Guide de BANGKOK : Politique et économie

Politique
<p>Le Roi Bhumibol Adulyadej (Rama IX).</p>

Le Roi Bhumibol Adulyadej (Rama IX).

Structure étatique

Indépendante depuis 1928, la Thaïlande est une monarchie constitutionnelle. C'est le seul pays de l'Asie du Sud-Est qui n'a jamais été colonisé par les Occidentaux. Le système électoral thaïlandais se compose d'une Chambre basse où siègent les députés élus pour des mandats de 4 ans et le Premier ministre. Il possède ensuite une Chambre haute qui est elle constituée de sénateurs dont le mandat est de 6 ans. La Thaïlande possède une Constitution. Adoptée par référendum, le premier du genre dans le pays, en août 2007, elle est depuis 2012 remise en question par l'actuel Premier ministre. Il s'agissait de la 18e Constitution que le pays approuvait depuis 1932 ! En 2009 Abhisit Vejjajiva devient Premier ministre de Thaïlande dans un climat politique tendu où manifestants en faveur et contre l'ancien Premier ministre Thaksin se succèdent dans des séries de manifestations de plus ou moins grande ampleur. En 2011, c'est Yingluck Shinawatra, soeur de l'ancien Premier ministre Thaksin qui est nommée à son tour aux plus hautes fonctions de l'Etat, suite aux élections legislatives de juillet gagnées par son parti. Majoritaire, le Puea Thaï et 5 autres petits partis forment une coalition. Depuis son élection, Yingluck Shinawatra a mis en oeuvre un programme économique visant à répondre aux attentes de la population thaïlandaise en matière de pouvoir d'achat (augmentation du salaire minimum journalier dans l'ensemble du pays à partir du 1er janvier 2013, augmentation de salaire pour les titulaires d'un diplôme d'université, accès au crédit, programme de subvention du riz, du caoutchouc, du maïs)...

Partis
<p>Drapeaux thailandais.</p>

Drapeaux thailandais.

La Thaïlande possède de nombreux partis politiques qui présentent chacun des candidats aux élections nationales ; ils étaient 38 en lice mais seulement 9 ont pu faire élire au moins un député aux dernière élections législatives. Les démocrates et le parti du Premier ministe, le Puea Thaï, détiennent ensemble 85% des sièges de l'actuelle assemblée. Ces élections ont montré une forte accentuation de la polarisation entre le sud du pays, fidèle aux démocrates, et l'est du pays acquis au Puea Thaï.

Le roi Bhumibol

Le roi de Thaïlande était un véritable dieu vivant pour la grande majorité du peuple thaï. Phra Bat Somdet Phra Chao Yu Hua Bhumibol Adulyadej, puisque telle était son appellation officielle, a connu un long règne, de près de 70 ans ! Ses prises de position étaient rares et donc d'autant plus écoutées, et elles ont eu une réelle influence sur la politique du pays, alors qu'officiellement, par la Constitution, ses pouvoirs effectifs étaient plutôt restreints. Garant de l'unité nationale du pays, il avait mis fin par un simple discours au coup d'Etat réussi de 1991, fomenté par quelques généraux, qui se sont retirés à la suite de la demande du roi. Plus près de nous, il avait, pour la première fois depuis le début de son règne, critiqué un Premier Ministre en exercice, parlant de " promesses non tenues ", " d'arrogance exacerbée " et de politique économique menée " en dépit du bon sens ". L'humiliation a été terrible pour le chef du gouvernement d'alors, M. Thaksin. En dehors de ces coups d'éclat, le roi, tout en veillant à maintenir les traditions du pays, s'était employé à ouvrir son royaume au monde moderne. En effet, ses études aux Etats-Unis et ses nombreux voyages en Europe - c'est d'ailleurs à Paris qu'il fit la connaissance de la future reine Sirikit - lui avaient fait comprendre que la Thaïlande ne devait pas rester fermée aux pays occidentaux. Le roi et son épouse avaient toujours été très attentifs à la vie quotidienne du petit peuple et des gens modestes du royaume. Le souverain s'était ainsi beaucoup investi dans la défense des petits paysans et dans des projets de développement des richesses agricoles. La reine Sirikit est quant à elle un défenseur reconnu de l'artisanat local, et sa compétence en ce domaine est très grande. Elle ne manque jamais au cours de voyages à l'étranger de vanter telle qualité de soie ou tel vêtement ouvragé. La question est taboue, mais beaucoup s'interrogent sur l'avenir du royaume depuis la disparition du roi Bhumibol à l'âge de 88 ans. Son aura était telle que de graves remous pourraient affecter le royaume dans un proche avenir. La succession monarchique est un enjeu politique primordiale pour la Thaïlande. La fin de règne du vieux roi a été entachée par son instrumentalisation politique, notamment en entérinant le dernier coup d'Etat ainsi que le putsch du 22 mai 2014 qui a éjecté un autre gouvernement pro-Thaksin. Le prince héritier Wachiralongkorn, soutenu par les rouges, est loin d'avoir la même aura et la même popularité que son père auprès du peuple thaïlandais. L'armée et les jaunes ont toujours préféré la fille du roi, la princesse Maha, mais c'est bien l'héritier de 64 ans qui succèdera à son père. La crise politique que subit actuellement la Thaïlande risque bien de s'éterniser alors que le futur roi a demandé un délai de recueillement d'un an. Les élections ont été encore une fois repoussées à plus tard.

Enjeux actuels

La situation politique actuelle instable est due à différents événements qui prennent leur source en 2006. En effet, c'est le 19 septembre 2006 que l'armée thaïlandaise lance un coup d'Etat contre le Premier ministre de l'époque Thaksin Shinawatra. Ce dernier est soupçonné d'avoir détourné des fonds et de n'avoir pas payé d'impôts pour l'entreprise qu'il possède. Les militaires prennent le contrôle et nomment - par l'intermédiaire du roi - le général à la retraite Surayud Chulanont, ancien commandant en chef de l'armée, comme Premier ministre par intérim. Une Constitution provisoire est également proclamée le 1er octobre.

Le 19 août 2007, lors du premier référendum de l'histoire du pays, le peuple thaïlandais approuve cette nouvelle Constitution avec 58,34 % des voix et un taux de participation de 55 %. Cette Constitution est suivie d'élections qui se déroulent en décembre 2007 sous la direction de la junte militaire. D'anciens partisans de Thaksin reviennent au pouvoir et c'est Samak Sundaravej du parti démocrate qui devient Premier ministre, contraint toutefois de démissionner moins d'un an plus tard en septembre 2008, là aussi pour une histoire de corruption. Finalement, le 15 décembre, l'Assemblée, sous la pression des manifestations organisées par l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), choisit Abhisit Vejjajiva comme nouveau Premier ministre. Vejjajiva est nommé pour 4 ans, mais depuis il fait face à une contestation populaire (chemises rouges) organisée et financée par Thaksin. C'est cette situation tendue et délicate qui depuis 2008 perdure, fragilisant notamment l'économie du pays.

Les événements de 2010

En 2010, les partisans de Thaksin, les désormais fameuses " chemises rouges " du Front national uni pour la démocratie et contre la dictature, organisent une grande manifestation le 14 mars à Bangkok pour obliger le gouvernement à tenir des élections anticipées. Rapidement, les événements dégénèrent, et le centre-ville de Bangkok est bientôt occupé. Cela va durer pendant près d'un mois, avant que les forces armées donnent finalement l'assaut le 19 mai. Les manifestants sont alors obligés de se rendre, mais la répression est sanglante et fait plusieurs morts. La crise, la plus grave qu'ait connue la Thaïlande moderne, avait fait 90 morts et plus de 1 900 blessés. Malgré cette montée de violence, le gouvernement ne cède pas aux revendications et ainsi n'organise pas les fameuses élections anticipées. Les deux camps restent retranchés dans leur position, et les partisans de Thaksin continuent à se mobiliser, notamment en province comme à Ayutthaya. En parallèle, la Cour criminelle de Bangkok émet, le 25 mai 2010, un mandat d'arrêt international pour " terrorisme " contre Thaksin Shinawatra, confirmant ainsi le bras de fer qui se poursuit autour de la personne de l'ex-Premier ministre.

Les élections de 2011

Yingluck Shinawatra devient en 2011 la première femme à diriger le gouvernement dans l'histoire du royaume et prend le portefeuille de la Défense. Un symbole de taille pour celle dont le frère Thaksin Shinawatra, aujourd'hui en exil a été chassé par le pouvoir militaire en 2006. En 2013, les deux principales priorités du gouvernement de Mme Shinawatra restent pour le moins sujettes à controverse. Les projets de réforme de la constitution de 2007 et le vote d'une loi de réconciliation nationale.

En politique extérieure

Les rapports jusque-là tendus avec le Cambodge, autour d'une zone contestée située aux abords du temple khmer de Preah Vihear ont depuis l'élection de la nouvelle Première ministre pris une nouvelle tournure allant vers l'apaisement et la reprise des visites bilatérales de haut niveau.

De manière générale, la Thaïlande a toujours joué un rôle actif en Asie du Sud-Est. Membre fondateur de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN), la Thaïlande attache beaucoup d'importance à cette organisation, qui a vu le jour à Bangkok en 1967. Elle en a assuré la présidence du 1er juillet 2008 au 31 décembre 2009.

Économie

Capitale politique de la Thaïlande, Bangkok est aussi la capitale économique du pays. La ville accueille ainsi les sièges sociaux de la plupart des principales banques et des institutions financières de Thaïlande. Plaque centrale en Asie du Sud-Est, elle abrite aussi les sièges d'agences internationales comme la Commission économique et sociale de l'ONU pour l'Asie et le Pacifique (ESCAP). Bangkok possède également une place boursière et son port lui permet d'être très active au niveau import/export à l'échelle internationale.

Principales ressources
<p>Marché de Pak Khlong.</p>

Marché de Pak Khlong.

Services très développés, banques, assurances... Mais tout comme dans le tourisme, la Thaïlande s'est forgée une extraordinaire réputation mondiale dans le secteur médical. La progression est exponentielle depuis 1997, date à laquelle le programme a démarré. Service de qualité, équipements ultramodernes, personnels formés en Europe ou aux Etats-Unis, le tourisme médical attire de plus en plus de monde dont de nombreux Occidentaux. Plus 3 millions de personnes sont venus se soigner en Thaïlande en 2013 et principalement à Bangkok. La ville possède une trentaine d'hôpitaux accrédités, des centaines de cabinets dentaires, des cliniques privées spécialisées dans les problèmes d'obésité, la chirurgie esthétique, les questions de fertilité...

Place du tourisme

Le tourisme est une manne essentielle pour la Thaïlande avec près de 10 % du PIB. Après 2011, année record, et une augmentation de 30 % de ses recettes touristiques, le pays en 2012 a vu défiler plus de 20 millions de touristes, dont une très grande majorité a transité et s'est arrêtée à Bangkok. Le tourisme est la première source de devises étrangères de Thaïlande. La majorité des visiteurs vient des autres pays asiatiques (55 % au premier rang desquels la Malaisie et le Japon), suivis par les Européens (25 %) et enfin par les Américains (7 %). La construction de l'aéroport international de Bangkok a joué incontestablement un rôle majeur dans l'essor de l'activité touristique et cela depuis une trentaine d'années. Bangkok est en effet une plaque tournante du trafic aérien asiatique, le 18e aéroport mondial et l'un des plus importants en Asie.

Depuis 2005, le magazine Travel & Leisure désigne Bangkok comme l'une des meilleures destinations touristiques au monde, la classant même n° 1 à trois reprises.

Tourisme sexuel et pédophilie

L'activité lucrative de la prostitution concernerait entre 250 000 et 500 000 personnes : difficile d'avoir des chiffres exacts, la prostitution étant illégale en principe ! Si le nombre de mineurs thaïlandais impliqués dans ce commerce inavouable semble diminuer, la prostitution puise toujours ses ressources humaines dans l'afflux d'immigrants en provenance des pays frontaliers. Une des conséquences de cette forme d'esclavagisme est la progression du sida, constante depuis plusieurs années. Le gouvernement thaïlandais a décidé de réagir contre la pédophilie par une campagne de prévention comprenant un ambitieux projet de protection de l'enfance avec révision totale du système de l'enseignement public (gratuit jusqu'à l'âge de 12 ans), la reconnaissance de l'éducation extrascolaire et de la formation permanente, le soutien de l'Etat aux écoles privées et alternatives, la création d'un seul ministère responsable, la décentralisation des responsabilités financières et administratives et la promotion des droits de l'homme.

Enjeux actuels

Bangkok possède toutes les infrastructures pour continuer son formidable développement. Et même si les manifestations de 2009 et 2010 ont laissé des traces, son centre-ville est un immense chantier où entrepreneurs, promoteurs et financiers investissent et construisent des bâtiments toujours plus imposants. Depuis 2011, le calme semble être revenu et la capitale bénéficie de cette accalmie. Les grands chefs d'Etats se sont rendus tout à tour à Bangkok pour y conforter leurs rapports.

Et tout d'abord, le Japon, considéré comme le premier des partenaires. Plus de 1 800 entreprises japonaises sont présentes actuellement en Thaïlande, asseyant sa place de premier investisseur étranger. Le Premier ministre Shinzo Abe a d'ailleurs effectué une visite à Bangkok, les 17 et 18 janvier 2013 pour le rappeler.

Selon la formule d'Hilary Clinton, Secrétaire d'Etat américaine, la Thaïlande est " le plus vieil allié des Etats-Unis en Asie ". Le président américain, M. Barack Obama, a effectué une visite en Thaïlande en novembre 2012. Les Etats-Unis sont le troisième partenaire commercial du Royaume.

La Thaïlande entretient de très bons rapports avec la Chine. En 2012, le Premier ministre chinois M. Wen Jiabao s'est rendu à Bangkok. La Chine est le 2e fournisseur de la Thaïlande et son premier client.

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