Guide de BARCELONE : Histoire

Figures historiques de la Catalogne

Guifred le Velu

Guifré el Pilós (840-897), en catalan, est considéré comme le fondateur de la Catalogne au IXe siècle. Comte de Barcelone, de Gérone, d'Urgell et de Cerdagne, il obtient de Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, l'indépendance de son comté et le droit de le transmettre à ses descendants. Ses enfants poursuivirent les dynasties nouvellement créées, forgeant ainsi l'identité et le territoire catalan.

Lluís Companys

Figure fondamentale du catalanisme, Lluís Companys (1882-1940) a été président de la Generalitat de Catalunya de 1934 jusqu'à sa mort. Le 6 octobre 1934, il proclame au balcon du palais de la Généralité " l'Etat catalan " au sein de la République fédérale espagnole. Jugé et condamné à 30 ans de réclusion pour rébellion, il est libéré en 1936 après la victoire du Front populaire. A partir de 1939, après l'occupation de la Catalogne par les troupes franquistes, Lluís Companys est obligé de s'exiler en France. Livré à la dictature militaire franquiste par la police secrète de l'Allemagne nazie, il est rapatrié, torturé puis fusillé au château de Montjuïc le 15 octobre 1940. Au moment de son exécution, il refuse qu'on lui bande les yeux et meurt face au peloton en criant " Per Catalunya ! " (Pour la Catalogne !). Aujourd'hui, le stade olympique de Montjuïc porte son nom.

Des origines à nos jours
Des origines à nos jours

Le comte Raymond Bérenger IV épouse Pétronille, fille du roi d'Aragon, en 1137. Leur fils, Alphonse, devient roi d'Aragon et comte de Barcelone. Le comté, déjà pourvu d'une assemblée politique, les Corts catalanes, décide de les institutionnaliser en 1283. Présidées par le roi, elles sont constituées de la noblesse, de la bourgeoisie et du clergé, et jouent un rôle législatif, judiciaire et économique. Elles fonctionnent jusqu'en 1709, date de leur suppression par Philippe V. Le développement économique du comté de Barcelone se poursuit au XIIIe siècle, et il s'agrandit par l'acquisition du comté de Montpellier, puis du Pays valencien entre 1232 et 1245. Le jeu de partage entre les héritiers compromet très souvent l'expansion territoriale du royaume catalano-aragonais : semi-indépendance de la Provence à la mort d'Alphonse II, cession du royaume de Majorque (Baléares, Cerdagne, Roussillon et Montpellier) par Jacques Ier à son second fils. Ne pouvant étendre son expansion vers la Castille, le comté se tourne vers la Méditerranée et devient, aux XIIIe et XIVe siècles, une grande puissance commerciale, au même titre que Venise ou Gênes. En 1359, les Corts catalanes créent la Generalitat, qui assume la représentation de la totalité des compatriotes. Dotée d'une fonction politique et judiciaire, elle contrôle et gouverne l'ensemble des territoires catalans.

Les dynasties des Transtamares et des Habsbourgs

En 1410, Martin Ier l'Humain meurt sans héritier. Deux ans plus tard, les représentants de Catalogne, d'Aragon et de Valence désignent comme son successeur le fils du roi Jean Ier de Castille, Ferdinand d'Antequera, qui intronise ainsi la dynastie des Transtamare. En 1413, le royaume établit le premier Code de droit commun catalan, intitulé Usatges, constitucions i altres drets de Catalunya. De 1462 à 1472, un soulèvement de l'aristocratie catalane contre Jean II d'Aragon et plusieurs révoltes paysannes déstabilisent le royaume. Le mariage, en 1469, d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon, les Rois Catholiques, porte un coup fatal au royaume catalan, qui perd ses prérogatives au profit de Madrid, nouvelle capitale du royaume d'Espagne. L'année 1492 marque la fin de la Reconquête espagnole, avec la prise définitive de Grenade, dernier bastion musulman, par les Rois Catholiques. En 1516, le petit-fils de Ferdinand et d'Isabelle, Charles Ier d'Autriche (dynastie des Habsbourg), réunit les couronnes de Castille et d'Aragon. Au cours des XVIe et XVIIe siècles, la Catalogne est confrontée à de graves difficultés économiques auxquelles viennent s'ajouter des épidémies, le banditisme et une rupture démographique entre les villes et les campagnes. Ce déclin encourage les sentiments particularistes des Catalans qui, supportant mal la nouvelle autorité castillane, se soulèvent contre Philippe V et se donnent ensuite à Louis XIII, en 1640, après l'occupation française. En 1659, la Catalogne perd, au profit de la France, le Roussillon et la Cerdagne.

La guerre de la Succession

De 1702 à 1714, la guerre de la Succession d'Espagne permet à Philippe d'Anjou, descendant de la dynastie des Bourbons, d'asseoir définitivement son pouvoir. Les Catalans avaient appuyé la candidature de l'archiduc Charles d'Autriche. Les représailles ne tardent pas : Barcelone est pris en 1714 et perd les prérogatives de la couronne d'Aragon. La Generalitat est abolie, tout comme les lois locales, à l'exception du droit civil catalan. On se méfie tellement des Catalans que Felipe V fait alors construire la citadelle de Montjuïc, pour tenir Barcelone sous le feu de ses canons. Il faut attendre la deuxième moitié du XVIIIe siècle pour que la Catalogne entame sa transformation sociale et économique. La croissance de l'agriculture et de la pêche, la naissance de l'industrie textile, le développement du commerce avec les Amériques permettent alors à la bourgeoisie de croître et de pénétrer le marché national. Pendant la guerre d'Indépendance, entre 1808 et 1814, Napoléon tente de s'appuyer sur le particularisme catalan. Mais, au même titre que les autres provinces espagnoles, la Catalogne rejette la domination française. En 1833, la publication du premier poème romantique en catalan, Oda a la Pàtria de Bonaventura Carles Aribau, marque le début de la Renaixença (Renaissance catalane), le mouvement politique et culturel revendiquant l'identité catalane comme une identité propre.

Troubles et agitations

A partir de 1840, la Catalogne entre dans une période d'agitation sociale et d'importants troubles politiques. La population en profite pour mettre en avant son particularisme linguistique et culturel. Le catalanisme ressurgit et entraîne le peuple vers un projet d'autogouvernement. En 1842, on assiste en Catalogne à un soulèvement populaire contre la politique gouvernementale qui prend fin la même année, lorsque le général Espartero fait bombarder Barcelone. Tout en poursuivant son développement économique, la région vit au rythme des manifestations sociales. La première grève générale a lieu en 1855 ; les classes ouvrières souhaitent obtenir la reconnaissance des associations de travailleurs et une limitation de la journée de travail. En 1868, lors de la révolution de Septembre qui détrône la reine Isabelle II, la Catalogne joue un rôle particulièrement dynamique en s'opposant au gouvernement central de Madrid et au régime monarchique. En 1873, l'Espagne proclame sa première République, de courte durée puisque, dès 1874, la monarchie est restaurée avec Alphonse XII. Mais la seconde partie du XIXe siècle demeure néanmoins une période faste pour Barcelone. Dès 1854, la ville prend un nouveau visage avec le développement du quartier de l'Eixample, au-delà des anciennes murailles abattues qui " avalent " peu à peu les anciens villages périphériques de la ville comme Pedralbes ou Gracia. En 1888, Barcelone obtient une première reconnaissance internationale avec l'Exposition universelle, qui fait connaître au monde les premières réalisations du modernisme.

De la monarchie à la République

Les troubles politiques et l'agitation sociale se poursuivent au début du XXe siècle. La Catalogne - et particulièrement Barcelone - est le théâtre d'affrontements sanglants. En 1909, alors que la guerre contre le Maroc a repris, le système de recrutement provoque une grève générale qui se transforme en une insurrection populaire, connue sous le nom de Semaine tragique. La répression de l'armée, soutenue par la bourgeoisie, est terrible à Barcelone. Continuant à cultiver son particularisme, la Catalogne crée, en 1914, la Mancomunitat catalana : une organisation regroupant les conseils généraux de la région. Il s'agit de la première tentative de gouvernement autonome, fortement réprimée par Madrid. La dictature de Primo de Rivera, de 1923 à 1930, est marquée par des attaques très vives contre le catalanisme. Avec le consentement de la bourgeoisie catalane, Rivera persécute et interdit les organisations ouvrières. Le 14 avril 1931 voit l'avènement de la IIe République espagnole. Quelques heures auparavant, le parti républicain catalan (ERC) a proclamé la première République catalane, avec l'accord de Madrid. Trois jours plus tard, à la suite des négociations menées avec la capitale, la nouvelle République catalane se transforme en Generalitat de Catalogne. Malgré son statut d'autonomie obtenu en 1932, la Catalogne connaît encore de graves troubles. En 1934, les insurrections ouvrières qui s'y déroulent sont l'écho des révoltes minières des Asturies, toujours aussi violemment écrasées par le pouvoir central de Madrid. Ces mouvements conduisent à la révolution d'Octobre. Les élections de 1936 assurent la victoire du Front populaire ; un triomphe électoral qui provoque le soulèvement de l'armée et constitue les prémices de la guerre civile espagnole. La Catalogne et Barcelone, aux couleurs républicaines, jouent un rôle déterminant dans la résistance contre les nationalistes, de 1936 à 1939. Cependant, l'année 1938 marque un changement notoire dans l'évolution de la guerre. Fortement armées et supérieures en nombre, les troupes nationalistes effectuent leur première percée en terre républicaine lors de la bataille de l'Ebre. Il leur faut un an pour atteindre Barcelone et obtenir une reddition totale des républicains. Malgré le parti qu'elle pourrait tirer de l'effondrement du pouvoir central castillan, Barcelone résiste farouchement aux troupes du général Franco et devient l'un des principaux bastions républicains. Mais après sa percée sur l'Ebre, plus rien ne peut arrêter le général, soutenu par les Allemands et les Italiens. Cette défaite et l'arrivée au pouvoir de Franco entraînent le départ en exil de très nombreux Espagnols, et, en guise de représailles, l'interdiction de toute expression de l'identité culturelle catalane : suppression de la Generalitat, exécution de son président, proscription de l'usage public du catalan, etc. C'est seulement dans les années 1950 et 1960 que, à la faveur d'une petite ouverture politique, ont lieu les premières manifestations publiques de la culture catalane.

Démocratie et autonomie

Le 20 novembre 1975, le général Franco meurt. Juan Carlos est couronné roi d'Espagne. Le pays s'achemine rapidement vers un régime démocratique. Des élections ont lieu le 15 juin 1977 : elles portent au pouvoir l'Union du centre démocratique (UCD) et son leader, Adolfo Suárez. Le président de la République en exil, José Maldonado, et le nouveau président du gouvernement, Adolfo Suárez, font une déclaration commune mettant fin aux institutions républicaines en exil. En 1978, la population espagnole approuve par référendum la nouvelle Constitution. La Generalitat, rétablie depuis 1977, se voit attribuer en 1979 le statut d'autonomie. Un an plus tard, les premières élections catalanes donnent la victoire au parti de centre droit Convergència i Unió (CiU, Convergence et Union) de Jordi Pujol, qui est élu président de la Generalitat - il restera au pouvoir pendant 23 ans. La séparation du pouvoir entre l'Etat et les communautés autonomes, abordée dans la Constitution de 1978, est acceptée en 1982 et mise en place en 1983. L'Espagne compte désormais 17 communautés autonomes.

Crise économique et austérité

Après une longue période marquée par la croissance économique, l'Espagne entre brutalement en phase de récession. Comme titrait le prestigieux magazine britannique, The Economist, en 2008 : La fiesta ha acabado (La fête est finie).

Au cours de l'année 2010, l'Espagne dépasse la barre symbolique des 20 % de chômage. En parallèle, les débats identitaires se multiplient en Catalogne. En effet, la décision du Tribunal constitutionnel de Madrid de supprimer plusieurs paragraphes du statut d'autonomie catalan (voté en 2006) provoque une manifestation historique à Barcelone, avec plus d'un million de personnes réunies autour de la classe politique catalane. Quelques semaines plus tard, le Parlement catalan vote l'interdiction des corridas en Catalogne, provoquant un grand débat politique dans toute l'Espagne.

En novembre 2010, lors des élections autonomiques en Catalogne, les socialistes perdent le pouvoir après deux mandats consécutifs. Artur Mas (CIU) est ainsi désigné comme président de la Generalitat de Catalunya. Aux élections municipales de mai 2011, le gouvernement de Zapatero subit une véritable débâcle, et perd des fleurons tels que Séville et Barcelone. En parallèle, le mouvement des " indignados " (indignés) multiplie les manifestations pacifiques dans tout le pays. Sur la Puerta del Sol de Madrid et la Plaça Catalunya de Barcelone, des milliers d'indignés campent chaque soir pour signifier leur ras-le-bol de la crise et de la classe politique.

En 2012, la droite conservatrice du Parti populaire (PP) arrive au pouvoir. Mariano Rajoy met en place une politique d'austérité, mais le pays continue de s'enfoncer dans la récession, avec un taux de chômage à 25 %. La pression des marchés conduit le gouvernement à solliciter le sauvetage des banques au cours de l'été 2012, tandis que la colère des Espagnols face aux mesures d'austérité ne cesse d'augmenter. En parallèle, la Catalogne affirme son désir d'indépendance lors du défilé de La Diada, le 11 septembre 2012, réunissant 1,5 million de personnes dans les rues de Barcelone. Après cette manifestation historique, Artur Mas, président du gouvernement autonome, annonce des élections régionales anticipées et revendique le droit d'autodétermination des Catalans.

L'indépendantisme sort renforcé des élections, malgré les résultats en baisse de CIU, qui met en place une coalition avec Esquerra republicana de Catalunya (ERC, Gauche républicaine de Catalogne). Malgré cela, les Catalans se heurtent au refus catégorique de Mariano Rajoy sur la question du référendum.

La fin du bipartisme

Marquée par une sortie de la récession mais pas par la fin des difficultés économiques, l'année 2013 voit se poursuivre les manifestations de mécontentement (contre les réductions budgétaires, la réforme Wert de l'enseignement...). Quant à la question catalane, elle pèse quotidiennement sur les débats en posant notamment l'idée d'une modification de la Constitution. La confrontation se poursuit en 2014 avec la tenue, en novembre, d'un référendum régional en Catalogne, affichant une volonté indépendantiste, mais non reconnu par l'Espagne, au niveau national.

Lors des élections régionales du 27 septembre 2015, les listes indépendantistes catalanes emportent une majorité des sièges au Parlement en s'engageant sur une sortie de l'Etat espagnol dans les 18 mois. Texte de nouveau déclaré inconstitutionnel en novembre 2015. Autre problématique récurrente de ces années, les affaires de corruption qui émaillent régulièrement l'actualité espagnole et catalane, touchant des personnes, des municipalités, des régions, ce qui contribue à l'émergence de deux nouveaux venus sur la scène politique, Ciudadanos, au centre droit, et Podemos, à gauche du PSOE. En s'appuyant sur des plates-formes citoyennes, ces derniers vont conquérir cinq municipalités dont Madrid, Barcelone et Valence. Lors des élections législatives du 20 décembre 2015, ces nouvelles formations font exploser le classique bipartisme d'exercice du pouvoir entre le PP et le PSOE, rendant impossible la formation d'une majorité pour gouverner. Cette longue crise gouvernementale se traduit par 315 jours de gouvernement en fonction. Une crise résolue partiellement le 29 octobre 2016, après de secondes élections législatives, avec l'investiture de Mariano Rajoy comme président du gouvernement. Intervenant après trois échecs de tentatives d'investiture, cette élection à la majorité relative, suffisante lors du deuxième tour de scrutin, ne donne au gouvernement qu'une petite marge de manoeuvre pour gouverner et n'a été rendue possible que par l'abstention de 68 députés du PSOE.

Le défi indépendantiste

En Catalogne, le président du gouvernement régional, Carles Puigdemont, annonce qu'un référendum d'autodétermination unilatéral sera organisé le dimanche 1er octobre, malgré l'opposition du gouvernement de Mariano Rajoy. La majorité indépendantiste du parlement valide ce projet de loi le 6 septembre 2017, qui est suspendu dès le lendemain par la Cour constitutionnelle espagnole. Face à l'obstination des indépendantistes, Madrid multiplie les mesures légales et judiciaires pour empêcher la tenue du référendum jugé illégal, mettant notamment les finances catalanes sous tutelle, confisquant le matériel électoral et procédant à de nombreuses arrestations de responsables catalans. Le gouvernement envoie également en renfort des centaines de policiers de la Guardia Civil. Autant de mesures sévères qui renforcent la mobilisation des partisans du référendum. C'est donc dans un climat sous haute tension qu'a lieu le référendum du 1er octobre, auquel participent quelques 2,26 millions de personnes (sur les 5,54 millions d'électeurs appelés à voter). Le " oui " remporte le référendum avec 90 % des voix et un taux de participation de 42 %, mais la journée est marquée par les violences de la police nationale, dont les images circulent à travers le monde. Une grève générale en Catalogne est convoquée le 3 octobre pour dénoncer ces violences. Dans la foulée, Carles Puigdemont estime que les Catalans ont " gagné le droit d'avoir un Etat indépendant ". Confronté aux pressions européennes qui ne reconnaissent pas la légitimité du référendum et appellent au dialogue entre les autorités catalanes et espagnoles, le président de la Generalitat déclare l'indépendance le 11 octobre 2017, dont il suspend immédiatement les effets pour laisser place à une période de dialogue. De son côté, le gouvernement espagnol estime que le dialogue ne peut avoir lieu que dans le cadre de la légalité, et commence à évoquer la possibilité d'appliquer l'article 155 de la Constitution, qui lui permettrait de reprendre le contrôle de la Catalogne. Finalement, le 27 octobre, le parlement catalan adopte par 70 voix une résolution déclarant que la région devient un " Etat indépendant prenant la forme d'une République ". La réponse du gouvernement espagnol est immédiate : seulement quelques heures plus tard, le sénat autorise la mise sous tutelle de la Catalogne, avec la destitution de Carles Puigdemont et la dissolution du Parlement. Mariano Rajoy annonce également de nouvelles élections en Catalogne pour le 21 décembre.

Les élections en Catalogne donnent une majorité absolue aux listes indépendantistes (avec 70 députés contre 68 requis). Carles Puigdemont, exilé en Belgique, renonce finalement à briguer une nouvelle investiture et désigne Quim Torra comme successeur. Mariano Rajoy, affaibli par la condamnation de son parti dans une vaste affaire de corruption, est renversé le 1er juin 2018 par une motion de défiance déposée par le socialiste Pedro Sánchez, qui devient le nouveau chef du gouvernement espagnol. Dès son arrivée au pouvoir, celui-ci prône le retour du dialogue avec les autorités catalanes et propose la tenue d'un référendum sur plus d'autonomie pour la région - proposition refusée par Quin Torra qui défend, lui, l'idée d'un référendum sur l'indépendance de la région. Un an après la " DIU ", la situation reste bloquée en Catalogne.

Chronologie

Des origines à l'âge d'or catalan

25 000 av. J.-C. > Les plus anciens restes humains découverts en Catalogne (à Banyoles) datent de cette époque et correspondent à la mandibule d'un prénéandertalien.

4 500 av. J.-C. > Début de la période du néolithique. Arrivée des tribus ibères qui vivent principalement de la chasse et de la cueillette.

1 800-700 av. J.-C. > Arrivée des peuples indo-européens qui participent à la construction des premiers habitats.

776 av. J.-C. > Les Grecs sont les premiers à rejoindre la Catalogne pour établir un comptoir à Roses.

218 av. J.-C. > Les troupes romaines prennent le contrôle du territoire catalan et désignent Tarraco (actuel Tarragone) comme capitale.

415 > Les Wisigoths chassent les Romains pour créer le Royaume wisigoth de Toulouse (419-507) qui englobe la Catalogne.

711 > Les Arabes de la dynastie omeyyade conquièrent l'Espagne.

801 > Prise de Barcelone par Charlemagne et création de la Marche d'Espagne qui englobe plusieurs comtés catalans.

878 > Charles le Chauve (petit-fils de Charlemagne) concède à Guifred le Velu, comte de Barcelone et de Gérone, l'indépendance de son comté et le droit de le transmettre à ses descendants.

1173 > Rédaction des Usatges, qui constituent la base du droit catalan.

1137 > L'union de Ramón Berenguer IV et de Pétronille d'Aragon marque la création du royaume de la Couronne d'Aragon.

1228 > Jaume Ier se lance à l'assaut de la Méditerranée et conquiert les Baléares, le Royaume de Valence, la Sicile et la Sardaigne.

1283 > Formation des Corts catalanes, organe législatif de la Catalogne.

Déclin de la Catalogne

1479 > Avec le mariage d'Isabelle Ire de Castille et de Ferdinand d'Aragon, la Catalogne est désormais rattachée à la Castille.

1640 > Début de la Guerra dels Segadors (Guerre des Faucheurs), qui marque le soulèvement de la Catalogne.

1652 > Signature du traité des Pyrénées entre l'Espagne et la France. La Catalogne perd le Roussillon et la moitié du comté de Cerdagne au profit de la France.

De la guerre de Succession au statut d'autonomie

1702 > La mort sans héritier de Charles II provoque un conflit entre Habsbourg et Bourbons qui conduit à la guerre de Succession d'Espagne.

1714 > Siège de Barcelone par Philippe V. La ville se rend le 11 septembre, devenu jour de la fête nationale catalane.

1808-1814 > Napoléon s'empare de la couronne espagnole au profit de son frère Joseph Bonaparte. Soulèvement du peuple et guerre d'Indépendance, qui prend fin avec la restauration de la dynastie des Bourbons.

1898 > L'Espagne perd Cuba, Porto Rico et les Philippines, qui tombent dans le giron des États-Unis. Le commerce catalan est gravement affecté.

1923 > Coup d'État de Primo de Rivera, entériné par Alphonse XIII.

1932 > La Catalogne adopte son premier statut d'autonomie.

La guerre civile et le franquisme

1936 > Victoire du Front populaire aux élections de janvier. Sur l'ordre du général Franco, des troupes stationnées au Maroc déclenchent l'insurrection de juillet.

1939 > Le 1er avril, le général Franco réclame une reddition inconditionnelle des républicains. Francisco Franco est déclaré chef de l'Etat le 29 septembre.

1939 > Le 26 janvier, les premières troupes franquistes entrent à Barcelone. Le général Franco interdit l'usage du catalan dans les lieux publics et fait rebaptiser l'ensemble des rues en castillan.

1940 > Lluís Companys est fusillé sur la colline de Monjuïc.

1955 > L'Espagne devient membre de l'ONU.

1960-1965 > Le développement industriel et touristique est favorisé par un changement de politique économique et l'apport de capitaux étrangers, principalement américains et suisses.

Catalogne contemporaine

1975 > Mort du général Franco. Juan Carlos, petit-fils d'Alphonse XIII, est proclamé roi et assure la transition vers un régime démocratique.

1977 > Le roi Juan Carlos rétablit la Generalitat et reconnaît Josep Tarradellas comme son président.

1978 > Le 8 décembre, l'Espagne adopte une nouvelle constitution après référendum.

1979 > La Catalogne récupère son statut d'autonomie, supprimé par le général Franco.

1986 > Entrée de l'Espagne dans la Communauté européenne.

1992 > Organisation des Jeux olympiques d'été de Barcelone.

1998-1999 > La croissance économique de l'Espagne lui permet d'entrer dans le groupe initial de la zone euro.

18 juin 2006 > Le nouveau statut d'autonomie catalan est soumis à référendum. Le " oui " l'emporte avec 73,9 % des suffrages.

2008 > Après 15 ans de croissance ininterrompue, l'Espagne entre en période de récession.

10 juillet 2010 > Le Tribunal constitutionnel de Madrid décide la suppression de plusieurs paragraphes du statut d'autonomie catalan, notamment le très symbolique " la Catalogne est une nation ".

28 juillet 2010 > Le Parlement catalan vote l'interdiction des corridas en Catalogne.

11 septembre 2012 > Manifestation historique lors de la Diada (fête nationale catalane). Dans les rues de Barcelone, 1,5 million de personnes manifestent leur désir d'indépendance.

19 juin 2014 > Felipe VI est proclamé roi d'Espagne par les Cortes Generales après l'abdication de son père, le roi Juan Carlos Ier, en sa faveur, après 39 ans de règne.

9 novembre 2014 > Célébration d'un processus participatif (référendum symbolique) après l'interdiction de la cour suprême espagnole d'organiser un référendum. Il mobilise deux millions de Catalans, dont 80 % votent pour l'indépendance de leur région.

24 mai 2015 > Ada Colau, figure issue du mouvement des Indignés, remporte les élections municipales et devient maire de Barcelone.

12 janvier 2016 > Carles Puigdemont devient président de Generalitat, après le retrait d'Artur Mas.

26 juin 2016 > Convocation de nouvelles élections générales actant l'impossibilité de former un gouvernement. Avec 137 députés, le PP remporte de nouveau ces élections mais n'accède toujours pas à la majorité absolue.

29 octobre 2016 > Investiture de Mariano Rajoy, PP, élu président du gouvernement par le congrès des députés, lors du deuxième tour de scrutin, qui ne requiert qu'une majorité relative.

17 août 2017 > Attentat sur la Rambla de Barcelone. Une camionnette percute la foule et provoque 13 morts et une centaine de blessés. Le soir même, nouvelle attaque dans la station balnéaire de Cambrils, faisant 6 morts dont 5 terroristes abattus par la police.

6 septembre 2017 > Le parlement catalan valide le projet de loi sur le référendum d'auto-détermination de la Catalogne. Le lendemain, cette loi est suspendue par la Cour constitutionnelle espagnole.

20 septembre 2017 > La Guardia Civil (gendarmerie espagnole) fait irruption dans les locaux du gouvernement catalan et arrête 12 hauts responsables dans une grande opération anti-référendum.

1er octobre 2017 > Malgré la fermeture de 1 500 bureaux de vote, quelques 2,26 millions de personnes participent au scrutin. Le " oui " à l'indépendance de la Catalogne gagne avec 90 % des voix. Les images des violences policières font le tour du monde.

3 octobre 2017 > Grève générale en Catalogne pour dénoncer les violences policières.

11 octobre 2017 > Carles Puigdemont prononce la déclaration d'indépendance de la Catalogne, dont il suspend les effets afin de laisser place au dialogue.

27 octobre 2017 > Vote de la déclaration unilatérale d'indépendance (DIU) par le Parlement de Catalogne. Suivie de l'approbation par le Sénat de la mise en oeuvre de l'article 155 de la Constitution espagnole. Qui suspend notamment la DIU et annonce des élections en Catalogne le 21 décembre 2017.

21 décembre 2017 > Élections en Catalogne qui donnent la majorité absolue aux listes indépendantistes. En exil à Bruxelles, Puigdemont renonce finalement à briguer la présidence du gouvernement catalan. Le député Quim Torra lui succède en mai 2018.

25 mars 2018 > Carles Puigdemont, sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, est arrêté en Allemagne. Le tribunal allemand refusant de l'extrader pour rébellion, il est libéré sous caution.

1 juin 2018 > Mariano Rajoy, affaibli par un scandale de corruption, est renversé par une motion de censure. Le socialiste Pedro Sanchez lui succède.

19 juillet 2018 > Le juge Pablo Llarena renonce à la procédure d'extradition européenne des élus catalans exilés.

25 septembre 2018 > Manuel Valls annonce sa candidature à la mairie de Barcelone.

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