 000 travaillent dans les hôtels et les agences de voyage. On compte 35 000 chambres dans le parc hôtelier, dont 9 400 d'un niveau de confort international. Le secteur de la restauration ne s'adresse pas, quant à lui, uniquement aux touristes. Les Hongkongais ont pour coutume de prendre la plupart de leurs repas à l'extérieur.
Le tourisme constitue une importante source de recettes extérieures pour Hong Kong et représente 5 % de son PIB. Les autorités envisagent de le développer davantage à travers la mise en place d'un important programme de nouvelles infrastructures : noter, par exemple, l'ouverture de Hong Kong Disneyland, le 12 septembre 2005, sur l'île de Lantau en coopération avec la société Disney. Sa superficie est de 126 hectares et son coût s'évalue à 14 milliards de dollars HK, soit 1,8 milliard de dollars US.
Le tourisme a atteint un niveau record en 2010 (30 millions de touristes, dont 10 millions de Chinois du continent). Il a augmenté assez lentement lors du premier semestre en raison de la crise économique mondiale et du nuage volcanique islandais, mais a largement repris à la fin de cette même année. Le tourisme d'affaires compte pour 30 % dans le tourisme global de Hong Kong. Il serait dû en grande partie aux nombreux événements (foires, expositions) ayant lieu au Convention and Exhibition Center et à AsiaWorld Expo.
Le tourisme de Chine continentale, phénomène qui a pris de l'ampleur ces dernières années, sera exponentiel dans les années à venir. En effet, le contrôle à l'immigration s'est assoupli envers ces touristes, avec des attributions de visa individuel plus laxistes. En outre, leur pouvoir d'achat a largement augmenté, comme en témoigne cette frénésie d'achats envers les grandes marques des consommateurs originaires de Chine continentale.

Enjeux actuels

De nos jours, les autorités se concentrent sur le développement du tourisme, notamment chinois ou encore sur la promotion du secteur des hautes technologies à travers la mise en place de parcs spécialisés. Hong Kong s'investit aussi sur un positionnement mondial. Elle constitue le siège d'un grand nombre de filiales internationales. Beaucoup de sociétés hongkongaises transfèrent leurs activités vers des pays à faible coût de main-d'oeuvre, en Asie du Sud-est ou en Afrique.
Malgré la crise économique mondiale de 2008-2009, la Bourse de Hong Kong reste la place financière la plus forte d'Asie continentale, en deuxième position derrière Tokyo et se place au neuvième rang mondial. Hong Kong a néanmoins très nettement souffert de la crise, avec un taux de chômage grimpant jusqu'à 5,5 % de la population active. Si un ralentissement général a été constaté, Hong Kong a depuis repris sa marche en avant et affiche des indicateurs économiques qui, à l'heure actuelle, rendraient jaloux tout pays européen. Un surplus budgétaire de 71 milliards de dollars HK (9 milliards de dollars US) a été enregistré à la fin de 2010, notamment grâce à un secteur du tourisme particulièrement dynamique. Quant au taux de chômage, il est retombé à 3,8 %, le taux le plus bas depuis la rétrocession de 1997.

Hong Kong et la France

En termes d'investissements français en Asie, Hong Kong figure au quatrième rang, derrière le Japon, Singapour et la Chine. La communauté française est l'une des plus importantes d'Extrême-Orient avec 9 000 membres, et on dénombre près de 700 entreprises françaises implantées à Hong Kong. Plus d'un tiers d'entre elles sont des sociétés locales, créées par des Français, réparties entre filiales, succursales et bureaux de représentation. Elles emploient 1,3 % de la population active. Environ un tiers d'entre elles ont une activité en Chine alors que les deux autres tiers sont présents sur une zone couvrant une partie ou toute la région Asie-Pacifique. Elles se spécialisent dans le commerce (42 %), le service (41 %), le secteur bancaire (13 %) et, enfin, dans la construction (4 %). Les sociétés de luxe, de la construction et de la banque dominent le marché.

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