Guide de SHANGHAI 上海 : Histoire

Les grandes figures historiques de l'histoire chinoise contemporaine

Sun Yat-sen (1886-1925). Sun Yat-sen (孫中山)est considéré comme " le père de la Chine moderne ". Leader révolutionnaire, il a eu une influence significative dans le renversement de la dynastie Qing et l'émergence de la République de Chine en 1911. L'éphémère président est très vite renversé. Bien que bon stratège doublé d'un fin manipulateur, Sun Yat-sen était un piètre idéologue. Sa philosophie politique connue sous le nom des trois principes du peuple (nationalisme, démocratie et bien-être du peuple) n'a pas fait taire les dissensions au sein d'une Chine au bord de la guerre civile.

Il revient au pouvoir, de 1923 à 1925. Avant de mourir, il émet le voeu que les communistes et le Guomindang continuent à collaborer étroitement. La suite des événements devait montrer que ce voeu ne se réaliserait pas et la rupture entre les deux partis révolutionnaires devait survenir moins de deux ans plus tard.

Tchang Kaï-chek (1887-1975). Il rejoint l'armée révolutionnaire en 1911. Président du gouvernement nationalisme conservateur installé à Nankin, il mène plusieurs campagnes contre les communistes (1930-1935). Mais l'invasion japonaise le conduit à s'allier à ceux-ci en 1937, et ce jusqu'à la capitulation de l'empereur Hiro-Hito en 1945. Une nouvelle guerre civile se développe alors et se termine par la victoire des communistes en 1949. Tchang Kaï-chek (蒋介石)s'enfuit à Taïwan où il fonde un régime autoritaire et proaméricain.

Mao Zedong (1893-1976). Le Grand Timonier participe à la fondation du Parti communiste chinois en 1921 et à la Longue Marche. Il organise l'armée révolutionnaire et guide son peuple sur les chemins du marxisme jusqu'à la victoire en 1949, quand il proclame l'avènement de la République populaire sur la place Tian'anmen. Après, les choses se brouillent un peu.

Des réformes agraires au Grand Bond en avant, en passant pas le Révolution culturelle, il a fait subir les conséquences de sa politique utopique à une population qui n'était plus nourrie qu'aux slogans du Petit Livre rouge (la famine provoquée par le Grand Bond en avant fit entre 20 millions et 40 millions de morts). Comme il disait : " La révolution n'est pas un dîner de gala. " A la mort de Mao Zedong (毛泽东), un mausolée fut érigé sur la place Tian'anmen pour recevoir son corps embaumé, qui est toujours exposé aux nombreux publics venant le voir.

Zhou Enlai (1898-1976). Fils d'une famille de lettres, il passe au communisme par nationalisme plutôt que pour l'idéal d'égalitarisme social. Apres des études supérieures complétées par une formation au Japon et en France, il participe à la fondation du Parti communiste chinois et à la Longue Marche. Il reste toute sa vie le loyal second de Mao et joue un rôle modérateur durant la Révolution culturelle en 1966. Des émeutes sur la place Tian'anmen suivront la mort de Zhou Enlai (周恩来), qui fut incinéré et ses cendres dispersées au-dessus du sol chinois.

Deng Xiaoping (1904-1997). Parfois surnommé le Petit Timonier, Deng Xiaoping (邓小平)est lui aussi un héros révolutionnaire. Dès 1929, il participe à une révolte contre le Guomindang et il est obligé de rejoindre le soviet dirigé par Mao Zedong, puis la Longue Marche (1934-1935). Il s'illustra lors de nombreuses campagnes militaires pendant la guerre contre le Japon (1937-1945), et plus tard pendant la guerre civile contre les nationalistes du Guomindang (1945-1949). Après l'avènement de la République populaire de Chine et de Mao, Deng se détache progressivement de la politique de Mao (souvent désastreuse sur le plan économique) et forme une ligne progressiste au sein du Parti communiste chinois. Tombé en disgrâce, il atteint finalement le sommet du pouvoir à la mort de Mao. En 1978, il relance les recommandations de Zhou Enlai et met en place les " Quatre Modernisations " (industrie et commerce, éducation, organisation militaire et agriculture) qui ouvre le pays aux investisseurs étrangers. Il meurt peu avant la rétrocession de Hong Kong, qu'il avait organisé avec la Couronne britannique.

Chronologie
Chronologie de Shanghai

Les origines

IIIe siècle > Shanghai est un petit village de pêcheurs parmi tant d'autres dans la région.

XIIIe siècle > Le village commence à se développer grâce au commerce du coton.

XVe siècle > Des fortifications sont construites pour protéger la vieille ville contre les attaques des pirates japonais.

L'occupation étrangère

1800 > Shanghai compte désormais 50 000 habitants et se spécialise dans le commerce de la soie.

1832 > Une première mission commerciale, dirigée par Hugh Hamilton Lindsay, envoyé de Macao par la Compagnie des Indes orientales, tente d'ouvrir Shanghai au commerce international. Cette mission se solde par un échec, et les autorités chinoises imposent aux entreprises étrangères de se limiter à la ville de Canton.

29 août 1842 > Le traité de Nankin met fin à la guerre de l'opium et autorise les entreprises commerciales britanniques à s'implanter à Shanghai. Le port de Shanghai devient officiellement zone ouverte le 17 novembre 1843.

3 juillet 1844 > Un traité signé entre les Etats-Unis et la Chine donne aux Américains les mêmes droits qu'aux Britanniques. Ce traité précise pour la première fois la définition de l'extraterritorialité.

24 octobre 1844 > Les Français signent à leur tour un traité leur accordant les mêmes privilèges qu'aux Américains et aux Britanniques.

20 septembre 1846 > Les limites des concessions étrangères sont déterminées pour la première fois. Elles seront ensuite étendues à plusieurs reprises.

12 avril 1853 > Les concessions étrangères se dotent de troupes de protection baptisées " Volunteer Corps ".

Septembre 1853 > Apparition du mouvement de rebelles dit " des petits couteaux ", qui s'implantent dans la ville chinoise de Shanghai. Ils en seront chassés en 1855 par les troupes françaises.

11 juillet 1854 > Les résidents étrangers se dotent d'un conseil municipal.

17 août 1860 > La révolte des Taiping, née à Canton en 1851, mène sa première attaque sur Shanghai, dirigée à la fois contre la ville chinoise et les concessions étrangères. La deuxième attaque, menée en janvier 1862, conduit les troupes rebelles à la limite de la concession britannique.

1er mai 1862 > La concession française se dote d'un conseil municipal spécifique.

21 septembre 1863 > Un accord fusionne les concessions britannique et américaine, désormais connues sous le nom générique de " concession internationale ".

1894 > Début de la guerre entre la Chine et le Japon. Le 25 janvier 1894, Tokyo accepte de reconnaître la ville de Shanghai comme étant hors des zones de combat.

1896 > Le traité de Shimonoseki entérine la défaite chinoise face au Japon. Un traité complémentaire signé la même année donne au Japon les mêmes droits commerciaux que ceux des autres puissances étrangères.

1900 > Les étrangers sont de plus en plus nombreux, et la main-d'oeuvre chinoise afflue vers la ville. Shanghai compte désormais un million d'habitants.

17 août 1900 > Suite à la révolte des Boxers de Pékin, des garnisons étrangères sont appelées en renfort dans les concessions internationales de Shanghai. Elles ne se retireront qu'en 1902.

Novembre 1911 > La révolution républicaine menée par Sun Yat-sen gagne Shanghai et la ville chinoise. Les troupes se mobilisent pour protéger les concessions internationales. La République, reconnue à Shanghai, est officiellement proclamée le 1er janvier 1912.

L'époque communiste

Juin 1919 > Des grèves et des appels au boycott antijaponais agitent Shanghai. Le conseil municipal décrète l'état d'urgence le 9 septembre 1924 à la suite d'une longue période de tensions sociales.

1er juillet 1921 > Naissance du Parti communiste chinois à Shanghai.

1925-1927 > Des émeutes ouvrières agitent la ville. A ces troubles sociaux s'ajoute la guerre civile opposant les républicains aux nationalistes. Ces derniers finissent par prendre le pouvoir, et répriment dans le sang la contestation ouvrière de Shanghai. Les communistes, traqués par les troupes nationalistes, quittent la ville.

20 avril 1928 > Entrée des trois premiers représentants chinois au conseil municipal.

1er juin 1928 > Les parcs de la ville sont ouverts aux Chinois qui y étaient jusqu'alors interdits.

Avril 1932 > Le Japon, qui est en guerre contre la Chine depuis 1931, lance des attaques contre les troupes chinoises dans la banlieue de Shanghai. Les concessions étrangères renforcent leurs défenses armées.

1937 > Début de l'occupation japonaise.

1941 > Le Japon entre en guerre contre les forces alliées. Les étrangers fuient Shanghai, ou sont arrêtés par les Japonais.

1943 > Un accord entre Tchang Kaï-chek et les Alliés met fin aux concessions étrangères de Shanghai.

1945 > Suite à la défaite japonaise, la Chine récupère la pleine souveraineté sur Shanghai.

1949 > Prise de pouvoir des communistes. Ils épurent la ville et la placent sous tutelle directe du gouvernement central.

Renouveau et prospérité

1950-milieu 1980 > Shanghai est soumise aux brimades du gouvernement central, qui entrave son développement.

Depuis le milieu 1980 > Shanghai renoue avec sa stature internationale et s'impose comme le centre économique et financier du pays.

2010 > Shanghai sera la première ville chinoise à accueillir l'Exposition universelle (1er mai au 31 octobre 2010).

Septembre 2013 > Shanghai devient la 1re zone franche de la République Populaire de Chine. Ainsi, on y testera la libre convertibilité du RMB et la libéralisation des taux d'intérêt...

Septembre 2015 > Inauguration de la Shanghai Tower.

Histoire de la Chine
Les origines et la Chine dynastique

Environ 500 000 ans av. J.-C : l'homme de Pékin (découvert en 1921 près de Pékin, dans le bourg de Zhoukoudian), un homme supérieur des cavernes, connaissait déjà l'usage du feu. Il fabriquait des outils en pierre, vivait de cueillette et de chasse.

2200-1700 av. J.-C : dynastie des Xia. Ses habitants domestiquent les animaux, cultivent le blé et fabriquent la soie et les premiers vases de bronze.

Du XVIe au Xe siècle av. J.-C : dynastie des Shang (capitale Yin près d'Anyang dans la province du Henan). Apparition de l'écriture (histoire connue grâce à des inscriptions gravées sur des os divinatoires et des écailles de tortue), perfectionnement de la roue, chars de combat, fabrication de récipients en bronze.

Du XIe au VIe siècle av. J.-C : dynastie des Zhou de l'Ouest. Période d'expansion, organisation d'une administration centralisée et construction de cités-palais. Invention de la fonte du fer (plus de quinze cents ans avant l'Europe), des pièces de monnaie en métal et des tables de multiplication. Les nombreuses cités établies sur le fleuve Jaune et dans la plaine centrale (actuellement les provinces du Henan, du Hebei et du Shandong) forment une confédération de " royaumes du Centre ", en chinois Zhongguo (pays du Milieu) - terme qui deviendra l'un des noms les plus courants de la Chine. La fin de la période est appelée époque des Printemps et des Automnes.

Du Ve au IIIe siècle av. J.-C : les Royaumes combattants. Cette période correspond à une intense vie culturelle, grâce à des érudits et des philosophes comme Confucius (551-479) et Laozi, nés à la même époque que les grandes pensées grecques. Dans le giron des cours princières naîtront des sages et savants errants, qui vont contribuer à répandre une culture commune à l'ensemble du monde chinois. Les guerres de conquête ont entraîné la construction de tronçons de grandes murailles de défense et de protection contre les incursions des nomades.

221-206 av. J.-C : dynastie des Qin. Shihuangdi (premier Auguste souverain) unifie la Chine et fonde le premier empire chinois. Tous les empires chinois suivants s'inspireront de ce modèle d'ordre nouveau. Brillant organisateur, il unifie tout : l'écriture, la monnaie de bronze, les poids et mesures et même l'écartement des essieux des voitures. Mais c'est aussi un despote : il ordonne de brûler les livres jugés subversifs. De larges routes sont construites pour relier toutes les provinces au pouvoir centralisé, les vestiges des murailles sont prolongés afin de créer une ligne de défense continue sur plus de 3 000 kilomètres : la Grande Muraille. Il aménage, près de Xi'an, son immense tombeau souterrain et sa fabuleuse armée de terre cuite enterrée, découverte en 1974.

De 206 av. J.-C. à 220 apr. J.-C : dynastie des Han (contemporaine de l'Empire romain). À la suite d'une insurrection paysanne, Liu Bang, dit Han Gaozu, fonde l'empire Han, l'empire des Fils du Ciel, les Chinois de souche. La dynastie est divisée en Han antérieurs (jusqu'à l'an 9) et Han postérieurs. L'ouverture de la route de la soie met en contact la Chine et l'Empire romain. Invention du papier (un millénaire avant l'Europe), du premier sismographe de l'histoire et fabrication de porcelaines.

220-581 : les Trois Royaumes. C'est le Moyen Age chinois et la ruine de l'Etat centralisé. Trois rois luttent pour la prépondérance : Shu à l'ouest, Wu à l'est, Wei au nord. Cette période de courte durée (qui englobe les Seize Royaumes des Cinq Barbares) inspire durablement l'opéra chinois qui en tire la majorité de ses pièces. Le bouddhisme arrive par la route de la soie.

581-618 : dynastie des Sui. Réunification de l'empire après quatre siècles de chaos. D'impressionnants grands travaux et des réformes agraires sont entrepris. La construction du Grand Canal, près de 2 000 kilomètres de Pékin à Hangzhou, permettra d'approvisionner le nord en riz et d'autres produits du bas Yangzi.

618-907 : dynastie des Tang. C'est l'âge d'or de la culture chinoise qui rayonne sur l'Asie entière depuis la capitale Chang'an (Xi'an), une ville cosmopolite où ont été construits des temples chrétiens, des mosquées et des synagogues. A Canton vivent plus de 100 000 marchands étrangers, en majorité musulmans. On crée des soieries fines et des objets de laque. Floraison de la musique et de la poésie classique avec le célèbre Li Bo. Le premier livre est imprimé en 677 et les Chinois inventent la poudre.

Mais cet empire aristocratique est aussi un empire guerrier dont l'expansion militaire va jusqu'en Afghanistan, au Viêt Nam du Nord et en Corée. La rébellion d'An Lushan (755-763), un général d'origine barbare, métis de Sogdien et de Turc, entraîne une réaction nationale de xénophobie, avec un décret qui interdit les rapports entre Chinois et étrangers.

907-960 : les Cinq Dynasties et les Dix Royaumes. Tout le pays est secoué par les guerres civiles et l'Empire éclate en chefferies militaires. Les Cinq Dynasties se partagent le nord et les Dix Royaumes le sud, dont le royaume de Dali qui durera de 938 à 1254. La disparition du pouvoir central permet au Viêt Nam, ancienne province d'Annam, de se libérer de la tutelle chinoise.

960-1279 : dynastie des Song. Les Song du nord et du sud sont de grands empires barbares d'origine nomade, mais qui restaurent la grandeur de la Chine. Développement urbain, essor de l'économie, progrès des sciences, diffusion de l'imprimerie (cinq cents ans avant l'Europe), de la porcelaine et du céladon. L'empire des Liao (946-1125), d'origine Kitan, une race mongole, est à l'époque si prestigieux qu'il explique pourquoi le nom de la Chine est dérivé de " Kitai " (d'où le mot " Cathay " utilisé par les Anglais à la suite des voyages de Marco Polo). Les Song, société raffinée, devront abandonner leur capitale Kaifeng, dans le Nord, aux Jürchen de Mandchourie (d'origine toungouse) qui fondent la dynastie des Jin. Les Song installent leur capitale à Hangzhou, dans le sud. Dans le nord-ouest, des Tibétains métissés créent un grand empire, le Xi Xia (ou Xia de l'Ouest), unissant des populations diverses, pasteurs du lac Koukou Nor, nomades de Mongolie, Turcs Ouïgours...

1279-1368 : dynastie des Yuan, époque mongole. Gengis Khan met Pékin à sac en 1215. Les Mongols conquièrent l'empire des Jin dans le nord en 1234, puis envahissent la Chine du Sud, le dernier refuge des Song. En 1264, le petit-fils de Gengis Khan, Kubilay Khan, fonde la dynastie des Yuan et fait de Pékin sa capitale. L'unification politique de l'Asie par les Mongols a ouvert la Chine plus largement sur le monde extérieur que ne l'avaient fait les dynasties Han et Tang. Parmi les voyageurs les plus illustres : le marchand Marco Polo de Venise et Ibn Battuta de Tanger.

1368-1644 : dynastie des Ming. Pour la deuxième fois, une insurrection populaire aboutit à la fondation d'une dynastie, chinoise cette fois-ci. L'un des chefs de la rébellion, Zhu Yuanzhang, est fils d'un paysan. Ce nouvel empereur, qui prend le nom de Hongwu, entreprend une oeuvre gigantesque de reconstruction économique : reboisement, remise en valeur des terres, irrigation. Renommée pour ses porcelaines, la dynastie des Ming bâtit la Cité interdite de Pékin, un palais impérial de 9 999 pièces en bois précieux du Yunnan. Le grand règne de Yongle, le troisième empereur Ming, est marqué par l'expansion militaire (occupation du Viêt Nam en 1421). Yongle relève la Grande Muraille et lui donne son aspect actuel. De grands voyages maritimes sont organisés sous la conduite d'eunuques (puissants au palais) dont le plus célèbre est le musulman Zheng He. L'empereur dépêche également de grandes flottes marchandes qui nouent des contacts et explorent tous les ports de la mer du Sud jusqu'aux côtes de l'Inde et de l'Afrique orientale.

Mais, au milieu du XVe siècle, les nomades repassent à l'attaque. Une autre menace grave vient de la piraterie d'origine japonaise, qui sévit sur les côtes depuis Shanghai jusqu'à Canton et l'île de Hainan. En 1557, Macao est mis à la disposition des Portugais en remerciement de leur aide dans la lutte conte la piraterie (de nombreux Chinois s'étaient joints aux Japonais). L'empereur fut obligé d'interdire toutes les communications maritimes. Il s'ensuivit une coupure volontaire avec le monde extérieur.
Les Jürchen du Jehol (en Mongolie orientale) empiètent sur la Mandchourie (vieille terre de colonisation chinoise et verrou de l'Empire au nord-est) et prennent le nom de Mandchous en 1635.

1644-1911 : dynastie des Qing. Les Mandchous s'installent en Chine comme une race de seigneurs destinés à régner sur une population d'esclaves : interdiction des mariages mixtes, ségrégation des Chinois dans les grandes villes, obligation du port de la natte sous peine de mort, création d'enclaves mandchoues dans le Nord et la région de Pékin. Cependant, une rapide évolution va adoucir le caractère draconien de ces mesures. C'est l'oeuvre du grand empereur Kangxi, grand patron des lettres et des arts chinois (contemporain de Louis XIV). Son oeuvre s'est accompagnée d'une sinisation de l'aristocratie mandchoue. C'est sous son règne que la civilisation chinoise brilla d'un éclat particulier. Au XVIIe siècle, l'Occident exerce une grande influence grâce aux missionnaires jésuites.

À la fin du règne de Qianlong (1736-1796), des troubles intérieurs (insurrections de paysans affiliés à la secte secrète du Lotus blanc) et des guerres aux frontières se multiplient. Révoltes des musulmans au Xinjiang, soulèvements des minorités ethniques dans le Sichuan, à Taïwan et chez les Miao dans le Sud-Ouest, ainsi que dans le nord de la Birmanie, au Népal et au Viêt Nam. Au début du XVIIIe siècle, le sentiment national s'accentue et conduit à la rupture de toute relation avec l'Occident. A partir de 1757, seul le port de Canton reste ouvert au commerce avec l'étranger. Les firmes étrangères, acheteuses de thé et de soie, supportent avec impatience les restrictions du gouvernement mandchou.
Au XIXe siècle, la dynastie mandchoue entre dans une période de déclin. L'économie chinoise à monnaie d'argent entre en concurrence avec une économie mondiale à monnaie d'or. Un conservatisme obstiné, la corruption, l'apparition des négociants européens et de leur opium minent le pouvoir des Mandchous. Les Occidentaux s'étaient mis à pratiquer sur une grande échelle la contrebande de l'opium, denrée produite à bon compte par les Bengalis de la Compagnie britannique des Indes orientales.
Malgré l'interdiction chinoise, les Anglais continuent à en faire commerce pour équilibrer le volume croissant de leurs achats autrement qu'en important en Chine du métal argent. Les incidents se multiplient à Canton entre marchands anglais et fonctionnaires chinois.

Quand l'occident s'en mêle

Première guerre de l'opium (1839-1842). En 1839, un envoyé impérial fait saisir et détruire 20 000 caisses d'opium à Canton pour les brûler. C'est un affront à l'orgueil des Anglais qui ripostent en envoyant leurs canonnières vers l'embouchure du Yangzi. Ces opérations aboutissent en 1842 à la défaite chinoise et la signature du traité " inégal " de Nankin. La Chine doit accepter de supprimer le système de compradores (intermédiaires commerciaux chinois), d'ouvrir de nouveaux ports au libre commerce étranger : Shanghai, Amoy (Xiamen), Fuzhou et Ningbo. En outre, les résidents étrangers ne relèvent plus de la juridiction chinoise mais sont sous la protection de l'exterritorialité. Enfin, Hong Kong est cédé à la Couronne britannique.

Révolte des Taiping (1850-1864). Incapable de repousser les envahisseurs, la dynastie mandchoue perd son prestige de " détentrice du mandat du Ciel " et la face vis-à-vis des Occidentaux. La secte des Taiping (Grande Harmonie) est l'héritière d'anciennes sociétés secrètes antimandchoues. Les Taiping veulent libérer la Chine des Mandchous.

A partir de 1850, le mouvement s'étend très vite dans la Chine du Sud et aboutit à la création d'un véritable Etat dissident ayant pour capitale Nankin (où il se maintient pendant treize ans). En 1864, après des années de guerre civile, la rébellion est finalement matée par le pouvoir mandchou grâce à l'aide des militaires occidentaux. D'autres soulèvements populaires s'attaquent à l'ordre établi et aux classes possédantes : les Nian dans le nord en 1853-1868, les Miao dans le Guizhou en 1855-1872 et les Hui musulmans dans le sud-ouest en 1855-1878 (dans le Yunnan, à Dali, ils tentent d'établir un sultanat dissident). Dans les villes côtières, à Shanghai, à Amoy (Xiamen) et Canton, les adhérents de la Triade, une des principales sociétés secrètes antimandchous, organisent une série de soulèvements.
A partir de 1860, les avantages sont suffisamment appréciables pour que les Occidentaux cherchent à consolider un gouvernement si conciliant : l' " assistance technique " des Occidentaux aux côtés des forces impériales contribue à la défaite de toutes ces insurrections.

Seconde guerre de l'opium (1856-1860). Sous prétexte d'un incident, les Anglais passent à nouveau à l'offensive, avec le concours des Français cette fois-ci. Ils débarquent d'abord à Canton, puis en Chine centrale et enfin en direction de Pékin, qui sera pillé en 1859. Cette seconde guerre de l'opium se solde, à l'avantage des Occidentaux, par le traité dit " humiliant " de Tianjin. Onze nouveaux ports sont ouverts et la Chine est forcée de laisser s'installer à Pékin des " légations occidentales ". Les Russes en profitent également pour occuper de vastes territoires dans le Nord. Ces " traités inégaux " arrachés à la Chine accentuent une rapide décadence du pays. La souveraineté chinoise est fortement diminuée par les " concessions étrangères ", les privilèges d' " exterritorialité " et la " politique de la canonnière " (le droit des flottes étrangères de remonter les fleuves chinois).

Pillage de Pékin et du palais d'Été (1859). Le corps expéditionnaire franco-britannique entre donc dans Pékin. Après la prise de la capitale par les alliés, le traité de paix accorde la péninsule de Kowloon à l'Angleterre. Les puissances occidentales profitent de la crise intérieure et de la faiblesse du pouvoir mandchou pour faire échouer le plan de modernisation de la Chine en 1872. Ces humiliations de la dynastie mandchoue sont encore suivies par des conflits désastreux avec la France et le Japon. La guerre franco-chinoise est la conséquence directe de l'intervention française au Tonkin. En 1884, les Français bombardent Fuzhou et bloquent les transports de riz vers Pékin. La France obtient des avantages économiques dans la Chine du Sud-Ouest.

La flotte moderne que la Chine avait construite après la destruction de l'arsenal de Fuzhou par les Français ne résiste pas aux canons japonais. Le vainqueur annexe Taïwan et les îles Pescadores et s'assure le contrôle des richesses de la Mandchourie. Le traité de Shimonoseki en 1894 permet alors au Japon de participer au " dépeçage " de la Chine.

Les concessions étrangères. Entre 1896 et 1902, les puissances étrangères se font reconnaître le droit d'exploiter des mines, d'ouvrir des lignes de chemin de fer et de fonder des usines dans des " zones d'influence " : la Mandchourie au bénéfice de la Russie qui écarte le Japon en 1896, la péninsule du Shandong en faveur de l'Allemagne, le bassin du Yangzi où s'installe l'Angleterre et les trois provinces du Sud-Ouest pour la France déjà maîtresse du Tonkin. Ces investissements financiers sont protégés par des bases militaires sur le sol chinois, les " territoires à bail " : Port-Arthur (Dalian) pour la Russie, Weihaiwei pour l'Angleterre, Qingdao pour l'Allemagne et Guangzhouwan pour la France.

Révolte des boxers (1900-1901). Cette poussée occidentale en Chine provoque une violente colère populaire. Le mouvement des boxers (Justice et Concorde) fédérera ce mécontentement de la population, dont les missionnaires occidentaux seront les premières victimes. Ceux-ci avaient déjà été pris pour cibles par le passé, notamment en 1870, lorsque plusieurs religieux et le consul de France avaient été massacrés à Tianjin. Mais ce nouveau mouvement antichrétien de 1898-1900 est d'une ampleur bien plus importante.

La secte des boxers, apparentée au Lotus blanc (Triade), pratiquait les arts martiaux sous la forme d'une boxe sacrée et était censée posséder des pouvoirs magiques la rendant invincible. Au début de 1900, les boxers attaquent Pékin et la cour impériale évacue la Cité interdite. Les révoltés assiègent pendant quarante jours le quartier des légations étrangères. Les boxers finissent par être dispersés par une colonne d'armées internationales sous commandement allemand, en accord avec le pouvoir impérial. Les Occidentaux pilleront alors la Cité interdite abandonnée par l'empereur et l'impératrice douairière Cixi. L'effacement du gouvernement mandchou confirme la perte de son pouvoir.
En 1905, les Mandchous laissent passivement les Japonais se battre contre les Russes sur le sol chinois pour la possession de la Mandchourie et s'emparer de Port-Arthur (Dalian). La même année, l'interdiction renouvelée par les Etats-Unis de l'immigration chinoise provoque un vigoureux mouvement populaire en Chine, sans réaction de la part du gouvernement. La Russie prend le contrôle de la Mongolie-Extérieure en 1911, l'Angleterre celui du Tibet en 1914.
En 1908 meurt la terrible impératrice douairière Cixi (née en 1835), une concubine qui s'était emparée du pouvoir en 1875 en emprisonnant son neveu, l'empereur Guangxu. Elle avait gouverné " derrière le paravent " avec rigidité et écrasé plusieurs tentatives de modernisation du pays. Elle finit sa vie comme locataire-otage des Occidentaux dans son propre palais. Un enfant de 3 ans, Puyi, lui succède sur le trône. Les Occidentaux le laissent jusqu'en 1924 dans la Cité interdite. En 1911, c'est la chute de l'Empire chinois, qui met ainsi fin à plus de deux mille ans de régime monarchique. Les seigneurs de la guerre s'emparent alors du pays, sur lequel ils font régner la terreur.

La chute de l'empire

Sun Yat-sen (Sun Zhongshan, 1866-1925), né près de Canton, a étudié la médecine en Occident. A la tête d'un groupe révolutionnaire contre l'ordre impérial mandchou, le Guomindang, il parvient à soulever la Chine du Sud et tente d'unifier le pays. Le programme comporte les trois principes du peuple : indépendance, souveraineté et bien-être. Durant l'été 1911, le gouvernement mandchou avait tenté de s'approprier les chemins de fer dans le centre, ce qui souleva une violente opposition. La révolution d'octobre 1911 remporte un succès spectaculaire. L'armée et les autorités provinciales passent du côté des révolutionnaires.
La première République est établie en 1912 et le dernier empereur doit abdiquer. Sun Yat-sen est élu président et il est depuis considéré comme le " petit père " de la nation moderne.

Mouvement du 4 mai 1919. Durant la Première Guerre mondiale, la Chine participe aux efforts de guerre aux côtés des Alliés contre l'Allemagne. Pourtant, le traité de Versailles attribue au Japon les anciens territoires allemands en Chine (Shandong). Cette décision choque le sentiment national et provoque des manifestations d'étudiants dans les grandes villes, surtout à Shanghai où un mouvement de boycott des marchandises japonaises est lancé par les marchands. Ce mouvement marque un tournant dans l'histoire chinoise. C'est une véritable lame de fond qui entraîne directement les masses, mouvement qui se répétera souvent en Chine.

Fondation du Parti communiste (1921). C'est dans les années 1920 que Shanghai devient la grande ville cosmopolite de l'Extrême-Orient. Sur le Bund, l'avenue orgueilleuse qui borde le Huangpu, s'alignent de nouveaux immeubles néoclassiques où travaillent des fonctionnaires étrangers et avec eux les managers chinois, les taipan au col blanc.

En 1925, après la mort de Sun Yat-sen, le parti nationaliste passe aux mains d'un groupe de militaires conduit par Tchang Kaï-chek (Jiang Jieshi) qui instaure un régime autoritaire. Sun Yat-sen avait formé une coalition avec les communistes, mais en 1927 une rupture se produit entre les communistes et les nationalistes. L'insurrection ouvrière de Shanghai, soutenue par les communistes, est écrasée par Tchang Kaï-chek qui liquide par les armes les milices ouvrières.
Cette très grave défaite prend le Parti communiste par surprise et l'oblige à réviser sa stratégie de coopération avec les nationalistes. C'est donc vers la paysannerie et non plus le prolétariat industriel qu'il se tourne.
Le Guomindang unifie presque toute la Chine, ce qui lui assure la reconnaissance des puissances occidentales. De nouveaux accords sont signés et elles conservent une partie de leurs privilèges, telles les concessions. Durant la décennie de Nankin (1927-1937), le gouvernement nationaliste est présidé par Tchang Kaï-chek. En 1931, le Japon intervient militairement en Mandchourie chinoise. A partir de 1932, cette région est érigée en État indépendant, le Mandchoukouo, avec Puyi comme empereur pantin (le dernier empereur termina sa vie comme jardinier à Pékin).

La Longue Marche (1934-1935). Le territoire des communistes est progressivement encerclé par les armées de Tchang Kaï-chek depuis les massacres des rouges à Shanghai (le Guomindang bénéficiait de conseillers militaires allemands, de crédits anglo-saxons et de matériel de guerre français).

L'été 1934 se termine par une débâcle des communistes et en octobre les rescapés doivent entreprendre la périlleuse Longue Marche qui les conduit à l'autre bout de la Chine, en passant vers l'ouest, puis vers le nord par le Sichuan, jusque dans la lointaine province du Shaanxi. C'est seulement alors que Mao Zedong, l'un des fondateurs du parti, réussit à écarter ses adversaires et à devenir président du PCC. Quelque 100 000 hommes prirent part à cette marche de 12 000 kilomètres qui dura un an. Les communistes perdront 90 % de leurs effectifs : seulement 8 000 survivront...

Seconde Guerre mondiale (1937-1945). En 1937, les Japonais passent à l'offensive et attaquent l'ensemble du territoire chinois.

C'est le début de huit années de guerre qui vont durer jusqu'en 1945. Le gouvernement nationaliste de Tchang Kaï-chek se replie à Chongqing dans le Sud-Ouest (il y restera jusqu'en 1945). Les Japonais s'emparent de Pékin, de Nankin et de Shanghai (où ils commettront des atrocités qui gâchent encore aujourd'hui les relations entre les deux pays). Un gouvernement de " collaboration panasiatique " avec les Japonais est constitué à Nankin.
Un accord d'alliance contre l'envahisseur est alors signé entre les communistes et le Guomindang.
Les Etats-Unis fournissent des armes aux troupes de Tchang Kaï-chek, mais celui-ci pratique une stratégie attentiste et la corruption est notoire. Les guérillas communistes constituées en arrière des lignes japonaises s'étendent progressivement. Elles ont le soutien actif de la population. Aux yeux de l'opinion publique, le communisme s'est identifié à la cause de la nation chinoise. Après la reddition des Japonais en 1945, une mission américaine tente, sans succès, de former un gouvernement de coalition entre les nationalistes et les communistes.

Guerre civile (1946-1949)

En 1946 éclate la guerre civile entre le Guomindang et les communistes, qui durera jusqu'en 1949. Le Guomindang, malgré ses succès militaires initiaux facilités par l'aviation américaine, est discrédité par l'inflation, par la corruption administrative, par l'ouverture de la Chine aux marchandises américaines sans barrière douanière. Le dynamisme du Parti communiste s'exprime dans la réforme agraire de 1947 qui partage, sans indemnités, les terres des propriétaires riches dans les zones libérées. Dans les villes, l'opposition gagne les intellectuels et les capitalistes nationaux incapables de faire face à la concurrence américaine.

Les communistes au pouvoir

La république populaire de Chine (1949)

Le 1er octobre 1949, après que les communistes ont écrasé les nationalistes, Mao Zedong proclame sur la place Tian'anmen la République populaire de Chine. Tchang Kaï-chek et les nationalistes s'enfuient à Taïwan (ex-Formose) où ils fondent l'Etat de Chine nationaliste (qui représentera la Chine aux Nations unies jusqu'en 1972). En Chine populaire, durant la réforme agraire de 1950, les domaines d'une dizaine de millions de grands propriétaires et de paysans riches sont confisqués, et toutes les terres sont redistribuées selon un principe égalitaire. C'est aussi en 1950 que la " libération pacifique " du Tibet est supervisée par Deng Xiaoping. Un grand nombre de " volontaires " chinois sont également envoyés pour participer à la guerre en Corée.

Les Cent Fleurs (1956-1957)

Au printemps 1956, Mao annonce l'instauration d'une nouvelle politique dite des " Cent Fleurs ", qui encourage les intellectuels à exprimer leurs doléances.

" Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent ", signifiait - en théorie - une liberté plus grande dans le domaine des arts, de la littérature et de la recherche scientifique. Mais ceux qui se sont exprimés sont pourchassés lors de la lutte " antidroitière " ordonnée par Mao et supervisée par Deng Xiaoping l'année suivante. Le mouvement des " Cent Fleurs " fait des dizaines de milliers de morts, entre 50 000 et 100 000 personnes prendront le chemin des camps de travaux forcés, le laogai (le goulag chinois) et 1,7 million de personnes sont transformées en parias. Mao s'est par la suite vanté d'avoir tué plus d'intellectuels que l'empereur Qin, et a reconnu que son appel à la critique n'avait été qu'un piège pour " faire sortir les serpents de leur nid ". Il voulait débusquer tous les dissidents potentiels et faire une purge des intellectuels.

Après cette campagne " antidroitiste ", les rares audacieux qui se hasardent à émettre quelques doutes sont immédiatement remis au pas. Leurs familles en subissent les conséquences et l'avenir de leurs enfants se trouve compromis à jamais.

Le Grand Bond en avant (1958)

En 1958 est lancé le mot d'ordre du Grand Bond en avant. Mao veut passer au communisme intégral pour rattraper les pays capitalistes par l'industrialisation des campagnes.

Pour toute la Chine commencent alors trois années noires où le pays est au bord du désastre. De l'école à l'usine et de la ville à la campagne, toute la Chine est en état de mobilisation.

" Egalons et dépassons l'Angleterre en quinze ans ! ", " Marchons sur deux jambes ", disaient les slogans. L'une des jambes était l'industrie, l'autre l'agriculture.

Mais très vite, la Chine se met à boiter : l'agriculture est négligée en raison de la priorité accordée à l'acier. Au moment de la moisson, à l'automne 1958, il n'y a plus personne dans les champs. L'insuffisance des récoltes sonne l'alarme de la famine (même si les statistiques officielles annoncent que la Chine produit davantage de blé que les Etats-Unis). Au bout d'une année à peine, Mao doit mettre fin à cet élan frénétique en raison de l'échec évident du Grand Bond en avant, étayé de catastrophe naturelle (inondations).

Les " communes populaires "

Afin d'accélérer l'industrialisation, Mao regroupe les paysans dans des communes populaires. Nées de la fusion de petites coopératives agricoles, les communes populaires groupent, à la fin de 1958, la quasi-totalité des paysans. Destinées à être la nouvelle base de la société chinoise, les communes populaires abolissent totalement la propriété privée des moyens de production. La vie communautaire cherche à dissoudre les liens traditionnels et très rigides de la famille chinoise, à créer une nouvelle classe de prolétaires agricoles. Le régime interdit que la population mange à la maison et instaure des cantines publiques gratuites. Tout le monde est pris en charge par la commune et par l'Etat.

La constitution d'une industrie de style artisanal, faisant appel à la main-d'oeuvre rurale sous-employée, devient alors la clé de voûte de la nouvelle stratégie du développement économique. C'est dans les communes populaires qu'apparaissent aussitôt les milliers de petits hauts-fourneaux ainsi que la chasse au minerai. La nation tout entière doit se consacrer corps et âme au seul secteur de la production d'acier. Près de cent millions de paysans doivent abandonner leurs travaux agricoles pour se lancer dans la production sidérurgique (qui fut un échec total). Des forêts entières sont coupées pour obtenir du combustible, tout objet métallique (même les ustensiles de cuisine) est réquisitionné et fondu. Mais l'acier produit est d'une qualité tellement médiocre qu'il se révèle inutilisable et la mobilisation des travailleurs affectés à cette production réduit d'autant les effectifs de l'agriculture.

Les récoltes sont donc faites en hâte et engrangées dans de mauvaises conditions. Le résultat est désastreux : l'économie est désorganisée et la famine sévit.

Le résultat du Grand Bond : une effroyable famine (1959-1962)

La tentative de passer au communisme intégral se termine par un désastre total. Au moment même où elle sort, épuisée, du Grand Bond, la Chine est frappée par la disette.

L'année 1960 voit s'enchaîner les pires calamités naturelles. La moitié des terres arables subit des inondations. L'aventure du Grand Bond se solde par une des famines les plus meurtrières du pays (qui atteint son paroxysme au printemps 1961) : au moins vingt millions de morts en trois ans (un bilan encore secret totalise entre 35 et 60 millions de morts).

L'équilibre alimentaire, retrouvé par la suite, reste fragile. La rupture avec Moscou, en 1960, met fin à l'aide économique de l'Union soviétique qui rappelle tous ses conseillers techniques. Les Chinois doivent désormais assurer seuls leurs projets industriels et ils doivent en outre redessiner les plans de montage des usines que les Soviétiques ont emportés avec eux.

L'année 1959 est également ternie par la répression sanglante du Tibet et la fuite du dalaï-lama vers l'Inde.

La France établit des relations diplomatiques avec la Chine en 1964. La Chine procède à son premier essai nucléaire en octobre de la même année.

L'âge encore peu avancé de Mao, les conditions dans lesquelles est annoncé son départ laissent deviner le désaccord profond qui règne au sein du parti. Le clivage entre l'ancienne équipe (Mao et Lin Biao) et la nouvelle s'accentue. Avec le retrait politique de Mao en 1962, Zhou Enlai et Deng Xiaoping ont les mains libres pour élaborer un nouveau programme de développement économique : les " Quatre Modernisations ". C'est l'époque du " premier réajustement ". Dans les usines, on remet les techniciens au pouvoir, on assouplit les communes populaires, les entreprises rurales émergent...

La Révolution culturelle (1966-1976)

Mao, qui sent le pouvoir lui échapper et qui a peur d'être la cible des révisionnistes, accuse ses collaborateurs modérés, tel Deng Xiaoping, de chercher à restaurer le capitalisme. Dans une tentative de reconquête du pouvoir, il appelle à la " révolution continue ". En s'appuyant sur les plus " gauchistes " du Parti, Mao lance en 1966 la Révolution culturelle.

L'objectif du mouvement est de renverser ceux qui, dans le Parti, ont pris la voie capitaliste, et d'éliminer de la société tous les éléments bourgeois qui, en s'appuyant sur les " Quatre Vieilleries " (vieilles idées, culture, coutumes et habitudes), cherchent à revenir au pouvoir.

Dans la mesure où les dirigeants du Parti sont eux-mêmes contaminés, Mao ne peut pas leur laisser la responsabilité de purifier l'appareil et la société. D'ailleurs, ils semblent peu enclins à vouloir appliquer un programme aussi radical.

La Révolution culturelle fut un cauchemar incompréhensible qui dura dix ans, une période d'anarchie sociale et politique durant laquelle le pays fut en état de stagnation absolue et qui ne se termina complètement qu'avec la mort de Mao. Cette lutte pour le pouvoir provoqua en trois ans et demi (1966-1969) la destruction du Parti, puis son rétablissement.

Pour assurer sa victoire, Mao fait appel aux jeunes parce qu'ils constituent le seul groupe encore mobilisable (démocrates et intellectuels ont été écartés par les Cent Fleurs ; les paysans surpassés par le Grand Bond). Pour lancer les gardes rouges (collégiens et étudiants) à l'assaut du Parti et de la vieille société, Mao demande à Lin Biao et à l'APL d'aider les jeunes rebelles à s'organiser.

Durant l'été 1966, d'immenses rassemblements sont organisés sur la place Tian'anmen. Un million de gardes rouges défilent à Pékin, 300 millions d'exemplaires du Petit Livre rouge imprimés par l'armée sont distribués. Les gardes rouges ont pour mission de se révolter et de détruire, car selon Mao : " Sans destruction pas de construction ".

De 1967 à 1969, la violence s'abat sur tous ceux qui détiennent une parcelle d'autorité - administrateurs, enseignants, représentants du Parti. C'est l'époque des dazibaos, affiches de critiques et journaux muraux. Les professeurs sont dénoncés, humiliés en public, les écoles ferment et resteront fermées pendant six ans.

Des " comités de quartier " sont instaurés. Les cadres du Parti sont persécutés et envoyés dans des camps de rééducation à la campagne, de même que des centaines de milliers d'intellectuels. Au plus fort de la campagne menée par les gardes rouges, le système de transports est gêné par l'obligation de se mettre au service des jeunes effectifs révolutionnaires.

Le désordre s'étend avec l' " échange des expériences " : onze millions de gardes rouges se déplacent à Pékin dans l'espoir d'apercevoir Mao Zedong, qui en envoie des milliers d'autres de la capitale vers les provinces afin d'aider les masses locales à se rebeller. Ces millions d'adolescents profitent de l'occasion exceptionnelle qui leur est offerte de découvrir leur propre pays (des trains sont réquisitionnés à cet usage et des unités militaires organisent l'hébergement et l'approvisionnement).

A la fin 1966, les gardes rouges ont réussi à renverser l'ordre établi et à mettre le vieux monde à l'envers. Au mois d'août la Chine plonge dans la guerre civile. Les rebelles s'en prennent à Zhou Enlai et réclament qu'on leur livre Deng Xiaoping (qui est envoyé en camp de rééducation à l'âge de 65 ans). La Révolution culturelle atteint alors son point culminant. Face au chaos de Shanghai pendant l'été 1967, Mao prend le risque de briser l'élan révolutionnaire, avec un coup de frein brutal - l'intervention de l'armée. En juillet 1968, Mao désavoue l'action des gardes rouges : " Vous ne m'avez pas soutenu, vous avez déçu les travailleurs, les paysans et les soldats de Chine. "

Désormais, la politique de répression ne connaît plus de rémission. En 1969, le Parti se donne de nouveaux statuts en réintroduisant la pensée de Mao comme fondement théorique.

Mais la société chinoise se remet mal des traumatismes. Les désordres de toute nature - délinquance, criminalité, marché noir - persistent et se développent dans les années 1970. Le système de contrôle et d'arbitrage mis en place au début de la Révolution culturelle - comités de quartiers et commissariats de police - ne fonctionne plus.

En 1971, Lin Biao, dauphin pressenti de Mao, est éliminé du Parti. Durant sa fuite vers l'URSS son avion s'écrase " accidentellement " en Mongolie. Le refus opposé par les Américains et la plupart des nations occidentales d'accorder une reconnaissance diplomatique à la Chine avait profondément humilié la population chinoise. Mais avant la visite du président Nixon à Pékin en 1972, la Chine entre aux Nations unies en obtenant le siège qu'occupait Taïwan. Après la mort de Lin Biao, le système éducatif est révisé, les principes de sélection commencent à réapparaître dans les collèges et les universités. En 1973 débute la campagne contre Confucius et Lin Biao.

Affaibli par l'âge et la maladie, Mao Zedong est de plus en plus soumis à l'influence de son entourage. Il devient otage de la " Bande des quatre " dominée par son épouse Jiang Qing, qui règne en dictateur sur l'art et la littérature et réprime les influences occidentales.

En 1975, le programme des " Quatre Modernisations " présenté par Zhou Enlai est adopté, mais comme Mao, Zhou Enlai est aussi engagé dans une course contre la mort (cancer). Il confie en 1975 à Deng Xiaoping la mise en oeuvre du premier programme des " Quatre Modernisations ".

Zhou Enlai meurt en janvier 1976, mais en dépit des manifestations populaires sur la place Tian'anmen, Jiang Qing, à la tête de la " Bande des quatre ", s'empare du pouvoir. Deng Xiaoping se réfugie à Canton grâce à l'aide des maréchaux de l'armée.

La situation ne se débloque qu'avec la mort de Mao en septembre de la même année. Seulement quatre semaines après son décès, la " Bande des quatre " est arrêtée ; la " veuve Mao " et ses trois complices sont condamnés.

Retour au pouvoir de Deng Xiaoping (1977)

Deng Xiaoping peut revenir au pouvoir. Il convainc le Parti d'abandonner la ligne maoïste dure et de s'orienter vers une ouverture de marché. Les errements de la Révolution culturelle sont définitivement soldés. Les séances d'endoctrinement sont supprimées.

Deng Xiaoping peut désormais relancer les " Quatre modernisations " : agriculture, industrie, recherche scientifique et technique, défense. Un retour à la propriété privée est amorcé avec la décollectivisation de l'agriculture. Les terres sont allouées aux familles paysannes, assorties d'un bail de trente ans, en échange d'un paiement de la plus grande partie de leurs récoltes dont ils gardent le surplus. Et déjà des marchés libres aux étals fournis refleurissent le long des trottoirs de toutes les villes.

Débuts de l'ouverture

Pendant l'hiver 1978-1979, le " Mur de la démocratie " de Xidan, à Pékin, se couvre de dazibaos réclamant la " Cinquième Modernisation " : la démocratie.

Deng se sert d'abord du mouvement contestataire, mais finit par le trouver intolérable et réprime ses auteurs. Wei Jingsheng est arrêté et condamné à quatorze ans de réclusion pour trahison et activité contre-révolutionnaire. A l'occasion de la candidature de la Chine pour les Jeux olympiques de l'an 2000, il est sorti de prison pour montrer que la Chine respecte les droits de l'homme. Les JO furent attribués à l'Australie, et Wei retourna en prison pour quatorze ans de plus, avant d'être finalement libéré " pour raison de santé ", et expulsé du pays.

Deng Xiaoping propose le principe des ZES (zones économiques spéciales) destinées à attirer les investissements étrangers. C'est le point de départ de la croissance économique du pays, et le boom spectaculaire des années 1990. Quatre zones franches sont mises en place à Shenzhen (près de Hong Kong) et Zhuhai (limitrophe de Macao), ainsi qu'à Xiamen (délocalisation des industries de Taïwan) et à Shantou (dans le Fujian) et en 1984, dans l'île de Hainan. Y sont créées des entreprises mixtes sino-étrangères qui sont de véritables laboratoires d'initiation au capitalisme. Les deux tiers des capitaux viennent de Hong Kong, mais une bonne partie ne fait qu'y transiter, venant de pays tiers. Shenzhen sert d'aire de délocalisation de Hong Kong (main-d'oeuvre pour le textile, l'électronique de consommation). Avant d'être déclarée ZES en 1980, la petite ville frontalière ne comptait que 30 000 habitants contre plus de 10 millions aujourd'hui !

En 1980, le procès de la " Bande des quatre " est diffusé sur toutes les télévisions du monde. Condamnée à perpétuité, la veuve de Mao, Jiang Qing, que l'on surnomme " l'impératrice rouge ", se suicidera après sa sortie de prison en 1993. Le comité central du parti adopte, en 1981, une résolution évoquant les erreurs de Mao dès 1955, et qualifiant la Révolution culturelle d' " erreur généralisée et prolongée ".

En 1983, le gouvernement lance une campagne contre la corruption et la criminalité, mais aussi contre la " pollution spirituelle " de l'Occident (campagne qui s'apaise rapidement). On ouvre encore quatorze villes côtières aux investissements étrangers et les communes populaires sont supprimées.

La fin d'une humiliation

En 1984, Deng Xiaoping obtient de Margaret Thatcher, Premier ministre britannique à l'époque, l'accord de la rétrocession de Hong Kong à la Chine sous la promesse d' " un pays, deux systèmes " prévoyant un " haut degré d'autonomie ". Deng, ayant ainsi lavé la honte nationale, s'était juré d'assister, le 1er juillet 1997, au retour dans le giron de la mère patrie de l'ancienne colonie britannique (mais le destin en décidera autrement : seules ses cendres seront répandues au large de l'île redevenue chinoise).

L'accord sino-portugais sur la rétrocession de Macao suit, immanquablement, en 1987. La colonie portugaise est rendue à la Chine le 20 décembre 1999. L'année 1987 voit également naître la loi sur le rétablissement du commerce privé. Mais le 1er octobre, la répression des émeutes antichinoises à Lhassa, au Tibet, se termine dans un bain de sang avec l'armée qui tire sur les manifestants.

Printemps de Pékin (1989)

Au printemps 1989, Deng Xiaoping est respecté et courtisé à l'Ouest comme à l'Est. En présence des télévisions du monde entier, il se prépare à accueillir Mikhaïl Gorbatchev.

Mais, dans la nuit du 3 au 4 juin, la révolte des étudiants qui manifestent depuis avril pour la démocratie sur la place Tian'anmen est écrasée par l'armée dans un massacre sanglant.

Les jeunes Chinois payèrent cher leur aspiration à la démocratie : officiellement, il y eut 1 800 morts et une dizaine de milliers d'arrestations.

Les pays occidentaux brandissent la menace de réactions économiques. La Banque mondiale gèle les crédits pour les projets chinois dans l'énergie et les transports. Le Japon remet en cause l'aide accordée en 1988. Le Conseil européen décide la suspension des contacts ministériels à haut niveau et l'embargo du commerce des armes avec la Chine.

A Hong Kong, la population, bien connue pour son apolitisme, manifeste en masse contre la répression. Les touristes du monde entier boycottent également le pays (jusqu'en 1991). Le 5 octobre, le prix Nobel de la paix est attribué au dalaï-lama, chef spirituel et politique des Tibétains. Deng Xiaoping feint d'ignorer le boycott de l'Occident, pariant que les hommes d'affaires reviendraient rapidement... Il passe néanmoins les rênes du pouvoir à Jiang Zemin, et se retire du devant de la scène politique.

Les années 1989 à 1991 marquent le retour de la faction révolutionnaire âgée ainsi qu'une période de conservatisme économique, culturel et politique. Toutefois la Chine reste présente sur la scène internationale avec son entrée à l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique).

En 1991, Paris autorise la vente de seize frégates à Taïwan. La crise sino-française, aggravée ultérieurement par la vente de soixante chasseurs Mirage 2000, entraîne la fermeture du consulat de France à Canton.

Le " modèle chinois " ou le " capitalisme socialiste "

En 1992, Deng Xiaoping réapparaît d'une manière spectaculaire lors d'un voyage très médiatisé dans le Sud, à Shenzhen, pour faire redécoller les réformes (en suspens depuis la répression de 1989). Il ouvre également Shanghai au capitalisme, appelle à un développement accéléré et à des réformes plus radicales que jamais. " Enrichissez-vous ", lance-t-il à la population.

La Chine bat tous les records de croissance avec un taux annuel de plus de 10 %, et attire des dizaines de milliards de dollars d'investissements. Utilisant la croissance économique comme défense contre les conservateurs du Parti, Deng réussit in extremis à renverser le rapport de forces en faveur des réformateurs lors du Congrès en octobre 1992.

La notion d' " économie socialiste de marché " est inscrite dans la Constitution chinoise en 1993, suite au plénum du Parti : le processus de réforme du marché (banques, taxes, investissements) s'accélère alors que Jiang Zemin devient chef de l'Etat. L'idéologie communiste est peu à peu remplacée par un confucianisme rénové et un patriotisme utilisés comme un rempart contre la " contagion " des idées de liberté à l'occidentale.

Edouard Balladur scelle à Pékin la " normalisation " des relations entre les deux pays (la France a pris du retard sur d'autre pays européens comme l'Allemagne et l'Italie). Les pays capitalistes, qui ont obtenu le droit d'investir dans les ZES, profitent d'une main-d'oeuvre à bon marché, très peu libre, et d'avantages fiscaux. En échange, ils doivent créer des sociétés mixtes, permettant ainsi un transfert de technologies aux Chinois. Les années 1994 à 1996 marquent une période de fort développement économique qu'on appelle même " Années de prospérité ".

Un nationalisme exacerbé

En mars 1996, a lieu la première élection démocratique présidentielle à Taïwan. L'APL (l'armée populaire de libération de Chine) entreprend alors des manoeuvres militaires d'envergure, afin d'intimider l'électorat taiwanais. Les Américains dépêchent dans la zone deux porte-avions, mais les choses en restent là.

A la fin de l'été, éclate la crise entre la Chine et le Japon à propos de l'archipel des Diaoyu (Senkaku), îlots inhabités sans grande utilité pour les protagonistes. Ces incidents graves mais sans suite montrent une sombre vision de la passion nationaliste et l'ambition de reconstituer la Grande Chine.

A la grande satisfaction de Pékin et des entreprises américaines, Bill Clinton déclare que les Etats-Unis ne feront plus de liens entre relations de commerce avec la Chine et droits de l'homme (cette approche très conciliante est vivement contestée au Congrès).

En février 1997, la mort de Deng Xiaoping marque la fin d'une époque, celle des " empereurs rouges ", des fondateurs du Parti et des vétérans de la Longue Marche. Deng avait rappelé peu de temps avant sa mort que : " Le désastre attend ceux qui veulent freiner les réformes. "

Il n'assistera pas à la rétrocession de Hong Kong, retourné dans le giron de la mère patrie le 1er juillet 1997.

La promesse de l'application de la politique " un pays, deux systèmes " pendant cinquante ans - est mise en oeuvre à Hong Kong.

Durant l'hiver 1997-1998, Zhu Rongji, qui occupera le poste de Premier ministre jusqu'en 2002, lance plusieurs réformes : dénationalisations, concentration de l'appareil d'Etat, campagne anticorruption, limitation des activités commerciales de l'armée, alors que la Chine est meurtrie durant l'été par les graves inondations du Yangtsé. L'année 1999 est marquée par trois événements majeurs qui couronnent la fin du XXe siècle : le 50e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, le premier accord bilatéral avec les Etats-Unis pour l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce et enfin la rétrocession de Macao le 20 décembre.

La quatrième génération

En novembre 2002 eut lieu le XVIe congrès du Parti communiste, d'une importance toute particulière. Ce congrès a en effet vu la transition pacifique de la troisième génération des dirigeants (Jiang Zemin, après Mao Zedong et Deng Xiaoping), à la quatrième génération, incarnée par le nouveau président de la République et secrétaire général du Parti communiste, Hu Jintao. Il s'agit de la première transition sans heurt en Chine, toutes les précédentes ayant vu l'élimination physique (Lin Biao) ou politique du prétendant. Désigné par Deng Xiaoping lui-même comme successeur de Jiang Zemin, le nouveau président chinois est un apparatchik dont on sait bien peu de chose, si ce n'est qu'il était gouverneur du Tibet en 1989, au moment des révoltes tibétaines réprimées dans le sang, et à l'origine de la promulgation de la loi martiale dans la province. Contrairement aux trois générations précédentes, qui étaient des " vieilles révolutionnaires ", présentes dès les débuts du Parti et souvent formées en Europe ou en Union soviétique, Hu Jintao est un enfant de la Révolution culturelle. Il fait donc partie de cette " génération sacrifiée ", dont les études supérieures ont été interrompues par le chaos des années 1960, et qui n'a jamais eu l'opportunité d'étudier à l'étranger.

Malgré ses difficultés initiales à imposer son autorité au sein de l'appareil d'Etat (Jiang Zemin est resté chef des armées pendant deux ans et a gardé des contacts influents dans les plus hautes instances de l'Etat), Hu Jintao semble imprimer progressivement un mode de gouvernement plus à l'écoute du peuple que ne l'ont fait ses prédécesseurs. Invité au sommet du G7 à Evian en 2003, aligné sur la France et la Russie sur la question irakienne, et vedette du sommet de l'APEC tenu à Bangkok à l'automne 2003, il se forge petit à petit une place sur la scène internationale. A l'intérieur du pays, son prestige a été rehaussé par sa gestion de la crise de pneumonie atypique au printemps 2003, où il a (certes un peu tard, et sous pression internationale) montré un souci de transparence en contraste singulier avec les politiques du secret de ses prédécesseurs. Quatre ans après sa prise de pouvoir, l'image plus libérale de Hu Jintao commence pourtant à être ternie par sa gestion des médias. Entre la fin de l'année 2005 et le début de l'année 2006, plusieurs publications libérales ont été interdites, des journalistes ont été emprisonnés et bon nombre de " cyberdissidents " ont fini sous les verrous. Et malgré une approche un peu plus sociale que ses prédécesseurs, Hu Jintao reste confronté à une grogne croissante dans les campagnes. Victimes d'expropriations sauvages, de nombreux paysans voient leurs terres attribuées à des entreprises privées, souvent de mèche avec les autorités locales. En juin 2008, à l'approche des Jeux olympiques, les médias chinois ont recensé pas moins de 30 000 manifestations dans la seule province de Guizhou. Depuis des années, le nombre de manifestations antigouvernementales est en hausse constante. Le succès des Jeux olympiques et même de l'Exposition universelle ne doit donc pas faire oublier les nombreux problèmes existants.

Et aujourd'hui ?

Au début du XXIe siècle, la Chine est en train de devenir une puissance incontournable, mais la tâche à accomplir, tant sur le plan politique que sur les questions sociales et économiques, est à l'image du pays : gigantesque. Et depuis le congrès d'octobre 2012, cette tâche est dévolue à une nouvelle équipe de dirigeants : Xi Jinping et Li Keqiang. La tâche ne fait que commencer et déjà les problèmes s'amoncellent. au moins autant que les scandales politico-financiers tels que révélés dernièrement par la diffusion des documents dits " Chinaleaks " en janvier 2014 ou par les " Panama Papers " en avril 2016 qui montrent l'enrichissement indu des dirigeants politiques en place et la corruption généralisée. C'est cette corruption (et une lutte d'influence politique également) que s'emploie à faire disparaître Xi Jinping depuis sa nomination au poste de Président avec une vaste campagne qui a déjà vu nombre de cadres du régime être emprisonnés. Le parti communiste chinois connaît donc une forte période de turbulence, et ce d'autant plus que sa légitimité repose sur la croissance économique, et que celle-ci, si elle reste très forte actuellement (6 à 8 % de croissance), génère d'importants problèmes sociaux qu'il se doit de résoudre. tous les voyants ne sont donc pas au vert et le climat, pas au beau fixe dans cette Chine qui, si elle se veut surpuissante au niveau international est aujourd'hui contestée notamment autour de la question de souveraineté - ou non - en mer de Chine du Sud par les nombreux pays de la zone, ce qui relance toujours plus les questions de nationalisme exacerbées. L'Empire du Milieu n'en reste donc pas moins encore aujourd'hui un colosse aux pieds d'argile. Et l'arrivée au pouvoir du milliardaire égocentrique Donald Trump de l'autre côté du pacifique semble devoir encore rebattre un jeu de cartes déjà très complexe. Pour autant, Xi Jinping a considérablement renforcé son pouvoir et son emprise sur le Parti et le pays suite à la tenue du congrès d'octobre 2018 et il a désormais les moyens de changer considérablement son pays et surtout de le replacer sur le devant de la scène.

Histoire de Shanghai
Les origines

Depuis ces origines, Shanghai jouit d'une situation géographique idéale ; tournée vers la mer de Chine méridionale, elle est bordée au sud par la baie de Hangzhou, s'étirant à l'embouchure du Yangtsé. Les premières traces historiques de l'existence de Shanghai remontent à l'époque des Trois Royaumes, de 220 à 265 de notre ère. Shanghai faisait alors partie du royaume de Wu, qui s'étendait dans le sud de la Chine actuelle. Sous les Tang, Shanghai ne se distingue en rien des autres villages de pêcheurs des alentours. L'essor de Shanghai débute sous l'empire des Song (960-1279). La dynastie entreprend une urbanisation rapide du pays. Les villes deviennent d'importants centres politiques et commerciaux et Shanghai un port important, par le biais de travaux de drainage et d'aménagement de canaux dans le delta du Yangtsé.

La politique de grands travaux menée sous les Song est poursuivie par les Yuans et permet à la région de s'adonner à la culture du coton. Shanghai devient alors un centre commerçant et surtout un pôle d'initiatives techniques, puisque de nouvelles méthodes de filage et de tissage du coton y sont développées. Son statut de port est renforcé grâce à ces nouvelles activités commerçantes, qui accentuent l'orientation maritime de la ville. On aménage encore les berges du fleuve Huang Pu pour en faire une voie navigable, à l'origine de la fortune de Shanghai.

Sous les Ming (1368-1644), des fortifications sont établies autour de la vieille ville, pour permettre à Shanghai de se protéger contre les attaques de pirates japonais. Et Shanghai, de ville portuaire s'impose progressivement comme centre économique majeur. Au XVIe siècle, elle est un des premiers producteurs textiles de Chine. Après le coton, c'est à la soie que Shanghai doit son essor. Les soieries produites dans toute la région transitent en effet par Shanghai, où elles sont vendues sur place puis acheminées vers leurs destinations finales.

Dès la fin du XVIIIe siècle, ceux-ci commercent avec l'Occident. Au tournant du XIXe siècle, Shanghai est déjà un centre commercial prospère.

Légende urbaine

Avant la guerre de l'Opium (1839-1842), Shanghai était encore un village de pêcheur : faux ! Cette description pittoresque est reprise dans de nombreux guides touristiques. Pourtant, " village de pêcheurs " paraît bien faible pour désigner une ville qui comptait, avant l'arrivée des Occidentaux déjà plusieurs centaines de milliers d'habitants : quelques pêcheurs, mais aussi des boutiquiers, des restaurateurs, des professeurs, des moines, etc. L'occupation des Anglais, Français et Américains après la guerre de l'Opium a effectivement transformé le visage de Shanghai. Mais bien avant que les navires occidentaux ne pointent leurs canons, la ville était déjà une plaque tournante du commerce entre la Chine et l'Asie du Sud.

Quand les Occidentaux s’en mêlent

Sous les Qing (1644-1912) la ville devient un centre maritime attirant les marchands de la Chine entière. Cette prospérité économique entraînera l'une des principales humiliations de la Chine. Par Shanghai s'effectuait en effet un intense commerce avec les pays occidentaux, et notamment l'Angleterre, très friande de soie et de thé. Mais la balance commerciale déficitaire générée par ces échanges ne convenait pas à l'Angleterre. La British East India Company, principale actrice de ce commerce, décide donc de s'adonner à une activité plus lucrative : le commerce de l'opium. Importé d'Inde, l'opium est déversé par cargos entiers dans le port de Canton, qui est alors le seul ouvert aux étrangers. L'empereur réagit dès 1760, en interdisant la consommation d'opium en Chine, mais il est déjà trop tard : des millions de Chinois sont devenus opiomanes. Et l'agressivité des autorités impériales, qui détruisent les caisses d'opium dans le port de Canton, ne fait qu'envenimer la situation. Les représailles britanniques sont rapides et musclées : des canonnières remontent le Yangtsé, et mettent à genou un empire chinois incapable de se défendre. La garnison de Shanghai, impuissante face à la flotte britannique, se rend dès 1842.

La même année, la signature du traité de Nankin marque l'ouverture forcée de la Chine au monde. Shanghai figurait parmi les cinq ports ouverts aux étrangers. Les Britanniques établissent leur concession s'étirant du sud de la rivière Suzhou au nord de l'actuelle Yan'an Lu. La concession française s'étire d'est en ouest entre la vieille ville chinoise et l'ancienne avenue Edouard VII (aujourd'hui Nanjing Lu). Enfin, la concession américaine, au nord de la rivière Suzhou, s'unit en 1863 à la concession britannique, créant l'International Settlement. Les " traités inégaux " signés successivement en 1842 puis en 1862, leur attribuent le droit de résidence, l'acquisition de biens immobiliers et le droit de faire du commerce.

Dès 1895, l'implantation des premières industries fait de Shanghai le territoire colonial le plus riche au monde. En 1900, le montant d'investissement étranger s'élève à 730 millions de dollars pour atteindre 3 500 millions de dollars dans les années 1930, marquant un véritable essor urbain. La population de Shanghai décuple en cinquante ans. Lors de la guerre civile russe, Shanghai accueille des hordes massives de réfugiés russes blancs et plus tard, lors de la Seconde Guerre mondiale, un afflux de juifs rend la ville encore plus cosmopolite.

Sous l'effet d'une telle prospérité, théâtres, champs de courses, opéras, restaurants, salons de massage côtoient les maisons de bains, les cinémas, les grands magasins, les maisons closes et les fumeries d'opium. Shanghai devient également la capitale de la mode.

L'industrie se développe rapidement, attirant de la main-d'oeuvre de toute la Chine. Mais ces ouvriers sous-payés et soumis à des conditions de travail apocalyptiques deviennent rapidement le symbole de l'exploitation de la Chine par les puissances étrangères. Dès le début du XXe siècle, le nationalisme chinois devient plus agressif, des grèves, des manifestations ouvrières, et des mouvements de protestation contre la domination étrangère secouent régulièrement Shanghai. C'est dans ce contexte d'agitation ouvrière et nationaliste que naîtra le Parti communiste chinois, dont le premier congrès national se tient à Shanghai, le 1er juillet 1921.

Le Shanghai du Guomindang

André Malraux décrit dans La Condition humaine les premiers soulèvements ouvriers apparus dans les quartiers populaires. En effet, la situation s'envenime à partir de 1925, le Parti communiste organisant de plus en plus de grèves et manifestations ouvrières. En octobre 1925, les autorités chinoises et internationales de Shanghai sont confrontées à une véritable insurrection armée, réprimée dans le sang en avril 1927 par les troupes de Tchang Kaï-chek. Les membres du Parti communiste sont arrêtés et exécutés en masse. Les survivants, parmi lesquels figure Mao Zedong, quittent la ville et entament la restructuration de leur mouvement dans les campagnes du centre du pays. La ville se calme progressivement et reprend les activités qui ont fait sa réputation sulfureuse : commerce, bien entendu, mais également prostitution, jeux d'argent, et trafics en tout genre, encadrés par une puissante mafia locale.

Shanghai devient ainsi le fief de Tchang Kaï-chek. Le chef nationaliste cherche à obtenir le soutien des riches industriels de Shanghai. Néanmoins, ces derniers ne voient en lui qu'un seigneur de la guerre parmi d'autres, avide de pouvoir. En désespoir de cause, le parti nationaliste s'autofinance et les kidnappings se multiplient, dans une ville livrée à l'anarchie.

Shanghai 1930

Dans les années 1930, Shanghai, rebaptisée le Paris de l'Orient, offre la vie nocturne la plus trépidante au monde. Des centaines de cabarets - avec ou sans licence - dédiés à chaque catégorie sociale, des palaces aux bouges - accueillent le chaland. Ces fameux cabarets proposent boissons, dîners, orchestres et belles danseuses, de toutes nationalités, destinées aux centaines de célibataires résidant ou de passage à Shanghai. La ville devient la proie des gangs de mafias impliqués dans le commerce de la drogue, la prostitution et le jeu. La majeure partie de la population est d'ailleurs opiomane et passionnée de jeu. Chaque occasion est bonne pour parier le temps qu'il fera le lendemain, les chances du favori à la prochaine course de chevaux ou de chiens...

Shanghai était devenue le royaume de la contrebande d'opium, interdit dès 1917 dans le reste du monde. La Bande verte constituait la plus puissante des très nombreuses associations criminelles de Shanghai, exploitant la corruption des autorités. Le premier de ses deux chefs, Huang Jirong, était officiellement détective de police au sein de la concession française. Le second, Du Yuesheng, de vendeur de fruits devint successivement messager, voleur, assassin. Le gang contrôlait le jeu, la prostitution et détenait le monopole national du trafic de drogue.

L’invasion japonaise

En 1937, Shanghai tombe aux mains des troupes japonaises. L'occupation japonaise met un coup d'arrêt à la vie bouillonnante du Shanghai des années 1930. Les concessions internationales sont maintenues jusqu'en 1941, lorsque les forces alliées entrent en guerre contre le Japon. Les étrangers fuient alors la ville, et ceux qui ne parviennent pas à quitter le pays à temps sont arrêtés et internés dans des camps de détention. La fin de la Seconde Guerre mondiale mettra un terme à l'occupation japonaise, mais également aux concessions internationales : celles-ci ont été supprimées dès 1943 par un accord entre Tchang Kaï-chek, réfugié à Chongqing, et les forces alliées

Shanghai sous Mao
Statue de Mao.
Statue de Mao.

L'avènement de la République populaire en 1949 porte le coup de grâce à Shanghai. Son passé capitaliste est incompatible avec les valeurs du Parti communiste. Les derniers étrangers s'exilent vers Hong Kong ou Taïwan. Banques et grands magasins ferment leurs portes.

Entre 1949 et 1954, une vaste opération d'assainissement est organisée par le nouveau pouvoir chinois, qui met fin à la prostitution, aux jeux et aux trafics, arrête et exécute les trafiquants de drogue. Les lieux de plaisir sont reconvertis en centres culturels et sportifs conformes à l'idéologie communiste. La ville, devenue le symbole du vice occidental, est placée sous la tutelle directe du gouvernement central.

Shanghai n'en reste pas moins le fer de lance de la nouvelle Chine. Ses capitaux financent la modernisation du pays. Shanghai passe sous le joug direct du pouvoir central, obtenant le statut de municipalité autonome. De 1949 à 1988, gérée par une seule administration, la ville doit ainsi reverser 85 % de ses revenus à Pékin.

Un cinquième dragon ou un sixième petit tigre ?

Le 18 avril 1990, Pudong, sur la rive est du Huang Pu, devint donc une zone économique spéciale. Cet ancien marécage fut entièrement réaménagé grâce à l'apport des capitaux étrangers et ceux de la diaspora chinoise. En dix ans, 600 tours ont vu le jour, notamment la célèbre Pearl Tower en forme de fusée, haute de 430 m. Son plan de développement urbain, de grande envergure, s'étale jusqu'en 2030. L'avenue du siècle, qui se veut rivale des Champs-Elysées, s'étend sur 4,5 km. Jean-Marie Charpentier, architecte français, en est son instigateur (c'est lui qui a également conçu le Central Plazza et l'opéra sur Renmin square). Pudong se divise aujourd'hui en quatre zones de développement, chacune dotée d'une fonction différente : un port en zone franche, une zone industrielle rassemblant 300 entreprises et multinationales étrangères, la zone de Liujiazu, dédiée aux finances et aux services. On y a installé la Bourse de Shanghai, ouverte en 1990. Enfin, au sud, le parc des hautes technologies Zhang Jiang Hi-Tech Park. La zone constitue le domaine des industries pharmaceutiques de pointe et de recherches médicales. Elle est financée par les investisseurs étrangers.

Renouveau et prospérité

A la fin des années 1970, Shanghai, n'est plus qu'une ombre. Si la ville demeure une base industrielle nationale, elle figure parmi les villes les plus démunies de Chine. Elle souffre d'une pénurie de logements, d'un système de transports insuffisant, d'une absence totale d'infrastructures doublée d'une pollution incontrôlée.

Shanghai ne renouera avec le commerce et l'ouverture internationale que grâce aux réformes enclenchées par Deng Xiaoping. Shanghai s'impose rapidement comme la ville la plus internationale du pays. Au milieu des années 1980, elle représente un sixième des exportations totales de Chine, et contribue à un huitième du produit national brut ! La Bourse de Shanghai, qui avait fonctionné entre 1919 et 1949, est rouverte en 1986, et la ville est la première de Chine à accueillir des institutions financières internationales. La croissance économique devient alors spectaculaire : entre 1991 et 1997, le commerce extérieur de la ville atteint un volume cumulé de 112 milliards de dollars, 20 000 projets économiques étrangers s'implantent dans l'agglomération. Dans la même période, 51 institutions financières et neuf banques étrangères, autorisées à opérer en yuans, ouvrent leurs portes à Shanghai. Après des années de stagnation et de brimades imposées au niveau national, la ville retrouve son statut de métropole internationale, et de plate-forme commerciale et financière de toute la Chine. Elle bénéficie en outre du soutien politique du gouvernement central, dans lequel les Shanghaiens forment un clan puissant : l'ancien président Jiang Zemin et son Premier ministre Zhu Rongji sont tous deux originaires de Shanghai, et ont oeuvré pour le renouveau de leur ville natale. Au tournant du XXIe siècle, Shanghai est redevenue la ville la plus prospère de Chine, sa vitrine et son ouverture principale sur le monde. La " Ville au-dessus de la Mer ", Shanghai, décroche la palme de la ville la plus prospère et la plus peuplée de toute la Chine, avec près de 20 millions d'habitants. Shanghai se métamorphose. La ville a connu une croissance moyenne annuelle de son PIB de plus de 12 % depuis le milieu des années 1980 ! Les innombrables tours d'acier et de verre grimpant vers le ciel attestent de cette croissance économique exceptionnelle. Shanghai symbolise la Chine moderne, née des réformes économiques entreprises par Deng Xiaoping. Sa position géographique, autant que son passé occidental, sont à l'origine de ce décollage. Symbole de cette insertion internationale : l'Exposition universelle 2010.

L'expo et après ?

" Une ville meilleure pour une vie meilleure ". C'est autour de ce thème que s'est tenue l'Exposition universelle de Shanghai du 1er Mai au 31 octobre 2010. L'occasion pour la Chine d'une nouvelle démonstration de force après les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, et de placer ainsi Shanghai sur le devant de la scène. L'exposition a provoqué une transformation de la ville, qui s'est développée vers le sud aux abords du fleuve Huangpu. Plus de 3 milliards d'euros ont été investis en trois ans. Résultat : un quartier littéralement sorti de terre sur 5,28 km² pour accueillir l'événement. La promenade historique du Bund a été totalement rénovée, près de 400 km de lignes de métro ont été construites et nombre d'infrastructures améliorées ou tout simplement créées. Conçu pour être pérenne, le site de l'exposition promet déjà d'être une belle opération immobilière, au prix de 60 000 expropriations... Si 95 % des pavillons ont été démontés, les bâtiments chinois et les espaces verts sont conservés. Après le succès de l'événement (73 millions de visiteurs), il s'agit désormais pour Shanghai de réussir à développer et à rendre vivant ce nouveau quartier. Le même défi que Pékin, qui avait eu bien du mal à recycler son site olympique... En septembre 2013, la décision du gouvernement central d'accorder à cette zone de 29 km2 le statut de zone franche et donc de fait de laboratoire des réformes économiques du régime parait aller dans cette direction. Shanghai est donc plus que jamais le fer de lance de cette nouvelle Chine capitaliste qui se matérialise dans le paysage avec l'érection de toujours plus de nouveaux buildings dans le quartier d'affaires de Pudong - et notamment la Shanghai Tower récemment inaugurée.

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