Guide de BARCELONE : Arts et culture

Architecture
<p>Casa Battló de Gaudí.</p>

Casa Battló de Gaudí.

Art roman

Le style roman a pu se développer en terre catalane et y acquérir une identité propre. C'est essentiellement dans la partie occidentale de la Catalogne que se trouvent la plupart des édifices romans (églises, monastères, cathédrales, châteaux, etc.), à l'exception du très beau monastère cistercien de Poblet, situé au sud, près de Tarragone. A ce patrimoine architectural de première importance, il faut ajouter les superbes peintures murales de plusieurs églises, peintures aujourd'hui conservées au musée national d'Art de Catalogne, à Barcelone.

Art gothique

Du XIIIe au XVIe siècle, la Catalogne, qui voit une période d'expansion économique et de splendeur culturelle, va imprimer sa touche personnelle dans le domaine de l'art gothique. La version catalane de celui-ci se caractérise par des formes plus épurées que celles qu'on peut voir dans le reste de l'Europe. Elle accorde plus d'importance à l'amplitude de l'espace et beaucoup moins à la hauteur des constructions. Parmi les nombreux ouvrages gothiques dont la région est riche, il faut citer, dans la vieille ville de Barcelone : la cathédrale, le Palau de la Generalitat, le Palau Reial, la Casa de la Ciutat et la carrer Montcada. Dans la ville de Gérone, la cathédrale, le palais épiscopal et les murailles. Enfin, un peu partout, les nombreuses cathédrales (Vic, Solsona, Tarragone, Tortosa et Lleida).

Renaissance et art baroque

A la différence du reste de l'Espagne et de nombreux pays européens, les courants artistiques nés de la Renaissance se sont peu développés en Catalogne. La perte d'influence politique et économique de Barcelone et de la région au profit de Madrid et du pouvoir central en est la principale raison. Cependant, vous trouverez plusieurs exemples de l'art de cette époque à Vic, Lleida, Tortosa, Gérone, Tarragone et Barcelone principalement.

Modernisme

Ce brillant mouvement artistique catalan est né de la conjonction de deux phénomènes : la Renaixença, un courant culturel et politique prônant le catalanisme comme identité propre, et le développement de la révolution industrielle. Le mouvement, qui a eu des équivalents dans d'autres pays européens (modern style ou jugendstil, Art nouveau, Liberty, etc.), se caractérise en Catalogne par l'utilisation de matériaux spécifiques (céramique, fer forgé, verre), aussi bien pour la construction que pour la décoration. Trois grandes figures ont marqué la cité catalane de cette nouvelle tendance artistique :

Lluís Domènech i Montaner (1850-1923). A la fois architecte, politicien et historien, ce Barcelonais est l'un des artisans fondateurs de l'art moderniste. Toute son oeuvre est imprégnée par ses recherches visant à définir les caractéristiques d'un art national catalan. La brique, la céramique et le fer forgé sont les principaux matériaux de construction et de décoration utilisés pour le Palau de la Música Catalana, la Casa Lleó-Morera et l'Hospital Sant Pau. Domènech adhère à différents partis politiques et rédige plusieurs ouvrages sur l'architecture et l'histoire de la Catalogne.

Antoni Gaudí (1852-1926). La personnalité et l'oeuvre de Gaudí sont indissociables de l'architecture barcelonaise. Né à Reus, dans la province de Tarragone, dans une famille de chaudronniers, il fait toutes ses études à Barcelone, où il se mêle ensuite aux milieux intellectuels et artistiques qui participent à la Renaissance catalane. Personnage à la fois iconoclaste, visionnaire et mystique, ses réalisations insolites provoquent aussi bien controverses qu'admiration chez ses compatriotes. Rejetant les principes académiques de l'art néoclassique, son style libre et personnel intègre les influences des arts byzantins, musulmans, mudéjars et gothiques. Le mélange des matériaux, le refus de la symétrie, des décors inspirés de la nature et une nouvelle conception de l'espace sont les éléments caractéristiques de son art. Figure marquante de la période moderniste, il est le plus original des architectes catalans et l'un des artistes les plus remarquables du XIXe siècle. En 1926, il meurt écrasé par un tramway. Cette fin tragique ne lui permet pas de terminer la grande oeuvre de sa vie, l'église de la Sagrada Família. Autres réalisations importantes : la Casa Milà, le parc et le Palau Güell ainsi que la Casa Batlló, qui sont des ouvrages emblématiques de Barcelone. Dans les environs proches, à Santa Coloma de Cervello, la crypte de la colonia Güell témoigne également du talent de l'architecte.

Josep Puig i Cadafalch (1867-1956). Le nom de cet architecte urbaniste est lié à de nombreuses entreprises culturelles de la Catalogne du XXe siècle : l'aménagement de la montagne de Montjuïc, les plans de rénovation de Barcelone, les fouilles d'Empúries. Il est le créateur d'édifices emblématiques tels la Casa de les Punxes (Diagonal), la Casa Amatller (centre du Modernisme), la fabrique Casaramona à Monjuïc qui abrite la CaixaForum et les pavillons du parc des Expositions. Outre Barcelone, le reste de la Catalogne s'est approprié également ce mouvement pour édifier de nombreuses constructions modernistes. Les villes les plus représentatives en la matière sont celles de Girona, Reus, Figueras, Manresa, Lleida, Terrassa et Mataró. Le modernisme n'est pas uniquement une expression architecturale ; il s'est exprimé également au travers d'autres arts comme la sculpture, l'orfèvrerie, le mobilier et la peinture.

Architecture moderne

Les grands noms de l'architecture moderne se bousculent à Barcelone pour laisser libre court à leur imagination. C'est le cas de Jean Nouvel et son emblématique tour Glòries, Ricardo Bofill pour l'hôtel W, Frank O. Gehry et son poisson doré sur le port olympique, Norman Foster pour la tour de Collserola, entre autres.

Artisanat

La richesse de l'artisanat catalan se reflète dans la diversité des techniques à travers tout le territoire. On peut citer par exemple la céramique et les poteries de La Bisbal d'Empordà ou la dentelle d'Arenys de Mar (Costa Barcelona). Pour se faire une idée (ou des achats !), on ne saurait que trop vous recommander la visite du Poble Espanyol de Barcelone, qui accueille une vaste communauté d'artisans travaillant le verre, la céramique, le cuir, etc. Chaque année au mois de juin, la Setmana d'Artesania de Catalunya (Semaine de l'artisanat de Catalogne) met en lumière le travail des artisans catalans. A cette occasion, le Centre de Cultura i Memòria del Born à Barcelone organise un grand salon ouvert au public (The CraftRoom).

Expressions modernes

Design. Barcelone est devenu le terrain de jeu du design contemporain. Les hôtels rivalisent d'inventivité ; les boutiques de décoration, de meubles et d'objets design se multiplient dans toute la ville. Ainsi, même les institutions s'y mettent : l'Institut de culture de Barcelone a donné naissance au Disseny Hub Barcelona, un centre d'expositions et de recherche consacré au design, dont le siège est installé dans un édifice flambant neuf de la Plaça de les Glories.

Barcelone est également célèbre pour ses écoles de design. La formation académique proposée par les écoles Elisava et Eina attire chaque année de nombreux étudiants venus des quatre coins du monde.

Galeries d'art. La plupart des galeries d'art contemporain se trouvent dans le quartier de l'Eixample, avec une forte concentration dans la carrer Consell de Cent. Pour découvrir de jeunes talents, n'hésitez pas à parcourir les petites rues du quartier du Born. Enfin, les bars du quartier de Gracia sont une source inépuisable de jeunes talents. De nombreux cafés, bars et salles de concert faisant office de salles d'exposition, soyez attentif : c'est peut-être l'occasion de ramener un souvenir artistique pour pas cher !

Vidéo Art. Barcelone est devenu un passage obligé pour les amateurs et les professionnels de l'art vidéo, grâce à la création du festival LOOP en 2003. Tous les ans, au cours de la deuxième moitié du mois de mai, la ville est littéralement inondée de créations audiovisuelles. L'art vidéo s'exhibe dans de nombreuses galeries de la ville, mais aussi dans des bars, des boutiques, des chambres d'hôtels, etc. Si bien que Barcelone est aujourd'hui une référence dans le panorama européen de la création audiovisuelle.

Que ramener de son voyage ?

Des espadrilles lacées, comme celles portées par les danseurs de Sardane.

Des ramequins en terre cuite pour vous essayer à la préparation de la crème catalane.

Des produits en conserves (anchois marinés, poulpes, calamars dans leur encre) que vous achèterez dans un typique queviure (épicerie catalane).

Du cava (vin mousseux semblable au champagne), de préférence acheté dans l'une des grandes bodegas de Sant Sadurni d'Anoia, la capitale du cava.

De la charcuterie de Vic, en particulier le fuet (saucisse sèche) et la llonganissa (saucisson).

Des vins du D.O. Penedès, la plus grande zone de production catalane.

Des vêtements ! Zara, Mango et Massimo Dutti affichent des prix entre 20 et 30 % moins chers qu'en France.

Un maillot du Barça.

Cinéma

C'est grâce à Fructuós Gelabert (Barcelone, 1874-1955) que le cinéma se développe en Catalogne. Après avoir construit sa propre caméra, la première en Espagne, il explore les différentes possibilités de l'invention des frères Lumière. Avec la Première Guerre mondiale, le cinéma catalan parvient à s'infiltrer sur le territoire péninsulaire. La relâche des productions françaises, italiennes et américaines, qui dominaient largement le marché national, favorise la création de nombreuses entreprises consacrées à la production cinématographique. Passé cette période de l'Age d'or, le cinéma catalan ne fait que se heurter à l'indifférence générale, et c'est seulement à partir des années 1960 qu'il retrouve son identité. A la différence des cinéastes du nouveau cinéma espagnol, dont l'inspiration trouve ses origines dans le néoréalisme italien, le cinéma catalan se tourne vers la France et plus particulièrement vers la Nouvelle Vague. Ainsi voit le jour l'Ecole de Barcelone, un mouvement cinématographique radical et avant-gardiste, autour duquel graviteront des cinéastes comme Joaquím Jorda, Pere Portabella et Vicente Aranda.

Aujourd'hui, la production cinématographique catalane s'illustre particulièrement dans le domaine du cinéma fantastique, grâce à des réalisateurs comme Jaume Balagueró (REC, 2007 ; Malveillance, 2011) et Juan Antonio Bayona (L'Orphelinat, 2007 ; The Impossible, 2012 ; Quelques minutes après minuit, 2016). Le célèbre festival du film de Sitges, célébré au mois de septembre, est devenu la Mecque des inconditionnels du genre, et réunit tous les ans la crème du cinéma fantastique international.

En marge de cette tendance, il faut signaler l'émergence d'un cinéma alternatif et d'avant-garde catalan. Les réalisateurs José Luis Guerin (Dans la ville de Sylvia, 2007), Jaime Rosales (La Soledad, 2007) et Albert Serra (Le Chant des oiseaux, 2008 ; La Mort de Louis XIV, 2016) sont les principaux ambassadeurs de ce cinéma expérimental. Ce dernier a d'ailleurs remporté le Léopard d'or au Festival de Locarno pour son film Histoire de ma mort en 2013. Enfin, le cinéma d'auteur n'est pas en reste avec les célèbres cinéastes Isabel Coixet et Bigas Luna.

Isabel Coixet. Née le 9 avril 1960 à Sant Adrià de Besòs (Barcelone), Isabel Coixet s'illustre d'abord dans le domaine de la publicité, avec de prestigieuses campagnes pour les marques Peugeot, Pepsi et Ikea, entre autres. Elle connaît son premier succès international en 2003 avec le film Ma Vie sans moi, suivi de La Vie secrète des mots (2005) avec l'acteur américain Tim Robbins. En 2009, elle est en compétition officielle au festival de Cannes avec le film Map of the sounds of Tokyo, tourné au Japon avec l'acteur catalan Sergi Lopez. En 2015, son film Personne n'attend la nuit, avec Juliette Binoche, fait l'ouverture du 65e festival international du Film de Berlin. Isabel Coixet est aujourd'hui une figure incontournable du cinéma catalan, même si la plupart de ses films ont été tournés en dehors des frontières espagnoles. Si vous faites un tour dans le quartier de Gracia, où elle habite depuis de nombreuses années, vous pourrez peut-être la croiser sur une terrasse de café : avis aux futurs réalisateurs !

Bigas Luna. Juan José Bigas Luna, connu sous le nom de Bigas Luna, est né à Barcelone le 19 mars 1946 et mort au printemps 2013 dans la région de Tarragone. Il tourne son premier long-métrage, Tatuaje (Tatouages), en 1976, mais sa renommée devient internationale en 1978 avec son film Bilbao, sélectionné par le festival de Cannes. Connu et reconnu pour l'érotisme de ses films, on lui doit la découverte de quelques talents du cinéma espagnol tels que Penélope Cruz, Jordi Mollà ou encore Javier Bardem.

Barcelone, ville de cinéma

L'auberge espagnole, Vicky Cristina Barcelona, Tout sur ma mère, etc. Barcelone inspire les réalisateurs du monde entier, qui nous donnent à voir leur vision particulière de la ville : une Barcelone chic pour Woody Allen, étudiante pour Cédric Klapisch, canaille pour Almodovar. Autant de visages qu'il est possible de redécouvrir au cours des " Itinéraires Cinéma " organisés par l'office du tourisme de Barcelone. Une façon originale de découvrir la ville et de vous replonger dans l'ambiance de ces films cultes. Pour plus d'informations : www.barcelonaturisme.com

Danse

La Sardane est la danse traditionnelle de la Catalogne. Elle se danse en cercle fermé, au rythme d'un ensemble instrumental appelé cobla. Les danseurs se donnent la main et effectuent une série de pas assez simples, d'avant en arrière et de gauche à droite. Ils sont chaussés d'espadrilles lacées typiques, indispensables pour la pratique de la Sardane. Pour voir un spectacle, rendez-vous sur la place de la Cathédrale de Barcelone les samedis à 18h et les dimanches à 11h15.

Littérature

Ramon Llull (XIIIe siècle) est le grand écrivain en prose catalane du Moyen Age. Le premier grand poète dans cette langue, Ausiàs March, (XVe siècle), tourne le dos à l'époque médiévale et s'engage dans la Renaissance. Après cette période de splendeur du Siècle d'or catalan, qui culmine avec Tirant lo Blanc de Joanot Martorell (publié en 1490), le catalan comme langue littéraire est plutôt sur le déclin (du XVIe siècle à 1833). Il ressurgit avec vigueur durant le second tiers du XIXe siècle (Renaixença). A cette époque, se détachent particulièrement Jacint Verdaguer, Àngel Guimerà et Narcís Oller, inscrits dans les courants du romantisme tardif et du réalisme. A la fin du XIXe siècle, se développe le modernisme dont Joan Maragall est l'une des figures principales. Au XXe siècle, la littérature catalane se maintient malgré la répression dont est victime la langue catalane sous les dictatures du général Primo de Rivera puis du général Franco. Des écrivains comme Josep Carner, Joan Salvat-Papasseit, Carles Riba, J.V. Foix, Salvador Espriu, Joan Oliver dit Pere Quart, Josep Maria de Sagarra, Josep Pla, Mercè Rodoreda, Llorenç Villalonga, Pere Calders, Gabriel Ferrater, Josep Sebastià Pons, Manuel de Pedrolo, Joan Brossa, Jesús Moncada, Quim Monzó ou Miquel Martí i Pol ont été quelques-uns des plus reconnus ces dernières décennies. Actuellement, sous l'effet d'une politique linguistique très active du gouvernement autonome de Catalogne (enseignement en catalan - tous les écrits administratifs sont en catalan), la production de livres en catalan est loin de s'essouffler et encourage chaque année la sortie de nouveaux romans. Il faut noter qu'en ce début de XXIe siècle, la littérature catalane existe aussi en Catalogne Nord (département des Pyrénées-Orientales) grâce à des poètes comme Jordi Pere Cerdà, Patrick Gifreu, et des romanciers, comme Joan-Lluís Lluís et Joan-Daniel Bezsonoff, qui publient à Barcelone et dont l'oeuvre est reconnue par la critique.

Salvador Espriu (1913-1985). Dans les années 1930, cet écrivain catalan a rénové le genre littéraire grâce à l'influence de plusieurs amis artistes. Après la guerre civile, ses romans et poèmes, souvent satiriques, ont été fortement imprégnés par le thème de la mort. En 1960, son ouvrage, La Peau de taureau, a eu un grand retentissement en Espagne, et en particulier en Catalogne. Considéré comme une oeuvre engagée, ce livre s'inspire largement du drame catalan, à savoir les années de plomb du franquisme et leurs répercussions sur la Catalogne, sa langue et ses habitants.

Manuel Vázquez Montalbán (1939-2003). A la fois écrivain et journaliste, Manuel Vázquez Montalbán est également connu pour son engagement politique de la première heure, en tant que militant actif du Parti socialiste catalan. A travers son oeuvre, le prolifique Montalbán est apparu tantôt sous les traits d'un enfant du peuple révolté par l'injustice, tantôt sous ceux d'un amateur de femmes et de bonne chère, mais toujours avec la même curiosité insatiable des moeurs humaines. Toutes les facettes de cet homme complexe se retrouvent en particulier dans la célébrissime série de romans noirs de Pepe Carvalho, privé exerçant à Barcelone. Dans chacun de ses ouvrages, Montalbán évoque la capitale catalane, qui n'est autre que sa ville natale, avec poésie et enthousiasme. Des ingrédients que l'on retrouve également dans ses digressions culinaires. Lisez Les Recettes de Carvalho (un recueil de 120 recettes extraites de ses romans). Un vrai régal littéraire ! Comme le dit le célèbre détective, " il faut boire pour se souvenir et manger pour oublier ". Plus sérieux, mais tout aussi passionnant, l'essai Barcelones, une chronique " documentée et subjective " d'une ville pluridimensionnelle, inévitable protagoniste de la fin du millénaire. Manuel Vázquez Montalbán meurt le 17 octobre 2003 d'une crise cardiaque à l'aéroport de Bangkok, décor de son ultime intrigue. Le romancier créatif transporte dans ses bagages, Milenio, le dernier volet posthume des aventures de Pepe Carvalho.

Eduardo Mendoza (né en 1943 à Barcelone). Son premier livre, La Vérité sur l'affaire Savolta, est interdit par la censure lorsqu'il sort en 1975. A la mort de Franco, le livre est finalement publié et connaît un vif succès. Il initie une nouvelle manière de raconter qu'on qualifie aujourd'hui de postmodernisme. C'est l'un des auteurs espagnols les plus lus et les plus traduits dans le monde. Dans ses romans, on retrouve évidemment Barcelone, sa ville natale, la langue catalane, le roman policier mais également l'évolution de la société espagnole. Parmi ses oeuvres les plus connues : La Ville des prodiges, L'Artiste des dames ou Le Mystère de la crypte ensorcelée.

Josep Pla. Né en 1897 à Palafrugell, cet écrivain et journaliste catalan est l'un des grands de la littérature catalane contemporaine. Avec une palette narrative très large, incluant reportages sur de nombreux villages mais aussi en Israël, à Cuba, à New York ou en Amérique du Sud, chroniques journalistiques et romans, il a joué un rôle essentiel dans la modernisation de la langue catalane et la diffusion des traditions locales.

Mercè Rodoreda. Née à Barcelone en 1908, elle est considérée comme l'une des plus importantes représentantes de la littérature catalane du XXe siècle. Exilée une partie de sa vie, en France et en Suisse, c'est à Romanyà de la Selva, dans le Baix Empordà, qu'elle achèvera sa vie et sera enterrée en 1983. Son roman le plus célèbre, La Place du diamant, est considéré comme l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature catalane d'après-guerre.

Juan Goytisolo. Né à Barcelone en 1931, il est l'un des plus illustres écrivains de la " Génération de 50 " qui émergea à la fin de la guerre civile espagnole. L'auteur de Jeux de mains ou encore de L'Exilé d'ici et d'ailleurs était connu pour son expérimentation narrative et son style singulier. Censuré par la dictature franquiste, il s'installa à Paris en 1956 où il travailla chez Gallimard pendant de nombreuses années comme responsable de la littérature espagnole, puis à Marrakech en 1997, où il est mort en 2017 à l'âge de 86 ans. Il a remporté de nombreux prix, dont le prix national des Lettres espagnoles en 2008 et le prix Cervantes en 2014.

Don Quichotte à Barcelone

L'action du roman se déroule à Barcelone dans les chapitres 60 à 66 de la deuxième partie. C'est depuis Montjuïc qu'étaient repérées les éventuelles attaques turques. Don Quichotte entre pour la première fois dans la ville par le Portal del Mar (porte de la mer), puis il est accueilli par le brigand Perot Rocaguinarda dans la Carrer de Perot Lo Lladre (Perot le voleur), qui existe toujours. L'imprimerie que visite Don Quichotte est celle de Sebastiá de Comellas au nº 14 de la Carrer del Call. Puis, c'est sur la plage située en face du Portal del Mar que Don Quichotte, vaincu par le chevalier de la Blanche Lune, tombe malade et décide de rentrer chez lui. Enfin, c'est au numéro 2 du Passeig de Colom que l'auteur, Cervantès, aurait vécu en 1610 lors de son passage à Barcelone.

Romans à Barcelone

L'Ombre du vent, Carlos Ruiz Zafón, Grasset. L'auteur, barcelonais d'origine, nous fait découvrir un Barcelone mystérieux et fantastique, menaçant mais attachant à jamais, où les énigmes s'emboîtent comme des poupées russes. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des livres oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent.

La Ville des prodiges, Eduardo Mendoza, Points. En 1888, un jeune et pauvre paysan de 13 ans décide de quitter son village pour rejoindre Barcelone et y faire fortune. En faisant de la propagande puis en vendant des lotions capillaires, le jeune Onofre Bouvila va peu à peu perdre son innocence, prêt à tout pour quelques sous. Il devient alors l'homme le plus riche et le plus influent d'Espagne, dans une Catalogne où les sept péchés capitaux régissent la vie au quotidien.

La Cathédrale de la mer, Ildefonso Falcones, Robert Laffont. Au coeur du Barcelone médiéval, le lecteur suit le parcours du jeune Arnau, fils de paysan, au rythme de la construction de la cathédrale Santa María del Mar, véritable chef-d'oeuvre du gothique catalan. Au fil de rencontres et de hasards, de trahisons et d'histoires d'amour, Arnau s'élève jusqu'au sommet du pouvoir, sans jamais oublier ses origines modestes. Véritable phénomène éditorial en Espagne, La Cathédrale de la mer a déjà conquis plus de 9 millions de lecteurs dans le monde entier, et le livre a été traduit dans plus de 15 langues. Il s'agit du premier roman d'Ildefonso Falcones, avocat à Barcelone. Il lui aura fallu plus de 4 ans pour écrire son roman : une heure tous les jours avant et après le travail !

La Place du Diamant, Mercé Rodoreda, Gallimard. Publié en 1960, ce roman raconte l'histoire de Natàlia, installée à Gràcia, qui travaille comme vendeuse dans une pâtisserie du quartier. Natàlia évoque avec innocence et simplicité son mariage, la naissance de ses enfants, la mort de son mari, la guerre civile, etc. Le récit d'une femme du peuple particulièrement émouvant, qui retrace avec justesse la réalité de la guerre et de l'arrivée du franquisme en Catalogne.

Médias locaux

Télévision. Comme en France, l'arrivée de la TNT a considérablement augmenté l'offre dans ce domaine. Pas toujours pour des programmes intéressants, car c'est le haut lieu des jeux, des tertulias (débats) et de la télé-réalité. Au niveau national, les deux chaînes publiques sont RTVE1 et RTVE2, et les chaînes privées sont Telecinco, Antena 3, La Sexta et Cuatro.

Televisió de Catalunya, organisme chargé de la diffusion des chaînes de télévision publique en Catalogne, émet uniquement en catalan et dispose de 6 chaînes : TV3, Canal 33, la chaîne d'information 3/24, Esport3 et le canal Super3. Il existe aussi un réseau de télévisions locales qui apportent des informations de proximité pour chaque région de la Catalogne.

Radio. L'organisme public RTVE est constitué de six stations de radio (notamment Radio 1 et Radio Clásica), chaque radio procédant à des décrochages régionaux. Il y a ensuite plusieurs stations nationales commerciales : SER, COPE, Onda Cero, Punto Radio, entre autres. Au niveau catalan, à signaler les stations publiques Catalunya Ràdio et Catalunya Informació, et les privées RA C1 et RA C105.

Presse. Fondé en 1976, El País est le journal d'information le plus lu d'Espagne, avec plus d'1 million de lecteurs chaque jour. Le quotidien suit une ligne éditoriale de centre gauche, et de nombreux écrivains collaborent dans ses pages, notamment Manuel Rivas et Mario Vargas LLosa. En deuxième position, La Vanguardia, édité en catalan et castillan, suivi d'El Mundo, quotidien de centre droit, et d'ABC, un quotidien conservateur. Au niveau de la Catalogne, les principaux titres, en plus de La Vanguardia, sont le journal de gauche El Periódico (éditions en catalan et en espagnol) et le journal indépendantiste ARA (édition en catalan).

Musique

Le Chant de la Senyera (le drapeau national catalan) de Lluis Millet i Pagès, composé en 1896, reflète parfaitement la musique catalane. Elle se distingue par un sentiment nationaliste également présent dans d'autres compositions. Une autre caractéristique différencie la musique catalane des autres musiques espagnoles : le wagnérisme, l'une des manifestations de l'Art nouveau. En effet, l'oeuvre de Wagner a influencé un grand nombre de musiciens dans leurs travaux au cours du premier quart du XXe siècle. Cette influence était si importante que Barcelone a été considéré comme l'une des villes les plus " wagnériennes " du monde.

Mais la musique en Catalogne c'est aussi la rumba catalane, issue de la fusion du flamenco et de la musique afro-cubaine. La guitare y tient une place majeure avec des coups portés, telles des percussions, sur la caisse de l'instrument tout en bloquant les cordes. Le musicien Gato Pérez est probablement la figure la plus célèbre de ce genre musical.

La chanson d'auteur tient également une place très importante dans le panorama musical catalan. La Nova Canço (nouvelle chanson catalane) est un mouvement musical qui prend son essor dans les années 1960, et qui revendique l'utilisation du catalan, malgré le contexte franquiste. De ce mouvement naîtront de grandes figures de la chanson catalane, notamment Joan Manuel Serrat, Maria del Mar Bonet et Raimon (les équivalents de nos Johnny Hallyday, Michel Sardou et compagnie).

Aujourd'hui, la pop et le rock indie chantés en catalan ont une place de choix dans le panorama musical, avec des groupes comme Manel, Mishima et Antònia Font, qui ont su connecter avec le jeune public. Cette nouvelle scène catalane émerge principalement des grands festivals de l'été, comme le Primavera Sound (à Barcelone), le Mercat de Música Viva (à Vic) et le VIDA Festival (à Vilanova i la Geltrú).

Parmi les plus célèbres musiciens de la musique catalane, retenez ces deux noms :

Miguel Llobet (1878-1938). Compositeur et guitariste catalan, disciple de Magin Alegre. Par la suite, il a été parrainé par le grand guitariste Francisco Tarrega. Miguel Llobet est un virtuose qui a su se faire reconnaître partout dans le monde en tant que soliste. Interprète mais aussi compositeur, il a rendu hommage à la musique et aux chants catalans. Mort tragiquement pendant la guerre civile espagnole, il s'est vu dédier l'oeuvre pour guitare du compositeur Manuel de Falla, Hommage à Debussy.

Pau Casals (1876-1973). Violoncelliste de grande renommée et défenseur de la paix, c'est un personnage emblématique de la culture catalane, sa mémoire est perpétuée à la Villa Casals (la maison de l'artiste devenue un musée) à El Vendrell (Costa Daurada), sa ville natale. Il est élevé à l'ombre d'un père organiste de l'église paroissiale. Il étudie le violoncelle (sur un instrument construit avec une citrouille, exposé au musée) dès ses 12 ans au conservatoire de Barcelone. Il devient célèbre rapidement grâce à son talent et joue même devant les reines Victoria et Elisabeth de Belgique. On lui doit un hymne à la paix pour l'ONU. Idéaliste et passionné, il défend, toute sa vie, ses valeurs en soutenant les républicains espagnols et, dès 1933, il refuse de jouer en Allemagne. Il meurt à San Joan (Porto Rico).

Peinture et arts graphiques
Antiquité

En ce domaine, les plus anciens témoignages mis à jour en Catalogne sont les peintures rupestres d'El Perelló, d'El Cogul et d'Ulldecona. La présence des Grecs ayant été courte et limitée géographiquement, peu de vestiges subsistent, à l'exception des sites d'Empúries et Roses au nord-est de la Catalogne. De la colonisation romaine, c'est la ville de Tarraco (future Tarragona) qui constitue le meilleur témoignage de la région.

Noucentisme, avant-gardisme et art contemporain

Le noucentisme et l'avant-gardisme vont naître, au début du XXe siècle, du rejet de plus en plus marqué du modernisme. Par la voix de son théoricien, Eugeni d'Ors, le mouvement noucentiste prône un retour aux origines classiques et méditerranéennes des arts. Les artistes Josep Clarà, Josep Obiols, Joaquim Sunyer et Xavier Nogués en sont les principaux porte-parole. Le début du siècle voit également apparaître les premiers créateurs se définissant comme avant-gardistes. Ils seront influencés par les artistes parisiens, notamment grâce à la présence de Picasso à Paris. Cette influence deviendra encore plus importante lorsque certains peintres (Braque, Gris, Matisse, etc.) viendront s'installer en Catalogne française, à Céret et Collioure, où ils seront rejoints plus tard par Miró et Dalí. En 1936, la guerre civile espagnole met un terme au courant avant-gardiste et contraint de nombreux artistes catalans à l'exil. Il faudra attendre les années 1950 pour voir renaître le mouvement, de plus en plus teinté de surréalisme et de non-formalisme. Tàpies est le peintre qui symbolise le mieux cette nouvelle expression.

Les grands peintres

Terre de génies de la peinture, la Catalogne a été profondément marquée par l'imaginaire de ses grands artistes.

Salvador Dalí (1904-1989). Excentrique, bouffon, génie et provocateur, les qualificatifs ne manquent pas pour cerner la personnalité du peintre surréaliste. Qu'il soit fou de chocolat Lanvin, de sa muse Gala, ou qu'il érige la gare de Perpignan au rang de centre du Monde, Dalí a laissé une oeuvre très abondante qui peut être découverte en partie dans le théâtre-musée qu'il a créé à Figueres, sa ville natale. Visions ironiques de la réalité ou bien hallucinatoires, ses oeuvres sont nées de la technique d'investigation de l'irrationnel par le délire, appelée " méthode paranoïaque-critique ".

Joan Miró (1893-1983). Parmi les enfants prodiges de Catalogne, le peintre et sculpteur Joan Miró a laissé une empreinte indélébile dans sa ville. La fondation qu'il a créée à Montjuïc ou bien encore les oeuvres urbaines réalisées pour Barcelone (sculptures et mosaïques du parc Miró et de la Rambla) sont autant de témoignages de son amour et de sa fidélité à sa ville natale. Admirateur du modernisme de Gaudí et de l'art primitif catalan, Miró a développé un style très personnel et poétique. L'usage des couleurs primaires et des représentations symboliques sont des éléments récurrents de son art. Alors, redevenez un enfant et laissez-vous emporter dans l'univers de Miró où la lune, les oiseaux, la nuit et la femme composent son invitation au rêve.

Pablo Picasso (1881-1973). Même si Picasso n'est pas originaire de Barcelone, les sept années passées dans la cité catalane vont imprégner et influencer la première période de son travail. Arrivé à Barcelone en 1895 à l'âge de 14 ans, le jeune Pablo va baigner dans le modernisme ambiant et étudier de près les petites gens des quartiers populaires qu'il fréquente, comme la Barceloneta et le Barrio Chino. Ses premières oeuvres de la période bleue refléteront la misère de ce Barcelone entre deux siècles. En 1900, il fait sa première exposition au Els Quatre Gats, café réunissant les cercles artistiques et littéraires du moment et y dessine le menu de l'établissement. Ce furent les prostituées de la carrer d'Avinyó qui inspirèrent l'artiste pour la réalisation des Demoiselles d'Avignon, toile qui marqua en 1907 le début du cubisme.

Antoni Tàpies (1923-2012). Né à Barcelone, le plus important des peintres contemporains espagnols a été principalement influencé par les mouvements dadaïste et surréaliste. D'un abord qui peut paraître difficile, son oeuvre regroupe des toiles lacérées, aux tons gris et bruns, où le sable et le plâtre sont omniprésents. Tàpies a défini son travail comme " des champs de bataille où les blessures se multiplient à l'infini ". Les amateurs ne devront pas manquer de visiter sa fondation à Barcelone.

Traditions

Tous les ans, chaque ville et village de Catalogne célèbrent sa festa major. A cette occasion, d'immenses personnages en papier mâché défilent dans les rues. Ce sont les Gegants (géants) et les Caps Grossos (grosses têtes). Durant ces fêtes, les castells se multiplient sur les places de villages. Ces châteaux humains, constitués parfois de plus de 300 personnes, ont été inscrits en 2010 au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Pouvant atteindre plus de 10 m de hauteur, les castells sont constitués de plusieurs étages. Les hommes les plus forts constituent le socle du château, et les plus légers grimpent sur leurs épaules. Ce sont souvent des enfants qui montent jusqu'au sommet du château, en raison de leur poids léger.

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