Guide de MADRID : Arts et culture

Dans de nombreux domaines, de grands artistes espagnols ont su se faire remarquer à travers les siècles. Chacun d'entre eux a su imposer son style et ses idées.

Architecture

On ne peut pas dire que Madrid ait un style architectural propre. Celui-ci se fonde grâce à l'influence de plusieurs courants, de pays voisins et surtout de dynasties qui ont habité la ville.

Avant qu'elle ne devienne capitale, le style de Madrid se résume en un mélange simple entre influence médiévale et constructions arabes, dont les restes peuvent être observés près du palais royal. La ville a commencé à prendre de l'importance quand Philippe II, prince souverain des Pays-Bas et fils de Charles Quint, y a déplacé sa cour au milieu du XVIe siècle.

L'influence des Habsburg (XVIe et XVIIe siècles) a donné au quartier de La Latina une réelle empreinte architecturale typique d'Autriche. On peut ainsi observer des constructions grandioses telles que la Plaza Mayor, la Casa de la Villa (calle mayor), le pont de Ségovie, ou simplement déambuler dans les rues du quartier de Las Austrias. Vous apprécierez cette marque du style baroque sur tous les vieux bâtiments aux briques rouges.

La marque des Bourbons (XVIIIe et XIXe siècles), dont l'origine se trouve en France et en Italie, montre un style beaucoup plus travaillé qui s'apprécie dans le quartier de Malasaña. L'Hospice Pedro de Ribera et Conde Duque Cartel sont deux exemples qui illustrent la grandeur de cette influence.

Le roi maçon, Charles III, est celui qui a laissé la plus grande empreinte à Madrid. Son désir d'élever la capitale au niveau de Paris ou de Rome, a transformé la ville grâce a de multiples constructions. Avec une volonté de créer un quartier culturellement renommé, il a fait construire le Musée des Sciences Naturelles (aujourd'hui le Prado), la gare d'Atocha pour accueillir les visiteurs de toute l'Europe, le jardin botanique, l'édifice de Banco de España, la Casa América, le théâtre royal, des fontaines telles que La Cibeles, ainsi que des dizaines de grandes demeures du quartier Salamanca. Une balade sur la Gran Vía est le meilleur exemple de la grandeur de Madrid sous l'influence de cette dynastie. Cette avenue a d'ailleurs fêté son centenaire au printemps 2011, ce qui a donné un nouvel éclat à la zone, avec notamment la réfection des bâtiments Métropolis ou Téléfonica.

Durant le dernier siècle, peu de constructions ont été établies. Pour cause, les difficultés économiques de la ville et la guerre civile. Mais depuis la proclamation de la Constitution en 1975, de nouvelles constructions se sont érigées notamment au nord de la ville. Le nouveau quartier de Nuevos Ministerios est né avec des édifices tels que la Tour Picasso, et plus au nord les Tours Kio ou les quatre nouvelles tours de Plaza Castilla.

Madrid en 14 édifices : entre histoire et modernité

La station de train d'Atocha.

Le Palais de Las Telecomunicaciones de Cibeles.

L'édifice Mirador du quartier nord de Sanchinarro.

Le Palais Royal.

L'Eco-valle boulevard de Vallecas.

La Casa de la Panaderia de la Plaza Mayor.

La Bibliothèque et le Centre de l'UNED formés dans une ancienne église en ruines, dans le quartier de Lavapies.

L'agrandissement du Musée de La Reina Sofia.

Le Caixa Forum, sur le paseo du Prado.

La Casa de Bambou dans le quartier de Carabanchel.

Les 4 tours de la Business area et les tours Kio de Plaza Castilla.

El Palacio de Cristal du parc du Retiro.

La terrasse du Circulo de Bellas Artes de la Calle Alcala.

La Caja Magica du parc du Manzanares.

Artisanat

Même si l'artisanat à grande échelle a disparu petit à petit depuis le début du XXe siècle, Madrid est riche de nostalgiques de la tradition et qui ne laisseront pas tomber les pratiques transmises de génération en génération. Dans le centre-ville, il n'est pas rare de trouver des ateliers d'orfèvres, de couture, de maroquinerie. Sont d'ailleurs souvent organisés des marchés artisanaux sur les places madrilènes afin de permettre aux artistes d'exposer leur travail.

En sortant un peu du coeur de la ville, Tolède est la capitale nationale de la confection artisanale d'épées. On y trouve également beaucoup d'ateliers de damasquinage, technique qui consiste à la gravure du métal en y laissant un fil doré ou argenté, sur un fond noir, avec un design dans le style mudejar, hérité des musulmans.

Dans la région de Ségovie, on trouve la Fabrique Royale de Cristal de la Granja. De renommée nationale, elle fabrique de façon complètement artisanale des articles en cristal, artistiques ou plus classiques.

Mais la tradition principale de l'Espagne est bien entendu la gastronomie. On goûtera ainsi au Mazapan de Tolède, au Ponche de Ségovie, aux Churros de Madrid, aux Yemas de Avila...

Que ramener de son voyage ?

Il serait compliqué de ramener une épée ou des verres en cristal si vous décidez de venir en avion à Madrid. Mais Madrid est une ville parfaite pour le shopping et les fashion victims : showrooms, marques internationales, designers locaux, mode avant-gardiste et produits artisanaux... Il y a de quoi satisfaire tout le monde et tous les budgets.

L'option du souvenir gastronomique est également très prisée : un bon turron ou quelques mazapan de la Casa Mira ou les bartolillos de l'Horno de San Onofre ne vous décevront pas. Il ne faut également pas hésiter à rapporter d'excellentes bouteilles d'huile d'olive, du mercado San Antón par exemple, ainsi qu'un bon morceau de jamón, que l'on pourra trouver un peu partout dans la ville.

Enfin, il ne faudra pas oublier d'aller déambuler aux puces du Rastro (le dimanche matin), se trouver une vieille affiche de corrida ou des vieux disques de flamenco...

Cinéma

Les réalisateurs espagnols de renommée internationale sont Pedro Almodovar, Alejandro Amenabar et Luis Buñuel. Ce dernier fit partie des débuts de la rébellion contre Franco et participa d'ailleurs à un film pro-républicain. Il ne cacha jamais ses idées. Après s'être réfugié en Amérique, son retour en Europe lui permit de remporter la Palme d'Or à Cannes pour le film Viridiana qui fut censuré par le Caudillo.

Originaire d'Estrémadure, Almodovar, a révolutionné le monde du cinéma espagnol. Tous ses films tournent en effet autour du sexe : homosexualité, prostitution, jalousie et même la mort. Ses actrices fétiches ont chacune fait plusieurs films avec lui : Pénélope Cruz, Victoria Abril, Rossy de Palma ou encore Chus Lampreave. Son style particulier inspiré de la Movida lui a fait remporter bon nombre de récompenses pour ses derniers films Tout sur ma mère, Parle avec elle, Volver ou La piel que habito. Après avoir présidé le jury du 70e Festival de Cannes en 2017, il a commencé à tourner au printemps 2018 son nouveau film Dolor y gloria avec Penélope Cruz et Rosalía Vila.

Les films d'Alejandro Aménabar, né au Chili, sont le fruit d'un long travail de la part du réalisateur. C'est ainsi que Tom Cruise achète les droits de son film Ouvre les yeux pour en faire un remake, Vanilla Sky, un tremplin qui l'a propulsé depuis sur la scène internationale. Les Autres, Mar Adentro, ou encore Agora, sont de vraies oeuvres d'art qui ont lancé magistralement la carrière du réalisateur. Une carrière qu'il poursuit fin 2015 avec la sortie de Regression, son dernier film qui réunit Ethan Hawke et Emma Watson.

Enfin, la nouvelle vague du cinéma d'horreur espagnol rencontre elle aussi un franc succès, notamment depuis 2007. REC, réalisé cette année-là par Paco Plaza et Jaume Balagueró, La Chambre du Fils de Álex de la Iglesia ou L'Orphelinat de Juan Antonio Bayona, ont tous connu un succès planétaire. Cela a ouvert la voie à des réalisateurs comme Guillem Morales, qui a présenté Les Yeux de Julia, aux festivals de Toronto ou Hong-Kong notamment, en 2010. Depuis REC est devenu une saga, dont le quatrième volet est sorti le 31 octobre 2014, et l'Espagne a gagné ses galons dans le cinéma d'épouvante. Paco Plaza a depuis réalisé un nouveau carton en 2017 avec Veronica, un film d'horreur inspiré d'une histoire vraie non élucidée dans le Madrid des années 1990. Il est sorti en France en janvier 2018.

Madrid sur grand écran

Si Madrid au cinéma se résume pour beaucoup aux films de Pedro Almodóvar, la capitale espagnole a été non seulement le décor de nombreux films, mais en a également été parfois le principal protagoniste. Voici une petite sélection de films à voir : La Colmena (1982) de Mario Camus, adaptation de l'oeuvre de Camilo José Cela sur le Madrid des années 1950 ; La Estanquera de Vallecas (1987), film devenu culte, de Eloy de la Iglesia ; Attache-moi !, de Pedro Almodóvar (1990) ; Historias del Kronen (1995), de Montxo Armendáriz ; Tesis (1996) et Abre los ojos (1997), de Alejandro Amenábar ; Martín Hache (1997), de Adolfo Aristarain ; Barrio (1998), de Fernando León de Aranoa ; La Comunidad (2000) et Crimen ferpecto (2004), d'Alex de la Iglesia ; Les fantômes de Goya (2006), de Milos Forman, La Vengeance dans la peau (2007) avec Matt Damon ou Sans Issue avec Bruce Willis (2012).

Danse

La danse typique de Madrid s'appelle le chotis. Il s'agit d'un mélange de machisme et de séduction sur des pas tout simples. On la danse plus particulièrement lors de la fête du patron de Madrid au mois de mai : San Isidro.

La danse espagnole la plus connue est le flamenco, mais ce n'est pourtant pas la plus répandue ni la plus appréciée en Espagne. Chaque région a une danse folklorique propre et le chauvinisme est assez fort sur la péninsule ibérique. Le flamenco est plutôt dansé sous sa forme artistique, pour des spectacles, souvent élaborés pour les étrangers. Pour voir du vrai flamenco, n'hésitez pas à chercher des petits bars andalous où il n'est pas rare de voir se produire spontanément un spectacle au milieu du local. C'est ça l'essence du flamenco.

Littérature

Sous la domination romaine, très longtemps donc avant que le castillan ne soit devenu la langue nationale, l'Espagne avait déjà de grands écrivains, tels que Sénèque le Rhéteur et son fils Sénèque le Philosophe, tous deux natifs de Cordoue et qui ont laissé de nombreux ouvrages en latin. Le poète épique Lucain était également originaire de Cordoue. Par la suite, le Moyen Age voit l'apparition des chansons de geste et d'une poésie épique nourrie des épisodes de la Reconquête. El cantar de mío Cid (La Chanson du Cid), du XIIe siècle, est le texte littéraire espagnol le plus ancien. On y raconte l'avancée des chrétiens sur les Maures au temps de la Reconquête, ainsi que la vie et les batailles du Cid. Au XIIIe siècle, le roi lettré Alphonse X le Sage compose des poèmes en galicien et impose le castillan comme langue officielle de son royaume, le substituant ainsi à l'écrit au latin.

Un style espagnol

Le XVe siècle, le siècle d'or espagnol, connaît la vogue du roman picaresque.

Les héros en sont généralement des pícaros (fripons), qui subissent la société et ses misères avec beaucoup de détachement. La pièce de théâtre La Celestina, attribuée à Fernando de Rojas, jette les bases de ce courant littéraire. Un jeune homme use d'un subterfuge pour conquérir le coeur de sa bien-aimée. El Lazarillo de Tormes, relatant les mésaventures d'un jeune homme qui travaille pour différents maîtres sinistres, est un autre grand classique de ce courant. A la même époque, le cordouan Luis de Góngora y Argote devient le poète lyrique par excellence. Dans Soledades (Solitudes), il fait référence à la mythologie. Le Madrilène Lope de Vega (1562-1635), auteur dramatique qui a écrit plus de mille pièces de théâtre, donne au sens de l'honneur une valeur collective.

Mais le plus connu de tous est sans aucun doute Miguel de Cervantès. Cet auteur, né à Alcalá de Henares, est entré dans l'histoire de la littérature universelle avec son Don Quichotte de la Manche. Il y raconte l'histoire d'un aristocrate original qui, l'esprit égaré par la littérature chevaleresque, en plaque les épisodes sur la vie réelle. Nous suivons les péripéties de cet homme, à la fois rêveur et infortuné, qui, accompagné de son fidèle valet Sancho Pança, tente de sauver le monde. L'oeuvre, comique par les situations, est également amère. Don Quichotte devient l'archétype de l'anti-héros.

De son côté, Francisco de Quevedo y Villegas (1580-1645) s'attache essentiellement à la poésie burlesque et satirique, ainsi qu'au roman picaresque. El Buscón est certainement son oeuvre majeure.

Le dramaturge Tirso de Molina impose son type de Don Juan dans des oeuvres que l'on peut considérer comme profanes ou religieuses. L'Abuseur de Séville est le premier Don Juan.

La littérature moderne : l'ingérence de la politique

L'année 1898 est celle de la perte de Cuba et d'une profonde interrogation, parmi écrivains et poètes, sur l'avenir de l'Espagne. Dans la " génération 98 ", il convient de distinguer les noms d'Antonio Machado (1875-1939), de Rafael Alberti et de Federico Garcia Lorca.

La fin de la guerre civile sera marquée par l'émergence de quelques nouveaux penseurs qui placent la question sociale au coeur de leur réflexion. La littérature espagnole semble renaître de ses cendres, avec des dramaturges comme Alfonso Sastre ou des romanciers comme Camilo José Cela, Antonio Ferres, Ramón J. Sender.

Au XXe siècle, les lettres espagnoles se verront enrichies de la contribution originale et innovante des auteurs sud-américains (Garcia Marquez, Pablo Neruda, Octavio Paz...).

De nos jours, les grands de la littérature espagnole s'appellent Juan Benet, Manuel Vázquez Montallbán, Eduardo Mendoza, Lucía Etxebarría...

Grands noms de la littérature espagnole

Pío Baroja (1872-1956). Représentant de la " génération 98 ", il est considéré par la critique comme le plus grand écrivain espagnol du XXe siècle. Né à San Sebastián, il part étudier la médecine à Madrid, ville qui le séduit au point qu'il y passera la majeure partie de sa vie.

Son premier roman Vidas sombrías sort en 1900 et sert de prélude à une trilogie sur la terre de ses ancêtres, Tierra vasca (Terre basque) : La casa de Aizgorri (1900), El mayorazgo de Labraz (1903) et Zalacaín el aventurero (1909).

Miguel de Cervantès (1547-1616). La vie du génie du " siècle d'or " espagnol, né à Alcadá de Henares, comporte quelques zones d'ombre. Issu d'une famille nombreuse, il fait des études universitaires auprès d'un maître, disciple d'Erasme, avant de partir à Rome avec le cardinal Acquaviva. Il devient soldat des troupes pontificales et participe à la bataille de Lépante (1571) où il perd un bras. Alors qu'il regagne son pays, il est fait prisonnier par les Turcs en 1575 et passe cinq ans au bagne d'Alger. De retour en Espagne, il se marie et se consacre aux lettres, un moyen d'exorciser ses mauvais souvenirs de bagnard. En 1585, il publie La Galatée, un roman pastoral. Il accepte par la suite le poste de gouverneur d'Andalousie ; durant son mandat, il trempe dans des affaires de corruption, ce qui lui vaut encore un séjour en prison. En 1605, El Ingenioso Hidalgo don Quijote de la Mancha est publié ; le public accueille avec un grand enthousiasme les aventures de ce chevalier candide. En 1613, nouveau succès avec les Nouvelles exemplaires dédiées au vice-roi de Naples, son protecteur, le comte de Lemos. Ce texte est émaillé de références à sa vie amoureuse et de considérations plus profondes sur la société espagnole. Deux ans plus tard, Cervantès écrit la suite et fin de Don Quichotte. Il meurt le 23 avril 1616, le même jour qu'un autre génie de la littérature, William Shakespeare.

Federico García Lorca (1898-1936). Ce poète et dramaturge, né en 1898 à Fuente Vaqueros (près de Grenade), a étudié la philosophie et les lettres à l'université de Grenade ainsi que le droit. Sa première pièce de théâtre, El maleficio de la mariposa (Le Maléfice du papillon) est un échec, mais il ne perd pas espoir et atteint son heure de gloire avec Maríana Pineda, un drame patriotique, rédigé en 1927. En 1928, il publie le Romancero gitano, son oeuvre majeure dans laquelle se mêlent le côté populaire et la culture pour décrire le monde des gitans mal-aimés. Sa dernière oeuvre, La Casa de Bernarda Alba, de 1936, est la pièce la plus représentée. A l'époque de la guerre civile, il est arrêté par l'armée franquiste, et fusillé dix jours plus tard, accusé d'être un fauteur de troubles et un agitateur de l'ordre social.

Antonio Machado (1875-1939). Ce poète et dramaturge, né à Séville en 1875, est l'un des grands écrivains de la génération de 1898. Dans ses écrits, il s'attache surtout à l'intériorité des personnages. Après un voyage à Paris en 1899, il publie ses premiers poèmes dans la revue Electra ; en 1903, il édite son livre Soledades (Solitudes).

Rafael Alberti (1902-1999). Il a écrit : " Je n'ai aucune profession, c'est-à-dire je suis seulement poète. " C'est à ce titre qu'il a reçu le prix national de littérature en 1925 et le prix Cervantès en 1983. Il est né à Cadix en 1902 et arrive à Madrid à 15 ans. Exilé politique en 1939, il obtient à son retour un siège de député pour le parti communiste auquel il renonce finalement. Dernier poète de la génération de 1927, il meurt à Madrid le 28 octobre 1999, à 96 ans.

Camilo José Cela (1916-2002). Prix Cervantès, prix Principe de Asturias, prix Nobel de littérature en 1989, membre de la Real Academia. Homme polémique aussi admiré que détesté. Son premier roman, La Famille de Pascual Duarte, une histoire violente et sanguinolente, publiée en 1942, fit scandale. Madera de Boj (Bois de bris), la dernière en date (1999) est une sorte de testament littéraire et stylistique.

La langue littéraire

Le castillan est attesté comme langue depuis le Xe siècle, mais la première oeuvre littéraire, le Cantar de mío Cid, date du XIIe siècle. L'espagnol s'est très tôt fixé dans ses grandes lignes, beaucoup plus vite que le français. Des oeuvres du XIVe siècle sont facilement compréhensibles de la part d'une personne cultivée et celles du XVIe siècle peuvent être lues par un encore plus large public, car les structures grammaticales et syntaxiques sont très proches de celles que l'on emploie en Espagne, de nos jours. L'espagnol est aussi la première des langues vulgaires européennes à s'être dotée d'une grammaire avec celle d'Antonio de Nebrija (1492) qu'il plaça au même rang de dignité que le latin. En 1714, l'Académie des langues fut fondée et en 1611, Sébastien de Covarrubias publia le Trésor de la langue castillane. L'Académie espagnole édita en 1726 le Dictionnaire des autorités.

Médias locaux

Vous trouverez rarement une maison espagnole avec la télévision éteinte. Vous ne vous étonnerez pas si nous vous disons que ce média est le plus répandu en Espagne. La radio et la presse écrite (notamment régionale) sont tout de même très présentes. Une caractéristique de la presse espagnole est qu'elle est également très politisée ; une même information peut ainsi apparaître de manière complètement différente, selon la tendance politique du média. Les intérêts économiques des groupes médiatiques auxquels appartiennent les journaux sont également pris en compte, ce qui rend finalement difficile de trouver une information indépendante de qualité.

Télévision

Au niveau national, les deux chaînes publiques sont TVE1 et TVE2, et les chaînes privées : TeleCinco, Antena 3, Cuatro, La Sexta. Selon les chaînes, les bulletins d'information sont présentés entre 14h et 15h et entre 20h et 21h en soirée.

Il existe diverses chaînes de télévision régionales comme Canal Sur pour l'Andalousie, deux chaînes en catalan gérées par la Generalitat (TV3 et Canal 33), auxquelles il faut ajouter, pour la ville de Barcelone, BTV (Barcelona Televisió), qui est gérée par la municipalité, TVAC pour les Canaries, Tele Madrid pour la capitale, Valencia TE VE et Canal 9 pour la Communauté valencienne, TVG pour la Galice, et EITB pour le Pays basque.

Malgré quelques émissions créatives pertinentes, une poignée de ciné-clubs assez courageux et quelques documentaires bien sentis, la qualité des programmes est décevante ; et l'originalité assez rare. De nombreuses émissions sont des formules importées de l'étranger, depuis les sitcoms d'Amérique latine jusqu'aux valeurs sûres pour faire de l'audience que constituent les jeux (la traduction du Maillon faible et de Qui veut gagner des millions ?). La real TV fait aussi un malheur en Espagne avec notamment Gran Hermano (Big Brother). Le prime-time est souvent réservé aux innombrables émissions de variétés et aux talk-shows. Les émissions sur les célébrités et la famille royale font recette, tant sur les chaînes privées que publiques. D'ailleurs, la ligne de démarcation éditoriale entre les chaînes privées et les chaînes publiques n'est pas bien définie : en zappant, vous verrez autant d'émissions de téléréalité, jeux et talk-shows sur les unes que les autres.

Radio

Il existe cinq radios nationales en Espagne : le groupe public RTVE compte à lui seul cinq fréquences : généraliste (radio 1), classique, infos en continu (canal 5...), mais également quatre stations privées : Onda Cero, Radio España, Cadena Ser et Cope. Chaque radio possède des décrochages régionaux et il existe en plus dans chacune des régions des stations locales publiques ou privées.

Ceux qui souhaitent écouter les radios françaises devront avoir un poste équipé de la bande " grandes ondes (GO/LW) ", qui leur permettra de capter, parfois avec difficulté, France Inter ou RMC. Radio France Internationale ne dispose plus de fréquence en Espagne. Pour la capter, vous devez vous brancher sur les fréquences de l'Afrique du Nord.

Journaux

Les grands journaux de diffusion nationale sont :

El País : fondé en 1975, c'est le journal espagnol de référence. Le supplément gratuit du vendredi On Madrid traite des événements culturels de la semaine (similaire au Pariscope ou à l'Officiel des Spectacles parisiens). Sa ligne éditoriale est de centre gauche. C'est le quotidien le plus vendu.

ABC : fondé en 1903, c'est le seul journal qui ait survécu à l'époque franquiste. La mise en page et le contenu sont conservateurs mais l'information est de qualité.

El Mundo : c'est un journal libéral de droite, mais qui a tendance à un certain sensationnalisme politique. Le supplément culturel du vendredi Metropoli est très bien fait.

Les trois quotidiens cités ci-dessus publient tous les jours des informations locales sur Madrid. Ainsi que l'agenda des activités culturelles du jour, les horaires de cinéma, musées, etc.

On n'oubliera pas la presse sportive : AS et Marca ; ni la gratuite qui marche très bien : ADN, Qué, Metro, 20 Minutos.

Vous vous procurerez sans problème la presse quotidienne française, notamment Le Monde, dans les kiosques situés à Sol ou sur la Gran Vía.

Musique

Même si les Espagnols aiment la nouveauté, la modernité et la mixité, ils sont très patriotiques et très attachés aux traditions. La musique espagnole contemporaine le démontre pleinement : beaucoup de jeunes groupes ou chanteurs choisissent de donner un rythme de flamenco à leurs compositions. De même, il n'est pas rare d'écouter des airs de gaitas (binious de Galice) sur une chanson plutôt rock.

On note clairement l'influence de la Movida à partir des années 80. Les chanteurs plus classiques comme Rocio Durcal, Joan Manuel Serrat, Isabel Patonja, ou Julio Iglesias sont en léger déclin, mais pas oubliés.

Quand à la musique régionale, le flamenco est le style prédominant de toute les régions du Sud. Paco de Lucia ou Diego el Cigala sont deux des principaux cantaores (chanteurs de flamenco). Les régions du Nord-Ouest chantent au rythme des binious et chants celtiques. Quand à la zone nord de la côte méditerranéenne, la sardana est la musique typique de la région.

Peinture et arts graphiques

Si les peintres au succès mondial sont peu nombreux, du moins ont-ils laissé une profonde empreinte au niveau international. Styles opposés mais toujours très personnels, les artistes espagnols sont reconnus.

El Greco, originaire de Grèce comme l'indique son nom, a passé une grande étape de sa vie à Tolède. De ce fait, il est plus associé à l'Espagne qu'à son pays natal. Sa peinture extravagante pour l'époque (XVIe siècle), a inspiré bon nombre d'artistes. Forme allongées, couleurs franches, il a par la suite penché pour des thèmes plus sombres, toujours en relation avec l'Eglise.

Qui ne connaît pas Les ménines de Velazquez ? Ce peintre, né à Séville en 1599, est l'un des plus connus du Siècle d'or espagnol. Dès sa plus jeune enfance, il se promettait à une grande carrière. Son retour au pays en 1650 après deux voyages en Italie a marqué un tournant dans son style et son talent n'a fait que croître.

Dos de Mayo et Tres de Mayo sont certainement les deux grands chefs-d'oeuvre de Francisco de Goya. L'association de ces deux oeuvres retrace la tromperie de Napoléon Bonaparte faite au peuple espagnol, la rébellion, puis l'exécution barbare de ceux-ci. Après plus de deux siècles, les petites rancoeurs existent toujours entre Français et Espagnols, notamment pour ce coup bas.

Salvador Dali est un des premiers peintres de renom au style surréaliste. La persistance de la mémoire est la toile la plus connue de l'artiste. Les fameuses montres sur un fond de paysage aride de Catalogne (sa région natale) représentent le mou vis-à-vis du dur. Ses oeuvres sont plutôt simples, mais toujours à prendre au second ou troisième degré.

Pablo Picasso, co-ambassadeur espagnol du surréalisme avec son homologue Dali, s'est diversifié et a créé le cubisme en association avec le français Braque. Les demoiselles d'Avigon ou Guernica sont très représentatifs de son style propre.

Sculpture

L'Espagne ne s'est que peu développée dans l'art de la sculpture. Jusqu'au début du XIXe siècle, les oeuvres étaient essentiellement religieuses et gardées dans des églises ou des monastères. Le XIXe siècle a vu se développer des genres nouveaux tels que le romantisme ou l'impressionnisme. Le musée Guggenheim de Bilbao est le centre culturel dédié à la sculpture le plus important d'Espagne. Créé par l'architecte Frank O. Gehry, ce musée fait un éloge du modernisme tout en restant sobre.

Les sculpteurs qui ont réussi à se faire un nom sont très peu nombreux. On soulignera les noms de Eduardo Chillida, Pablo Serrano, Eusebio Sempere ou encore de Julio Gonzalez, que l'on retrouvera au Musée de la Reina Sofia, mais aussi et notamment au Musée d'Art Public (paseo de la Castellana, 41). C'est un musée en plein air, de part et d'autre de la grande avenue. Créé en 1972, l'idée est de pouvoir donner accès à la sculpture, art oublié, sans restrictions d'horaires ou d'accessibilité.

Traditions

L'Espagne aurait perdu son identité depuis longtemps sans sa fameuse siesta. Le célèbre auteur espagnol Camilo José Cela aimait vanter les bénéfices de la sieste. Il recommandait que celle-ci se fasse en pyjama, après un " Notre Père ", et avec un pot de chambre. C'est pour dire l'importance du repos tant apprécié. Elle est très respectée au niveau national et personne ne vous dérangera un week-end avant 17 heures. C'est d'ailleurs une habitude largement étudiée : elle aiderait au rajeunissement, à la bonne humeur... autant d'excuses qui encouragent les Espagnols à rallonger leur temps de repos.

On dit que les Espagnols vivent à un autre rythme, et c'est vrai ! Il travaillent plus d'heures que le reste des Européens mais leur rendement n'est pas supérieur. Peut-être est-ce la chaleur, peut-être la culture très latine, ou peut-être tout simplement leur philosophie de profiter à fond de la vie...

Après la siesta, vient toujours la fiesta. Elle est mondialement réputée et les jeunes en sont friands. Le pays est d'ailleurs la première destination pour les échanges Erasmus. Ici, les boîtes ferment rarement avant 6 heures du matin et les afters se multiplient. Ibiza est d'ailleurs une des destinations préférées des moins de 35 ans. David Guetta, l'un des meilleurs DJ planétaires, y a installé sa résidence permanente.

Bien manger est un autre des piliers de la culture espagnole. La cuisine un peu trop grasse, un peu trop sucrée et peu sophistiquée fait tout de même l'unanimité. Toute réunion de famille, de travail ou entre amis se fait autour d'une bonne table. La gastronomie espagnole est un mélange d'influences européennes et du nord de l'Afrique.

Le folklore est très important aux yeux des Espagnols. Peu de personnes sont de Madrid, et ils sont très attachés à leurs origines. A Madrid, tout le monde va de temps en temps al pueblo (village). Leur village natal, ou celui de leurs parents, leur rappelle leur enfance et les sort pour quelques jours de la folie et du stress de Madrid. Chaque région a son plat typique, son saint, sa danse et ses chants particuliers. Les autochtones les aiment et le clament haut et fort. Les andalous sont peut-être ceux qui le manifestent le plus, notamment pendant la Semana Santa, ou le pèlerinage au Rocio.

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