Guide du CAIRE : Arts et culture

La création égyptienne reflète bien l'évolution historique du pays. Jusqu'aux années 1950, la scène est occupée par un foisonnement d'artistes de toutes origines. Influences orientales et occidentales se mêlent avec légèreté.

Les années Nasser voient cette expression artistique, jugée peu conforme aux préoccupations nationales du pouvoir, remise en cause au profit d'une culture d'inspiration plus populaire. Une bonne part de la création ainsi promue ne dépasse pas le niveau du réalisme socialiste de l'époque stalinienne. Cependant, certains talents s'engagent dans la brèche ouverte par le régime et produisent de véritables oeuvres qui savent toucher le peuple, au cinéma notamment.

Depuis les années 1980, l'Etat ne s'implique plus autant dans le domaine culturel et laisse toute liberté à l'expression artistique. Il n'y a plus de censure préalable pour les imprimés, contrairement à la production audiovisuelle. L'absence de censure en amont n'empêche pas la police des moeurs de saisir certains ouvrages une fois parus à la suite d'une plainte en justice. Jusqu'en 1996, n'importe quel musulman pouvait intenter un procès à un auteur pour " préserver " l'islam en vertu d'une disposition appelée hisba. Cette procédure a été partiellement amendée, même si elle a contraint certains auteurs à s'exiler, comme le philosophe Abou Zeid en 1995. Il faut y ajouter les campagnes menées de la rue ou par des journalistes, des avocats qui s'arrogent le droit, en dehors de la légalité, de défendre une nouvelle norme morale.

Les écoles des beaux-arts sont, à l'image des autres facultés du système de l'enseignement supérieur en Egypte, un lieu de reproduction, et non pas de créativité. On y encourage des études académiques, peu pratiques, et surtout pas la création personnelle. Quelques artistes parviennent toutefois à s'exprimer ; leurs oeuvres sont exposées dans les grandes galeries du Caire. Encore faut-il, néanmoins, que leur art plaise et soit compris par la population locale ; ce qui est une autre bataille.

Mais le contexte général reste morose, à tel point que le romancier Sonallah Ibrahim, en octobre 2003, a osé, en public, alors qu'on lui remettait le prix du ministère de la Culture, le refuser en déclarant : " Je n'ai aucun doute que chaque Egyptien présent ici est conscient de la catastrophe qui s'abat sur notre pays. [... ] Nous n'avons plus de création dramatique ou cinématographique, et ne menons plus de recherches scientifiques ; mais nous avons juste quelques festivals, des conférences, des fonds de développement de la culture impotents. Nous n'avons plus d'industrie, d'agriculture, de santé ou de justice. La corruption et le pillage sont partout. [... ] Après tout cela, je dois remercier ceux qui m'ont désigné pour ce prix, mais je dois dire que je ne l'accepterai pas, venant d'un gouvernement qui, selon mon opinion, n'a pas la crédibilité pour me l'offrir. "

C'est peut-être ce qu'a voulu signifier, par le revers de Farouk Hosni lors de l'élection du directeur de l'Unesco en 2009, la communauté culturelle mondiale. En effet, si la jeunesse artistique s'exprime, il faut bien admettre qu'elle en a le seul mérite, tant le soutien qui lui est apporté est faible...

Architecture

Les architectures du Caire, d'Alexandrie et de leurs environs, présentent un ensemble complet de tous les styles que le pays a connus depuis la Iere dynastie.

Style copte. Les églises du Vieux-Caire ont été construites du IVe siècle avec la forteresse de Babylone, jusqu'au XIXe siècle. Les monastères du Wadi Natroun ainsi que les autres monastères de Haute-Egypte sont remarquables à leurs murailles défensives en pisé, fermées de petites portes. A l'intérieur, les bâtiments conventuels sont bâtis du même matériau, et protégés des intempéries à la chaux.

Style toulounide. L'emblème de ce style au Caire, et le dernier ouvrage qui subsiste de cette période, est la mosquée d'Ibn Touloun, construite entre 876 et 879. Plus qu'une création d'un style architectural, la mosquée reprend le style de Samarra dont les Touloun sont originaires. Le plan de la mosquée est simple, carré, bordé de portiques. L'usage de la brique pour les colonnes est typique de l'art mésopotamien, de même que les merlons qui alternent avec les créneaux. Les décors floraux de stuc qui recouvrent les piliers sont d'inspiration byzantine. Le minaret est une réplique, aussi, d'une construction de Samarra.

Style fatimide. On le dit le plus raffiné des styles architecturaux arabes. Il est sans aucun doute l'un des plus originaux. Les Fatimides font de leur art un moyen de prosélytisme chiite : il est donc étonnant, surprenant, resplendissant. Les grandes mosquées qu'ils construisent au Caire utilisent des décors en stuc, des boiseries travaillées, des insertions d'ivoire, d'os. Leurs mosquées sont soutenues de colonnes fines, comme à Al-Azhar ou à Al-Salih Talaï, remarquable par son portique extérieur. Le dôme en melon du mausolée de Sayyeda Ruqaya, est également spécifique à cette période. Le coufique fleuri est choisi pour les inscriptions. On y reconnaît les mentions d'Ali et de ses deux fils.

Style ayyoubide. On reconnaît ce style éphémère à deux déclinaisons : l'une militaire, l'autre civile. C'est en effet le style des murailles de l'enceinte nord de la citadelle, de même que le mur reliant Le Caire fatimide à la citadelle, le long du Dar el-Ahmar. La pierre est de mise, extraite des carrières du Moqqatam ou de réemplois de petites pyramides du plateau de Giza. L'art civil mélange pierres taillées et briques, comme pour le mausolée de Shafii, dans le cimetière sud : l'intérieur est l'expression du meilleur de l'art ayyoubide avec ses voûtes colorées et ses mouqarnas, ces célèbres ornements alvéolés en stalactites. On les trouve aux angles de certaines voûtes et elles permettent de passer d'un volume carré à un volume circulaires. On note aussi la mosquée de Baybars dans la rue Al-Zahir.

Style mamelouk. L'affirmation du style mamelouk est faite avec Nasir ibn Qalaoun et Barqouq. Ces deux sultans imposent le style dans leur cité avec le mausolée de Qalaoun où apparaissent des plafonds à caissons peints, des mosaïques de nacre de marbres. Le Khangah de Baybars est exemplaire pour les figures géométriques que l'art mamelouk a développées pour l'ornement de ses bâtiments. Les Mamelouks utilisent de plus en plus la calligraphie naskhi sur les mosquées, et notamment à l'entrée de celles-ci, indiquant la date de leur érection. La coupole richement décorée de bleu et d'or de la mosquée du sultan Barqouq maîtrise pleinement l'art des motifs floraux. Le raffinement de l'art mamelouk dénudé se trouve dans la mosquée du sultan Hassan, où les arches à cintres donnent une élévation particulière à cette mosquée qui, à l'instar des autres monuments mamelouks, s'élance plus vers le ciel que les mosquées fatimides moins hautes et plus étalées. Les constructions mameloukes sont aussi ornées d'écus ronds, la première héraldique de la région. Si l'on veut aussi s'émerveiller de la splendeur mamelouke, la madrassa de Qaïtbay, dans le cimetière nord, est exemplaire de l'emploi de marbres, bois, vitraux ; à Alexandrie, c'est lui qui a construit la forteresse gardant le port. Enfin, la wakala du sultan Ghouri et le palais de l'émir Taz parfont le tour de l'art mamelouk.

Style ottoman. Les Ottomans se distinguent par différents styles sur quatre siècles. Leurs premières constructions sont proches du style mamelouk dont on voit certains intérieurs dans les tableaux orientalistes de Gérôme. La maison de Gamal el-Din el-Dhahabi en est une pure expression ; les plafonds à caissons décorés et peints se développent, alternant calligraphie et motifs géométriques. La mosquée de Soleiman Pacha, dans l'enceinte sud de la citadelle, est un des joyaux du premier style ottoman. Les Ottomans, qui avaient développé l'art de la céramique d'Iznik - un art qui était à l'origine un essai malheureux de copie de la porcelaine chinoise dont les Ottomans étaient friands, et qui atteindra malgré tout une rénommée propre - l'exportent au Caire à la mosquée " bleue " ou Ag Sunqur dans le Darb el-Ahmar. On y reconnaît les pins, les oeillets et les tulipes qu'aimaient les Ottomans. L'alternance de pierres de différentes couleurs, façonnées de manière complexe comme pour l'arc cintré du sabil Adb-el-Rahman Kathkuda, est représentative du raffinement recherché et des prouesses architecturales de l'époque. Les deux maisons Kiridliya et Amna Bint Salim que Gayer Anderson a habitées et décorées sont aussi de style ottoman ; les moucharabiahs qui cachent ses fenêtres sont remarquables de ces avancées en surplomb de la rue qui permettaient aux femmes d'observer la rue sans être vues. La mosquée de Mohammed Ali, dans la citadelle, est de pure inspiration turque comme l'indiquent ses minarets effilés et sa grande coupole. Il construit le nymphée du palais de Choubra qui est l'un des monuments les plus romantiques du Caire.

Styles importés d'Europe. Lorsque le khédive Ismaïl revient de l'exposition universelle de Paris en 1867, il a déjà décidé de construire une nouvelle citée inspirée des travées haussmaniennes, sans la rigueur des bâtiments parisiens et ce sont des ornementations plus italiennes qui vont parer les façades des grands bâtiments du nouveau centre-ville. Eiffel va construire un pont dans le jardin zoologique en 1873. Barillet-Deschamps, le paysagiste du bois de Boulogne dessine le jardin de l'Ezbekieh. Le palais de la famille Sakakini, à Abbaseya, érigé en 1897 est un bel exemple des folies construites à l'époque. La synagogue de la rue Adli est de style fin-de-siècle d'inspiration autrichienne. De grands immeubles du centre-ville méritent une certaine attention : le magasin Tiring, place Attaba, construit en 1908 ; la couple du magasin Sednaoui, place Khazindar, construit en 1913 ; le tribunal de la rue du 26-Juillet, construit entre 1925 et 1934 ; le salon de thé Groppi, d'art nouveau, construit en 1924 ; et plus loin, à Giza, l'université du Caire, construite de 1935 à 1937.

Style néo-oriental. On peut mentionner la mosquée el-Refaï, construite entre 1869 et 1911 dans le style néomamelouk. L'expression de ces styles revival se trouve aussi avec le pavillon de Gezira qui accueille la délégation internationale venue en 1869 pour l'inauguration du canal de Suez, et qui se trouve être aujourd'hui le coeur de l'hôtel Marriott à Zamalek. Les réalisations d'Héliopolis, sous l'impulsion du baron Empain développent un style néomauresque assez inattendu au Caire, et la villa de style hindoue suscite plus la curiosité que l'admiration. Le musée d'Art islamique est aussi et bizarrement de ce même style d'inspiration andalouse.

Style néopharaonique. Cela n'est sans doute pas le plus raffiné des styles architecturaux en Egypte. Le premier des bâtiments, réussi néanmoins, a été construit en 1924 et protège le tombeau de Saad Zaghloul. Plus tard, la Cour constitutionnelle, construite en 1999, sur la corniche menant à Maadi, est plus discutable...

Modernisme. Au nombre des grandes réalisations, le Nile Hilton a été le premier hôtel moderne construit, place Tahrir. La Tour du Caire, érigée en 1961, de forme de lotus, est remarquable. Le siège de la Ligue Arabe, place Tahrir, construit entre 1955 et 1960 affirme une sobriété rare. L'Opéra du Caire, à Zamalek, a été construit en 1987 et s'inspire du style néo-oriental, plus épuré.

Artisanat

L'artisanat de qualité a commencé très récemment à se développer en Egypte. Le pays, comme en témoignent ses palais du Caire ou les splendides pièces des musées de la céramique à Zamalek ou d'art islamique rue Port-Saïd, avait pourtant une tradition des métiers d'art.

La tentation de copier l'Occident, alors que le pays s'ouvrait à la modernité durant les règnes de Mohammed Ali et de ses successeurs, a quasiment anéanti l'artisanat local. Depuis une dizaine d'années, de nombreuses initiatives privées ont été menées, et il faut souligner et encourager le souk Al Foustat, ouvert en 2005, situé dans le vieux Caire.

A côté de cet artisanat de qualité, si vous voulez faire des cadeaux ou rapporter des souvenirs d'Egypte, vous n'aurez que l'embarras du choix, à condition de ne pas être trop regardant.

Antiquités. On vous en proposera forcément au cours de votre voyage, à Gourna par exemple. Un Egyptien sort de sa poche un fragment de statue qu'il prétend avoir trouvé dans une tombe. Première possibilité : c'est une vraie antiquité, vous l'achetez, et vous vous retrouvez en prison si les douaniers la retrouvent dans votre sac (la loi de 1983 interdit de sortir du territoire tout objet ayant plus de cent ans : évitez de venir en voyage avec votre arrière-grand-mère centenaire !). Deuxième possibilité : c'est une fausse antiquité, mais vous ne vous en rendez pas compte parce que vous n'êtes pas expert. Vous allez donc payer très cher un objet sans valeur. Votre intérêt n'est certainement pas de cautionner le douteux trafic d'objets. Vous trouverez dans les souks nombre d'imitations bon marché à défaut d'être parfaites. Au moins là vous savez ce que vous achetez et vous ne pillez pas le pays qui vous accueille.

Bijoux. Aucune Egyptienne n'apparaît sans bijou. C'était ainsi aux temps des pharaons, ça l'est toujours aujourd'hui, même si la qualité est différente. Les bijouteries sont légion en Egypte. On trouve dans les souks une bijouterie à motifs pharaoniques (cartouche à votre nom en écriture hiéroglyphique, scarabée, Ankh, clé de Seth, l'oeil...) et à motifs musulmans (sourates, calligraphies, arabesques à la gloire d'Allah sous forme de pendentifs, de colliers ou de boucles d'oreilles). A qualité égale, l'or se vend au poids et un peu moins cher qu'en France. Selon les boutiques, il oscille entre 18 et 21 carats. L'argent reste le métal le plus utilisé, mais sa qualité est médiocre, sauf chez Boutros et Saad dans le khan al Khalili et dans les hôtels du Caire. Les bijoux, dans l'ensemble, sont de fabrication semi-industrielle, les finitions (ponçage, polissage...) et le montage sont souvent effectués à la main. Les authentiques bijoux bédouins, en argent, échappent à cette règle. De plus en plus rares, ils sont souvent remplacés par des copies habilement vieillies. Il est encore possible de trouver, dans quelques minuscules échoppes, un kholkhal, gros anneau lourd et volumineux qui se porte en principe à la cheville ou un domlug, bracelet plat d'une largeur minimum de 5 cm, à l'intérieur duquel sont gravés des symboles magiques.

Les objets en or et en argent se paient au poids. Soyez extrêmement prudent en ce qui concerne les pierres dites semi-précieuses (corail, lapis-lazuli, turquoise, cristal de roche). Certaines ont effectivement une valeur intéressante, d'autres sont complètement surévaluées. Cette remarque vaut également pour l'ambre. Dans le doute, contentez-vous des pierres bon marché.

A signaler, pour les amoureuses de belles pièces de bijouterie orientale, les boutiques de la créatrice Azza Fahmi.

Cadeaux kitsch. Il y en a des tonnes comme la pyramide en Plexiglas qui fait pleuvoir des paillettes dorées lorsqu'on la retourne sur un sphinx alangui. Elle peut même servir de porte-crayons !

Châles. Ici, ce sont les hommes qui les portent l'hiver sur leur gallabeya. De grande dimension, en pure laine, il en existe d'infinis modèles. Unis, à ramages, ils sont toujours en harmonie avec le reste de la tenue. Les Egyptiens, de la vallée du Nil principalement, ont d'ailleurs une certaine élégance dans le drapé rappelant quelque peu le Rajasthan. On en trouve de très belles à 30 LE que l'on vous proposera d'abord à 200 LE : marchandez bien !

Chicha. On peut être tenté d'en rapporter une chez soi pour transformer son studio en café baladi, envahi de volutes odorantes de tabac. Mais attention : les pipes proposées dans les boutiques de touristes sont, la plupart du temps, purement décoratives, donc inutilisables. Si vous envisagez de vous en servir, même occasionnellement, mieux vaut en acheter une authentique. Le critère principal sera le poids. Le corps en verre et l'assemblage en métal doivent être hermétiques. Vous en trouverez dans des quartiers moins touristiques. Allez dans un vrai souk, dans ce que l'on pourrait appeler une quincaillerie pour acheter surtout le bon " boyau ".

Le meilleur endroit pour en acheter au Caire est dans la rue menant du khan EL-Khalili à Bab El-Foutouh, rue Moezz el-Din Allah. Une dizaine de boutiques où viennent s'approvisionner les cafetiers du Caire sont accessibles au tout-venant. Vous choisissez d'abord le verre, puis le tube, le tuyau, l'embout en bois, etc. Le marchand assemble le tout devant vous. Demandez-lui les joints en caoutchouc et n'oubliez pas les hagars en terre dans lesquelles vous disposerez le tabac, et le charbon. Comptez en moyenne entre 100 et 150 LE pour une belle chicha.

Cuir. En plus de toute une gamme de poufs orientaux, vous trouverez dans certaines boutiques des sacoches en cuir de chameau, particulièrement solides. Les fouets, importés du Soudan ou du Kenya, représentent un joli travail de tressage, mais encore faut-il en trouver. Il est aussi possible de se faire confectionner des vêtements (vestes, pantalons) en cuir. Les meilleures adresses sont au centre-ville, près de la rue Talaat Harb.

Décoration. De très belles boutiques de décoration ont ouvert leurs portes au Caire. On y trouve de petits objets originaux, des bijoux de créateurs, comme des meubles. Les plus belles boutiques sont à Zamalek : Loft, Alef, Tanis, Caravansérail. Une autre se trouve derrière la mosquée Al-Azhar : Al-Khatoun, et, bien entendu, au souk Al-Foustat dans le vieux.

Dinanderie. Au même titre que la bijouterie, le travail du laiton (le cuivre est plus rare) est semi-industriel : les machines découpent, emboutissent et l'homme intervient pour personnaliser l'objet. Vous trouverez des théières et plateaux de toute taille (saneyia), des lampes ajourées, des moulins à café... De très beaux objets sont encore en usage de nos jours, comme les magnifiques marmites qui servent à cuisiner le foul (encombrantes il est vrai) ou encore les petites casseroles avec un manche en bois, pour préparer le café turc.

Echarpes. Multicolores et satinées, elles égayent les ruelles des souks. Toutes ont leur originalité. Elles seront du plus bel effet sur un fourreau ou sur une robe du soir. Vous pouvez enrouler un turban autour de la tête également, celles en cotonnade légères sont d'ailleurs prévues à cet usage. Encore un cadeau bon marché. Il existe aussi de grandes écharpes (longues et larges) en laine de couleur unie (grège, gris perle, marron, noire). Très chic et idéal pour l'hiver.

Epices. Chaque souk a son coin à épices. Facile à dénicher si vous avez du flair, sinon vous remarquerez vite de loin les étals à la décoration toujours très recherchée. Soyez une fois de plus vigilant ; comparez les prix et, systématiquement, marchandez ! Vérifiez, si vous êtes tenté par une multitude de petits sachets aromatiques.

Khayameya. Il s'agit de ces grandes toiles multicolores que l'on voit suspendues lors des fêtes.

Ces superbes pièces de tissus cousues comme du patchwork sont très chères. Plus accessibles sont les coussins de la même facture, ornés de motifs pharaoniques ou islamiques.

Marqueterie. Le bois travaillé dans sa forme pure et simple est inexistant, la matière elle-même ayant toujours été rare dans le pays. En revanche, vous trouverez des coffrets, des pinces à papier, des jeux d'échecs, des taoulas (la version égyptienne du jacquet ou du backgammon), des miroirs et même des meubles en marqueterie de nacre, d'os et de plastique. Le procédé de fabrication reste semi-industriel dans la mesure où l'ouvrier utilise des machines pour découper, poncer et creuser, mais la main doit toujours intervenir à un moment donné. Si les éclats de nacre ne sont pas en plastique et si le motif vous plaît, vous devrez veiller à la qualité des assemblages et des charnières, l'utilisation de la colle (procédé facile et rapide) et le jeu des différentes pièces entre elles faisant toute la différence.

Cet artisanat est originaire de Syrie. Le bois s'emploie également dans la fabrication des instruments de musique, comme le oud (luth), le nay (flûte) ou le rek (tambourin). Le bois étant rare et cher en Egypte, il est d'autant plus estimé et certains artisans mériteraient pleinement l'appellation d'artistes. Ils façonnent, sculptent ce matériau noble avec une passion sans bornes. Les réalisations sont dignes d'intérêt. Dans vos pérégrinations, il serait bien étonnant que vous ne tombiez pas sur un tel atelier. La ville d'Haghaza est depuis fort longtemps réputée pour sa menuiserie. On y trouve de superbes banquettes sculptées (dékak), des tables basses (tabliya).

En flânant dans le khan el-Khalili du Caire, vous pourrez aussi admirer certains ouvriers s'adonnant à la fabrication de moucharabiehs. Sur les chantiers de restauration, à Rachid (Rosette), par exemple, dans chaque maison ancienne en cours d'embellissement, il y a toujours dans un recoin un minutieux tourneur sur bois qui travaille comme autrefois. Quel parfum !

Papyrus. La technique de fabrication des papyrus était oubliée depuis des siècles, lorsqu'un certain docteur Ragab a récemment redécouvert la méthode pour faire du papyrus un produit commercial destiné aux touristes. Depuis, c'est l'avalanche. Les Papyrus Institute se répandent à travers le pays et vous ne pourrez pas faire 100 m sans que l'on vous propose leurs produits. Sachez qu'il en existe de deux sortes : ceux que l'on fait avec de vraies plantes de papyrus, et ceux que l'on fabrique avec n'importe quelle fibre végétale. Les premiers, seuls authentiques, sont - bien entendu - plus chers.

Parfums. C'est l'arnaque absolue, entretenue par le manque de nez des touristes eux-mêmes. L'Egypte ne produit aucune espèce d'essence, les plus gros producteurs étant l'Inde, l'Indonésie et la France. Les essences proposées sont presque toutes synthétiques ou de mauvaise qualité.

Néanmoins, cela peut faire l'objet d'un souvenir ou d'un cadeau.

Pierre. Le premier artisanat, fabrication des récipients de pierre, remonterait au néolithique avec un regain de virtuosité dans l'Ancien Empire. Les tombeaux nous ont livré des milliers de vases et de bols taillés dans le calcaire, le basalte ou l'albâtre ainsi que dans le silex ou le quartz. L'adresse des Egyptiens de l'époque est encore inexplicable, mais a fait de nombreux disciples au fil du temps. Cet artisanat aujourd'hui se pratique exclusivement dans la région de Louxor, sur la rive occidentale du Nil, où subsistent quelques fabriques. Ce ne sont pas celles que vous croyez, ces innombrables Alabaster Factory qui poussent à Gourna. Elles sont discrètes, et pour cause, la plus grosse partie de la production est usinée à la machine. Le travail n'est pas réalisé par les ouvriers que vous verrez tailler, marteler, creuser, et polir dès qu'un car bourré de touristes arrive. La visite effectuée et une fois tout ce beau monde parti, le petit groupe " d'artisans figurants " retourne se reposer autour d'une chicha et d'un verre de thé en attendant les prochains visiteurs enthousiastes. Cela dit, le travail mécanique n'enlève rien à l'objet si vous le trouvez joli. Les vasques en albâtre brut sont superbes mais coûteuses et surtout très fragiles. Vous ne les trouverez qu'à Gourna, dans quelques boutiques bien approvisionnées.

Poteries. Cet artisanat est le plus authentique et le plus traditionnel puisqu'il se pratique quotidiennement en Egypte, aux portes mêmes du Caire, par les potiers de Foustat. Le problème majeur présenté par ces objets est leur poids et leur dimension encombrante. Votre choix peut se porter sur des tajines s'emboîtant les uns dans les autres, des lampes ajourées, ainsi que des petites figurines, d'un réalisme étonnant, proches des santons de Provence. Elles reproduisent, trait pour trait, la population du pays dans ses diverses activités : le livreur de pitas (galettes de pain), le vendeur de melons, le fumeur de chicha... La qualité est très variable d'une boutique à l'autre, ce qui justifie des écarts de prix allant du simple au double.

Tapis. Au Caire, on trouve surtout des kilims, tissés selon des techniques modernes, et plutôt bon marché. Du côté de Giza, on produit les fameux tapis de Haranya, plus originaux et un peu plus chers. Enfin, vous trouverez dans le Sinaï ou à Siwa d'authentiques tapis bédouins, pas trop chers. Ils présentent beaucoup de défauts, mais ont beaucoup de charme et supportent bien le voyage.

Tissus. Une nouvelle spécialité se développe depuis quelques années autour de la création de tissus de confection ou d'ameublement de qualité. C'est au Caire que l'on trouve ces boutiques. Nagada propose de superbes créations de confection féminine, et Tanis des imprimés d'ameublement aux motifs d'inspiration pharaonique ou islamique, avec un goût parfait.

Vannerie. Elle est entièrement artisanale mais pas très novatrice dans ses formes et usages. Les grands paniers à provisions viennent de la région d'Assouan et représentent, avec le tabak (plateau de grand format, circulaire), les formes les plus intéressantes de cette activité. Certaines formes viennent aussi de la région du Fayoum.

Verre. Les petites bouteilles à parfum abondent dans les vitrines. Elles sont faites à la main, le verre étant chauffé au chalumeau, formé par soufflage, puis ciselé à la meule. Les couleurs sont ensuite fixées au four. C'est l'étape la plus délicate, un brusque changement de température pouvant briser la fournée. Vous trouverez deux qualités, celle dite soda glass, sans intérêt, et la cristal glass, un verre Pyrex épais qui donne parfois de superbes résultats.

L'art du marchandage

Les prix déclarés, à défaut d'être " affichés " n'ont pas vocation à être payés. On peut imaginer, dans les souks, pouvoir diminuer de 50 à 60 % les prix sans pour autant fâcher les marchands. D'ailleurs, vous ne perdez rien en essayant.

La technique : avancez votre prix ; évidemment le marchand va y répondre par de nombreuses gesticulations et vociférations qui sont faites pour vous impressionner et stimuler votre culpabilité ; ne changez rien et quittez le magasin en disant " tant pis ! " Dans 90 % des cas le marchand vous rattrapera et après une autre discussion, voire un deuxième départ et retour dans son échoppe, vous obtiendrez ce que vous voulez.

Il peut arriver de mal évaluer le marchand et sa capacité à accepter le rabais que vous escomptez juste ; vous n'obtiendrez alors rien. Le conseil futé est de vous essayer au marchandage avec des objets dont vous ne voulez pas : vous garderez alors la tête froide et au bout de trois ou quatre essais vous aurez senti les marchands et leurs manières.

Egyptologie

L'égyptologie, ou la civilisation pharaonique, qui a intéressé les savants et chercheurs de tout temps, a trouvé sa modernité et son approche scientifique avec l'expédition des savants de Bonaparte, et l'ensemble des grandes découvertes du XIXe et du début du XXe siècles. C'est cet éclairage scientifique, facilité par la découverte de la pierre de Rosette (trouvée en 1799 et explicitée par Champollion en 1822), et la compréhension des hiéroglyphes, qui va systématiser et donner sa logique à l'égyptologie telle qu'elle est connue aujourd'hui.

Mythes

C'est sous le terme de cosmogonie, ou création de l'univers et de ce qui le compose, que l'égyptologie moderne peut présenter trois explications mythologiques liées à trois lieux de culte majeurs anciens.

Le mythe héliopolitain. Au commencement des temps, existait le Noun, ou Eaux primordiales qui contenaient l'astre solaire, Atoum-Rê. Ce démiurge fit alors surgir le tertre initial des eaux et s'y posa. Il donna naissance à Shou, dieu de l'air et de la vie, puis à Tefnout qui régnait sur l'humidité. Ceux-ci engendrèrent Gheb, dieu de la terre et Nout déesse du ciel. A leur tour, ils donnèrent naissance àOsiris, Isis, Seth et Nephthys. Horus fut créé par Osiris et Isis.

Le mythe hermopolitain. Si la généalogie de Rê ne diffère pas du mythe héliopolitain, le culte rendu à Hermopolis met en scène huit grenouilles primordiales, Hehou et Hehet pour l'espace infini, Noun et Nounet pour les eaux infinies, Tenemou et Tenemouet pour l'errance et Kekou et Kekouet pour les ténèbres. Elles aussi font surgir le tertre primordial au sommet duquel elles posent un oeuf d'où sort le soleil.

Le mythe de Memphis. Ce mythe se rapproche du précédent, à la différence que les huit grenouilles sont des émanations de Ptah, dieu primordial, qui va créer l'univers par sa pensée, son coeur et son verbe.

Au fil des siècles, des dynasties, des choix politiques, ces mythes eurent des grandes et des petites heures, mais ont surtout été mélangés, de telle sorte qu'Atoum-Rê, dieu primordial et unique dans le mythe héliopolitain original, se retrouve dans les époques plus récentes, accompagné d'autres démiurges, comme Ptah. Les divinités secondaires, elles aussi, vont évoluer selon les théologies, les lieux où elles vont être célébrées, et le panthéon égyptien, tel que l'on peut le décliner à notre époque, est véritablement difficile à appréhender.

Cycles

Cinq cycles marquent la théologie pharaonique, sa liturgie, et sa déclinaison dans les calendriers religieux et quotidiens.

Le cycle solaire. C'est sans doute celui qui explique les saisons, avec l'éloignement du soleil. Rê, alors vieux, avait été délaissé par son oeil lunaire, la déesse Tefnout qui errait en Nubie, sous les traits d'une lionne avide de sang. Rê avait alors remplacé son oeil gauche par Hathor. Il envoya Thot à la recherche de Tefnout qui lui manquait. Après de nombreuses ruses, Tefnout revint mais fut prise de colère en constatant qu'elle avait été remplacée. Rê l'autorisa à prendre la place d'un troisième oeil, sur son front, sous la forme de l'uraeus.

La course solaire quotidienne. Chaque matin, du pubis de Nout, sort l'astre solaire, appelé alors Rê-Képhri, monte à son zénith sous le nom de Rê-Harmachis, et termine sa course sous le nom de Rê-Atoum. Il est alors avalé par la bouche de Nout. La barque solaire poursuit alors sa course dans les ténèbres de la nuit où le serpent Apophis cherche à attaquer Rê. C'est Seth qui le combat, toujours victorieusement, armé d'une lance et qui se tient à la proue de la barque.

Le cycle osirien. Osiris qui devait succéder à Gheb, était jalousé par son frère Seth. Celui-ci, l'enferma d'abord dans un sarcophage qui fut emporté sur les rives de Byblos, qu'Isis, leur soeur commune mais épouse d'Osiris, retrouva. Seth découpa alors Osiris en quatorze pièces qu'Isis, accompagnée de leur soeur Nephthys, regroupa, à l'exception de son sexe, et qu'elle reconstitua grâce à Thot. Elle redonna vie à Osiris avec qui elle conçut Horus. Seth, son oncle, chercha à le tuer, à le violer, et c'est à force de procès, de ruse, qu'Horus fut finalement installé sur le trône de son père.

Le cycle de l'inondation. Ce cycle prend place au niveau de la première cataracte, à Eléphantine, avec la triade composée de Satet, " maîtresse de la Nubie ", Khnoum et Sehel. C'est au gré de la crue du Nil, figuration des eaux primordiales pour certains, du retour d'Osiris pour d'autres, que la vie s'égrenait.

Le cycle de la renaissance royal. Après Horus, dernier dieu ayant régné sur l'Egypte, celui-ci devait s'incarner dans Pharaon. Les dieux principaux du panthéon sont alors à côté du souverain. Horus et Seth sont les titulaires de la Basse-Egypte et de la Haute-Egypte. Horus et Thot purifient le souverain avant son couronnement. Rê lui ceint le front de la couronne. Enfin, Horus (" horizon "), revient à la fin de la vie de Pharaon. Anubis veille à son

Cinq cycles marquent la théologie pharaonique, sa liturgie, et sa déclinaison dans les calendriers religieux et quotidiens.

Le cycle solaire. C'est sans doute celui qui explique les saisons, avec l'éloignement du soleil. Rê, alors vieux, avait été délaissé par son oeil lunaire, la déesse Tefnout qui errait en Nubie, sous les traits d'une lionne avide de sang. Rê avait alors remplacé son oeil gauche par Hathor. Il envoya Thot à la recherche de Tefnout qui lui manquait. Après de nombreuses ruses, Tefnout revint mais fut prise de colère en constatant qu'elle avait été remplacée. Rê l'autorisa à prendre la place d'un troisième oeil, sur son front, sous la forme de l'uraeus.

La course solaire quotidienne. Chaque matin, du pubis de Nout, sort l'astre solaire, appelé alors Rê-Képhri, monte à son zénith sous le nom de Rê-Harmachis, et termine sa course sous le nom de Rê-Atoum. Il est alors avalé par la bouche de Nout. La barque solaire poursuit alors sa course dans les ténèbres de la nuit où le serpent Apophis cherche à attaquer Rê. C'est Seth qui le combat, toujours victorieusement, armé d'une lance et qui se tient à la proue de la barque.

Le cycle osirien. Osiris qui devait succéder à Gheb, était jalousé par son frère Seth. Celui-ci, l'enferma d'abord dans un sarcophage qui fut emporté sur les rives de Byblos, qu'Isis, leur soeur commune mais épouse d'Osiris, retrouva. Seth découpa alors Osiris en quatorze pièces qu'Isis, accompagnée de leur soeur Nephthys, regroupa, à l'exception de son sexe, et qu'elle reconstitua grâce à Thot. Elle redonna vie à Osiris avec qui elle conçut Horus. Seth, son oncle, chercha à le tuer, à le violer, et c'est à force de procès, de ruse, qu'Horus fut finalement installé sur le trône de son père.

Le cycle de l'inondation. Ce cycle prend place au niveau de la première cataracte, à Eléphantine, avec la triade composée de Satet, " maîtresse de la Nubie ", Khnoum et Sehel. C'est au gré de la crue du Nil, figuration des eaux primordiales pour certains, du retour d'Osiris pour d'autres, que la vie s'écoulait.

Le cycle de la renaissance royal. Après Horus, dernier dieu ayant régné sur l'Egypte, celui-ci devait s'incarner dans Pharaon. Les dieux principaux du panthéon sont alors à côté du souverain. Horus et Seth sont les titulaires de la Basse-Egypte et de la Haute-Egypte. Horus et Thot purifient le souverain avant son couronnement. Rê lui ceint le front de la couronne. Enfin, Horus (" horizon "), revient à la fin de la vie de Pharaon. Anubis veille à son ensevelissement. Isis et Nephthys l'y aident. Pharaon est alors présenté à Osiris en présence de Thot et de Maât, et il rejoint Rê sur la barque éternelle.

Isis et Nephthys l'y aident. Pharaon est alors présenté à Osiris en présence de Thot et de Maât, et il rejoint Rê sur la barque éternelle.

Momification

L'Egyptien qui aspire à la vie éternelle doit disposer d'un corps en bon état. D'où la momification, une technique qui s'est élaborée peu à peu et qui a fini par s'institutionnaliser, devenant une tradition caractéristique de l'Egypte antique.

L'embaumement, auquel procède un prêtre au visage caché par un masque d'Anubis, commence deux à trois jours après le décès. Le cerveau est extrait au moyen d'un crochet de fer enfoncé dans les narines et un composé liquide est injecté pour liquéfier les résidus. Le flanc est incisé au moyen d'une pierre aiguisée et tous les viscères (on laisse parfois le coeur) sont retirés, ainsi que les globes oculaires. Les cavités, vidées de leurs substances, sont nettoyées au vin de palme et aux liqueurs aromatiques, puis remplies d'un amalgame de tissus imprégnés de résine qui durciront en refroidissant. Les viscères, également nettoyés, sont placés dans des vases dits " canopes " qui rejoindront le sarcophage dans la tombe.

L'incision abdominale recousue, le corps va macérer pendant soixante-dix jours, dans une substance de soude naturelle que l'on appelle " natron ".

Le corps est ensuite lavé puis patiemment enveloppé de fines bandelettes de coton enduites d'une résine grasse et collante, entre lesquelles on insère diverses amulettes. Un scarabée est placé sur ou à la place du coeur, symbole de l'existence et de l'éternité. On enveloppe enfin le tout dans un linceul qui s'arrête au cou, aux poignets et aux chevilles. La momie est parée pour rejoindre son sarcophage et les funérailles peuvent commencer. Les différentes momies retrouvées à l'époque moderne ont donné lieu à de nombreuses expositions, au cours desquelles certaines ont été endommagées. Dans les années 1970, on s'est beaucoup inquiété pour Ramsès II, dont la momie semblait gagnée par une espèce de champignon. Des scientifiques français ont proposé de l'examiner. Ramsès II a donc été acheminé en avion à Paris, où il a été reçu avec tous les honneurs dus à un chef d'Etat (mort tout de même depuis trois mille ans). L'examen et la restauration de la momie ont duré plusieurs mois. Ensuite, le pharaon est retourné en Egypte, où sa momie a été entreposée et exposée dans de meilleures conditions.

La salle des momies du Musée égyptien a été fermée durant plusieurs années par le président El-Sadate, qui ne jugeait pas très convenable d'exhiber des cadavres. Elle est à nouveau ouverte. L'étude des momies d'animaux a permis d'améliorer nos connaissances sur les croyances religieuses des Egyptiens et sur l'environnement de l'époque et son évolution (les ibis servaient aux offrandes, les chats et les chiens accompagnaient leur maître, les babouins et les crocodiles étaient généralement sacrés). Le climat s'avéra de plus en plus sec au fil des siècles. Peu à peu les marécages se sont asséchés et ainsi l'ibis divin a disparu de la terre d'Egypte pour toujours (voir la salle des momies au Musée égyptien du Caire ainsi que le musée de la Momification de Louxor).

Panthéon égyptien

Les dieux et divinités sélectionnés ici sont les plus importants du panthéon égyptien. Ils embrassent les trois mythes cosmogoniques d'Héliopolis, d'Hermonopolis et de Memphis. A lire leur mythologie constituée de sentiments très proches de ceux des hommes, on a envie de citer Euripide, dans Les Bacchantes : " Dans leurs ressentiments, les dieux ne doivent pas ressembler aux mortels ", crie Agavé à Dionysos, devant la dépouille de son fils Penthée que le dieu grec a pun...

Amon. C'est l'une des principales divinités égyptiennes. Il n'est pas créé, mais créateur. En effet, c'est lui qui pond l'oeuf issu des Eaux primordiales qui est à l'origine de la vie. Son nom signifie " le caché " et c'est donc sous les traits de Pharaon qu'il est traditionnellement représenté. L'histoire d'Amon, et principalement le développement de son culte sont politiques. C'est à Thèbes qu'on le vénère de plus en plus, qu'on l'unit à Mout, et que le fruit de leur union devient Khonsou. Il est associé à d'autres dieux comme Rê, et est alors représenté sous les traits d'un bélier, ou encore Min, et est alors représenté sous les traits du dieu ithyphallique. Il forme, avec sa femme Mout et leur fils Khonsou, la triade thébaine particulièrement vénérée à Karnak et à Louxor.

Anat. Son nom signifie " celle qui exauce ". La déesse Anat vient de cultes ouest sémitiques et a rejoint le panthéon égyptien de façon tardive, avec les Hyksôs qui furent combattues par Ramsès II. Elle fut opposée à Rê, lors d'intrigues de Seth qui la désirait ardemment. Elle est guerrière et est représentée protégeant Pharaon. Elle porte la couronne de Haute-Egypte, et tient une lance et une hache dans ses mains.

Anouket. Son nom signifie " celle qui fait venir l'inondation ". Durant l'Ancien Empire, Anouket fut fille ou soeur de Rê, et veillait sur le Nil. Le Nouvel Empire lui donna une filiation, la liant toutefois toujours au Nil. Son père devient alors Khnoum, créateur d'Eléphantine qui donna ses formes au monde créé. Sa mère est Satet, qui domine la cataracte et la Nubie. Tous les trois forment la triade vénérée au niveau de la cataracte et Anouket maîtrise la crue du Nil et les inondations qui en découlent. Elle est représentée avec des oreilles de vache, à la manière d'Hathor, notamment quand elle allaite Pharaon, image du Nil donnant vie à son souverain. Son temple de Beit el-Wali fait partie des monuments sauvés des eaux et déplacés sur les berges du lac Nasser.

Anubis. Son nom signifie " jeune être ". Si sa filiation n'est pas claire (on le dit fils de Rê, puis de Bastet, puis d'Osiris, et enfin d'Osiris et d'Isis, ou de sa soeur Nephtys comme remplaçant Horus), ses fonctions liées aux rites d'embaumement et de passage vers l'au-delà dont il est le premier titulaire, ou l'assistant auprès d'Osiris, sont plus cernés. On l'appelle le " seigneur de la nécropole " sur laquelle il veille, et dont il s'éloigne lorsqu'il doit accompagner Pharaon, dans l'amenti, vers le tribunal de Maât. Son titre est alors de psychopompe, d'accompagnateur de l'âme. Il est représenté sous les traits d'un homme à tête de chien, de chacal, comme ces chiens sauvages qui peuplent les cimetières d'Egypte. Il porte la clé dans sa main, ou autour du cou lorsqu'il est représenté totalement en chien. C'est à Assiout, l'un des nomes, que son culte a particulièrement été développé.

Apis. Son nom n'a pas trouvé de signification claire. Il s'agit plus, à proprement parler, de l'image vivante et donc mortelle du dieu Ptah, plutôt que d'un dieu. En effet, le culte d'Apis, connu pour être un taureau noir de grande force, passait par la mort et l'inhumation des bêtes adorées. C'est à Memphis qu'on le célèbre et qu'on l'enterre, au Sérapéum, à Saqqarah, dans des tombeaux massifs. Ses funérailles duraient soixante-dix jours. Son successeur n'était pas nécessairement l'un des taureaux dont il aurait eu la paternité, mais les prêtres de son culte devaient le reconnaître selon des critères précis, parmi les bêtes qu'on leur présentait : un pelage noir, un triangle blanc sur le front, etc. Il est représenté sous les traits d'un taureau ou d'un homme à tête de taureau portant un soleil entre ses cornes. On l'appellera Sérapis durant la période ptolémaïque, et il sera associé à Osiris.

Apophis. C'est d'un crachat de Neith, mère des dieux et des déesses, tombé dans le Noun, les Eaux primordiales, que le serpent Apophis va naître. Il vouera à son parent plus que frère, Rê, une haine éternelle dont le combat ne s'arrête pas. Si Rê poursuit sa course dans le jour, sous la forme du soleil, le serpent Apophis sort la nuit, et apparaît dans les coups les plus retors du monde. Il est souvent représenté sur les voutes des tombes. Il s'agit d'un démon et non pas d'un dieu véritable.

Aton. Le dieu Aton, unique divinité voulue par Aménophis IV, qui prendra alors pour nom Akhénaton, n'a ni parenté, ni parèdre. Il n'y a donc aucun mythe qui lui a été associé, à la fois par volonté de Pharaon de rompre totalement avec les rites anciens, et aussi par la rapidité à laquelle son culte sera banni une fois Akhénaton mort. Son nom signifie " globe solaire " et sa manifestation, dans les représentations que l'on a de lui, se fait sous la forme des rais de l'astre du jour terminés par des mains. Aton est une énergie pure qui fut à l'origine de tout, qui n'impose pas de lois aux hommes, sinon l'harmonie générale. Aton a remplacé le culte de tous les autres dieux du panthéon égyptien ; Pharaon en était son seul prêtre. On comprend ainsi que les prêtres des autres divinités, écartés de leur charge, de même que le peuple n'ayant pas accès à leur nouveau dieu, n'hésitèrent pas à déclarer ce culte hérétique, et à en effacer les traces.

Atoum. Le nom de ce dieu signifie " celui qui advient de lui-même " ; il naît donc seul, et ne vient pas des Eaux primordiales. Il est associé à Rê dont il est l'un des irou, c'est-à-dire l'une des formes de Rê, celle du soir. Avec Khepri, à eux trois, ils forment une certaine trinité, le même dieu se manifestant sous des aspects différents. Atoum, représenté avec la tête d'un bélier, finit la course du soleil et entre dans la bouche de Nout, sa fille, et advient la nuit. Ce monde nocturne est peuple du serpent Apophis, adversaire d'Atoum avec lequel il se bat chaque nuit : le lendemain, l'avenir du monde dépend de l'issue de leur combat. Il est aussi représenté sous la forme d'un roi. Il sera particulièrement célébré à Héliopolis.

Bastet. Paradoxe de cette déesse jamais représentée dans les temples et tombes antiques, à l'exception de Bubastis, dans le delta, c'est la plus célèbre des représentations égyptiennes puisqu'elle prend la forme d'un chat. Elle est l'une des filles de Rê, dont elle incarne l'oeil. Elle est titulaire de la musique, de la joie, de la maternité. Le Bubasteïon, creusé dans la falaise de Saqqarah, est un ensemble de plusieurs milliers de chats embaumés, en l'honneur du culte de la déesse. Douce comme une chatte à la maison, elle a été adoptée par la population ancienne comme par les Egyptiens d'aujourd'hui. Elle protège les foyers, ou les villes dont les rues sont emplies de chats.

Bès. C'est un dieu venu de Haute Egypte, et dont le culte va se développer avec Séti 1er. Sa filiation n'est pas bien définie, il n'a ni alliance ni descendance. Il avait pour mission de veiller sur le foyer des gens. On le représente sous la forme d'un nain difforme, aux traits à la fois effrayants et grotesques. Beaucoup d'amulettes portées par le petit peuple sont à son effigie. Il a alors été associé à Thouéris qui protégeait les familles et leur fécondité. Aucun temple ne lui était dédié, même si un oracle lui était consacré dans le temple de Séti Ier à Abydos, mais un pilier le représente dans le temple de Dendérah.

Gheb. Son nom signifie " terre ". Son père est Shou qui commande à l'air, et sa mère Tefnout qui commande aux eaux, tous deux enfants de Rê qui commande au feu ; sa soeur est Nout qui domine le ciel tandis que Gheb domine la terre et commande donc au quatrième élément. Ils donnèrent naissance ensemble, à Osiris, Isis, Seth et Nephtys. Il est le grand-père d'Horus. Il a gouverné le monde à la suite de Rê puis de Shou qu'il voulait supplanter. Osiris voulu faire de même avec son père qui ordonna sa mort. Rongé par le chagrin, il le ramena à la vie et lui offrit son trône. Il est toujours représenté sous une forme humaine, sa carnation étant de couleur verte. Il donne les richesses de la terre à l'Egypte : les minerais, mais aussi l'agriculture. C'est aussi lui qui accueille les défunts puisque la terre renferme leur corps. On l'a particulièrement vénéré à Héliopolis, à Kom Ombo.

Hâpy. C'est le dieu du Nil, dont les Egyptiens considéraient qu'il était la résurgence des Eaux primordiales contenues aux limites de l'univers. Hâpy est donc une divinité particulièrement présente dans la vie de l'Egypte, puisque les inondations du fleuve apportent au pays la culture ou la famine. Hâpy est le contremaître de divinités plus puissantes que lui, comme Khnoum et Anouket qui libèrent les eaux du Nil, qu'Hâpy va ensuite contenir puis libérer. On le dit habitant deux lieux en particulier : à Eléphantine au niveau de la première cataracte, à Memphis en amont du Delta. Il est représenté sous les traits d'un androgyne aux seins pendant, et parfois sous les traits de jumeaux portant sur la tête les roseaux de la Basse Egypte et les papyrus de la Haute Egypte. Il n'y a pas de temple qui lui ait été élevé mais les hymnes du Nil n'étaient chantés que pour lui.

Harmachis. Si Harmachis représente Rê au sommet de sa course quotidienne, il a pu, au gré des théologies antiques, également être l'image réunie de l'ensemble de la course du soleil, réunissant Khépri le matin, Rê à midi et Atoum le soir. Le nom d'Harmachis, qui signifie littéralement " Horus dans l'horizon " est trompeur puisqu'il ne s'agit pas d'une manifestation d'Horus. On pense que la proximité du complexe funéraire de Chéops, appelé " horizon de Chéops " est à l'origine du nom de cette divinité. En effet, Harmachis n'est autre que le grand sphinx dont on dit qu'il a les traits soit de Chéops soit de Khéphren. C'est Harmachis qui dans un songe révéla au futur Thoutmosis IV qu'il allait devenir pharaon, ce que narre la stèle érigée par ce roi et que les troupes de Bonaparte vont retrouver en désensablant le sphinx lors de travaux rituels que Thoutmosis IV, Néron et d'autres avaient aussi réalisés. Si le grand sphinx est habité d'Harmachis, ce n'est pas le cas des autres sphinx qui accueillent d'autres dieux.

Hathor. Elle est fille de Rê et épouse d'Horus dont elle eut deux fils, Harsomtous et Ihy. Son nom signifie " demeure d'Horus ", c'est-à-dire le ciel où le faucon évolue. Représentée sous la forme d'une vache généreuse dont elle conserve les cornes et les oreilles dans sa représentation anthropomorphe, elle porte aussi le soleil d'Horus. Elle est la grande déesse de la fécondité et elle assiste aussi les hommes dans leur renaissance après la mort. C'est la déesse la plus aimée du peuple et des qualificatifs poétiques lui sont dédiés : Déesse de la nécropole thébaine, Déesse du sycomore, arbre dont les morts font leur repas, Déesse dorée, Déesse de la turquoise. Le temple de Dendérah lui est entièrement consacré et Hathor y était célébrée toute l'année au gré des mois de l'année liturgique. Le temple d'Edfou, consacré à son époux, Horus, lui a dédié une large place.

Heh. Il fait partie des huit dieux primordiaux qui ont assisté à la création du monde. Ces huit dieux étaient liés par paires : Noun et Nautet (les Eaux primordiales), Heh et Hehet (l'espace infini), Kef et Kefet (les ténèbres), Amon et Amonet (le vide). Certains de ces dieux ont eu plus de vénération que d'autres, comme Amon. Heh fut quelque peu oublié du culte officiel au fil des siècles, et il fut associé à Shou qui commande à l'air. C'est pourquoi il est représenté accroupi, levant les bras au ciel comme s'il le soutenait. Il tient une palme dans chacune de ses mains et porte une croix de vie à son bras droit. On l'a représenté sous la forme d'une grenouille, notamment en amulettes. En tant que dieu de l'infini il est aussi dieu de l'éternité et a une place importante dans la croyance égyptienne. Il n'a pas de lieu de culte mais est représenté dans le temple de Séti 1er à Abydos. Le trésor de Toutankhamon renferme une lampe en albâtre portant deux effigies de Heh.

Héket. Elle est aussi fille de Rê. A l'instar de Heh, elle a été témoin de l'origine du monde, c'est pourquoi elle est toujours représentée sous les traits d'une grenouille. Elle a sa place dans la naissance de Pharaon : Rê annonce la venue de Pharaon, Thot choisit sa mère, Amon indique à celle-ci le nom de l'enfant, Khnoum le façonne sur son tour de potier, et enfin Héket lui donne la vie en lui soufflant sur le visage. Elle fut célébrée à Hermopolis et on trouve mention d'elle du complexe funéraire de Chéops au temple d'Abydos. Les amulettes en forme de grenouille étaient particulièrement appréciées par les Egyptiens qui les offraient aux femmes et aux enfants au moment de la crue, en présent de bonne année en souhaitant " Renepet neferet ! ".

Horus. Son nom signifie " le lointain ", " celui qui est élevé ". Il est à la fois la manifestation de Rê dans le zénith qu'atteint la course du soleil, mais surtout le fils orphelin d'Osiris, élevé seul par Isis sa mère. Seth, qui a tué son père cherche aussi à se débarrasser de lui, et il ne réchappe à la mort par le poison alors qu'il est enfant, ou à la mutilation de ses mains que grâce à l'intervention de Thot et de Sebek. Son oeil est aussi arraché, et c'est encore Thot qui le reconstitue sous la forme " oudjat ", qui sera l'amulette la plus portée et la protectrice des Egyptiens. Il est représenté sous la forme d'un faucon vigoureux et digne. Sa forme durant la période hellénistique est celle d'Harpocrate, petit enfant porté sur les genoux de sa mère, et suçant toujours son pouce. Pharaon est toujours " fils d'Horus " et le dieu le protège. Les quatre fils d'Horus, qui sont des génies protecteurs, veillent sur les viscères des défunts et chacun des vases canopes est dédié à l'un d'eux. Si Horus est célébré dans beaucoup de temples, c'est surtout à Edfou qu'un culte majeur lui est voué.

Ihy. Fils d'Hathor et d'Horus, il est représenté sous les traits d'un jeune enfant. Il est lié au culte de sa mère et symbolise la naissance première et la renaissance après la mort. Il était vénéré lors des rites funéraires.

Isis. Son nom signifie " trône ". Soeur et épouse d'Osiris, de Seth et de Nephtys, ses parents sont Gheb et Nout, tous deux enfants de Shou et Tefnout, enfants de Rê. Ses parents faillirent être empêchés de lui donner naissance, car Rê ne voyait pas leur union d'un bon oeil. Il fit en sorte que les enfants ne puissent pas naître durant les mois du calendrier ; Thot s'arrangea avec la lune afin que les enfants puissent venir au monde durant les cinq jours qui échappent au calendrier antique, les jours épagomènes. Isis se maria son frère Osiris et ils conçurent Horus. Leur frère Seth, jaloux, tua Osiris et jeta son corps dans le Nil. Isis partit à la recherche du corps qu'elle retrouva à Byblos. Seth décida alors de déchiqueter le corps du défunt en quatorze morceaux qu'il dissémina. Isis les retrouva tous, à l'exception de son pénis. Anubis le reconstitua et l'entoura de bandelettes. Elle est représentée sous des traits humains, portant des cornes et l'astre solaire sur la tête ; on la voit souvent allaitant Horus. L'attachement d'Isis à son époux est exemplaire, ce qui explique le culte qui lui a toujours été voué. Elle veille aussi sur tous les défunts, et chacun souhaite son intercession. Des temples comme ceux de Kalabshah, de Dabod, et surtout de Philae lui sont dédiés.

Khépri. Avec Rê qui se révèle à son zénith, et Atoum qui finit la course quotidienne, ils forment une trinité particulière dont il manifeste l'existence, chaque matin, en donnant au monde la vision de l'astre solaire. Il est, avec Atoum, un irou, une figure du dieu dont l'ensemble de ces figures forme un kheperou. C'est le dieu scarabée du panthéon égyptien. Le signe du scarabée, en langue hiéroglyphique, veut dire " créer " ou " se former ", sans doute par l'observation de ces coléoptères, qui de rien, forment une boule qu'ils poussent de leur corps, à la manière du soleil qui sort de l'obscurité et grandit jusqu'à sa position zénithale. Il est, avec l'oeil oudjat, le symbole le plus porté en amulette, en sautoir (percé), ou en bague. Au dos, on mentionnait un nom, une incantation, et un scarabée était placé sur le coeur du pharaon embaumé, afin que dans la liturgie du Livre des morts, il fit acte de croyance : "... tu es le dieu qui est dans mon corps... " On n'a pas consacré de temple à Khépri, mais certains pharaons lui rendirent un hommage particulier, comme en témoigne le scarabée géant d'Aménophis III situé dans le temple d'Amon à Karnak.

Khonsou. Son nom signifie " celui qui voyage ". C'est la lune qui a rendez-vous avec le soleil... Khonsou, bien que participant au panthéon égyptien depuis la nuit des temps, est sorti de son rôle secondaire grâce à l'avènement d'Amon, que l'on maria avec Mout et dont on déclara qu'ils eurent Khonsou pour enfant. C'est d'ailleurs sous les traits d'un enfant portant une longue natte, et le front surmonté du disque lunaire qu'il est représenté. Il est le fils nécessaire à Amon pour que le culte puissant traverse les siècles, et les qualificatifs qui sont les siens témoignent de son éternelle jeunesse. L'un des temples de Karnak lui est entièrement consacré. C'est aussi dans l'oasis de Bahareya qu'un culte lui fut rendu, de même que dans l'oasis de Kharga. Durant la fête de l'Opet, célébrée chaque année entre le temple de Karnak et le temple de Louxor, il fait partie, avec Amon et Mout, de la triade divine que tout le peuple adore et transporte entre les deux édifices religieux, sur les barques sacrées.

Khnoum. C'est un autre démiurge du panthéon égyptien, selon lequel Rê créa le monde et Khnoum créa la vie. Tout ce qui est vivant sur terre est sa création : végétaux, animaux, êtres humains. Il dispose du Nil pour dispenser la vie, la maintenir sur terre et c'est donc à Eléphantine qu'il demeure, au niveau de la première cataracte. Il ordonne à Hâpi d'apporter les eaux du Nil aux Egyptiens. On le connaît sous le nom de façonneur du monde, ou de potier. De ses mains il donne forme à toute chose et à Pharaon lui-même. Héket, la déesse, soufflera alors sur le visage du roi afin de lui donner naissance. Khnoum, Satet et Anouket forment la triade d'Eléphantine. Il est représenté de tout temps sous les traits d'un bélier puissant aux cornes retournées. Son temple principal est celui d'Esna, bien qu'on trouve de grandes traces du culte qui lui était voué à Eléphantine, comme une nécropole de béliers sacrés embaumés qu'on y a retrouvée.

Maât. Son nom signifie " vrai ". Elle est à la fois une déesse et un concept. Symbole de la vérité, de la justice, elle est l'équilibre naturel du monde parfait que Rê a créé. Son existence dans le panthéon et son culte s'imposent logiquement. Elle ne naît pas véritablement de Rê et ne se marie pas. Elle est garante de l'équilibre du monde, présente chaque jour dans la manifestation du jour et de la nuit, de la vie et de la mort, et tout événement se produit sous son regard. C'est en son nom que Pharaon rend la justice sur terre, mais qu'il doit à son peuple l'ordre social. C'est Maât qui, sous la présidence d'Osiris, assisté de quarante-deux juges, procède à la pesée des âmes des défunts, grâce à une balance, devant Thot qui enregistre les décisions. Devant elle la vérité se fait nue, la justice éternelle est rendue. Les portes de la vie éternelle sont ouvertes à l'homme bon, tandis que la Dévorante se tient prête à manger le coeur de l'homme mauvais. Elle est toujours représentée sous la forme d'une femme portant une plume sur la tête, parfois à côté d'une balance ou sur l'un de ses plateaux. Elle n'a pas de lieu de culte, mais chaque tribunal, chaque palais de Pharaon devait suivre ses préceptes.

Meresger. Son nom signifie " celle qui aime le silence ". La déesse est sans aucun doute née d'une piété populaire plus que de la lignée de Rê ou d'une de ses créations. On la trouve plus mentionnée dans la vallée des artisans, à Louxor, qu'ailleurs. Son apparence vient conforter cette hypothèse. En effet, la déesse à corps humain possède une tête de cobra. Sans doute, les ouvriers qui venaient chaque matin creuser les tombes et qui découvraient les serpents aux alentours, les prirent-ils pour des gardiens de ces lieux silencieux, et lui donnèrent ce nom, qui signifie " celle qui aime le silence ". Les rares mentions de la déesse se trouvent principalement sur des stèles de Deir el-Medinah. Elle n'est pas à confondre avec l'Uraeus qui est porté sur le front de Pharaon.

Mout. Son nom signifie " mère ". De la triade thébaine, Mout est la moins connue des divinités qui furent portées aux nues par le pouvoir politique. Elle devient épouse d'Amon et mère de Khonsou. Elle n'est pas fille de Rê, mais pourtant, son mariage avec Amon suggère cette filiation jusqu'alors inconnue. Elle est représentée sous les traits d'une femme. Elle fait l'objet de la même adoration que son époux et que son fils durant les fêtes de l'Opet, et, à Karnak, un temple lui est consacré. On la retrouve tout naturellement dans le temple de Ramsès III et à Tanis ou le culte d'Amon fut poursuivi.

Nefertoum. La tradition la plus forte donne à Nefertoum, Ptah comme père et Sekhmet comme mère. Il ne naît pas de Rê, donc et se trouve être l'un des dieux ayant participé à la création du monde. Alors que le Noun dominait l'univers, au centre des Eaux primordiales flottait un lotus dont le bouton était fermé. Un éclair vint le frapper et en s'ouvrant il libéra le soleil. Ce lotus n'était personne d'autre que Nefertoum, auquel on donna bientôt la titulature des parfums dans le panthéon égyptien. Il est aussi le bourreau qui prive les hommes mauvais de la vie éternelle. On le représente sous les traits d'un homme jeune, portant sur la tête un lotus stylisé. C'est plutôt à la triade qu'il forme avec Ptah et Sekhmet, ses parents, qu'un culte a été voué. On le retrouve dans le temple secondaire à la forme très particulière d'Abydos.

Neith. Il s'agit de la mère de tous les dieux et de toutes les déesses. Le panthéon égyptien manie le paradoxe au point de donner une mère à Rê et aux autres démiurges qui sont censés être nés de rien... Néanmoins, elle est vénérée de tout temps et, dans le Noun, elle aurait eu la forme d'une vache flottant sur les Eaux primordiales. Elle est androgyne, possédant deux tiers de masculinité et un tiers de féminité. Elle est représentée sous la forme d'une femme portant la couronne de Basse-Egypte, tenant parfois des flèches et un arc dans les mains, ces attributs guerriers lui ayant donné le qualificatif de " Protectrice de Pharaon ". Elle est donc aussi mentionnée pendant les fêtes du jubilé du roi. Son culte a particulièrement été développé à Esna ainsi qu'à Saïs.

Nekhbet. La déesse est la protectrice de la Haute-Egypte et elle est originaire de Nekheb, ville située au sud de Louxor. On ne lui donne pas de filiation particulière mais elle a deux époux, l'Horus de Nekhen et le dieu Sebek. Sa représentation est particulièrement connue puisqu'il s'agit d'un vautour aux ailes parées de mille couleurs. Pharaon, lorsqu'il est roi de Haute-Egypte, porte sur son front la tête du vautour et la déesse Nekhbet le protège ainsi. Elle garantit aussi la sécurité des mines. Elle forme, avec Ouadjet, la déesse de Basse-Egypte, une association lorsque les deux royaumes sont un. C'est dans sa ville de Nekheb que son culte a été honoré.

Nephthys. Son nom signifie " maîtresse du château ". C'est la soeur d'Osiris, d'Isis et de Seth. Au sein de cette famille connue pour la jalousie de Seth envers son frère Osiris, marié à Isis, qui le tua et en dispersa les quatorze morceaux qu'il fit de son corps, Nephtys a toujours pris le parti d'Osiris. Est-ce aussi parce qu'elle devient sa maîtresse et que peut-être, de leur union, naquit Anubis ? Cependant, elle n'hésita pas à abandonner son époux, Seth, et aida Isis à retrouver les morceaux d'Osiris. Elle trouve de ce rôle sa titulature de protectrice des morts et des sarcophages. On la représente sous les traits d'une femme coiffée des deux hiéroglyphes de son nom. Si son culte, secondaire, a été célébré à Edfou, elle figure sur tous les tombeaux et sarcophages de Pharaon. La période hellénistique ne l'a pas oubliée puisqu'elle est dessinée sur une fresque des catacombes de Kom el-Chougafa à Alexandrie.

Nout. Petite-fille de Rê, elle est la voûte céleste ; elle a pour parent Shou, dieu de l'air et Tefnout, principe humide. Elle est la soeur de Gheb, le dieu de la terre ; le frère et la soeur tombèrent amoureux et la mythologie veut que leur étreinte fut si forte que Rê ne pouvait plus passer entre eux. Shou fut chargé de les séparer et il poussa tellement fort que la forme de Nout se courba, tout en maintenant ses pieds à l'Est et ses mains à l'Ouest. Elle laisse sortir Rê, chaque matin, de son pubis et l'avale alors que l'astre solaire finit sa course quotidienne. Elle donne naissance, au même instant, aux étoiles qui éclairent la nuit, qu'elle avalera au petit matin. Elle eut pour enfants, avec Gheb, Osiris, Seth, Isis et Nephthys. Elle est représentée sous les traits d'une femme au corps allongé et fin, nue ou sa robe parsemée d'étoiles. Les Egyptiens qui la considéraient comme mangeuse de sa progéniture, les étoiles, l'ont aussi représentée sous la forme d'une truie réputée pour manger ses enfants. C'est pourquoi les amulettes en forme de porc lui sont consacrées. Aucun temple ne lui est dédié, mais elle est représentée sur les voûtes des temples d'autres divinités et dans les tombes. Mère d'Isis et d'Osiris, elle était associée aux honneurs qui étaient rendus à ses enfants.

Osiris. Son nom signifie " le siège de la puissance ". Avec Isis, dont il est le frère et l'époux, Osiris forme le couple le plus romantique du panthéon égyptien ; leur histoire alliant la vie, l'amour, la mort, la quête de l'autre, la résurrection, la vengeance de leur enfant. Osiris, qui devint roi terrestre et se maria à Osiris, s'attira la jalousie assassine de son frère Seth. Ce dernier l'enferma une première fois dans un coffre qu'Isis retrouva près de Byblos, puis découpa son corps en quatorze morceaux qu'Isis et leur soeur Nephthys retrouvèrent et recomposèrent à l'aide de bandelettes. Les époux mirent au monde Horus qui n'eut de cesse de se venger de son oncle Seth. Une fois mort, il devint le souverain des morts, le " premier des occidentaux ". Il est représenté, assis en majesté, coiffé de la couronne d'Egypte, tenant le sceptre et le fléau, ou en position dite " osiriaque ", debout et droit, enveloppé dans ses bandelettes. Son culte principal avait lieu à Abydos. Chaque année, des sectes osiriaques continuent d'y affluer pour le célébrer. Les amulettes du pilier-djeb lui sont dédiées, par assimilation de sa colonne vertébrale qui devait assurer une vie harmonieuse à ceux qui la portaient.

Ouadjet. Son nom signifie " la verte ". Fille de Rê par titulature, cette déesse n'a pas de filiation connue. Elle symbolise la Basse-Egypte, et en prend la représentation sous la forme d'un serpent lové, le Delta étant réputé pour abriter beaucoup de reptiles. Elle entoure Pharaon avec Nekhbet, déesse de Haute-Egypte, et le roi fait précéder son nom de la mention des " deux dames ", l'une étant Ouadjet. Elle est parfois représentée sus la forme d'une femme coiffée de la couronne de Basse-Egypte, ou d'une lionne à ne pas confondre avec Sekhmet. C'est dans cette région qu'un culte lui fut rendu.

Oupouaout. Son nom signifie " ouvreur des chemins ". C'est le deuxième chien de la mythologie égyptienne, avec Anubis. Ils ne sont pas à confondre même si c'est à Assiout qu'un culte leur a été particulièrement rendu. Oupouaout est celui qui ouvre le chemin à Pharaon, raison pour laquelle un étendard le représentant marchait toujours à la tête de l'armée royale. Dans la mort, il guide aussi l'âme de Pharaon. Il est représenté sous les traits d'un chien, souvent debout. On le vénérait à Assiout et à Abydos.

Ptah. Son nom signifie " le façonneur ". Ce dieu est sans aucun doute supérieur à Rê dont certains cultes ont voulu qu'il en soit le créateur... Pourtant, Rê, en tant que démiurge, ne peut donc pas avoir été créé. Cette contradiction réside dans l'origine géographique du culte des deux dieux puissants ; Ptah à Memphis et Rê à Thèbes. La prédominance de Rê sur Ptah n'effacera pas son existence mais le relèguera au rang de dieu protecteur des artisans. Il est représenté sous les traits d'un homme coiffé d'un bonnet. Sa barbe est différente des autres dieux et il tient dans ses mains les attributs du pouvoir, donnant à l'ensemble de ses figurations une majesté incontestable. C'est à Memphis qu'il a particulièrement été célébré.

Rê. Son nom signifie " celui qui se lève ". C'est le plus important dieu du panthéon égyptien. C'est lui qui, selon la mythologie est à l'origine de tout. En tant que démiurge, il s'est aussi créé. C'est le dieu soleil, qui commence sa course le matin sous le nom de Rê-Képhri, qui est à son zénith au milieu du jour sous le nom de Rê-Harmachis et qui finit sa course sous le nom de Rê-Atoum. Il surgit du pubis de Nout le matin, et se jette dans sa bouche le soir, laissant alors place à Apophis le serpent. Il est créateur de la majorité des dieux qui ne sont pas démiurges comme lui, et forme avec ses enfants, Shou, Nefnout, ses petits-enfants, Gheb et Nout, ses arrières-petits-enfants, Osiris, Isis, Seth et Nephtys, et son arrière-arrière-petit-fils, Horus, le groupe le plus important du panthéon égyptien. Amon et Aton n'existent qu'en se collant à Rê et en revêtant ses formes et ses fonctions. On appelle Amon-Rê le dieu honoré à Thèbes. La mythologie de Rê ne montre pas un dieu aussi puissant et obéi qu'on pourrait s'imaginer. Gheb et Nout le défient en s'aimant, puis en donnant naissance à leurs enfants durant cinq jours situés hors de la course du soleil. C'est néanmoins, malgré ses faiblesses, le dieu des dieux pour les Egyptiens. On le représente sous la forme d'un homme ayant souvent la tête d'un faucon, surmontée du globe solaire autour duquel s'est enroulé le cobra ; tous les attributs royaux peuvent lui être donnés sur les représentations. Seul, il fut célébré à Héliopolis, mais adjoint aux autres dieux, dans l'Egypte entière. Le jour de l'an égyptien lui est consacré.

Renenoutet. Le nom de cette déesse signifie " serpent nourricier ". De culte très ancien, on ne connaît pas de filiation réelle à cette déesse pourtant très populaire en Egypte. C'est la déesse des moissons, chère au peuple, tant la vie dépend de l'agriculture, le long du Nil. Elle est représentée sous la forme d'un serpent. C'est dans le Fayoum que le temple de Médinet Madi lui est dédié. Renenoutet était fêtée lors des moissons, et l'on chantait des louanges à la " maîtresse des moissons ". Beaucoup de petits oratoires, construits par la piété populaire, étaient disséminés dans les champs, afin que la déesse veille sur les cultures des paysans.

Satet. Son nom signifie " celle qui tire des flèches ", ou " qui provoque la crue ". Elle est l'épouse de Khnoum et la mère d'Akounet. Ils forment la triade thébaine, et Satet est à la fois " maîtresse de la cataracte " et " maîtresse de la Nubie ". Il lui revient de donner au Nil le débit qui convient à l'Egypte durant les quatre mois de la saison de la crue, de juillet à novembre. Elle est aussi la déesse propre à la Nubie, et donc une alliée de Pharaon. On la représente sous la forme d'une femme assise sur un trône, coiffée d'une couronne blanche parée de deux cornes d'antilope. Son culte a été rendu à Eléphantine ainsi qu'à Philae.

Sebek. Son nom signifie " crocodile ". Sa filiation originelle n'est pas clairement définie dans le culte ancien qui lui a été rendu. C'est plus tardivement qu'il formera, avec Hathor et Khonsou, la triade de Kom-Ombo. Son rôle est à la fois malfaisant et bénéfique à Pharaon ainsi qu'aux autres dieux. Est-ce pour cette raison qu'il est l'une des divinités les plus discrètes du panthéon ? On le représente sous la forme d'un crocodile à la puissante mâchoire. C'est particulièrement à Kom-Ombo que son culte fut célébré.

Sekhmet. Son nom signifie " la puissante ". Elle n'a pas de filiation mais elle est l'épouse de Ptah et la mère de Néfertoum ; les trois forment la triade de Memphis. Sa puissance a servi à Rê pour convaincre les hommes de ne plus profiter de la vieillesse du dieu pour n'en faire qu'à leur tête. Rê envoya alors Sekhmet, son " oeil " et celle-ci opéra un véritable carnage sur terre que seul Thot réussit à arrêter. Elle est donc crainte des hommes et, auprès de Pharaon, lui assure une puissance réelle. Elle est représentée sous la forme d'une lionne coiffée du disque solaire, le même porté par Rê. Elle a été vénérée partout en Egypte, et particulièrement à Karnak et à Memphis. Durant les cinq jours néfastes qui célèbrent la naissance d'Osiris et d'Isis, il fallait lui rendre un culte attentif afin que sa puissance ne s'abatte pas violemment sur les hommes.

Selkis. Son nom signifie " celle qui fait respirer ". Antérieure au culte de Rê, elle n'en deviendra pas moins fille de Rê, par récupération du culte majoritaire. Elle a une place particulière dans la quête d'Isis puisque c'est Selkis qui est chargée de veiller sur Horus, jeune, tandis que sa mère s'en va à la recherche des morceaux épars d'Osiris. Selkis prend alors la forme de sept scorpions pour protéger le jeune dieu ; il est piqué par un autre scorpion et Selkis participe aux soins qui lui sont prodigués pour le sauver. C'est ainsi qu'elle est à la fois une déesse crainte mais aussi choyée : ses prêtres seront aussi des médecins utilisant le venin du scorpion comme remède. Elle est représentée sous la forme d'une femme coiffée d'un scorpion d'eau. Elle a reçu un culte particulier à Edfou.

Seth. Son nom signifie à la fois " celui du Sud " et " celui des bandelettes ". C'est le frère d'Osiris, d'Isis et de Nephthys. Il est particulièrement utile à Rê puisqu'il se tient à la proue de la barque solaire qu'il protège du serpent Apophis lorsque celle-ci traverse les ténèbres de la nuit. C'est pourquoi, Rê lui a toujours pardonné sa jalousie envers Osiris, ses crimes contre son frère qu'il a fini par découper en morceaux, et contre son neveu Horus qu'il a voulu violer. Néanmoins, après de longs procès, ce n'est pas à Seth que revient la couronne mais à Horus, grâce à la persuasion et la ruse d'Isis. Seth n'est pourtant pas puni de ses crimes et il figure toujours à côté de Rê. C'est un dieu à la fois craint et décrié par les Egyptiens. L'une de ses formes, l'hippopotame mâle, est détestée par les paysans car l'animal détruit les récoltes. Sa représentation la plus répandue est celle d'un homme au visage d'un animal imaginaire, doté d'un long museau à la fois canin et d'un tapir. Il est inséparable de la double titulature de Pharaon, avec les ramessides, des deux pays puisque Seth, " celui du Sud " est alors uni à Horus qui représente la Basse-Egypte. C'est à Kom-Ombo que son culte a été célébré de façon privilégiée.

Shou. Son nom n'a pas de signification claire, sinon " celui qui soulève ". Il est le fils de Rê, que le dieu des dieux sent en lui avant même qu'il ne soit créé. Il est la vie et c'est lui qui donne vie aux êtres sur terre, en commençant par les serpents. Avec sa soeur Tefnout, ils donnent naissance à Gheb et Nout, qui deviendront époux eux aussi. Leurs enfants étant trop enlacés, Rê demandera à Shou de les séparer, ce qu'il fera en se glissant entre eux deux, soulevant sa fille, Nout, déesse du ciel : il est " celui qui soulève ". Il gouverne l'Egypte à la suite de Rê et les Egyptiens lui attribuent la création des nomes, les divisions administratives du pays. Il est représenté sous la forme d'un homme portant une plume d'autruche sur la tête. Avec sa soeur, Tefnout, ils sont parfois représentés sous la forme de lions portant le disque solaire. Ils sont les yeux de Rê : Shou est son oeil solaire tandis que Tefnout est son oeil lunaire. Il n'a pas de lieu de culte en particulier.

Tefnout. Son nom pourrait signifier " celle qui a été crachée ". Elle est la fille de Rê, née d'un crachat ou d'une éjaculation d'Atoum. Avec son frère Shou, ils sont inséparables, donnent naissance à Gheb et Nout, puis n'en font qu'à leur tête, laissant souvent Rê dans l'inquiétude d'avoir perdu ses enfants. Tefnout est la déesse de l'humidité, mais elle est aussi la première déesse à exister. Tefnout a un caractère indépendant, à tel point qu'elle quitte Rê et les autres dieux pour errer en Nubie sous les traits d'une lionne sanguinaire. C'est à Thot, après maintes ruses, que l'on doit son retour auprès de Rê, laissant à l'Egypte un grand répit après les massacres qu'elle y a opérés. A son retour, elle s'aperçoit que Rê a remplacé son oeil lunaire ; elle rentre en colère et Rê lui permet de se placer sur son front, comme un troisième oeil, appelé l'uraeus. Elle est représentée sous les traits d'une femme à visage de lionne, portant sur sa tête le disque solaire de Rê. Elle était célébrée à Héliopolis, de même qu'à Edfou.

Thot. Son nom n'a pas livré le mystère de sa signification. Il est celui qui créée le monde et l'organise. Sa création est équilibrée, bien faite, à tel point que c'est lui aussi qui est à l'origine de Maât, dont la justice immanente veille à l'ordre des choses. C'est lui aussi, qui au jugement des âmes, constate le résultat de la pesée de celles-ci. Son intervention a souvent aidé les dieux dans leurs démêlés, en allant chercher Tefnout, entre Seth et Horus qui se disputaient le trône, et a sauvé la vie d'Horus ainsi que réparé l'oeil de celui-ci, déchiré en six morceaux par Seth, et reconstitué sous la forme de l'oeil Oudjat. Il est représenté sous la forme d'un ibis ou d'un babouin. Les scribes aimaient se faire représenter travaillant sous son oeil. Plusieurs sanctuaires lui ont été dédiés, comme à Hermopolis, et des fêtes particulières lui étaient consacrées durant l'année.

Thouéris. Son nom signifie " la grande ". Elle a sa place parmi les divinités primordiales du panthéon égyptien. Elle aussi commande aux eaux primordiales, au Nil, ainsi qu'aux eaux de la maternité. Elle est donc la grande déesse de la fécondité et connaît ainsi une grande renommée populaire. Son compagnon, Seth, représenté sous les traits d'un hippopotame mâle, est honni par les paysans, tandis qu'elle, sous les traits d'un hippopotame femelle, est particulièrement aimée. On la célébrait partout en Egypte et les amulettes qui la représentaient étaient spécialement appréciées des mères.

Lexique d'égyptologie

Ba. Ame des dieux et des mortels, se manifestant de manière lumineuse, sous la forme d'oiseau à tête humaine.

Calendrier. Il y a trois saisons composées de quatre mois de 30 jours. La saison de l'inondation est appelée Akhet et elle débute en juillet, selon les mois de Thot, Paophi, Athyr er-Khoiak. La saison de la germination est appelée Peret, selon les mois de Tybi, Méchir, Phamenoth et Pharmouti. La saison de la chaleur et de la moisson est appelée Chemou, selon les mois de Pakhons, Payni, Epiphi et Mesoré.

Cartouche. Signe hiéroglyphique mentionnant le quatrième et le cinquième nom de Pharaon : son prénom de naissance et son nom de roi.

Irou. Forme particulière que prend une divinité unique et qui peut varier selon les fonctions ou le temps où elle se manifeste.

Ka. Double spirituel qui subsiste à la mort.

Nome. Subdivisions administratives du pays (au nombre de 38 sous l'Ancien Empire, 42 sous le Nouvel Empire).

Parèdre. Compagnon local ou secondaire d'une divinité, associé à un dieu majeur.

Sphinx. Figuration royale sous forme animale.

Textes des pyramides. Le plus ancien texte liturgique des cérémonies funéraires de Pharaon.

Triades. Groupe des trois divinités rassemblées à la manière d'une famille ou par similitude de fonctions.

Vases canopes. Ces quatre vases contiennent les viscères du défunt. Seul le coeur demeure dans le corps embaumé. Quatre génies, fils du dieu Horus, veillent sur les viscères durant l'éternité. Le vase gardé par Amset, dont l'aspect est un homme, contient le foie et symbolise la force Ka. Le vase gardé par Hâpy, dont l'aspect est un singe, contient les poumons et symbolise la force Ib. Le vase gardé par Douamoutef, dont l'aspect est le chien, contient l'estomac et symbolise la force Ba. Le vase gardé par Kebehsenouf, dont l'aspect est le faucon, contient les intestins et symbolise la force Sakh.

Cinéma

Dès sa naissance, le septième art a eu le coup de foudre pour l'Egypte. Une quarantaine de films a été tournée en 20 ans, souvent avec une simple toile peinte comme décor. Dans les années 1910 et 1920, de nombreuses salles de cinéma ont été décorées dans le style égyptisant. Les fleurs de lotus paraissaient indissociables des bonbons au caramel de l'entracte. Le pays des pharaons a semblé moins bien s'accorder avec le parlant, mais pour se rattraper avec le cinémascope et le Technicolor. Au total, plus de 400 films ont été consacrés à l'Egypte.

Dans les années 1950, les Français ont découvert les péplums hollywoodiens, avec des milliers de figurants, des temples rutilants, des chars, des trônes et des trésors. Cecil B de Mille a donné ainsi, en 1956, une deuxième version des Dix Commandements, tournée en Egypte et non plus en Californie. Pour séduire le public, les cinéastes américains en font des tonnes. Il ne s'agit pas d'être vrai, mais de paraître pharaonique. C'est en toute connaissance de cause que, dans Terre des pharaons (1955), Howards Hawks a utilisé des chameaux, animal inconnu à l'époque de ses héros. Du palais de Tanis, reconstitué pour Salomon et la reine de Saba (1959), King Vidor nous fait contempler les pyramides, distantes pourtant de 150 km... On mélange allègrement les lieux, les époques et les styles. Les égyptologues ont mille raisons de pinailler, sinon de s'arracher les cheveux. Cela n'empêche pas des reconstitutions fidèles, comme celle de la salle d'Aménophis IV, Akhnaton, dans L'Egyptien (1954) de Michel Curtiz.

Le cinéma, une passion égyptienne

Par Robert SOLÉ.

Le cinéma est arrivé en Egypte un an seulement après son invention par les Frères Lumière. Le premier film égyptien est projeté au cinéma Métropole du Caire le 16 novembre 1927. Layla fut réalisé par Stefan Rosti, Egyptien d'origine grecque. Très vite, des cinéastes égyptiens occupent le devant de la scène. Les films qu'ils réalisent remportent un certain succès, non seulement en Egypte, mais dans l'ensemble des pays arabes. Le cinéma égyptien est à l'époque la deuxième source de revenus à l'exportation après le coton. Le Caire est même devenu avec Bombay et Shanghai, un Hollywood de l'Orient, on l'appelle Hollywood-sur-Nil.

Un des premiers cinéastes à se faire remarquer est Salah Abouseif. Maître du néoréalisme, il situe une bonne moitié de ses films dans sa ville natale, Le Caire et plus exactement à Boulaq. Dans La sangsue (1956), la célèbre danseuse Tahia Karioka incarnait à merveille la danse orientale au cinéma.

La comédie égyptienne est un genre bien particulier : on y chante beaucoup. Les jeunes danseuses de cabaret se trémoussent, non sans classe, devant de gros messieurs en tarbouche. Tahia Karioka, tout comme Samia Gamal, était la préférée des Egyptiens. Excellant aussi dans le style " brésilien ", elle avait pris comme nom celui des habitants de Rio de Janeiro. Danseuse et comédienne, elle compte 120 films à son actif. A cette époque les caméras risquaient de surchauffer. Tous les films n'étaient pas des chefs-d'oeuvre, mais la production comptait plus de plus de 100 longs métrages par an. En 1960, Abouseif tourne, d'après une oeuvre de Mahfouz Morts parmi les vivants, avec Omar Sharif. Ce dernier a fait sa première apparition au cinéma dans Ciel d'enfer en 1954 de Youssef Chahine. Il enchaîne en 1956 avec Les Eaux noires avec Chahine également. En 1961, il crève l'écran dans Un homme dans la maison d'Henry Barakat. Nous ferons sa connaissance en Occident dans Lawrence d'Arabie de David Lean avec l'exceptionnel Peter O'Toole dans le rôle-titre qui lui collera à la peau durant la majeure partie de sa carrière. Suivront : Docteur Jivago, Funny girl, Le Casse, Les Possédés. Il retrouve les studios cairotes en 1989 pour tourner Le Marionnettiste de Hani Lachine et en 1991 Le Citoyen masri de Salah Abouseif.

Youssef Chahine passe sur le devant de la scène cinématographique en 1958 avec Gare centrale qu'il réalise et interprète. Tensions et passions dans ce lieu fixe que peut être une gare, la gare centrale Ramsès. Poursuivi, harcelé par la censure, il s'installe au Liban mais revient en Egypte en 1969 avec La Terre. Alexandrie pourquoi ?, qui lui vaudra en 1978 un ours d'argent et le grand prix du jury au festival de Berlin. L'Emigré avec Michel Piccoli (1994) est, à son tour, interdit en Egypte. Chahine obtient le prix spécial du jury à Cannes avec Le Destin en 1997, sur le philosophe musulman Averroès, et entre définitivement dans le coeur des Français. L'Autre sort en 1999, puis Silence, on tourne en 2001 ; Alexandrie-New York a été présenté au festival du film de Cannes 2004. Sa mort, en 2008, ravivera l'attachement du peuple à l'un de ses grands cinéastes.

Dans les années 1980 et 1990, la production décroît, pour atteindre le seuil critique d'une vingtaine de films par an. Les raisons de cette crise : la télévision égyptienne et surtout ses consoeurs du Golfe qui accaparent les talents. Les paraboles poussent sur toutes les terrasses des immeubles ou des maisons particulières. En Egypte, il y a deux sortes de cinémas. Les grosses productions, comédie, romance ou drame policier, destinés à toucher un large public et d'une qualité médiocre, très convenus et donnant dans le comique troupier. Et un cinéma " indépendant " (Yousri Nasrallah, Asmael-Bakri, Atef Hatata...), mais qui a bien du mal à trouver des réseaux de distribution. Même Chahine était bien plus réputé en France qu'il ne l'est en Egypte aujourd'hui.

C'est peut-être en visionnant ces films que l'on touche un peu plus l'âme des Egyptiens, quand ils veulent bien se livrer un peu plus... Pour l'un ou l'autre de ces genres cinématographiques, la vie est dans la salle : on commente, on crie, on parle, on rit. Une tradition de peintres d'affiches se perd : les affiches imprimées remplacent les dessins artistiques qui font encore le décor des rues Emad Ed-Din et Talaat Harb au centre-ville du Caire. En octobre, Le Caire accueille un festival international de cinéma.

Danse

La danse du ventre est menacée, malgré ses origines ancestrales et son expression traditionnelle égyptienne. " Madame, avant que de parler, cachez ce sein que je ne saurais voir... " Dina, l'une des plus grandes danseuses du ventre d'Egypte vient de publier un livre militant sur le sujet : son art a du mal à se battre face aux bien-pensants islamisés.

Le corps de ballet de l'opéra du Caire est à la hauteur de l'institution dont il est membre : unique dans la région, et de valeur inégale dans ses prestations. C'est dans le corps de ballet classique que Youssef Chahine a remarqué le danseur Ahmed Yehia, dont il a fait le héros de son dernier film : Alexandrie-New York.

La danse moderne n'est pas en reste. Une école de danse contemporaine donne cours chaque jour au sein de l'opéra qui organise chaque année un festival de danse contemporaine.

Ma Liberté de danser

" Elle s'appelle Dina, son prénom est connu dans toute l'Égypte et bien au-delà des frontières de son pays. C'est une raqs sharki, une danseuse du ventre, elle porte en elle la légende des Mille et une Nuits. Son art ne se résume pas à des déhanchements lascifs, il est codifié et ses origines sont sacrées : on le pratique pieds nus pour capter les énergies de la terre ; dans le folklore, il suggère les douleurs de l'enfantement et garantit la fertilité. Dina est la gardienne de cette tradition qui remonte au temps des pharaons mais qui, aujourd'hui, se trouve menacée par la montée des fondamentalistes et la colère des religieux.
Les critiques, les pressions qu'elle subit et ses craintes pour l'avenir de son pays de plus en plus rigoriste n'empêchent pourtant pas Dina de danser. Parce que cette vie de splendeurs pailletées dans laquelle elle nous entraîne au rythme des percussions, c'est aussi son combat pour la liberté. "

Ma Liberté de danser, Dina & Claude Guibal, Michel Lafon 2011.

Littérature

L'Egypte occupe une position dominante dans le secteur intellectuel et culturel jusque dans les années 1960, lorsque Beyrouth dispute au Caire son titre de capitale du livre arabe. La politique culturelle menée par Mohammed Ali a poussé les colonies étrangères à s'installer en Egypte. Les écoles de la mission laïque française, et celles de toutes les congrégations religieuses connaissent un grand essor. L'usage du français se répand dans les couches les plus élevées de la société. Le français devient la langue des échanges et des débats entre intellectuels égyptiens et étrangers, de toute nationalité. La langue française ne se cantonne pas à un rôle de communication, mais donne lieu à une production littéraire, journalistique extrêmement riche et développée. C'est d'ailleurs l'occasion pour Le Caire et Alexandrie de rivaliser, mais jusqu'à la période nassérienne, c'est à la ville méditerranéenne que revient le qualificatif de capitale intellectuelle, grâce au cosmopolitisme de ses habitants.

De grandes carrières littéraires naissent en Egypte, notamment avec Edmond Jabès, George Hénein, Andrée Chédid et surtout Albert Cossery qui sont tous des écrivains égyptiens d'origine d'expression française. La France joue aussi un rôle majeur dans la vie de deux écrivains majeurs égyptiens du XXe siècle : Taha Hussein et Tawfik al Hakim.

Le premier, Taha Hussein, jeune aveugle qui reçoit sa première éducation à l'école et à l'université d'Al-Azhar, va en France à la Sorbonne pour y poursuivre ses études de littérature. Il reviendra en Egypte pour y suivre une grande carrière politique au sein du monde de l'éducation. Ses oeuvres majeures, Le Livre des jours, La Traversée intérieure et Au-delà du Nil, sont empreints de son passage et de sa formation en France.

Le deuxième de ces auteurs Tawfik al Hakim, est un magistrat qui commença sa carrière de juriste entre Le Caire, Tanta et Alexandrie. Il a d'ailleurs écrit des mémoires très intéressantes sur la mentalité des villageois égyptiens, souvenirs de ses années de magistrature, sous le titre de Journal d'un substitut de campagne. Il va en France pour se lancer dans une carrière d'auteur dramatique et revient en Egypte pour y devenir le plus grand auteur de pièces de théâtre du XXe siècle. Ses pièces sont autant de descriptions de l'Egypte. Son regard d'il y a cinquante ans, a toujours le même intérêt de nos jours. La révolution nassérienne va museler le milieu culturel en décrétant obligatoire l'utilisation de la langue arabe. Le projet national de Nasser fut mis en application dès 1958 : contrôle de l'information et création d'un puissant secteur national d'édition chargé d'assurer la formation de la population. Le public bouda ces publications, se tournant vers les écrits religieux ou... en ne lisant plus. La pensée officielle du panarabisme socialiste tua la vie intellectuelle.

Pourtant, pendant cette période Naguib Mahfouz a continué d'écrire. Son écriture aride ne le rend pas populaire en France où l'on attribue sa notoriété au prix Nobel qu'il a obtenu en 1988. Naguib Mahfouz est donc à part dans le monde de la littérature égyptienne. Né en 1911, à 17 ans, il fait ses premières armes dans le domaine littéraire. On le connaît surtout pour sa célèbre trilogie qui raconte un demi-siècle d'histoire de l'Egypte au travers de la vie d'une famille bourgeoise d'un quartier populaire du Caire, celui où il a vécu. On peut lire : Passage des miracles, Les Fils de la médina, publié en 1959 et qui lui valut d'être sauvagement poignardé en 1994 par deux islamistes qui venaient rappeler après quelques années (on parlait alors des Versets sataniques de Rushdie) qu'il fut accusé de blasphème à la sortie de cet ouvrage qui fut interdit. Ses derniers ouvrages qui ont été écrits au début des années 1990 ont moins de force littéraire que ceux composés les mêmes années que sa trilogie. Si Akhenaton le renégat et Le Jour de l'assassinat du leader ont un intérêt documentaire, on ne sent plus la force du maître. Naguib Mahfouz meurt le 30 août 2006. On trouve aujourd'hui Les Fils de la Médina en Egypte. Naguib Mahfouz fait néanmoins partie du trio indissociable, avec Taha Hussein et Tawfik al Hakim.

Ces trois grands de la littérature égyptienne racontent, en arabe, la vie du monde dont ils sont issus, celui des petites gens du Caire, sans se laisser enfermer dans les structures traditionnelles de la narration arabe. Mahfouz, par exemple, reconnaît que la lecture de traductions (anglaises) d'auteurs français contemporains comme Nathalie Sarraute a profondément influencé sa manière d'écrire. C'est à ce titre que les trois auteurs en question passent pour les pères du roman arabe moderne.

Leurs héritiers, aujourd'hui dans la force de l'âge, brossent des témoignages passionnants de cette société, partagée entre la nostalgie de la " grandeur idéologique " nassérienne et le rejet de toute dictature. Ils s'appellent Gamal al Ghitany, Nabil Naoum ou Sonallah Ibrahim... Ces écrivains jouent pleinement leur rôle d'intellectuels et font preuve d'une belle polyvalence. Ils écrivent des scénarios pour la télévision, des chroniques dans la presse... Charaf ou l'honneur, Les Années de Zeit sont parmi les livres les plus connus de Sonallah Ibrahim. Dans ces ouvrages, l'auteur observe la société égyptienne par le biais de prismes. Sonallah Ibrahim frappe toujours fort. Gamal al Ghitany, qui est aussi le rédacteur en chef de l'hebdomadaire littéraire Akhbar al Adab, bien qu'étant opposé aux représentants de la culture officielle de l'Etat, est plus modéré. Ses derniers ouvrages, dont Les Illuminations, sont plus mystiques, et influencés par le soufisme. Tous ces auteurs sont traduits en français.

Quant à Andrée Chédid, Egyptienne, Libanaise et Française, son arrivée à Paris remonte à 1946. On connaît bien ses écrits dans lesquels l'Egypte antique est omniprésente. Son petit-fils, Mathieu, alias M, fait maintenant parler de lui dans le milieu musical français ; il s'est produit au Caire, le 21 juin 2004, à l'invitation du Centre français de culture et de coopération.

Gilbert Sinoué, né au Caire en 1947, nous plonge tour à tour dans des romans ou des biographies qui respirent à travers l'Egypte de tout temps. L'Egyptienne, La Fille du Nil ou la vie passionnante du dernier pharaon, Mohammed Ali. En 2010, il a publié un livre contemporain sur quatre familles du Caire, dans Le Cri des pierres.

Alaa el-Aswany, né au Caire en 1957, a fait une entrée fracassante dans le monde littéraire égyptien avec L'Immeuble Yaqoubian, publié en 2002, qui dépeignait le destin de familles du Caire évoluant dans un immeuble du centre-ville du Caire. Son deuxième roman, Chicago, parle de la vie des émigrés égyptiens à l'étranger. Il a, depuis, voulu s'impliquer dans la vie politique du pays et s'impose comme analyste.

Robert Solé nous parle de son Egypte, qu'il a connue avant son départ vers la France. Né à Héliopolis dans une famille catholique levantine, il en a tiré la souche des romans Le Tarbouche, Le Sémaphore d'Alexandrie ou de La Mamelouka. Il a aussi publié L'Egypte, passion française, qui est une somme encyclopédique des relations entre la France et l'Egypte. Son roman Mazag, est plus sensible et parle plus au voyageur d'aujourd'hui qui peut encore sentir les " humeurs " dont parle l'auteur. Il est l'auteur également d'un très beau Dictionnaire amoureux de l'Egypte. Une Soirée au Caire, publié en 2010, a failli obtenir le prix Renaudot la même année.

La littérature égyptienne a également ses féministes : Nawal el-Saadawi, porte-parole de la condition féminine. Psychiatre de formation, elle est emprisonnée dans les années 1980, ce qui lui inspire divers écrits, tous publiés aux Editions des Femmes. En 1984, Deux femmes dans Kanater, Ferdaous, Une voix en enfer, en 1991, Femmes égyptiennes : tradition et modernité aux Editions des Femmes. Sa Face cachée d'Eve, la femme dans le monde arabe, épuisé en France, reste interdit en Egypte. Salwa Bakr n'est pas en reste avec The Golden Chariot.

Une très bonne présentation de la littérature égyptienne est faite par Richard Jacquemond, dans son ouvrage Entre scribes et écrivains.

Maalesh de Cocteau

Maalesh est un mot qu'on emploie sans cesse, à tout propos, pour dire " ça n'a pas d'importance ", comprenez-vous ? "

Jean Cocteau (1889-1963) écrit Maalesh, journal d'une tournée de théâtre après un voyage au Moyen-Orient durant lequel ont été jouées trois de ses pièces. L'écrivain traverse notamment l'Egypte, du 6 mars au 24 mai 1949. Paru dans l'année, son texte connaît un succès mitigé, puis tombe dans l'oubli : l'ouvrage n'a jamais été réédité depuis cette date. Il mérite aujourd'hui qu'on le redécouvre : la vie intellectuelle et mondaine dans l'Egypte de l'après-guerre y est décrite avec l'esprit - parfois féroce - et l'acuité qui caractérisent Cocteau, mais on y lit surtout sa fascination immédiate pour le peuple d'Egypte. Quelques semaines auront suffi à Cocteau pour saisir l'essence de l'âme égyptienne, qu'il restitue dans ce journal de bord avec générosité et poésie.

Né en Hongrie, Etienne Sved (1914-1996) intègre en 1930 l'Atelier, une école libre d'arts appliqués, fondée à Budapest par des disciples du Bauhaus. Juif, il doit quitter son pays à l'arrivée des nazis et se réfugie en Egypte, où il séjournera durant huit ans. Journaliste pour le Progrès égyptien, il publie de nombreux dessins satiriques avant de découvrir la photographie et s'invente graphiste avant l'heure en mettant au point des procédés qui lui permettent des détourages, des superpositions ou des déformations de l'image. Il parcourt le pays à dos d'âne, s'attarde aussi bien dans les musées et les sites funéraires que sur les rives du Nil, où il photographie ses contemporains. Il rapporte de ce long périple une impressionnante collection de photographies, qu'il exploite notamment dans L'Egypte face à face (1954), avec un texte original de Tristan Tzara.

Médias locaux

Les journaux égyptiens appartiennent soit à des groupes d'Etat, soit à des partis d'opposition autorisés. Un quotidien indépendant et très reconnu a été créé en 2004 : El-Masriel-youm. Il existe aussi un hebdomadaire indépendant : El-Destour. Sawtel-Umma est aussi réputé pour ses enquêtes et ses articles polémiques. Le quotidien gouvernemental le plus prestigieux s'appelle El-Ahram ; ses principaux concurrents, liés également à l'Etat, sont El-Akhbar et Gomhourya. Du côté de l'opposition, on a par exemple El-Wafd, organe du parti historique Ouel-Ousbou, nationalo-islamiste. El-Watani est un journal copte.

Deux titres égyptiens sont publiés en langue française. Le Progrès égyptien est le plus ancien. C'est un quotidien d'Etat qui reprend, dans notre belle langue, la propagande officielle, ainsi que des articles sur l'actualité internationale. Pas cher du tout, il permet de se tenir au courant et d'avoir les programmes de spectacles. L'autre publication en français s'appelle El-Ahram Hebdo. Comme son nom l'indique, ce titre est publié chaque semaine par le groupe El-Ahram. Plus épais et plus approfondi que le précédent, Il est aussi bien plus impartial. On y trouve, entre autres, des articles sur les grands problèmes de la société égyptienne. L'hebdo n'hésite pas à aborder des sujets sensibles.

Il faut aussi se procurer Al-Ahram Weekly, Egypt Today et Community Times pour avoir, en anglais, une présentation mensuelle des activités culturelles au Caire, des opérations spéciales faites par les grands restaurants de la ville.

L'Egypte dispose de deux chaînes nationales de télévision et de plusieurs chaînes régionales. La première chaîne, nationale, est exclusivement en arabe. La deuxième, en revanche, diffuse des journaux en français le matin et le soir à 19h. On y trouve à peu près les mêmes informations que dans le Progrès égyptien.

Des chaînes privées, notamment musicales, sont particulièrement les bienvenues si vous voulez vous tenir au courant des nouveautés : Mazzika, Mélody Hit, Rotana. Pour les films et séries américaines, vous serez comblé par les chaînes du Golfe (MBC, Dubaï) ou la petite dernière des privées égyptiennes lancées par Naguib Sawiris : OTV.

Bien entendu, TV5 Moyen-Orient vous offre sa grille de programmes en français, et France 24.

On peut aussi écouter Radio Le Caire (94.5 FM) de 9h à 10h, de 14h à 15h et de 21h à 22h, périodes pendant lesquelles les émissions sont en français. Pour les amateurs de musique plus anglophone, on recommande Nile FM (104.2 FM), et les amateurs de musique égyptienne Nile FM Arabia (100.6 FM). On ne capte pas RFI ou RMC Moyen-Orient en Egypte.

Sur Radio Le Caire, les tranches de 7h à 9h et de 21h à 22h sont toujours programmées en français. En plus des journaux et des bulletins d'information, Radio Le Caire diffuse des chansons françaises, et d'anciennes émissions de France Inter. Nostalgie garantie.

Le siège de la radiotélévision d'Egypte se trouve au Caire, dans un grand bâtiment rond appelé " Maspero " et situé sur la corniche du Nil.

Musique

Au milieu de la cacophonie urbaine, la musique prend son sens de " bruit qui pense ". Elle est donc reine, partout en Egypte. Radios, télés, magnétophones, calèches, voitures, felouques, même les charrettes des ânes, de partout s'égosillent des musiques à faire exploser les haut-parleurs.

Instruments de musique. Au cours des fêtes baladis, vous verrez et entendrez surtout la darbouka ou tabla, (ce que nous appelons tout bêtement le tam-tam), tambour en peau et terre cuite ou en métal et le dof, notre tambourin, une peau tendue sur un cadre bordé de cymbales.

Les Egyptiens ont le rythme dans la peau et au bout des doigts. Une darbouka et un dof vous tiendront en éveil une bonne partie de la nuit, ils suffisent à faire danser, chanter toute une assemblée jusqu'au petit matin. La rabbaba se rapproche de la viole. En bois, il en existe de deux sortes : celle à deux cordes du moughanni (le chanteur) et celle à une corde du chaer (le poète). L'orchestre de musique arabe classique, le taht, comprend généralement un oud, ancêtre du luth, un qanoun, qui appartient à la famille des cithares, et un nay, une flûte en roseau, instrument de prédilection des derviches tourneurs. Dans les années 1930, on y ajouta un violoncelle et une contrebasse.

La musique égyptienne, l'une des reines du monde arabe. La musique classique arabe proprement dite se constitua au XIXe siècle. Au début du XXe siècle, le khédive Ismaïl, assez festif, raffole du chanteur Abdu el-Hamouli qui chamboule les habitudes en mettant la musique à la portée du public. La " variété " fait son apparition.

Les rythmes d'aujourd'hui sont loin de ceux d'hier. Il en est une qui reste dans le coeur de chacun : Oum Kalsoum, plus de 30 ans après sa mort.

Au cours de votre séjour, vous entendrez forcément sa voix inimitable s'échapper d'un poste de radio ou d'une télévision qui rediffuse un de ses concerts en noir et blanc. Une série télévisée, diffusée en 1999, a collé tous les Egyptiens devant leur petit écran au fil des semaines et 37 épisodes ! On se l'arrache désormais sur toutes les télévisions arabes, ce qui n'est pas pour déplaire à la réalisatrice Inaam Mohamed Ali, ni à Sabrine qui incarne le rôle-titre. Cette série retrace la vie de la célèbre chanteuse, de son petit village de Tammay al Zahayra dans le Delta, où elle naquit en 1898, à sa dernière tournée triomphale dans le monde arabe, après la guerre de 1967. C'est d'ailleurs au cours de cette tournée qu'elle vint à Paris. Sa seule apparition en France se fit à L'Olympia, où elle termina son concert à 2h du matin, devant un public debout, hurlant son enthousiasme. Sous Nasser, le peuple égyptien tout entier se reconnaissait dans la voix d'Oum Kalsoum, dans ses chansons interminables, entrecoupées de rafales de violons et de percussions orientales. Les célèbres chanteurs, Abdel Halim Hafez et Farid el-Atrach connaissent, eux aussi, un succès posthume notoire.

La nouvelle génération. Les stars à la mode sont légion : Amr Diab qui fait partie des vénérables puisqu'il a déjà un tour de chant de plus de dix ans ; Mohammed Mounir qui est une figure emblématique de la Nubie dont il est originaire et qui vient d'être choisie par l'Unesco pour ses concerts au profit des oeuvres de l'organisation internationale. Une grande star, encore plus populaire est Hakim : plus âgé que les précédents, ses textes sont aimés par le peuple simple.

Enfin, la petite dernière s'appelle Ruby : très jeune, à peine vêtue de jupes courtes, son côté provocateur a enflammé les coeurs et les corps. On ne peut oublier les autres stars : Hany Shaker, Mohammed Fouad, Mohammed Al-Helou, Medhat Saleh, Ghada ragab, Hisham Abbass, Ihab Tewfik, Moustafa Amar, Hussan Hosny, Assala, Khaled Selim. La superstar actuelle s'appelle Tamer Hosny qui a hérité du surnom de King of a generation, il joue aussi au cinéma.

Les chanteurs libanais sont également très appréciés en Egypte : Fayrouz bien sûr, mais aussi Georges Wassouf, Wael Kfoury, Nancy Agram, Ragheb Alama...

Natacha Atlas, Egyptienne d'origine marocaine, gagnante des Victoires de la musique française en 2000, se montre peu en Egypte. Au contraire, Latifa, la très célèbre chanteuse tunisienne, et Samira Saïd, la non moins connue chanteuse marocaine ont élu domicile au Caire, qu'elles adorent.

Opéra. La programmation culturelle de l'Opéra du Caire est riche. Tous les samedis, à 20h (d'octobre à mai) et à 21h (en septembre, juin), l'orchestre symphonique se produit dans la grande salle. Les tickets coûtent de 20 à 50 LE ! On peut les acheter à la dernière minute ; une tenue correcte (avec cravate) est exigée pour profiter des fauteuils d'orchestre ou du parterre, sinon vous serez condamné à vous hisser jusqu'à la baignoire ou au poulailler. Des opéras et des ballets sont joués chaque année. Par ailleurs, des compositeurs égyptiens de jazz, de musique contemporaine et expérimentale se produisent aussi. Il y en a pour tous les goûts. Depuis 2003, renaissant de ses cendres, le vénérable Opéra Sayed Darwish d'Alexandrie a rouvert ses portes sur la rue Fouad. Gérée par l'Opéra du Caire, sa programmation est variée.

Musique classique. La création en musique classique est surtout représentée par le compositeur Omar Khairat. Sa musique est parfois trop au service du pays : à force de trouver son inspiration dans les événements historiques, on ne sait plus s'il sert l'art ou la nation. Il a composé de nombreuses musiques de film (site Internet : www.omarkhairat.tk). Il n'en demeure pas moins que son talent n'est pas usurpé. Sur son site, vous pouvez entendre des extraits de son répertoire, dont la très connue : Khali Balak min Aalak.

Peinture et arts graphiques

A l'échelle du monde arabe, Le Caire est un lieu de création et d'exposition contemporaine très dynamique. Photographie, peinture, sculpture : il est intéressant de jeter un oeil au travail des artistes d'aujourd'hui. Les galeries du Caire exposent des artistes différents tous les mois. Tous les deux ans Le Caire accueille aussi une Biennale de l'art contemporain. Une visite au musée d'Art moderne permet d'avoir une rétrospective des artistes égyptiens des XIXe et XXe siècles. Le marché de l'art est plus vif à Beyrouth ou dans les Emirats où les grandes maisons d'enchères publiques y organisent régulièrement de grandes ventes, qui permettent de se rendre compte de la cote des artistes égyptiens dans le marché arabe.

La première génération. Elle débute en 1908, avec l'ouverture de l'Ecole des beaux-arts de Darb el-Gamamiz, au Caire. En sortent Ragheb Ayad (1892-1982) qui représente principalement le peuple égyptien, l'homme de la rue avec sa spiritualité simple et sa foi du charbonnier. Mahmoud Saïd (1897-1964) est un peintre issu de l'aristocratie alexandrine, et fut l'oncle de la reine Farida. Il suivit des études de droit en France, mais s'intéressa aux techniques de la peinture qu'il apprit sur place et elles lui permirent, en les adaptant à l'Orient, de marquer la peinture égyptienne de ses caractéristiques propres dont s'inspirèrent ses suiveurs. Il fut aussi un grand collectionneur dont les oeuvres circulent aujourd'hui lors des grandes ventes aux enchères.

La deuxième génération. Seif Wanly (1906-1979) et son frère, Adham Wanly (1908-1959) font partie de cette deuxième génération, qui s'exprime de 1920 à 1940 dans un contexte politique faisant surgir des clivages marqués par la création de l'URSS. Beaucoup d'entre eux ne survivent pas, artistiquement parlant, à ces luttes. S'ils n'ont pas suivi la voie royale des Beaux-Arts et furent un peu boudés par la critique, Seif et Adham Wanly restent les deux grandes figures de cette période troublée. Leur oeuvre, leur donne une place d'importance dans la création égyptienne. Seif Wanly fut un artiste particulièrement prolifique puisqu'il signa 3 000 peintures et 80 000 ébauches. Il est le peintre le plus copié des contemporains égyptiens. On peut leur associer Effat Nagui (1905-1994), l'une des premières femmes à peindre en Egypte et à être reconnue pour son oeuvre.

La troisième génération et le Groupe d'Art contemporain. Ce groupe surréaliste, fondé en 1946 par Hussein Youssef Amin (1904-1984), est dominé par la figure du peintre Abdul Hadi el-Gazzar (1925-1965), considéré comme le plus grand peintre contemporain égyptien et le plus inventif. Il créa une école, le Groupe d'Art contemporain dont firent partie Youssef Kamel, Ibrahim Masuda, Al-Habshi, Mohammed Khalil et Ahmed Maher. El-Gazzar a successivement eu une période Shells, fortement inspirée de ses amis Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, une période où il a ensuite représenté le folklore de son pays, les moulids, avant de terminer sa courte vie artistique en peignant des sujets plus politiques. C'est lors d'un séjour en Italie qu'il réalisera de grandes oeuvres abstraites qui firent encore plus sa réputation de grand peintre égyptien. Hamed Nada (1924-1990) est également une grande figure de ce groupe marqué par le surréalisme, lui, le fils d'un cheikh issu d'un quartier populaire du Caire. Dans les années 1940 et 1950, il représente la société du Caire avec réalisme, appuyant sur les inégalités, les corps difformes, lourds. Il reviendra au style de Ragheb ayad à la fin de sa vie. Sans faire partie du Groupe d'Art contemporain, la peintre Inji Efflatoun (1924- 1989), poursuit sa carrière d'artiste reconnue en parallèle.

Les modernes. Georges Bahgoury (né à Louxor en 1932) a été diplômé des Beaux-Arts de Paris et du Caire. Il est l'un des plus importants peintres du moment. C'est aussi un caricaturiste aimé en Egypte, où cet art est particulièrement prisé par les lecteurs des journaux. Farouk Hosny (né à Alexandrie en 1938) fut le ministre de la culture de 1987 à 2011. Peintre de formation, il a été attaché culturel à l'ambassade d'Egypte en France en 1971, puis de l'académie égyptienne de Rome en 1979. Il est l'une des figures de l'art moderne actuel en Egypte. Chant Avedissian (né au Caire en 1951) s'est fait connaître par le montage graphique de personnages majeurs de l'histoire contemporaine égyptienne des années 1950, un peu glamour et des impressions de tissus. Depuis, sa carrière internationale se poursuit avec beaucoup de brio (site Internet : chantavedissian.com). Nazli Madkour (née au Caire en 1949) est l'une des figures féminines de la peinture contemporaine égyptienne (site Internet : www.nazlimadkour.com). Isaac Fanous (1919-2007) n'est pas un peintre comme les autres puisqu'il fut l'un des plus grands iconographes du XXe siècle, dont on peut voir des oeuvres dans la cathédrale copte catholique.

Mentionnons aussi le travail remarquable d'Anne du Boistesselin, peintre française installée au Caire depuis 2002, et dont l'approche pop up du Caire présente un grand intérêt artistique.

Photographie

La photographie connaît un développement tout particulièr au Caire. En plus des photographes étrangers qui ont décidé de s'y installer, les créateurs égyptiens sont régulièrement sur le devant de la scène internationale.

La galerie Town House, au Caire, est leur lieu de baptême obligé. Certains d'entre eux ont brillamment participé à la Biennale photographique de Bamako, tel Nabil Boutros.

Sculpture

Le plus célèbre des sculpteurs égyptiens s'appelle Adam Hénein. De son atelier dans la palmeraie de Saqqarah, il sort des oeuvres reconnues par ses pairs ; il a reçu d'ailleurs le prix du président de la République en 2004. Il est le créateur du symposium d'Assouan qui, chaque année, réunit des sculpteurs du monde entier, invités à tailler le granit rose ou gris, pendant un mois. Cette démarche connaît un retentissement énorme. Adam Hénein n'est pas avare de créativité puisqu'on lui doit la peinture moderne sur papyrus. Attention, il s'agit d'art, de création, pas de reproduction de scènes pharaoniques. Fabriquant lui-même le papyrus qu'il utilise comme support, il utilise des peintures à base de minéraux qui donnent à ses couleurs des aspects chauds.

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