Guide de ROME : Politique et économie

Politique
Structure étatique

La région du Latium est subdivisée en cinq provinces : Frosinone, Latina, Rieti, Rome et Viterbe. Rome en est la capitale. Etendue sur 1 285 km², " Roma Capitale " qui remplace depuis 2013 le Comune di Roma, est divisée administrativement en 15 municipi, équivalent à des arrondissements parisiens. A titre indicatif, le premier municipio correspond au centre historique, le second à Parioli, le troisième à Nomentano et San Lorenzo, le neuvième à San Giovanni, le onzième à l'Appia Antica et le douzième à l'EUR. A l'intérieur de ces municipi, Rome se découpe à nouveau en 22 rioni, les quartiers du centre historique à l'intérieur du Mur d'Aurélien (sauf Borgo et Prati), 35 quartieri, des quartiers plus récents tous à l'extérieur de l'enceinte, 6 suburbi, des quartiers suburbains et 53 zones constituant l'Agro Romano, la campagne romaine faiblement urbanisée. Sachez que Rome n'est jumelée qu'avec une seule ville : Paris ! " Solo Parigi è degna di Roma ; solo Roma è degna di Parigi " qui veut dire " Seule Paris est digne de Rome ; seule Rome est digne de Paris ".

Enjeux actuels

Traditionnellement de gauche malgré un passage à droite avec l'élection de Gianni Alemanno en 2008, Rome a été dirigée par Ignazio Marino jusqu'en octobre 2015. Membre du Parti Démocrate, il avait remporté les élections municipales de 2013. Poussé à la démission pour une utilisation de carte bancaire de la municipalité montée en épingle dans ce que l'on a appelé le " Dinner's Gate ", on peut penser que les réformes que ce dentiste de profession voulaient insuffler à la capitale dérangeaient. Cela vient s'ajouter à une série de scandales qui n'ont eu de cesse de miner la stabilité de l'administration de la capitale, déjà affaiblie par l'affaire de " Mafia Capitale ". Impliquant les élus de droite comme de gauche, fonctionnaires et entrepreneurs, l'historie avait révélé un vaste réseau de corruption pendant le mandat de Gianni Alemanno.

Première dans l'histoire politique romaine, les élections municipales de juin 2016 ont été remportées par une femme, Virginia Raggi. Jeune avocate de 38 ans, la candidate du parti du Mouvement 5 étoiles a séduit par sa fraîcheur et son programme axé sur trois points pivots : les transports, le traitement des ordures et la transparence dans les politiques menées. Pourtant, seulement deux mois après son élection, Virginia Raggi a dû affronter une grave crise politique au sein de son équipe. La jeune maire s'est retrouvée à son tour mêlée à de nombreux conflits d'intérêt concernant différents membres de sa junte. Deux d'entre eux sont contraints à la démission, déstabilisant ainsi le Mouvement 5 étoiles qui veut prouver, par la gestion de Rome, sa capacité à incarner le pouvoir.

A ce jour, déchets dans les rues, bus bondés, chaussées défoncées et chantiers à l'abandon écornent l'image de la Ville éternelle. Les manifestations contre le pouvoir municipal ne cessent de se multiplier, dénonçant une administration inefficace et une dégradation urbaine sans précédent.

Économie

Depuis l'unification italienne, le système économique de Rome a toujours été concentré sur l'administration publique et le bâtiment et, ce, encore plus pendant les années 1950. Au cours des décennies suivantes, son activité s'est orientée vers de nouveaux secteurs.

Aujourd'hui, Rome est dotée d'une économie dynamique et diversifiée avec un secteur des services prospères. De plus en plus, Rome s'est positionnée à l'échelle nationale et internationale, en tant que centre de services pour la finance, les technologies et les communications, l'industrie, les transports, le tourisme et la culture. Ainsi, en 2010, Rome a rattrapé son retard sur le plan de l'art contemporain en se dotant de trois musées le Macro, le Macro Future et le MAXXI, et en réalisant de grands projets de réhabilitation (la centrale Montemartini) et de création (l'auditorium). Toutefois, la concurrence avec Milan reste très présente sur tous les plans.

Dans l'opinion publique, le rôle de Rome est désormais reconnu dans le système économique italien, en tant que centre politique et administratif, mais aussi comme réalité émancipée du stéréotype qui la considère comme excentrée des principales dynamiques économiques nationales.

Cela se reflète dans son orientation vers l'électronique, l'informatique et les produits aérospatiaux, ainsi que dans la localisation des activités due à l'adoption du nouveau plan d'aménagement du territoire en 2003 : les industries les plus avancées se sont installées aux portes de la ville, dans la vallée du Tibre, ou vers la province de Latina, pour bénéficier des subventions, tandis que de nombreuses petites entreprises se sont installées dans l'Agro Romano. Rome a su augmenter considérablement le nombre d'entreprises locales avec une présence très forte de petites et micro-entreprises.

Le tourisme est bien sûr l'une des industries clés de Rome (voir plus loin, place du tourisme).

Autre source de revenus, le cinéma. Rome est le centre de l'industrie italienne du film, grâce aux Cinecittà Studios, dont l'activité a repris, depuis qu'une partie des locaux avait brûlé. Rome est aussi la 8e ville la plus chère d'Europe en ce qui concerne les prix de l'immobilier.

Place du tourisme

En 2014, le gouvernement de Matteo Renzi a mis en application, par décret, cinq axes de politique du tourisme : croissance, développement des circuits touristiques novateurs, soutien à la numérisation, classement hôtelier et sa promotion (il est exact que les étoiles des hôtels italiens ne signifient rien et ne donnent aucune garantie ; le classement est illisible, daté et corrompu). Des crédits d'impôts de 30 % ont été prévus pour la réhabilitation des structures touristiques (beaucoup d'hôtels, à Rome, le méritent). L'Agence nationale du tourisme (ENIT) a été depuis, mise sous tutelle du ministère du Patrimoine, des Activités culturelles et du Tourisme. Pourtant le budget italien consacré à la culture ne dépasse les 0,2 % (contre 1 % en France). Bien que la mesure soit souvent source de polémique, place donc aux mécènes privés : preuve en sont les restaurations grandioses du Colisée par le groupe Tod's (25 000 millions d'euros) et celle de l'escalier monumental de la Trinité des Monts suivie par Bulgari (1,5 million d'euros). En 2016, les touristes dans la capitale étaient au moins 14 millions, un chiffre en augmentation exponentielle depuis les années 2000. L'année du Jubilé de la Miséricorde aura largement contribué au record. En 2018, la capitale a connu au cours des cinq premiers mois une hausse de fréquentation de +3 % avec 13,5 millions de visiteurs. Des chiffres destinés à perdurer, voire à augmenter, dans les années à venir.

Enjeux actuels

Des bennes géantes de poubelles, éparses dans toutes les rues de la capitale, des petites camionnettes artisanales qui nettoient les abords du Colisée au petit matin, du tri sélectif qui n'est pas mis en place, des arrêts d'autobus vétustes faits d'un simple poteau sans abris contre le soleil ou la pluie ni indicateurs des passages des véhicules, des rues poussiéreuses et souillées en l'absence de toilettes publiques, des hôtels " dans leur jus ", comme diraient les antiquaires, mais loin des standards de modernité attendus de nos jours, des berges du Tibre pas encore mises en valeur comme d'autres rives, si nombreuses, dans les grandes villes européennes... Rome, Ville éternelle et quoi qu'il arrive sublime, peine à se remettre en question et à se moderniser.

C'est donc tout un travail d'ensemble que la nouvelle municipalité de Rome devra mettre en oeuvre, pour faire face aux exigences des touristes, mais avant tout des Romains eux-mêmes, exaspérés de vivre dans une ville où la dégradation de l'environnement urbain fait malheureusement partie du quotidien. Bonne chance donc à Madame le Maire ; Virginia Raggi du Mouvement 5 étoiles, élue en juin 2016 a plusieurs défis à remporter.

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