Guide de BARCELONE : Politique et économie

Politique
Structure étatique

Une monarchie constitutionnelle. Felipe VI est roi d'Espagne depuis le 19 juin 2014, après la proclamation des Cortes Generales, intervenant après l'abdication de son père, le roi Juan Carlos Ier. Avec la Constitution de 1978, l'Espagne devient une monarchie constitutionnelle et un Etat social démocratique de droit, reconnaissant la pluralité des partis politiques. Le roi est le chef de l'Etat. Mais, bien qu'il règne, il ne gouverne pas, ses compétences étant limitées. Il est tout de même chef des armées, ratifie les lois, nomme le président du gouvernement et peut dissoudre le gouvernement. La politique intérieure et extérieure est conduite par le gouvernement central, qui opère sur différents champs d'action : administration civile et militaire, défense, exercice du pouvoir exécutif et réglementation, élaboration des budgets généraux de l'Etat... Le président du gouvernement (équivalent de notre Premier ministre) est à la tête de l'exécutif et nommé pour 4 ans. Le pouvoir législatif appartient au Parlement, ou Cortes generales. Il est composé du Congreso de los diputados (Congrès des députés) et du Senado (Sénat).

Le gouvernement central. Les plus importantes missions du gouvernement central concernent l'élaboration et la conduite de la politique intérieure et extérieure, l'administration civile et militaire et la défense de l'Etat, l'exercice du pouvoir exécutif et la réglementation conformément à la Constitution et aux lois, et, enfin, l'élaboration des budgets généraux de l'Etat. Le pays est dirigé par le leader de la majorité parlementaire, appelé jefe del gobierno. Depuis juin 2018, le socialiste Pedro Sánchez dirige le gouvernement.

Les communautés autonomes. Optant pour un système intermédiaire entre centralisme et fédéralisme, la Constitution de 1978 institue des gouvernements régionaux. La Catalogne et le Pays basque sont les premiers à y accéder en 1979. En dix mois, c'est l'ensemble des Espagnols qui demande un statut pour leur région. 17 communautés voient le jour, disposant chacune d'un statut d'autonomie propre. La Communauté autonome a été définie selon des critères historiques, culturels et linguistiques. Les critères géographiques, voire démographiques, n'ont pas été retenus comme critères pertinents de cette division communautaire. Ainsi, l'Espagne a des communautés qui peuvent être très disparates : La Rioja représente 1 % du territoire en termes de superficie, contre 18,5 % pour la Castille-et-León.

L'exception basque et de Navarre. La communauté autonome du Pays basque et la communauté forale de Navarre sont les seules régions espagnoles à bénéficier d'une autonomie fiscale. Elles disposent d'une capacité pour réglementer les impôts et d'une autonomie pour leur gestion. En contrepartie, l'Accord économique établit une quote-part que la Navarre et le Pays basque doivent verser à l'Etat espagnol pour faire face aux charges générales qui sont de la compétence exclusive du gouvernement central, telles que les relations internationales, la défense et les forces armées.

L'organisation politique de la Catalogne repose sur la Generalitat, un ensemble de plusieurs organes qui détient les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire régionaux. Cela inclut le Parlement (135 députés, élus pour 4 ans au suffrage universel), le Conseil exécutif de Catalogne et la Présidence. La Generalitat est actuellement dirigée par l'indépendantiste Quim Torra, en poste depuis mai 2018. Au travers de ce dispositif, la Catalogne exerce son autonomie dans de nombreux domaines de compétences, comme la santé ou l'éducation.

Partis

Au niveau national, les deux principaux partis sont le PSOE et le PP. Mais deux nouveaux partis politiques, Podemos, à gauche et Ciudadanos, au centre-droit, ont fait irruption sur la scène politique, avec l'ambition de remettre en cause le traditionnel bipartisme d'exercice du pouvoir.

Le PP (Partido popular). Le Parti populaire s'appelait " Alliance populaire ", parti héritier du franquisme dont le chef n'était autre que Manuel Fraga, ancien ministre du général Franco. Aujourd'hui, parti traditionnel de droite, conservateur et ancré sur la démocratie chrétienne, il est dirigé par Pablo Casado, successeur de Mariano Rajoy, éjecté du pouvoir en juin 2018 par une motion de censure.

Le PSOE. Le Parti socialiste ouvrier espagnol, parti de l'opposition, a été fondé de manière clandestine à Madrid, le 2 mai 1879, à l'initiative d'un noyau d'intellectuels et d'ouvriers dirigé par Pablo Iglesias. De 1982 à 1996, Felipe González sera le leader du premier gouvernement socialiste. En 2004, le parti de José Luis Rodriguez Zapatero tenait les rênes du pouvoir, avant de céder sa place à la droite en 2011. Depuis juin 2018, Pedro Sánchez est le chef du gouvernement.

Ciudadanos. Fondé le 1er juin 2006 à Barcelone, avec comme point de départ la plateforme civique Ciutadans de Catalunya, ce parti s'est progressivement étendu à l'ensemble de l'Espagne pour devenir une force montante remettant en cause le traditionnel bi-partisme lors de l'exercice du pouvoir en Espagne. Dirigé par Albert Rivera, il se définit comme un parti constitutionnaliste, progressiste et libéral, plutôt de centre-droit.

Podemos. Fondé en janvier 2014, ce parti est la traduction politique du mouvement des indignés (indignados) du 15 de M (15 mai 2011). Il a fait irruption sur la scène politique espagnole remportant 5 sièges aux élections européennes en 2014. Lors des élections municipales et communautaires de mai 2015, ce mouvement a décidé de ne pas se présenter sous son nom mais de soutenir des plateformes citoyennes, exerçant aujourd'hui le pouvoir, notamment à Madrid, Barcelone ou Valence. Depuis sa création, son secrétaire général est Pablo Iglesias Turrión.

Partis régionalistes. Il existe de nombreux partis régionalistes, dont les plus importants sont PDeCAT, Esquerra Republicana de Catalunya et le PNV. Ce dernier est un parti nationaliste basque, qui bénéficie de la plus grande représentation au Parlement basque. Jusqu'à l'arrivée de Patxi López au pouvoir en 2009, tous les présidents du gouvernement basque depuis 1980 en étaient issus. En Catalogne, le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT) est un parti libéral et indépendantiste né en 2016 pour succéder à Convergència Democràtica de Catalunya. Esquerra Republicana de Catalunya, fondé en 1931, est un parti politique indépendantiste de gauche, dont le leader Oriol Junqueras est actuellement en prison.

Enjeux actuels

L'Espagne vit une " dramatique crise d'État " de par la situation en Catalogne, " la plus préoccupante depuis 40 ans " estimait Felipe Gonzalez, le 25 septembre 2017. Récurrente depuis de nombreuses années, cette crise aura en effet pratiquement occupé tout l'agenda de la classe politique espagnole en 2017 et 2018. De l'approbation par le Parlement catalan du référendum sur l'autodétermination, le 7 septembre, à l'annonce de futures élections locales en Catalogne le 21 décembre, en passant par l'approbation de la Déclaration unilatérale d'indépendance (DIU), le 27 octobre par le Parlement catalan, et la mise en oeuvre de l'art. 155 de la Constitution espagnole, après un vote du Sénat, le même jour, la question catalane n'a cessé de faire les " unes " de tous les journaux espagnols, presse ou télévision. Avec aussi une répercussion sans précédent dans les médias internationaux. Le thème s'est invité dans toutes les discussions, au café ou en famille et a provoqué moult débats. Il aura aussi fait défiler les foules et fait exploser la présence des drapeaux, en Catalogne, de manière classique, mais aussi dans l'ensemble du pays, une vraie nouveauté. Même si l'arrivée de Pedro Sánchez au pouvoir devrait permettre d'apaiser les relations entre la Catalogne, un retour à la normale semble encore lointain, du moins tant qu'il y aura des prisonniers et des exilés catalans.

Économie
Mango, une success story de la mode catalane

Cette enseigne de la mode catalane, fondée en 1984, est aujourd'hui une multinationale célèbre dans le monde entier. La marque possède plus de 2 700 boutiques dans une centaine de pays (contre 7 000 pour le géant espagnol Inditex, propriétaire de la marque Zara) et s'offre les services des plus grandes stars internationales dans ses campagnes de pub, dont Pénélope Cruz, Scarlett Johansson, et plus récemment Karlie Kloss et Kendall Jenner. La première boutique a vu le jour en 1984 sur le Passeig de Gràcia.

Principales ressources

La Catalogne est l'une des régions les plus riches de la péninsule ibérique avec le Pays basque, puisqu'elle représente près de 20 % du PIB national. L'aéroport de Barcelone est le deuxième aéroport espagnol avec 47 millions de passagers par an, tandis que son port est le premier port touristique de croisière d'Europe. Traditionnellement implantée dans l'industrie depuis le XIXe siècle, la Catalogne vit aujourd'hui de son secteur tertiaire à 60 %. Même si son industrie reste une partie importante de son économie, celle-ci repose désormais sur la construction, les services et le tourisme. On notera aussi sa place dans le secteur financier, avec les banques CaixaBank et Sabadell. La bourse de Barcelone est la deuxième d'Espagne, après celle de Madrid. La production d'énergie est aussi devenu un pôle important via des centrales thermiques et nucléaires.

Agriculture. En Catalogne, l'agriculture, qui ne pèse que 1 % dans l'économie locale, est un secteur peu développé, compte tenu du relief très accidenté. On y cultive surtout l'olive, les céréales, les fruits, le riz. A cela s'ajoute une importante production viticole, avec de nombreux vins, dont certains bénéficient d'appellations d'origine contrôlée, et le cava, le champagne local. La Catalogne ne fait pas partie des régions les plus dynamiques en matière d'agriculture. Cependant, le secteur agricole catalan est l'un des plus modernes du pays. La Catalogne n'est pas une terre d'élevage - lequel reste une activité secondaire, essentiellement développée dans les zones pyrénéennes (élevage de bovins et d'ovins).

Industrie. Elle représente, avec la construction, plus de 25 % du PIB catalan. L'industrie automobile domine le marché, avec notamment la présence de Seat et Nissan. L'industrie chimique et pharmaceutique y est également bien implantée. La raison de ce succès ? Il se trouve qu'historiquement la Catalogne a pu s'industrialiser plus tôt que le reste de l'Espagne, au début du XIXe siècle. La révolution industrielle a commencé avec les activités textiles. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, les industries de haute technologie ont pris le relais : la chimie, l'électronique, la construction automobile et ferroviaire, la pharmacie, la pétrochimie, etc.

Tertiaire. Le secteur des services représente 74 % du PIB catalan. Sa position géographique, avec une façade maritime très étendue, a permis à la Catalogne, depuis l'Antiquité, de commercer avec de nombreux autres pays et régions. La construction s'est développée avec l'arrivée massive d'Espagnols d'autres régions, dans les années 1950-1960, au moment où la Catalogne manquait de main-d'oeuvre, et ensuite avec l'essor du tourisme.

Place du tourisme

La Catalogne a été la première région espagnole à développer un tourisme de masse, et surtout bon marché, pour accueillir les visiteurs étrangers à partir des années 1960. Grâce à l'attrait de Barcelone et de toute la côte méditerranéenne, la Catalogne demeure la région la plus visitée d'Espagne. Chaque année, elle reçoit plus de 17 millions de visiteurs étrangers. A Barcelone cependant, l'afflux massif de touristes est aujourd'hui perçu comme une asphyxie par ses habitants. L'essor fulgurant des appartements Airbnb provoque une flambée des prix du logement dans le centre-ville. La maire de Barcelone, Ada Colau, s'est engagée depuis son arrivée aux commandes de la municipalité en juin 2015 dans un plan massif de reconfiguration de l'industrie touristique, avec notamment la mise en place d'un contrôle strict des appartements touristiques. Malgré ces mesures, l'envolée des loyers se poursuit.

Enjeux actuels

Avec un PIB de plus de 220 milliards d'euros, la Catalogne capitalise à elle seule un cinquième de la richesse de l'Espagne. La région enregistrait en 2018 un taux de croissance de 3 % et un taux de chômage de 10,5 %, bien loin des pronostics alarmistes de 2017 qui prévoyaient un effondrement de l'économie régionale suite à la crise politique catalane. Nul doute que le dynamisme de la Catalogne séduit : la région reçoit un quart des investissements étrangers et plus de la moitié des fonds dédiés aux start-up. La Catalogne concentre également plus de 25 % des exportations espagnoles. Seule ombre au tableau : elle est l'une des régions les plus endettées d'Espagne.

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