Guide de BANGKOK : Arts et culture

Architecture
<p>Wat Phra Kaew et le Grand Palais.</p>

Wat Phra Kaew et le Grand Palais.

Les temples
<p>Grand Palais.</p>

Grand Palais.

Il existe près de 30 000 temples bouddhiques (ou wat) à travers le pays, dont 381 se trouvent à Bangkok. La capitale, construite seulement au XIXe siècle, ne possède pas les premiers styles architecturaux qui fleurirent durant les siècles précédents dans d'autres villes comme Ayutthaya, Lopburi, Sukhothaï pour ne citer qu'elles. La plupart des temples de Bangkok datent seulement de la fin du XVIIIe, du XIXe et du XXe siècle. C'est l'époque où le général Phya Chakri s'empare du pouvoir, prend le nom de Rama et devient le premier monarque d'une dynastie qui règne encore de nos jours. Deux périodes artistiques caractérisent cette époque : la première va du règne de Rama Ier à celui de Rama III, soit de 1782 à 1851. La seconde s'étend de Rama IV jusqu'à nos jours. C'est le style Rattanakosin, du nom de l'île qui fut un temps le siège du pouvoir politique et culturel. Lorsque Bangkok devient la capitale du pays, la ville se dote de monastères destinés à accueillir les oeuvres rapportées des régions du Centre et du Nord qui avaient été dévastées par les guerres. Dans la seconde période, c'est surtout le roi Chulalongkorn (Rama V, 1868-1910), qui fait souffler un vent de modernité sur le pays et fait adopter un style architectural très " européanisé ", consécutif à ses voyages en Europe. Ainsi, le Ratchadamnoen Klang, une sorte d'avenue des Champs-Elysées bangkokienne, a été un prélude à l'apparition d'autres larges avenues dans une ville toujours plus étendue et toujours plus peuplée, à la circulation saturée... Pour les nouveaux palais, il a été majoritairement fait appel au talent d'architectes italiens. Par exemple, le Wat Benchamabophit (temple de Marbre) est édifié en 1899, sur les conseils d'Hercule Manfredi. Son bot (chapelle) et son cloître sont alors recouverts de marbre de Carrare.

L'agencement des temples bouddhiques

Si la beauté, la grandeur, la fréquentation diffèrent selon le lieu et le degré de sacralisation du wat considéré, en revanche, sa construction repose toujours sur le même principe. Il se compose de plusieurs bâtiments indispensables dont voici les principaux :

Chedi. C'est en général le bâtiment le plus haut du temple. Sa structure se termine souvent par un dôme en forme de flèche. On peut l'apparenter aux clochers de nos églises. Plus le temple est sacré, plus le chedi sera orné de dorures et de belles peintures, voire recouvert d'or pur. Dans son enceinte, sont exposées des reliques ayant appartenu à Bouddha lui-même ou à quelques moines très méritants.

Bot. C'est la structure principale du wat, il est toujours de forme rectangulaire. C'est ici que se déroule le cérémonial bouddhique : prières, ordinations des prêtres. Il abrite la statue de Bouddha la plus vénérée du temple.

Sala. C'est un pavillon largement ouvert sur l'extérieur, tant au niveau architectural qu'au niveau spirituel, puisque ce bâtiment, où les moines se réunissent pour lire et parler, accueille aussi des visiteurs qui peuvent délibérer avec les bonzes, demander un conseil, voire y passer quelques nuits.

Ho Main. Une structure plus discrète que les autres, très souvent bâtie à l'arrière du wat. Il s'agit du crématorium, là où seront brûlés les corps de tous les moines astreints au service du wat. Si la vie du moine décédé a été particulièrement méritante, ses cendres seront recueillies et exposées dans le chedi.

Kuti. C'est en général le bâtiment le plus modeste. Il est réservé à la vie quotidienne des moines qui s'y restaurent et y dorment.

Ho Traï. Ce bâtiment est la bibliothèque du wat. Elle renferme des livres de prière, des livres sacrés ayant appartenu à des moines respectés ou d'innombrables documents sur la vie de Bouddha.

Buildings et architecture contemporaine

Bangkok ne s'est pas construite selon un schéma planifié, mais elle s'est étendue et modernisée au fil des ans et de l'augmentation de la population. Des terrains entiers ont été réquisitionnés pour la construction de projets d'envergure. Ces réalisations sont le plus souvent le fait de projets privés indépendants, qui, ajoutés bout à bout, forment le paysage urbain que l'on découvre. Voici quatre bâtiments marquants.

Baïyoke tower. 222 Rajprarop Road. Le plus haut bâtiment de Thaïlande construit selon les plans de l'architecte thaïlandais Sinn Phonghanyudh se remarque de loin avec ses 304 mètres de haut. Il abrite notamment un hôtel 5-étoiles avec restaurant panoramique. Situé au coeur de la ville, il en est un de ses symboles comme la tour Eiffel l'est pour la France. Construite en béton armé, la tour demeure le plus haut bâtiment du monde construit avec ce matériau.

State tower. 1055 Silom Road. Construite en 2001 sur les plans de l'architecte Rangsan Torsuwan, cette tour est le plus large building d'Asie avec ses 81 étages et ses 247 mètres de haut. Elle possède au sommet un vaste dôme doré de style néo-classique et abrite le plus haut restaurant en plein air du monde, le Sirocco.

Robot building. 191 South Sathorn Road. Situé dans le quartier de Sathorn, ce bâtiment, réalisé par Sumet Jumsai en 1986, est un bel exemple d'architecture moderne. Sa forme fait référence au monde de l'informatisation du monde bancaire puisqu'au départ le bâtiment était destiné à la Bank of Asia. Petit détail amusant, ses yeux sont faits avec des verres réfléchissants.

Elephant tower. Intersection Phaholyothin Road et Ratchadapisek Road. Ce bâtiment est l'un des plus célèbres de la capitale en raison de sa forme qui est, comme son nom l'indique, celle d'un éléphant, composé de trois tours reliées entre elles et mesurant plus de 100 mètres de haut. Sa forme ne plaît pourtant pas à tout le monde et il a souvent été élu l'un des bâtiments les moins beaux de la ville !

Artisanat

La Thaïlande est le pays de l'artisanat par excellence, prévoyez donc un sac supplémentaire pour les coups de coeur. Même si l'artisanat le plus beau reste celui que l'on trouve au nord du pays, Bangkok possède suffisamment de magasins et d'adresses pour étancher une soif de souvenirs. En ce qui concerne l'or et les pierres précieuses, le choix est plus grand à Bangkok, mais il faut rester méfiant et s'orienter vers les adresses les plus réputées. De nombreuses boutiques, généralement tenues par des Chinois dans le quartier de Chinatown, vendent de l'or (bagues, bracelets, colliers...). Pour un achat important, il est préférable d'être accompagné par un ou une Thaï(e). Attention : l'or thaï titre généralement à 24 carats, c'est de l'or pur. Il est donc un peu mou et très fragile, mais ne doit pas être confondu avec le plomb plaqué or !
En dehors des bijoux, on peut trouver de l'argenterie, du bois sculpté (bois de rose, teck, ébène, jaquier...), des bols, écuelles, boîtes, plateaux... des objets en laque noire et dorée sur bambou (la laque rouge ou verte est d'origine birmane), des objets en papier mâché (ombrelles peintes de fleurs et d'oiseaux, éventails, paravents et lampes), des objets en bronze et en laiton (statues, objets, très beaux couverts en bronze ou en bronze et bois), en bois précieux (petit et gros mobilier sculpté ou non, certains magasins les expédient), des poupées thaïes et bien évidemment de la soie (la plus belle du monde, tissée à la main), des céramiques, du cuir (sacs et ceintures en crocodile et serpent, imitations de grandes marques ou non).

Côté imitation, on trouve facilement des montres, des lunettes de soleil, des sacs, des vêtements, surtout des pulls, tee-shirts, casquettes, des chaussures. Ces imitations pullulent carrément partout dans la capitale et de manière générale en Thaïlande.

Attention ! La législation française concernant les copies de marques est intransigeante. Si vous vous faites attraper à la douane française, ne serait-ce qu'avec un seul faux Lacoste, cela vous coûtera très, très cher. Outre le paiement de la TVA et d'une belle amende, vous risquez maintenant des poursuites pénales. A vous de voir...

Que rapporter de son voyage ?

Masques Khon : ces masques sont issus des danses thaïlandaises classiques qui illustrent des épisodes du Ramakien, combat légendaire entre le bien et le mal d'inspiration bouddhiste. Ces masques peuvent être d'une extrême finesse. Si généralement ils ont la taille d'un visage humain, car ils sont utilisés pour la danse, on en trouve des reproductions plus petites, vendues juste pour la décoration. Pour trouver une bonne adresse, le mieux est de se renseigner directement à l'école de danse qui vous orientera.

Objets en laque : le travail de la laque est l'une des techniques les plus anciennes de Thaïlande et du reste de l'Asie du Sud-Est. Les objets proviennent surtout du nord du pays, de la région de Chiang Maï, mais on peut en trouver de beaux exemplaires à Bangkok dans des boutiques spécialisées ou sur des marchés.

Soie : la soie est une matière noble très présente en Thaïlande et l'on peut trouver toutes sortes de vêtements en soie, de l'écharpe au kimono, en passant par des chemises. Sa qualité est considérée comme l'une des meilleures au monde, mais, bien évidemment, les vêtements que vous verrez ne seront pas toujours de la meilleure qualité. Une adresse réputée, qui reste cependant chère, est la fabrique de Jim Thompson ou encore les produits venant de la fabrique Shinawatra, basée à Chiang Maï, mais vendus dans la capitale.

Poupées : elles font entièrement partie de la culture et de la tradition thaïlandaise, et on peut trouver de beaux modèles à Bangkok. Parées de costumes flamboyants et richement décorées, ces poupées n'étaient au départ que réalisées à Bangkok, mais désormais on en trouve un peu partout en Thaïlande.

Bois sculpté : une autre spécialité de la Thaïlande réalisée en même temps par les hommes et les femmes, les premiers effectuant le gros oeuvre tandis que les secondes s'occupent généralement des finitions. La sculpture sur bois se fait autant pour de petits objets de décoration que des tableaux ou des ustensiles. Le bois peut être agrémenté de dorures, de laque ou rester naturel et seulement être peint ou verni. Méfiez-vous des objets soi-disant en bois, qui s'avèrent être de la résine ou du mauvais bois importé souvent d'Indonésie !

Cinéma

Le cinéma asiatique dans son ensemble est encore assez largement importateur de fictions américaines, comme le cinéma européen du reste. La Thaïlande n'échappe pas à la règle, d'autant que la population raffole des films d'action privilégiant les effets spéciaux spectaculaires, tels les fameux Ong-Bak et L'Honneur du dragon réalisé par Prachya Pinkaew. Force est de reconnaître que les films français sont peu nombreux dans les salles, mis à part dans les cinémas diffusant des films d'auteurs, telle que la House RCA à Bangkok. Le choix actuel serait néanmoins en train d'évoluer en faveur des films européens, ou même asiatiques d'un genre nouveau : il semble que les élites thaïlandaises aient soif de culture différente. L'épopée historique connaît particulièrement un grand succès, notamment grâce aux films réalisés par Chatrichalerm Yukol : La Légende de Suriyothai (2003), et la trilogie La Légende du roi Naresuan.

La " Nouvelle Vague " thaïlandaise

Le cinéma thaïlandais est en pleine phase de développement, et de nombreux jeunes réalisateurs tentent leur chance, avec un certain succès d'ailleurs. Pour mémoire, Oncle Boonmee (Celui qui se souvient de ses vies antérieures) de Apichatpong Weerasethakul a remporté la Palme d'Or au Festival de Cannes de 2010. En 2012, il est à nouveau présent avec le film Mekong Hotel. Quelques années plus tôt, ce même réalisateur y avait déjà reçu le prix Un Certain Regard pour Blissfully Yours : inspiré d'un fait divers survenu en 1998 et décrivant la vie quotidienne en Thaïlande. Bien d'autres metteurs en scène sont apparus, comme Thanut Jitnukul - Kun Pan, The Legend of the War Lord - ou Bang Rajan - Village Warrior (évocation de la guerre du XVIIIe siècle contre les Birmans). Un cinéma riche et imaginatif qui n'a donc pas manqué d'attirer de célèbres réalisateurs occidentaux en quête d'idées nouvelles : Coppola a ainsi participé au montage d'un superbe film de Chatri Chalerm Yukoi, Suriyothai, traitant de l'épopée historique thaïlandaise.

Site Internet du World Film Festival de Bangkok : www.worldfilmbkk.com

Danse
<p>Danseuse en costume traditionnel.</p>

Danseuse en costume traditionnel.

La danse est une activité importante et de longue date, en Thaïlande, on en compte divers styles liés à des contextes bien précis. La danse traditionnelle (Ram Thai ou Rabam) est la principale forme d'art dramatique en Thaïlande. Comme la plupart des danses traditionnelles asiatiques, elle peut se répartir en deux catégories : danse classique et danse folklorique.

Le " Lam Wong ", par exemple, est une danse traditionnelle encore pratiquée dans les villages à l'occasion des fêtes de famille (également au Laos). Mais il faut admettre que la jeune génération ne s'y intéresse plus guère et lui préfère le défoulement des boîtes de nuit cacophoniques, que l'on trouve désormais dans tout le pays !

La danse classique se déroule dans un contexte théâtral et comprend les formes suivantes " Khon ", " Lakhon " et " Fone Thaï ". Le " Khon " est une forme de danse particulièrement stylisée qui s'apparente au théâtre mimé. Elle est en effet interprétée par des danseurs muets tandis que l'histoire est chantée par un choeur installé à côté de la scène. La chorégraphie suit les modèles traditionnels et n'est guère sujette aux innovations. Le Khon retrace en fait les épisodes du " Ramakien ", épopée tirée du bouddhisme. Les costumes correspondent aux caractéristiques traditionnelles et les démons portent des masques aux couleurs vives. Le " Lakhon ", quant à lui, est un spectacle couvrant une gamme d'histoires plus étendue que le Khon comprenant certains contes et les épisodes du Jataka (histoire complexe des réincarnations successives, ou avatars, de Bouddha). Les danses sont habituellement interprétées par des femmes évoluant en groupe plutôt que par des rôles individuels.

La danse folklorique comprend le " Likay ", utilisé comme divertissement populaire, et un certain nombre de danses régionales ou " Ram " pratiquées à l'occasion des fêtes traditionnelles.

Le "Likay" est beaucoup plus varié que le " Lakhon " ou le " Khon ". Les histoires peuvent être originales. Elles comprennent des chants, un jeu de comédie et certaines facéties. Les costumes peuvent être traditionnels, contemporains ou une combinaison des deux. La danse " Likay " est très souvent exécutée lors des fêtes de village.

D'autres danses sont spécifiquement rituelles comme le " Ram Muay ", le " Wai Khrou " ou le " Waï ". Le " Ram Muay " est une danse rituelle exécutée avant chaque combat de boxe, comme dans le cas du " Muay Thaï ". Le " Wai Khrou " est un rituel pour rendre hommage au " Khrou ", c'est-à-dire au maître. Cette danse est exécutée par les combattants d'un match de boxe. Le " Waï " est une cérémonie annuelle accomplie par les groupes de danse classique pour honorer leurs ancêtres et précurseurs artistiques. " Waï " désigne également le salut adressé en signe d'accueil bienveillant à un ami ou un hôte.

Littérature
<p>Bibliothèque sur pilotis au Wat Rakhang - Résidence de Rama 1er.</p>

Bibliothèque sur pilotis au Wat Rakhang - Résidence de Rama 1er.

L'influence khmère et la civilisation môn, qui avait assimilé les textes religieux et juridiques de l'Inde, ont marqué fortement le pays. La Stèle de Rama le Fort (XIIIe siècle), chef-d'oeuvre du thaï ancien, est considérée comme le premier texte important de la littérature thaïe, qui connaîtra plus tard, avec Ayutthaya, deux périodes fastes. En 1431, les Siamois prennent Angkor, ouvrant la voie à la pénétration au royaume de l'influence angkorienne dans les monastères, où les bonzes commentent les textes bouddhiques et les traduisent en siamois.

Au XVIIsiècle, le théâtre royal connaît un essor remarqué sous le règne de Phra Naraï, qui ouvre son pays sur l'Occident. Le XVIIIsiècle correspond au début de la modernité, avec l'apparition de la presse et la vogue des chroniques. La littérature devient un art majeur au XXe siècle, freinée cependant par le phénomène d'analphabétisme encore bien présent de nos jours, qui fait que l'oralité reste privilégiée.

L'oeuvre littéraire thaïlandaise la plus célèbre est sans aucun doute le poème composé par Sunthorn Phu au XVIIIe siècle, long de 30 000 vers. Ce poème raconte l'histoire d'un prince en exil qui doit achever une odyssée faite de guerres et d'amours, avant de rentrer en vainqueur dans son royaume.

Parmi les auteurs contemporains, citons Kukrit Pramoj, qui a écrit Quatre Règnes, ouvrage portant sur la vie à la cour royale, et le Bambou rouge, qui traite le conflit entre le bouddhisme et la politique avec l'arrivée du communisme. Khamsing Srinawk est l'auteur très en vogue de nouvelles, alors que Suwani Sukonta a écrit notamment Un homme appelé Karn, ou l'histoire du combat d'un médecin contre la corruption.

La littérature pour enfants est encouragée par le gouvernement actuel, incluse dans un programme éducatif culturel ambitieux. La littérature française n'est pas oubliée en Thaïlande puisque certains classiques sont traduits dans la langue locale, comme Les Misérables de Victor Hugo, grâce à certaines maisons d'édition francophiles comme Khao Fang.

En 2013, Bangkok est désigné par l'UNESCO capitale mondiale du livre.

Médias locaux
Presse écrite

Il existe plusieurs revues éditées en français ou en anglais que l'on trouve à Bangkok.

Gavroche est un mensuel francophone dédié à l'Asie du Sud-Est (Thaïlande, Cambodge, Laos, Viêt-nam). Il est évidemment lu par les expatriés francophones. C'est une source d'informations sur les événements artistiques, et il y a de bons articles de fond sur Bangkok et l'ensemble du pays. C'est un vrai magazine, avec une ligne éditoriale sérieuse et des collaborateurs dont certains sont d'éminents journalistes. Bref, une lecture recommandable pour qui veut se familiariser avec la Thaïlande sans devoir lire les journaux en anglais.

BK Magazine. Parution bimensuelle en anglais sur Bangkok. Shopping, restos et bars, bref les dernières tendances et les dernières bonnes adresses, le tout gratuit !

Bangkok Post. Quotidien en langue anglaise, sérieux et très bien fait. L'impression est de meilleure qualité que chez son concurrent, Nation. Publié depuis 1946, ce journal donne de bonnes informations régionales.

Nation. Journal anglophone plus orienté vers le sensationnel : certaines informations sont d'ailleurs contestées. L'impression est de qualité médiocre, il faut se laver les mains après manipulation !

Pour se tenir informé sur la conjoncture socio-économique du pays : Far Eastern Economic Review et Asia Week publient chaque année A Year Book regroupant les statistiques et analyses des événements économiques, militaires et politiques de l'année écoulée.

Télévision

Les chaînes publiques thaïlandaises sont toutes désignées par un numéro impair : 3, 5, 7, 9 et 11, plus ITV, rachetée par Thaksin Shinawatra, milliardaire et homme politique thaïlandais qui jugeait ce média indépendant trop critique à son égard.

Les programmes se composent des mêmes ingrédients : émissions de variétés, " Soap Operas " (à l'heure du dîner), séries américaines (comme en France, décidément !), jeux sponsorisés par de grandes marques commerciales (société de consommation oblige !) et reportages d'information sur la famille royale (on ne critique pas, on respecte).

L'accès à la TV câblée ou retransmission par satellite se généralise comme partout dans le monde. Mais le choix habituel, disponible dans les établissements de petites et moyennes gammes, comprend les canaux suivants : CNN, BBC, RAI, plusieurs chaînes de sport et de cinéma (anglophones) et, parfois, TV5 Monde Asie, dont les programmes assez diversifiés sont en voie d'amélioration, semble-t-il. Les grands hôtels offrent habituellement un choix de 60 chaînes satellite, comme en Occident.

Radio

Il existe en Thaïlande, comme dans tous les pays, une profusion de radios FM (modulation de fréquence) et AM (modulation d'amplitude) : plus de 400 au total. Un certain nombre de programmes anglophones, dont 97 FM, 107 FM et Radio Bangkok : 95,5 FM.

Musique
Musique traditionnelle

Les chants anciens, datant de l'époque Sukhothaï, sont encore pratiqués de nos jours, comme le Phlep Thep Thong. Mais les techniques vocales et les regroupements musicaux se sont véritablement développés pendant la période Ayutthaya. A la même époque, le Ramakien (épopée retraçant l'affrontement mythique entre le Bien et le Mal) servit naturellement de source d'inspiration aux poètes qui se lancèrent dans l'écriture des textes servant actuellement de référence. Les oeuvres se traduisaient par une suite de chants désignée sous le terme de Phleng Rua. Suite à la fondation de la nouvelle capitale Bangkok, le théâtre chanté poursuivit un développement privilégié par la royauté.

Les chants traditionnels thaïs sont accompagnés de percussions ou d'instruments à vent parfois rudimentaires. Le chant se pratique à l'unisson : les tonalités graves sont quasiment inexistantes. Les tambours sont utilisés essentiellement à l'occasion des danses.

Musique classique

Depuis l'Antiquité, les Thaïlandais fabriquent eux-mêmes leurs instruments avec les matériaux dont ils disposent (bambou, bois). C'est au contact de la culture indienne et lorsque cette dernière arrive dans le pays que de vrais chants et instruments voient peu à peu le jour. A l'époque Ayutthaya, la technique s'améliore. Les chants sont accompagnés de plusieurs musiciens, généralement 8 et encore aujourd'hui ces chants sont joués. La musique classique occidentale est arrivée beaucoup plus tard et ne fut introduite dans le pays qu'à partir du XIXsiècle, sous l'impulsion de la famille royale, qui à l'époque l'appréciait beaucoup. Au début du XXe siècle, un musicien, Phra Chen Duriyang, ayant appris le piano (et quelques autres instruments à cordes) grâce à son père allemand, contribua à faire connaître les grands compositeurs européens (Bach, Mozart, Beethoven entre autres) en Thaïlande. C'est lui qui créa le premier orchestre symphonique thaï, sous l'égide du Département royal du spectacle. Il forma également de nombreux musiciens. A partir des années 1930, bien d'autres orchestres virent le jour et, en novembre1982, le Bangkok Symphony Orchestra donna son premier concert, cinq mois à peine après avoir été créé.

Aujourd'hui encore, le roi Bhumibol Adulyadej manifeste un réel talent d'interprète et de compositeur de jazz. La princesse Maha Chakri Sirindhorn joue également de plusieurs instruments traditionnels. Cependant, la musique classique et le jazz semblent toujours réservés à certains initiés de la bonne société nantie et restent quasiment méconnus des classes laborieuses.

Musique populaire

Vers le début des années 1950, la musique populaire occidentale a été plus facilement acceptée par un large public thaïlandais : on trouve aujourd'hui de nombreux groupes qui mêlent diverses influences pop rock avec des airs d'origine traditionnelle (ne voit-on pas, sur certaines photos pieusement exposées, le couple royal devisant en compagnie d'un certain Elvis Presley ?). Cependant, la Thaïlande résiste plutôt bien à l'omniprésence mondiale des variétés américaines contemporaines et lui préfère des productions purement locales : depuis la chanson à l'eau de rose sur accompagnement de synthétiseur, au hard rock ou heavy metal version siamoise, dans un registre provocateur très actuel.

Depuis plusieurs années, le groupe Carabao (formé en 1977) connaît un réel succès : son franc-parler assez inhabituel (dans un pays comme la Thaïlande) est apprécié par le jeune public, en quête d'idoles. La pop thaïlandaise, aussi connue sous le nom de musique string, est la musique tendance du moment, diffusée sur la grande majorité des ondes radio et des chaînes télévisées du pays. Elle s'est popularisée dans les années 1990, au moment du carton des boysbands et en conserve toujours l'esprit très teenage, avec des sons et rythmes souvent recyclés, des paroles à l'eau de rose et des clips romancés dans lesquels chanteurs et musiciens se livrent à des chorégraphies parfaitement déterminées. L'une des figures les plus populaires de la musique string thaïlandaise est Tata Young, une jeune américano-thaïlandaise, à présent célèbre dans toute l'Asie du Sud-Est, qui a démarré très jeune dans la musique et, à cause de son côté sulfureux et provocateur, est souvent comparée à Madonna. Parmi les plus connus de nos jours : Bodyslam, Big Ass et Silly Fools. Ce genre de musique, facilement comparable à ce que l'on nomme en France de la musique commerciale, garde néanmoins une touche thaïlandaise avec un rythme générique assez country, et des sonorités plutôt aiguës. En définitive, il semble bien que la musique de variété thaïlandaise ait su allier les rythmes modernes aux mélodies asiatiques, et cela avec un réel talent.

Quant au karaoké, importé du Japon il y a déjà un certain nombre d'années, il a fait une entrée fracassante en Thaïlande, mais il faut tout de même reconnaître qu'il doit davantage son succès à la contribution qu'il apporte au tourisme sexuel asiatique qu'à la qualité de ses harmoniques !

Peinture et arts graphiques
<p>Fresque au Wat Phra Kaew.</p>

Fresque au Wat Phra Kaew.

Moins présente que la sculpture, la peinture thaïlandaise existe tout de même. Elle est avant tout utilisée pour l'illustration de livres même si on la retrouve également dans la décoration de bâtiments, de temples et de palaces. Dans la peinture et le dessin, à la différence de l'art occidental, les personnages sont représentés en deux dimensions sans perspective, et la taille des personnages dépend de leur importance. Les objets et les personnages sont tous bien séparés les uns des autres. La perspective n'est apparue qu'au XIXe siècle et ne reste qu'une influence de l'art occidental sur l'art thaïlandais. On retrouve comme thèmes principaux évidemment le bouddhisme, mais aussi des représentation de scènes thaïlandaises traditionnelles : personnages en habits de danse, scènes de prière, etc. Art minutieux, les oeuvres sont souvent très colorées, et les détails, notamment des habits, sont toujours minutieusement retranscrits.

Sculpture
<p>Wat Phra Kaew.</p>

Wat Phra Kaew.

L'histoire de la sculpture thaïe se confond avec celle de son architecture, et toutes les oeuvres ont été réalisées dans un but religieux, les représentations de Bouddha étant les plus nombreuses. La pierre fut le matériau le plus utilisé, mais rien n'était trop beau pour rendre hommage au Sage, et les minéraux et métaux les plus précieux servirent aussi pour son culte. Les premières sculptures étaient en pierre ou en bronze et représentaient les divinités bouddhiques et hindoues, les artistes étant contraints de respecter certaines règles édictées en Inde, berceau des deux religions. On ne sait pratiquement rien sur ces premiers sculpteurs puisqu'aucun nom n'a été laissé sur les oeuvres.

Les statues de Bouddha portent toujours l'un des signes distinctifs que les autorités bouddhistes inventèrent, car aucun portrait n'existait. Il y a ainsi trente-deux motifs spécifiques que l'artiste, et donc la sculpture, doit inclure dans la représentation qu'il fait de Bouddha pour qu'il soit reconnaissable au premier coup d'oeil. Tous ces signes particuliers ne peuvent pas figurer en même temps, cela ferait trop ; on n'en fait donc apparaître que certains dans chaque sculpture, voire un seul pour que cela suffise. Par exemple, la coiffure de Bouddha, appelée ushnisa, est le symbole de la sagesse ; le drap, qui recouvre son corps et laisse apparaître ses muscles et ses côtes, montre sa supériorité sur l'homme moyen ; le vêtement simple signifie la parfaite pureté de son esprit.
En Thaïlande, son corps est également asexué, symbole de la discipline spirituelle supérieure au désir physique. Ses yeux sont légèrement baissés et en forme de boutons de fleur, et il arbore un léger sourire qui témoigne de sa paix intérieure.

Bouddha fut représenté de manière différente selon les époques (Dvâravatî, Lopburi...) : les Môns, par exemple, le représentaient avec un grand visage aux yeux proéminents, au nez large, aux lèvres épaisses, ou encore debout, droit, les mains dans la position mudra (les mudra sont des gestes spécifiques de la main constituant un véritable langage) de méditation, les deux côtés du corps parfaitement identiques. La représentation de Bouddha a également évolué selon les époques.

Le premier style Lan Na créait un personnage particulièrement robuste : épaules larges, poitrine gonflée et taille fine, visage rond et coloré, jambes croisées avec les chevilles bloquées dans la position du lotus, plantes des pieds tournées vers le haut ; le second style Lan Na lui donnait un corps plus mince, au vêtement plus long, au visage ovale, à la tête surmontée d'une flamme Sukhothaï au lieu du bouton de lotus. Les artistes du Lan Na créaient aussi des statuettes animales : éléphants, grenouilles, oiseaux à deux têtes... Le Bouddha de Sukhothaï était encore différent : son asymétrie montrait que les sculpteurs ne fondaient pas leurs oeuvres sur des critères esthétiques, mais en fonction de l'interprétation littérale des textes religieux et des canons rédigés en pali qui indiquaient tous les signes distinctifs (Iakshana) de Bouddha.

Signes particuliers : nez aquilin en forme de bec de perroquet, coiffure en V à la racine des cheveux, trois plis sur le cou, lobes des oreilles très allongés (témoignage de son précédent statut de prince), bras longs et sinueux, comme il est stipulé dans les Saintes Ecritures.

Dans le style Ayutthaya, les statues sont représentées dans des attitudes beaucoup plus variées et une gestuelle plus riche qu'à toutes les autres périodes de l'art thaï : mains jointes à hauteur de la poitrine, tenant le bol à aumônes, main levée en signe d'apaisement, pouce et index en forme de cercle signifiant l'enseignement ou la prédication. Bouddha fut souvent sculpté dans une position allongée, et certaines de ces oeuvres ont des dimensions monumentales.

Le style Rattanakosin se caractérise par le foisonnement de décorations majestueuses autour de Bouddha, ce qui rompt avec la simplicité et le raffinement des statues des époques précédentes. Sous le règne de Rama III, trente-quatre nouvelles attitudes tirées des événements les plus importants de la vie de Bouddha furent commandées, mais bientôt délaissées du fait de leur impopularité ; seules restent les six attitudes traditionnelles.

Le style U Thong enfin a développé une iconographie avec une séparation étroite entre le front et les cheveux, a instauré des doigts de longueur inégale, des cheveux bouclés et un visage carré (mélange d'influences môn et khmère).

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